Je jetai un coup d'œil à mon réveil. 8h30.

La maison était silencieuse et Edward avait son vol dans un peu plus d'une heure. Je me levai, pris ma douche en traînant sous l'eau chaude. J'évitais soigneusement de penser qu'Edward n'allait pas être là les prochaines 48h.

Quand je descendis, Alice et Jasper venaient de se lever.

- Hey ! les saluai-je en rentrant dans la cuisine.

- 'jour, souffla Alice, le nez dans son bol.

- Vous êtes les seuls debout ? demandai-je en me servant une tasse de café chaud.

- Edward est partit fumer et vérifier qu'il avait tout. Em' et Rose dorment encore, répondit Jasper en tournant une page du journal qu'il tenait entre ses mains.

Alice se leva, posa son bol dans l'évier.

- Je vais prendre une douche. Jazz ? demanda-t-elle en partant.

- J'arrive dans une minute.

Elle quitta la pièce lentement. Je posai mon regard sur Jasper avant de m'asseoir en face de lui.

- La nuit a été difficile, dit-il doucement.

Je baissai les yeux sur mes mains qui avaient commencées à trembler.

- Je n'en doute pas.

- Elle... elle a tellement souffert de ces dix ans en ne le voyant que tous les deux ans...

- Je sais Jazz.

Son regard gris perça le mien. Il me sourit tendrement.

- Je sais à quel point tu l'aimes, souffla-t-il, me faisant comprendre qu'il ne parlait plus d'Alice. J'ai confiance en l'avenir. Il a de bonnes raisons de rester ici maintenant. Il ne serait pas parti si ça n'avait pas été obligatoire.

- Je sais... c'est juste que... la dernière fois que je l'ai vu monter dans un avion, il...

- Oui, me coupa Jasper. Mais aujourd'hui, c'est différent.

Oui, c'était différent... pour moi... mais pour lui ? Il se leva après m'avoir sourit, comme si tout était d'une évidence qui crevait les yeux.

- Je vais rejoindre ta tyran de meilleure amie.

Je souris du mieux que je pu alors qu'il quittait la pièce à son tour, me laissant seule dans la cuisine.

Mon regard se perdit sur la mer couverte d'un ciel gris perle, et mon sourire s'affaissa, lassant place à mes questions et le sentiment brulant qui rongeait ma poitrine. En quoi était-ce réellement différent, aujourd'hui ? Qu'est ce qui avait vraiment changé par rapport à il y a 10 ans ? Nous avions vieilli... oui, mais rien n'avait vraiment changé entre nous.

Mes sentiments pour lui étaient là, sous ma peau, dans mes veines… mais il n'y avait que ça.

- Oh, tu es levée, souffla Edward en entrant dans la cuisine, me faisant sursauter.

Je me tournais pour le voir, rougissant presque d'avoir été surprise en pensant à lui de la sorte.

- Je me demandais... tu voudrais bien m'accompagner à l'aéroport ? demanda-t-il en prenant appui sur la table, en face de moi.

Soit il était fou, soit il était totalement ignorant des longues vagues de frissons qui me traversaient dès que je pensais à sa personne. Son T-shirt blanc lui collait à la peau, si bien que je faillis en faire tomber ma tasse. J'eus du mal à quitter son torse des yeux pour retrouver les siens qui me scrutaient avec attention. Il me fallu plusieurs secondes pour reprendre contenance.

- Euh... je...

- J'aimerais vraiment que tu viennes, ajouta-t-il doucement. Et puis, comme ça tu pourras ramener ma voiture ici, ça m'évitera de payer le parking pour deux jours.

- Tu veux que je vienne uniquement pour ta voiture ? plaisantai-je pour contrôler mon cœur qui battait beaucoup trop fort.

Il sourit. Et quel sourire !

- Et bien puisque tu en parles…

- Hé ! m'indignai-je, le faisant rire.

- On part dans dix minutes, m'informa-t-il en quittant la cuisine.

Je regardai la pendule accrochée au mur avant d'écarquiller les yeux. L'heure était vraiment passée si vite ? Combien de temps était-je restée à contempler la mer ? Je me levai et débarrassai la table avant de monter à l'étage. J'y croisai Alice et Jasper qui descendaient.

- Tu accompagnes Edward ? demanda Alice.

- Oui, je descends dans cinq minutes.

Elle hocha la tête et je m'enfermai dans la salle de bain en appuyant mon front contre la porte.

Je détestais profondément ma vie.

Je me lavai les dents en observant mon reflet. J'avais l'air… désespérée. Je me mis un claque mentale avant de sortir de la salle de bain.

J'étais forte.

Edward allait revenir, et ça n'était pas le même départ que dix ans auparavant. Ca n'avait strictement rien à voir. Ça n'était pas la mort.

Quand je descendis, Rose et Emmet déjeunaient et les autres étaient assis à table avec eux, y compris Edward. Le dos appuyé contre son dossier de chaise, ses bras croisés sur son torse faisaient ressortir les muscles de ses bras. Il me sourit quand j'entrai dans la cuisine et, là, comme ça, bêtement et sans pouvoir lutter contre, je fus éblouie.

La conversation semblait plutôt animée et Emmett jubilait.

- Tu nous enverras une carte postale ! rigola-t-il, la bouche pleine de céréales.

