Auteur : Ariani Lee

Bêtalecture : Shangreela

Disclaimer : Voir chapitre 1 mais en bref, rien à moi sauf l'histoire.

Pairing : AkuRoku


Le prince et l'oiseau

Prologue, cinquième partie

I will defend you and I'll

I'll take the shot for you, I'll be a shield for you

Needless to say I'll stand in your way

I'll take the shot for you, I'll give my life for you

I'll make it stop, I'll take the shot for you

(The Rasmus, Shot)


- Quoi ? S'alarma aussitôt Axel. C'est impossible, qu'est-ce qui s'est passé ?

Le jeune moine enfouit son visage dans ses mains, au désespoir. Plus ferme, Aqua donna au capitaine les explications qu'il demandait, le peu qu'elle savait

- Quand je suis arrivée dans sa chambre ce matin, il n'était plus dans son lit. Personne ne l'a vu, et nous avons déjà regardé partout dans la citadelle. Nous espérions le trouver ici.

- Il n'est nulle part, je l'aurais vu.

- Et dans les baraquements ? Suggéra la jeune femme.

- Allez vérifier. Je vais regarderdans le parc.

- Derrière ? S'étonna la jeune femme. Mais c'est en friche, personne n'y va plus depuis des années !

- Justement. C'est plein de cachettes et désert, quel meilleur endroit pour s'isoler ?

Aqua hocha la tête, l'air peu convaincu.

- Est-ce que l'évêque est au courant ?

Le frère Ienzo, qui s'était redressé, devint blanc comme un linge à ces mots. Aqua posa une main réconfortante sur son épaule et fit un signe de dénégation.

- Très bien, répondit Axel. Pour l'instant, qu'il en reste ainsi. Ne parlez de ça à personne tant que nous n'aurons pas terminé nos recherches. Allez fouiller les baraquements, moi je vais inspecter le jardin. Attendez-moi à dans la chambre du prince quand vous aurez terminé. Si vous restez ici, on risque de vous poser des questions.

Les deux autres acquiescèrent, Aqua d'un air déterminé et le moine toujours légèrement verdâtre mais l'air un peu plus vaillant. Ils se mirent en route chacun de leur côté.

Le parce à l'arrière de la citadelle n'était pas seulement à l'abandon, il était condamné. C'était un grand jardin qui poussait encerclé par les montagnes contre lesquelles la forteresse avait été bâtie et les portes qui permettaient d'y accéder avaient toutes été murées. Des fenêtres on pouvait voir comme un étang de végétation luxuriante et de pierre claire ici et là, quand un banc, une statue ou une arche émergeait de la verdure. Axel, cependant, avait trouvé un moyen d'y accéder et aimait à s'y rendre lors de ses jours de congé. C'était paisible, plein des senteurs des fleurs sauvages qui y poussaient ou de l'odeur des feuilles mortes l'automne venu, et à son avis l'endroit le plus agréable du monde pour regarder le ciel ou faire une sieste. Dans une petite arrière-cour, un buisson cachait un trou dans le mur du jardin. Quand il l'avait découvert, ce n'était qu'une grosse fissure, mais il était revenu à plusieurs reprises et avait ouvert un passage praticable, pierre après pierre. Il en ressortait toujours passablement sale, débraillé et égratigné mais si lui pouvait l'emprunter, fût-ce en rampant – et c'était le cas – l'ouverture était largement assez grande pour qu'un adolescent puisse l'utiliser sans peine. Roxas avait pu le voir disparaitre derrière le buisson depuis une fenêtre ou découvrir seul l'entrée en se réfugiant ici dans sa quête de solitude, mais il était parfaitement possible qu'il soit là-bas. Beaucoup plus que dans les baraquements, en tout cas, songea le capitaine en s'agenouillant près du buisson en question et en se faufilant derrière. Les branches lui griffèrent le visage, laissant dans ses cheveux quelques feuilles mortes et une araignée qu'il chassa d'un revers de la main quand elle entreprit de descendre le long de son nez.

