Auteur : Ariani Lee

Bêtalecture : Shangreela/Lyly u

Fandom : Final fantasy VII, Kingdom Hearts

Pairings: RAR et dérivés

Disclaimer : L'univers est les personnages sont la propriété de leurs créateurs, les studios Square Enix – anciennement Squaresoft en ce qui concerne Final Fantasy VII.

Notes : Je dédicace ce chapitre à ma belle-sœur qui, heureusement, était à des centaines de kilomètres quand elle a terminé ACF sans avoir la suite, sans quoi elle aurait probablement débarqué chez moi pour me demander des comptes. A tous, enjoy, bonnes vacances, hakuna matata, et tout ça. Plus que quelques jours avant la sortie de 3D ! \o/

Retiens-moi…

Pour l'amour de l'autre

Retiens-moi…

Ce n'est pas de ma faute

Chapitre 3 : De Charybde en Scylla

- Le propriétaire du numéro –

Clap !

S'il devait recevoir encore UN texto disant « Je vais bien, ne t'inquiète pas », Reno pensait qu'il allait tuer quelqu'un.

R&R

- Qu'est-ce que tu attends de spécifique de la part de ton assistante ? Demanda Tseng en remontant ses lunettes du bout de l'index. Reno grimaça.

- Muette et invisible, c'est valide ?

- Non.

Evidemment.

- Ce qui s'en rapproche le plus, alors. S'il vous plaît, chef, je veux juste qu'on me dérange pas.

- D'accord. Disons alors, discrétion et sens de l'initiative.

- Ce qui veut dire que j'aurai pas tout le temps besoin de lui dire quoi faire ? C'est bon pour moi.

- Ça veut surtout dire, propension plus élevée à faire des erreurs qui relèveront de ta responsabilité.

- Naaaaaaan…, geignit Reno.

- Diriger ou assumer. Choisis.

-…

- Bon, tu sais quoi ?

- Quoi ?

- Je vais faire une sélection et puis tu feras passer des entretiens d'embauches. Tu verras bien, peut-être qu'une candidate te tapera dans l'œil.

Pas le genre de Tseng de faire des sous-entendus, songea Reno. Il parlait sur le plan professionnel.

- Merci, chef.

- De rien, je t'en prie.

- J'peux y aller ?

- Oui.

Trois jours plus tard…

Tifa entra dans le bureau de Reno, deux tasses de café en mains, et en déposa une près de lui. Il s'arracha à son écran – s'absorber dans le travail, une fois qu'il s'y mettait vraiment, était très efficace comme méthode pour oublier ses soucis. Il arrivait à une moyenne de trois heures par jour pendant lesquelles il n'avait pas envie de se jeter par la fenêtre tant il ne supportait plus sa propre impuissance.

- Café, dit la jeune femme, docte.

Reno leva vers elle un regard reconnaissant.

- Tu es merveilleuse, Tifa. Tu le sais ?

Elle sourit.

- Non, d'habitude ce genre de remarque s'adresse plutôt à Aerith, tu vois ? Dit-elle en souriant et en s'asseyant sur le bureau. Reno la laissa faire, pas dérangé. Il pouvait s'offrir une petite pause, et c'était son bureau. S'il voulait mettre des filles dessus, c'était son droit le plus strict. Pas qu'il en eût envie, mais bon…

- Ne dis pas de bêtises, t'es géniale.

Elle haussa les épaules sans se départir de son sourire.

- Non, moi je suis une brute.

- Tu es une merveilleuse brute.

- Merci.

Reno prit une gorgée de café et attendit.

- Alors, osa finalement la brune. Comment va Axel ?

Reno s'accouda sur le bureau et regarda ses mains.

- De mieux en mieux. Il guérit, il devrait récupérer de toutes ses blessures, normalement. Il devrait quitter le service des soins intensifs d'ici quelques semaines.

- Mais… ?

Il soupira.

- Mais les médecins peuvent pas se prononcer à propos de son coma. Le constat est le même que le premier jour : ils savent pas. Il faudra attendre.

Il sentit une main se poser sur son épaule et ne la chassa pas. En fait, venant de Tifa, ça ne le gênait pas autant.

- Et les entretiens d'embauche ?