Rosalie lui frappa l'arrière de la tête.

- Qui enverra une carte postale ? demandai-je en regardant Rosalie débarrasser leurs bols.

- Eddydounet part en Week-end loin de nous... sourit Emmett en posant à nouveau son regard sur Alice.

- Emmett… s'exaspéra Rose avant de quitter la cuisine pour l'étage.

Edward, resté silencieux jusque-là, soupira en se pinçant l'arrête du nez.

- Emmett McCARTY, ferme la ! gémit Alice en rongeant son ongle de pouce.

Je restai figée sur son geste. C'était la première fois en plus de vingt ans d'amitié que je la voyais manger ses ongles. Elle ne l'avait pas fait le jour du bac, ni pour son permis, ni pour la première fois où elle avait été se faire épiler à l'institut, ni pour aucun examen.

Jamais, jamais, jamais.

Jamais... Elle devait réellement paniquer.

Avant que je ne puisse faire ou dire quoi que ce soit, Emmett l'avait prise contre lui dans une étreinte réconfortante en se rendant compte à quel point il pouvait être idiot.

J'adorais autant l'Emmett drôle et sarcastique que l'Emmet sérieux -ce qui n'arrivait pas souvent ou alors pas longtemps- aimant et présent pour les autres.

On échangea un regard avec Edward avant qu'il ne se lève pour venir près de moi. Emmett embrassa le front d'Alice avant de se reculer pour la regarder.

- Edward est toujours revenu et reviendra toujours, rappela-t-il à Alice, avant d'effacer une larme qui lui avait échappée, de son pouce géant. Et puis… même s'il y a presque 5000 kilomètres qui vont vous séparer les deux prochains jours…

Elle gémit de désespoir contre lui alors je levai les yeux au ciel.

Emmett restera Emmett.

- Hum, enfin je veux dire... il sera toujours sur le même continent… mais tu sais j'ai…

- Aujourd'hui il a une très bonne raison de rentrer, conclu Jasper, coupant Emmett et son explication chaotique.

Je fronçai les sourcils en me demandant de quoi, de qui il parlait, quand son regard rencontra le mien. Je sentis vaguement Edward se tendre à côté de moi et son regard brûla mon profil, ou était-ce moi, qui rougissait une nouvelle fois ?

Rosalie revint dans la cuisine avec un livre dans les mains.

Elle nous observa tour à tour, Emmett tenant Alice par l'épaule en souriant sournoisement. Jasper assis à table, les bras croisés sur son torse, nous regardant Edward et moi avec un petit sourire sadique. Edward, tendu, dont le regard semblait me faire prendre feu et moi, cramoisie, qui priait désespérément pour être engloutie par le sol.

- J'ai loupé quelque chose ? interrogea-t-elle, passant de mon visage à celui d'Emmett qui souriait fièrement.

- Notre Belliquelicot a encore frappé… sourit Emmet en relâchant Alice.

- Votre Belliquelicot ? m'indignai-je.

Son sourire mangea son visage.

- C'est une contraction de Bella et de coquelicot, expliqua Jasper, son sourire sadique toujours posé sur ses lèvres.

- J'avais compris, merci Jazz, grognai-je, le faisant rire.

Alice éclata de rire, suivie des autres rapidement. Je les regardai un instant rire en me disant que mes amis étaient totalement et irrévocablement fous.

Puis j'observai Edward qui souriait et lui jetai le regard le plus noir que j'avais.

- Si par malheur ta bouche frémit ne serait-ce qu'un tout petit peu, et qu'un rire passe tes lèvres, tu vas tout seul à l'aéroport, le menaçai-je.

Il sourit d'autant plus en se rapprochant de moi, faisant sursauter mon cœur dans ma poitrine.

- Vraiment ? Et si je te force à venir avec moi ? sourit-il en avançant encore vers moi.

- Et bien... je... commençai-je avant de m'arrêter, incapable de réfléchir quand son odeur m'enveloppa toute entière.

Son regard se fit profond, coupant mon souffle.

J'étais certaine à cet instant qu'il aurait pu faire trembler n'importe qui avec ce regard.

- Tu n'avais pas un avion à prendre ? demanda soudain Jasper, faisant reculer Edward.

Je vis alors à quel point il s'était rapproché de moi.

- Si.

Il jeta un coup d'œil à sa montre en pinçant les lèvres.

Je déglutis bruyamment au mouvement de celles-ci avant de regarder partout sauf vers Edward.

Penser à autre chose. Un oiseau, une maison, un bateau... Edward. Oups.

- Va falloir qu'on y aille si on veut y arriver à temps, dit-il simplement sans me regarder.

Les aurevoirs s'en suivirent sans se faire prier. Il embrassa tout le monde rapidement avant de se tourner vers sa sœur... Lorsqu'elle le regarda, son visage prit un air presque déterminé. Je ne l'avais jamais vue aussi sûre d'elle. La petite fille qui rongeait ses ongles avait de nouveau disparue pour laisser place à la Alice que je connaissais, en plus sûre d'elle.

Elle le prit dans ses bras, et le serra fort, un sourire figé sur ses lèvres.

- A dans deux jours. Tu m'appelles quand tu arrives.

- Oui maman, rigola-t-il avant de la serrer plus fort contre lui.

- Allez, tu vas rater ton avion !

