Auteur : Ariani Lee
Bêtalecture : Shangreela
Fandom : Final fantasy VII, Kingdom Hearts
Pairings: RAR et dérivés
Disclaimer : L'univers et les personnages sont la propriété de leurs créateurs, les studios Square Enix – anciennement Squaresoft en ce qui concerne Final Fantasy VII.
Chapitre 31 : Growing pains
In mir wird es langsam kalt
Wie lang können wir beide
Hier noch sein
Bleib hier
Die Schatten wollen mich holen
Doch wenn wir gehen
Dann gehen wir nur zu Zweit
Do bist alles was ich bin und alles was durch meine Adern fließt
Ils se réveillèrent en sursaut. Ils n'avaient pas la moindre idée de combien de temps ils avaient dormi et ils restèrent désorientés quelques secondes avant que ce qui les avait tirés du sommeil ne leur parvienne consciemment. Quelqu'un tambourinait à la porte.
Ce n'était pas le tambourinement impatient du voisin qui voudrait bien qu'on baisse sa musique de sauvages parce qu'il est trois heures du matin, les jeunes, y'a des gens qui bossent, oh !, ni celui du facteur pressé de continuer sa tournée, qui n'avait de toute façon rien faire au-delà de la porte de l'immeuble. C'était le tambourinement de l'urgence – genre quelqu'un sur le point de mourir, ou la jeune fille poursuivie par un violeur qui s'est jetée sur la première porte venue en espérant qu'on la sauve. Et ça ne s'arrêtait pas.
Paniqués, ils se jetèrent hors du lit. Reno fut le plus rapide et disparut de la chambre avant que Roxas ait terminé de se dépêtrer des draps. Pendant qu'il s'extrayait du lit, il entendit Reno courir jusqu'à la porte et la déverrouiller. La voix qui parvint à Roxas le fit se jeter dans le couloir sans même ramasser les couvertures qu'il avait étalées par terre dans sa lutte frénétique pour se dégager.
- Ven ? Qu'est-ce que tu fais l-
- Je le crois pas ! S'écria son frère en le regardant par-dessus l'épaule de Reno (dont la présence semblait lui importer autant que celle d'un ficus) Je vais te tuer !
Roxas le regarda sans comprendre bousculer Reno pour entrer avant de se jeter sur lui. Comme lui, Ven n'était pas bien gros mais l'étreinte dans laquelle Roxas se retrouva enfermé suffit à lui faire cracher tout l'air qu'il avait dans les poumons et à l'empêcher de respirer.
- Tu essayes de le tuer en l'étouffant ?
Ven lâcha Roxas pour se tourner vers Reno. Il avait le même air de félin king-size que son jumeau quand il était en colère. Reno leva les deux mains en signe de reddition.
- J'ai rien dit ! Vas-y, étrangle-le, je t'aiderai à planquer le corps.
- Reno ! Protesta Roxas.
- Mais il –
- Vous allez vous taire, oui ? Les coupa Ven, pas du tout d'humeur à plaisanter. J'ai en autant à ton service, Reno !
- Moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Et moi ?
- Ça vous arrive de regarder vos téléphones ? Feula le blond furieux.
Roxas et Reno se regardèrent, interdits.
- Et voilà ! Dit Ven en levant les yeux au ciel. Ça fait deux jours que j'appelle et que ça sonne dans le vide.
Roxas se gratta la nuque.
- Je l'ai oublié dans ma veste après l'avoir mis en silencieux, admit-il honteusement.
- Idem, ajouta Reno.
- Pendant deux jours ? Qu'est-ce que vous trafi-
Il s'arrêta au milieu de sa phrase. Roxas se mordit les lèvres. Ven était en train d'assembler les pièces du puzzle, son regard allant et venant de son frère à la porte ouverte derrière lui et par laquelle il l'avait vu arriver. A tous les coups, il était en train de se remémorer le tour du propriétaire qu'on leur avait fait faire le soir de l'Epiphanie et il allait se souvenir que la chambre au fond du couloir n'était pas celle d'Axel.
Et en effet, ses yeux devinrent ronds comme ceux du chien du conte qui les avait comme des roues de moulin.
- Oh. Oh !
