Edward POV

Mes lèvres retrouvèrent les siennes.

Le gémissement qu'elle poussa contre ma bouche me donna l'impression que j'allais pouvoir voler après ça.

Je la soulevai contre moi, pressant son corps contre le mien avec toute la force que mes bras avaient. Je voulais la sentir contre moi… j'en avais physiquement besoin. Ses jambes entourant ma taille, elle ondula contre moi sans sembler s'en rendre compte.

Le désir m'embrasa un peu plus, accélérant mon cœur de manière folle.

Je montai les escaliers difficilement, sa bouche brulante quittant mes lèvres pour mon menton, puis pour la peau de mon cou.

Ses mains tirèrent mes cheveux légèrement quand je la serrai plus fort contre moi en refermant la porte de ma chambre derrière nous d'un coup de pied.

Quand mes jambes butèrent sur le bord du matelas, je me laissai tomber sur le lit, sur elle, sans aucune délicatesse. Chose que je regrettai une seconde après quand je l'entendis gémir sous le poids de mon corps contre le sien.

Je m'appuyai sur mes mains, positionnées de part et d'autre de son visage pour pouvoir la regarder.é

Ses cheveux ondulés étalés autour d'elle me donnaient l'impression qu'elle était irréelle.

Mon ventre se retourna : j'avais la sensation d'avoir attendu cette vision de rêve toute ma vie.

Ma main épousa son cou, mes doigts caressèrent sa joue, avant que mon pouce ne s'échoue sur sa bouche entrouverte. Son souffle brûla le bout de mon doigt avant qu'elle n'y pose un baiser qui m'électrifia.

Son regard vitreux, plein d'un désir brûlant me coupa le souffle.

Comment pouvait-elle être aussi belle, aussi attirante, tentante, entêtante ?

Ma bouche retrouva la sienne, et sa lange glissa lentement contre la mienne quand mes mains passèrent sous le T-shirt dans lequel elle se noyait.

Du bout des doigts je caressai son ventre plat avant de remonter avec lenteur sur son corps. Sentir sa peau frémir contre ma main fit décoller mon cœur. J'effleurai lentement la naissance de ses seins. Un soupir lui échappa contre mes lèvres, me faisant frissonner entièrement.

Alors que je m'écartai pour me redresser, elle me supplia en posant une main sur ma nuque pour me retenir contre elle :

- Edward... reste...

Ses mots me figèrent, et, tandis que mes yeux fouillaient les siens, brûlants et sombres, le passé me revint comme une claque.

Je me souvins de mon attirance pour elle… ça avait été tellement compliqué, dix ans plus tôt...

Pourquoi désirer cette fille qui était de cinq ans ma cadette, qui n'était encore qu'une pré-adolescente ?

J'avais tout fait pour ne plus ressentir ça, cette attraction entre nous, ce magnétisme… Je ne pouvais pas être amoureux d'elle. Ça n'était pas logique, ça n'était pas bien… elle était la meilleure amie de ma petite sœur.

C'était tout.

Pendant des semaines, des mois, j'avais fait tourner ça en boucle dans ma tête.

Et puis… elle était montée sur scène, pour chanter avec le groupe. Elle et Alice nous suivaient souvent, chantant dans les coulisses ou devant la scène, entraînant la foule avec elles.

Mais c'était le dernier concert que j'allais faire avec les gars avant de partir à Seattle.

Je voulais qu'elle me rejoigne sur scène.

Je voulais graver ça dans ma tête.

Elle avait été au delà de tout ce que j'avais pu espérer… L'envie de l'embrasser avait été tellement forte que j'avais eu du mal à finir notre chanson, tant mon cœur était serré et ma gorge nouée.

Je n'avais pas le droit de la désirer ainsi.

Je me souvins qu'à l'époque déjà j'avais envie de la protéger, de la prendre dans mes bras et de ne plus jamais bouger.

J'avais envie d'être celui à qui elle aurait tout donné.

Son amour, ses baisers, son innocence, son cœur, sa vie… Mais ça n'était pas bien. Je n'étais pas bien pour elle. Pas assez stable, pas assez calme, pas assez… Pas assez tout.

Il ne me restait qu'une chose à faire pour l'oublier... et partir allait m'y aider.

Couper les ponts avec elle était la solution.