Emergeant de l'autre côté, il retrouva l'endroit familier avec l'agréable sensation de rentrer chez soi, et la soudaine et tranquille certitude que le prince y avait trouvé refuge. Curieusement, l'idée que quelqu'un ait découvert et investi son petit sanctuaire ne le dérangeait pas. Peut-être même l'y ramènerait-il, à l'avenir, un dimanche de temps en temps. Il se livrerait à ses activités habituelles pendant que Roxas lirait ou alors ils se promèneraient. Rendu à la nature depuis près de quinze ans, l'endroit était devenu une véritable petite jungle dans laquelle des arches de pierre, des fontaines qui ne fonctionnaient plus et des statues d'anges étaient prises dans des filets inextricables de plantes grimpantes. C'était beau et, songea-t-il en passant devant un séraphin en pierre blanche envahi de liseron-joli en fleur, tout à fait propre à assouvir les désirs d'exploration et d'aventure d'un petit garçon. On pouvait s'y perdre si on ne regardait pas en l'air pour voir où se trouvait la forteresse...

Il n'eut pas à chercher longtemps avant de le trouver. Avançant sous une tonnelle en fer forgé couverte de lierre, il l'aperçut, assis dans le siège d'une vieille balancelle blanche que son auvent et les arbres en surplomb avaient relativement bien préservée de l'humidité, les jambes ballant dans le vide. Il avait le regard triste et perdu dans le vague, mais il se tourna vers lui en l'entendant approcher.

Leurs regards se croisèrent brièvement et ce qu'Axel vit dans celui de l'adolescent lui serra le cœur, puis les yeux bleus se détournèrent quand Roxas baissa la tête, fixant le seul d'un air las tel que jamais aucun garçon à trois jours à peine de son douzième anniversaire n'aurait dû arborer.

- Votre Altesse, dit-il simplement. Comment êtes-vous entré ici ? Vous faites très peur à Aqua et à votre précepteur, à disparaître de la sorte.

Le prince se contenta de hausser les épaules sans le regarder. S'accroupissant face à lui, il tenta de croiser son regard, sans succès.

- Vous ne pouvez pas rester ici, Altesse. On finira par avertir votre gardien si vous ne réapparaissez pas. Je doute que vous ayez envie de vous user les genoux sur les dalles de la chaelle le jour de votre anniversaire.

À nouveau, le prince haussa les épaules, se renfrognant davantage.

- Je suis aussi têtu que vous, mon prince, sinon plus. Il vous faudra bien me suivre et retourner à votre chambre, à un moment ou à un autre. Permettez que je m'assoie à côté de vous, en attendant.

Il prit place sur le siège à son tour, et ce dernier émit une protestation rouillée.

- Que vous arrive-t-il, Altesse ? Il ne vous sert strictement à rien de garder ce qui vous tourmente pour vous tout seul. Expliquez-moi ce qui ne va pas, je vous promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider.

Même si ça se résume à peu de choses, remarqua-t-il par devers lui. Il y avait beaucoup de limites quant à ce qu'il pouvait faire. Puis tout à coup, un reniflement lui parvint, bientôt suivi par des sanglots haletants. Assis à côté de lui, le petit prince appuya ses poings fermés sur ses yeux, comme si cela pouvait empêcher ses larmes de couler.

- Mes parents sont m-m-morts ! S'exclama-t-il finalement, d'une voix qui semblait plus fluette et enfantine que jamais. P-personne ne m'aime !

Consterné, Axel céda pour la première fois à ce désir récurrent qu'il avait de le prendre dans ses bras pour l'étreindre. S'attendant à tout instant à des rebuffades ou des récriminations, il attira l'adolescent contre lui d'une pression sur l'épaule. À son grand étonnement, Roxas réagit comme s'il n'avait attendu que ça pendant tout ce temps. Ramenant ses genoux contre sa poitrine, il bascula contre le capitaine et, empoignant à pleines mains sa chemise, il y enfouit son visage et ses larmes.

C'était la première fois qu'il pleurait en sa présence et c'était une véritable crise, une tempête qui déstabilisa le jeune homme un bref instant. Se reprenant rapidement, il le serra contre lui se mit à lui caresser les cheveux. Poussant sur ses pieds, il se mit à faire balancer le siège doucement, faisant grincer les gonds. Le petit garçon hoquetait et tremblait comme une feuille, et il attendit un bon moment jusqu'à ce qu'enfin ses larmes se tarissent. Finalement, épuisé, le prince se calma et la prise de ses mains se relâcha mais il resta blotti contre lui.

