Auteur : Ariani Lee

Bêtalecture : Shangreela

Disclaimer : Voir chapitre 1 mais en bref, rien à moi sauf l'histoire.

Pairing : AkuRoku

Note : Pour Plume


Le prince et l'oiseau

Prologue, sixième partie

Tu es de ma famille

De mon ordre et de mon rang

Celle que j'ai choisie

Celle que je ressens

Dans cette armée de simple gens

(Jean-Jacques Goldman, Famille)


L'après-midi de l'anniversaire du prince, il se présenta à l'entraînement après ses leçons, comme chaque jour. Aqua et son précepteur étaient venus y assister, afin de profiter du court laps de temps libre dont il bénéficierait à la fin de celui-ci, avant de rejoindre l'Evêque qui l'avait convié à se joindre à lui, en cette occasion, pour prier et dîner. Chacun attendait cet instant avec impatience car on lui donnerait ses cadeaux à ce moment-là, mais personne n'était plus impatient que Roxas lui-même.

L'accès de détresse et de désespoir dont Axel avait été le seul témoin semblait appartenir à un passé lointain déjà, à un point qu'il lui arrivait de se demander s'il n'avait pas rêvé. Le lendemain, l'adolescent avait rejoint le terrain d'exercice la mine sérieuse mais pas préoccupée. Il s'était plié à tous les exercices qu'Axel lui avait donnés en s'appliquant de son mieux et n'avait montré aucun signe de faiblesse ou de trouble. La seule chose qui lui prouvait qu'il n'avait rien imaginé était le regard du prince qui, quand il croisait le sien, révélait quelque chose de neuf. Il y avait toujours lu son respect et une certaine affection, mais il était désormais beaucoup plus chaleureux et exprimait clairement sa gratitude. Il lui souriait un peu plus souvent, aussi, et cela valait la peine d'être souligné.

La Garde accueillit le prince avec des cris de joie et des vœux beuglés puis le porta en triomphe. Revenu de sa surprise, il rit à en perdre haleine jusqu'à ce qu'Axel ordonne – à contrecœur, il se serait bien joint au mouvement lui-même – à ses hommes de le reposer. La plupart des soldats avait aussi un petit cadeau pour le garçon qui rougit de plaisir lorsque Luxord demanda si, avec sa permission, ils pouvaient les lui offrir. Ce dernier lui donna un jeu de cartes, un peu usé mais complet, et promit qu'il lui apprendrait quelques-uns des jeux auxquels il pourrait jouer avec. Marluxia lui offrit un bouquet de fleurs séchées qu'il avait composé, et Xaldin une flèche ornementale tout en bois qu'il avait taillée lui-même. Chacun, à quelques rares exceptions près, y alla de sa petite contribution et Roxas balbutia des remerciements un peu confus avant d'aller se décharger de son fardeau près d'Aqua. Cette dernière échangea un sourire avec Axel, puis ce dernier commença l'entraînement, déléguant la fin l'exercice des soldats à Saïx pour s'occuper du prince.

Il lui fit pratiquer l'épée mais lui fit grâce de l'usage du bouclier – c'était son anniversaire – et le tir à l'arc, le félicitant comme toujours quand il se distinguait et lui expliquant ce qu'il faisait de travers quand quelque chose n'allait pas. Il écourta la séance de dix minutes pour tout le monde et les hommes quittèrent la place en félicitant encore le héros du jour. Au centre de toute cette attention, un peu rude mais bienveillante, le prince semblait déchiré entre une profonde joie et une gêne farouche. Axel était ravi. Il n'avait rien demandé aux soldats, ils avaient d'eux-mêmes pris l'initiative de célébrer l'anniversaire du petit prince et c'était on ne pouvait plus bienvenu. Finalement, ils allèrent rejoindre Aqua, Ienzo et Robert qui était arrivé entretemps.

Comme le prince n'avait pas beaucoup de temps devant lui – il devait se laver et se changer avant de se présenter devant l'Evêque – chacun lui offrit son cadeau sans attendre.