Tout du moins, c'était ce que je croyais.

La nuit, elle m'obsédait... Le jour, elle me hantait.

J'entendais son rire, sa voix. Je l'imaginais vivre, loin de moi. Je l'imaginais vivre ses premiers amours, ses premières fois et la colère que je ressentais dans ces moments-là n'avait pas d'égal.

Je devais me résigner à vivre ma vie de mon côté, sans elle... loin d'elle.

Une année était passée, une deuxième, une troisième… puis dix.

Je ne voulais plus rentrer.

La voir vivre sans moi, exister sans moi, peut-être même faire sa vie avec quelqu'un d'autre que moi m'était insupportable.

Qu'allais-je faire, si elle m'invitait à son mariage ? Serais-je capable de rester, là, debout, l'observant se donner à vie à un autre ? Ça n'était pas envisageable... pas tolérable. Insupportable.

Bien sûr, j'avais eu des aventures, passant de fille en fille, ne me souciant de rien. Je ne voulais pas de relation, je ne voulais pas m'engager dans quoi que ce soit.

Vivre ça sans Elle n'était pas acceptable… jusqu'à Victoria.

Par un hasard peut-être glauque, elle lui ressemblait par certains aspects de sa personnalité : sa douceur, ses paroles spontanés, sa manière de parler… Son humour, peut-être, aussi…

J'avais essayé de me perdre dans ses bras, mais rien n'y avait fait…

J'aurais pu tomber amoureux d'elle, m'en contenter.

J'aurais pu, si elle n'avait pas décidé seule de tuer notre enfant, finir par faire d'elle ma femme, et vivre avec elle une existence tranquille.

J'aurais pu vieillir avec elle, dans une résidence calme au sud d'Adélaïde.

Mais quand mes yeux se posaient sur elle, quand je voyais ma vie avec elle, quelque chose manquait. Ça n'était pas suffisant, et je le savais. Peu importe combien je voulais m'investir dans notre relation, combien je voulais l'aimer, ça ne suffisait pas.

Son avortement avait bouleversé ma vie bien plus que tout ce qui m'était arrivé depuis plusieurs années…

Cet enfant ressemblait à une chance, une raison de me battre pour vivre.

Cet enfant était, en fait, sûrement ce qui aurait pu me sauver de cette colère, de cette rancœur qui semblait m'engloutir par moment.

Et Bella n'était pas là.

Elle n'était plus là et par cet enfant, par mon enfant, j'aurais eu une nouvelle raison de vivre.

J'étais heureux rien qu'à imaginer que j'allais pouvoir le voir grandir et prendre soin de lui ou d'elle, ça n'avait pas d'importance au fond. Je faisais des projets… ce gosse me donnait envie d'avoir des projets, des ambitions… Mais jamais je ne le verrais grandir, jamais je ne pourrais jouer au foot avec lui, ou l'accompagner à sa première rentrée scolaire… Et cela avait anéanti l'espoir en moi.

Avant l'accident de Sam, ma vie était simple.

J'avais la musique, des filles, le groupe et les gars, les concerts, et le public toujours au rendez vous. On faisait des petites salles aux quatre coins du monde, et ça nous suffisait.

La musique était toute ma vie, et ça me comblait comme personne ne pouvait le faire.

Personne, sauf elle… j'en étais certain.

Mais il y avait eu l'accident, et mes colères du passé avaient ressurgis.

Ces colères qui me dévastaient pour un rien, cette violence qui prenait le dessus, souvent. Cette détresse qui m'engloutissait un peu plus à chaque fois.

Mes colères du passé étaient revenues, elles m'avaient rattrapé alors que je pensais que tout ça était derrière moi.

J'en voulais à mes parents pour tout ce qui s'était passé. Je leur en voulais de m'avoir envoyé loin d'eux, et surtout loin d'Alice.

J'en voulais à Alice, de n'avoir rien fait pour empêcher tout ça, même si je savais pertinemment qu'elle n'était qu'une enfant à cette époque-là.

J'en voulais à James, mon ami, mon frère qui m'avait entraîné dans ces soirées délurées où je m'étais perdu.

J'en voulais aux femmes avec qui j'avais couché, j'en voulais à mes amis, au groupe, au monde entier.

J'en étais même arrivé à en vouloir à la musique.

