Auteur : Ariani Lee

Bêtalecture : Shangreela

Disclaimer : Voir chapitre 1 mais en bref, rien à moi sauf l'histoire.

Pairing : AkuRoku

Comme vous le savez, j'ai une page facebook. Si certains d'entre vous ont facebook et ne l'ont pas aimée, pourraient ils considérer l'idée ? Il ne risque pas d'apparaître des choses gênantes dans votre fil d'actualité, je précise. Des tas de gens de ma famille connaissent cette page, donc voilà. Je demande parce que je suis à 82 (bigup à mes quatre nouvelles de la semaine, vous êtes des p'titsombressanscoeurenpeluche, trop géniales) personnes et je voudrais voir ce qui se passe quand on arrive à 100. En espérant que facebook me lâche la grappe avec ça, aussi.

Merci à vous et bonne lecture. Mangez des pommes !


Le prince et l'oiseau

Prologue, septième partie

Toi, qui m'as tout appris

Et m'as tant donné

C'est dans tes yeux

Que je grandissais

Et me sentais fier

(David Halliday, Tu ne m'as pas laissé le temps)


Tapi dans l'ombre de sa cachette, retenant son souffle, Axel regarda le prince passer juste en-dessous de lui. Il le vit écarter des buissons, faire un tour sur lui-même, lâcher un soupir agacé et repartir dans l'autre direction. Il retint un gloussement dont le bruit aurait risqué de trahir sa position. Roxas avait bien des qualités, c'était certain, mais il n'était pas patient. Pas patient du tout.

C'était la quatrième partie de cache-cache de l'après-midi et il en avait assez de perdre, alors il s'était résolu à utiliser ce stratagème qui marchait toujours avec les joueurs moins expérimentés : il s'était perché dans un arbre. Le feuillage, amoindri par l'automne, ne le dissimulait pas vraiment. En fait, il aurait suffit à Roxas le lever les yeux pour le débusquer, mais il n'y pensait pas. Le capitaine sourit narquoisement en le regardant fouiller les alentours à dix mètres à la ronde.

Il n'avait pas vraiment de scrupules à le faire bisquer un peu. C'était toujours lui qui gagnait les parties de cache-cache, car il avait de solides avantages : d'une part, il connaissait mieux les lieux qu'Axel qui, quand il y venait seul, se contentait en général de se poser quelque part pour regarder le ciel ou s'occuper à l'une ou l'autre tâche. Roxas, lui, avait passé des heures entières à explorer le parc de fond en comble et en connaissait les moindres recoins sur le bout des doigts. De plus, Axel était très grand, ce qui le privait d'un certain nombre de cachettes pourtant idéales, et sa chevelure rouge et indisciplinée se voyait à vingt mètres. Il n'avait aucune chance de se fondre dans le décor.

Roxas écarta le rideau de branches à demi-dénudées d'un saule pleureur et grogna d'énervement en trouvant l'endroit vide. Où Diable avait-il bien pu se cacher ? Il n'était sans doute pas en dehors de la zone qu'ils avaient délimitée comme étant leur terrain de jeu. C'aurait été déloyal, et Axel ne trichait jamais. Et pourtant ! Il fallait bien qu'il soit quelque part, mais Roxas avait regardé absolument partout !

Axel se plaqua la main sur la bouche pour ne pas rire lorsque le prince se mit littéralement à plat ventre pour regarder au niveau du sol. Sans doute cherchait-il une cavité, ou peut-être l'entrée d'une grotte ? Il était vraiment trop mignon…

Le prince se releva et brossa ses vêtements salis. Il jeta un dernier regard autour de lui et revint sur la petite place à la balancelle qui avait été le point de départ. Il croisa les bras, exaspéré mais vaincu.

- C'est bon, capitaine, j'abandonne : vous avez gagné ! Dit-il à haute et forte voix.

Il crut avaler sa langue de surprise lorsqu'un bruit sourd se fit entendre derrière lui. Il se retourna vivement et découvrit, stupéfié, le capitaine qui se tenait là, agenouillé, et qui se relevait. Il en resta bouche bée quelques secondes.

- C'est bien, Votre Altesse. Il est important de savoir reconnaître la défaite quand on la voit, dit-il.

