Disclaimer : Pas à moi.

Rating : As usual, du Teen.

Note de l'Auteure : La vie réelle est toujours aussi prenante, mais j'arrive enfin à grappiller du temps ici et là puisqu'une partie de mon activité pro est réduite. J'avais prévu que cette fic, qui devait être courte et rapide !, ferait une dizaine de chapitres ; j'espère m'y tenir et réussir à la finir d'ici 2022 - et sinon ce sera 2023 ! xD - mais je me fixe la barre de 2024, histoire de la finir avant 10 ans (ce qui ne serait même pas une hyperbole... -.-'). J'espère que vous allez bien ! ;) Des biz'ouux !

Et merci pour vos p'tites reviews, auxquelles je n'ai jamais répondues mais qui demeurent motivantes ! ;)

Enjoy ! =p


Yemeigui

La voix moqueuse claqua, violemment féroce.

« Et tu penses qu'elle en a quelque chose à faire ?

- Comment ça ?

- C'était une escale, bien sûr. »

Il haussa un sourcil inquisiteur.

« Les jeunes naïfs, ça court les rues... N'est-ce pas ? Quelques atours avantageux, quelques numéros... Et le tour est dans le sac. »


- Chapitre V -


C'est une Astoria verte qui vint les déranger, réclamant à Draco sa coupe de champagne et sa danse. Par chance pour lui, Tonks veillait sur eux, et s'empressa de réclamer son propre tour, laissant son mari danser avec sa meilleure amie.

Prenant soin de cacher son air narquois, Draco se laissa entraîner, faisant virevolter la jolie mariée qui haussa un sourcil conspirateur :

« Tu comptes lui dire ? »

Décidant de se prêter au jeu, il sourit d'un air amusé :

« Comment ça ? »

Si sa cousine, qui semblait pourtant vouloir éviter tout incident diplomatique, acceptait finalement qu'il ridiculise la blonde, il allait peut-être saisir l'occasion.

« Que tu en pinces pour elle ? »

Quelle erreur de laisser retomber sa garde de la sorte ! Il se rattrapa de justesse, manquant trébucher de surprise.

Il ouvrit de grands yeux innocents, prêt à démentir, mais Tonks le dardait du regard, moue amusée au coin de la bouche :

« Parce que, je ne l'aurais pas vu de mes propres yeux, je ne te laisserai pas l'approcher : Hermione c'est chasse gardée, cousin. »

Il referma sa bouche et pinça ses lèvres.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. »

Elle eut un sourire doucereux, avant de fixer son attention derrière lui d'un air étonné.

Il les pivota légèrement, pour voir Remus qui faisait tournoyer Granger, les joues toujours aussi roses, le chignon qui n'en finissait pas de se défaire, et un sourire ravissant sur les lèvres...

« Dis que je suis ta meilleure cousine. »

Ramenant son visage face à celui de sa cousine, Draco croisa son regard victorieux. Il grogna : il n'avait pas marché, il avait sauté sur ce coup.

« Tu es ma seule cousine, Tonks.

- Tu veux mon aide ou pas, Malfoy ? »

Il haussa les épaules, espèrant noyer le poisson.

« Et toi, tu comptais me dire que c'est la soeur de Potter ? »

Sa cousine le regarda, cillant sans comprendre.

« Mon adversaire : au Quidditch, en cours, au club de duels, mon némésis, Saint Potty... Potter. » [1]

Tonks le regarda étrangement puis éclata d'un rire, franc et entier. Entre ses esclaffements, elle lâcha son bras pour poser sa main sur son ventre :

« Oh Merlin, ne me dis pas... Tout ce temps... C'était... Harry ! »

Elle redoubla d'un rire qui fit couler plus de larmes sur ses joues.

Très stoïque, il continua de la mener d'une main ferme.

Merlin, son père disait vrai : sa mère était donc bien la seule Black saine d'esprit ?


« Je suis de corvée de baby-sitting. »

Il lui jeta un regard noir et décida de l'ignorer.

« C'est sympa ce que tu as fait ici. J'aime beaucoup la déco. »

Il ne bougerait pas. Vraiment pas.

