Disclaimer : Pas à moi.

Rating : Yep, du Teen.

Note de l'Auteure : Si je garde le contrôle de mes personnages, cette fic tournera aux alentours de 13 à 15 chapitres. Viendront peut-être s'y greffer un ou deux OS sur Sirius, Narcissa, Remus et Andromeda, qui éclaireront des choses qui ne seront sans doute pas évoquées dans cette fic, mais que je connais néanmoins. ;)

Note importante : On organise un fest d'écriture sur HP - la date limite est le 16 août et il reste des propositions d'écriture. Et même sans participer, si vous souhaitez échanger sur fics et fanarts, parler écriture, ou juste papoter : on a un discord très sympa ! Toutes les infos sont sur mon profil - et si ça ne marche pas, je suis dispo par MP, alors n'hésitez vraiment pas ! ;)

Et merci pour les reviews, ajouts aux favoris, et follows !

Bonne lecture !


Yemeigui

« Je te souhaite le monde. »

Il la fixa de son regard perçant, ses grands yeux brillant.

« Tu mérites le monde. Tu mérites tout l'amour du monde. Et je ne dis pas ça juste comme ça. »

Il posa ses mains sur les siennes.

« Et moi, je ferai n'importe quoi, pour toi. »


- Chapitre V -


Avec un petit sourire, elle attrapa le parchemin tendu et flatta de la main le hibou, grand et majestueux, qui la regardait de haut. Comme son maître aurait pu le faire.

Elle pouffa légèrement en l'imaginant sous les traits d'un rapace, bombant le torse sous ses plumes, le bec en l'air et l'air aussi vain que possible, avant d'ouvrir la missive.

Granger,

Es-tu invitée à la réception du 7 ? Tout Londres me semble invité, mais qu'en est-il de toi qui vit à moitié en France ? J'attends la confirmation de ta présence avant de me laisser kidnapper par ma mère.

Dis-moi vite !

Draco

Hermione jeta un œil sur son calendrier. Il parlait donc des fiançailles de Neville et de Ginny, qui semblait être un évènement très attendu par la communauté sorcière, tant les deux familles étaient importantes. Il tombait donc sous le sens que les invitations avaient été envoyées par liasse – et de par les connexions de leur famille, elle était même une demoiselle d'honneur !

Étouffant un petit rire, elle attrapa sa plus belle plume pour lui répondre.

Même s'ils avaient eu du mal à s'entendre au départ, ils étaient désormais bel et bien amis... Peut-être même un peu plus, vu les quelques baisers qu'ils avaient échangés, sans néanmoins trouver le temps de poser un terme sur leur relation. Une chose était certaine : elle avait hâte de le revoir.


« Hermione ? »

Elle se tourna vers la jeune rousse qui l'observait, sourire en coin.

« Qui cherches-tu du regard de la sorte ? Ce n'est pas mon frère, il est de l'autre côté avec Neville. »

Se sentant rougir, Hermione tenta de garder contenance. Elle avait été élevée par Sirius Black, que diable !

« Une connaissance qui m'a confirmé sa présence. »

Ginny haussa un sourcil, railleuse.

« Un anglais ? »

Hochant la tête, la brune se pesa ses mots avant de répondre.

« En effet, je l'ai rencontré au mariage de Tonks. »

Cela détourna en effet l'attention de Ginny.

« Oh, j'ai raté cela ! On était trop occupés avec la naissance de Victoire, je dois dire... Comment ça s'est passé ? Et comment allait Tonks, surtout ?

- C'était génial ! Elle convole toujours, mais elle a promis d'organiser un diner de retrouvailles dès son retour !

- Et au cas où je le rate aujourd'hui, ton anglais y sera aussi ? »

Au temps pour elle, Hermione soupira, agacée contre elle-même. Car il était à peu près certain que cela faisait parti du plan machiavélique de sa meilleure amie. Et si Ginny Weasley se liguait avec Tonks, elle avait très peu de chance d'échapper à leurs manigances.