Son ton était très sérieux, mais son regard pétillait. Roxas leva les yeux au ciel.

- Mais où étiez-vous passé ? S'exclama-t-il. C'est impossible, j'ai regardé partout !

Axel sourit.

- C'est un secret. Si je vous le dis, je perdrai ma seule chance de gagner une fois de temps en temps !

- Capitaine ! Protesta l'adolescent en trépignant comme un petit garçon en colère. Dites-moi !

- Votre Altesse, c'est bien de reconnaître la défaite, mais c'est encore mieux d'y faire face dignement.

Roxas lâcha un nouveau soupir exaspéré et Axel se rapprocha pour lui tapoter l'épaule.

- Vous m'avez eu trois fois. Ne soyez pas mauvais perdant.

Le prince haussa les épaules et bouda tout l'après-midi, répétant sans cesse qu'il ne faisait pas la tête parce qu'il avait perdu, mais parce qu'Axel refusait de lui dire où il s'était caché. Ce dernier trouvait sa petite crise de nerfs si attendrissante qu'il refusa jusqu'au bout de lui révéler son « secret ». Le prince lui en garda rancune toute la semaine.

Roxas avait treize ans et demi et par instants, Axel croyait apercevoir le reflet de l'homme qu'il deviendrait. Il ne serait jamais aussi grand que lui, mais ça ne l'empêcherait pas de devenir fort et de s'améliorer encore au maniement des armes. Ses progrès à l'épée étaient remarquables, et sa capacité à s'en servir des deux mains lui permettait de la faire passer de l'une à l'autre et de changer en fonction de l'ennemi qu'il affrontait, car cela pouvait déstabiliser profondément l'adversaire en jouant sur l'effet de surprise. La plupart des hommes étaient habitués à manier l'épée de la main droite et à affronter des droitiers, c'était donc un atout considérable.

Il serait très beau, et Axel s'étonnait de ne pas y avoir songé auparavant car cela n'avait en réalité jamais fait aucun doute. La première fois qu'il s'en était fait la remarque, il avait ressenti aussitôt une grande bouffée de fierté, et il pensait avec un certain orgueil que son petit protégé allait briser bien des cœurs, plus tard. Ce serait sans aucun doute très divertissant à observer. Axel lui-même avait toujours préféré la pratique des armes à celle des croupes enjuponnées il n'était pas pour autant innocent. Même si ses propres expériences en la matière ne lui avaient pas laissé un souvenir impérissable.

Il voyait peu à peu se dessiner ce qui allait être le caractère définitif de l'adolescent et devinait qu'il serait très proche de sa façon de combattre : agressif, tenace, fier et un peu tête brûlée. Axel se surprenait à avoir hâte qu'il grandisse. Il pensait qu'ils seraient amis. Amis sur un pied d'égalité. Pas comme un prince et son maître d'armes, pas comme un seigneur et l'homme qui lui avait juré fidélité ni comme un enfant et celui qui veille sur lui. Vraiment amis. Il en était sûr, et il avait hâte.

En attendant, il regardait l'enfant grandir. Il avait vingt-et-un ans, et la violence du cours du temps le laissait étourdi. Où avaient filé ces trois années ? Entre ses obligations de capitaine de la Garde, l'entraînement, la surveillance des donjons, les leçons de Roxas et les dimanches dans les jardins abandonnés, c'était à peine s'il avait le temps, de loin en loin, de boire un pot avec Robert. Il n'avait pas vu le temps passer, mais paradoxalement, il avait l'impression d'avoir fait ça toute sa vie, et c'était agréable. Il adorait sa vie.

Roxas faisait l'unanimité au sein de la garde et du personnel de la Citadelle. Tous ceux qui le rencontraient s'en entichaient aussitôt. Ce petit prince perdu dans cet endroit reculé, cette forteresse remplie de moines et de criminels, qui frayait avec de simples soldats, qui traitait tout le monde avec courtoise et gentillesse et qui était visiblement reconnaissant de toutes les preuves d'attention qu'on lui portait, était probablement l'être le plus attachant qui eusse un jour foulé le sol d'Aquila.

