Auteur : Ariani Lee
Bêta-lecture : Lyly [u]
Série : Kingdom Hearts
Pairing : AkuRoku
Résumé : [Criminal spinoff] Où l'un fait une blague de mauvais gout et où l'autre lui met un pain.
Traduction du titre : « Faim »
Auto-évaluation : ***
Note: Voici le fameux épisode AkuRoku promis pour « Criminal », ça se passe donc quand Roxas retrouve Axel après le drame du chapitre 9 que tout le monde a détesté ! Joyeux AkuRoku Day !
Axel et Roxas en cent thèmes.
Starvation
Les jumeaux s'étaient séparés devant chez Axel il y avait un instant déjà mais Roxas était toujours sur le trottoir devant la maison, en train de triturer le bord de son T-shirt d'un air revêche.
Il savait, au fond de lui, que Ven avait raison. Axel l'aimait, et ils avaient vécu trop de choses ensemble, ils étaient ensemble depuis trop longtemps pour qu'il lui tienne rigueur de ce qui s'était passé. Sa tête appuyait vivement les arguments de son frère, arguant qu'Axel s'était certainement inquiété, qu'il serait soulagé et heureux de le voir, qu'il serait aussi affamé de lui que Roxas l'était en ce moment, mais son cœur se serrait à chaque fois qu'il repensait à ce qui était arrivé. Comment le regarder en face après que ses parents l'aient regardé comme ça, après ce que sa mère avait dit et fait ? Comment pourrait-il ne pas lui en vouloir, à lui, comment pourrait-il vouloir ne pas être impliqué dans cette histoire ? C'était Roxas qui l'avait attiré dans ce guêpier, et Axel avait simplement dit oui, comme toujours, parce qu'il voulait l'aider et qu'il aimait Ven comme si c'était son propre frère. Il n'avait rien fait de mal…
Roxas sursauta en voyant la porte d'entrée s'ouvrir. C'était le père d'Axel, et Roxas sentit ses entrailles geler et se liquéfier de peur, qu'allait-il bien pouvoir dire… ?
- Roxas ? Dit Reno. Y a Axel qui demande si tu comptes rester planté là encore longtemps où si tu vas rentrer pour qu'il puisse s'excuser.
Sourire rigolard. Roxas n'était pas sûr d'avoir bien compris ce qu'il avait dit, mais il fallait bien donner le change – c'était le père d'Axel, hors de question de l'inquiéter ou que cette histoire arrive à ses oreilles si ce n'était déjà fait. Alors il se mit en marche, comme un automate, et entra dans la maison. Reno referma la porte derrière lui.
- Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda-t-il, l'air plus sérieux. C'est méga rare que vous vous disputiez, vous deux, la dernière fois ça remonte à… bah, je sais pas en fait.
Parce que ça n'était jamais arrivé. Roxas avait toujours mal au cœur. Qu'est-ce qu'Axel avait dit à ses parents ? Reno n'avait pas l'air contrarié, juste intrigué. Il avait la même étincelle de curiosité dans les yeux qu'Axel quand il avait envie de savoir quelque chose qui ne le regardait pas forcément. D'ailleurs, il n'était pas le seul à se faire la réflexion. Un poing s'abattit mollement sur le haut du crâne de Reno.
- Hé ! Protesta le roux.
- Occupe-toi de tes fesses, c'est pas tes affaires.
- Mais mon cœur !
- Reno.
- … T'es pas drôle.
- Ça n'avait pas pour but d'être comique !
Si Axel avait beaucoup pris de son père, tant au niveau de son physique que de son charme et de son caractère et de tout en fait, ses parents avaient quelque chose de surprenant en commun : ils faisaient minimum dix ans de moins que leur âge réel. Reno avait beau avoir quarante ans largement passés, il semblait en avoir à peine trente – et vingt du point de vue de son attitude. La mère d'Axel, Tifa, avait de longs cheveux noirs et lisses, de très beaux yeux et un tempérament détonnant. Elle était extrêmement gentille et compréhensive mais c'était aussi une femme de caractère qui avait de la répartie et une autorité certaine qu'elle exerçait tant sur son mari que sur son fils. Un jour, Axel avait demandé à Roxas, s'il avait aimé les filles, quel aurait été son genre et il s'était fait un plaisir de lui répondre franchement : « ta mère ». Il avait eu l'air de quelqu'un qui vient d'avaler un œuf entier. Roxas ne savait quel âge avait Tifa, mais rien ne lui avait jamais laissé entendre qu'elle avait été mère très jeune et pourtant, elle avait plus l'air d'être la sœur d'Axel qu'autre chose.
