Auteur : Ariani Lee

Bêta-lecture : Shangreela (C'est toujours Lyly[u], elle a simplement changé de pen name)

Résumé : Rafale, Rafale, danse toi un chemin à travers la chaleur des flammes.

Traduction du titre : « A travers les flammes»

Auto-évaluation : ***

Sources : Kingdom Hearts II, Birth By Sleep, 358/2 Days, Dream Drop Distance (trailers) et la nouvelle écrite par Tetsuya Nomura "Axel Seven Days" (merci à Orixiah, même si elle ne lira sans doute jamais cette note, de l'avoir traduite). Ce thème est un peu particulier, vous comprendrez vite en quoi.

Axel et Roxas en cent thèmes.

Through The Fire

Flurry, Flurry, dance your way through the heat of flames

Hurry, hurry,I'll meet you on the other side, and
And hurry, hurry, burn, my baby, let it burn
Running within a circle of fire
God forbid, you'd ever just once tiptoe (A-X-E-L. Got it memorized?)
Dust rising up, higher and higher
Hide behind these billowy greys of smoke (A-X-E-L. Got it memorized?)

You make me whole, you make me whole again…

(Tempo "Circle Of Fire")

Il y avait eu Lea.

Il y avait eu un garçon, jeune, plein d'énergie et de malice, dont la seule peur était d'être oublié. Un garçon qui adorait arpenter les rues et les places du Jardin Radieux en compagnie de son meilleur ami en faisant du bruit pour qu'on le remarque, pour qu'on le regarde, pour qu'on se souvienne de lui. Lea pensait que si les gens se souvenaient de lui, alors jamais il ne disparaîtrait totalement.

Le gamin aux cheveux rouges qui n'était jamais plus heureux que quand il arrivait à faire craquer un peu le vernis qui figeait le visage de son compagnon en un masque impavide savourait ses petites victoires : ici un mince sourire, là un léger froncement de sourcils. C'était beaucoup plus difficile avec Isa qu'avec les autres, ça en devenait donc trois ou quatre fois plus gratifiant, proportionnellement à l'effort fourni.

Un jour, Lea avait rencontré un garçon blond qui avait attiré son attention. Ses vêtements, son air affairé, sa façon de regarder autour de lui, tout semblait crier qu'il venait d'ailleurs. C'était pour ça, peut-être, que Lea avait voulu, comme avec tant d'autres avant lui, laisser une marque dans sa mémoire, un échantillon de lui qui continuerait de vivre aussi longtemps que le visiteur le conserverait.

Le visiteur s'appelait Ven. Il avait relevé le défi de Lea et l'avait vaincu, avait discuté un peu avec lui et Isa, puis il s'en était allé et Lea ne l'avait jamais revu. Son visage et ses yeux s'étaient estompés peu à peu dans le fouillis de sa propre mémoire. Comme dans un coffre à trésor ceux des joyaux qu'on ne cherche pas lentement s'ensevelissent sous les autres, ce petit souvenir mal entretenu s'était vu relégué tout au fond, là d'où nul ne viendrait jamais l'exhumer à moins de le chercher sciemment.

Lea n'avait jamais vraiment repensé à Ven, il y avait trop d'autres choses à faire, d'aventures à vivre et de batailles à mener, quelles qu'elles fussent. Lorsque lui et Isa avaient été engloutis par les Ténèbres, il avait oublié le garçon blond qui l'avait un jour battu au cours d'un duel lancé par jeu.

Alors, il y avait eu Axel.

