Auteur : Ariani Lee
Bêtalecture : Shangreela
Fandom : Final fantasy VII, Kingdom Hearts
Pairings: RAR et dérivés
Disclaimer : L'univers et les personnages sont la propriété de leurs créateurs, les studios Square Enix – anciennement Squaresoft en ce qui concerne Final Fantasy VII.
Chapitre 23.2 : Hors de contrôle
Cet océan de passion qui déferle dans mes veines
Qui cause ma déraison, ma déroute, ma déveine
Mon péché mon obsession, désir fou qui me tourmente
Qui me tourne en dérision, qui me déchire et me hante
( Tu vas me détruire, Notre-Dame De Paris )
Roxas décida que sortir du bureau avait été une idée stupide avant même d'avoir refermé la porte derrière lui, mais il était impossible de faire demi-tour. Il traversa donc l'open-space en regardant ses chaussures, conscient d'être cramoisi. Il se força à avancer calmement et pria pour que personne ne lui adresse la parole ou même remarque sa présence. Quand il atteignit enfin la porte des toilettes, il avait l'impression d'avoir marché des kilomètres. Il y entra et poussa un soupir de soulagement en constatant que l'endroit était désert. Il se précipita dans la stalle la plus proche et s'y enferma. Enfin, il put s'adosser à la porte et enfouir son visage dans ses mains, bouleversé.
Son cœur battait trop fort, tous ses muscles étaient tendus et il haletait. Il poussa un curieux gémissement, désespoir et frustration mêlés. Comment avaient-ils pu faire ça ?
Comment Reno, qui avait l'air de devoir fournir un gros effort pour arriver à le tolérer, avait-il pu faire ça ? Pourquoi un tel revirement ?
Et comment avait-il pu, lui, le laisser faire ? Se laisser aller à lui répondre comme il l'avait fait, à lui rendre ses baisers, à consentir à toutes ses caresses, à en attendre d'autres ?
On n'aurait pas dû faire ça. Ni l'un ni l'autre. Je n'ai même pas essayé de le repousser. Je ne l'aurais pas fait !
Tout son corps lui faisait mal. Loin de s'estomper, les sensations qu'avaient réveillé les mains de Reno tourbillonnaient en lui comme un essaim de guêpes furieuses et prises au piège. Les dents serrées, il gémit à nouveau, incapable de se retenir.
J'étais juste… tellement heureux qu'il me voie de nouveau, qu'il me TOUCHE. J'en avais envie depuis si longtemps… S'il ne s'était pas arrêté…
Cette idée lui faisait peur, et pourtant, il y avait une partie de lui - les territoires du Sud, qui ne lui avaient pourtant jamais posé le moindre problème - qui se révoltait contre l'idée que justement, Reno se soit arrêté, et refusait de se résigner à en rester là. Quelque part dans sa tête palpitait une pulsion primitive qui lui ordonnait de retourner dans ce bureau sur-le-champ, de s'y enfermer avec Reno et de terminer ce qu'ils avaient commencé. Il avait beau avoir conscience que les choses étaient déjà allées trop loin, et être soulagé comme il se devait que ça ne s'avère pas pire que ça ne l'était, il n'arrivait pas à refouler. Trop de temps s'était écoulé depuis la dernière fois que quelqu'un - son esprit refusa en bloc d'évoquer qui - l'avait touché de cette façon pour qu'il arrive à se calmer par la seule force de sa volonté. Il évoqua des choses désagréables, ou vraiment moches - il essaya le massacre des bébés phoques, sa tentative de suicide, son grand-père qui avait été atteint de la maladie de Parkinson pendant trois longues années avant de mourir - mais comme le contrôle qu'il exerçait actuellement sur ses pensées était franchement limité, il échoua lamentablement. Son esprit ne se fixait sur rien. Il restait obstinément rivé au bureau sur lequel il était à moitié assis quelques minutes plus tôt, et à la manière dont il aurait laissé Reno l'y coucher s'il l'avait voulu. À sa bouche dans son cou, à ses doigts dans ses cheveux, au clair-obscur de ses yeux quand il l'avait regardé - pour la première fois depuis un siècle. À combien il s'était senti couvé et désiré par ce regard, qui ne faisait pourtant que le fuir, en temps normal…
Il se rendit compte que le fil de ses pensées lui avait à nouveau échappé et cela le mit en colère, par-dessus le marché. Il avait passé tant de temps à se discipliner, mentalement parlant, qu'il ne détestait rien plus que de sentir son esprit échapper à son contrôle, quelles qu'en soient les raisons. Rageant contre lui-même, il résolut de régler le problème manuellement - il n'avait pas tellement le choix. Il ne pouvait pas ressortir comme ça.
