Auteur : Ariani Lee
Bêtalecture : Shangreela
Fandom : Final fantasy VII, Kingdom Hearts
Pairings: RAR et dérivés
Disclaimer : L'univers et les personnages sont la propriété de leurs créateurs, les studios Square Enix – anciennement Squaresoft en ce qui concerne Final Fantasy VII.
Note : Hé bien... nous y voilà. Vous l'avez attendu mais croyez-moi, pas autant que moi. C'est du très lourd, be ready !
Chapitre 29 : Oméga
We've been here too long, trying to get along
Pretending that you're oh-so-shy
I'm a natural man doing all I can, my temperature is running high
Cry at night, no one in sight and we got so much to share
Talkin's fine if you got the time but I ain't got no time to spare
Do you wanna touch - do you wanna touch
Do you wanna touch me there?
Touch me there, you know where
Roxas se leva à son tour, et Reno le regarda filer dans le couloir sans un regard en arrière. Dans d'autres circonstances, il ne se serait pas privé de faire un commentaire graveleux sur son empressement, mais il se contenta de suivre sa piste. Il ramassa la veste puis sa chemise et ses chaussures - la première devant la porte de la chambre d'Axel et l'autre devant la sienne. Parce que quoi qu'il arrive, il savait pertinemment que Roxas ne pourrait pas se retenir d'aller ranger si jamais ça restait là.
Il le trouva debout à côté du lit, l'attendant de pied ferme. Roxas ne portait plus qu'un jean et un t-shirt, et il avait allumé la lampe de chevet. Quelque chose cloua Reno sur le pas de la porte. Il aurait été incapable de dire quoi et il resta planté là à le regarder, les bras encombrés, les doigts crispés dans la doublure de la veste.
C'était dans le maintien de Roxas, dans son menton fièrement relevé, dans les yeux où les flammes que Reno avaient allumées consumaient tout le reste. Dans l'assurance de ses gestes quand il retira son t-shirt, jetant la tête sur le côté pour chasser la frange qui lui retombait dans les yeux. Il balança le vêtement par terre, entre eux, comme il lui aurait lancé un gant.
Le désir obsédant de le toucher revint, mais Reno ne bougea pas. Il avait déjà vu Roxas torse nu par le passé, même si ce n'était pas arrivé depuis un moment, mais ce spectacle le pétrifiait. Ça n'avait rien à voir avec un regard dérobé ou un concours de circonstances Roxas s'offrait délibérément à sa vue. Il le provoquait, chacun de ses gestes et de ses regards était une provocation.
Reno avait rêvé et imaginé ce moment des centaines de fois, mais jamais il n'avait envisagé la situation sous cet angle. Dans son refus à lui donner une part active dans ses illégitimables fantasmes, il s'était toujours représenté Roxas réticent et passif. Roxas ne prenait jamais l'initiative et ne le regardait pas comme ça, voire pas du tout. Et pourtant c'était encore lui qui venait le rejoindre pour lui enlever ce qu'il avait sur les bras (vêtements et chaussures regagnèrent le sol d'où Reno les avait enlevés) et qui, lui prenant les mains, lui demandait :
- Tout va bien ?
Reno hocha la tête, et Roxas fronça les sourcils.
- Tu sais que tu n'es pas obligé, hein ? S'enquit-il gravement. Je me suis mal exprimé tout à l'heure.Ça n'a aucun sens de faire ça si tu te forces.
- Tout va bien, je t'assure, lui assura Reno aussi sincèrement qu'il le put.
La vérité, c'était qu'il ne comprenait strictement rien à ce qui était en train de lui arriver, au point qu'il ne savait même pas si la chose était positive ou négative. Roxas le tira par les mains vers le lit et Reno se laissa entraîner, hagard. Roxas grimpa sur le matelas et il l'y suivit. Roxas s'agenouilla face à lui et lui adressa un sourire rassurant. Ce sourire provoqua un déclic dans son cerveau jetlaggé.
- Tu m'intimides, admit-il.
Roxas haussa un sourcil incrédule.
- Intimidé. Toi !
- Je sais.
- Tu as l'habitude qu'on te laisse tout contrôler, pas vrai ?
- Ouais.
Roxas se pencha et l'embrassa sur la bouche avant de tirer sur son vieux t-shirt. Reno leva les bras.
- C'est tellement... inhabituel, je me sens super maladroit tout à coup, bafouilla-t-il entre ses cheveux et les plis du tissu. Roxas l'accueillit d'un autre sourire.
- Laisse-toi faire, pour une fois.
Il glissa une main sur la nuque de Reno, l'emmêla à ses longs cheveux et lui tira doucement la tête en arrière pour découvrir sa gorge. Reno frissonna en sentant sa bouche sur sa peau.
C'est tellement bizarre !
Il gémit et les lèvres de Roxas s'arquèrent dans son cou, puis ille repoussa, l'allongeant sur le lit, et Reno ne résista pas. Tout ça le mettait plutôt mal à l'aise... mais pas seulement. Il était aussi un peu curieux. Il se prêta nerveusement au jeu, penchant un peu la tête sur le côté pour faciliter l'accès de son cou à Roxas qui le mordait doucement. Roxas qui le surplombait, assis sur ses cuissesses mains parcourant tendrement ses flancs. Les sensations étaient étranges, plaisantes mais très diffuses. Bien sûr, Reno avait déjà été en dessous; mais même comme ça c'était d'ordinaire lui qui menait le bal. Pas comme maintenant. Quand Roxas s'allongea sur lui, lentement, ses genoux se replièrent tout naturellement pour l'accueillir. Que son corps ait si spontanément cette réaction fit vibrer toute sa colonne vertébrale d'une onde brûlante et glaciale. Puis Roxas, qui avait fini de « s'installer », releva la tête et lui jeta un regard mi-vexé, mi-inquiet. Reno réalisa avec une horreur qui n'avait d'égale que sa mortification qu'il était victime du plus humiliant des problèmes techniques. Une panne – une foutue panne ! C'était la première fois de sa vie que ça lui arrivait et il fallait que ça tombe ce soir ! Il aurait voulu se téléporter à l'autre bout de la planète.