- M'en parle pas… La seule chose dont je voudrais dans ce bureau, c'est une plante verte.

Tifa gloussa et, sur une légère pression des doigts, elle lâcha son épaule.

- Je te laisse, dit-elle. Dis-moi si t'as besoin de quoi que ce soit, je suis juste là.

- Je sais. Tifa ?

- Mh ?

-… Merci.

Elle hocha la tête et sortit, refermant derrière elle. Reno regarda son téléphone, hésitant puis renonça. Il décida de reprendre le travail. Il avait deux nouveaux candidats à auditionner, cet après–midi.

Deux heures plus tard…

- Merci beaucoup, mademoiselle. Nous vous tiendrons au courant, dit-il en affichant un air aussi neutre que possible.

La postulante se leva, prit son sac à main, bafouilla quelques maladroites salutations et sortit en se prenant les pieds dans le tapis. Reno se renversa dans son fauteuil en expirant profondément et en se demandant si Tseng n'avait organisé un genre de caméra cachée géante pour essayer de lui remonter le moral. Mais ce n'était pas son genre, vraiment pas…

- Alors, ça s'est passé comment ? Dit une voix d'homme à la porte ouverte.

Reno releva la tête pour regarder qui était son visiteur.

- Salut, Yazoo.

- Bonjour à toi aussi. Café ?

L'argenté sourit et lui montra la tasse qu'il tenait. C'était gentil de sa part, surtout qu'il n'en buvait pas, de café. Cette attention toucha Reno autant qu'elle l'embarrassa.

- Merci, avec plaisir.

Le jeune homme vint déposer la tasse sur le bureau et s'y appuya.

- Alors, ce recrutement, comment ça se passe ? Insista-t-il.

- J'ai l'impression de regarder vidéogag.

- Pardon ?

- J'ai reçu huit candidates, on dirait un mauvais sketch...

Yazoo haussa les sourcils, attendant un supplément d'explications. Reno prit une gorgée de café.

- Outre le fait que sept d'entre elles sont devenues rouge tomate dès qu'elles m'ont vu en entrant, j'en ai eu une qui bégayait tellement que je comprenais pas un mot de ce qu'elle disait, une qui me déshabillait du regard comme je pensais que seul un mec pouvait le faire, et deux qui m'ont demandé de but en blanc si j'étais gay. Quand j'ai dit oui, la première est partie en me remerciant avec l'air de quelqu'un qui est sur le point de fondre en larmes et en disant qu'elle pensait que le poste était pas fait pour elle, et une autre qui m'a fait un sourire flippant et qui a dit, je cite : « Oh nan, trop coooool ! »

- …Zarbi.

- Ouais, et encore tu l'as pas vue.

- Et la huitième ?

- Normale jusqu'au moment où comme il fait crevant de chaud, je lui ai dit qu'elle pouvait enlever son chandail si elle voulait.

- Laisse-moi deviner, elle a pris ça pour une invitation et elle a tenté de te sauter dessus ? Théorisa l'argenté.

- Non. Mais elle portait un T-shirt avec écrit « Real fur rocks ».

Yazoo s'étonna.

- Et alors ? Tout le monde a au moins un T-shirt de ce genre avec une inscription débile. J'en ai bien un ou y a marqué « Fuck me, I'm not famous ».

Yazoo garda la bouche ouverte un court instant après que les derniers mots en soient sortis, puis il piqua un discret fard. Un petit moment de silence gêné plus tard, Reno reprit :

- Ouais, mais tu le porterais à un entretien d'embauche sous un pull alors qu'il fait 35 degrés à l'ombre ? Elle a même pas eu l'air gêné. Moi j'en ai un avec écrit « I'm a Virgin » dessus…

- Tu te balades avec un T-shirt qui dit « Je suis puceau » ? S'étrangla Yazoo.

- Vierge. C'est mon signe zodiacal, y a le symbole dans le dos du T-shirt.

- Ah, d'accord.

Reno repoussa bravement une vague de nostalgie et de manque. Ce fameux T-shirt, Axel le lui avait offert pour son anniversaire l'année précédente, avec une note épinglée dessus l'enjoignant à le porter toute une journée (avec obligation de sortir pour aller faire des courses) pour avoir son vrai cadeau. Et en rentrant desdites courses…

- Reno ?