Mais elle imaginait que ce n'était que dans son intérêt ; si Tonks n'avait pas pris le temps de les obliger à se confronter avant de s'échapper en portoloin avec son époux, ni Draco ni elle n'auraient osé s'excuser, trop gênés pour se faire face. Et heureusement qu'ils avaient pris ce temps, avant de se faire happer par les divers invités : ils avaient à peine eu le temps de se saluer le lendemain, alors que Narcissa les rapatriait en Angleterre.

Elle allait répondre quand elle aperçut une chevelure blonde. Son cœur manquant un battement, elle se morigéna : ce n'était même pas la bonne teinte ! Elle secoua sa tête : il n'y avait eu aucune promesse entre Malefoy et elle, juste un long baiser, une claque, et de piètres excuses. Elle savait bien que cela n'engageait à rien ! Mais son regard, alors que sa mère l'entraînait, perçant et intense, l'avait transpercé de toutes parts et elle espérait bien qu'elle n'avait pas été qu'une énième idiote avec laquelle il s'amusait.

Ce qui ne semblait pas être le cas, puisque ses lettres ne s'étaient pas taries pendant la petite semaine qui avait précédé les fiançailles du couple Weasley-Londubat. Des lettres courtes, cinglantes, certainement pas charmantes mais qui en disaient long sur son envie de la revoir et de mettre des mots sur leur relation. Prendrait-il ce temps, cette peine, s'il n'était pas un minimum sérieux ? Avait-elle envie qu'il soit intéressé par elle ? C'était après tout le cousin de Tonks, donc de la famille de son oncle, et celui-ci ne portait pas sa famille dans son cœur...

« ...et tu ne m'écoutes clairement pas. »

Posant des yeux innocents sur la rouquine, Hermione lui sourit.

« Si, je pense même que tu as raison ! »

Ginny lui tira la langue :

« Tu veux donc bien être la prochaine fiancée ? »

Riant, Hermione lui adressa son plus beau sourire.

« Je te laisse en discuter avec Oncle Sirius ! Il ne tient pas à ce que j'ai un copain avant mes trente-huit ans, je crois. »

Grimaçant, la jeune femme hocha la tête d'un air entendu :

« Et ça, c'est sans compter Harry ! Ma pauvre, tu vas devoir t'enfuir le jour où tu tomberas amoureuse... Enfin, je serai là si tu as besoin d'aide, sache-le ! »

S'esclaffant encore, Hermione ouvrit la bouche pour répondre quand une nouvelle tête blonde attira son regard. Elle fronça les sourcils : ce n'était pas les bons traits sous la blondeur évidente du nouveau venu. Le nez était différent, la douceur habituelle absente également. Et pourtant la ressemblance était bien là, nette et évidente.

« C'est Lucius Malefoy », murmura la voix de Ginny dans son oreille, « Papa travaille avec lui donc il l'a invité par politesse, comme la centaine d'autres personnes qui sont présentes et que je ne connais pas, mais qui sont venues pour se rencontrer entre elles plutôt que pour nous présenter leurs vœux. »

Hermione lui adressa un sourire contraint. Les mœurs sorcières étaient bien ainsi. Elle se doutait que son amie aurait préféré un petit mariage entre amis et collègues, plutôt que la grande affaire qui se déroulait à moitié contre son gré, et qui n'était que la première étape d'un long parcours de croix.

« C'est ça, d'être la seule fille d'une noble et éminente famille, ma Ginny...

- Pff, Sirius aurait pu m'adopter aussi, pour le coup.

- Tu n'aurais pas eu le droit de sortir avec Neville, alors.

- Ce qu'il ne sait pas ne peut pas le blesser... »

Son sourire carnassier fit pouffer Hermione.

« Oncle Sirius, ne pas savoir quelque chose ? Je crois qu'il connaissait chaque frasque de Harry avant même que l'idée n'effleure mon frère !

- On parle de moi ? »

Elles sursautèrent et se tournèrent vers le brun dont les yeux verts scintillaient d'espièglerie.

