Auteur : Ariani Lee
Bêtalecture : Shangreela
Fandom : Final fantasy VII, Kingdom Hearts
Pairings: RAR et dérivés
Disclaimer : L'univers est les personnages sont la propriété de leurs créateurs, les studios Square Enix – anciennement Squaresoft en ce qui concerne Final Fantasy VII.
Note: Nous sommes le 1er décembre, et je souhaite un bon retour à la vie "normale" à ceux et celles qui, comme moi, sortent du NaNoWriMo. S'il vous plaît, répondez au poll sur mon profil, je publierai les résultats avec le prochain chapitre. Je rappelle aussi à ceux qui seraient intéressés que le planning de mes publications est disponible sur tumblr, le lien est dans mon profil.
Chapitre 7 : En théorie et en pratique
Retiens-moi, pour l'amour de l'autre
Retiens-moi, ce n'est pas de ma faute
Quand Reno ouvrit les yeux, il se demanda quand il s'était assoupi. Puis, il se demanda pendant combien de temps.
Il était toujours allongé dans le canapé, le plaid étendu sur lui et la tête sur l'oreiller. Le soleil s'était couché. La seule lumière dans la pièce provenait de la liseuse allumée à côté du clic-clac, en face de lui. Roxas y était assis, les jambes repliées, un livre ouvert sur les genoux et – à sa grande surprise – une paire de lunettes à monture noire sur le nez.
- Je ne savais pas que tu portais des lunettes, dit-il.
Roxas leva les yeux vers lui.
- Seulement pour lire, ou quand je suis devant un ordinateur. Je suis presbyte.
Il referma son livre et le laissa sur ses jambes.
- Tout pareil, répondit Reno. J'ai dormi combien de temps ?
Roxas regarda sa montre.
- Il est presque onze heures du soir. J'allais te réveiller pour manger.
Le rouquin soupira et se redressa pour s'assoir, se frottant les yeux.
- Désolé de m'être endormi.
- Il n'y a pas de quoi. C'est ce qu'on peut espérer de mieux, cette semaine. Que tu dormes de temps en temps.
Reno lui fit la grimace.
- Tu lis quoi ?
Roxas baissa les yeux sur la couverture du livre.
- C'est à toi. « Voici Vicky, une jeune fille blonde très sûre d'elle, séduisante, aux goûts raffinés. Mais c'est aussi Sybil. Voici Peggy Lou, une gamine péremptoire, enthousiaste, qui se met souvent en colère : elle a le nez camus, les cheveux courts, un sourire espiègle. Mais c'est aussi Sybil. Voici Mike, un garçon au teint sombre, aux cheveux foncés, aux yeux marron il a un goût très vif pour la construction et la menuiserie. Mais c'est aussi Sybil. »
Il releva les yeux vers Reno, comme s'il attendait qu'il dise quelque chose. Comme rien ne venait, il déposa le livre sur le guéridon, à côté du divan. Quand il tourna la tête, Reno vit que les larges branches de ses lunettes étaient décorées d'un motif à damier blanc et noir. Puis il se retourna vers lui, et reprit :
- Je me souviens de ce livre. Il était avec une pile d'autres du même genre, sur cette table, quand je suis sorti de l'hôpital. Je les avais rangés sans faire vraiment attention.
Reno ne voyait pas où il venait en venir et l'interrogea du regard.
- Tu t'es toujours intéressé aux troubles de l'identité et de l'humeur, ou tu as lu tout ça à cause de moi ? Demanda-t-il finalement.
Reno attrapa son paquet de cigarettes sur la table et s'en alluma une. Il aspira la fumée mentholée et la recracha avec délice.
- Un peu des deux. Dans mon boulot, c'est important d'être physionomiste, de savoir décrypter les émotions des gens, comment ils fonctionnent. Ça compte beaucoup quand tu cherches à vendre quelque chose. Et quand j'ai su ce que tu avais… Quand on est venus te chercher chez toi et que je t'ai ramené dans ta chambre pour que tu te calmes, tu te souviens ?
Roxas piqua un fard et baissa le nez, sans surprise. Ces souvenirs n'avaient rien de glorieux, c'était certain, sans parler de la façon dont il avait traité Axel…
- Je t'ai acculé dans un coin, entre mes bras, pour réduire l'espace autour de toi et te rassurer. J'avais lu ce truc dans un bouquin, et sur le moment j'ai été bien content que ça marche parce que sinon j'aurais eu l'air d'un con, et on aurait quand même fini par devoir appeler une ambulance.