- Dieu tout puissant, Altesse, où êtes-vous allé chercher que personne ne vous aimait ? Tout le monde a de l'affection pour vous ici !

- L'année passée, répondit l'adolescent d'une voix mouillée, personne n'a pensé à mon anniversaire...

Axel sourit, et sans cesser ses caresses, il lui dit gentiment :

- Ce n'est pas que personne n'y a pensé, mon prince, Aqua vous l'a dit. Nous ne connaissions pas la date !

Le garçon ne répondit que d'un reniflement.

- Tout le monde l'a préparé cette année, et à hâte de pouvoir se rattraper pour la dernière fois. Aqua, Robert et votre précepteur, ils ont tous des cadeaux pour vous.

Le petit garçon se redressa et se torcha le nez d'un revers de manche.

- C'est vrai ? Demanda-t-il.

- Bien sur que c'est vrai !

Axel lui ébouriffa les cheveux, lui arrachant l'ébauche d'un sourire. Il songea que s'il avait de temps à autre cédé à ses envies de gestes semblables, le petit prince ne se serait peut-être pas senti aussi mal-aimé.

- Vous aussi ? Demanda gauchement le prince.

Le capitaine lui sourit.

- Voila un bon moment que je me creuse la cervelle pour trouver une idée, Votre Altesse, mais je crois que je sais maintenant. Venez avec moi.

Roxas le suivit sans émettre la moindre protestation quand il le fit sortir du jardin. Après qu'ils aient franchi le mur, il s'employa un instant à le rendre plus présentable et en fit autant pour lui-même. Ensuite, il l'emmena aux baraquements.

Le prince regarda autour de lui, l'air fasciné. L'endroit sentait la sueur et le métal, et un vague relent aigre de bière flottait dans l'air. La salle principale était meublée de tables et de bancs en bois brut et un foyer noirci marquait l'endroit où on allumait le feu, en-dessous d'un trou d'aération aménagé dans le plafond. Axel guida l'adolescent jusqu'à sa propre chambre.

En dehors d'un lit et de quelques coffres et étagères fixées au mur, l'aménagement était chiche et la décoration se résumait aux objets accrochés aux murs – ses chakrams, rutilants et dont les pointes acérées venaient d'être réaffutées par le forgeron, deux boucliers légers, un arc long et plusieurs carquois de flèches différentes, des pièces d'équipements. Une cotte de maille souple et brillante pendait sur un support près de la porte.

Tandis que l'adolescent béait devant l'arc – une arme magnifique avec une poignée ornementale en ébène taillé – Axel attrapa quelque chose sous son lit et le posa dessus. C'était un objet long et assez lourd enveloppé dans du tissu.

- J'ai quelque chose à vous montrer, Votre Altesse. Regardez.

Le prince s'approcha et le regarda défaire le ballot. Ce dernier révéla une épée à deux mains magnifique, la plus belle qu'il eût jamais vue. Il en resta muet, la bouche ouverte et les yeux écarquillés.

Elle était très longue, munie d'une poignée noire et d'une garde en acier torsadé. Sur le pommeau et à chaque extrémité de la garde était sertie une gemme différente, ainsi qu'au centre.

- Cette épée est dans ma famille depuis cinq générations. Cinq générations de Volange qui ont servi le roi et sa famille et se sont illustrés au combat, dit-il avec fierté.

Il prit l'épée et, la tenant lame vers le ciel, la dressa devant lui. La voyant ainsi retournée, Roxas remarqua que de l'autre côté, il n'y avait pas de joyaux serti au centre mais ne dit rien. Le capitaine fixait la lame d'un air grave. Finalement, il la baissa et la lui présenta, la poignée et la lame reposant dans ses mains.

- Cette épée, dit-il d'une voix ferme, mais son regard brillait un peu, est l'objet le plus important que je possède. Elle se transmet de père en fils avec fierté et respect, et le seul but de ma vie jusqu'ici avait été de m'en montrer digne.

