Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !
J'observai sa main tendue pendant quelques secondes, cherchant désespérément un moyen de m'enfuir. Quand son sourire tomba légèrement, je la lui serrai rapidement.
- Bella.
Son sourire devint encore plus grand qu'avant. Pourquoi avais-je récupéré son ballon ?
- Juste Bella ?
- Juste Bella.
Il ne releva pas, et ses yeux glissèrent, appréciateur, sur le haut de mon corps qui n'était pas dans l'eau. Je faillis avoir la nausée. Bon sang, j'étais la reine pour me mettre dans des pétrins pareils !
- Bon et bien je vais... commençai-je en montrant la plage de mon pouce en commençant à reculer.
- Tu viens d'où ? me coupa-t-il, son sourire idiot sur le visage.
Je me stoppai avant de soupirer.
- Je... San Francisco, répondis-je avec agacement.
Il écarquilla les yeux.
- Sérieux ? Mes parents habitent là-bas ! Ca serait cool qu'on se voit à l'occasion !
J'avalai ma salive de travers.
- Je... euh... pourquoi pas, dis-je avant de m'insulter quand je vis son sourire dégoûtant s'agrandir d'un air satisfait.
Je ne connaissais pas ce Mike Newton mais tout son être m'énervait prodigieusement.
- Bella ?
Mon cœur sursauta en reconnaissant cette voix.
Je me tournai vers Edward qui venait vers nous, en me disant que je n'avais jamais été aussi heureuse de le voir.
Mike avait absolument tout à lui envier.
Quand il se posta à mes côtés, il passa son bras autour de mes épaules, avant de se tourner vers Mike qu'il toisa de haut. Je manquai d'éclater de rire devant la mine déconfite de celui-ci.
- Tu nous présentes ? demanda-t-il doucement, sans quitter Mike des yeux.
- Euh... Edward, voici Mike... Mike c'est Edward... mon... mon fiancé, lâchai-je, avant de lancer un regard à Edward qui souriait grandement.
Ce dernier tendis la main à Mike et il me sembla qu'il la serra un peu plus fort qu'à la normale.
- Oh... euh, salut, bredouilla Mike en rougissant.
Il y eu un silence tendu pendant lequel Edward me regarda. Malgré moi, mon cœur s'affola. Je mêlai mes doigts doucement aux siens, pas loin de mon épaule.
- Alors, vous êtes fiancés ? demanda Mike que j'avais presque oublié.
- Oui, on se marie dans un mois, inventai-je.
Mike fixa son regard sur ma main gauche.
- Où est la bague ?
Ce mec était insupportablement perspicace.
- En sécurité. Les diamants n'aiment pas l'eau de mer, dit Edward avant de rire légèrement.
- OK.. ben c'est cool... bafouilla Mike avant de regarder derrière lui. Oh, ben on m'appelle, souffla-t-il en reculant alors que personne ne semblait lui prêter attention. Salut ! lâcha-t-il précipitamment, ne nous laissant pas le temps de répondre.
Il slaloma entre les gens qui se baignaient avant de disparaître. On échangea un regard avec Edward avant de rire.
- Je ne te remercierai jamais assez de m'avoir sauvée, soufflai-je quand on se calma.
- Ce mec avait l'air... pénible, siffla-t-il en me lâchant.
Je regrettai déjà sa peau contre la mienne.
- Je pense que si tu n'étais pas intervenu, il serait en train d'essayer de m'embrasser.
Je tressaillis de dégoût et le regard d'Edward s'assombrit légèrement. Ses mâchoires se serrèrent à plusieurs reprises, comme s'il s'empêchait de dire quelque chose. Je l'étudiai quelques secondes. Ses yeux étaient différents de quelques minutes auparavant. Plus sombres et tellement plus intenses.
- J'aurai peut-être dû le frapper, lâcha-t-il au bout d'un moment.
- Sois pas si macho, rigolai-je pour cacher le nœud dans ma poitrine.
Il leva les yeux au ciel avant qu'un sourire se dessine sur ses lèvres, éclairant immédiatement son visage.
- Comme ça, on se marie dans un mois ?
- Oh euh je... ouais. C'est tout ce que j'ai trouvé, avouai-je, le faisant rire.