- Pourquoi tu m'arrêtes pas si c'est à ce point là ? S'inquiéta Roxas.
- Excuse-moi. C'est déstabilisant.
- D'accord, répondit simplement Roxas en s'écartant de lui et en s'asseyant sur le lit.
Reno le regarda faire, retenant les mots qu'il avait sur les lèvres – ça veut pas dire que je voudrai pas essayer une autre fois. L'odieuse trahison de son corps n'empêchait qu'il avait trouvé ces caresses agréables. Il n'était pas prêt à ça, il avait besoin de temps pour se faire à l'idée, mais c'était une idée vraiment intéressante. Il ne dit rien de tout ça à Roxas le moment était mal choisi pour se projeter dans l'avenir de quelque façon que ce soit. À son tour, il s'agenouilla sur le lit, face au blond qui l'attendait, les mains sur les genoux, le regardant d'un air compréhensif. Même dans sa façon de ne pas le toucher, Roxas lui donnait l'impression d'être une pucelle effarouchée.
C'est l'impression que JE suis censé donner, ça !
Roxas finit par lui tendre la main. Reno la prit et se rapprocha mais Roxas ne le toucha pas.
- Alors vas-y. Prends le contrôle. dit-il d'une voix sereine. Tu feras juste attention, s'il te plaît, parce que ça fait des années que je n'ai plus fait ça.
- Je ferai super gaffe, promit Reno, encore un peu ébranlé, et ému par cette concession et ce qu'elle semblait impliquer.
- Et maintenant, continua Roxas, mais cette fois avec l'air de quelqu'un qui arrive à bout de patience, touche-moi, s'il te plaît... J'en ai assez d'attendre.
Sa voix avait pris des accents un peu suppliants. Ce changement n'échappa pas à Reno, qui ne répondit pas. Il prit Roxas par la taille et l'attira vers lui et ils s'enlacèrent.
C'était électrique. Reno percevait avec une sensibilité exacerbée chacun des endroits où leurs peaux couvertes de chair de poule se caressaient. Les bras nus de Roxas sur son cou et ses épaules, sa taille et son dos que Reno encerclait des siens, leurs torses qui se frôlaient... Autant de brûlures délectables qui, comme quand Roxas l'avait embrassé sur le canapé, réveillèrent en lui des émotions passées. C'était cet émoi adolescent des premières fois où, avec Axel, ils s'étaient déshabillés mutuellement cette timidité émerveillée qui décuplait tout. Il aurait voulu, comme à l'époque, coucher Roxas sur le lit pour découvrir son corps pouce par pouce, et le caresser pendant des heures. Mais il avait pulvérisé son propre record d'abstinence et il avait une érection king size qui devenait déjà douloureuse. Il s'amuserait à ça... peut-être une autre fois.
Sans tout à fait arriver à se défaire de cette étrange sensation de déjà-vu, il serra la taille de Roxas entre ses mains et l'allongea sur le lit. Il se laissa faire et Reno s'arrêta pour le regarder encore, pour jouir de cette image de Roxas couché dans son lit. Après tout ce temps passé à se refuser de le vouloir, à se répéter que ça n'arriverait pas et qu'il fallait qu'il arrête d'en avoir envie, il était n'attendant que lui.
Quand il l'embrassa, il remarqua immédiatement le changement. La bouche de Roxas s'ouvrit sous la sienne, accueillit son baiser et y répondit avec langueur mais sans plus chercher à en prendre le contrôle. Ses mains se posèrent sur la nuque de Reno, remontèrent se nicher dans ses cheveux et s'y tinrent sagement.
Reno regrettait de tout son corps collé contre celui de Roxas de ne pas être plus calme ou plus capable de se calmer. Ça allait tourner court, quoi qu'il fasse. Les sensations étaient trop fortes, comme s'il n'était que nerfs à vifs et peau brûlée, et il ne pouvait rien faire pour empêcher ça. Les mains de Roxas quittaient ses cheveux et glissaient dans son dos, sur ses reins, ses jambes s'enroulaient autour de lui. Reno grondait et réalisait que Roxas gémissait, que le son s'étouffait entre leurs lèvres. Roxas ondulait fiévreusement contre lui, soulevant les hanches pour répondre à chacun de ses mouvements.
Le plaisir explosa en une onde si soudaine et violente qu'il crut une seconde qu'il allait s'évanouir. Quand il revint à lui, des taches ! noires dansaient devant ses yeux et il sentait le cœur de Roxas trépider contre son torse.
Je sens ton cœur qui bat, souffla Roxas entre deux halètements. Pourquoi tu souris ?
Parce que j'étais en train de penser la même chose. Je suis désolé. Je te jure que je suis plus performant que ça en temps normal.
Mais je sais…. Ta réputation te précède. Et puis je te signale que moi aussi j'ai duré huit secondes.
Reno l'embrassa pour le faire taire. Il se sentait chaud et détendu, et le corps de Roxas était la meilleure chose sur laquelle il s'était jamais couché. Ça aurait été parfait s'il n'avait pas été encollé dans ses vêtements. Roxas gesticula en-dessous de lui et Reno s'écarta.
Fait chier, dit-il en se laissant tomber sur le dos, le corps à moitié engourdi.
Comme tu dis. On ferait mieux de se déshabiller.
Ouais.