« Harry ! »

Au vu de la teinte rouge que prenaient les oreilles de Ginny, il semblait évident qu'elle n'était pas complètement remise de son béguin pour Harry. Même si Harry, égal à lui-même, n'avait jamais rien ni vu, ni compris – petite sœur de son meilleur ami elle était, petite sœur elle resterait, au même titre que Hermione. Et ce, même si la réciproque n'était pas vraie, puisque Ron, avait lui tenté de draguer Hermione l'unique fois où elle avait lissé ses cheveux. Les garçons, quels débiles !

« On parle de comment Oncle Sirius t'a encouragé à faire les quatre cents coups à Poudlard !

- En effet, je n'avais pas la pression pour les notes ou le Quidditch, mais bien pour les bêtises ! Heureusement que tu étais à Beauxbâtons, sœurette ! »

Ce fut au tour de Hermione de faire preuve de maturité et de tirer la langue, dans un éclat de rire général.

« Je suis venu vous dire qu'on commence dans cinq minutes, Augusta va venir te conduire, et votre serviteur apportera avec soin les bagues », dit-il en se désignant du pouce.


Elle venait de danser avec Neville quand une main aux longs doigts effleura son épaule avant de présenter une paume tendue vers elle.

« Granger. »

Elle tressaillit, une colonie de papillons s'élevant dans son bas-ventre. Il était donc là, il était bien là !

« M'accordes-tu cette danse ? »

D'abord durant la cérémonie, puis pendant le discours, elle s'était retenue de le chercher, sachant pertinemment que le regard aiguisé de Ginny pesait sur elle. Et maintenant, et bien maintenant, elle allait lui donner de quoi bavarder pendant trois siècles !

Hermione hocha de la tête, la gorge brusquement sèche :

« Avec joie. »

Draco lui accorda un sourire satisfait, avant de l'entraîner à nouveau vers la piste de danse, ne semblant pas le moins du monde impacté par sa présence, contrairement à elle. Il posa une main sur sa taille, l'autre sur son épaule, les calquant avec facilité sur le rythme lent de la musique. Ses yeux cobalt ne la quittaient pas, intense et pénétrant, semblables au dernier regard qu'ils avaient échangé il y a dix jours de cela.

« Je vois que tu as réussi à faire quelque chose de tes cheveux », finit-il par murmurer.

Hermione, virevoltant dans ses bras, répondit sur le même ton.

« Et je vois que tu as oublié que je n'ai pas peur de t'en coller une. »

Il rit de bon cœur, et elle sentit ses lèvres s'étirer aussi, la tension dans ses épaules retombant enfin.

« En effet. Et je vois que je me suis inquiété pour rien de ton absence, tu es une demoiselle d'honneur... A ma décharge, j'avais oublié que le meilleur ami de Potter est Weasley.

- Et j'ai cru comprendre que la réciproque est vraie : Harry ne te porte pas dans son cœur non plus.

- Et tu te demandes bien pourquoi, j'imagine ? »

Hermione secoua la tête, le gratifiant d'un petit rire à son tour. Il était bien enfant unique, lui ! Il avait suffi d'un mot pour que Harry se lance dans une diatribe enflammée, appuyé par les remarques de Ron et les commentaires de Neville. Quant au reste...

« Mon frère et moi n'avons pas de secrets l'un pour l'autre, Draco. »

Il la fixa longuement, comme étonné qu'elle utilise son prénom, avant de sourire d'un air sardonique.

« Qu'attends-tu de moi, Granger, que je rencontre ton frère ?

- Précisément. »

Le cœur tambourinant, Hermione le regarda avec insistance. Elle se perdait dans ses orbes qui brûlaient sa rétine, limpides, orageuses... Il fallait pourtant qu'elle explicite ses propos avant de perdre pied, de se noyer totalement face à lui, son regard de braise, le parfum de sa peau, et le poids de ses mains sur elle.