Parce que j'étais seul, parce que la colère que peut ressentir un adolescent ne m'avait jamais totalement quitté.

Parce que mon ami, mon frère par la musique, l'homme avec qui je faisais les routes depuis 5 ans était mort dans un accident de voiture, écrasé par un camion.

Parce que la vie lui avait été arrachée alors que sa femme attendait leur premier enfant dont elle, elle voulait.

Parce que j'avais veillé sur lui pendant les 24h les plus longues de toute ma vie pour qu'au final il ne survive pas.

Parce qu'il aurait mérité de voir grandir cet enfant qui ne le connaîtrait jamais qu'à travers les souvenirs d'Emily, sa femme.

Sam, mon Sam… mon pote.

Le groupe s'était dissout, on ne pouvait plus jouer sans Sam.

Ça n'était pas technique, c'était psychologique.

Jouer sans lui n'était pas possible, pas acceptable.

Avec Marcus et Tom, nous étions tombés d'accord… le groupe ne pourrait plus exister maintenant.

C'était fini.

Un matin, la musique avait fini par m'en vouloir aussi.

Elle m'avait quitté, tout simplement.

Je m'étais réveillé en me rendant compte que je n'écrivais plus, que je ne composais plus depuis des semaines, que je ne jouais plus non plus. Je n'arrivais pas à trouver une explication à ça, et, finalement, j'avais abandonné l'idée de comprendre pourquoi la musique n'était plus là. Je savais que peu importe l'explication qu'on me donnerait, ça ne serait pas suffisant.

La musique avait fini par me déserter et personne ne pouvait rien y faire.

Mon retour en Californie m'avait fait du bien.

Retrouver Alice m'avait rendu joyeux, j'avais eut envie de rire à nouveau.

Retrouver mes parents avait été agréable, et ma colère contre eux restait bien au fond de moi quand je les serrais contre moi.

J'avais trouvé un appartement dans le centre de L.A. Retrouvé des amis du passé, des filles, aussi. Le boulot manquait mais l'argent des tournées avec le groupe me promettait pas mal de mois de tranquillité, et j'en profitais.

Les semaines avaient passées, mais cette sensation de vide en moi ne s'en allait jamais.

Je n'étais pas en paix, mais j'allais bien.

Je voyais Alice le plus souvent possible, et elle me faisait du bien. J'avais désespérément besoin de rattraper ces longues années sans elle.

Alice m'avait dit que, pendant un mois, elle et ses amis s'invitaient dans la maison sur la plage. Elle m'avait invité à me joindre à eux.

Je savais que Bella serait là. Je savais que j'allais obligatoirement la voir et passer du temps avec elle.

Je savais.

Mais l'après midi où j'avais vu sa silhouette assise sur la plage, mon cœur avait bondi de manière inexplicable et mes mains étaient devenues moites. Elle était désormais une femme, je le savais, mais le voir de mes propres yeux, voir ses longs cheveux bruns tomber en cascade sur son dos avait réveillé des sensations en moi que je pensais inimaginables.

Je me sentais bien… Mieux, beaucoup mieux.

Et quand ses yeux avaient trouvé les miens, j'avais eu l'impression que tout prenait un sens. Que tout ce que j'avais pu vivre par le passé s'était déroulé pour une raison, et la raison n'était autre qu'elle.

Une évidence. Mon évidence.

La paix m'avait envahi en croisant ses yeux marron… Tellement profonds, tellement expressifs de tout ce qu'elle pouvait ressentir.

Plus les heures passaient, plus les souvenirs du passé m'envahissaient, plus mon corps la désirait.

La vie nous avait changés, elle comme moi le savions mieux que personne.

Mais la réalité était saisissante : je la voulais, elle.

Plus que je n'avais jamais voulu personne.

Chacun de ses gestes, chacun de ses regards, chacun de ses rires me coupaient le souffle.

J'avais pensé naïvement que les années loin d'elles m'auraient immunisé contre tout ça… Je pensais qu'avec le temps, l'effet et les sentiments qu'elle déclenchait en moi à l'époque se seraient estompés. Mais tout était aujourd'hui plus violent, encore plus dévastateur… quel genre de pouvoir avait-elle sur moi ?

Je revins à la réalité quand sa main caressa ma joue du bout de ses doigts tremblants.