Ce qu'ils firent, avec des gestes précis et étrangement détachés, faisant disparaître au passage les traces laissées par leur étreinte. Reno rassembla ses vêtements en une boule qu'il lança en direction du couloir, où elle rebondit contre le mur avant de retomber par terre, et se coucha. Comme il s'y attendait, Roxas plia les siens, en faisant une pile qu'il glissa avec ses chaussures sous le lit, là où n'importe qui d'autre que lui l'aurait oubliée pendant trois jours. Il ne fit pas mine de quitter la pièce pour aller dormir dans l'autre chambre. Il rejoignit Reno et quand ce dernier lui ouvrit les bras, s'y installa comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
C'était exactement ce que Reno avait tant voulu éviter. Il repensa à tout le mal qu'il s'était donné pour l'empêcher et à la futilité de son comportement. S'il avait su que tenir Roxas dans ses bras lui ferait cet effet-là, il n'aurait pas tant lutté. Il avait l'impression qu'un rouleau compresseur lui était passé dessus, aller-retour. La chaleur de la peau de Roxas qui se mêlait à la sienne et son souffle dans son cou suffirent à moucher la bougie et il sombra.
Je n'ai peur de rien quand tu es là
Moi, je ne crains
Rien que toi, rien que moi
Faits de fièvre et d'envie
Dans la suie on se noie
Assoiffés d'interdit
Rien que toi rien que moi
Au sein de l'incendie
Je t'invite au combat et toi
Tu me dis, Oui, allez viens…
À l'amour, à la mort, toi tu cherches le jour
À l'amour, à la mort, couteau dans le velours
À l'anarchie des corps, tu t'élèves et tu brûles
Quand il se réveilla, il était quatre heures et demi du matin et la lampe de chevet était toujours allumée. Il gambergea un peu mais la présence de Roxas, qui dormait à moitié avachi sur lui, une jambe emmêlée aux siennes, eut tôt fait de lui rafraîchir la mémoire. Il enfouit un sourire dans la chevelure blonde, écouta son souffle paisible et respira son odeur à pleins poumons, savourant chaque sensation. Puis il remarqua que quelque chose de dur s'enfonçait, plutôt douloureusement, dans sa hanche, et comprit ce qui l'avait réveillé.
Les dernières brumes du sommeil se dissipèrent, le laissant reposé comme après une bonne sieste, et son petit sourire bienheureux se mua en moue malicieuse. Il posa une main au creux du genou de Roxas et la fit remonter lentement sur la peau ridiculement douce, jusqu'à aborder et épouser la rondeur ferme d'une fesse. Il était presque étonné de la trouver là, ce qui était absurde. C'était la première fois de sa vie qu'il se réveillait à côté d'un homme complètement nu qu'il n'avait pour ainsi dire pas touché. Il y avait quelque chose d'irrémédiablement bizarre là-dedans. Dévoré d'envie, il caressa le creux des reins du blond, qui frissonna et soupira. Reno sentit la peau qu'il touchait se couvrir de chair de poule, continua le long de son dos en suivant la ligne sinueuse de son échine, caressa sa nuque, chatouilla la racine de ses cheveux... et sursauta, s'arrêtant net.
Putain, qu'est-ce que je fous ?!
Mais Roxas remuait, maintenant. Le souffle un peu court, il pressait tout son corps contre celui de Reno qui se mordit la lèvre. Qu'est-ce qui lui avait pris de faire une chose pareille ? Axel adorait ça, être réveillé à mi-chemin et se laisser faire. Sauf qu'ils couchaient déjà ensemble depuis des années la première fois que Reno lui avait fait ce coup-là.
Sauf que ce n'était pas Axel.
Roxas leva une tête lourde de sommeil et Reno se pétrifia.
- Pourquoi tu t'arrêtes ?
Enroué mais pas en colère. La panique se ratatina comme un ballon dans la poitrine de Reno.
- Parce que je me suis rendu compte que j'étais en train de profiter de ton sommeil.
- ...Oh. C'est gentil...
- C'est normal. Je sais pas ce qui m'a pris. Tu es réveillé depuis longtemps ?
- Depuis ta main en bas de mon dos. C'était comme des petites décharges électriques...
Et là-dessus, il laissa retomber sa tête sur l'épaule de Reno comme on se laisse retomber dans les bras de Morphée et marmonna :
- Je consens à tout alors ne t'arrête plus...
Reno cligna des yeux, ahuri. Son cœur pulsait jusque dans son estomac en boule, et il réalisa qu'il tremblait. Bouleversé, il enferma Roxas dans une étreinte qui n'avait rien de sensuel. Si seulement il avait pu s'arrêter de trembler ! Mais il n'y arrivait pas et il ne savait pas ce qui se passait. Il ne savait pas quelles émotions étaient en train de le submerger, seulement que cette combinaison faisait mal et que c'était trop grand pour lui.
Roxas dut comprendre qu'il était en train de lui arriver quelque chose, car il l'étreignit à son tour, de sa jambe enroulée autour de la sienne, un bras écrouant son torse. Ils restèrent accrochés l'un à l'autre un bon moment et peu à peu, les tremblements cessèrent. Reno recommença à respirer - quand avait-il arrêté ? - et sentit que Roxas se relâchait, bras et jambes. Il s'était rendormi, ou il avait regagné cet état de semi-éveil merveilleux où on peut se prélasser dans les voiles du sommeil tout en ayant vaguement conscience de ce qui se passe. Attendri, Reno pressa un baiser sur sa tempe.
- Je t'aime…
Reno sut que les mots lui avaient échappé rien qu'à la voix absente dont Roxas les avait bredouillés, tellement bas que Reno ne l'aurait jamais entendu si sa bouche ne s'était pas trouvée si près de son oreille. Seulement il l'avait entendu, et Roxas le savait - ça, Reno le comprit à la façon dont il se raidit avant de se redresser comme si on venait de lui jeter un seau d'eau glacée, toute trace de sommeil envolée de son visage horrifié. Il était sur le point de parler Reno le prit par la nuque et l'embrassa pour le faire taire. Sauf que cette fois-ci, ce n'était pas pour avoir le dernier mot. Son cœur avait doublé de volume et lui était remonté dans la gorge ; c'était déjà un déchirement de ne pas pouvoir simplement lui répondre. Il ne savait pas comment il l'encaisserait, si Roxas demandait pardon de l'avoir dit. Il préférait ne pas vérifier.