Le roux sursauta.

- Oui, excuse-moi… Je disais donc que moi, ce T-shirt, il m'arrive aussi de le porter en dessous de quelque chose et quand quelqu'un le voit, j'explique. Elle, elle a rien dit. Et c'est assez difficile aujourd'hui de trouver du boulot, après je préfèrerais donner cette place à quelqu'un qui n'assume pas sans le moindre complexe de trouver que le fait de chasser des renards des neiges ou des visons pour les écorcher et les transformer en écharpes, « ça déchire ».

- Je me rends à tes arguments, concéda l'argenté.

Puis il s'écarta du bureau et, hésitant, alla s'assoir sur le fauteuil que la rouge postulante occupait un instant plus tôt.

- Je peux te proposer un truc ? Demanda-t-il, l'air emprunté.

- Oui, bien sûr…, répondit Reno, intrigué.

- Bon… T'as besoin d'aide pour le boulot. Mais jusque là c'est pas la joie de trouver. C'est ça ?

- Ouais. Et je viens de recevoir la dernière des candidates que Tseng m'a proposées. Sur quel critère il les a choisies, le chef, franchement ?

- Et c'est quoi tes exigences ?

- Deux mots : « muet », « transparent ». Trop politiquement incorrect, d'après le chef, il a transformé ça en « discret ».

Yazoo hocha la tête, l'air de quelqu'un qui s'apprête à se jeter à l'eau, puis il se décida à parler.

- Je pourrais le faire, moi.

Reno pencha la tête sur le côté, perplexe.

- Où tu veux en venir ?

- T'as pas envie que quelqu'un que tu connais pas vienne envahir ton espace personnel. Tu me connais, expliqua Yazoo. Le boulot d'assistant, c'est à peu près ce que je fais déjà, je pourrais le faire pour toi et qu'ils engagent quelqu'un pour prendre ma place à moi. Et tu veux une personne discrète, je suis pas vraiment le genre qu'on remarque, pas vrai ? Je veux dire… Je connais la boîte et le boulot, je te soûlerai pas de questions idiotes et si tu veux avoir la paix, je suis tout à fait capable de me taire plusieurs heures d'affilée, c'est déjà ce que je fais en temps normal. Qu'est-ce que tu en penses ?

Reno resta silencieux un instant. Passé le premier réflexe – qui avait été de refuser tout net, bien sûr – il hésitait. Car les arguments de Yazoo étaient on ne pouvait plus juste. Même s'il n'était pas vraiment la personne avec qui il aurait eu envie de partager son bureau, il avait raison. Il n'était pas un inconnu, ce qui était mieux que n'importe qui qu'il pourrait choisir d'engager sur base d'un CV et d'un entretien – car qu'est-ce qu'on apprend réellement de quelqu'un avec ça ? Rien que ce que les gens veulent bien nous montrer. Et il était effectivement ce genre de type qui peut s'assoir à son bureau le matin et travailler toute la journée sans dire un mot, sauf pour saluer ceux qui passent à côté de lui. Reno avait ses raisons pour ne pas avoir envie que l'argenté devienne son assistant, mais ces raisons étaient tout sauf professionnelles et même si la façon dont il avait plaidé pour son idée, comme si c'était Reno qui lui rendrait service s'il acceptait, et non lui en le lui proposant, ne l'aidait pas à en faire abstraction. Cependant…

- Je vais y réfléchir, d'accord ? Merci de me le proposer.

- Mais de rien, répondit l'argenté avec un large sourire.

Ce n'était pas la faute de Yazoo si Reno n'avait pas envie de le voir davantage, il n'avait rien fait de mal. Il n'avait pas le droit de le rembarrer pour ça alors qu'il n'était en rien fautif. Sa proposition méritait au moins qu'il y réfléchisse.

D'autant que c'était un plan qui tenait la route, tout le monde s'en trouverait content, y compris lui dans la mesure du possible.

