Auteur : Ariani Lee

Bêta-lecture : Lyly [u]

Série : Kingdom Hearts

Pairing : AkuRoku (Axel/Roxas pour les néophytes ))

Disclaimer : La liste des cent thèmes est disponible sur le net (c'est toujours la même vous aurez peut-être remarqué ?) Axel et Roxas ne m'appartiennent pas, ni aucun des membres de l'Organisation XIII ou personnages de Kingdom Hearts qui pourraient être mentionnés ici : Ils sont tous la propriété de Square Enix et des studios Disney. Bande d'ingrats qui les a fait mourir !

Résumé : « Plus je m'éloigne et plus je t'aime… »

Traduction du titre : « Morceaux brisés »

Auto-évaluation : **

Note de l'auteur: Si certains d'être vous sont intéressés, je commence maintenant la publication de la traduction des cent thèmes sous le titre "100 themes about Axel and Roxas" dans la section anglaise.

Axel et Roxas en cent thèmes.

Broken Pieces

From: Flurry08-Xmail-com
To: Key13
-Xmail-com
Subject: RE : Tu me manque (encore)
Date: Thu, 15 Jul 2010 00:20:09

Mon amour,

J'ai lu ton mail cet après-midi, au bureau, mais je n'ai pas pu répondre plus tôt. Je viens juste de rentrer, j'ai travaillé tard. Tu me manques aussi, douloureusement.

Par rapport à ce que tu m'as dit, j'avoue : c'est vrai, je ne vais pas bien. Pourtant, j'essaye de ne pas le montrer quand je t'écris. Je ne peux pas m'empêcher de penser que si on déprime tous les deux chacun de notre côté, qu'on rumine le fait que l'autre est triste aussi, l'un de nous va craquer. C'est pour ça que jusqu'ici, je me suis efforcé d'avoir l'air enjoué dans mes e-mails.

En même temps, ça ne pouvait pas marcher indéfiniment. Tu me connais trop bien.

Je ne mens pas quand je dis que le boulot est super – je le crois vraiment. Le truc, c'est que loin de toi, rien n'a de goût. Alors je m'ennuie au bureau, je m'ennuie en voiture, je m'ennuie chez moi, rien ne me plaît ni ne me distrait. Je n'arrive pas à apprécier quoi que ce soit. Tu me manques trop. Ma vie ces derniers mois a été une succession d'évènements qui n'ont pas mérité que je les retienne. Je pense que dans quelques années, j'aurai tout oublié de cette année que je passe séparé de toi. Je me répète sans arrêt qu'on le fait pour notre avenir, que quand on se retrouvera, on sera contents d'avoir mes économies et ton diplôme. « On le fait pour nous », c'est devenu mon leitmotiv. Un peu comme un mantra.

Voilà la vérité, mon ange. Loin de toi, je ne suis que l'ombre de moi-même, ne pleure pas – je sais que tes yeux brillent, là ! J'ai l'image imprimée dans ma rétine de la dernière fois que je t'ai vu pleurer et elle me fait mal.

Même si ça me brise le cœur, même s'il reste encore la moitié de cette interminable année à vivre sans toi, je ne regrette pas d'être monté dans ce train ce soir-là.

Je me rappelle tout dans les moindres détails. Je me rappelle parfaitement ton regard. Les lumières artificielles du quai ne suffisaient pas à éclairer l'océan de tes yeux qui en semblaient presque noirs, mais elles faisaient briller une autre eau, qui ruisselait sur tes joues. Je me rappelle comment tu t'es agrippé à moi. Je crois qu'à un moment, tu as sérieusement pensé à m'empêcher de partir. Souviens-toi, je t'ai serré dans mes bras, je t'ai dit de ne pas verser de larmes, que c'était inutile. Que tous les départs rapprochent les cœurs qui se séparent, que je serais avec toi, même si j'étais loin. Que je ne t'en aimerais que plus.

C'était la vérité. Même dans le train, quand je me suis assis sur la banquette, après que ta silhouette sur le quai ait disparu à l'horizon, j'ai regardé autour de moi. J'ai vu d'autres voyageurs, mais tous ces gens étaient tellement différents de moi que j'avais l'impression d'être dans une autre dimension, totalement à l'opposé de celle où eux évoluaient.

Pour eux tous, le train avançait vers une destination, vers quelque part ou quelqu'un. Pas pour moi. Pour moi, il ne faisait que s'éloigner de toi, et je le ressentais. Physiquement, je veux dire. Comme si le lien qu'on a construit tous les deux s'étirait entre nous, s'allongeait. Ça faisait mal. Au bout d'un moment, la sensation d'arrachement s'est stabilisée. La douleur n'a pas changé depuis. Ça fait six mois qu'il me semble que mon cœur essaye de sortir de ma poitrine pour courir te rejoindre.