Elle le poussa presque jusqu'à la sortie avant de me regarder.

- Qu'est-ce que tu attends ?

- Je... j'y vais ! soufflai-je en sortant sous son rire.

- Soyez prudents sur la route ! dit-elle quand je montai dans la Volvo grise d'Edward.

Edward leur fit un petit signe en quittant l'allée avant de s'engager sur la route.

On traversa L.A dans un silence pesant. Je le regardai de temps en temps mais son regard était concentré sur la route et ses mains serrées autour de son volant. J'imaginais que quitter sa sœur n'était pas simple pour lui non plus.

On arriva trop rapidement à l'aéroport.

Edward enregistra son billet d'avion puis déposa son sac sur le tapis des bagages. Je soupirai, espérant que c'était la dernière fois que je le voyais partir de la sorte.

On marcha en silence jusqu'aux portes d'embarquement de son vol. Malgré toute la volonté que je m'y à ne pas avoir peur, ma gorge se serra. Je me répétais que j'étais forte pendant les deux minutes qui suivirent.

Quand les portes s'ouvrirent et que les passagers du vol commencèrent à y entrer sans envie, je lançai un regard presque affolé à Edward. C'était déjà l'heure ?

Il se tourna vers moi pour me regarder. Mon cœur sursauta devant l'intensité de son regard perçant le mien et lisant en moi sans barrières.

- Tu... tu dois vraiment y aller ? murmurai-je, à court de mots.

- J'y suis obligé… je t'assure que rien au monde ne me ferait partir sinon, dit-il en se rapprochant.

- J'ai toujours détesté les adieux d'aéroport, avouai-je, tentant un sourire.

Ma note d'humour tomba à l'eau. L'émotion me gagna sans que je n'arrive à la repousser et le tremblement de ma voix fit se serrer ses mâchoires.

- Bella…

- Je sais, tu reviens. C'est... c'est juste que... la dernière fois que tu es monté dans un avion je ne t'ai plus vu pendant dix ans… articulai-je difficilement.

Sans attendre un quelconque accord, ses bras s'enroulèrent autour de moi pour m'enlacer. J'enfonçai mon visage dans son cou, respirant son odeur lentement pour apaiser mon cœur, refusant de céder à tout ce que son corps contre le mien me faisait ressentir. J'avais la sensation que, ce matin, dans ce hall d'aéroport tout était brusquement démultiplié.

- Je ne partirai plus, promit-il en me relâchant à contre cœur.

La voix qui indiquait que les passagers du vol devaient rejoindre la porte d'embarquement résonna dans le hall. Je me reculai sagement, consciente de notre proximité. Il sortit les clés de sa voiture avant de me les tendre.

- J'allais oublier. Fais attention à mon bijou.

Je les lui pris des mains, faisant attention à ne pas trop le toucher pour garder les idées claires.

- Je la ramène en un seul morceau, promis-je, obtenant un sourire de sa part malgré l'orage dans ses yeux.

Il s'approcha une nouvelle fois, puis embrassa mon front avant d'y poser le sien.

- On se voit dans 48h, lui dis-je doucement, prenant conscience que cette séparation n'était pas dure seulement pour moi.

- Je sais…

Il me lâcha, et, dans un dernier regard, marcha jusqu'à la porte d'embarquement avant de se figer.

Je fronçai les sourcils quand il fit demi-tour pour revenir vers moi.

- Qu'est-ce que tu as oublié ? demandai-je la voix tremblante, en espérant que mon cœur n'allait pas s'arrêter à force de battre si rapidement.

Quand il fut à ma hauteur, ses mains prirent mon visage en coupe. Mon cœur sembla crier qu'on le libère pour qu'il puisse sauter partout autour de nous pendant que les yeux d'Edward passaient de mes yeux à mes lèvres en une fraction de seconde.

L'instant d'après, il se pencha vers moi et ses lèvres effleurèrent les miennes.

Je n'avais plus peur, plus mal nul part et les planètes semblèrent s'aligner parfaitement pile à ce moment là. La Terre cessa de tourner.

Mon ventre se retourna brusquement et mon sang se figea dans mes veines avant de repartir à toute vitesse. Mon cœur fit de drôles de sursauts avant de battre frénétiquement et de résonner dans mes tempes.

Il m'embrassait. Edward m'embrassait et tout mon corps semblait en ébullition.

Ses clés s'échappèrent de mes mains dans un bruit de métal en tombant sur le sol, mais ça n'avait aucune importance. Sa bouche était sur la mienne, et je ne sentais plus que la douce caresse de ses lèvres.

- Edward… qu'est-ce que… balbutiai-je contre ses lèvres.

Ses yeux ne quittèrent pas les miens quand il se recula légèrement, son nez frôlant le mien à chaque inspiration rapide de sa part. Son regard se fit si intense que je n'arrivai absolument plus à me souvenir de mon prénom.

- Tu te souviens quand je t'ai dit que l'adulte en moi était assez grand pour faire ses choix tout seul ? demanda-t-il, la voix rauque.

Je le regardai, hébétée, incapable d'avoir une réaction quelconque.

- Je suis en train de faire un choix, souffla-t-il, ses doigts caressant mes joues.

Je me souvins de respirer quand il se pencha à nouveau sur mes lèvres.