Le baiser avait un goût de sel et le bras de Roxas quitta sa taille ; la lumière s'éteignit. Reno ne dit rien. Il savait pourquoi Roxas pleurait et tout ce qu'il pouvait faire, c'était tenter de le distraire de son chagrin.
- Viens sur moi.
Roxas désemmêla sa jambe des siennes et disparut dans l'obscurité avant de se rematérialiser, comme par miracle, sur son bassin. Assis sur lui, une chaleur divine irradiant de l'endroit où leurs corps se joignaient, Roxas garda ses mains chez lui et attendit. Reno déplorait l'absence de lumière qui le privait du spectacle, mais Roxas avait voulu cacher ses larmes et Reno préférait le laisser croire qu'il ne s'était aperçu de rien. Alors il s'aventura à l'aveugle, posant ses mains sur les cuisses que Roxas avait repliées de part et d'autre de ses hanches. Ses pouces pressant la chair tendre à l'intérieur, il les parcourut de haut en bas, de bas en haut, guettant le souffle de Roxas qui était son seul guide. Comme il n'entendait pas grand-chose
Au moins il ne sanglote pas... Peut-être que c'était juste une larme.
il remonta et resta émerveillé par la façon dont les hanches de Roxas se logeaient dans ses mains. On aurait dit du sur-mesure. Ses pouces étaient calibrés pour se nicher dans le creux de l'aine, l'angle du bassin tenait parfaitement dans sa paume, c'était du délire.
Il serra les mains (oui, du délire, un rêve, forcément), poussa doucement (Roxas entre ses mains, qui s'offrait, qui le voulait, un rêve) et Roxas suivit le mouvement, basculant vers l'arrière (un rêve qu'il pouvait toucher et embrasser mais un rêve). Quand Reno le ramena vers lui, Roxas suivit à nouveau le mouvement (un rêve coopératif, mais que seraient les rêves s'ils ne faisaient pas tout ce que vous voulez ?). Lâchant sa taille, Reno glissa vers son dos et caressa ses fesses.
Et puis un cul pareil, ça se peut pas, c'est forcément un rêve.
Il monta vers ses reins et récolta un soupir, faible mais c'était quelque chose ! Reno sourit dans le noir et entreprit de vérifier si cette histoire de "petites décharges électriques" fonctionnait aussi quand il ne dormait pas. Comme ses ongles rongés ne lui étaient d'aucune utilité, il effleura la peau du bout des doigts.
Quelque part au-dessus de lui, la respiration de Roxas se bloqua dans sa gorge et Reno le sentit arquer le dos. Il insista en s'en tenant à des caresses d'une légèreté volontairement exaspérante. Roxas haletait et avait du mal à tenir en place.
- Oh, putain ! Hoqueta-t-il.
Souriant largement, Reno s'assit et s'adossa au mur. Roxas le suivit vivement et fut sur lui en un éclair. Pressé de tout son corps contre Reno, il fourragea derrière lui et remonta un coussin derrière son dos.
Adorable.
Quelque part au milieu d'un fouillis de baisers et de mains avides ils oublièrent qu'ils dormaient encore quelques minutes plus tôt, où ils se trouvaient et qu'ils avaient tout essayé pour que ce qu'ils étaient en train de faire n'arrive pas. Oublièrent pourquoi ils s'étaient donné tant de mal.
Roxas bougeait, souple et docile entre les mains de Reno mais aussi un peu brutal dans son approbation. Il embrassait à pleines dents, touchait et étreignait avec des mains dures et crochues. Ou en tout cas ça y ressemblait fort et Reno adorait sa violence, adorait qu'il s'emmêle les doigts dans ses cheveux en tirant et en griffant sans réaliser une seconde que ça lui donnait envie de le jeter sur le lit et de le prendre tout de suite. Roxas qui ne se lâchait jamais et qui avait abandonné toute pudeur, qui se déhanchait sur lui comme s'il était incapable de se retenir, les jambes ouvertes… c'était presque trop.
Reno le repoussa un instant et Roxas le regarda avec un intérêt embarrassant ouvrir le tiroir de la table de chevet et y fouiller pendant un moment. Long, le moment, vu qu'à force d'inutilisation l'objet de sa quête avait roulé tout au fond. Roxas ralluma la lampe et Reno finit par extraire du tiroir en pagaille un flacon de lubrifiant. Il lança à Roxas un regard interrogateur.
- Quoi ? S'enquit le blond, le souffle court.
- Tu es vraiment d'accord pour ça ?
- Absolument, répondit Roxas en appuyant lourdement sur le mot. Je fais ce que je veux et je sais ce que je fais, tu saisis ?
Fous-moi la paix et active-toi, c'est ça ?
- Dans le dos du blond il ouvrit le flacon et lubrifia abondamment ses doigts en les frottant pour réchauffer le liquide. Et en gardant ses yeux fixés sur ceux de Roxas qui avait l'air résolu à ne plus jamais regarder ailleurs, il glissa sa main entre ses fesses.
Roxas se cambra et cria, mais pas que de plaisir.
Pourquoi il a l'air aussi surpris ?
Reno recommença, caressant la chair chaude et sensible. Roxas capitula et passa les bras autour de son cou, abandonnant sa tête sur son épaule et son corps tremblant sur le sien. Il gémissait plaintivement, sans s'arrêter. Pourtant ça lui plaisait, si Reno en jugeait par son érection qui palpitait entre leurs ventres pressés l'un contre l'autre. Et quand Reno insinua un doigt en lui, Roxas était tellement parti qu'il ne s'en aperçut même pas. Ce n'est que lorsque la deuxième phalange força l'entrée que le blond réalisa se qui se passait et se raidit d'un seul coup. Reno s'arrêta aussitôt et suivit le mouvement quand Roxas se dressa sur ses genoux pour lui faciliter la tâche. Dans cette position, il le surplombait et Reno leva son visage vers lui pour réclamer un baiser qui ne se fit pas attendre.