Roxas ne fut pas le seul à s'extasier devant la couverture en laine douce et magnifiquement ouvragée qu'Aqua avait confectionnée. Elle était encore plus belle que le jour où elle la lui avait montrée elle avait ajouté une foule de touches plus précises et ici et là, quelques fils d'or et d'argent. Peu, mais juste assez pour souligner les épées, les cheveux blonds et quelques autres détails. L'ensemble était si joli que cela relevait à présent plus de la tapisserie que de la literie. Le père Ienzo était tellement conquis qu'il fallut presque la lui arracher des mains.

Ce dernier offrit à son tour son présent au prince et un immense sourire se dessina sur le visage de ce dernier lorsqu'il lut les titres des livres. En les ouvrant, il fut ébloui par la finesse des enluminures et des illustrations. Axel réalisa soudain que de tels ouvrages devaient coûter une petite fortune. Il se promit de demander au prêtre comment il se les était procurés, mais à peine eût-il formulé cette pensée que ce dernier répondit à sa question.

- Ces livres vous appartenaient déjà, mon prince, dit-il sur un ton d'excuse. Je les ai fait venir de la bibliothèque du château d'Anjou exprès pour vous, je pense que vous les trouverez plus agréables que ceux que je vous donne habituellement.

Roxas eut un rire gêné et remercia chaleureusement son précepteur.

À son tour, Robert s'avança et tendit au prince son cadeau. Axel avait hâte de voir sa réaction. Le forgeron défit lui-même le linge qui enveloppait l'épée, pour préserver la surprise jusqu'au bout. Roxas apprenait le maniement des armes depuis assez longtemps pour en reconnaître une au toucher. Lorsque l'artisan la lui présenta, le prince poussa un cri de joie.

- Oh ! Merci, merci maître Robert ! Merci, capitaine !

Axel eut un petit rire. Il ne perdait pas le Nord, le petit. Il savait bien que Robert ne pouvait lui offrir une vraie épée que s'il avait estimé qu'il était prêt et donné son accord. Il voyait bien que le prince mourait d'envie de sauter au cou de Robert et que seules son éducation et l'étiquette l'empêchaient de le faire. Finalement, il se contenta de prendre l'épée et de pousser une botte fictive avec, s'émerveillant de sa légèreté et de son calibrage. Le forgeron sourit.

- J'ai pris grand plaisir à la faire, Altesse. Et je vous invite aussi à passer à mon atelier demain matin pour récupérer votre nouvel équipement. Il me semble que celui-ci est un peu étriqué, ajouta-t-il en désignant la tenue de Roxas.

Axel crut une seconde que c'en était trop pour l'adolescent et qu'il allait vraiment le serrer dans ses bras, mais il se retint d'extrême justesse. Les autres se tournèrent alors vers Axel et le prince le regarda, l'air surpris.

- Vous aussi, capitaine ? Demanda-t-il, surpris.

Il ne dit rien d'autre, mais Axel le comprit à demi-mot. Roxas semblait vouloir garder pour lui le serment d'Axel c'était leur secret rien qu'à eux et Axel, qui avait eu le même âge, comprenait tout à fait. Le prince recevait un deuxième cadeau de sa part, ce soir.

Le capitaine hocha la tête, plongea la main dans sa poche et en sortit une petite bourse en soie cramoisie, de celles que Robert réservait à ses travaux de joaillerie. Il la déposa dans la main tendue du prince qui hésita un bref instant avant de l'ouvrir et de la retourner.

Le bijou qui tomba dans sa paume – une petite épée en or attachée à un lacet de cuir d'excellente qualité – lui fit écarquiller des yeux émerveillés. Le pendentif était ravissant, Axel l'avait constaté quand Robert le lui avait remis, le soir précédent. Il avait été stupéfié par la qualité de son travail, par la précision des détails et la délicatesse des rinceaux qui émaillaient la petite lame. Roxas leva vers son maître d'armes un regard brillant et le remercia d'un simple mot, mais ses yeux en disaient beaucoup plus long. Il comprenait ce que symbolisait ce « deuxième cadeau », et avant qu'Axel ait eut le temps de comprendre ce qui se passait, il se retrouva serré dans une étreinte dérisoire dans laquelle le prince mettait pourtant toute la force de ses bras. Les trois autres éclatèrent de rire devant son expression atterrée. Axel ébouriffa les cheveux blonds qui, d'en haut, étaient à peu près tout ce qu'il voyait, et écarta le prince, gentiment mais fermement.