Je fermai les yeux, me laissant bercer par sa douceur et la façon dont sa bouche effleurait la mienne sans jamais vraiment se poser. J'avais l'impression que chacun de ses contacts m'envoyait des décharges électriques dans tout le corps. Mon être entier me brulait, mais ma seule pensée fut que j'adorai ça. Mon ventre me tirailla et se tordit presque douloureusement alors qu'à peine quelques secondes avaient passées… J'avais désespérément besoin qu'il ait envie d'aller plus loin.

Et puis, la réalité me percuta de plein fouet. Brutale, féroce et étourdissante.

C'était Edward qui m'embrassait, Edward. Mon ami de toujours.

- Mais… Edward… tu… tu as dit… bafouillai-je en me reculant maladroitement.

Son regard verrouilla le mien alors qu'un sourire triste illumina lentement son visage. Ma gorge se noua.

- Je sais, murmura-t-il, semblant ne pas avoir d'explication sur ce qu'il se passait.

Il déposa un dernier baiser sur mes lèvres avant de s'écarter légèrement, son regard ancré dans le mien. J'étais trop tétanisée pour penser, pour bouger. Le cœur battant à tout rompre, j'observai ses yeux sombres, incapable de respirer normalement.

- Tu vas me manquer, chuchota-t-il avant de faire demi-tour et de disparaître derrière la porte d'embarquement.

Je restai presque cinq minutes sans bouger, les doigts sur mes lèvres, à fixer la porte d'embarquement.

Les siennes m'avaient brûlée de la façon la plus belle qui soit.

Je regagnai sa voiture sur le parking, après avoir ramassé ses clés à terre, avec l'impression d'être en train de planer. Littéralement en train de planer. C'était presque si je sentais encore mon corps.

Edward m'avait-il réellement embrassé ou était-ce mon imagination qui l'avait vu revenir à moi et coller sa bouche contre la mienne ?

Je déverrouillai les portières avant de monter et de claquer la portière doucement derrière moi.

Son odeur m'enveloppa entièrement et je m'appuyai contre l'appui tête, en fermant les yeux. En y repensant, j'arrivai presque à sentir sa peau contre la mienne et le tressautement de mon cœur quand ses lèvres m'avaient frôlées. Pourquoi m'avait-il embrassée ? Surtout maintenant, juste avant son départ ? Cherchait-il à me torturer ? Si c'était le cas, il avait parfaitement réussit.

Quand je démarrai, la musique se déclencha. Je reconnus I've got you under my skin de Frank Sinatra. Les paroles m'arrivèrent aux oreilles doucement et je frissonnai avant de quitter le parking.

I've got you under my skin
(Je t'ai dans la peau)
I've got you deep in the heart of me
(Je t'ai au plus profond de moi)

I've tried so not to give in
(J'ai essayé de ne pas céder)
I've said to myself this affair never will go so well
(Je me suis dit que cette aventure ne marcherait pas)
But why should I try to resist, when baby will I know so well
(Mais pourquoi devrais-je résister, quand, bébé, je sais bien)
That I've got you under my skin
(Que je t'ai dans la peau)

I'd sacrifice anything come what might
(Je sacrifierais ce qu'il faut)
For the sake of having you near
(Contre l'assurance de t'avoir à mes côtés)

Quand j'arrivai à la maison, le ciel se dégageait.

Je me garai et restai quelques secondes à caresser le volant d'une main distraite.

Il avait posé ses mains . Ils les avaient encore, , il y avait à peine une heure… Et sa bouche s'était posée sur la mienne. Je me mordis la lèvre avant de sortir et de claquer la porte. Qu'avait-il fait de moi ?

A peine avais-je fini de passer la porte de la villa qu'Alice cria.

- C'est toi Bella ?

- Qui veux-tu que ça soit ? entendis-je Rosalie.

Mes yeux papillonnèrent un moment avant de me rendre compte que je n'avais toujours pas bougé de l'entrée. Il fallait vraiment que je me ressaisisse.

- Vous croyez qu'elle est morte ? demanda Emmett, me reconnectant immédiatement à la réalité.

- Je t'entends Em ! criai-je, presque mécontente.

J'enlevai ma veste en Jean's et la gardai dans ma main en avançant vers le salon. Ils étaient tous les quatre assis autour de la table basse, à jouer aux cartes. Je posai ma veste sur le dossier du canapé dans un geste lent. Jasper me regarda avec un petit sourire avant de regarder à nouveau ses cartes.

- Pourquoi tu ne répondais pas alors ? demanda Emmett, les yeux fixés sur son jeu.

Je me demandai de quoi il pouvait bien parler avant de me souvenir de mon entrée.

- Je... regardai mes messages, dis-je en partant vers la cuisine d'un pas traînant.

Il y eut un silence.

- Elle à laissé son portable sur le bar de la cuisine, murmura Alice mais je l'entendis.

Je me sentie rougir, totalement perdue et perturbée.

- Vous croyez qu'elle a bu ? demanda à nouveau Emmett.

Je soupirai en me versant un verre d'eau.

- Je t'entends toujours ! lui fis-je remarquer.

Il baragouina quelque chose que je n'entendis pas. Je bus mon verre d'eau lentement, mon regard se perdant vers le fond de mer, là où le ciel était bleu. Le soleil allait bientôt revenir. Je soupirai en me rendant compte que je n'allais pas voir le superbe corps d'Edward, allongé sous le soleil, pendant 48h.