Il continua à me fixer tout en reculant pour s'enfoncer un peu plus dans l'eau. Je tournai le dos à la plage pour pouvoir le regarder reculer encore quand il me dépassa. Son regard ne lâcha pas le mien tandis que j'avançai au même rythme que ses pas pour s'éloigner.
- J'ai plus pied, le prévins-je en m'arrêtant d'avancer vers lui.
A cette profondeur, nous étions légèrement en retrait des autres. A le regarder, j'eus l'impression que l'on était seuls au monde. Je m'appuyai d'un pied à l'autre quand il revint vers moi, ne sachant brutalement plus où regarder.
- J'avais oublié que tu étais naine, se moqua-t-il.
Je lui balançai de l'eau au visage, seule défense que je trouvai.
- Je ne suis pas naine, rétorquai-je. Alice l'est, pas moi.
Il éclata de rire avant de me tourner le dos.
- Grimpe, proposa-t-il.
Je secouai la tête vivement en reculant d'un pas.
- Je vais t'écraser, murmurai-je.
C'était la seule excuse que j'avais trouvée pour ne pas être proche de lui comme ça. Il était à peine à un mètre que j'avais déjà du mal à me concentrer et à respirer. Collée à lui, j'étais définitivement perdue.
Il soupira avant de prendre ma cuisse sous l'eau pour m'approcher de lui, il l'enroula autour de sa taille et mes mains attrapèrent ses épaules carrées pour ne pas tomber. Ma poitrine se colla contre son dos dans le mouvement, coupant ma respiration.
Au bout de quelques secondes, quand j'eus noué mes jambes autour de lui, il avança dans l'eau en marchant lentement.
Pendant plusieurs minutes, aucun mot de ne furent échangés.
J'étais trop obnubilée par sa peau sous mes doigts et contre moi, et par les frissons qui remontaient lentement le long de ma colonne vertébrale à chacun de ses mouvements.
Au bout de quelques mètres, il n'eut plus pied non plus, et je m'accrochai un peu plus à lui.
- Tu as si peu confiance en moi ? rigola-t-il quand j'enroulai mes bras autour de son cou et posai mon menton sur son épaule.
- Pas quand on peut se noyer, murmurai-je, le faisant rire à nouveau.
Sa peau avait une odeur indescriptible.
J'avais l'impression que mon cerveau était embué par elle, et que mon cœur s'accélérait à chaque fois que je respirais. Je suivis des yeux le dessin de sa mâchoire, sentant mon ventre se réchauffer.
Mes mains tombèrent contre son torse que je caressai du bout des doigts, me sentant trembler.
Je vis sa mâchoire se contracter légèrement mais il ne dit rien, se contentant de nager.
Sa peau avait une texture incroyable. Je me penchai un peu plus en avant et posai doucement mes lèvres sur son épaule, comme hypnotisée. Il sursauta légèrement alors que je me reculai.
- Cherches-tu à me distraire ? chuchota-t-il d'une voix légèrement tendue.
Une nouvelle fois, je me sentis rougir. Je fus heureuse qu'il ne puisse pas me voir.
- Non, répondis-je avant d'embrasser légèrement sa peau du bout des lèvres.
- Bella, grogna-t-il d'une voix rauque qui m'électrifia toute entière.
A demi consciente de mes gestes, j'embrassai sa peau à nouveau. Le bout de ma langue alla la goûter quand il tourna la tête légèrement vers moi pour me voir du coin de l'œil. Son souffle était court, et mon cœur résonnait dans mes tempes.
- Si tu as envie qu'on se noie parce que je n'arriverai plus à me concentrer, continue, je t'en prie, murmura-t-il.
Je reculai sagement, prenant conscience d'avoir franchit moi-même les limites que je lui avait imposées. Il fit demi-tour, puis nagea jusqu'à ce qu'il ait à nouveau pied, mais pas moi.
Quand il fut debout sur ses pieds, il arrêta d'avancer. D'un bras, et avec une facilité déconcertante, il me fit passer devant lui.
- Edward, qu'est-ce que tu fais ? m'affolai-je.
Quand nous fûmes face à face, ma respiration s'accéléra brutalement, se répercutant sur son visage, soudain tout près du mien. Mes jambes s'enroulèrent autour de sa taille.
Il noua ses bras sous mes cuisses pour me maintenir contre lui et dans cette position, je le dépassais de quelques centimètres. Mon ventre se noua quand mes yeux fouillèrent les siens.
