Auteur : Ariani Lee

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé : Où une lettre d'adieu plonge Sora dans un profond marasme.

Traduction du titre : « Crayon et papier »

Auto-évaluation : ***

NOTE DE L'AUTEUR: Je sais que je devrais avoir honte de demander mais je le fais quand même. J'ai créé une page sur un réseau social que, sans doute, vous connaissez tous, je vous donne un indice... fesse de bouc x) Cette page s'intitule: "pour que le boy's love devienne un genre littéraire reconnu". Si vous avez un compte, faites y un petit crochet et aimez! J'ai besoin de soutien, c'est pour la Cause.

Bonne lecture et merci d'avance.

Axel et Roxas en cent thèmes.

Pen &Paper

Cher Bien-aimé,

Je t'écris cette lettre alors que tu n'es plus là, et depuis longtemps déjà. Mais j'ai besoin de le faire. Il le faut.

C'est le milieu de la nuit. Sora s'est endormi il y a des heures. C'est le moment où je peux exister. Quand il dort, de son sommeil le plus profond, quand sa conscience est enfouie profondément dans son esprit, enroulée dans les voiles des rêves et totalement au repos, la mienne peut prendre le contrôle. C'est la première fois que je me sers de cet état de fait pour réellement faire quelque chose. La première et la dernière.

Je me suis levé du lit, dans ce corps qui n'est pas le mien, et je tiens ce crayon avec une main qui n'est pas la mienne. Mais c'est bien mon écriture, je la reconnais. J'ai besoin de t'écrire cette lettre. C'est la dernière chose que je ferai.

Sora est un être humain, il a de nombreux amis, des gens qui ont besoin de lui, et tout le monde se souviendra de lui comme du garçon qui a sauvé les mondes. Lea a été vivant et réel, il a eu une famille et une histoire. Mais moi… Et toi… Nous n'avons été que deux Similis… Deux créatures même pas réellement vivantes. Personne ne se souviendra de nous. Je ne veux pas me résoudre à n'avoir jamais existé. C'est la raison pour laquelle j'écris cette lettre. Quelqu'un, la première personne qui passera, la lira. Lira nos noms, notre « histoire ». Quelqu'un qui portera le souvenir ce que nous avons été et de notre amour, même sous la forme d'un lambeau de mémoire si profondément enfoui qu'il n'y repensera jamais.

Je veux que nous ayons existé.

Axel, mon amour, mon cher bien-aimé. Je regrette tant, je regrette tout. Je regrette d'être parti et de t'avoir quitté. Je voulais revenir. Je voulais apprendre qui j'étais, puis revenir vers la Citadelle et vers toi, mais j'ai été idiot. Je n'en ai pas eu le temps, je suis tombé dans un piège et tout a été détruit. Aujourd'hui, je sais tout, je comprends tout, j'ai même un cœur, et ce que je ressens avec le plus d'acuité, c'est à quel point tout cela est futile. La seule chose qui comptait, je l'avais, c'était toi. C'était nous. Tu avais donné un sens à ma vie, et je ne m'en suis pas rendu compte à temps. Je m'en veux d'avoir refusé de te faire confiance, je regrette de ne pas t'avoir écouté, de t'avoir tourné le dos. J'étais tellement en colère contre toi, et les dernières fois que je t'ai parlé, ça a été pour te dire des choses odieuses. Je m'en veux tellement.

Tu étais prêt à faire n'importe quoi pour moi. Tu as fait n'importe quoi pour moi, et tu y as perdu la vie sans savoir que je te voyais, que je t'entendais, que j'étais là tout le temps.

Son immobilité a paralysé mes bras, le jour de votre première rencontre, alors que je voulais te serrer contre moi, retrouver la chaleur de ton corps contre le mien. Contre le sien ?

Son silence a étouffé ma voix, étranglé mes hurlements, tu la douleur hallucinante lorsqu'il t'a regardé mourir sans verser une seule larme. Il n'a même pas eu conscience de ma présence, il ne s'en est jamais rendu compte.

Il ne verra pas la différence quand je ne serai plus là.

Nous nous sommes promis de nous retrouver dans une autre vie. Il est temps pour moi d'honorer cette promesse. Je n'ai pas peur de mourir complètement. J'ai peur de la perte totale de ma conscience. La chose la plus difficile dans tout ça, c'est d'abandonner ton souvenir. Tous les précieux moments que nous avons passé ensemble avec Xion, mais surtout ceux où nous étions seuls. Mais s'il y a réellement quelque chose après, je sais que tu m'attends. Je viens te rejoindre.

Quand j'aurai terminé cette lettre, je retournerai dans le lit et je m'endormirai. Pour toujours. Je vais arrêter de me battre pour rester conscient. Je me dissoudrai enfin en lui, totalement, et il ne restera plus rien de moi. Plus rien de nous à part cette lettre.