« Ce n'est pas comme s'il y avait un mariage à côté. On est bien mieux dans le placard à balai, c'est sûr... »

Il la fusilla du regard. Tout ça c'était sa faute après tout.

Elle éclata de rire, ne se formalisant pas de sa mauvaise humeur.

« Allez viens Malfoy. Après ça, Tonks a promis de ne plus t'obliger à danser. »

Il grogna, croisant les bras sur sa poitrine, et tourna la tête autant qu'il le pouvait dans l'exigüe pièce.

Granger éclata de rire face à ses enfantillages et il dut retenir l'esquisse d'un sourire en l'entendant.

« Allez, arrête de bouder ! C'est son mariage, elle a bien le droit de nous embêter ! »

Elle essaya de desserrer ses mains, pour mieux l'entraîner avec elle, mais il tint bon. Tant et si bien, qu'elle lui retomba dessus, l'écrasant contre le mur.

Elle éclata à nouveau de rire :

« Quelle catastrophe, ils vont croire qu'on fait des bêtises tous les deux ici... »

Mais Draco ne l'écoutait déjà plus.

Le nez dans son chignon, il pouvait sentir son parfum, la chaleur de sa peau contre son corps, et ses doigts qui s'agrippaient à son torse pour ne pas défaillir.

Il baissa son regard vers elle, alternant entre ses yeux rieurs, et ses lèvres roses.

« Granger... »

Le son de sa voix rauque la fit cesser de rire et elle le regarda interloquée :

« Malefoy, mais que... »

Il la fixa d'un regard intense, résolu :

« Je vais t'embrasser dans trois secondes. »

Il raffermit ses doigts sur sa taille, l'attira à lui. Un. Avec douceur, pour lui laisser le loisir de le repousser, il attrapa son visage en coupe entre ses doigts. Deux.

Il croisa son regard, déterminé, le chocolat de ses yeux limpide comme jamais. Trois.

Et enfin, il descendit ses lèvres sur les siennes.

Ne sachant pas si c'était le whisky, Tonks, ou juste le placard où il s'était réfugié qu'il devait remercier, il savoura son soupir de bien-être, et ses doigts qui s'enroulèrent autour de son cou alors qu'elle se haussait sur la pointe des pieds pour se rapprocher de lui.

Petite, petite, Granger.

Mais elle traça sa bouche de sa langue et il oublia toute moquerie.


Astoria babillait, babillait, et il hochait la tête d'un air vaguement intéressé.

Ses yeux croisèrent ceux de Granger de l'autre côté de la piste, qui haussa les sourcils, sourire en coin, yeux pétillants.

Que ne donnerait-il pas pour lui faire ravaler son sourire goguenard ! Mais apparemment, lui avait-elle expliqué très sereinement en renouant sa cravate, il ne pouvait pas l'accaparer par caprice car elle était demandée et avait à faire avant le portoloin des mariés. Et Tonks, qui finalement tenait à éviter l'incident diplomatique, le suppliait vraiment de danser avec Astoria, qui s'était plaint à sa mère.

Ce qu'il avait fait, bon gré mal gré, et le résultat était là : la sangsue l'accaparait désormais. Et l'avait rondement mené jusqu'à la table où sa mère et sa tante riaient gracieusement en sirotant leur champagne.

« Te voilà en bien belle compagnie, Draco », le salua sa tante.

Sa mère, majestueuse, posa son regard d'azur sur lui, un sourire délicat aux lèvres tandis qu'elle l'examinait.

De tous ses attributs, il aurait aimé avoir ses yeux, des yeux aussi expressifs et calmes que ceux de sa mère, dans lesquels il trouvait toujours du réconfort. Des yeux perçants à qui rien n'échappaient. Mais alors qu'il la saluait en retour, il se mit à penser au regard malicieux et vif d'une jolie brune...

Tant et si bien qu'il manqua le début de la conversation.

« …assortissons à merveille, n'est-ce pas ? », minaudait Astoria, battant des cils.

Sa tante, qui acquiesçait nonchalamment depuis quelques minutes, croisa son regard, l'œil moqueur et un sourire connaisseur aux lèvres :

« Oui, je vois parfaitement le tableau… »

Ainsi, il était donc complètement démasqué par et la mère et la fille.