Tu me manques tellement… Et c'est quand tu me manques le plus que je sais que nous avons eu raison de décider de ne pas nous voir épisodiquement au cours de cette année et de ne communiquer que par messages écrits. Je sais que si je te voyais, nos morceaux brisés reconstitueraient nos cœurs, nos lambeaux se recoudraient et que je ne pourrais jamais te quitter à nouveau. Je sais que si j'entendais ta voix, je bondirais, je sauterais dans ma voiture et je roulerais, je roulerais sans m'arrêter jusque chez toi. Je sonnerais à ta porte, je ne te laisserais même pas le temps de me faire entrer. Je te prendrais dans mes bras et je t'embrasserais à nous en faire perdre haleine. Je te ferais l'amour tout de suite, sur le sol, dans le couloir, sur cette moquette bleue que je n'aime pas. Je te serrerais dans mes bras, je dévorerais tes lèvres, ta peau, je te ferais crier mon nom jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter, ou que je perde conscience. J'ai tellement envie de toi, et tout le temps, que parfois j'essaye de faire semblant que tu es là. Je me couche seul dans un grand lit que j'ai choisi pour nous deux, trop grand, trop vide. Je ferme les yeux et j'essaye d'imaginer que tu es couché derrière moi, que si je me retournais je pourrais te toucher juste en tendant la main. Quand je pourrais sentir ton corps sous mes doigts. Mais je n'y arrive jamais, à cause de cette manie que tu es de toujours me toucher quand on est couchés. Que ce soit ton pied, ton genou contre mes jambes ou ta main, tes doigts reployés, sur mon cou ou mon épaule, dans mes cheveux… Je sais que tu n'es pas là.

Je t'ai toujours aimé, mais je n'ai ai jamais eu une conscience aussi aigue que depuis que je suis loin de toi. Paradoxalement, malgré la distance, j'ai l'impression d'être plus proche de toi qu'avant. Mais ce n'est sans doute qu'une impression provoquée par le sentiment omniprésent de ton absence, qui fait que je pense à toi absolument tout le temps. Il n'y a que deux secondes, le matin, quand je me réveille, que deux battements de cœur par jour, pendant lesquels j'oublie que tu n'es pas là. J'esquisse un mouvement pour te prendre dans mes bras, pour me blottir contre toi, mais avant que je l'aie achevé, j'ai repris conscience que l'autre côté du lit est vide. Et là, j'ai envie de pleurer et de crier tellement tu me manques, tellement ça m'arrache le cœur, les yeux, les ongles de douleur. Loin de toi, j'agonise.

Mais la moitié du chemin est fait. On est arrivés jusqu'ici, on a fait la moitié du chemin, alors il faut qu'on tienne. Et quand on se sera retrouvés, on ne se quittera plus jamais. Quand tu descendras de ton train, ce seront nos seules et uniques retrouvailles parce qu'on ne se séparera jamais. J'ai hâte que tu t'installes dans l'appartement. Je l'ai aménagé pour nous deux, mais j'ai toujours l'impression de vivre au milieu des caisses, de ne pas y être chez moi alors que bon, je paye quand même le loyer, j'ai choisi les couleurs pour la peinture et la moquette, j'ai choisi les meubles… J'ai toujours le sentiment de vivre dans une chambre d'hôtel. Ça ne changera pas tant que tu ne seras pas là. Ma vie, tout ce qui la constitue et ce qui m'entoure, n'est que la moitié d'un tout. J'ai besoin de toi. Quand je t'aurai retrouvé, je recommencerai à vivre et à me sentir chez moi. D'ici là, j'attends…

Je vais aller me coucher. Et comme tous les soirs quand je le fais, je rêve au jour où tu seras avec moi pour froisser ces draps.

Je t'aime,

Axel.

« Car, parce que je pars
Il y a de l'eau dans ton regard
Mais les pleurs que tu pleures sont inutiles
Car tous les départs
Resserrent les cœurs qui se séparent
Je serai bien que loin de toi
Tout contre toi

Dans la nuit les trains voyagent
Vers des villes et des visages
Creusant dans nos cœurs
Un écart lourd, tellement lourd

Plus je m'éloigne et plus je t'aime
C'est le paradoxal système

Car, tous les départs
Resserrent les cœurs qui se séparent
Et les pleurs que tu pleures
Sont inutiles
Car en tous sens
Attisés par la longue distance
Je serai bien que loin de toi
Tout contre toi

Plus je monte vers le nord
Plus notre amour devient fort
Rêveur absent, je serai comme ça
A cause de toi

Plus je m'éloigne et je t'aime
C'est le paradoxal système »

Paradoxal système », Laurent Voulzy)

AKUROKU