Les années passant, il était devenu ce jeune homme à la chevelure improbable et outrancièrement voyante à côté du gris, du noir et du blanc qui l'entouraient, à la silhouette dégingandée et à la démarche souple et silencieuse. Ses singularités s'étaient accentuées, des tatouages étaient apparus sur son visage, pigmentant sa peau, sur ses pommettes et au coin de ses yeux, l'amande s'en étirant davantage, ouverte sur les iris d'un vert d'absinthe. Mais aussi remarquable fût-elle, cette enveloppe physique n'était qu'une coquille - pas vide, non, pas encore, mais peinant à retenir ce qu'elle pouvait encore. Sans cœur, Axel avait néanmoins une âme, et cela lui suffisait à craindre le vide, à chercher à repousser le moment où, comme Isa – non, comme Saïx, il n'aurait plus rien ressenti, il aurait oublié comment c'était d'exister. Le moment où la coquille aurait été complètement vide, où il n'y aurait plus rien eu à retenir, car cela serait arrivé. Ce qui restait de son humanité lui échappait inexorablement, comme les bribes d'un rêve qu'on essaye de garder en mémoire au réveil mais qui se dissolvent dans la lumière du jour, comme l'eau dans laquelle on peut refermer les poings mais qu'il est impossible de saisir. Elle filtrait à travers lui et il lui était impossible de la retenir.

Il avait fini par renoncer et par se rendre à l'évidence : il ne pouvait pas éviter l'inévitable, alors autant ne pas se fatiguer. Alors Axel s'était regardé devenir tiède et docile comme une bête de somme, lentement. Il s'était consacré à la quête de Kingdom Hearts, non sans se demander, avec une lassitude grandissante mêlée d'ennui, si ce cœur qu'ils recherchaient avec une telle âpreté était réellement la réponse, la solution, la clé – il ne savait pas encore qu'il était destiné à croiser la route de cette dernière, et que ça allait changer sa non-existence en quelque chose de plus réel, de plus vivant. De nouveaux membres avaient rejoint l'Organisation. Demyx, Luxord, Marluxia, puis Larxène. Il s'était vaguement demandé qui viendrait occuper le treizième siège.

Ce qui restait de Lea s'accrochait apparemment de son propre chef, terré dans les recoins de son être. Il le sentait parfois, quand il jouait aux cartes avec Luxord et que soudain, sans calcul ni intention, spontanément, il s'énervait parce qu'il avait perdu une partie de plus. Ou quand il se posait des questions sans queue ni tête, juste par curiosité. Les lumières d'Illusiopolis, néons, écrans et lampadaires, et son ciel d'un noir d'encre, si vide qu'il ressemblait à un puits sans fond, l'intriguaient alors qu'il aurait du n'en avoir cure. Au fond, Axel était encore un peu humain. Mais pour combien de temps ?

Un jour, pendant une mission, Axel avait découvert un endroit spécial. Perché tout en haut d'une tour en face à un coucher de soleil magnifique, explosion perpétuelle de couleurs époustouflantes. C'était un endroit où personne ne venait jamais. L'endroit qu'il aimait, l'endroit où il pouvait être seul, certain de ne pas trouver Saïx sur ses talons s'il regardait derrière lui. C'était son repaire, sa seule retraite, il pouvait y manger une glace à l'eau de mer pour passer le temps et profiter de la vue pour se laver les yeux des tons neutres de son quotidien en les baignant d'orange, de rouge et de pourpre. Son sanctuaire au sommet de l'horloge, rien qu'à lui, son secret le mieux préservé et peut-être le seul jusque là.

Allez comprendre pourquoi, lui-même n'aurait su l'expliquer, le jour de sa première rencontre avec le nouveau, il l'avait amené là-haut pour manger une glace.

On lui avait laissé sur les bras le Numéro XIII, un nabot blond tellement amorphe qu'il avait l'air d'un zombie sourd-muet. Axel savait que c'était temporaire, les nouveaux similis étaient toujours comme ça, au début. Par contre, c'était la première fois que Xemnas – ou était-ce Saïx ? – intégrait un membre pas encore éveillé. Saïx avait dit qu'il s'appelait Roxas et était parti sans rien ajouter.

Axel avait regardé le légume et le légume avait laissé son regard fixé droit devant lui, sans même sembler le voir. … Sourd-muet et aveugle, donc, mais Axel l'avait emmené sur le clocher avec lui. Sur le moment, ça lui avait semblé naturel. Roxas n'avait rien remarqué, il n'avait pas encore assez émergé pour ça. Il avait mangé la glace qu'Axel lui avait mise dans la main par réflexe, et Axel avait frémit en pensant à la douleur qui devait lui plomber les dents en y mordant comme ça. Alors il avait attendu que Roxas commence à prendre un peu conscience de son environnement avant de retenter l'expérience. Il avait attendu une semaine.