Horrifié, il décida qu'il était temps pour lui de s'éclipser avant d'être plus amplement moqué.

S'excusant poliment, il s'enfuit sans demander son reste.


Ruminant contre les femmes tout en savourant un énième whisky, il était appuyé contre le mur, à demi-caché près du bar, quand il vit Granger qui passait avec frénésie.

Au troisième passage, il la saisit au vol.

« Ah Granger, Granger », soupira-t-il théâtralement, passant sa main dans son chignon qui tenait bon malgré tout.

Il l'attira à lui, jusque dans l'alcove qu'il avait repéré.

« Malfoy, mais que… »

Elle retira ses mains, impatiente.

« Draco, arrête, je n'ai vraiment pas le temps de jouer. »

Entendre son prénom dans sa bouche, même par inadvertance, était délicieux et il décida que c'était à renouveler aussitôt.

« Maintenant que j'ai effectué mes devoirs de politesse, tous mes devoirs… Ne devrais-tu pas me récompenser pour ma peine, Granger ? »

Elle le regarda, les yeux grands ouverts :

« Que, quoi ? »

Draco en profita pour l'adosser contre le mur. Il avait bien dansé avec Astoria, lui.

« Juste un petit baiser de rien du tout. »

Elle secoua la tête, l'air embêté, mais il ne la lâchait toujours pas. Où pensait-elle s'échapper à nouveau ? Devait-il lui courir après toute la soirée ?

Ses doigts se refermèrent sur son poignet, prêt à l'immobiliser, tandis qu'il rapprochait son sourire enjôleur de son visage.

« Mais enfin, laisse-moi ! »

Elle se débattit et cette fois le repoussa.

La claque partit sans qu'il ne puisse l'arrêter, laissant une trace pourpre sur son teint pâle.

Il sentit ses entrailles se serrer, et une fureur sans nom le prit. Comment osait-elle ? Comment osait-elle lever la main sur lui ? Lui qui daignait lui accorder temps et attention. N'était-ce qu'un jeu pour elle ? C'était donc ça, qu'elle voulait ? Ca qu'elle recherchait ?

Le ridiculiser ?

Il la darda de son regard le plus noir, s'apercevant avec satisfaction que son visage se décomposait peu à peu, avant de s'éloigner à grandes enjambées.

Elle devrait désormais ramper si elle voulait son pardon.

Car si elle voulait la guerre, elle l'aurait.


« Et pas un mot, c'est compris ? Et surtout pas à Hermione, sinon elle aura ma peau. »

Draco la regarda ouvrir la porte en catimini. Elle était désespèrement éméchée car Tonks était encore plus maladroite que d'habitude, ce qui n'était pas peu dire.

« C'est moi ou c'est toujours elle qui décide ? », marmonna-t-il d'un ton amer.

Tonks pouffa gentiment :

« Je lui ai assuré que j'avais fini ma valise hier. C'était le seul truc qu'elle a bien voulu me laisser faire, cette maniaque du contrôle.

- Maniaque, maniaque… pas qu'un peu ! »

Tonks lui jeta un regard amusé, s'attardant sur sa joue rougie.

« Tu te rends compte qu'elle n'est pas comme tes conquêtes habituelles ? »

Il fronça les sourcils sans répondre.

Tonks poussa un soupir à fendre l'âme :

« Oncle Sirius est peut-être le plus grand playboy de l'histoire des Blacks... Pourquoi crois-tu qu'il est encore célibataire ? »

Elle fit voler une malle jusqu'à elle et commença à attirer ses affaires tandis que Draco ricanait franchement.

« Oh, ne lève pas les yeux au ciel de la sorte, je connais ta réputation mais vraiment tu n'es qu'un petit joueur comparé à ce qu'il était. Comment crois-tu qu'il a élevé sa fille ? Sans la mettre en garde contre tous les Don Juan de la terre ? »

Son rire mourut dans sa gorge, Draco se tournant vers elle, les yeux écarquillés. Effectivement, ça pouvait expliquer toutes ces sornettes de frère et de mariage et de... Merlin, avait-il été trop loin ?

Tonks posa un regard affectueux sur lui.