Il resta debout contre la porte et garda les yeux ouverts tout le temps, pour essayer d'empêcher son esprit de divaguer et de ne pas penser à ce qui s'était passé, à ce qu'il n'aurait pas dû vouloir qu'il se passe. Il fit ça mécaniquement, et eut la satisfaction de n'en tirer qu'un plaisir amer et sans joie. Le soulagement lui coupa les jambes. Il se retourna, s'assit sur la lunette baissée, et une fois qu'il eut rassemblé ses idées, se livra à une petite séance d'auto-flagellation bien méritée. Son affliction se mua presqu'aussitôt en un dégoût grandissant. S'en trouver réduit à devoir faire ça, et dans un endroit pareil… Il se donnait envie de vomir.
Il attendit que son cœur et son souffle reprennent une cadence normale et sortit de la stalle. Il y aurait volontiers passé encore une heure ou deux, à cuver son écœurement, mais il savait que quelqu'un aurait pu entrer à tout moment, et il voulait voir la tête qu'il avait.
Il se lava les mains en observant son reflet, qui lui confirma qu'il avait eu raison de s'en inquiéter. Son aspect en disait long. Le semblant d'ordre qu'il mettait dans ses cheveux le matin n'y était plus, et il avait très vite l'air de ne pas s'être peigné depuis des jours - c'était le cas maintenant. Il avait les yeux brillants, et bien que le rouge de l'excitation ait fait place à celui de la honte, son visage était toujours cramoisi. Même sa bouche avait l'air plus rose que d'habitude. Il avait l'impression que ce qui était arrivé, et ce qu'il venait de faire, était écrit en gros caractères sur son front. Il rinça abondamment son visage à l'eau fraîche, se sécha et tenta d'arranger sa tignasse - une tâche déjà ardue quand il avait un peigne et de la laque sous la main. Au final, il parvint néanmoins à avoir l'air un peu plus propre sur lui, même si, au-delà de son apparence, il s'était rarement senti aussi sale. Comment avait-il pu faire une chose pareille ? Une partie de lui mourait d'envie de rejeter la faute sur Reno - après tout, c'était bien lui qui avait commencé - mais il n'était pas près d'oublier qu'il avait été tout disposé à le laisser faire. Que, pendant une ou deux étourdissantes minutes, il avait même été heureux. Son estomac se souleva.
Je ne l'ai pas repoussé. Je ne voulais pas qu'il s'arrête.
Il se détourna du miroir, soudain incapable de continuer à se regarder. Il était encore trop rouge pour ressortir, et de toute façon pas prêt à se retrouver face à Reno. Il savait qu'une fois en sa présence, il n'aurait qu'une envie : rentrer dans un trou et mourir. Il ouvrit le robinet d'eau froide et laissa ses mains sous le jet glacé pendant un moment avant de retourner s'enfermer dans un autre cabinet. Il s'assit à nouveau sur la lunette rabaissée, et pressa ses paumes fraîches contre ses joues.