« Pas aujourd'hui, pas demain. Mais il faudra bien si tu tiens à t'afficher en public avec moi. »

Voilà, c'était dit. Voilà, c'était dit. Car quelle idée de la faire valser devant tout Londres réuni qui les observaient ? Que sa famille et leurs amis étaient aux premières loges de ces fiançailles ? Que sa famille et son entourage à lui était tout aussi présent ?

« Tu me demandes si je te courtise, Granger ?

- Il fallait rester dans le placard à balai si tu ne voulais pas me répondre. »

Draco eut une moue railleuse.

« Si tu en trouves un ici, je te répondrai adéquatement dans un placard à balai. »

Hermione roula des yeux si fort qu'elle crut perdre la vue. Au moins, c'était on ne peut plus clair. Quelle idiote d'avoir espéré autre chose. Mais au moins, il ne le savait pas qu'elle avait caressé un fol espoir ; personne n'en saurait rien, elle inventerait une histoire pour Ginny, et...

Le jeune homme enfouit le nez dans ses cheveux, la serrant légèrement contre lui, lui faisant perdre le fil de ses pensées.

« Car la réponse est oui. »


« Depuis quand tu connais Malefoy ? »

Harry la regardait lèvres pincées. Draco lui avait faussé compagnie, en déposant un léger baisemain sur ses doigts, la faisant rougir comme la jeune ingénue qu'elle était, hélas, à son grand dam. Fichu Oncle Sirius.

« Depuis le mariage de Tonks, c'est son cousin. »

Son frère se racla la gorge tandis que Ron, son meilleur ami, arborait un air suspicieux.

« Mais... Il sait que tu es la sœur de Harry ? »

Ron, qui avait toujours le mot pour rire, qui avait l'air véhément en toutes circonstances, et qui la battait à plates coutures aux échecs depuis leur douze ans, la fixait du même regard qu'il avait eu il y a quelques années à Noël, quand, ivre mort, il avait cru comprendre brusquement qu'elle était une fille, et non pas un épouvantard empaillé.

« Oui, comment ne le saurait-il pas ? »

Se frottant le nez, Harry soupira :

« Et tu veux donc que je le rencontre en bonne et due forme ? »

Hermione haussa les épaules, tâchant de contenir sa gêne. Merlin, devait-elle vraiment impliquer son frère de la sorte ?

« A vrai dire, non. Mais puisque ce sont là les règles de bienséance de cette société rétrograde... »

Ginny eut un petit rire :

« On est d'accord, il faut vraiment changer les choses, hein.

- Tu dis ça mais Maman a invité même les parents de tes copains Nés-moldus !

- Encore heureux, c'est mon mariage au cas-où vous l'oubliez, Ron ! Pas le lieu de retrouvailles de tous les Sang-purs du pays ! »

Les ignorant tandis que les Weasley se chamaillaient comme à leur habitude, Harry passa son bras autour des épaules de Hermione, une ride soucieuse barrant son front.

« Tu organises ça dans un lieu neutre, et je viendrai. Mais attention, un pas de travers et c'est à ma baguette qu'il aura affaire !

- Je savais que tu étais le meilleur des frères !

- Je suis ton seul frère, Hermione. »

Face à son air grave, de circonstance comme à chaque fois qu'il était mention de leurs liens familiaux, Hermione s'adoucit, le regardant avec reconnaissance. Que serait-elle devenue sans Harry et son soutien indéfectible ? Ils avaient été là l'un pour l'autre à chaque étape de leur vie, et ils le seraient toujours.

« Tu es quand même le meilleur des frères », dit-elle avec toute l'affection qu'elle lui portait.

Il posa un tendre baiser sur son front, aussi fraternel que s'ils partageaient le même sang. Mais ils partageaient plus, bien plus... Car que seraient-ils devenus tous deux, les deux bébés orphelins, sans leur Oncle Sirius pour les recueillir à la mort de leurs parents ?

Harry la regarda pensivement, sans se départir de son expression songeuse.

« Et on ne sera pas trop de deux pour convaincre Oncle Sirius. »