Rapidement, son endroit à lui était devenu le leur. C'était leur clocher, leurs glaces à l'eau de mer, leur crépuscule. Lentement, il avait senti que le vide à l'intérieur de la coquille reprenait une certaine substance, qu'il renouait peu à peu avec l'humain de ses souvenirs. Xion était venue, s'était jointe à eux. Elle et Roxas lui posaient toujours beaucoup de questions, des simples et des complexes, sur des choses futiles ou importantes. Roxas, surtout, semblait convaincu qu'il avait réponse à tout. Ils étaient spéciaux, ils avaient confiance en lui, et quand était venu le moment où il avait dû commencer à ne pas répondre à certaines interrogations parce qu'on le lui avait interdit, il avait eu l'impression de le trahir. Saïx lui avait maintes fois reproché son intérêt pour Xion, son attachement pour Roxas, mais il n'avait tenu aucun compte de ses remarques : Isa n'était plus, et le simili issu de lui n'était pas l'ami qu'il avait été. Axel avait essayé de préserver l'équilibre fragile qui existait entre eux trois, en gardant Roxas dans l'ignorance, en ramenant Xion lorsqu'elle tentait de s'enfuir, et il y était parvenu pendant un moment. Et puis tout s'était détraqué.

Progressivement, ils avaient cessé de se retrouver tous les trois. Par moments, c'était juste Roxas et lui en haut du clocher, à d'autres lui-même n'y allait plus, peut-être parce que le poids des secrets et des mensonges se faisait sentir sur ses épaules. Peut-être qu'il redoutait la question suivante, parce qu'il n'était pas sûr de pouvoir encore une fois mentir et feindre.

Xion s'était enfuie, Roxas avait déserté. Il était parti un soir, et Axel n'avait pas pu le retenir, parce qu'il n'avait pas réussi à parler assez fort pour qu'il l'entende lui dire que si, il y aurait quelqu'un à qui il manquerait s'il disparaissait : lui. Les mots étaient sortis, trop faibles pour que Roxas puisse les entendre, parce qu'Axel lui-même avait du mal à croire ce qu'il disait. Roxas était parti furieux contre Axel, lui reprochant sans ambages de l'avoir trahi, de lui avoir menti. Cette fois, pourtant, il avait dit la vérité.

Pour ne pas l'avoir arrêté, Axel avait été suspendu de ses fonctions par Xemnas. Trois jours durant, il avait simplement attendu que le temps passe, en s'abîmant dans des réflexions interminables sur Illusiopolis, sur lui-même, sur sa rencontre avec Sora, sur le pourquoi de tout ce qui arrivait. Il ne parvenait pas à pardonner à Roxas d'avoir tout abandonné. Puis Saïx était venu le trouver, l'avait gratifié d'une pique ironique sur la « douleur » que lui occasionnait le départ de Roxas, avant de lui annoncer qu'ils savaient où il était.

Pendant la réunion qui avait suivi, il avait à peine écouté les paroles du Supérieur, toutes ses pensées focalisées sur le treizième siège, celui que Roxas avait occupé. Cette chose immense, beaucoup trop grande pour lui… Il se souvenait de toutes les réunions auxquelles ils avaient assisté, tous les deux, il se souvenait de l'ennui avec lequel Roxas écoutait les autres membres débattre, et il se demandait à quoi il avait bien pu penser pendant tout ce temps. Il s'était soudain rendu compte que malgré tout le temps qu'ils avaient passé ensemble, il n'avait jamais su à quoi Roxas pensait. Pourtant, il avait toujours voulu le comprendre. Il aurait voulu savoir, s'il avait arrêté Roxas, cette-nuit là, alors qu'il fuyait… ou s'il lui avait dit la vérité, au lieu d'obéir et de lui mentir… leur aurait-il tourné le dos comme il l'avait fait ?