Il n'arrêtait pas d'y penser. C'était Reno qui s'était arrêté, lui qui avait été choqué par quelque chose, suffisamment pour que ça lui remette les pieds sur terre et qui s'était écarté. Alors que Roxas ne s'était pas posé de question, il s'était contenté de se laisser emporter sans réfléchir. Quand Reno s'était écarté, il l'avait regardé comme s'il avait été surpris de le trouver là. Ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour le faire reculer comme ça, Reno était le seul à le savoir, mais Roxas lui en était reconnaissant, en dépit de l'amertume à présent familière qui rôdait en arrière-plan. Reno avait commencé et terminé, et il avait suivi. Encore une fois, il avait laissé quelqu'un d'autre choisir pour lui, et il n'osait même pas imaginer ce qui aurait pu arriver s'ils étaient allés plus loin. À quel moment exactement avait-il à ce point perdu le contrôle de sa vie ?
Il soupira. Bien sûr, il avait conscience de ses sentiments pour Reno. Il avait passé trop de temps à se surveiller pour qu'une chose pareille lui échappe. Il s'en était aperçu très rapidement après qu'ils aient commencé à se fréquenter, et avait pris le parti de les refouler jusqu'au jour où il avait compris que ce qu'il y avait entre Reno et Axel était trop fort pour être simplement nié. C'était arrivé le jour de l'Epiphanie, il s'en souvenait parfaitement. Quand il avait embrassé Reno ce soir-là, pour la première fois, et que ce dernier lui avait rendu baiser pour baiser et caresse pour caresse, quand il s'était aperçu qu'en dépit de tout, il partageait son désir et son affection, il avait réalisé qu'ils n'étaient pas deux et deux. Ils étaient trois, et ce n'était qu'à trois qu'ils avaient une chance d'être tous heureux, sans laisser personne sur le carreau. À ce moment-là, il avait sciemment choisi d'arrêter de lutter contre ce qu'il éprouvait, de laisser ses sentiments prendre racine et s'épanouir, convaincu qu'un jour, dans un avenir relativement proche, ils en viendraient à partager quelque chose de spécial, lui, Axel et Reno. Si et seulement si ils étaient tous ensemble.
Puis son retour forcé à l'hôpital l'avait coupé d'eux, et quand il en était sorti, c'était l'Accident qui leur avait enlevé Axel, les laissant seuls - une chose que Roxas n'avait pas vue venir et qui avait tout bousillé. Même s'ils connaissaient alors les prémices de la relation qu'il avait envisagée, jamais ils n'avaient mis les choses au clair. Ils n'avaient jamais trouvé l'occasion d'aborder franchement la question, d'en parler sérieusement, et au final, Roxas savait que Reno ressentait - ou tout de moins avait ressenti, pendant un temps - la même chose. L'intimité qu'ils avaient partagée quand Axel était avec eux n'existait que parce qu'ils avaient tous conscience de la situation et qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes. Mais maintenant, en son absence, chercher du réconfort dans les bras d'un autre - même ceux de Reno - aurait été une marque de faiblesse et une trahison.
Jusqu'ici, drillé qu'il était à devoir constamment surveiller et discipliner son esprit, il n'avait pas eu trop de difficultés à repousser ses sentiments. Pas très loin, mais assez pour les tenir en respect et éviter qu'ils le parasitent au quotidien. Le fait que Reno lui ait fait comprendre, ces derniers temps, que ses attentions et son affection étaient importunes, l'avait sans doute poussé à baisser sa garde. Il n'avait plus besoin de se surveiller, puisqu'il n'y avait plus de risque.
Même si, après coup, il avait visiblement regretté son geste - Roxas ne comprenait pas vraiment comment mais, à son expression atterrée, Reno avait eu l'air de ne pas se rendre que c'était lui qu'il tenait dans ses bras - ça ne changeait rien : il l'avait fait. Et Roxas s'était laissé avoir, simplement parce qu'il avait arrêté de faire attention.
Quand il m'a embrassé, j'ai cru que j'allais mourir. J'ai cru que j'allais avoir une attaque, ou que mon cœur allait juste éclater. Ça faisait mal mais c'était comme si on avait fait un bond dans le temps, comme si on était revenus à… avant.