- De rien, Altesse. Vous permettez ?

Roxas, les joues rouges, déposa le collier dans sa main et Axel s'agenouilla pour le lui passer autour du cou.

Ce soir-là, il regarda Roxas s'éloigner entre son précepteur et Aqua, tous deux chargés de ses cadeaux, et regretta qu'il soit né prince. Il avait toujours su qu'ils ne pourraient jamais être aussi proches qu'il l'aurait voulu, autant que des véritables frères auraient pu l'être, mais il n'avait pas encore réalisé à quel point cela le rendrait triste.

- Plutôt réussi, il me semble, dit soudain la voix de Robert à côté de lui.

Axel avait pratiquement oublié qu'il était là.

- Magnifique, répondit-il, son humeur morose s'envolant aussitôt au souvenir de la joie de son petit protégé. Vous avez fait un superbe travail, vraiment.

- Oh, y a pas que moi ! Cette couverture, c'est quelque chose ! Un vrai travail d'orfèvre !

- C'est bien vrai. Je l'ai vue il y a quelques jours et elle était déjà très belle, mais ça… Aqua a de l'or dans les mains, c'est dommage qu'un tel talent ne soit pas plus exploité.

Robert haussa les épaules.

- Ça n'en rend le cadeau que plus précieux. Mais il avait l'air très content de tout.

- Alors ça… Jamais je ne l'avais vu sourire autant !

Ce soir-là, Axel suivit Robert jusqu'à son atelier et ils burent à la santé du prince.

Par la suite, Roxas porterait chaque jour, sans jamais y manquer, le pendentif qu'il lui avait offert. Si jamais ni l'un ni l'autre ne firent allusion au vœu par lequel Axel avait lié sa vie à celle du jeune garçon, ni l'un ni l'autre ne l'oublièrent, et à compter de ce jour, il arriva au capitaine de croiser le regard de l'adolescent et de le trouver pesant sur lui avec une gravité étonnante.

Plusieurs semaines passèrent sans qu'aucun évènement notable ne se produise. Comme promis, Luxord apprit à Roxas quelques jeux de cartes, et le prince continua de se présenter à l'entraînement avec l'assiduité et l'application qui lui étaient coutumières. Il commençait à s'améliorer au tir à l'arc et les hommes de la Garde le félicitaient souvent et chaleureusement. Roxas souriait davantage qu'avant, d'une manière générale, et semblait apprécier de plus en plus la compagnie de ses compagnons d'exercice.

Axel était assis sur le toit de l'armurerie, occupé à jouer, au moment où il se fit cette dernière remarque. Il n'était pas certain que ce soit vraiment une bonne chose. D'un côté, voir son protégé se comporter plus naturellement, plus normalement pour un garçon de son âge et enfin oser aller vers d'autres personnes que lui, Aqua ou le père Ienzo lui faisait chaud au cœur. Enfin convaincu que ceux qui l'entouraient l'aimaient et l'appréciaient, le prince s'épanouissait, même s'il restait réservé. D'un autre côté, il n'était sans l'ombre d'un doute pas seyant pour un prince de prendre plaisir à la compagnie de gardes et de soldats. Il hésitait parfois à mettre un terme à un voyage juché sur les épaules du silencieux Lexaeus ou à un cours d'horticulture improvisé prodigué par Marluxia (être à genoux par terre, le nez dans l'herbe, était pire qu'inadéquat, c'était malséant), parce que, vraiment qu'aurait dit l'Evêque s'il était passé par là et avait trouvé son pupille en train de se rouler par terre en tentant d'échapper à Luxord parce que ce dernier avait gagné la partie et qu'il avait donc « remporté » le droit de l'embêter pendant une demi-minute? Mais la plupart du temps, au final, il laissait passer sans rien dire parce qu'en vérité, il était satisfait de voir le tour que prenaient les choses. Roxas semblait heureux, et c'était le plus important.