« Tu sais Draco, tout comme toi, Oncle Sirius a eu mille fois l'occasion de se caser, et tu te doutes qu'elles sont nombreuses celles à vouloir mettre la main sur la fortune Black… Tiens, passe moi le sac en velours rouge, à ta droite. »

Il lui tendit ledit sac dont il ne voulait pas connaître le contenu et elle le prit, comme si de rien n'était, comme si régulièrement elle se mariait et proposait à son cousin de l'aider à terminer sa valise moins de vingt minutes avant l'activation de son portoloin.

« Et comme il a déjà un foyer avec et un fils et une fille de substitution, ça l'amuse plus de papillonner que de se ranger. »

L'air satisfait, elle referma la malle et la vit voler jusqu'à la porte.

« Je croyais qu'il avait peur qu'on s'occupe mal de ses "enfants" ? C'est ce qu'elle insinuait tout à l'heure. Bien que ça me soit égal », s'empressa-t-il de rajouter.

Elle soupira.

« C'est la version de Harry, ça. D'ailleurs, en parlant de lui... »

Tonks hésita et Draco sentit son estomac se nouer : quoi encore ?

« Je te préviens, cousin : tu vas avoir du mal à te faire accepter. Déjà parce que tu es du mauvais côté des Black.

- Du mauvais côté ? Tu plaisantes, c'est nous qui vivons dans le pays où on sert le thé et les scones, cousine chérie. » [2]

Tonks s'assit sur une chaise, l'air plus sobre que jamais :

« Tu es un Malfoy, Draco, on sait tous ce que ça veut dire.

- Que je suis parfait, contra-t-il aussitôt, je suis beau et riche et le descendant d'une...

- Voilà, c'est exactement ça le mauvais côté. »

Elle hocha la tête d'un air désolé :

« Et ça ce n'est que Oncle Sirius. Hermione n'a jamais exaggeré sa relation avec Harry : il est prêt à tous les sacrifices pour elle, vraiment.

- Pff, Potter... Toujours lui et son complexe du sauveur », soupira Draco.

Face au regard agacé de sa cousine, Draco mima de deux doigts la fermeture de ses lèvres. Elle prenait un temps précieux, depuis qu'elle l'avait retrouvé furieux, avec une joue rose, l'autre rouge, et marchant d'un air déterminé vers une blonde à la robe criarde de mauvais goût pour une proposition indécente qu'il savait qu'elle ne refuserait pas.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle ajouta :

« Et ta réputation sulfureuse n'aide pas. Tu vas devoir prouver que tu es sérieux. »

Elle posa ses mains sur ses genoux et du menton désigna sa joue qui reprenait sa pâleur habituelle depuis le sort qu'elle lui avait jeté dès qu'il était arrivé dans la petite chambre.

« Et je t'adore et tout... Mais Hermione, c'est ma meilleure amie. Tu as vu de quoi elle est capable. Et si tu lui fais du mal, quoi qu'elle te fasse, je te briserai le cou dans un malencontrueux accident. »

L'air toujours terriblement calme, les yeux de Tonks le transpercèrent d'un air glacé. Un frisson lui parcourut l'échine. Sous ses francs sourires et ses cheveux rose, Draco avait tendance à oublier que Tonks avait pour mère une Black. Et certains secrets se passaient de mère en fille, tout comme lui avait les secrets des Malefoy.

La gorge sèche, il avala sa salive avant de hocher la tête en signe d'assentiment.

Il se racla la gorge pour se redonner une contenance et fixa son regard gris dans les prunelles pétillantes de sa cousine, qui s'était adoucie dès son geste.

« Okay, quels sont tes conseils ? »

Elle sourit d'une oreille à l'autre avant de lui faire un clin d'œil.

« Tu vas commencer par t'excuser. Elle s'en veut sûrement aussi. Et vous allez parler. Je m'occupe du reste ! »


[1]: Jeu de mot, potty peut signifier être idiot, être féru de, et le pot des enfants. L'insulte de Draco, en plus d'être dépréciative avec l'image du pot, implique surtout que Harry est un idiot qui adore l'emmerder mais c'est un saint donc on ne l'accuse jamais. Sous-jacent, figure le clin d'oeil que Harry adore aussi se fourrer dans les problèmes, vu son complexe du sauveur.

[2]: Yep, en français.