Il avait pratiquement supplié Saïx de l'envoyer dans la Cité du Crépuscule virtuelle, la première fois. Jusqu'alors seuls des Reflets étaient passés et ils ignoraient si c'était prudent, ou même faisable. Il avait fini par s'énerver face à son refus, arguant que si Roxas était prisonnier là-dedans et que personne ne savait ce qui pouvait lui arriver, il était hors de question qu'il reste là à ne rien faire.

Ça avait été rapide comme l'éclair. Une fraction de seconde et il se trouvait Rue de la Gare, il voyait Roxas en compagnie de trois gamins qu'il connaissait de vue mais à qui il n'avait jamais parlé. L'un deux disait quelque chose, Roxas riait. Axel avait ouvert la bouche pour l'appeler…

Un battement de cils et il était revenu à Illusiopolis. Saïx lui avait alors dit qu'il n'était pas d'accord avec ce projet, qui consistait à l'expédier dans la ville virtuelle pour qu'il en revienne avec Roxas. Il lui avait expliqué que ce monde avait néanmoins été créé à partir des souvenir du Numéro XIII et qu'il était tout indiqué pour cette mission. Puis il s'était rapproché de lui, et avait laissé tomber ces mots au creux de son oreille :

- Tu es le souvenir le plus important qui subsiste dans la mémoire de Roxas.

Axel était retourné sur le clocher, par la suite, en attendant l'ordre qui le renverrait là-bas. Face au crépuscule, il s'était demandé comment l'éternel coucher de soleil, chaque jour identique, pouvait lui sembler différent tout à coup. Peut-être parce que Roxas n'était pas là.

Deux jours plus tard, Saïx l'avait réexpédié dans la ville virtuelle. Il avait vu Roxas, qui ne l'avait même pas remarqué, et il avait rencontré Naminé. Elle n'avait pas fui, elle lui avait juste demandé de laisser tomber, lui disant qu'il était trop tard et que Roxas ne lui reviendrait pas. Qu'il ne le pourrait pas. Axel s'était énervé, elle lui avait dit qu'il risquait d'être effacé s'il restait. Il n'en avait cure.

Une semaine après la désertion de Roxas, Axel s'était réveillé l'estomac plombé de doutes et d'incertitudes. Il avait reçu pour mission de ramener Roxas, l'échec n'était pas une option. En était-il capable, alors qu'il n'avait pas réussi à l'empêcher de quitter l'Organisation ? Il n'avait pas combattu, n'avait pas essayé. Ce matin-là, Axel avait exprimé à haute voix le sentiment de solitude qui le harcelait, espérant peut-être un mieux, un changement. Les mots n'avaient rien changé.

Ce jour-là, il avait rejoint Roxas dans la Cité virtuelle et s'était aperçu qu'il restait en lui quelque chose de Lea, finalement. Roxas ne le reconnaissait pas, et Axel ne voulait pas croire qu'il puisse l'avait complètement oublié. Il n'était pas quelqu'un qu'on pouvait si facilement effacer, et par instants, Axel avait l'impression que des fragments de sa mémoire le concernant subsistaient. Alors, il se disait qu'il avait encore un espoir. Le combat qui avait suivi avait été pénible. Roxas ne se défendait pas comme d'habitude, ne se battait pas comme d'habitude. Roxas, perdu dans tout ce désordre, lui avait demandé ce qu'il savait, et il lui avait répondu qu'il ne pouvait pas en parler tout de suite. Il avait toujours su des choses que Roxas ne savait pas, c'était encore le cas et c'était pour ça qu'il ne pouvait en aucun cas le laisser là.

Quand DiZ était intervenu, Axel avait crié le nom de Roxas à plusieurs reprises, non sans se demander combien de fois déjà il l'avait fait par le passé.

Quand Roxas avait appelé ses amis virtuels, Axel avait juste pu penser qu'il ne connaissait pas les noms qu'il avait prononcés, que c'étaient ceux des amis qui comptaient le plus pour lui à présent, et que jamais Roxas n'aurait crié son prénom comme ça. Il avait été propulsé hors de la ville, jusqu'à Illusiopolis.