Sauf que ce n'était pas le cas et il était là, maintenant, planqué dans les toilettes de la SHINRA, piégé entre sa tête et son cœur comme un adolescent qui en pince pour un mec déjà pris, incapable de brider ses émotions.
Et dire que déjà sans ça c'était devenu difficile, entre nous...
Quelqu'un entra. Roxas garda le silence pendant que le visiteur utilisait un urinoir et se lavait les mains. Il ne pouvait pas rester enfermé là-dedans toute la journée, et il y était déjà depuis au moins un quart d'heure. Il patienta jusqu'à ce que l'autre personne ait quitté les lieux, compta vingt jolis poneys et sortit. Il jeta un œil à son reflet dans le miroir, le jugea correct et regagna l'open-space avec une boule au ventre.
À son grand soulagement, elle se dénoua un peu quand il jeta un œil à leur bureau : Reno avait rouvert les stores, et la pièce était vide. Roxas regagna sa place, reconnaissant de ce répit inattendu, et anxieux déjà de savoir combien de temps il durerait.
Il n'a pas envie de me voir. Il me supporte déjà moyennement, en temps normal, alors après ça… enfin, ça tombe bien. Pour une fois, moi non plus.
Il était en train d'hésiter entre se livrer à une nouvelle séance d'introspection lapidaire - c'était tellement le boxon, dans sa tête, ça ne pouvait pas lui faire de mal de cogiter - et se remettre au travail quand une voix s'éleva derrière lui, lui faisant friser l'infarctus pour la deuxième fois en une heure.
- Roxas ?
Il crut qu'il allait hurler, mais parvint à se retenir et à ne faire qu'un bond sur sa chaise. Il se retourna pour trouver Tifa à la porte ouverte.
- Pardon, je voulais pas te surprendre. Je peux entrer ?
Elle faisait grise mine.
- Bien sûr. Pourquoi tu demandes ?
- Parce que je viens me mêler de ce qui ne me regarde pas, donc je préfère te donner une opportunité de m'envoyer paître avant de mettre les pieds dans le plat.
Oh, non.
- Mais non, entre, je t'en prie, répondit-il, épaté par son propre self-control.
Ce n'était peut-être rien, et même si elle avait deviné ou vu ou entendu quoi que ce soit, il pourrait toujours nier. Tant qu'il ne laissait rien paraître, il y avait encore moyen de rattraper le coup.
Tifa referma derrière elle - déjà, ça, c'était mauvais signe - et s'approcha, mais ne s'assit pas sur son bureau. Son attitude formelle ne fit qu'accentuer les craintes de Roxas mais il n'en laissa rien paraître, résolu qu'il était à jouer la carte de la mauvaise foi jusqu'au bout.
- Qu'est-ce qu'il y a? demanda-t-il aussi nonchalamment que possible.
- Je m'excuse d'avance de te poser cette question, commença la jeune femme, visiblement mal à l'aise, mais est-ce qu'il s'est passé quelque chose avec Reno ?
Roxas crut qu'il allait avaler sa langue mais il espéra qu'elle ne le remarquerait pas : il avait gelé son visage.
- Non, pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? répondit-il d'une voix qui ne tremblait pas.
- Parce qu'il est allé demander la liste à Elena. Celle des clients potentiels, expliqua-t-elle au haussement de sourcils interrogateur qu'il laissa filtrer. Y a pas pire corvée, et il aime pas plus que moi faire du porte à porte, alors je me demandais pourquoi il s'est porté volontaire. Il devrait vraiment avoir envie de se tirer.
Tifa semblait navrée mais Roxas crut un instant qu'il allait s'évanouir de soulagement. Il secoua la tête.
- Non, il ne m'a rien dit, expliqua-t-il simplement. Je ne savais même pas qu'il était parti, je reviens juste des toilettes.
Et ce ne sont même pas des mensonges.
- Oh, d'accord. Et toi, ça va ?