Roxas se pinça l'arête du nez. Et voilà pour la discrétion.
- Tu peux nous laisser un moment ? Demanda-t-il à Reno.
- Si tu veux.
Ven surmonta sa stupéfaction et lança au roux un regard apocalyptique.
- Va pas trop loin, j'en ai pas terminé avec toi.
- Oui mon général, répondit Reno sans oser le salut militaire. Je vais juste acheter du pain.
- Pendant une demi-heure, spécifia Roxas.
- Voilà, répéta Reno.
Il se carapata sans demander son reste après avoir enfilé un jean et des baskets sans même passer par la case chaussettes. Les jumeaux restèrent silencieux jusqu'à ce qu'il soit sorti.
- Tu veux un café ? Demanda Roxas.
- Oui. J'ai rien avalé depuis hier. Enfin ce matin.
- Bref, décalage horaire, café. J'arrive, installe-toi.
Ven grogna et gagna le salon. Roxas investit la cuisine, s'affairant a préparer le café puis attendant qu'il coule en réfléchissant à ce qu'il allait dire. Il ne comptait pas mentir et de toute façon il ne pouvait pas. Entre Ven et lui, l'omission pouvait passer mais le mensonge n'existait pas. Son frère saurait qu'il essayait de l'embrouiller avant même qu'il ouvre la bouche.
Il sortit trois tasses et en laissa une vide pour Reno à côté de la machine. Le pauvre, sortir sans même prendre un café… s'il ne s'en achetait pas un en chemin, il serait en état de manque au retour.
Il prépara deux autres tasses et rejoignit Ven dans le salon. Il était avachi sur le canapé d'une façon qui aurait fait grimacer leur mère mais ça avait toujours été comme ça. Ven était rarement vulgaire mais contrairement à Roxas, il n'avait pas besoin de se contrôler en permanence et n'était pas obsédé par son image/comportement. Ça devait être reposant.
Roxas posa les tasses sur la table et s'assit. Ven le regarda par en-dessous sans rien dire. Roxas préféra entamer la conversation que laisser se prolonger ce silence dont il savait très bien ce qui allait finir par en sortir.
- Terra n'est pas avec toi ?
- Non. Si je rate deux journées ça n'engage que moi mais il a des cours à donner. Il était prêt à venir si nécessaire. Je viens de lui dire que tout va bien, il aura le message quand il se lèvera.
- Mais Ven… pourquoi tu es venu ? Je suis content de te voir mais c'était pas… un peu excessif de sauter dans un avion parce que je ne décrochais pas ?
- C'est pas seulement ça, admit Ven, l'air embarrassé. C'est la deuxième fois que ça m'arrive et qu'il n'y a rien derrière, alors je vais juste l'ignorer si jamais si ça se reproduit mais… j'ai eu un mauvais pressentiment. J'étais en cours et puis d'un seul coup je pouvais plus respirer, j'étais tellement angoissé que mon cœur battait trop vite et mes tripes faisaient des nœuds. Alors je t'ai appelé et tu n'as pas répondu. J'ai pensé que c'était la nuit ici et que tu dormais alors j'ai réessayé plus tard. Et encore. C'était passé mais après vingt-quatre heures à vous appeler, j'ai commencé à avoir vraiment peur, je tenais plus en place. Alors je suis venu. Je m'inquiétais pour rien on dirait.
Roxas hésita un instant. Ven lui lança un regard perçant.
- Il y a quelque chose que tu ne me dis pas, constata-t-il.
Et comme mentir n'était pas une option et qu'il avait déjà passé trop de temps à se cacher, Roxas parla.
- Tu ne t'es pas inquiété pour rien, Ven. La première fois que tu as eu un de ces pressentiments, à l'époque où on ne se voyait pas… j'ai essayé de me tuer.
Ven sursauta et le regarda avec une incrédulité qui aurait pu être comique dans d'autres circonstances. Roxas lui montra les cicatrices sur ses poignets. Il ne savait plus quand exactement il avait arrêté de les cacher, ça s'était fait progressivement. Ven regarda les marques.
- Qu'est ce qui s'est passé ? Demanda-t-il enfin.