Une fois que l'Autorité Matriarcale eut redirigé son consort dans le salon, marmonnant un peu dans sa barbe pour la forme, elle laissa Roxas seul après lui avoir indiqué qu'Axel était dans sa chambre. Précision inutile, certes, mais Roxas était dans ses petits souliers. Qu'est-ce qu'Axel avait raconté à ses parents ? Pas la vérité, en tout cas, c'était certain…
Il s'engagea dans l'escalier, la gorge nouée d'émotion et le cœur battant. Finalement, arrivé dans le couloir du premier, il s'avéra qu'Axel n'était pas dans sa chambre mais qu'il l'attendait dans le couloir. Son cœur s'arrêta une seconde en le voyant mais il n'eut pas le temps de lire son expression car il se retrouva cloîtré dans une étreinte puissante. Il sentit tous ses muscles se décrisper et il noua ses bras autour de la taille de son petit ami. Axel l'entraîna rapidement dans sa chambre et claqua la porte derrière eux. Roxas enfouit son visage dans le creux de son épaule mais Axel le repoussa et, prenant son visage dans ses mains en coupe, l'embrassa brutalement, forçant presque l'entrée de sa bouche dans sa précipitation. Roxas s'accrocha à lui en lui rendant son baiser, et l'échange les laissa tous les deux étourdis et à bout de souffle. Ils avaient tant de questions et de choses à se dire qu'aucun ne savait par où commencer. Ce fut Axel qui parla le premier.
- Tu m'as tellement manqué, je me suis inquiété…, lui dit-il à voix basse.
Roxas s'écarta un peu et frotta rageusement ses yeux du revers de sa manche. Ils étaient un peu rouges.
- Je suis désolé, nos parents ont pris nos portables et coupé le wifi, on avait aucun moyen de communiquer.
Axel haussa des sourcils surpris.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Après que je sois parti ?
Roxas baissa la tête. Ils s'assirent sur le lit et Axel noua sa main à la sienne. Le blond soupira lourdement.
- Maman a dit des trucs atroces, et comme Vanitas voulait pas bouger ils ont menacé d'appeler les flics. Alors il est parti et Ven a fermé la porte à clé derrière lui. On est resté dans sa chambre et dans la nuit on est montés s'enfermer dans celle de Sora. Puis mon père a enfoncé la porte de Ven. Du coup ils ont deviné où on était et ma mère a recommencé à nous insulter. Ce matin, les parents sont partis travailler en nous enfermant dans la maison mais on est sortis en utilisant mon double de secours et voilà.
Roxas avait débité tout ça d'une voix monocorde, comme si ce qu'il était en train de dire ne le concernait pas. Axel savait qu'il ne fallait pas insister là-dessus donc il posa une autre question.
- Comment va Ven ?
Le visage las de Roxas s'éclaira un peu en répondant.
- Il va bien, je crois. Il s'en fiche, de ce que nos parents pensent. C'est lui qui a tout géré, en fait, moi j'étais trop à l'ouest pour réfléchir. Il est chez Vanitas, pour l'instant.
- Toi, à l'ouest ? S'étonna Axel.
Roxas serra sa main et appuya sa tête contre son épaule.
- J'étais au trente-sixième dessous. J'avais peur que tu m'en veuilles.
- C'était idiot, tu le sais ?
- Ouais. Ven me l'a répété cent fois, mais je pouvais pas m'en empêcher. Tu me manquais et ça me rendait malade de pas pouvoir te joindre et puis j'étais inquiet parce que je savais pas ce que t'allais bien pouvoir dire à tes parents et que t'aurais quand même pu m'en vouloir et puis…
La voix du blond tremblait un peu, et Axel enlaça ses épaules d'un bras.
- Je sais, chuchota-t-il en approcha son visage du sien et en frottant l'un contre l'autre le bout de leurs nez. Je sais, toi aussi tu m'as manqué…
Roxas l'embrassa, plus calmement cette fois. Rouvrant les yeux, le cœur battant la chamade, il remarqua pour la première fois que la joue d'Axel était toujours enflée et un peu rouge. Son cœur se serra à cette vue, les souvenirs revenant en force.
- Je suis tellement désolé, dit-il doucement. Qu'est-ce que t'as dit à tes parents ?
Axel lui sourit avec un regard qui le faisait beaucoup trop ressembler à son père.
- Que je t'avais fait une blague de très mauvais goût et que tu m'avais mis un pain. Ça les a beaucoup fait rire. Tu sais que mes parents prennent ton parti ? C'est moi leur fils ! Se scandalisa-t-il faussement, et il parvint à arracher à Roxas un sourire, même si c'était plutôt piteux.