Le blond hocha la tête, toujours embarrassé.
- C'est vrai.
- Pendant le temps où tu es resté à l'hosto, je me suis renseigné. C'est moi qui ai expliqué à Axel en quoi exactement ça consiste, la maniaco-dépression, et comme lui et les bouquins ça fait deux, je voulais… hé bien, je voulais être prêt à donner un coup de main, en cas de besoin. Voilà pourquoi.
- Je comprends, répondit Roxas en osant enfin relever la tête pour le regarder en face. Merci.
- De rien. C'est normal.
- Non, répliqua Roxas. Pas pour ça… enfin, si, aussi, mais… Rien ne t'obligeait à prendre la responsabilité de me faire sortir, à m'accueillir ici. (Reno ouvrit la bouche pour répondre mais Roxas lui ôta les mots de la bouche avant qu'il ait pu les prononcer). Je sais, c'est par amitié et par loyauté envers Axel, tu me l'as déjà dit. Mais ce n'est pas une raison pour que j'ignore ce que tu fais pour moi. Malgré ce que tu penses, tu n'avais pas à le faire, et tu l'as fait quand même. Tu es… quelqu'un de bien, vraiment. Et encore une fois, je te remercie.
Reno savait que Roxas serait vexé, voire même blessé, s'il refusait ses remerciements, alors il les accepta, embarrassé. Même s'il continuait de penser qu'il ne faisait que son devoir, par amitié et par loyauté, comme il l'avait dit, et qu'il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat.
- Alors, dit-il ensuite (un peu pour changer de sujet, et un peu aussi parce que son estomac criait famine – comme toujours au terme de ses journées de congé au cours desquelles il buvait des hectolitres de café sans rien manger), chinois ou pizza ?
Roxas lui lança un regard sombre.
- Au vu du contenu de la poubelle et de la vaisselle qu'il y avait – à savoir des tasses, des verres et des couverts, point – je pense que tu as mangé assez de plats surgelés ou à emporter pour l'année à venir. Je suis descendu faire des courses pendant que tu dormais, et j'ai préparé des toasts et une omelette aux champignons. Tu as faim ?
- Ouais, carrément.
- Alors, je vais cuire tout ça, dit le blond en se levant.
Il quitta le salon pour la cuisine et Reno repoussa le plaid dans lequel il était encore entortillé. Sa jambe était soigneusement emmaillotée de nouveaux bandages et la douleur était très diffuse, mais il décida de reprendre un antidouleur avant d'essayer de se relever.
Il se pencha pour écraser sa cigarette dans le cendrier, sur la table basse.
Sur la table basse propre. Rangée. Vide.
Il écarquilla les yeux, horrifié. Tout son travail était proprement rangé en une pile de dossiers bien nette, sur un coin de la table. Il tendit le bras pour attraper celui du dessus, anxieux. Il savait que Roxas avait pensé bien faire, mais comment allait-il s'y retrouver là-dedans, maintenant ? C'était peut-être en désordre, mais c'était son désordre !
Il fut surpris, cependant, de constater que ce n'était pas un problème. Il feuilleta les trois dossiers sur lesquels il avait commencé à bosser, de plus en plus étonné. Ce n'était pas tant que c'était bien rangé, mais que c'était classé de façon logique – une logique, en tout cas, qui collait avec la sienne. Il ne contint pas son soupir de soulagement. Si Roxas avait simplement rassemblé et rangé les papiers dans les classeurs sans faire attention, il lui aurait fallu au moins une heure avant de pouvoir s'y remettre.
- Tu as assez travaillé pour aujourd'hui, non ?
Reno sursauta. Roxas se tenait debout à côté du canapé, un plateau dans les mains.
- Ça ne va pas ? S'inquiéta-t-il.
- Si, pardon. Je t'ai pas entendu arriver.
Il déposa le plateau sur la table devant lui et retourna chercher le sien. A côté de l'assiette d'œufs et des toasts posés sur une serviette, il y avait un verre d'eau et un cachet. Il fit deux bouchées d'une des tranches de pain grillé et avala le comprimé avec la moitié du verre.
- Tu vas t'étrangler, déclara simplement Roxas qui revenait.
- C'est pas bon de prendre ce genre de médocs à jeun, et je préférais pas attendre d'avoir fini de manger.