Finalement, la journée se termina sans qu'il ait pris une décision, mais il décida qu'il pouvait bien prendre… disons une demi-semaine pour y réfléchir ? Après tout, c'était important… Il pourrait, s'il décidait d'accepter, suggérer une des candidates qu'il avait reçues pour prendre la place de Yazoo. Ou tout du monde donner à Tseng un ou deux avis sur le sujet – à commencer par celui-là : « Ne pas engager miss la-vraie-fourrure-ça-le-fait ». Il ne s'en remettait pas…

Il allait voir Axel, maintenant. Et il avait envoyé un texto à Roxas pour lui proposer de passer le prendre et d'y aller ensemble. Il fallait qu'il lui parle, ça ne pouvait plus durer. Il était bouffé d'inquiétude et de plus en plus énervé. Il devait s'occuper d'Axel, c'était un devoir, et il allait veiller à ce qu'il le fasse, quitte à lui botter le cul sur tout le chemin entre chez lui et l'hôpital. C'était décidé, ce soir, il allait le faire bouger. Il était prêt à enfoncer sa porte s'il était chez lui où à rester toute la nuit dans le couloir à attendre qu'il rentre. Ça avait assez duré.

Il termina de ranger son bureau, éteignit le moniteur de son ordinateur, jeta son paquet de cigarettes vides dans la corbeille, accompagné du blister déchiré du nouveau et récupéra son veston noir sur le dossier de son siège. Alors qu'il le zippait, son portable, posé sur la pile de dossiers qu'il emportait, vibra, décrivant un quart de tour vers la droite. Reno ouvrit l'appareil, et sans surprise, lut le message.

Ecoute, je suis débordé de travail et je ne peux pas me libérer. Je regrette. Roxas

- Bon, très bien ! S'exclama Reno à voix basse. Tu l'auras cherché, faudra pas te plaindre !

Vivement, il décrocha son blouson et son casque du portemanteau et les posa sur le bureau à côté des dossiers, puis sortit de sa poche son portefeuille pour y prendre sa carte magnétique – car promotion signifiait aussi parking réservé. Plus besoin de tourner en rond vingt minutes pour se garer…

Puis, dans les plis, quelque chose attira son attention. Une carte avec un bordereau bleu ciel… Qu'est-ce que c'était que ce truc ? Ça ne lui disait rien…

Il sortit le rectangle cartonné du compartiment à cartes où il avait été glissé, intrigué, et l'observa. Puis la mémoire lui revint… C'était cette fille, Olette, qui la lui avait donnée lors du défilé auquel il avait assisté avec Axel. Elle lui avait donné sa carte, celle avec… comment avait-elle appelé ça ? Le numéro « prioritaire » ? La ligne qu'elle décrochait toujours.

La bouche du jeune homme s'entrouvrit légèrement tandis qu'une idée germait dans sa tête. L'agent de Roxas, sa meilleure amie, probablement la seule personne dans ce maudit pays à pouvoir comprendre ce qui se passait dans sa blonde caboche, maintenant que Ven était parti et… Enfin, la solution à son problème était là, entre ses doigts. Sur une carte blanche bordée bleu ciel estampillée « Violette Hewitt, agent artistique ».

Puisque Roxas refusait de lui parler, il parlerait à son agent. Et tant pis si ça ne se faisait pas. Il y avait deux semaines maintenant qu'il n'avait plus entendu le son de sa voix. S'il avait décidé que c'était trop difficile et qu'il voulait renoncer, il allait falloir qu'il le lui dise, parce qu'il ne se sentait pas en état de continuer à supporter, en plus de toute reste, cet état permanent oscillant entre l'indignation et l'angoisse. Plus très longtemps.

Alors il ouvrit le clapet de son portable et composa le numéro indiqué. Il attendit une sonnerie, puis deux, et à la troisième, pour la première fois depuis ce qui lui semblait une éternité, il entendit une voix lui dire :

- Allô ?

Ce n'était pas la voix qu'il voulait entendre mais c'était un lien vers elle. Et elle poursuivait :

- Violette Hewitt à l'appareil, je vous écoute ?

Il resta muet un instant, incapable de trouver quoi dire. Il n'avait pas réfléchi.

- Allô ? Qui est à l'appareil ?

Puis il retrouva sa langue, et avec elle, son bagou naturel.