Je revins à cette réalité, la notre, dans laquelle son corps contre le mien me brûlait. Mon regard retrouva le sien, brillant d'une émotion à peine contenue.

- Je reste là, murmurai-je contre ses lèvres avant de l'embrasser.

Je me souvins avoir rêvé de faire ça des milliers… non, des millions de fois.

Son corps à proximité du mien toutes ces fois, ses lèvres sur ma peau, ma bouche sur la sienne. Ses sourires, ses yeux qui trahissaient ce qu'elle ressentait. Cette étincelle, parfois, que j'y voyais quand nos corps s'effleuraient, ses hésitations à me toucher, à me parler aussi quelquefois… Les réactions de son corps qu'elle combattait, les tremblements qu'elle tentait de cacher.

Il était tellement facile pour moi de lire en elle.

Je voyais tout... Je sentais tout.

J'avais cédé à tout ce que j'avais toujours ressenti, j'en étais certain maintenant, ce matin là dans le hall d'aéroport. La sensation de ses lèvres sur les miennes était indescriptible.

C'était flagrant que j'étais né pour l'embrasser. La toucher était évident. Lui parler l'était aussi. La faire rire et la regarder vivre l'était d'autant plus.

La musique était revenue grâce à sa peau, j'en étais certain.

Mes doigts avaient joué sur mon piano pendant des heures et j'avais l'impression de ne plus pouvoir m'arrêter de composer, d'écrire, et j'aimais ça. Putain c'que j'aimais ça…

J'avais des milliers de choses à dire, des milliers de choses à jouer.

- Je ne partirai plus, soufflai-je doucement contre sa bouche quand elle ouvrit les yeux pour me regarder.

- Ne pars plus… jamais… murmura-t-elle en agrippant doucement les cheveux de ma nuque.

Sa voix, cassée et tremblotante, tordit mon estomac. Elle semblait tellement… bouleversée.

- Je… je suis là, répétai-je en passant une main sur son front avant de la glisser dans ses cheveux.

Nos bouches se retrouvèrent à nouveau dans un baiser brûlant et je sus… Je n'avais jamais ressenti ça. Pour personne.

Personne n'avait fait battre mon cœur si vite, personne ne m'avait autant émerveillé de la sorte. Personne ne me donnait l'impression d'être vivant comme ça, personne ne m'avait donné la sensation qu'on me tordait les entrailles comme ça.

Je devais prendre mon temps, pour elle, pour nous… Je le devais… Mais je ne pouvais pas… j'avais trop attendu pour l'aimer, trop attendu pour sentir sa peau contre la mienne, trop attendu pour l'embrasser comme ça, pour lui faire l'amour comme ça…

Le désir semblait me broyer et l'attente de l'avoir entièrement possédait mon être.

Et alors que mon corps épousait parfaitement le sien, je me mis à penser que la seule chose dont j'étais certain dans ma vie, c'est qu'elle et moi étions liés.

C'était elle, mon évidence, ma chance… notion de justesse et d'éblouissement inouïe.

Personne au monde n'était comme elle… personne.


On resta silencieux pendant les minutes qui suivirent notre étreinte. Je pus reprendre mon souffle lentement, ses yeux ne quittant jamais les miens.

Ma main caressait sa hanche lentement, presque distraitement alors qu'elle reprenait son souffle difficilement.

Mes doigts effleurèrent ce corps que j'avais tant désiré sans jamais l'avoir eut avant de remonter dans son cou. Sa peau frissonna sous ma caresse, affola mon cœur.

La profondeur de ses yeux s'intensifia quand je me penchai vers elle pour l'embrasser.

Ce baiser me fit penser à celui que l'on avait échangé pour la première fois à l'aéroport. Je restai léger et il me sembla qu'elle ne voulait pas pousser plus loin non plus. Je savourai simplement le goût et la douceur de ses lèvres.

Et puis, la réalité me percuta.

Tout allait changer maintenant. Absolument tout. Je pensai à ce qu'on venait de faire et aux conséquences de nos actes… Tout serait désormais différent.

Quand je quittai sa bouche, son souffle rapide percuta mes lèvres et je frissonnai légèrement, me demandant ce qu'elle pouvait bien penser de tout ce qui s'était passé entre nous ces derniers jours… et cette nuit.