Le lendemain, il ne pouvait se sortir cette pensée de la tête. Jamais Roxas n'avait crié son prénom comme ça. Il avait tout oublié, lui compris, complètement. Et Xemnas lui avait finalement donné l'ordre qu'il appréhendait depuis des jours.

Il avait protesté, d'abord, arguant qu'il était encore trop tôt, que Roxas ne leur avait pas tourné le dos mais qu'on l'empêchait de revenir. Il avait su, au moment même où il prononçait ces mots, qu'il s'agissait d'un mensonge, et aussi que c'était pour ça qu'il fallait que Roxas revienne. Il fallait qu'il revienne avant qu'il ne soit éliminé, et Axel transformé en Reflet.

Parce qu'Axel l'avait su aussitôt : il ne pourrait pas tuer Roxas. Peu importaient les conséquences pour lui…

Avait alors commencé le jeu du chat et de la souris qui allait durer jusqu'à la fin, entre lui et Roxas. Roxas qui mentait en essayant de lui faire croire que la mémoire lui était revenue, et Axel qui le savait presqu'aussitôt parce qu'après la flambée d'espoir revenait la pratique, et que parce qu'il avait toujours été avec Roxas, il savait la tête qu'il faisait quand il avait quelque chose de délicat à dire. Roxas qui inversait les rôles, l'attaquant à son tour, et Axel se disait alors que même si Roxas s'était souvenu, il se serait sans doute montré agressif.

Agressif, c'était le mot. Roxas avait toujours été du genre teigneux, à partir du jour où il s'était réveillé, mais quand Axel l'avait retrouvé, cette fois-là, en train de démolir un ordinateur à grands coups de Keyblade, il lui avait semblé revoir le garçon enragé qui lui avait reproché sa trahison avant de partir sans se retourner. N'y avait-il donc rien d'autre à faire ? Axel n'avait pas les idées claires. Roxas avait dit son prénom, et pour de bon cette fois il se souvenait.

Mais… il était trop tard.

Il s'était encerclé avec Roxas à l'intérieur des flammes, conscient qu'il n'était pas capable de l'éliminer, qu'il l'avait toujours su, et Xemnas et Saïx aussi. Il aurait voulu qu'ils puissent disparaître, lui et Roxas, quitter cet endroit et s'enfuir quelque part ensemble, mais le combat était inévitable. Il ne chercha pas à l'éviter. Et quand Roxas avait invoqué une seconde Keyblade, il avait éprouvé une sensation de déjà-vu aussi vague que passagère, pas même un souvenir conscient.

Puis Roxas l'avait appelé, et Axel avait vu qu'il tremblait. Il s'était rapproché suffisamment pour le rattraper dans ses bras quand il était tombé, juste contre lui. Roxas l'avait fusillé du regard et l'avait frappé. Le coup avait été si fort qu'il l'avait mis à genoux, qu'il s'en était fallu de peu qu'il ne soit fatal. Et Roxas s'était rapproché, avait prononcé son nom, encore, et toute hostilité avait quitté son regard. Axel était las, il n'avait pas le courage de se battre plus longtemps contre lui.

- On se reverra… dans une autre vie.

A ces mots, prononcés avec un sourire plein de sous-entendus, Roxas avait répondu en hochant la tête qu'il l'attendrait, et Axel avait ri – il y avait quelque chose de drôle dans cette réponse dite avec sérieux.

Axel n'était pas resté pour assister à la suite des évènements. Il avait emprunté un couloir des Ténèbres et avait perdu connaissance en en sortant. Il ne savait pas combien de temps il était resté inconscient quand il s'était réveillé, mais il était sur le clocher, face au crépuscule. Deux pensées lui remplissaient la tête, douloureuses. Il avait failli à son devoir, et Roxas avait probablement disparu depuis des heures, retourné en Sora. Que lui restait-il ? Il savait qu'il serait éliminé s'il retournait à Illusiopolis, il avait désobéi aux ordres pour la dernière fois. Il savait très bien qu'échouer et désobéir, c'était la même chose.