Je jetai un coup d'œil à la pendule avant de soupirer à nouveau. Il n'allait pas arriver là-bas avant cinq heures de vol encore… lui écrire maintenant ne servirait à rien… et quand bien même… que pourrais-je lui dire ?

Mes doigts se posèrent une nouvelle fois sur mes lèvres qui me brûlaient encore et je soupirai une nouvelle fois. Je n'avais jamais soupiré autant en quelques minutes.

Une main s'agita devant moi, me faisant relever les yeux pour voir une Rosalie inquiète.

- Est ce que ça va ? demanda-t-elle doucement.

- Je crois…

- C'est Edward ?

Je jetai un coup d'œil à la porte de la cuisine avant d'entendre les trois autres en pleine conversation.

- Oui… soufflai-je en baissant les yeux sur le verre vide dans mes mains.

- Il va revenir, affirma-t-elle avec force.

Mes yeux retrouvèrent les siens. Je me sentis rougir en pensant à ses lèvres sur les miennes.

- Il... il s'est passé quelque chose ? questionna-t-elle, me faisant rougir d'autant plus.

Mon silence parla de lui-même. Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit dans une onde de choc.

- Mon dieu ! Vous avez...

Elle fit un geste tordu avec ses doigts. Je sursautai, sentant mon cœur s'emballer.

- Non ! m'écriai-je.

Les voix se turent de l'autre côté, avant de reprendre avec entrain.

- Non, repris-je calmement.

- Alors quoi ? s'exaspéra-t-elle lorsque je regardai à nouveau l'océan se dégager.

- Il m'a embrassée, avouai-je en ne croyant pas moi-même à mes mots.

Et pourtant cela était bien plus que réel.

- Eh bien, soupira-t-elle un sourire dans la voix.

Mon regard se posa à nouveau sur elle. Elle repoussa ses cheveux blonds en arrière, un sourire sur le visage.

- Quoi ?

- Il n'a pas traîné, riat-elle comme si ce que je lui avais dit était une bonne blague.

- Je ne trouve pas ça drôle, bougonnai-je en croisant les bras contre ma poitrine.

- Moi si... et lui qui disait...

Elle se stoppa en me détaillant et je haussai un sourcil.

- Il disait quoi ?

Elle regarda rapidement la plage avant de revenir sur moi.

- On a discuté l'autre matin lui et moi, sur la plage... il disait qu'il te laisserait faire le premier pas si jamais il devait avoir quelque chose parce qu'il ne voulait pas... te brusquer.

- Tu étais au courant de ça ? m'écriai-je, indignée.

Je vis rapidement Jasper venir fermer la porte de la cuisine en me regardant de travers.

Pourquoi me regardait-il de travers ?!

- Depuis avant-hier seulement Bella ! se défendit-elle.

- Mais... quand même ! Tu aurais pu m'en parler !

Elle leva les yeux au ciel.

- Peu importe, l'important c'est qu'il l'ait fait.

Elle avait piqué ma curiosité.

- Et... qu'est-ce qu'il a dit d'autre ?

Elle sourit grandement avant de m'inviter à m'asseoir à table pour discuter.

- Il m'a avoué qu'il y avait quelque chose entre vous qu'il n'arrivait pas à gérer. Il m'a dit qu'il voulait... plus, lâcha-t-elle lentement.

Mon cœur s'emballa.

Tout était si irréel.

- Je... lui ai dit qu'il te faudrait du temps... après ce que tu avais vécu avec Jacob, continua-t-elle en me regardant.

Les lèvres d'Edward me l'avait fait oublié, celui-là. Je me souvins de notre conversation sur le banc du piano... tout était maintenant limpide.

- Et ensuite, il a voulu savoir et je lui ai dit que c'était à toi de lui raconter. J'ai bien fait ? demanda-t-elle en prenant ma main sur la table.

- Je... oui, répondis-je, reconnaissante. Merci. Et... après ?

Elle sourit doucement devant ma curiosité.

- Je lui ai fait comprendre que tu n'étais pas prête pour quoi que ce soit. Et il a dit que lorsqu'il était près de toi, il n'arrivait plus à réfléchir à autre chose que ton corps à proximité du sien...

Je rougis en me mordant la lèvre.

- Je l'ai donc traité de pervers, conclut-elle en éclatant de rire.

Je ris malgré moi, me détendant un peu.

- C'est qu'un mec, souffla-t-elle en haussant les épaules.

Je la regardai de travers.

- C'est Edward, la corrigeai-je, la faisant sourire.

Un silence s'installa pendant que je me perdais à nouveau dans la sensation de sa peau contre la mienne.

- Bon, vous allez faire quoi ?

Je soupirai à nouveau.

- J'en ai aucune idée...

- Bella, si je peux te donner un conseil... écoute ton cœur. Je sais qu'avec Jacob... ça a été très difficile, mais... Bella, Edward ne sera jamais Jacob, ça je le sais. Je sais aussi qu'il a des peurs, lui aussi et que ça ne sera pas facile mais je veux que vous soyez heureux, vraiment.

Je lui souris, émue, avant de me lever pour la serrer contre moi, malgré la table entre nous et son ventre énorme.

- Merci, murmurai-je contre son épaule.

- Je t'aime Bella, depuis toujours.