- Je n'en pouvais plus d'aller mal et de ne pas savoir pourquoi. Comme tu vois, je me suis raté et à l'hôpital on m'a diagnostiqué. Le traitement a tout arrangé.
- Et avant-hier, il s'est passé quoi ?
Roxas soupira.
- J'allais très mal. Mais ça va mieux et c'est une longue histoire très compliquée.
- Et toi et Reno ?
- La même longue histoire compliquée. Mais ça va maintenant.
Roxas s'était raidi. Ven regarda son frère assis droit comme un i sur le canapé et, levant une main, il claqua des doigts juste devant ses yeux. Roxas sursauta.
- Quoi ? Demanda-t-il un peu sèchement.
- Pas à moi, Roxas. Détends-toi, je ne vais pas te juger. C'est moi. Je serai toujours de ton côté, quoi qu'il arrive.
- Je sais.
- Alors explique-moi ce qui se passe. Je ne peux pas repartir comme ça, je passerais mon temps à m'inquiéter pour toi.
Roxas le regarda. Il n'avait jamais eu l'impression de se voir quand il regardait son frère, pas plus qu'il ne croyait voir Ven quand il se regardait dans un miroir. Mais c'était son jumeau et quand il allait vraiment mal, Ven le sentait. S'il y avait une personne à qui il pouvait tout raconter…
- D'accord, dit-il. A condition que tu m'écoutes jusqu'au bout sans m'interrompre.
- Je le jure, déclara solennellement Ven.
Roxas lui expliqua tout. Il commença par le soir de l'Épiphanie, quand il était rentré de les avoir raccompagnés, lui et Terra, et qu'il avait trouvé Reno et Axel ensemble et comment ça ne l'avait bizarrement pas dérangé. Il s'aperçut que ça lui venait assez facilement. Il avait tant retourné la situation dans sa tête qu'il savait quoi dire et comment le formuler. Ven tint sa promesse de ne pas l'interrompre jusqu'au bout, avec de violentes difficultés. Mais quand Roxas se tut, il ne dit rien. Roxas attendit un moment avant de grogner.
- Dis quelque chose, tu me tues là.
- Je sais pas par où commencer ! Se défendit Ven.
Roxas ignora bravement la panique qui commençait à pétiller dans son corps. Ven se frotta les yeux. Il faisait toujours ça quand il essayait de mettre de l'ordre dans ses pensées.
- Tu as promis que tu ne me jugerais pas, lui rappela Roxas.
Ven secoua la tête.
- Je ne te juge pas. Je me demande juste… tu réalises dans quoi tu te lances ? Je veux dire, même si ça se passe parfaitement bien, ça sera forcément compliqué.
- Je le sais bien, répondit aussitôt Roxas.
- Ne sois pas sur la défensive comme ça. Je vais pas essayer de te dissuader.
Roxas laissa échapper un soupir de soulagement et Ven lui sourit.
- Quand je pense à ce que ça t'a fait quand Terra et moi on s'est mis ensemble… j'ai laissé un tel vide dans ta vie qu'il te faut deux hommes pour le combler ?
C'était une taquinerie et Roxas ouvrit la bouche pour lui demander pour qui il se prenait. Puis la referma.
- Peut-être, dit-il enfin. Jusqu'à ce que je rencontre Axel, je pensais à toi non-stop. Je sais que ce n'était pas sain, et je savais sans doute déjà que jamais on ne pourrait revenir en arrière et retrouver ce qu'on avait à l'époque où on était des enfants qui n'avaient besoin que l'un de l'autre. Mais ça, je n'ai commencé à vraiment l'accepter que quand ils sont entrés dans ma vie. Et sans eux, apprendre que tu partais à l'étranger, te perdre juste après t'avoir retrouvé… ça m'aurait rendu fou. Mais mis à part ça, qu'est ce que tu en penses ?
Ven réfléchit encore un instant avant de répondre.
- Ça a l'air viable. Plus que s'il n'y avait rien entre toi et Reno en tout cas.
- Tu crois ?