Ce soir-là, tandis qu'il s'installait sur le toit de l'armurerie, il pensa que le prince avait vraiment conquis tout le monde, à l'exception peut-être de deux personnes. Ce moment où il jouait de l'ocarina pour Roxas lui était devenu une agréable habitude. Il avait coutume de profiter de cet instant paisible pour réfléchir à sa journée, pour faire le point. Le point sur l'état de ses troupes, sur les tours de garde et les rondes à planifier, sur ce qui s'était passé. Ce soir-là, il pensait à l'Evêque.

Pour ce qu'il en savait, Roxas n'avait dû le rencontrer qu'une dizaine de fois en trois ans, en dehors bien sûr des cérémonies auquel celui-ci officiait et au cours desquels ils ne se parlaient pas. Axel en venait à se demander si l'Evêque se souciait de son pupille. Oh bien sûr, il le concevait parfaitement, c'était un homme très occupé. Mais pourquoi ne se donnait-il pas la peine, une ou deux heures ici et là, de s'intéresser à cet enfant qu'on avait envoyé se réfugier sous son aile et qui y grandissait désormais ? Il ne comprenait pas. Il ne pensait pas que l'Evêque éprouvait de l'antipathie pour Roxas après tout, c'était un homme de Dieu. Mais les rares fois où Axel l'avait rencontré, il avait vu un homme pragmatique et à l'air insensible, froid. Peut-être qu'il lui était juste indifférent.

Par contre, un à qui Roxas n'était pas indifférent, c'était de toute évidence Saïx, son second. Ce dernier semblait l'avoir pris en grippe, même s'il ne le montrait pas ouvertement. Axel ne comprenait pas pourquoi, mais Saïx n'épargnait jamais un froncement de sourcils, un regard agacé ni un soupir quand il le voyait faire une erreur au tir à l'arc, par exemple, le prince faisait des progrès, mais loin d'être aussi fulgurants que ses succès à l'escrime. Si ses déconvenues ne lui attiraient, du reste des hommes, que des encouragements, des conseils et de gentilles taquineries, Saïx restait toujours raide et renfrogné, et posait sur le garçon un regard sévère dépourvu d'aménité. Le capitaine n'avait jamais trouvé l'occasion de lui en faire la remarque, et ne tenait pas à le faire. D'une part, parce que son second était un faux calme et qu'il cachait sous son apparence froide un tempérament de dangereux caractériel, et que s'il pouvait éviter de réveiller la « bête », il aimait autant le faire. Ensuite, parce qu'il était à peu près sûr d'être le seul à s'en être aperçu, et qu'il ne pouvait donc pas lui reprocher de manquer de respect au prince. Il aimait autant le laisser râler dans son coin. Il espérait que cela lui passerait.

- On y va tous, ce soir ? Gueula Xaldin (qui ne semblait pas être capable de parler normalement).

- Je viens, dit Luxord en levant la main.

- Moi aussi ! Ajouta Marluxia.

Lexaeus hocha la tête, ainsi que Xigbar.

- T'es pas de service, ce soir ? L'interrogea Xaldin.

- Tu parles ! Je viens de descendre d'une semaine de Perchoir ! J'ai bien gagné le droit de me détendre un peu !

Ce que les hommes appelaient « Perchoir », c'étaient les postes d'observation qui surplombaient le mur d'enceinte. Xigbar, et bien que ce fut inattendu puisqu'il était borgne, était un des meilleurs archers de la Citadelle et possédait une vue très perçante. Il était donc souvent assigné aux longues gardes, là-haut, et ces interminables heures d'inactivité, avec pour seule tâche de fixer un horizon immuable pour repérer des intrus qui ne venaient jamais, lui sciaient les jambes plus efficacement que dix heures de cheval.

- Le capitaine pouvait pas m'envoyer prendre un tour de garde dans les donjons après ça ! Pas vrai ?

Axel hocha la tête en souriant. Il se tenait non loin, avec le prince, et lui montrait comment régler les attaches de son corselet pour qu'il s'y sente moins à l'étroit. Il aurait quatorze ans dans trois mois et avait encore grandi de cinq bons centimètres.

Les hommes, eux, se levèrent pour rejoindre les baraquements afin de se changer.

- Alors, ce soir ? Brune ? Blonde ? Demanda la voix grave de Marluxia.

- Rousse ! S'exclama Luxord.