Reno attendit un peu que Roxas se laisse distraire avant de reprendre sa progression, sans se presser en dépit des protestations outrées de son propre corps. Roxas savait peut-être ce qu'il faisait mais Reno aurait mis sa main au feu qu'il ne comprenait quand même pas tout à fait ce qui était en train de lui arriver. Il avait la ferme intention de lui rendre l'expérience agréable. Voire carrément mieux que ça s'il le pouvait.
Il dévorait sa bouche pour l'occuper, lui mordant les lèvres et aspirant sa langue en continuant de le préparer d'une main attentive. Il caressa ses reins, là où il savait maintenant que Roxas aimait ça. Doucement d'abord, puis en enfonçant ses doigts dans la chair frissonnante jusqu'à ce que Roxas rompe le baiser pour chercher de l'air et gémir à son aise. Reno le laissa faire et se pencha sur son épaule qu'il mordit doucement, remontant jusqu'à la base de son cou. Roxas l'étreignit et se cambra sous la morsure suivante et Reno, verrouillant son bras libre autour de la taille du blond, souda sa bouche à cet endroit.
C'était comme d'essayer de contenir une vague Roxas s'agitait contre lui autant que s'il cherchait à lui échapper. Ce que démentaient sa respiration gémissante et laborieuse et ses mains crispées sur les épaules de Reno qui, loin de le repousser, s'accrochaient à lui de toutes leurs forces. C'était douloureux mais Reno s'en foutait comme de la météo en Espagne, Roxas le voulait et c'était bien la seule chose qui comptait. Ses muscles, que Reno avait senti se refermer spasmodiquement sur ses doigts au début, se relaxaient progressivement et même si ça crevait les yeux que Roxas n'était pas du tout habitué à ce genre de stimulation, il était impossible de se méprendre sur son enthousiasme. Ses genoux l'avaient lâché et il était complètement affaissé sur Reno. Il gémissait de plus en plus fort, autant de plaisir que d'étonnement dans sa voix qui s'éraillait, venant à la rencontre de la main de Reno pour tenter d'approfondir la pénétration.
Mais quand Reno le sentit suffisamment détendu et commença à presser la chair sous ses doigts qui glissaient de plus en plus facilement, Roxas se redressa. Il repoussa Reno à deux mains sans le lâcher, le tenant à bout de bras. Il était écarlate et ses cheveux avaient l'air d'avoir fait toutes les guerres du 20ème Siècle. Et toujours cet air du mec qui n'y croit pas.
- Arrête, arrête, pantela-t-il, et Reno eut l'impression qu'il parlait pour eux deux. Si tu t'arrêtes pas je vais jouir et je veux pas –
Reno commença à retirer sa main et le reste de la phrase resta étranglé quelque part dans sa gorge.
- Pas comme ça ? Acheva Reno pour lui.
Roxas hocha la tête avec une drôle de grimace que Reno attribua à la désagréable sensation de vide qu'il devait éprouver. Une lacune qu'il allait se faire une joie de combler.
- Ça va aller ? Demanda-t-il, et Roxas lui adressa un regard sombre absolument pas convaincant.
- Arrête avec ça. J'ai dit que ça faisait longtemps, pas que c'était la première fois.
Peut être pas la première, mais pas la quinzième non plus.
- Comme tu voudras, mais je préfèrerais que tu continues. À ton rythme.
- Reno…
Oui, mais je me fais pas confiance. S'il te plait, Roxas.
Le blond hésita, ses sourcils froncés comme pour dire « Je vois clair dans ton jeu », avant d'esquisser un sourire narquois que Reno n'aurait pas désavoué et qui le hérissa des pieds au cuir chevelu. Roxas s'écarta et se pencha sur lui. Reno le regarda se saisir de son érection d'une main ferme (ça, il s'y attendait et grogna de soulagement) puis baisser la tête et ouvrir la bouche. Reno l'imita pour dire quelque chose qui ne vint jamais, parce que Roxas l'avala d'un seul mouvement et en entier Nom de Dieu ! Reno le fixait, les yeux exorbités – Putain mais en entier, c'était pas possible, ça existait qu'à la télé ce truc, merde et pourtant Reno sentait ses cheveux lui caresser le ventre.
Roxas se redressa lentement prenant soin de lui faire sentir chaque millimètre de sa progression, entourant sa langue autour de la tête avant de s'éloigner pour de bon. Il regarda Reno avec un petit air content de lui et se lécha les lèvres.
- Tu devrais voir ta tête, rit-il doucement.
Reno se rendit compte qu'il avait toujours la bouche ouverte et la referma aussitôt. Un nouvel éclat de rire s'échappa des lèvres de Roxas pendant qu'il enjambait sa taille pour le chevaucher à nouveau. Reno le sentit orienter son érection et la placer contre son entrée. Il posa ses bras sur le matelas et enroula ses mains dans les draps. Roxas lui lança un regard interrogateur et Reno lui fit un sourire d'excuse.
- Il vaut vraiment mieux que je te touche pas pour le moment. Prends tout ton temps.
Et cette fois, Roxas ne protesta pas. Il hocha la tête et commença à pousser. Reno inspira profondément et serra les poings.
Pour ça aussi Roxas donnait l'impression d'avoir surtout des connaissances théoriques et il eut du mal à trouver comment s'y prendre. Son visage était tendu par la concentration pendant qu'il bougeait lentement, rectifiant sa position à chaque mouvement qu'il faisait. Quand il trouva enfin le bon angle et se mit à chercher son rythme, les choses devinrent beaucoup plus difficiles à gérer pour Reno. Il tira sur les draps, les yeux rivés sur le visage de Roxas qui était beaucoup trop occupé pour se soucier d'autre chose et dont l'air dépravé avait de quoi allumer un curé. Sa bouche ouverte lui faisait un tout autre effet maintenant que Reno savait comment il pouvait s'en servir.