Mais…

Il avait sorti de sa poche une enveloppe blanche, qu'il gardait sur lui depuis près d'une semaine maintenant.

On continuait de vivre à travers les souvenirs. Les souvenirs de lui et de Roxas existaient encore, pour l'instant, à travers lui. Eux, toujours ensemble, devant le coucher de soleil, mangeant des glaces en parlant de tout et de rien… Ça allait encore. Éclairé par les feux du crépuscule, il avait su ce qui lui restait, la seule chose qui importait désormais, la seule qu'il désirait.

Qu'un jour, lui et Roxas puissent se retrouver en haut du clocher pour admirer le coucher du soleil, manger une glace et discuter à nouveau.

Il avait tout fait pour ça. Il avait définitivement tourné le dos à l'Organisation, il avait menti, enlevé et séquestré une jeune fille dans le but relativement avoué de la tuer pour briser le cœur de Sora, pour faire revenir Roxas. Mais il n'avait pas pu, et elle avait fini par s'enfuir. À cet instant, il avait compris qu'il ne le retrouverait jamais, et plus rien n'avait eu d'importance. Il avait suivi le maître de la Keyblade, incapable d'arrêter de penser que Roxas était là, quelque part. Et puisqu'il était condamné à ne jamais le revoir, il ne lui restait plus qu'à préserver Sora.

C'était ce qu'il avait fait, et il en était mort – au plutôt, ça l'avait détruit. Car un simili ne pouvait pas mourir, puisqu'il n'existait pas… Axel s'était estompé, lentement, et pendant les derniers instants, il avait été envahi par une sensation de calme et d'apaisement.

Sa course était terminée. Tout était fini. Il allait pouvoir dormir.

Il ne savait pas combien de temps il avait dormi lorsqu'il avait repris conscience du poids de son corps. Dans la mort, ou le néant, était-il normal que le sol soit aussi dur ? Qu'il y ait un sol ? La sensation familière du manteau qui lui gansait les bras et le torse suggérait qu'il était toujours habillé, et de la même façon. Mais il n'y avait ni corps ni vêtements dans le néant…

Il ouvrit les paupières, et la lumière, bien que chiche, lui fit mal aux yeux. Il reconnut, étendus sur le sol de pierre à côté de lui, son bras mince et sa main gantée. Il tenta de remuer les doigts, et les vit se replier comme les pattes d'une araignée retournée. Il était dans son corps, il pouvait bouger. C'était réel.

Il entreprit de se relever, hésitant et vacillant, et finit par arriver à se tenir sur ses deux jambes. Il promena son regard sur la pièce autour de lui et presqu'aussitôt, il tomba nez à nez avec son propre visage. Son reflet dans une vitre. Il s'approcha d'un pas chancelant.

Les cheveux, le manteau, les traits… C'était bien lui, il n'avait pas changé. À un détail près.

Les sourcils froncés, il porta une main à sa joue. Malgré la maigre qualité du reflet que lui renvoyait la vitre, il était impossible de s'y tromper.

Ses tatouages avaient disparu.

AKUROKU

Tadaaaaaaaaaaaaaaaaaam ! Alors, ça peut sembler un peu débile, tout ça, mais laissez-moi expliquer. Tout ce que vous avez lu là-dedans, à l'exception des phrases qui commencent par « peut-être », tout, absolument tout est In Canon (y compris le passage du sourire plein de sous-entendus…). Qu'on vienne encore nous dire que l'akuroku c'est dans notre tête !

La fin est un peu space – pourquoi s'attarder à ce point sur le fait qu'il n'ait plus ses tatouages ? La raison est très simple : sans ses tatouages, il ne s'agit peut-être plus d'Axel, mais bien de Lea. Perturbant, hein ?

Voilà, ce thème était pour célébrer la résurrection d'Axel dans KH3D. Maintenant, faut attendre que le jeu sorte, quoi.