Axel, mon amour. Tu as été la flamme qui éclairait ma vie. Pardonne-moi de ne pas l'avoir réalisé à temps. Les choses auraient pu être si différentes si je ne m'étais pas fourvoyé à ce point. Tu m'as rendu heureux alors que je n'avais même pas de cœur. Avec toi, j'étais complet, moi aussi. Je n'avais besoin que de toi, tu étais tout pour moi. Dès notre première étreinte, j'ai su que je ne voudrais jamais plus être serré dans d'autres bras que les tiens. Dès notre premier baiser, j'ai su que je ne voudrais plus jamais embrasser d'autres lèvres que les tiennes. Je chérissais par dessus tout les souvenirs que nous avons construits ensemble. Les couchers de soleil. Et les glaces à l'eau de mer. Je t'aimais, je t'aime encore. Mon Axel. Pardonne-moi.

J'ai été bête, mais je viens te rejoindre. Attends-moi.

A toi pour toujours,

Roxas.

Sora reposa la lettre sur son bureau. C'était de la folie, et pourtant… C'était bien son papier à lettre, une de ses enveloppes. Il l'avait trouvée posée là, en se réveillant. Libellée d'un « A qui de droit ».

Roxas, et Axel.

S'il avait su…

Il ne s'était jamais douté qu'une autre personnalité était cachée en lui, luttant pour ne pas disparaître. De la douleur que Roxas avait éprouvée. Était-il réellement parti ? Il ne sentait effectivement pas de différence.

Mais il avait mal au cœur. Il n'aurait rien pu faire, même s'il avait su.

Ils s'étaient aimés. Tellement.

Avec ses moyens, il fallait qu'il fasse quelque chose pour eux.

Il regarda autour de lui et son regard s'arrêta sur une boîte plate et rectangulaire, en carton bleu nuit. Elle avait contenu une paire de gants, un cadeau du Roi. Il y déposa la lettre avant de se tourner vers le coffret en bois laqué qui contenait ses porte-clés. Il fouilla dedans jusqu'à ce qu'il trouve celui qu'il avait reçu d'Axel, celui qui transformait la Keyblade en Ignescence. Il n'eut qu'une seconde d'hésitation avant de le déposer avec la lettre.

Ce n'était qu'un maigre sacrifice.

Il sortit, emportant avec lui la boîte, et alla prendre le bac pour l'Île du Destin. Là où lui, Kairi et Riku allaient toujours pour jouer. Là où tout avait commencé. Le jour où les Sans-cœurs avaient attaqué leur monde, le jour où Riku s'était laissé emporter par les Ténèbres… Le jour de la naissance de Naminé, en réalité. En y repensant, la jeune Simili était venue au monde lorsque Kairi avait perdu son cœur en le lui confiant.

Le jour où le Sans-cœur de Xehanort s'était adressé à lui, semant le trouble dans son esprit.

« Celui qui ne sait rien ne peut rien comprendre. »

« Il y a tellement à apprendre… Et toi, tu ne comprends rien. »

Dans la cachette secrète derrière la cascade, la grotte où se trouvait la porte de ce monde.

C'était sa destination.

L'endroit n'avait pas changé. A droite, près de la porte, il y avait toujours le dessin qu'il avait gauchement gravé dans la pierre, lui tendant à Kairi un fruit Paopou, et qu'elle avait complété.

Sora posa son fardeau sur une grosse pierre et se mit à genoux. Il se mit à creuser un trou à deux mains, au pied du mur, et y enfouit la boîte. Il s'arma d'une pierre aux arêtes tranchantes et s'attela à graver un nouveau dessin. Il s'appliqua, soigneusement, et esquissa le visage d'Axel, avec ses tatouages et sa crinière de cheveux. Il connaissait le visage de Roxas pour l'avoir vu sur la photo que Riku lui avait laissée. Quand il eut fini les deux portraits, il leur ajouta à chacun un bras tendu vers l'autre, et qui tenait une glace à l'eau de mer. Ensuite, il chercha parmi les rochers une pierre plate assez longue.

C'est à cet instant là, quand il se saisit d'un grand galet et qu'il leva à nouveau son silex, qu'il se rendit compte qu'il pleurait.

Il ne sécha pas ses larmes, conscient qu'il serait le seul à jamais en verser pour les deux Simili. Il les laissa couler librement sur la pierre claire, tandis qu'il y gravait une épitaphe.

En mémoire d'Axel et Roxas.

Ils ont existé, et ils se sont aimés.

Il déposa la lourde pierre sur le sol, au pied du mur.

Le maître de la Keyblade se releva et se brossa les genoux, les joues maculées de larmes et de poussière. Il regarda son œuvre avec tristesse.

Il avait sauvé les mondes à deux reprises, affronté des adversaires terribles, il avait accompli des exploits spectaculaires et inédits.

Mais à un homme qui s'était sacrifié pour lui sauver la vie, à un garçon qui avait été une partie de lui, à ces deux êtres tragiques qui s'étaient aimés envers et contre tout, il ne pouvait rien offrir de plus qu'une sépulture en hommage à leur amour.

Sora sécha ses larmes du revers de la main. Il éprouva un terrible sentiment d'impuissance, car pour la première fois de sa vie, alors qu'il avait fait tout ce qui était en son pouvoir… Il avait conscience que ce n'était pas suffisant.

AKUROKU