Et quand Roxas trouva aussi son rythme et se mit à faire ça bien, les sensations devinrent délicieuses et Reno ferma les yeux, grognant entre ses dents serrées, luttant pour ne pas se mettre à gémir. Ce fut un échec lamentable, et le son de sa propre voix lui donna envie de rentrer dans un trou. Il ferma les yeux et serra les dents. Ses doigts crispés dans les plis du drap lui faisaient un mal de chien mais il savait que s'il lâchait maintenant, ses mains se jetteraient toutes seules sur Roxas pour en finir avec ce supplice. Et qu'alors il lui ferait très mal.
Il ne savait pas par quel miracle il arriva à se retenir jusqu'au bout mais après une éternité, Roxas s'immobilisa, assis sur lui, l'enserrant tout entier. Une vague de soulagement roula sur eux et ils restèrent ainsi un instant, à goûter les sensations de leurs corps unis maintenant que Roxas commençait à s'habituer à sa présence.
Reno rouvrit les yeux, prêt à croiser son regard maintenant qu'il ne gémissait plus. Roxas avait de toute manière d'autres chats à fouetter que son manque de self-control et Reno s'accorda un moment pour le regarder et savourer sa chaleur et l'étreinte de ses muscles autour de son érection et sur la peau, si sensible.
Trop sensible.
- Merde !
Roxas sursauta et un sifflement de douleur lui échappa.
- Quoi ? S'inquiéta-t-il.
- Tu vas me détester.
- Mais quoi ?
Putain mais ce cliché du mec qui fait semblant d'avoir oublié pour l'éviter…
- J'ai pas pensé à mettre de préservatif.
Roxas haussa les sourcils façon « Ha, ouais » et grimaça.
Tu m'étonnes, qui aurait envie de se ré-infliger ça ?
- Je te jure que j'ai pas fait exprès.
- J'ai oublié aussi. C'est pas… Tu y tiens ?
Reno hésita. Ça faisait longtemps qu'ils n'avaient plus partagé un de ces moments d'acuité gênante où ils étaient conscients de penser à la même chose.
C'est pas comme si je savais pas où tu as traîné…
- Non. Et toi ?
- Roxas ne répondit pas tout de suite. Son regard se durcit et Reno prit ses mains dans les siennes, encore engourdies.
- Avec Yazoo, tu en portais ?
- Oui. Évidemment.
Rien qu'Axel, toujours et exclusivement lui. Jusqu'à maintenant. C'était imprévu, c'était affolant et sublime. Si Roxas lui demandait de se retirer, il le ferait. Et puis il irait se taper la tête dans un mur pour se punir d'être aussi con. Il se souvenait avoir renversé la boîte de préservatifs en cherchant le lubrifiant dans le tiroir.
- Alors non, répondit finalement Roxas.
Il y avait dans sa voix et ses yeux quelque chose de farouche qui fit sourire Reno, au-delà du bonheur de savoir qu'il pouvait rester là où il était.
- Tu serais pas jaloux ?
Roxas resta sans voix un instant avant de se mettre à bouger. Il enfonçait ses genoux dans le matelas, oscillant lentement, et le sourire s'effaça du visage de Reno. Roxas se rapprocha pour lui parler d'une voix sourde.
- Merde, Reno, si pour une fois dans ta vie tu pouvais fermer ta grande -
- Arr-
Trop tard.
Roxas glapit douloureusement quand Reno broya ses mains qu'il tenait toujours. Reno ne cria pas seul un grognement lui échappa quand l'orgasme l'embrasa, oblitérant sa vision. Ce fut terminé aussi soudainement que ça avait commencé et il resta là, le cœur battant un hallali barbare, à se demander si après une panne et deux performances dignes du puceau qu'il était à quinze ans, il ne ferait pas mieux d'arrêter de se rendre ridicule.
Je peux pas lui faire ça. Je vais bien finir par y arriver !
Il se rendit compte qu'il avait fermé les yeux quand il les rouvrit. Ce qu'il aurait voulu dire – un truc comme « Préviens, merde ! », par exemple – mourut sur ses lèvres quand il vit le regard de Roxas. Il ne s'était clairement pas attendu à ça.
Tu voulais me faire taire, t'as réussi.
Reno lui adressa un sourire penaud. Le blond était tellement déconfit qu'il n'avait même pas envie de le taquiner.
- Pardon. Je sais pas ce qui se passe, on dirait que toutes les galères que j'ai jamais eues de ma vie me rattrapent maintenant.
- Ça fait rien, lui assura Roxas.
Et on aurait presque pu le croire s'il n'avait pas suffit de baisser les yeux pour voir à quel point son corps hurlait l'inverse. Et Reno se rendit compte que depuis le début, pas une fois il ne l'avait touché. Un petit sourire releva les coins de sa bouche.
- Donne-moi juste une minute.
Roxas ricana.
- Tu te sens d'attaque ?
Reno, qui n'était pas homme à plaisanter quand son honneur était en jeu, décida qu'il allait lui faire ravaler son sourire. En fait, il allait le lui enfoncer si profondément au fond de la gorge qu'il le sentirait lui embrasser le bout de la queue.
- Tu me sous-estimes, chéri. Je te pardonne parce que je t'ai donné de bonnes raisons de le faire.
Et il effleura l'érection qui se dressait entre eux comme un petit animal enragé. Roxas sursauta, puis passa de la raideur à la liquéfaction totale quand Reno enroula ses doigts autour.
- Reno…
- Mmmmmh ?
- Fais pas ça.
Dans tes rêves. Si ça te fait gémir mon nom comme ça je vais même plus jamais te lâcher.
- Tu t'es gêné, toi ?
- Mais j'ai pas fait exprès, se défendit péniblement le blond.