- Moi, ce que j'en dis, hein, c'est pour toi…
- Je sais.
Ils mangèrent en silence. Reno se sentit bien obligé d'admettre, même seulement par devers lui, que Roxas avait raison, et que ça faisait du bien de manger un repas plus équilibré – même si, en bon carnivore, il trouvait que ça manquait de viande. Mais si le blond cuisinait, il y avait de fortes chances pour que ce soit aussi un professionnel de la diététique.
Quand ils eurent fini, Roxas débarrassa la table et Reno s'alluma une nouvelle cigarette. A son retour, le jeune homme lui décocha un regard chargé de reproche.
- Ça te bousille la santé, ces saletés.
Reno baissa un regard peiné sur sa cigarette.
- Je sais bien. Axel n'arrêtait pas de me le répéter. T'as jamais été accro à quelque chose, toi ?
Roxas secoua la tête.
- A l'âge où les autres commençaient à tester ces trucs-là – la cigarette, l'alcool, l'herbe, etcetera – les premiers symptômes de ma… maladie étaient déjà présents. Par moments, j'avais l'impression que les choses n'étaient pas à leur place, que tout, m'échappait, qu'il y avait déjà quelque chose qui ne tournait pas rond chez moi. Alors les drogues, même les plus douces, me faisaient peur. Et ensuite, il y a eu mon traitement, et évidemment, la drogue et l'alcool sont plus que prohibés.
- Je vois.
Reno se promit que quand il pourrait marcher normalement, il irait fumer sur le balcon, en tout cas tant que Roxas serait là. Il y avait déjà assez de choses entre eux (Des choses qui s'étaient passées, des non-dits, des regards parfois rapidement échangés, mais pas assez vite pour qu'ils ne comprennent pas qu'ils pensaient à la même chose. Des choses qui n'auraient même pas dû exister.), aussi Reno préférait-il éviter d'en rajouter, alors il choisit de ne pas dire à Roxas, même s'il le pensait du fond du cœur, qu'il était heureux qu'il soit là, avec lui. Sa présence lui mettait du baume au cœur, et atténuait un peu l'horrible sensation qui n'avait pas cessé de le harceler, face à cet appartement si vide, trop grand pour lui seul.
Il s'aperçut avec stupeur qu'il tombait de sommeil. Après avoir dormi comme une souche pendant trois heures, c'était un comble, mais il était évident qu'il n'allait pas récupérer comme ça, en deux jours, et puis il venait de manger. Il se leva pour aller se coucher et Roxas lui emboîta le pas, s'arrêtant pour éteindre les lumières.
Il y eut un instant de malaise quand le blond s'arrêta devant la chambre d'Axel et se tourna vers lui pour lui dire… quoi ?
Reno était autant à court d'idées que lui. « Bonne nuit », « Dors bien », autant de phrases toutes faites qui seraient discordantes au vu de la situation. Finalement, Roxas tenta un « A demain », hésitant, et Reno lui répondit la même chose. « A demain », c'était bien. Rien n'avait jamais empêché le soleil de se lever. Il regagna sa propre chambre, encore un peu étourdi des évènements de la journée. Dire que ce matin-là, il s'était réveillé à l'hôpital… ça semblait déjà si loin !
Il se coucha dans les draps frais et se tourna sur le coté, sa jambe blessée vers le haut. Et avant même d'avoir eu le temps de s'y préparer, il s'endormit.
Il eut l'impression que quelques minutes à peine s'étaient écoulées quand il se réveilla. Et pourtant, quand il regarda sa montre, encore dans les vapes, il vit qu'il était plus de onze heures du matin. Il n'en revenait pas, mais il devait bien admettre qu'il commençait à se sentir plus reposé. Il se leva et alla préparer du café.
Il fut détourné du chemin de la cuisine par le spectacle qui l'attendait dans le salon. Il entra à pas de loup.
La liseuse était allumée, sa lumière diffuse à peine perceptible dans la clarté du jour. Roxas dormait sur le canapé, ses lunettes de travers sur le nez, un bras replié derrière la tête, l'autre posé comme oublié en travers de sa taille. Ouvert et posé retourné, sur son estomac, Reno vit le livre qu'il avait commencé la veille, « Sybil », et il remarqua qu'il en était presqu'au deux tiers de l'ouvrage, qui faisait pourtant une épaisseur considérable. Il avait probablement lu la majeure partie de la nuit, jusqu'à ce qu'il finisse par tomber d'épuisement.