Son regard se promena longtemps sur tout mon visage avant de se poser sur mes lèvres. Je crus que mon cœur allait sortir de ma cage thoracique quand il s'approcha un peu plus.
Je me penchai à mon tour, et posai mon front contre le sien doucement. Cette nouvelle proximité fut grisante comme jamais et ses yeux remontèrent vers les miens, verrouillant nos regards, me coupant le souffle.
Il avait l'air tellement torturé.
Une de ses mains, qui me retenaient contre lui, quitta mes cuisses pour remonter jusqu'à ma joue. Il dégagea les cheveux qui étaient sur mon visage avant de caresser ma mâchoire du bout des doigts. Ses doigts tracèrent un chemin enflammé de ma mâchoire à ma joue avant d'effleurer ma lèvre inférieure.
Je tremblai contre lui quand la pulpe de son pouce passa sur ma bouche. Il était impossible qu'il ne le sente pas. Mes lèvres s'entre-ouvrirent pour inspirer de l'air, et mon souffle brûlant caressa sa peau.
Quand ses yeux, fixés sur ma bouche pendant tout ce temps, retrouvèrent les miens et j'en oubliai mon prénom. Ils étaient tellement sombres, tellement incandescents… J'eus l'impression que j'allais m'enflammer toute entière.
- T'es tellement belle, murmura-t-il tout bas, son pouce ne quittant pas ma bouche.
Hypnotisée par ses mots, je me sentis rougir avant d'avancer un peu plus vers lui.
Je ne voulais plus lutter contre tout ce qui m'attirait chez lui, et tout en lui m'attirait terriblement. Son nez frôla le mien quand je le sentis se figer. Il se recula pour me regarder, semblant prendre brusquement conscience de ce qu'il se passait.
- Je... Bella, on devrait remonter, dit-il doucement.
Je repris mes esprits difficilement quand je le sentis reprendre sa marche dans l'eau.
Quand il fut sûr que j'avais à nouveau pied, il me relâcha. Je lui tournai le dos pour m'éloigner rapidement de lui. Je voulais partir. Je devais partir; quand j'étais près de lui, tout devenait trop dangereux, trop douloureux.
- Bella... souffla-t-il en me retenant par la main et, furieuse, je lui fis face. Sois pas comme ça, supplia-t-il quand je tirai ma main pour la récupérer.
- Comme quoi ? m'écriai-je. Réfléchis avant de faire les choses Edward !
Son regard se voila alors qu'une colère sourde inondait ses yeux.
- Je croyais qu'on était d'accord ! claqua-t-il avec force.
- Je le croyais aussi mais je… apparemment certaines choses nous échappent !
Il serra les dents devant l'honnêteté dont je faisais preuve face à lui. A croire que sa proximité enlevait tout mes filtres.
- Rien ne m'échappe, contra-t-il durement.
Je fermai les yeux pour ne plus les sentir me brûler.
- Ça ne nous mènera nul part, continua-t-il lorsque j'ouvris les paupières à nouveau.
Ses yeux étaient vifs, sombres, et leur froideur fit trembler mes lèvres.
- Très bien, soufflai-je en partant, refusant d'en entendre d'avantage.
Cette fois, il ne me retint pas et je remontai la plage, furieuse.
- Où est Edward ? demanda Rose en regardant derrière moi.
Je levai les yeux au ciel en me laissant tomber sur ma serviette.
- Mort, marmonnai-je, la tête dans mes bras.
- Comprends rien, répliqua Rosalie avant que je ne me redresse légèrement.
- Il est resté se baigner.
- Hum.
Je lui jetai un coup d'œil avant de me rallonger, la tête dans les bras. Je ne vis pas Edward s'allonger à côté de moi, mais mon corps tout entier le sentit et se crispa.
Quelques minutes passèrent. Je ne bougeais plus, tous mes muscles semblaient être anesthésiés.
- Je suis désolé, chuchota-t-il doucement alors que je fermais les yeux un peu plus fort.
Je fis la morte, incapable de l'affronter. Il se tut un moment avant que je ne le sente se rapprocher. Malgré ma colère, mon cœur s'emballa. Son épaule toucha la mienne et je frissonnai lourdement.
- Bella... je m'excuse, dit-il tout bas. Notre... amitié est importante pour moi, j'ai pas envie de gâcher ça.