Il avait fermé les yeux et Reno s'autorisa un sourire de grand méchant loup, les yeux étincelants de malice. Sa main restait légère, à peine une caresse sur la chair palpitante, mais il avait tellement envie de le faire jouir, là, tout de suite. Il aurait pu, ça lui aurait pris trois secondes et grâce à leur position et à la lampe allumée, il n'aurait pas perdu une miette du spectacle. Voir son visage et son corps se tordre, regarder les muscles se contracter sous sa peau humide, profiter d'avoir les idées assez claires pour pouvoir savourer chaque son qui lui échapperait. Il le caressa un long moment en le regardant, en essayant de deviner s'il gémirait ou s'il crierait ou s'il serrerait les dents… Il resserra l'étreinte de ses doigts sans même s'en rendre compte et Roxas répéta son prénom et jamais sa voix n'avait été aussi suppliante…
- Tu veux que j'arrête ?
Sa voix était si basse et rauque que ca sortit comme un grognement. Roxas se mordit les lèvres et secoua la tête d'une manière qui pouvait aussi bien signifier « non » que « je ne sais pas ». Reno décida que ce ne serait pas charitable de le laisser comme ça plus longtemps et pêcha dans le tiroir un mouchoir en papier.
Il empoigna Roxas et pompa, et il ne fallut même pas trois secondes. Le blond jeta la tête en arrière et se libéra en étranglant un cri, spasme après spasme. Reno continua, l'orientant de manière à ce qu'il se répande sur la serviette et non sur eux (un truc bien utile qu'il avait appris a l'époque où c'était sa mère qui lavait ses draps). Il ne s'arrêta qu'une fois certain que Roxas avait terminé, satisfait de le voir satisfait, et quand le blond ramena sur lui un regard brumeux dans lequel vacillait un reproche, il lui sourit de toutes ses dents.
- J'ai pas fait exprès.
- T'es vraiment un connard, toi…
- Oh, pardon. C'était pas bon ?
Roxas s'empourpra et se détourna. Reno se colla un marron mental. Le mettre mal à l'aise était bien la dernière chose qu'il voulait.
- Excuse-moi, les endorphines me rendent con.
- Plus que d'habitude ?
Hé ! Ça fait mal !
- Ouais. Pardon.
Et la mort dans l'âme, il ajouta :
- Tu veux dormir ?
- Sérieusement ? S'écarquilla Roxas, qui était aux premières loges pour constater que Reno, lui, n'avait pas terminé.
- Sérieusement. C'est comme tu veux.
- Quelle intensité dans l'abnégation.
Reno haussa les épaules.
- Te moque pas. Je t'ai dit que je suis prêt à passer dix ans à implorer ton pardon. Je suis ton esclave.
Roxas gloussa, et ce petit éclat de rire post-orgasmique était de loin le plus beau son que Reno avait jamais entendu de sa vie.
- Masochiste.
- J'ai pas dit que j'avais envie que tu me laisses en plan.
- Mais si je le faisais, tu te dirais que tu l'as bien mérité.
Et, voyant que Reno réfléchissait à la question, il leva les yeux au ciel.
- Même dans des moments pareils tu réfléchis trop… Arrête de te mettre la pression. De toute façon j'ai pas l'intention de te laisser comme ça. Surtout pas au moment où ça commence à me plaire.
Reno le renversa sur le lit et Roxas, loin de résister, s'installa confortablement et tira la couverture sur eux.
- Ça avait déjà l'air de bien te plaire…
- Tu recommences à trop l'ouvrir.
Reno enfouit sa tête dans le cou du blond et retrouva l'endroit qu'il avait marqué plus tôt. Roxas serra ses hanches entre ses cuisses et l'étreignit.
- Viens. Tout de suite.
Reno obtempéra. Lentement. Roxas était habitué à sa présence, il n'y avait plus d'effort à fournir, seulement quelque chose à trouver. Reno cherchait. Il ressortit presque entièrement pour le pénétrer à nouveau, mais étape par étape, en s'attardant sur chaque centimètre. Roxas le lâcha et empoigna les draps. Reno chercha sa bouche et la trouva.
C'était tellement bon d'être enfin maître de lui, de laisser venir les sensations plutôt que de tenter de les bloquer. Il pouvait prendre son temps et se concentrer sur ce qu'il faisait. Mordre les lèvres de Roxas, juste assez fort pour le faire gémir. Le toucher, caresser ses jambes enroulées autour de lui. L'embrasser sans être obsédé par l'idée d'être en lui ou de pouvoir bouger en lui, puisqu'il y était maintenant. Sentir ses muscles brûlants se refermer sur lui comme un étau à mesure qu'il s'enfonçait. Lentement. Très lentement. Roxas se tordait en dessous de lui et terminait d'arracher les draps en déversant un flot d'injures, sommant Reno d'aller plus vite bordel de merde ! Mais quand il essayait de venir à sa rencontre, Reno cessait complètement de bouger. Alors il jurait. Reno adorait.
Sa patience finit par payer. Le corps du blond se souleva d'un seul coup et il lâcha les draps, s'accrochant à lui avec un glapissement. Reno s'immobilisa, mémorisa l'endroit qu'il touchait et y resta pressé pour que Roxas ait le temps de savourer la sensation.
- C'est bon ? Chuchota-t-il.
- Oui…
Reno reprit, avec des mouvements amples et précis. Roxas poussa un long gémissement quand il toucha à nouveau cet endroit qui le faisait vibrer de plaisir et dont il avait l'air de découvrir l'existence.
- Comme ça ?
- Oui !
Il pouvait sentir le moindre frisson qui agitait le corps arrimé au sien et il savait que Roxas n'allait pas durer longtemps. Reno aurait parié tout ce qu'il avait que ça, ce serait une première. Il allait le faire jouir comme jamais personne avant lui et il amena sa bouche contre l'oreille de Roxas pour le lui murmurer. Roxas répondit en venant à sa rencontre avec un cri, et Reno nota machinalement qu'au moins à partir d'un certain point, il aimait le dirty talking. Avant de se rappeler qu'il n'y aurait peut être pas de prochaine fois, et alors à quoi ça lui servirait d'avoir retenu ces détails ? Autant donner un Stradivarius à un violoniste en lui disant qu'il ne pourra jouer dessus qu'une seule fois.