- Oui, bonsoir, mademoiselle Hewitt, dit-il de sa voix la plus avenante et professionnelle. Excusez-moi de vous déranger à cette heure-ci, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je m'appelle Reno Lace, on s'est rencontrés au défilé auquel Roxas participait il y a quelques semaines…

La voix au bout du fil répondit, ravie :

- Oh, bien sûr que je me souviens de vous ! C'est pour des photos ou pour un verre, dites-moi ?

Reno ne put réprimer un sourire. Roxas leur avait dit qu'elle était du genre franche, il s'en souvenait, et elle n'avait pas caché son coup de cœur enthousiaste pour lui le soir où ils s'étaient rencontrés. Axel lui avait fait le même effet, mais il était avec Roxas alors elle n'aurait décemment pas pu s'intéresser à lui.

- Ni l'un ni l'autre, désolé, répondit-il avec un enjouement qui, à son oreille, sonnait très faux, il espérait qu'elle ne remarquerait rien. Je ne suis toujours pas mannequin, et je ne suis pas non plus devenu hétéro, ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie.

Elle le prit avec humour et répondit avec des rires dans la voix :

- C'est bien dommage ! Enfin bon, la vie n'est pas parfaite ! Que puis-je faire pour vous, Reno ?

Yes.

- Je cherche à joindre Roxas, vous pourriez me le passer s'il vous plaît ? Demanda-t-il en essayant de paraître désinvolte.

- Roxas ? Dit-elle d'une voix surprise. Vous devriez plutôt appeler votre ami, non ?

- Mon ami ? Répéta Reno sans comprendre.

- Axel, ils sont partis ensemble, non ?

Reno sentit son cœur se décrocher et descendre d'un cran dans sa poitrine.

- Partis ensemble ? Répéta-t-il en se faisant l'impression de jouer au perroquet.

- Ça fait presque deux semaines maintenant qu'il a pris des vacances. Vous n'étiez pas au courant ? S'étonna-t-elle.

Le cœur de Reno dégringola brusquement dans le gouffre qui s'était ouvert dans son ventre. Pourquoi Roxas n'avait-il pas parlé de l'accident d'Axel, pourquoi avait-il menti ? Et puis surtout…

- Vous voulez dire qu'il n'est pas venu travailler, ces derniers jours ? Demanda-t-il en s'efforçant de maîtriser sa voix. Il dut y parvenir car à l'autre bout du fil, Olette répondit sans sembler le moins du monde inquiète :

- Bien sûr que non, puisqu'il est en vacances. Je ne l'ai pas vu depuis, oh… samedi dernier ? Pourquoi ?

Reno s'appuya sur son bureau, le front et la nuque couverts de sueur froide, s'efforçant de ne pas paniquer. Roxas avait encore répondu à un de ses textos il y avait moins de vingt minutes, il ne pouvait pas avoir…

- Allô ? Tout va bien ?

Il se força à se reprendre, les doigts crispés sur le téléphone.

- Oui, ça va, ne vous inquiétez pas. J'ai beaucoup de travail en ce moment, je rentre peu, je n'étais pas au courant. Désolé de vous avoir dérangée pour rien.

- Oh, mais pas du tout ! S'exclama la voix pétulante au bout du fil. N'hésitez pas à me rappeler, si d'aventure vous changez d'avis, d'accord ?

- Oui, arriva à articuler Reno. Bonne soirée, mademoiselle.

- À vous aussi !

Il raccrocha son téléphone, la gorge douloureusement serrée. Son cœur était revenu à sa place et il cognait beaucoup trop fort, il le sentait palpiter comme s'il venait de courir un kilomètre sans s'arrêter.

Il sortit de son bureau en courant, laissant derrière lui casque, blouson et dossiers. Il avait beau essayer de relativiser, il n'y parvenait pas.

Roxas lui mentait depuis deux semaines, prétendant se tuer au travail, et il mentait à sa meilleure amie en lui disant qu'il était avec Axel. En vacances. Avec Axel, qui était dans le coma. Il ne lui avait pas parlé de l'accident et il était seul.

Seul depuis quinze jours.

R&R

Patapé l'auteur, okay ? Gentils, gentils lecteurs… Toi, là, pose cette planche à clous… doooooucement… Si vous me butez vous aurez pas la suite, hein ?