Je levai un bras pour le regarder et tombai sur ses émeraudes qui me scrutaient avec attention.
- Je te déteste, lâchai-je d'une voix légèrement rauque.
Un sourire se dessina sur ses lèvres.
- Je sais, j'suis désolé.
- T'es qu'un idiot, continuai-je en passant mon bras sous ma tête sans le quitter des yeux.
- Je sais.
Je lui tapai le bras, le faisant rire devant ma force de mouche. Sa main prit la mienne et, lentement, il noua nos doigts ensemble. Je rougis en regardant ses yeux observer nos mains liées.
Je fini par fermer les paupières avant de rencontrer son regard et me détendis enfin.
En deux heures à peine, le temps passa d'un soleil radieux à de gros nuages sombres. Le vent se leva et les gens désertèrent la plage.
Quand j'ouvris les yeux à nouveau, nous étions presque les seuls encore sur la plage. Je me rendis compte que je m'étais endormie. Je levai les yeux et le visage d'Edward endormi contre moi me fit sourire doucement. Il était tellement beau avec les traits apaisés. Sa main n'avait pas quittée la mienne et je serrai un peu ses doigts.
Je tournai la tête pour voir les autres et vis Rosalie se lever. Elle croisa mon regard, puis rigola.
- Tu verrais ta tête !
- Je t'emmerde, soufflai-je la voix cassée, la faisant rire encore plus.
- Debout les marmottes ! cria Alice en ramassant ses affaires.
Edward, à côté de moi, grogna avant de bouger et de me ramener contre lui. Il plongea son visage dans mon cou en grognant et malgré mes frissons, je rigolai contre lui en essayant de me dégager.
- Faut se lever avant qu'Emmett ne nous tombe dessus, murmurai-je doucement, le visage dans son cou.
- J'emmerde Emmett, gronda-t-il.
- Debout beau brun, m'amusai-je en passant une main entre nous pour le repousser.
Il me serra un peu plus fort et je jurai.
- Edward, lâche-moi, Emmett va nous tuer si on ne bouge pas de suite !
Son souffle chaud chatouilla mon cou et il embrassa le creux de ma gorge doucement.
Mon sang se figea dans mes veines avant de partir à toute vitesse aux quatre coins de mon corps. J'étouffai un gémissement quand il recommença, laissant ses lèvres traîner un peu plus longtemps sur ma peau sensible.
- T'as peau est sucrée, chuchota-t-il contre mon cou.
Je me tortillai pour lui échapper, sentant mon self-control disparaitre.
- Serais-tu en plein délire ? soupirai-je en me redressant quand il me lâcha enfin.
Il me regarda à travers ses cils.
- Un putain de délire alors.
Je rougis avant d'enfiler ma robe, décidant de me taire.
Un éclair déchira le ciel, Alice sursauta en criant. Emmett se moqua d'elle pendant que je secouais ma serviette.
Edward se leva à son tour et s'habilla sans un mot.
On regagna la voiture en silence et, à peine quelques minutes après avoir quitté la place de parking où nous étions garés, une averse terrible nous tomba dessus.
- Eh bien, je suis content d'être parti de cette plage, soupira Emmett en se penchant pour regarder le ciel.
- Le temps a changé si rapidement, commenta Rose avant de lui prendre la main et de mêler leurs doigts.
Ils échangèrent un sourire, je sentis mon ventre se nouer. Je jetai un coup d'œil à Edward qui semblait être perdu là ses pensées l'emmenaient, loin de nous. Son front contre la vitre, il regardait le paysage de la ville défiler sans donner l'impression qu'il la voyait vraiment. Je reportai mon attention sur les immeubles qui s'étendaient au-delà ma fenêtre, avant de soupirer lentement.
Edward avait raison, notre amitié était importante, on se devait de ne pas la gâcher. Mais malgré tout ce que je savais que nous avions à perdre, je ne pouvais m'empêcher de penser à nous différemment. Emmett alluma la radio. Je reconnus les premiers accords de When you love someone, de Bryan Adams. Je levai presque les yeux au ciel en remontant mes jambes contre ma poitrine. Pourquoi fallait-il que ce genre de chanson passe quand je pensais à Edward ainsi ?