Reno traversa la pièce en silence et alla tirer les rideaux pour occulter la lumière du jour avant de revenir éteindre la lampe.
Il s'assit à moitié sur l'accoudoir du divan pour soulager sa jambe qui commençait à se rappeler à son bon souvenir, et se pencha sur Roxas pour lui enlever ses lunettes. Malgré ses précautions, le blond remua et entrouvrit un œil.
- 'No ? Yékeleur ? Bafouilla-t-il.
Reno lui sourit gentiment.
- Très tôt, mentit-il, en lui caressant doucement les cheveux.
- Msuiendormikauptimatin…
- Je sais. Dors, Roxas, il fait pas encore tout à fait jour.
- Mmmmmmh…, lui répondit simplement le blond.
Un instant plus tard, il s'était rendormi.
Reno continua de lui caresser les cheveux pendant un moment, l'estomac noué. Il ne savait pas s'il aurait été capable, lui non plus, de s'endormir dans la chambre d'Axel. C'était arrivé une fois, mais il ne s'était même pas aperçu d'où il se trouvait. Finalement, il récupéra le livre, corna la page et le posa sur le guéridon, à côté des lunettes de Roxas, avant d'étendre le plaid sur lui.
Il claudiqua jusqu'à la salle de bain et goba un comprimé, avant de revenir s'installer dans le salon et de se mettre au boulot.
Roxas dormit presqu'une heure encore. Reno terminait de boucler le premier dossier quand il remua et ouvrit les yeux pour de bon. Il se redressa en bâillant, une main devant la bouche, repoussant la couverture de l'autre.
- Bien dormi ? Demanda Reno.
Le blond se passa une main dans les cheveux, essayant d'y remettre un peu d'ordre, puis s'étira et le regarda, ses yeux encore un peu bouffis de sommeil.
- Ça va. Quelle heure est-il ?
- Bientôt midi.
Roxas fit la grimace.
- Si tard ? Oh, je suis désolé.
- Y a pas de quoi, répondit simplement le roux en terminant de classer les papiers et en clôturant son dossier.
Il ne demanda pas à Roxas pourquoi il avait passé la nuit dans le salon. Il lui en parlerait s'il le voulait, mais dans le cas contraire… C'étaient ses affaires, il n'avait pas à s'en mêler. Roxas posa un regard surpris sur la table.
- Pas de café ?
- Je savais pas si le bruit t'aurait pas réveillé, vu qu'y a pas de porte, alors j'ai pas lancé la machine, mais y a qu'à appuyer sur le bouton.
- Je m'en occupe.
Reno profita de son départ pour s'allumer une cigarette. Il l'entendit enclencher la cafetière, puis remonter le couloir et s'enfermer dans la salle de bains. Le bruit de la douche emplit le silence, bientôt suivi du glougloutement et du parfum torréfié de la sacro-sainte Machine-A-Café.
Y penser en ces termes arracha à Reno une grimace douloureuse. Ça lui rappelait horriblement l'absence d'Axel. Comme s'il avait eu besoin qu'on la lui rappelle. Alors qu'il en avait tellement conscience, à chaque minute, chaque seconde qui passait, qu'il avait l'impression d'avoir laissé une partie de lui quelque part. L'appartement, le travail, Roxas, sa vie entière, tout était disproportionné, déséquilibré, mais par moments, il y avait des saillies. Comme les pointes sur un fil barbelé, comme les épines sur la tige d'une rose de deuil. Dans ces instants-là, la douleur devenait telle qu'elle noyait tout le reste. C'était presqu'assez pour le faire pleurer.
Presque.
Il était conscient qu'il ne devait pas craquer, il savait que s'il se mettait à pleurer, il n'arriverait pas à s'arrêter avant longtemps. Il y avait quelque chose en lui qui faisait un blocage, comme un barrage derrière ses yeux. Les deux larmes qu'il avait versées quelques jours plus tôt, avant de s'endormir sur son bureau, à la SHINRA, étaient les seules qu'il avait laissé échapper.
Se secouant, il posa sa jambe repliée sur le canapé et retroussa le bermuda en toile qu'il portait jusqu'en haut. C'était un vêtement à Axel, lui n'en avait pas, mais il se retrouvait abonné aux shorts pour quelques jours, alors il n'avait pas vraiment le choix. Il défit ses bandages, les jeta dans la petite corbeille du salon et s'étendit sur le canapé, laissant ses blessures respirer un peu. L'antidouleur faisait effet, et le contact de l'air n'était presque pas douloureux.