Elle le regardait de ses yeux marron et chauds de sollicitude, comme la première fois qu'il l'avait rencontrée, et il se sentit soudain coupable. Il savait reconnaître une main tendue quand il en voyait une, et il savait trop bien ce que ça faisait d'offrir son aide et de pouvoir se la garder pour ne pas se sentir mal de la refuser. Mais ce n'était pas une question de confiance. C'était juste qu'il ne parlerait jamais de ce qui s'était passé à personne - même pas au docteur Master.
- Bien sûr, mentit-il avec aplomb. Ça baigne. Et pour Reno, vraiment, je ne sais pas. On s'est à peine croisés, aujourd'hui.
Ça, par contre, c'en est un gros.
Tifa hésitait visiblement, mais elle ne pouvait pas insister sans sous entendre qu'il mentait, et Roxas comprit qu'elle n'osait pas. Ils n'étaient pas assez proche pour qu'elle se permette de lui ruer dans les brancards. Il ne douta pas une seconde qu'elle ne prendrait pas autant de gants avec Reno quand elle lui mettrait la main dessus, et il espéra qu'elle saurait la recevoir.
- Bon, d'accord, céda-t-telle finalement. Comme tu veux.
Ça sonnait comme un "Je ne crois pas un mot de ce que tu dis mais qu'est-ce que j'y peux ? ", mais Roxas fit mine de ne rien remarquer.
- Tu sais pour combien de temps il en a ? Demanda-t-il, l'air de rien.
- Aucune idée. La journée, s'il se sent motivé ? C'est pas les clients à démarcher qui manquent, la "liste", c'est un classeur épais comme ça.
Elle lui montra son pouce et son index, écartés de trois centimètres. Roxas se demanda si, en tant qu'assistant, il pourrait faire ça aussi. Il décida de réserver cette question à Elena - Tifa était déjà assez aux abois comme ça.
Reno ne remit pas les pieds au bureau de la journée. Le démarchage étant visiblement la corvée dont personne ne voulait se charger, sa cote de popularité grimpa en flèche sitôt que Roxas en eut informé le premier collègue qui demanda après lui - en l'occurrence, Yazoo. Qui pour le plus grand plaisir de Roxas, ne s'attarda pas. Ce dernier n'avait aucune envie de se retrouver dans la même pièce qu'un type qui avait couché avec Reno quelques mois plus tôt. C'était la première fois que cette idée le dérangeait et le mettait à ce point mal à l'aise. Il fut soulagé lorsque Yazoo quitta la pièce et se leva pour fermer la porte du bureau. Mais il ne toucha pas aux stores.
Il se focalisa sur son travail et bossa comme un forcené jusqu'au soir, continuant de traiter les mails en souffrance qui lui avaient été adressés en l'absence de Reno. Ce ne serait pas aujourd'hui que ce dernier travaillerait dessus, de toute manière. Il était si concentré qu'il ne s'aperçut pas que derrière lui, l'open-space commençait à se vider. Il s'arrêta quinze minutes après l'heure et fut content de voir que Tifa était déjà partie. Il avait à moitié craint qu'elle l'attende pour pouvoir mieux le cuisiner. Et quand il rentra, il trouva l'appartement vide.
Il s'assit dans le divan pour attendre une confrontation qui, pour le meilleur ou pour le pire, lui semblait désormais inéluctable. Il avait peur.
Il attendit longtemps, mais Reno ne rentra pas, ce soir-là. Roxas ne lui tint pas rigueur de son absence. Fuir n'était certainement pas une solution, mais ce répit était bienvenu. Il était dévoré d'angoisse à l'idée de se retrouver à nouveau seul avec lui. Compte tenu de ce qui s'était produit la dernière fois que c'était arrivé, Roxas pensa que Reno avait sans aucun doute pris la décision la plus responsable en découchant.
En allant dormir… ailleurs.
Où ? Chez qui ? Avec qui…?
Roxas serra les poings et les dents, furieux de se poser ces questions. Comme si c'était ça qui comptait, en ce moment ! Comme s'il pouvait se permettre d'éprouver de la jalousie en plus de tout le reste...
J'en ai déjà assez fait.