When you love someone - you'll do anything
(Quand tu aimes quelqu'un – tu ferais n'importe quoi)
You'll do all the crazy things that you can't explain
(Tu ferais toutes les choses folles que tu ne peux pas expliquer)
Je serrai les dents. Étais je amoureuse d'Edward ? L'aimais-je réellement ? J'étais prête à faire n'importe quoi pour lui, bien sûr que oui. Des choses impensables, s'il me les demandait. Mais cela voulait-il dire que j'étais amoureuse de lui ?
When you love someone - you'll feel it deep inside
(Quand tu aimes quelqu'un – tu le sentiras profondément à l'intérieur)
And nothin else can ever change your mind
(Et rien d'autre ne pourra jamais changer ce que tu ressens)
Je jetai un coup d'œil discret à Edward appuyé contre la vitre. Mon cœur papillonna doucement et mon corps entier se réchauffa. Ma vie semblait me faire moins mal quand mon regard se posait sur lui. Ma vie tout entière semblait prendre enfin un sens. Était-il ce que j'avais toujours chercher au fond de moi-même ?
When you want someone - when you need someone
(Quand tu veux quelqu'un – quand tu as besoin de quelqu'un)
When you love someone...
(Quand tu aimes quelqu'un…)
Je frissonnai en prenant conscience que tout ce que j'avais toujours voulu, tout ce dont j'avais toujours eu besoin, se trouvait juste sous mes yeux.
C'était lui.
C'était une évidence.
Je reportai mon attention sur la pluie qui battait contre la vitre, en me mordant les joues. Notre amitié était importante pour lui, il l'avait dit, l'avait pensé. Autre chose n'était donc pas envisageable ? Son attitude avec moi était tellement étrange par moment… Ce midi même, dans la cuisine, il y avait eu ses baisers sur ma peau, et il y avait à peine quelques heures, quand nous nous étions retrouvés dans l'eau, l'un contre l'autre… son regard, ses réactions… Que voulait-il ? Le savait-il au moins ? Il avait dit que rien ne lui échappait… si c'était vrai, il était le seul dans ce cas-là.
When you love someone - you'll sacrifice
(Quand tu aimes quelqu'un – tu te sacrifierais)
You'd give it everything you got and you won't think twice
(Tu lui donnerais tout ce que tu as et tu n'y réfléchirais pas à deux fois)
You'd risk it all - no matter what may come
(Tu risquerais tout – peu importe ce qui pourrait arriver)
Je fermai les yeux pendant que la chanson se terminait avec la sensation que mes sentiments envers lui devenaient plus dévorants à chaque seconde maintenant que je les laissai entrer en cessant de les ignorer.
Quand on arriva à la villa, je montai dans ma chambre après être allée mettre les serviettes de plage à sécher dans la buanderie avec Alice.
Elle me parla de la nouvelle collection qu'elle allait créer mais j'eus du mal à me concentrer sur ce qu'elle disait.
Je prétextai avoir mal à la tête pour pouvoir rejoindre ma chambre sans qu'on ne me pose de questions. Je passai prendre ma douche rapidement avant de regagner ma chambre et m'allongeai sur mon lit en serrant mon oreiller contre moi.
Je restai longtemps allongée sur le flanc sans jamais réussir à m'endormir.
Mon esprit était bien trop préoccupé par Edward et par mes sentiments envers lui.
La sensation était étrange. Au fond de moi, j'avais toujours su que j'étais restée amoureuse de lui sans jamais vouloir l'assumer.
Et aujourd'hui, c'était comme si j'arrivais enfin à l'admettre et c'était comme me prendre une gifle monumentale.
Quand le réveil sur la table de nuit annonça dix-huit heure trente, je me relevai doucement de mon lit avant de me traîner jusqu'à la porte.
Lorsque je l'ouvris, mon oreille entendit une douce mélodie au piano et, immédiatement, mon cœur s'emballa.
Je savais exactement qui jouait. Mon cœur, mon corps tout entier l'avait reconnu. Ça ne pouvait être que lui.
Doucement, j'avançai là où la musique m'attirait et je me retrouvai devant cette porte que j'avais tant aimé passer autrefois. Alice et moi passions des heures à l'écouter jouer, assises sur le canapé de la petite salle de musique que Carlisle avait fait installer quand Edward avait commencé à jouer du piano à l'âge de 6 ans.
Je soupirai avant de tourner la poignée.