J'inspirai profondément, la gorge nouée.

- Je t'aime aussi, pour toujours.

Quand elle se recula, ses yeux brillaient. Pour Rose qui ne pleurait presque jamais, c'était une première. Mes yeux s'embuèrent de la voir si émue et une larme glissa le long de ma joue alors qu'on se souriait.

- La grossesse, expliqua-t-elle en essuyant ses yeux.

- Edward, expliquai-je en ne trouvant que ça pour justifier mon émotivité.

Elle éclata d'un rire joyeux. Je ris à mon tour et essuyai mes joues.

On rejoignit les autres après quelques minutes et je me joignis à eux pour faire une partie de cartes.

Quand, après le déjeuner, le temps fut totalement dégagé, on retourna sur la plage pour aller se baigner.

J'aimais ça en Californie. Les orages étaient violents, mais quand ils étaient terminés, le soleil et la chaleur revenaient rapidement. Le mauvais temps ne durait jamais longtemps.

Je restai plusieurs heures sur la plage à profiter du temps.

Rosalie me rappela plusieurs fois de me mettre de la crème solaire. Je plaignais presque son enfant à venir... elle allait être insupportable !

Le portable d'Alice sonna à mes côtés pendant qu'elle était dans l'eau. J'échangeai un regard avec Rose sur son transat avant de prendre le téléphone dans mes mains. Mon cœur accéléra en identifiant l'appelant.

Edward.

- Décroche avant qu'il ne raccroche ! s'exclama vivement Rosalie.

J'avais encore pensé à voix haute ?!

Sonnée, je décrochai avant de porter l'appareil à mon oreille.

- Allô ?

- Bella ? s'étonna Edward au bout du fil.

Entendre sa voix me fit frissonner.

- Alice se baigne, expliquai-je en tentant d'ignorer le regard de Rosalie sur moi.

- Oh... d'accord.

Il se gratta la gorge après un court silence.

- Tu... tu vas bien ? demanda-t-il.

Un sourire étira mes lèvres.

- Oui, et toi ? ton vol ça a été ?

- Long et ennuyeux.

- Quelle heure est-il chez toi ?

- C'est pas chez moi, contra-il et je levai les yeux au ciel.

- Je sais, je veux dire...

- 20h, me coupa-t-il, évitant que je me ridiculise.

- Tu as fait ce que tu devais ?

- Oui, c'est bon, tout est réglé... je rentre demain matin.

- D'accord, souris-je, heureuse de me dire qu'il serait rentré plus tôt qu'il l'avait dit.

Il y eu un silence à nouveau et je me mordis la lèvre.

- Bella ? m'appela-t-il doucement.

- Oui ?

- A propos... de ce qui s'est passé je... je ne voulais pas... te faire peur, murmura-t-il.

Je me sentis rougir, mon cœur battant soudain plus fort.

- Edward...

- Je... je veux dire je sais que c'est bizarre après autant de temps mais c'est juste que...

- Edward...

- Tu... c'était tellement... argh...

- Edward !

- Je suis désolé... on peut oublier si c'est ce que tu veux.

Mon sang se glaça.

- Tu vas me laisser en placer une ?! m'écriai-je avant de soupirer. Bon sang, t'es pire qu'Alice quand tu t'y mets...

Il rigola nerveusement et je fermai les yeux une seconde. Comment lui dire ? Comment lui faire comprendre ?

- Je... j'ai aimé ça, murmurai-je.

J'entendis son souffle se couper.

Net, franc, direct.

Du Swan dans toute sa splendeur !

Je rougis furieusement en me rendant compte de mes paroles. Il y eut un moment de silence tel que je me demandai s'il était toujours là.

- Pourquoi faut-il que tu me dises ça quand je suis à l'autre bout du pays ? soupira-t-il.

Je ris légèrement.

- Parce que je suis Bella ? tentai-je.

- Exact, dit-il.

Je l'entendis presque sourire.

Il y eut à nouveau un silence pendant lequel je souriais idiotement en l'imaginant sourire.

- Je... j'ai très envie de recommencer, murmura-t-il.

Je rougis tellement que mes oreilles me brûlèrent.

- Recommencer quoi ? demandai-je pour cacher mon trouble.

- Bella...

- Désolée, c'était trop tentant.

Il y eut un nouveau blanc, je me demandai s'il n'avait pas raccroché.

- J'ai très envie de t'embrasser encore, répéta-t-il tout bas, la voix soudainement plus rauque.

Bouffée de chaleur. Son encore m'électrifia toute entière. J'inspirai profondément pour calmer les battements de mon cœur sur le point de sortir de ma poitrine.

- Moi aussi... je... c'est... compliqué pour moi... tout ça, soufflai-je doucement.

- Bella... je sais, c'est juste... je voudrais qu'on... tu es importante pour moi, tu le sais ?

Ma respiration se fit plus lourde, mes mains devinrent moites.

- Je... toi aussi Edward.

Je ne voulais pas avoir cette conversation au téléphone.

- On en reparle quand je rentre, dit-il au même moment, si bien que je me demandai si je n'avais pas encore pensé à voix haute. Alice est toujours dans l'eau ?

- Euh... oui, dis-je après lui avoir jeté un coup d'œil.

- Bien, tu lui diras que je l'ai appelée ?