- Je me mets à la place d'Axel… si je tombais amoureux de quelqu'un d'autre et que Terra et cette autre personne étaient d'accord pour vivre comme ça… la meilleure chose qui pourrait arriver ce serait qu'ils tombent amoureux l'un de l'autre, eux aussi. Quand ce sont deux couples qui cohabitent, il finit forcément par y avoir des jalousies. Ce sont les deux compagnons qui consentent à partager qui font des sacrifices pour la personne qu'ils partagent. Au moins, toi et Reno, vous vous regarderez pas en chiens de faïence de part et d'autre d'Axel. La boucle sera bouclée puisque vous serez tous liés.
Ven attrapa sa tasse et lampa la moitié de son contenu.
- Au fond c'est peut-être une bonne chose, ce qui se passe, dit-il. Même si j'espère que vous n'allez pas tomber de haut. Ce serait gonflé de sa part vu que c'est lui qui a commencé tout ça, mais Axel pourrait avoir un problème avec le fait de vous partager.
Roxas n'avait pas dit à Ven qu'Axel l'avait vu lorsqu'il avait embrassé Reno pour la première fois, et qu'il avait regardé sans intervenir. Ce moment, c'était tout ce sur quoi il se basait pour penser qu'Axel ne leur en voudrait pas de ce qui s'était passé. C'était un souvenir extrêmement intense auquel celui de la conversation qu'il avait entendue dans le couloir le lendemain matin donnait une double profondeur. Ce soir-là, ils avaient été trois sans qu'il le sache. Ça, il ne voulait pas le partager.
- Mais bon, ça reviendrait vraiment à se tirer une balle dans le pied. Tu vas continuer de coucher avec Reno ?
Roxas se tourna vers son frère et lui lança un regard de profonde consternation.
- Tu n'as donc aucune pudeur ?
- Oh, allez, Roxas…
- Maman aurait tellement honte de toi.
- Maman ! Comment tu oses –
Ven éclata de rire. Roxas continua de le fixer avec des yeux morts, ce qui ne fit que décupler son hilarité. Quand il fut à nouveau capable de parler, ce fut entre deux inspirations sifflantes.
- Toi, mon frère – ma chair, mon sang ! – tu me parles de maman ! De pudeur ! Tu… tu as perdu tout droit à la pudibonderie à la minuteoù tu as sciemment décidé de t'engager dans un ménage à trois ! Roxas, tu crois vraiment tu peux te permettre d'avoir un balai dans le cul ? Tu vas avoir besoin de tout l'espace dispo – héééé raté !
Roxas leva les yeux au ciel et fit comme s'il ne venait pas juste d'essayer de le frapper.
- Je ne sais pas, d'accord ? J'aimerais mieux pas, mais on n'en arrivera plus jamais à de telles extrémités pour l'empêcher.
- Je vois.
- Ven, tu as mangé la nourriture de l'avion ?
- Non, pourquoi ?
- Je te trouve extrêmement indiscret et limite obscène. Ça ne te ressemble pas.
Ven éclata de rire.
- Je suis pas malade, idiot. Mais ça fait quelques années qu'on est séparés, je te rappelle. On s'est ni beaucoup vus ni beaucoup parlé non plus depuis quelques mois. Toi aussi t'as changé, tu sais, même si tu parles toujours comme un bouquin.
Roxas baissa la tête. Il avait raison, ils avaient terminé de grandir loin l'un de l'autre et maintenant ils étaient des adultes avec des expériences de vie très différentes.
- On a plus de temps à rattraper que je le croyais, dit-il enfin.
- On aura le temps quand je reviendrai. Même si on ne se voyait plus à l'époque, j'ai pensé à toi quand j'ai décidé de faire ce voyage, ça m'a fait hésiter. Ça t'étonne ?
- Un peu, oui. C'est moi qui étais dépendant de toi. Moi qui ne voulais pas sortir de notre circuit fermé. Tu as toujours été plus ouvert que moi.
- Mais on était bien, Roxas. Pas que toi, moi aussi. J'étais plus curieux que toi du reste du monde mais j'osais m'approcher seulement parce que je savais que j'avais qu'à regarder par-dessus mon épaule et que tu serais là. Moi aussi, ça m'a demandé de gros efforts de sortir de notre bulle. Et même quand t'es parti de la maison et que t'es resté sans donner de nouvelles pendant tout ce temps… Tu sais que j'étais en contact avec Olette.
Roxas hocha la tête.