Était-elle réellement consciente de ce que nous faisions ? Allait-elle le regretter ? Je réalisai avec ironie que si c'était le cas, je ne pourrai jamais m'en remettre.

- On... on aurait pas du... commençai-je avant que ses lèvres ne me coupent.

Elle recula légèrement, une lueur inquiète dans les yeux.

- Dis pas ça... s'il te plaît, supplia-t-elle doucement.

Elle passa sa main sur mon front pour dégager les cheveux qui y étaient négligemment tombés. Ses gestes étaient si tendres… Les questions et l'inquiétude tourbillonnèrent dans ma tête, me faisant trembler contre elle. Son regard fouilla le mien, puis elle fronça légèrement les sourcils.

- Arrête, ordonna-t-elle.

Je sus alors que c'était sans appel.

Pendant un moment, elle s'assit dans le lit, presque au ralenti. D'un geste de la main, elle rabattit le drap contre elle. Je crus la voir rougir quand je fronçai les sourcils. Pourquoi me cachait-elle la vue de ce corps superbe ?

Je m'assis à mon tour, conscient de son regard sur moi, et du silence presque pesant entre nous. Elle me dévisagea, et, brusquement, plus rien au monde ne semblai pouvoir lui échapper. Avec ses yeux là, sombres et envoutants, j'étais à genoux pour elle.

Ses pensées et ses inquiétudes dansèrent dans ses yeux. Son regard se fit légèrement plus dur : j'allais me prendre la raclée du siècle.

Au lieu de ça, elle se pencha vers moi pour m'embrasser.

Je me figeai, surpris.

Voilà un exemple des réactions qui me surprenaient autant qu'elles me ravissaient, chez elle. Ma main sa posa contre sa nuque pour la maintenir le plus longtemps possible contre mes lèvres.

J'avais envie de la protéger, de me protéger… de nous protéger. Je voulais garder ce qui se passait secret, je voulais profiter d'elle un maximum sans que tout le monde s'en mêle.

Je voulais le faire pour elle, réussir à la mettre assez en confiance pour qu'elle s'ouvre à moi totalement.

- J'ai pas envie que quiconque soit au courant de ça… murmurai-je sur sa bouche.

Elle fronça légèrement les sourcils en clignant des yeux, comme si elle avait du mal à reprendre pieds avec la réalité. Je n'étais pas le seul à ressentir ça.

- D'accord.

- D'accord ? répétai-je, surpris qu'elle accepte si facilement.

- Oui, d'accord, je ne dirai rien. Mais ne me dis plus que tu regrettes ce qu'on a fait.

S'il y a bien une chose que je ne regretterai jamais dans ma vie, c'est bien ce qu'elle et moi venions de faire.

Je pris son visage en coupe et sentis son souffle s'accélérer.

Je cherchais mes mots un moment, ses yeux ancrés dans les miens, dévorant lentement mais surement mon cœur.

- Cette nuit… a été la meilleure de toute ma vie, et je ne parle pas que de sexe.

Elle rougit furieusement. Je la dévisageai quelques secondes, savourant ce que je ressentais face à elle avant d'embrasser chastement ses lèvres. Quand je reculai, son air presque abasourdi me fit sourire.

J'adorais terriblement la voir rougir.

- Bien que le sexe avec toi soit vraiment…

Je pressai une nouvelle fois mes lèvres contre les siennes. Mon désir pour elle ressurgit, violent, dévastateur.

- Jouissif, soufflai-je contre sa bouche avant que le bout de ma langue n'en dessine les contours.

Elle gémit à nouveau contre mes lèvres avant que je n'aspire sa lèvre inférieure.

Mes mains atteignirent les siennes, restées contre le drap qui cachait sa poitrine. Elle me laissa faire quand je la découvris.

L'allongeant sur le dos, je me faufilai entre ses jambes, savourant la chaleur de son corps qui semblait irradier.

Ma bouche retrouva la sienne, nous faisant gémir d'un même ensemble. Je l'embrassai avec toute l'envie qu'elle me faisait ressentir, ayant du mal à contenir mon désir pour elle.

Elle se cambra contre moi quand ma langue épousa la sienne, son corps se cambrant contre le mien sans peine. Je la caressai avec lenteur, appréciant sa chaleur et son humidité, avant d'entrer légèrement en elle.