Un dimanche, deux mois après le fameux anniversaire, Axel se rendait dans les cuisines pour voir s'il pouvait grappiller quelque chose à grignoter lorsqu'il croisa le prince qui, manifestement avait eu la même idée. Ils firent chemin ensemble en discutant et sur le retour, Axel eut une idée.

Il termina de mâcher le morceau de fromage qu'il mangeait, l'avala et se tourna vers Roxas.

- Vous plairait-il de retourner dans les jardins, Votre Altesse ?

Le visage du prince s'éclaira d'un grand sourire qui creusa des fossettes dans ses joues pleines et constellées de miettes. On lui servait en général son pain découpé en tranches peu épaisses, il n'était pas habitué à ce genre de gros morceaux. Le capitaine trouva qu'il était irrésistiblement mignon, il ressemblait un peu à un écureuil faisant des réserves. Il se demanda s'il aurait des enfants un jour. La différence d'âge entre eux n'était pas assez importante pour qu'Axel voie Roxas comme un fils, bien sûr, mais il se dit qu'il comprenait pourquoi les gens fondaient une famille. C'était adorable, les enfants.

- Oui ! S'exclama le prince avec emphase.

Ils prirent donc le chemin de l'arrière-cour où se trouvait l' « entrée » et Roxas passa le premier. Axel lui tendit la nourriture à travers le trou et le suivit. Il se redressa en détachant de ses cheveux quelques brindilles sèches et une ou deux feuilles mortes et fit face au garçon qui l'attendait.

- On se promène ? Demanda ce dernier.

- Pourquoi pas ? Je vous suis.

Ils marchèrent longtemps en faisant des tours et des détours à travers le parc à l'abandon, tout en mangeant le reste du pain et du fromage qu'ils avaient ramené de leur expédition dans les cuisines. L'endroit était grand mais pas immense, cependant la végétation luxuriante et sauvage créait mille et un chemins jalonnés de statues et d'arches rouillées ou couvertes de mousse. Le jeune explorateur s'arrêta finalement au milieu d'un espace plus dégagé. Le sol était pavé et une table encadrée de deux bancs de pierre se trouvait là. Roxas s'en approcha et les débarrassa des feuilles mortes qui traînaient dessus. La plupart avait du être emportée par la dernière pluie.

Puis, il s'assit sur un des bancs et sortit quelque chose de sa poche.

- Vous voulez faire une partie de cul-de-chouette (1), capitaine ? Proposa-t-il.

Axel réprima une grimace et regretta que Luxord ne se soit pas borné à apprendre à Roxas des jeux dont le nom n'incluait pas le mot « cul », mais il hocha la tête.

- Luxord m'a appris les règles à l'Aquitaine (1bis), ajouta le prince.

- Ça me va, répondit Axel en s'asseyant en face de lui.

Le prince mélangea et distribua les cartes. Axel gagna la première partie et laissa son adversaire gagner la deuxième, puis décida qu'il était temps de partir.

- Déjà ? S'exclama le garçon avec une moue déçue.

- Je suppose qu'on ne vous laisserait pas venir ici, si on savait, Votre Altesse, alors mieux vaut éviter que les gens se demandent où vous êtes passé.

Le prince baissa la tête, toujours désappointé mais aussi résigné.

- Vous avez raison, dit-il avant de se lever, de rassembler ses cartes et de les remettre en poche.

Axel le raccompagna jusqu'au pied de l'escalier qui menait au premier étage et regagna les baraquements, content de son jour de congé comme il l'avait rarement été. En général, il occupait ses dimanches à se reposer et à nettoyer et fourbir ses armes. Il assistait aussi à l'office dominical et, à l'occasion, prenait un verre de bière avec le maître forgeron. Aussi se sentait-il particulièrement satisfait.