- Si j'étais hétéro, j'épouserais ta mère.
- Arrête de dire ça, tu vas me faire gerber.
- N'empêche que c'est vrai !
Ils se chamaillèrent un instant là-dessus et pendant quelques merveilleuses secondes, Roxas oublia le drame familial qui se jouait dans sa propre maison. Il aurait voulu avoir des parents comme ceux d'Axel, jeunes d'esprit et tolérants. Au moins l'un des deux n'avait-il pas de soucis…
- J'ai toujours su que ta mère avait un problème avec moi, finit par déclarer Axel après un moment de silence.
Roxas s'étonna.
- C'est vrai ?
- Ouais. Après qu'on a commencé à sortir ensemble, vraiment, elle a changé. Elle est devenue plus distante avec moi. Je sentais bien qu'il y avait un truc qui clochait mais qu'elle faisait des efforts pour que ça se voie pas. C'est pour ça que j'en ai jamais parlé non plus, parce qu'il valait mieux que ça reste comme ça.
Roxas haussa les épaules.
- Je m'en fiche de ce qu'elle pense. C'est fini, maintenant. Je resterai plus là-bas très longtemps.
Axel se tourna vers lui et le regarda sérieusement.
- Je veux vivre avec toi, déclara-t-il.
Le blond sentit son cœur manquer un battement. L'idée semblait couler de source, comme tout entre eux, depuis toujours. Mais l'entendre le dire comme ça n'en était pas pour autant moins émouvant.
- Moi aussi, répondit-il d'une voix un peu voilée par l'émotion. Je t'aime.
- Je sais. Moi aussi.
Un autre long silence s'étira, confortable, avant que Roxas ne reprenne la parole.
- Pourquoi t'es pas descendu au lieu de demander à ton père de me faire entrer ? J'ai cru que t'étais en rogne contre moi.
- Parce que je voulais pas prendre le risque que tu gaffes devant eux en te répandant en excuses dès que tu m'aurais vu. Si ma mère apprend que la tienne m'a collé une gifle, elle va aller tout casser chez toi.
- L'idée est horriblement tentante, répliqua Roxas avec un ricanement.
Et c'était vrai qu'imaginer Tifa en train de démolir le salon en hurlant sur sa mère lui plaisait beaucoup, mais tout ça était déjà assez compliqué comme ça…
- Axel ?
- Ouais ?
Roxas se blottit contre lui et Axel l'enlaça.
- J'ai un truc à te dire qui risque de pas trop te plaire.
- Euh, okay. J't'écoute.
Le blond prit une profonde inspiration avant de se jeter à l'eau.
- Ven et moi. On s'est embrassés.
Il osa jeter un œil à Axel pour voir la tête qu'il faisait, et il ne fut pas déçu. Axel le regardait comme si les yeux allaient lui jaillir hors des orbites, la bouche grande ouverte, présentant une ressemblance confondante avec un poisson rouge qu'on vient de sortir sans préavis de son bocal. Finalement, il sembla retrouver l'usage de la parole et s'en servit pour crier à l'outrage :
- Non, j'le crois pas !
- Si, répondit Roxas, penaud.
- MAIS C'EST DEGUEULASSE ! Comment t'as pu me faire ça, Roxas, merde tu me déçois ! Parce qu'en plus j'imagine qu'il y a pas une photo que j'pourrais voir !
Roxas, qui avait cru mourir une seconde, regarda sombrement l'andouille qu'il avait aimée toute sa vie, puis, de son poing serré, lui cogna l'épaule de toutes ses forces.
- Aïe ! Protesta Axel. Mais j'ai rien fait d'mal !
- Tu m'as fait peur espèce d'abruti ! L'enguirlanda Roxas. C'est pas drôle, j'ai cru que tu le prenais mal !
- Mais je le prends mal ! La prochaine fois que ça vous prends tu m'appelles, que j'puisse regarder quoi ! Ok, ok, j'me tais ! Pataper, ok ?
Roxas baissa son poing levé avec un regard de mise en garde.
- Merde, Roxas, par moments t'es pire que ma mère ! Se plaignit le roux en massant son épaule.
- C'est pour ça que tu m'aimes, t'as pas dû bien résoudre ton complexe d'Œdipe.
- Ecoutez un peu qui vient parler d'inceste !
- Axel !
- Oui, ok, j'me tais.
Le silence retomba sur la pièce. Pas longtemps…
- N'empêche, bouda quand même le roux au bout d'un instant. La prochaine fois je veux regarder…
AKUROKU