- Capitaine, de quoi parlent-ils ? Questionna Roxas quand ils furent tous partis.

Axel hésita une seconde avant de parler, entre répondre « de bière » ou dire la vérité. Finalement, il choisit la deuxième option. Après tout, le prince n'était plus un enfant, il était tout à fait en âge de comprendre.

- Ils vont au « Libertine ». C'est une maison de plaisirs qui se trouve en ville.

- Une maison de plaisirs ? Répéta Roxas, qui entendait manifestement ce terme pour la première fois.

- C'est un établissement où travaillent des filles de joie. Des prostituées, précisa-t-il, puisque Roxas ne semblait toujours pas comprendre.

- Oh !, fit ce dernier, l'air surpris. Je vois.

Il ne semblait ni choqué ni dégoûté. Le capitaine s'en réjouit : cela démontrait qu'il était mature, et que vivre dans un monastère ne l'avait pas rendu bigot.

- Et vous, capitaine ? Demanda Roxas. Vous n'y allez pas ?

Axel haussa les épaules.

- Ça m'arrive, parfois. Mais pas aujourd'hui.

- Ah bon ?

Axel ne répondit pas. Il n'était pas sûr d'avoir envie d'engager une telle conversation avec le prince.

- Ouvrez les deux yeux, Votre Altesse. Vous viserez deux fois mieux, dit Xigbar.

Roxas, qui entendait ce conseil pour la centième fois, se força à le suivre et banda à nouveau son arc, tirant la corde jusqu'à ce que l'empennage de la flèche vienne lui chatouiller la joue. Il prit une profonde inspiration et, concentré sur sa cible – un chiffon cloué à un arbre, à quinze mètres – tira.

Le trait fila droit et alla se ficher dans l'arbre, à deux pouces du morceau de tissu. Roxas grogna de frustration.

- Encore une fois, lui dit Xigbar, laconique.

Le prince alla jusqu'à l'arbre en râlant intérieurement. Il n'avait droit qu'à trois flèches. Quand il les avait épuisées, il devait aller les ramasser et réfléchir à comment il pourrait améliorer son tir.

La dernière avait frappé plus près que les précédentes, mais elles étaient toutes plantées dans l'arbre. Il tirait assez bien, ses traits étaient toujours sûrs et droits, mais ils manquaient de précision. Axel avait décidé de lui faire prendre quelques leçons avec le soldat pour voir s'il ne pouvait pas s'améliorer à son contact, car il ne progressait plus au tir depuis un moment. Roxas n'avait rien contre son nouveau « professeur », mais il préférait tout de même s'exercer avec Axel, même si ce dernier assistait à la leçon, vigilant, débout en bord de lice comme une sentinelle silencieuse.

Il regagna sa place, rangea deux flèches dans son carquois et encocha la troisième. Il contrôla l'écart de ses pieds et banda l'arc, les deux yeux ouverts, respirant calmement, totalement focalisé sur sa cible. C'était pour ça qu'il n'arrivait pas à faire mieux : il aimait bien le tir à l'arc, mais le métier d'archer n'était pas fait pour lui. Cela demandait trop de patience, trop de réflexion : il fallait tenir compte de la force et du sens du vent, des ombres trompeuses, de la distance à laquelle se trouvait la cible pour prévoir à quelle hauteur il fallait tirer : plus haut pour que la flèche, en retombant, frappe juste, à l'horizontale quand l'objectif était plus proche… Il ne trouvait pas cette arme très glorieuse non plus, même s'il respectait ceux qui l'utilisaient : pour lui, il n'y avait que le corps à corps, le duel à l'épée. C'était pour ça qu'il était fait.

Mais il fallait qu'il touche cette maudite loque. Il l'avait déjà ratée neuf fois. A dix, il aurait vraiment l'impression d'être bon à rien. Et le capitaine l'observait d'un œil attentif. Autant Roxas adorait l'entendre l'encourager ou le féliciter pour ses prouesses d'épéiste, autant l'idée de ne pas être à la hauteur des espoirs qu'il plaçait en lui le répugnait.