Sans le regarder, j'entrai et fermai la porte discrètement derrière moi pour qu'il ne s'arrête pas de jouer.
Quand mes yeux tombèrent sur lui, mon corps se réchauffa et des papillons prirent naissance dans mon ventre.
Sa concentration quand il jouait était tellement extrême… Tout autour de lui disparaissait et la Terre pouvait s'écrouler qu'il ne s'en rendrait même pas compte.
Il était tellement beau, ainsi assis sur le banc de son piano à queue, légèrement penché en avant, les sourcils froncés de concentration, un léger sourire au coin des lèvres, et ses longs doigts fascinants qui semblaient caresser chaque touche avec délicatesse.
Après quelques secondes, son visage se tourna vers moi. Je me demandai s'il m'avait entendue entrer ou s'il avait juste sentit ma présence dans la pièce. Un sourire se dessina sur son visage, mon cœur loupa un battement.
Je m'avançai lentement vers lui, presque ralentie par son regard qui ne me quittait pas pendant que ses doigts continuaient de virevolter sur le piano. Il se décala légèrement quand j'arrivai à sa hauteur, me laissant m'asseoir sur le banc à côté de lui.
Son regard me quitta pour fixer ses doigts devant lui et, doucement, la musique changea. Je reconnus les premières notes de Song for you de Ray Charles et je regardai encore Edward, incapable de le quitter longtemps des yeux.
Mon regard croisa le sien, et un sourire étira ses lèvres à nouveau.
Cette chanson avait toute une signification. Avec Alice et lui, quand nous étions plus jeunes, nous avions passé tout un week-end à la répéter dans cette même pièce. Pour l'anniversaire de mariage de leurs parents, ils l'avaient chantée devant presque cent personnes. Esmée avait pleuré et je n'avais encore jamais vu Carlisle aussi ému. Ça avait été un très beau moment, vraiment émouvant.
La voix d'Edward s'éleva doucement dans la pièce et je le regardai, fascinée par sa voix plus rauque et plus éraillée qu'à l'époque.
I've been so many places in my life and time,
(Je suis allé dans tant d'endroits dans ma vie)
I've sung a lot of songs, I've made some bad rhyme,
(J'ai chanté beaucoup de chansons, j'ai fait des mauvaises rimes)
I've acted out my life in stages,
(j'ai vécu ma vie comme une pièce de théâtre)
With ten thousand people watching,
(regardée par dix mille personnes)
But we're alone now and I'm singin' this song for you
(Mais nous sommes seuls maintenant et je chante cette chanson pour toi)
Mon cœur se mit à battre frénétiquement dans ma poitrine pendant que ses doigts jouaient sur le piano.
I know your image of me is what I hope to be, baby
(Je sais que l'image que tu as de moi est celle que j'aimerais, bébé)
I've treated you unkindly but girl can't you see
(Je ne t'ai pas traitée gentiment mais bébé ne vois-tu pas)
There's no one more important to me
(qu'il n'y a personne de plus importante à mes yeux)
So darling can't you please see through me
(alors chérie s'il te plaît tu ne peux voir en moi)
'cause we're alone now and I'm singin' my song for you
(car nous sommes seuls maintenant et je chante ma chanson pour toi)
Ma gorge se noua quand son regard s'ancra dans le mien, avant que je ne baisse les yeux sur ses mains qui rendaient tout réel.
Ces paroles, sa voix, sa musique… Ces mots que j'avais entendus de sa bouche tant de fois pendant ce fameux week-end… Mais ce soir, ils n'avaient plus la même signification.
Ça n'était plus l'histoire de ses parents, ça n'était plus pour leur amour, pour leur anniversaire de mariage. C'était mon amour pour lui. Cet amour qui me faisait trembler depuis toujours.
You taught me precious secrets of the truth, withholdin' nothin'
(Tu m'as appris les précieux secrets de la vérité, sans rien cacher)
You came out in front and I was hiding
(Tu es venue vers moi et je me cachais)
But now I'm so much better so if my words don't come together
(mais maintenant je suis vraiment meilleur alors si mes paroles ne sonnent pas bien)
Listen to the melody cause my love's in there hiding
(Ecoute la mélodie parce-que mon amour se cache là)
Sa voix baissa légèrement, soudainement plus rauque et mes yeux me brûlèrent quand il poursuivit d'une voix tremblante, chuchotant presque les paroles terrifiantes et magnifiques à la fois.