- S'il te plaît… Edward… gémit-elle en se tordant sous moi.

- Dis moi ce que tu veux, soufflai-je contre son cou.

Malgré les réactions de son corps à proximité du mien, je voulais être sûr que c'était ce qu'elle voulait vraiment.

- J'ai… je veux…

Elle se cambra contre moi, incapable de parler. Je reculai pour pouvoir la regarder, me noyant dans son regard vitreux. Le cœur battant presque douloureusement dans ma poitrine, je serrai les dents face à tout ce qu'elle provoquait en moi.

- Dis le… gémis-je presque, tant l'avoir si près de moi sans pouvoir être complètement en elle était douloureux.

Elle gémit encore une fois et mes doigts glissèrent le long de son corps pour atteindre sa féminité que je caressai lentement. Elle creusa son dos pour en avoir plus. Mes lèvres effleurèrent les siennes quand un soupire passa sa bouche tremblante.

- Toi… en, en moi, s'il te plaît…

Je souris sur ses lèvres, incapable de rejeter ce sentiment violent de joie à ses mots, avant de m'enfoncer complètement en elle d'un coup de rein.

Tout son corps se souleva contre le mien.

Etre en elle est encore meilleur que la première fois. Ma bouche retrouva la sienne dans un baiser profond tandis que nos corps humides se mouvaient l'un contre l'autre.

Elle s'endormit contre moi, sa tête posée sur le haut de mon torse, son bras en travers de mon ventre, sur lequel sa main fit des petits cercles jusqu'à ce qu'elle s'endorme.

Le fait qu'elle soit mienne était… enivrant, exaltant.

J'avais envie de le crier sur tous les toits, j'avais envie d'aller réveiller ma sœur, Jasper, Rosalie et même Emmet pour le leur dire. J'avais une terrible envie d'appeler ma mère pour lui dire qu'une femme me faisait sentir heureux comme jamais… Hurler au monde entier que la femme qui dormait contre moi était mienne et que j'allais tout faire pour qu'elle le reste.

Quand je m'endormis, un sourire qui ne pouvait plus me quitter sur les lèvres, je réalisai qu'un homme amoureux avait les pensées les plus idiotes qui soient.


Je m'éveillai en sursaut quand on frappa à ma porte.

J'eus deux réactions.

La première : un éblouissement total. Bella dormait encore contre moi, son visage d'ange totalement détendu, un petit sourire discret figé sur ses lèvres, ses jambes mêlées aux miennes. Comme si elle rêvait à quelque chose d'agréable. En l'observant une brève seconde, je me détendis immédiatement, mais les coups recommencèrent, un peu plus fort.

Ma deuxième réaction ne se fit pas attendre : je paniquai légèrement, à l'idée que si c'était ma sœur et qu'elle ouvrait la porte pour nous trouver, Bella et moi, nus dans le même lit, elle ferait une attaque, c'était certain.

Le plus délicatement possible, je me dégageai du lit et enfilai mon pantalon de jogging qui traînait là.

Je marchai à tâtons à travers la pièce, uniquement éclairée par la faible lumière de la lune dehors et par le fin trait de lumière qui filtrait sous la porte. Je l'ouvris prudemment et y passai la tête pour voir un Jasper avec les cheveux en pétard et la mine inquiète.

- Qu'est ce qui se passe ? demandai-je doucement, à voix basse, en coinçant la porte à l'aide de mon bras pour qu'il ne puisse pas voir à l'intérieur de la chambre.

Il ne manquerait plus qu'il voit Bella dans mon lit, et s'en était fini de la discrétion de notre relation…

- Rose a des contractions régulières depuis quelques heures, expliqua-t-il.

Il passa une main dans ses cheveux nerveusement… tic qu'il m'avait volé.

- Oh, merde… elle n'est pas à terme pourtant ?

Un cri résonna dans la maison, suivi de plusieurs insultes.

Rosalie.

Je frissonnai en pensant à une Rose qui souffrait… Pire qu'une Rosalie en colère.

- Non, mais apparemment c'est parti là… donc, Emmet va la conduire à l'hôpital… Alice et moi l'accompagnons, on ne sera pas trop de trois pour la… gérer… Tu nous rejoins avec Bella quand elle est revenue ?