Lui et le prince retournèrent fréquemment derrière le château, le dimanche. Ils en prirent l'habitude et passaient généralement ce temps à poursuivre les leçons de l'après-midi précédent, à disputer des parties de cartes (même si Axel tiquait dès que Roxas disait « cul-de-chouette » ou « Valet Puant » et répugnait à le dire devant lui) ou de cache-cache. Parfois, aussi, le prince s'en allait explorer le parc tout seul pendant qu'Axel s'occupait d'aiguiser la lame d'une épée, de réparer un accroc dans le cuir d'une tunique ou faisait la sieste. C'étaient des moments agréables et privilégiés et l'affection qui les liait depuis les premières semaines s'en renforça davantage. Pas une fois Axel ne regretta son serment, et il était convaincu que cela n'arriverait jamais.

La douzième année de la vie du prince déroula plaisamment ses jours, ses semaines et ses mois. Roxas avait depuis longtemps appris à lire à la perfection et dévoré les livres ramenés par son précepteur. Il en avait rapidement réclamé d'autres et de loin en loin, le père Ienzo écrivait une lettre qu'il dépêchait jusqu'à Anjou. Le messager revenait en général une huitaine plus tard, chargé de nouveaux ouvrages toujours plus volumineux et d'une lettre du cousin du prince qui assurait la régence du duché en attendant la majorité de ce dernier.

Les talents d'archer de Roxas se développaient moins rapidement que ses dons d'épéiste mais Axel savait déjà qu'il deviendrait un combattant accompli, voir même meilleur que lui. Il avait découvert que, comme lui-même, son protégé était ambidextre, capable de manier l'épée aussi bien de la main droite que de la gauche et ne s'en étonnait que plus de ses difficultés à se servir d'un bouclier. Mais le prince semblait voué à développer un style de combat agressif, et d'après sa morphologie, à moins qu'il n'ait une croissance extraordinaire et prenne cinquante livres (Et ceci, au régime d'une citadelle dont les cuisines préparaient des repas de prisonniers et de moines plutôt que des plats gastronomiques, même si le prince bénéficiait d'un menu exceptionnel, ne risquait pas d'arriver), il serait agile et rapide et compenserait ses lacunes défensives par l'esquive. Axel n'abandonna cependant pas les leçons sur l'usage du bouclier, même si Roxas n'aimait pas ça.

Il grandit néanmoins, et suffisamment en cette année pour que peu avant son treizième anniversaire, Axel décide qu'il lui fallait, à nouveau, de nouvelles pièces d'équipement. Il l'emmena chez Robert, qui prit ses mesures complètes et commença la fabrication d'un corselet en acier et, plus discrètement, d'une surprise commandée par Axel.

Ce dernier avait jugé, au cours des dernières semaines, que Roxas était prêt à se servir d'une épée réelle, et non plus d'une lame d'entraînement émoussée. Il ne lui avait rien dit et gardait ce cadeau pour le jour de sa fête. Robert la lui apporta la veille au soir et il l'examina avec satisfaction. Longue comme son bras, elle était en acier, la lame miroitait à la lumière du feu et la poignée, toute simple, n'était décorée que d'un pommeau poli sobrement gravé d'un motif en spirale qui s'enroulait tout autour comme un cheveu d'or.

L'adolescent fut positivement fou de joie en la recevant le lendemain, même s'il parvint à se réfréner mieux que l'année précédente. Il remercia vivement le forgeron pour son travail et adressa au capitaine un regard vibrant de reconnaissance et de fierté, car il savait que cette nouvelle arme signifiait qu'il le jugeait prêt à s'en servir.

Ce soir là, en se hissant sur le toit de l'armurerie, il repensa avec amusement à la remarque déconfite du père Ienzo qui lui avait avoué être un peu jaloux. Il aurait aimé que le prince se passionne autant pour ses propres enseignements.

En appuyant contre ses lèvres le bec de l'ocarina, Axel songea que malheureusement, et cela valait pour tous les professeurs du monde, aux yeux de presque tous les petits garçons, rien ne semblait plus intéressant ou plus palpitant que l'art de la guerre. Le prince n'était qu'un adolescent comme les autres, en réalité, et, s'il aimait lire et aimait follement l'histoire et les récits héroïques, il trouvait la plupart de ses autres études fort barbante.

Le capitaine se mit à jouer en espérant pour le pauvre prêtre que Roxas s'intéresse un peu plus à l'algèbre et au latin.

(1) Et (1Bis) : Voir Kaamelott