T'arrêtes pas, haleta Roxas.
Il pouvait tenir encore mais pas longtemps, alors il accéléra en prenant soin de rester dans le bon angle. Roxas le lâcha et resta inerte, le laissant venir, et Reno se redressa. Le blond avait les sourcils froncés et les yeux fermés.
- Regarde-moi, souffla Reno. Son cœur battait beaucoup trop vite.
Laisse-moi te regarder.
Roxas avait les yeux vitreux sous ses paupières mi-closes. Reno flirtait avec ses propres limites, il le sentait à chaque mouvement qu'il faisait tandis qu'il s'enfonçait encore et encore dans ce fourreau incandescent. Il tremblait, luttant de toutes ses forces contre la pression qui montait, inexorable.
J'en peux plus.
- Roxas –
Le blond eut un sursaut, puis un autre. Ses yeux s'écarquillèrent d'un seul coup et ses jambes, ouvertes et lâches, se refermèrent sur Reno en même temps que ses muscles. Un son étrange monta de sa gorge, cri et gémissement à la fois. Reno en oublia de continuer à le ménager. Il voulait en finir avant que Roxas ait terminé et il s'abattit en lui avec une violence qui brisa sa voix, deux fois puis trois. Reno se laissa emporter, laissa l'extase effacer un instant la douleur qui raidissait déjà ses membres. Jamais il n'avait été aussi soulagé d'atteindre l'orgasme.
Il tenta de rouler sur le côté mais ils étaient tellement empêtrés dans les draps défaits qu'il n'alla nulle part. La chaleur refluait rapidement. Roxas essayait de reprendre sa respiration et Reno pouvait entendre son souffle s'accrocher dans sa gorge, comme s'il s'était cassé la voix.
- Je t'ai fait mal.
Ce n'était pas une question. Roxas lui lança le même regard menaçant qu'il avait eu plus tôt. Il était déjà plus crédible mais pas suffisamment pour dissuader Reno de parler.
- Je suis désolé, je voulais pas.
- Je sais.
Puis l'air sombre déserta ses traits. Il sourit et planta un baiser sur les lèvres de Reno.
- Bouge-toi. Je prends la salle de bain en premier.
I can feel you all night, I won't let you down
Your love, breaking into colors
Touchin' we can't get enough
You're spinning me round, and around
Into the sunrise, falling away now
Falling away and we feel it all
Feel it all, don't look back, just let it go
A new day is coming! The time is now!
Nothing can break us down tonight
You and I, and some We tonight
Quand Reno regagna la chambre après avoir pris son tour dans la douche, il ne fut même pas surpris. Même si personne d'autre sur terre n'aurait fait un truc pareil alors que l'aube pointait et qu'il aurait pu se contenter de déplier le clic-clac. Mais il était avec Roxas, alors il trouva son lit refait de frais avec un ex-mannequin en t-shirt Joy Division assis dessus et pas un seul de leurs vêtements en vue. Il ne releva pas. Il était dans la Quatrième Dimension.
- Tu te couches pas ?
- Je me serais endormi, je t'ai attendu.
Les draps frais étaient sublimes. Tout semblait se combiner pour accentuer sa sensation de confort, de ses membres endoloris à sa peau fraîchement lavée. Et Roxas dans ses bras. Il était exténué. Mais…
- Je peux te poser une question ?
- Ça va t'empêcher de dormir si je te dis non ?
La voix était boudeuse.
- J'en sais rien. Y a moyen que oui.
- …vas-y.
- Si t'avais déjà fait ça, pourquoi t'étais si étonné ? Tu réagissais comme si c'était nouveau pour toi.
- Je l'avais déjà fait trois ou quatre fois, il y a vraiment longtemps. C'était juste la première fois que c'était… bon.
- Je sais pas quel sinistre abruti tu as laissé te faire l'amour avant moi, mais c'était du gâchis.
Il sentit le visage de Roxas chauffer contre son épaule et le sien en faire autant en réalisant ce qu'il venait de dire, tant la possessivité un peu déplacée de ses paroles que le choix de ses mots.
- Sois un peu charitable, le rabroua le blond. On avait tous les deux dix-huit ans et c'est à peine si on savait ce qu'on faisait.
- Ça n'excuse pas tout.
- Qu'est-ce que tu veux, tout le monde ne peut pas être aussi doué que toi.
- Je cherche juste à comprendre.
- Hé bien voilà. J'ai couché avec un adolescent et comme je n'étais pas du tout convaincu, j'ai essayé de prendre les choses en main moi-même. Et j'ai préféré. J'ai pensé que j'étais juste pas fait pour ça.
- Tu peux me croire quand je te dis que tu l'es.
C'était un peu bizarre de le dire à voix haute, mais c'était tellement vrai. Reno n'avait jamais eu autant de facilité à trouver sur quels boutons appuyer avec un nouveau partenaire. Roxas était juste parfait. Et c'était une première fois, même si ce n'était pas la première fois. Il ne s'était attendu à rien et c'était une merveilleuse surprise.
- Reno, on parlera demain... S'il te plaît, je suis au bout de ma vie.
- Dors.
Roxas ne répondit plus. Le silence s'étira dans le clair-obscur du petit matin et Reno s'endormit aussitôt.
Fell in love with you and everything that you are
Nothing I can do I'm really crazy about you
When you're next to me it's just like heaven on earth
I'm in love with you
Crédits :
Do you wanna touch me ? – Joan Jett / Glee Cast version
Céleste – Saez
Feel it all –Tokio Hotel
Heaven on earth – Britney Spears
La vache, ça y est, c'est fait. Vous avez pas idée du temps que j'ai passé dessus, du travail fourni, des prises de têtes rapport au comportement de l'un ou de l'autre, TOUT ! Ce chapitre représente facilement cinquante heures de boulot alors j'espère qu'il vous a plu. J'attends avec hâte vos commentaires !