Après deux jours entiers de soins, ses plaies commençaient à se refermer, ce qui le retint à contrecœur de se lever pour aller se verser un café. Quand il marchait, il faisait travailler ses muscles et sa peau, et il ne pouvait pas faire mine d'ignorer que ça gênait la cicatrisation. A quoi bon, de toute façon ? Il n'aurait risqué que d'y gagner quelques jours d'arrêt de travail supplémentaire, et il imaginait déjà assez le triomphe de Kadaj. Tifa lui avait dit qu'il cachait se joie, mais qu'on voyait bien que la situation l'amusait, et Reno n'avait aucun mal à la croire. Il savait bien qu'il avait été loin de faire des étincelles depuis qu'il avait été promu, et compte tenu des circonstances, personne n'aurait pensé à le lui reprocher. Pas même le si intransigeant Tseng. Mais Kadaj, lui, ne manquerait pas une occasion de le doubler, alors hors de question de lui laisser le champ libre un seul jour de plus qu'indispensable. Il n'avait aucune envie de se laisser entraîner dans sa petite vendetta. Plus vite il retournerait au bureau, mieux ça vaudrait.
Absorbé dans ses pensées, il ne se rendit compte que le bruit de la douche s'était tu qu'au moment où Roxas entra dans la pièce, une tasse de café dans chaque main. Il était pieds nus et portait un jean délavé et un t-shirt blanc. Ses cheveux mouillés imbibaient lentement d'eau la serviette qu'il avait jetée sur ses épaules.
Il posa les tasses sur la table et se pencha sur la jambe de Reno.
- Ça a l'air de bien cicatriser. Ça te fait mal ? Demanda-t-il.
- A peine. Mais j'ai pris un cachet.
Roxas se sécha vigoureusement les cheveux et alla ranger la serviette humide dans la salle de bain, en profitant pour ramener le baume et des bandes propres.
Reno resta allongé sur le divan pendant que Roxas étalait le baume frais et anesthésiant sur ses plaies, ses doigts massant doucement pour que la pommade pénètre et soit aussi efficace que possible. Un bras en travers du visage, sur ses yeux, il se récita dans un ordre approximatif les noms de différents présidents des Etats-Unis, se haïssant lui-même et maudissant jusqu'à la moindre de ses terminaisons nerveuses de trouver ce contact si agréable. Ce n'était pas juste relaxant, et maintenant qu'il n'était plus purement et simplement sur le point de tomber d'épuisement, il s'en apercevait. Et déployait des trésors de self-control pour ne surtout pas réagir. Parce que Roxas n'aurait pas pu manquer de s'en apercevoir, et il s'en voulait déjà assez de ressentir ça, pas besoin d'en rajouter. Il ne voulait même pas imaginer le malaise que ça engendrerait. Ça entrait dans la catégorie des choses qui n'auraient jamais dû exister, auxquelles il n'aurait jamais dû penser.
Il fut plus que soulagé quand le blond eut terminé et qu'il enveloppa sa jambe pansée dans des bandages neufs et propres. Il s'autorisa même un soupir quand ce dernier quitta la pièce pour jeter les pansements sales à la poubelle. Il se redressa, plia et déplia un ou deux fois le genou, puis déroula la jambe retroussée du short.
Ce jour-là, Roxas repassa l'intégralité du linge et, à regret, changea les draps du lit d'Axel. Reno bûcha ses dossiers comme un forçat, n'ouvrant la bouche que pour le remercier quand il lui re-remplissait sa tasse de café et quand il lui apporta à manger en milieu d'après-midi, ignorant ses protestations quand il affirma n'avoir pas faim.
- Tu ne peux pas boire des quantités pareilles de café sans rien avaler de solide, ça finira par te trouer l'estomac. Tu manges ou je démonte le percolateur.
Ça ne souffrait aucun refus. Reno avala les sandwiches incriminés, d'abord à contrecœur, puis avec appétit. Satisfait, Roxas remporta le plateau vide dans la cuisine et s'en retourna à son repassage.
Ce soir là, dans le lit qui n'était plus imprégné de l'odeur d'Axel, Roxas parvint à s'endormir.