- Euh... oui.

- Vas-tu dire autre chose que ça ? rit-il.

Je me mordis la lèvre à nouveau.

- Je ne sais pas, avouai-je.

- C'est déjà fait, s'amusa-t-il.

- Ha ha ha, ironisai-je en passant une main dans mes boucles.

J'écoutai sa respiration calme quand il retrouva son sérieux pendant un moment. Cela suffit à apaiser mes doutes et mes peurs.

- Je dois te laisser, dit-il. Le décalage horaire me fout toujours en vrac.

- D'accord.

- Note mon numéro et écris moi... si jamais tu veux qu'on parle un peu.

- D'accord, répétai-je avant de me taper le front.

- Bella ?

- Oui ?

- Je suis content de t'avoir entendue...

Je m'empourprai.

- Moi aussi.

- Je donnerai tout pour te voir rougir, sourit-il.

Je levai les yeux au ciel.

- Au revoir Edward !

- Attends attends, Rose est avec toi ? rigola-t-il.

Je jetai un coup d'œil à Rosalie qui avait posé son chapeau sur son visage.

- Elle commate, dis-je doucement.

- D'accord, dis-lui juste que je lui ramène une surprise, rigola-t-il encore.

Je fronçai les sourcils.

- Edward qu'est-ce que tu as fait ?

- Tu verras bien... Je dois vraiment te laisser.

- D'accord.

Il hésita quelques secondes pendant lesquelles j'entendis son souffle devenir légèrement plus rapide.

- Je... je pense à toi.

Mon ventre sursauta.

- Moi aussi, murmurai-je en rougissant encore une fois.

Il finit par raccrocher et je fixai le téléphone quelques instants, avant d'aller chercher le mien, resté dans ma chambre, en courant presque. Je me rallongeai sur la plage en souriant comme une idiote alors que j'enregistrais son numéro. Je replaçai le téléphone d'Alice sur sa serviette avant de créer un nouveau message. Devant la barre clignotante, je me figeai en réfléchissant à ce que j'allais bien pouvoir lui dire. Je souris en pensant à quelque chose que nous faisions, plus jeunes, avec lui et Alice.

"And we will feel the weight fall away frim us in the time, searching our past for the true, You an I... all for you." B.
(Et nous pourrons sentir le poids nous délester avec le temps, recherchant dans notre passé pour la vérité, toi et moi... tout pour toi)

Je lui envoyai le message en étant fière de moi.

Quand nous étions plus jeune, Alice lui et moi nous amusions à communiquer seulement en chansons. Je repensai à ce qu'il avait dit quelques heures plutôt, assis sur le banc de son piano... "Elle parle souvent plus que les mots"

La musique. Lui et moi étions liés par elle. Par toutes ces chansons qui nous réunissaient et nous faisaient vivre. Je m'allongeai sur le dos en soupirant alors que je comptais les heures qui me séparaient de lui.

Mon téléphone vibra, mon cœur accéléra sa course.

" I'm a fool to want you, such a fool to hold you... To seek a kiss not time alone."E.
(Je suis fou de te vouloir, tellement fou de te prendre... De donner un baiser qui n'est pas seulement mien)

Je rougis en manquant de gémir furieusement. Comment pouvait-il mettre le feu à mon corps en quelques mots ? Je sentis l'angoisse prendre vie en moi et courir le long de mes veines. J'avais tellement peur que ce que tout ça pourrait déclencher. Tellement peur que mon cœur n'y survive pas si les choses devaient se terminer. Elles n'avaient déjà presque pas commencées...

"Lose myself in time just thinking of your face, God only knows why it's taken me so long to let my doubts go... You're the only one that I want."B.
(Je me suis perdue avec le temps juste en pensant à ton visage, seul Dieu sait pourquoi ça me prend si longtemps pour que mes doutes s'en aillent...
Tu es le seul que je veux)

Je fixai mon écran dix minutes avant de soupirer longuement.

- Il s'est peut-être endormi, souffla Rosalie, me faisant sursauter.

J'avais oublié qu'elle était là. Je lui jetai un regard, constatant qu'elle n'avait pas bougé de sous son chapeau de paille.

- Je... sûrement, avouai-je en rougissant.

Il y eut un silence pendant lequel je regardai rapidement Alice et les garçons se battre dans l'eau en riant.

- Il a dit qu'il avait une surprise pour toi, l'informai-je.

Elle soupira.

- Qu'est-ce qu'il a bien pu encore faire comme connerie ?

Je ris avant de penser à notre conversation.

- Il a dit qu'il voulait encore m'embrasser, murmurai-je en me faisant l'effet d'une adolescente qui vivait ses premiers émois.

Rose leva son chapeau pour me regarder avant de le rabaisser en soupirant.

- Tu as l'air d'une parfaite idiote, remarqua-t-elle.

Je me rendis compte que je souriais grandement. Je ris légèrement avant de me gratter la gorge.

- C'est... bizarre comme situation.

- En quoi c'est bizarre ? Vous êtes deux adultes attirés l'un par l'autre, il n'y a rien de bizarre, dit-elle en enlevant son chapeau pour le poser sur ses cuisses.

- Oui mais... on se connaît depuis toujours...

- Et alors ? Emmett et moi avons été amis avant de se rendre compte qu'on s'aimait !

- C'est pas pareil !