Fronçant les sourcils, Roxas regarda le chiffon comme s'il l'avait gravement offensé et écarta les doigts. La flèche partit en lui caressant la joue, la corde de l'arc vibra et chanta en se détendant, et son trait alla se ficher en plein dans le bout de tissu. La bienséance seule l'empêcha de faire un bond de joie et il se contenta de brandir l'arc vers le ciel en un salut victorieux. Axel l'applaudit et Xigbar eut un petit sourire.

- Vous ne serez jamais tireur d'élite, mon prince, mais vous êtes suffisamment bon, je pense, déclara celui-ci.

Et dans la bouche de ce soldat bourru et plutôt revêche, c'était un sacré compliment. Roxas le remercia, fier.

- Vous n'en tirerez pas mieux que ça, cap'taine, dit-il à Axel qui les rejoignait. Inutile de chercher à faire un chasseur d'un chevalier, vous feriez mieux de vous concentrer sur l'escrime.

Axel croisa les bras et sourit en regardant le prince.

- C'est que j'arrive au bout de mes enseignements, moi aussi. Ça fait déjà quatre ans.

Roxas écarquilla les yeux.

- Qu'est-ce que vous racontez ? Vous ne m'avez même jamais accordé un vrai duel d'exercice ! Comment sauriez-vous que vous n'avez plus rien à m'apprendre ?

Le sourire d'Axel s'élargit.

- Vous êtes toujours aussi perspicace, Altesse. Vous grandirez peut-être encore un peu, mon prince, et vous vous ferez encore davantage de muscles.

Une ultime poussée de croissance avait amené la tête de Roxas à hauteur des épaules du capitaine.

- J'ai des années de pratique derrière moi, mais personne ne peut vous apprendre l'expérience. Elle vient en s'exerçant, et si nous nous affrontions, vous et moi, je gagnerais sans doute, mais uniquement parce que je suis plus expérimenté que vous, et plus fort physiquement.

- Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, dit l'adolescent.

- C'est bien vrai, approuva Xigbar.

- Pour l'épée, Votre Altesse, je vous ai appris tout ce que je sais, croyez-moi. Maintenant, pour ce qui est du bouclier…, ajouta-t-il avec un clin d'œil goguenard.

- Oh, la barbe ! S'exclama Roxas, exactement comme il s'y attendait. Au diable vos boucliers, capitaine, j'ai horreur de ça, et ça me gêne ! Pendant un combat, on doit se battre, pas se cacher !

- La défense est aussi importante que l'attaque, mon prince. Votre bravoure vous honore, mais on ne peut combattre que si on est en vie.

- Il a raison, ajouta Xigbar. Vous serez pas utile à grand-chose si vous vous videz de votre sang par terre, Votre Altesse.

Le prince leva les yeux au ciel, émit un grognement exaspéré et s'éloigna vers le château. La leçon était terminée, et les deux soldats ne le retinrent pas.

- C'est juste moi, où il est devient très susceptible, le p'tit prince ? Demanda Xigbar.

- C'est de son âge. Moi, à quatorze ans, j'étais insupportable.

- J'imagine très bien.

- Je te rappelle que je suis ton supérieur, Xigbar. Tu veux retourner au Perchoir ?

- Je suis sûr que vous étiez un véritable petit ange, capitaine, répondit le borgne, pince-sans-rire.

Axel ricana, lui administra une tape dans le dos et ils partirent en direction des baraquements.

- Mais sérieusement, je suis un peu inquiet. Il serait vraiment capable de se jeter dans la bataille sans bouclier, avec juste son épée. Dans un vrai combat, il se ferait tuer en dix minutes.

- C'est aussi ce que je pense, approuva l'archer. Et il n'aura jamais le gabarit pour l'épée à deux mains. Quel gâchis, tout de même, quand on pense qu'il est ambidextre.

Axel hocha la tête.

- Moi aussi, et moi non plus, je n'aime pas utiliser un bouclier, mais bon, à choisir entre ça et un coup d'épée dans le ventre…

- Tout juste.

L'épée n'était pas l'arme de prédilection d'Axel, il y préférait ses chakrams. Mais ces derniers pouvaient aussi lui servir de barrière et bloquaient efficacement les coups. Cela compensait donc l'absence de…

Le capitaine s'immobilisa soudain, frappé par l'illumination, tel Saint-Paul sur le chemin de Damas. C'était si évident ! Comment avait-il fait pour ne pas y penser avant ?