I love you in a place where there's no space or time
(Je t'aime dans un lieu où il y a ni temps ni espace)
I love you for my life, 'cause you're a friend of mine
(Je t'aime pour la vie, parce-que tu es de mes amis)
And when my life is over, remember when we were together
(Et quand ma vie sera terminée, souviens-toi de quand on était ensemble)
We were alone and I was singin' my song for you...
(nous étions seuls et je chantais ma chanson pour toi...)
Une larme roula le long de ma joue quand je me mordis la langue pour ravaler le sanglot qui menaçait de sortir de ma bouche.
And when my life is over, remember when we were together
(Et quand ma vie sera terminée, souviens-toi de quand on était ensemble)
We were alone and I was singin' my song for you, yes
(nous étions seuls et je chantais ma chanson pour toi, oui)
We were alone and I was singin' this song for you, baby...
(nous étions seuls et je chantais cette chanson pour toi, bébé...)
Il chanta les dernières paroles dans un murmure et une deuxième larme roula sur ma joue, que j'essuyai d'un revers de main. Quand il me regarda à nouveau, il grimaça avant de passer un bras autour de moi, sa main serrant ma taille pour me rapprocher de lui.
- Je ne voulais pas te faire pleurer, murmura-t-il doucement en posant son front contre ma tempe.
- Cette chanson est... terrible, couinai-je difficilement en soufflant.
- Ma façon de chanter ou les paroles ? plaisanta-t-il en me serrant un peu plus.
Un rire m'échappa, malgré les larmes que je n'arrivais pas à calmer.
- Leur signification, murmurai-je après avoir inspiré deux fois.
Comme il ne répondait pas, je tournai la tête vers lui pour le voir. Son regard avait changé et j'eus du mal à comprendre ce qu'il signifiait... Il avait l'air troublé, ou torturé. Visiblement, tout n'était pas clair dans sa tête non plus.
Puis, je me rendis compte de notre proximité… son visage tout près du mien, à tel point que son nez touchait presque le mien, et son regard profond. Bien trop profond. Mon cœur bondit dans ma poitrine et je me reculai un peu, pour reprendre contenance.
Mes larmes ne s'arrêtèrent pas pour autant et il me tira vers lui avant de me faire asseoir en travers de ses genoux. Mon coeur, à nouveau, bondit dans ma poitrine. Il plaça ses mains sur le piano en passant ses bras de chaque côté de mon corps avant de commencer à jouer à nouveau quelque chose de plus joyeux. Je ris légèrement quand je reconnus le morceau.
- Chopin, valse en la mineur, souffla-t-il, un sourire au coin des lèvres.
- Ta mère m'a traumatisé à vouloir m'apprendre à danser sur cette chanson, souris-je en me rappelant nos cours de danse avec Alice.
Ça avait été une réelle catastrophe. Je n'avais plus jamais dansé depuis.
Ses doigts changèrent de rythme et la mélodie changea pendant que j'étudiai les traits de son visage parfait. Un sourire sur les lèvres, il me regarda brièvement, avant de reporter son attention sur ses doigts. J'effaçai le reste de mes larmes d'un revers de main.
- Beethoven, sonate n°5... en... do mineur ? récitai-je, le faisant rire.
- J'avais essayé de t'apprendre quelques notes, tu t'en souviens ? me demanda-t-il, ses doigts jouant doucement la mélodie, dont le rythme était plus rapide normalement.
- Je... je crois...
Il lâcha le piano pour prendre ma main et la positionner au-dessus des touches. Ses doigts glissèrent sur les miens, puis il appuya légèrement sur ma main. Une note raisonna. Je ne pouvais plus lâcher des yeux ses doigts, qui semblaient épouser les miens à la perfection.
- C'est un la, expliqua-t-il doucement sans me regarder.
Ses doigts glissèrent entre les miens et il joua une deuxième note.
- Ces deux notes là s'enchaînent, murmura-t-il alors que je me souvins brutalement de respirer. Encore et encore pendant quelques secondes...
Mon esprit pervers, mêlé à son odeur et à sa voix, transforma ses mots en image dans ma tête et il n'était plus question du tout de musique. Je me grattai la gorge en essayant de me concentrer sur ce qu'il disait.