- Déjà à l'époque je me doutais qu'il se passait quelque chose mais je ne voulais pas le savoir. Et j'étais trop instable et trop blessé pour l'admettre consciemment mais je savais que si j'avais totalement disparu de la circulation, les parents auraient appelé la police et que tu m'aurais cherché jusqu'à ce que tu me trouves ou qu'on t'enferme.
- Je suis content que tu le saches. Olette me disait peu de choses, rien qui aurait pu dire où te trouver ou te joindre, et elle m'a pas dit non plus ce que tu m'as raconté à propos de ta tentative de suicide. Mais si tu avais été en danger, elle me l'aurait dit. Et si j'avais eu besoin de toi, elle te l'aurait dit, quitte à ce que tu te mettes en rogne. Je savais que tu viendrais. (Roxas hochait la tête sans un mot, l'air ému.) C'était un filet de sécurité. J'avais toujours ce lien avec toi, même si toi tu l'ignorais. Quand Terra a eu cette opportunité et qu'il m'a demandé de le suivre, j'ai flippé. Quitter le pays, c'était couper ce dernier lien et ça… j'ai dû réfléchir plusieurs jours avant d'arriver à prendre une décision.
- Qu'est-ce qui t'a décidé ?
- La même chose que je te répétais avant que tu partes. J'arrêtais pas d'imaginer que tu m'appellerais dès que je serais parti, que tu allais revenir et que tu aurais besoin de moi et que je serais pas là. Et à chaque fois je me disais que je pouvais pas vivre comme ça, qu'on devait pas se retenir l'un l'autre, se freiner, qu'on devait se construire individuellement… tout ce que je t'ai dit avant que tu t'en ailles. Et au final, je me suis demandé ce que j'aurais fait si tu avais activement fait partie de ma vie à ce moment-là.
- Et tu serais parti quand même, pas vrai ?
Ven hocha la tête.
- La panique que j'ai ressentie à l'idée de trancher ce dernier lien entre nous, l'angoisse… J'ai pensé que moi non plus j'avais pas encore totalement quitté la bulle et que c'était le moment de le faire.
- C'était une belle opportunité, admit Roxas.
- Entendre ça lui aurait fait mal à pleurer deux ans plus tôt. Ven avait choisi la séparation, délibérément, il avait voulu s'éloigner de lui. Roxas était ébloui de ne rien ressentir d'autre que de la compréhension face à un tel discours de la part de son frère.
Ven ouvrait la bouche pour répondre quand ils entendirent la clé tourner dans la serrure et il resta comme ça, l'air frappé par la foudre. Reno entra dans la pièce avant que Roxas ait eu le temps de demander à son frère s'il essayait d'attraper une mouche. Ven regarda Reno, qui s'arrêta sans comprendre, avant de lâcher un long « meeeeeeeeeeeeeerde… » de subite prise de conscience. Il regarda Roxas puis à nouveau Reno et enfin il referma la bouche. Pour la rouvrir aussitôt.
- Mais on est censé dire quoi au nouveau petit ami quand le petit ami initial est toujours d'actualité ? Parvint-il enfin à formuler.
Roxas regarda Reno par-dessus son épaule.
- Pardon. Il ne se moque pas.
Reno se passa une main dans les cheveux.
- Putain de temps de chargement, Ven, tu vas t'en remettre ?
- Tu te tapes quand même mon frère, toi, alors profil bas, grommela Ven, l'œil noir comme la bouche d'un puits hanté.
Ce viatique lui valut un nouveau regard plus lourd qu'un documentaire sur les camps de concentration. Reno contempla le tableau quatre secondes avant de tourner les talons et de partir dans la cuisine. Il n'avait pas assez de caféine dans l'organisme pour gérer quoi que ce soit. Il n'aurait pas été en état de gérer une des araignées de la voisine qui faisait des gâteaux, alors les jumeaux diaboliques… ouais, d'abord du café.
Immer werden wir uns tragen
Egal wohin wir fahrn egal wie tief
Ich will da nicht allein sein
Lass uns gemeinsam
In die Nacht
Irgendwann wird es Zeit sein
Lass uns gemeinsam
In die nacht
(Tokio Hôtel, In die nacht)