- Bien sûr que si. Ne complique pas les choses Bella... essaye de ne pas trop réfléchir, sinon, c'est voué à l'échec...

- Très bien. Faire comme Rose, arrêter de réfléchir.

- Hey ! s'écria-t-elle en me lançant une poignée de sable.

J'éclatai de rire.

- Je n'ai pas arrêté de réfléchir concernant Emmett et moi... mais j'ai écouté mon cœur.

- N'as-tu... jamais eu peur ?

Elle me regarda tendrement avant d'observer Emmett au loin.

- Bien sûr que si, même encore aujourd'hui... s'il me quittait, je n'y survivrai pas.

- Rose, soufflai-je quand je vis ses yeux s'embuer.

Je me levai et m'assis à côté d'elle sur la chaise longue.

- Putain d'hormones, cracha-t-elle en essuyant ses yeux.

Je ris en lui prenant la main.

- Rose... Emmett est dingue de toi, vraiment. Il ferait n'importe quoi pour toi... même vendre sa biche.

- Tu crois ? demandait-elle doucement, les yeux pleins d'espoir.

- Absolument.

- Tant mieux, je la déteste de toute façon.

Je ris à nouveau. Mon dieu ce que j'aimais cette femme !

- Ça n'a pas toujours été aussi facile entre nous... tu te souviens de notre première année ?

Je hochai la tête. Ils passaient leur temps à se disputer pour un oui et pour un non. Ils n'étaient jamais d'accord sur rien.

- Quand... quand tu es partie en Europe, on s'est séparés pendant quelques temps.

- Vous quoi ? m'étonnai-je.

Elle serra un peu plus ma main en ne quittant pas Emmett des yeux.

- Personne n'est au courant.

- Tu aurais dû m'en parler Rose...

- C'était... difficile de faire quoi que ce soit pendant ces quelques semaines sans lui.

Elle eut un sourire triste avant de me regarder.

- Et puis, on s'est rendu compte qu'on ne pouvait pas vivre l'un sans l'autre... et voilà que 4 ans plus tard je porte son bébé...

Je souris.

- Je sais pas si c'est une bonne nouvelle... C'est Emmett quand même !

Elle éclata de rire.

- Je ne sais pas si j'ai bien fait de l'épouser, rigola-t-elle en ne le quittant pas des yeux. Bien qu'il soit... Emmett, grimaça-t-elle comme si il n'y avait pas d'autre explication à son comportement étrange parfois, c'est vraiment quelqu'un de bien. Vraiment.

Je regardai Emmet faire voler Alice dans l'eau en me disant qu'elle avait raison, bien qu'il soit... lui.

- Et Edward aussi... poursuivit-elle après un silence.

- Je sais.

Elle serra ma main en m'adressant un regard tendre.

- Edward saura être patient... mais... je pense que lui expliquer tout ce qui a pu se passer avec Jacob pourrait l'aider à comprendre certaines choses...

Ses yeux bleus me scrutèrent longtemps. Je savais qu'il allait falloir que je lui dise tout... je le savais. Mais rien que d'imaginer lui dire, mon cœur me faisait mal et mon ventre me brûlait. Allait-il me voir différemment, après ça ? Comment pouvait-il réagir ?

- J'en ai conscience, dis-je juste.

Elle embrassa mon front comme l'aurait fait une mère avec son enfant.

- Je sais. Allons nous dégourdir les jambes tu veux ? J'ai l'impression de peser une tonne !

J'éclatai de rire sous un regard noir de sa part.

- Ne dis pas que ce n'est pas qu'une impression ou je balance tout à Emmett.

Je grimaçai, il n'allait jamais me lâcher quand il allait savoir tout ça. Elle rit en m'entraînant jusqu'à l'eau, sa main dans la mienne.

On fit la plus mémorable bataille d'eau de ma vie en cette fin d'après-midi là.

Quand la nuit fut tombée, on s'allongea quelques heures sous les étoiles. Les nuits étaient douces et même si je savais qu'Edward dormait, je ne pouvais m'empêcher de regarder mon portable -pour voir s'il m'avait répondu- toutes les dix minutes.

Je savais ce que je voulais.

Je le voulais lui, peu importe si j'étais terrifiée comme jamais, peu importe si le revoir le lendemain me donnait mal au ventre, peu importe si je devais supporter les remarques déplacées d'Emmett tous les jours.

Le fait qu'Edward ne soit pas là ce soir-là me fit réaliser que j'avais besoin de lui comme de personne d'autre. Et, plus important encore, que j'avais envie que cela soit lui.

J'allai me coucher après avoir pris une longue douche chaude qui détendit mes muscles.

Quand je m'endormis, tard dans la nuit ou bien tôt le matin -selon les points de vue- mon ventre était noué par l'attente de son retour et mon cœur battait de manière désordonnée.


Comme je suis quelqu'un de gentil et de très sympa, j'vous publi le chapitre 7 de Je suis ce soir... un de mes préférés.

J'bosse actuellement sur le chapitre 19 de Soulmates, qui, j'espère, pourra arriver à l'heure. J'compte sur vous pour l'accueillir comme il se doit étant donné qu'il me donne bien du fil à retordre ^^"

On se retrouve très vite, ici, ou ailleurs.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous voulez lire une suite !

J'vous embrasse,

Tied.