Il la planta dans le sol de terre battue et elle y resta fichée, bien droite. Le capitaine mit un genou en terre et sourit au prince qui le regardait d'un air à la fois impressionné et intrigué.

- Donnez-moi votre main, Altesse, demanda-t-il.

Il enroula les doigts du prince autour de la poignée de l'épée et, la recouvrant d'une des siennes, il serra l'autre en un poing qu'il plaqua contre son cœur et inclina la tête.

- En ce jour, moi, Axel Volange, chevalier de Sa Majesté le roi et capitaine de la Garde de la Citadelle d'Aquila, je me mets à votre service, déclara-t-il. Je serai votre homme envers et contre tout. Par cette épée, par mon sang, mon cœur et mes mains, je fais le serment solennel d'être toujours à vos côtés et de consacrer mon existence à vous protéger et à vous servir. Je jure sur mon honneur et celui de ma famille que vous me trouverez toujours auprès de vous, même dans les heures les plus graves. Jamais je ne vous faillirai.

L'adolescent en resta muet un bon moment, le fixant intensément. Finalement, il baissa les yeux, les joues un peu rouges, l'air triste.

- Je ne resterai pas ici pour toujours, je le sais, dit-il. Un jour je devrai m'en aller et retourner à Anjou ou même à la cour de mon oncle, je ne sais. Ce jour-là, que ferez-vous ?

Axel sourit et, lâchant l'épée, il prit ses deux mains dans les siennes et les serra doucement. Bien que la question fut surprenante - il n'avait pas pensé à ça – la réponse lui vint aussitôt.

- Vous êtes un prince, Votre Altesse, et un futur duc. Le jour où vous partirez d'ici, vous serez en âge d'exiger que je vous accompagne et personne ne sera en mesure de trouver quoi que ce soit à y redire.

- Mais votre place, ici ? S'affola le prince, l'air de plus en plus nerveux, et Axel comprit soudain qu'il redoutait de le croire, bien qu'il en eût envie. Pourquoi abandonneriez-vous ainsi tout ce que vous avez ?

Le capitaine secoua la tête, sans se départir de son sourire.

- Tout ça n'a pas d'importance, répondit-il spontanément, et il fut étonné de réaliser qu'il le pensait sincèrement. Ne cherchez pas de justifications à ça, Altesse, un jour vous le comprendrez par vous-même. Plus tard.

Le jeune garçon le gratifia d'un regard hésitant, vaguement dubitatif.

- Tout ce que je viens de vous dire, dit le capitaine, attristé malgré tout de voir encore une lueur de méfiance briller encore dans le regarde de l'adolescent, c'est bien plus que de simples paroles. À moins que vous ne le refusiez, le vœu que je fais me lie à vous et vous engage mon absolue loyauté, et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare. L'acceptez-vous ?

Le prince resta silencieux un long moment, soutenant sans faillir le regard qu'Axel lui plantait dans les yeux, son visage n'affichant aucune expression. Puis finalement, le masque se fendilla et craqua et il se jeta à son cou, l'étreignant. Axel le reçut dans ses bras et lui caressa gentiment le dos et les cheveux.

- L'acceptez-vous? Répéta-t-il doucement et appuyant sa joue contre la tête blonde.

- Oui, répondit Roxas d'une voix mal assurée et assourdie par l'étreinte du capitaine. Oui, je l'accepte.

- Très bien. Dans ce cas, faites-moi l'honneur de me considérer comme votre ami. Le jour venu, je déposerai ma vie et mon destin à vos pieds et vous suivrai, mon seigneur, jusqu'au bout du monde.

Quand Axel ramena le prince à sa chambre, il assista à la scène la plus bizarre qu'il aurait pu imaginer s'il avait cherché à le faire. Le frère Ienzo, qui avait semblé sur le point de défaillir la dernière fois qu'il l'avait vu, s'était bel et bien évanoui à l'instant même où il avait vu Roxas. Après qu'on l'eut ranimé en lui faisant respirer des sels, il était resté assis, l'air hagard et complètement dépassé, à moitié écroulé sur son fauteuil, pendant qu'Aqua passait au prince le plus étrange savon du monde.