- Ensuite, celle-ci, me dit-il en déplaçant nos mains pour appuyer sur une nouvelle touche. Plus grave, comme... un souffle, souffla-t-il.
Je regardai son visage avant de rougir.
Pourquoi parlait-il de souffle ? Mon ventre se noua quand je réalisai que j'étais encore sur ses genoux. Il fit repasser mes doigts sur les deux premières notes, puis à nouveau sur celle plus grave. Il lâcha ma main pour me laisser jouer toute seule, et je tapai presque brusquement sur les touches pour évacuer toute cette pression qui était montée en moi d'un seul coup.
- Il faut que tu sois plus douce... plus délicate... comme une caresse... me reprit-il en posant à nouveau ses doigts sur les miens pour jouer avec moi.
Cette fois ci, je ne rêvais pas, il avait bien parlé de caresse. Le sang afflua mes joues à nouveau et j'inspirai profondément en évitant de le regarder.
- Quand tu joues, il faut que tu... sentes pour chaque toucher le son en conséquence, continua-t-il, ne se rendant pas compte de tout ce que ses mots provoquaient en moi.
J'eus l'impression que la température de la pièce avait augmenté de dix degrés en quelques secondes. Je me tortillai légèrement et son regard se posa sur mon visage.
- Est ce que ça va ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Je rougis encore plus si possible.
- Oui je... je me demande si je ne t'écrase pas... soufflai-je en me levant.
C'était tout ce que j'avais trouvé. Il me tira par la main pour me faire rasseoir.
- Ne bouge pas, murmura-t-il avant de reporter son attention au piano.
Il joua quelques minutes une douce mélodie qui fit battre mon cœur plus vite avant de poser ses mains sur mes cuisses et de ne plus bouger.
J'appuyai ma tête contre son épaule, en nouant mes doigts aux siens sur mes jambes.
- C'était quoi ? demandai-je en parlant de la mélodie qu'il venait de jouer.
- Une berceuse.
- C'est... de toi ?
- Oui, souffla-t-il doucement.
- C'est très beau.
- Vraiment ?
- Oui, vraiment. Mon cœur s'est emballé en t'entendant jouer… avouai-je en rougissant.
Un petit rire le secoua.
- Tant mieux, c'est que la musique te parle.
- La musique m'a toujours parlé.
Il caressa ma paume de son pouce.
- A moi aussi. Elle parle souvent plus que des mots.
Je hochai la tête contre lui, je ne pouvais qu'être d'accord.
- Bella est ce que... est-ce que je peux te poser une question ? demanda-t-il au bout d'un moment.
Je me redressais pour le regarder. Ses yeux verts percèrent les miens et je hochai la tête doucement.
- Rose m'a… elle m'a parlé d'un certain Jacob…
Mon ventre se noua et je baissai les yeux sur nos doigts.
- Je... est-ce qu'il t'a fait beaucoup de mal ? chuchota-t-il, la colère troublant sa voix.
Je le regardai à nouveau. L'homme que j'aimais était exactement celui-ci : aimant, attentif, doux…
- Plus que personne, dis-je juste.
Il soupira, ses mâchoires se contractant doucement.
- Elle n'a pas voulu me dire ce qui c'était passé parce qu'elle considère que c'est à toi de m'en parler, et elle a raison...
Je baissai les yeux sur nos mains liées, sentant ma gorge se nouer.
- T'es pas obligée de m'en parler maintenant. Mais quand tu en auras envie… je serai là pour t'écouter, promit-il en serrant mes doigts.
Mes yeux retrouvèrent les siens. J'eus envie de tout lui dire, mais une partie de moi n'était pas prête. La même partie de moi qui craignait qu'il n'arrive quelque chose entre lui et moi. Quelque chose qui me fragiliserait encore. Quelque chose de tellement fort que ça me briserait, j'en étais certaine.
- Je suis terrorisée à l'idée d'aimer à nouveau, murmurai-je en étudiant ses yeux d'une profondeur époustouflante.
- Je comprends ça, chuchota-t-il dans la quiétude de la pièce.
- Je sais, soufflai-je avant de me pencher vers lui et d'embrasser sa joue du bout des lèvres.
Bon, bah voilà ! si j'suis chaude (^^') j'vous publi la suite dans le quart d'heure !
J'vous embrasse,
Tied.