Elle n'avait évidemment aucun droit de disputer ou de punir Roxas, bien sûr. La seule personne qui aurait pu le faire était l'évêque lui-même et tout le monde semblait avoir décidé de ne pas l'informer de cette petite aventure. Elle s'efforçait donc de lui faire des remontrances tout en les dissimulant, comme des zestes d'orange amère enrobés de chocolat. Le résultat ressemblait plutôt à des suppliques et était de surcroit extrêmement gauche. Il fallait par-dessus le marché prendre en compte l'agacement croissant de la jeune femme qui n'avait pas pour habitude de perdre son temps à faire des mines et des ronds de jambe – elle détestait ça – et qui avait parfaitement conscience de se rendre ridicule.

En définitive, elle avait quitté la chambre tout à fait furieuse et en jetant Axel et le moine dehors au passage. Les deux hommes s'étaient enfuis sans demander leur reste. Elle était furieuse contre un petit garçon à qui elle n'avait pas de faire la leçon, et aucun n'avait envie qu'elle déverse sur lui sa frustration. Mieux valait donc se tenir à l'écart...

D'autant plus, avait songé Axel en grimpant sur le toit de l'armurerie, ce soir-là, que le prince aurait sans le moindre doute toléré les quelques remontrances que sa femme de chambre voulait lui faire. Il les avait méritées, et il le savait.

Le lendemain, Axel se retrouva devant la forge au point du jour. C'était l'heure à laquelle Robert alimentait ses feux pour la journée, et il frappa avant d'entrer dans l'atelier.

- Capitaine, s'étonna le forgeron en le voyant passer la porte. Que me vaut votre visite à une heure si matinale?

Les deux hommes se serrèrent la main, puis l'artisan retourna à son soufflet.

- Une commande urgente, répondit Axel, un peu embarrassé.

- Ah, vous tenez enfin votre idée de cadeau pour notre petit prince ? Sourit l'homme en se retournant vers lui. Qu'est-ce que ça sera ?

Axel avait longuement réfléchi, la veille. Il voulait quelque chose de plus concret pour symboliser le véritable cadeau qu'il faisait à Roxas, et il avait rapidement trouvé quoi.

- Un bijou, si vous pouviez trouver le temps de le réaliser d'ici là. Un pendentif en forme d'épée.

L'autre homme hocha simplement la tête.

- En or, je suppose. Quelque chose de particulier concernant la forme ou un motif ?

- Pas vraiment. Faites de votre mieux, il reste que deux jours. Je suis sûr que ce sera parfait quoi qu'il en soit.

Robert lui sourit par dessus la fonderie rougeoyante qu'il était en train de chauffer.

- Ce sera fait.

- Pour ce qui est du prix.., commença le capitaine en enfonçant la main dans une de ses poches.

L'artisan fit mine de refuser mais Axel insista.

- C'est un cadeau, il est important que je le paye, argua-t-il.

Finalement, le forgeron accepta les écus que lui tendait son client. Les empochant, il le gratifia d'un sourire chaleureux.

- Vous l'aimez, ce gamin, pas vrai, capitaine? Dit-il.

Axel hocha la tête avec une moue attendrie.

- Quand j'avais son âge, il y avait deux choses que je voulais absolument, répondit-il. Je voulais devenir un brillant soldat comme mon père l'était, et à cet égard je m'en suis passablement bien tiré, je trouve.

Robert hocha simplement la tête, attendant qu'il poursuive.

- La deuxième chose dont je rêvais et que je n'ai jamais eue, mon père étant mort au champ de bataille, c'était un petit frère.

Les poings sur les hanches, le forgeron éclata de rire comme s'il venait d'en entendre une bien bonne, avant d'assener au capitaine une bourrade amicale qui lui aurait sûrement déboîté l'épaule s'il n'avait pas été équipé pour l'entraînement. Un moment plus tard, il le raccompagna à la porte et après lui avoir assuré qu'il viendrait lui-même le remettre le bijou une fois qu'il serait terminé, il s'en retourna à son soufflet et à ses feux.