- Revenue ?

- Elle n'est pas dans sa chambre… elle a du aller faire un tour sur la plage, ça lui arrive souvent…

Et merde…

Je jetai un coup d'œil, sans pouvoir m'en empêcher, derrière moi, sur une Bella dormant toujours à poings fermés, le visage enfoncé dans mon oreiller.

Quand je retournai au visage de Jasper, un sourire fleurit sur son visage.

- Euh… OK, soufflais-je doucement, presque d'un ton nonchalant.

- Hum… tu lui diras de s'habiller…

Re merde…

- Jazz…

- J'ai rien vu, affirma-t-il en reculant légèrement pour partir.

Un sourire sadique sur les lèvres… Il savait que Bella était là.

- C'n'est pas…

Je me tus.

Bien sûr que si, c'était ce qu'il croyait… Je lui avais parlé, quelques jours plutôt, de l'attirance toujours plus frustrante et désarmante que j'éprouvais pour elle. Jasper était un homme qui savait comment pousser à la confidence… je réalisai aujourd'hui que j'aurais peut-être mieux fait de me taire.

- Ce n'est pas ? rigola-t-il en partant vers les escaliers.

- Je ne dirai rien. Va donc t'occuper de conduire Rosalie à l'hôpital avant qu'elle ne tue son mari, soupirai-je en entendant Rose insulter Emmett qui, apparemment, paniquait totalement.

- On en reparlera, Cullen !

Je levai les yeux au ciel quand il descendit les escaliers.

Je détestais ce type et j'allais lui faire payer ça.

Mais, pour l'instant, on avait des choses plus importantes à régler : Rosalie et le bébé.

Je refermai ma porte en soufflant.

Pour la discrétion, tu repasseras Cullen !

Je regagnai mon lit après avoir enfilé un jean et un T-shirt et m'allongeai de façon à être au dessus de Bella sans l'écraser, appuyé sur mes mains, positionnées de chaque côté de son visage.

J'embrassai son épaule dénudée du bout des lèvres pour la réveiller en douceur. Je savais que pour elle, apprendre que Rose était en chemin pour l'hôpital allait être difficile à gérer émotionnellement… Je savais à quel point elle l'aimait.

Elle grogna légèrement, son corps brûlant de sommeil réchauffant le mien doucement.

- Bella ? Faut que tu te lèves…

- Hum… non, s'te plaît, gémit-elle en passant sa main dans les cheveux de ma nuque.

Je souris en frottant ma joue contre la sienne.

- Il est encore tôt, murmura-t-elle en faisant glisser sa main sur ma nuque, puis sous mon vêtement.

- Rose a des contractions, va falloir qu'on les rejoigne à l'hôpital, dis-je calmement, réprimant un frisson.

- Quoi ? sursauta-t-elle en se relevant d'un coup, m'obligeant à me redresser pour m'asseoir.

- Pourquoi tu ne me l'as pas dit tout de suite ? s'écria-t-elle, en sautant du lit pour récupérer ses vêtements par terre.

Alors que je l'observais les enfiler, mon cerveau eut du mal à réagir.

- Je… Ils viennent de partir, on a juste à les rejoindre.

- Juste à les rejoindre ? Edward on n'a pas juste à les rejoindre c'est… c'est ma meilleure amie qui est sur le point d'accoucher d'un bébé d'à peine 8 mois comment tu peux dire qu'on…

Je ne la laissai pas finir.

En deux enjambées, j'avais pris son visage en coupe et je l'embrassai.

Pour la réduire au silence, et parce que j'en avais terriblement envie… surtout.

Quand je reculai de quelques centimètres, ses yeux étaient clos et sa bouche entrouverte.

Comment faisait-elle pour que j'ai encore envie d'elle ?

- Ça ne sert à rien de paniquer. On va aller les rejoindre et tout ira très bien. Le bébé et Rose vont aller parfaitement bien, je te le promets. De plus, tu ferais mieux d'aller t'habiller, avant que je ne déchire ce qui te sert de pyjama pour te faire des choses que l'on n'a malheureusement pas le temps de faire maintenant…

Elle hocha doucement la tête en rougissant et j'embrassai furtivement ses lèvres.

Quand elle quitta la chambre, je m'assis sur le lit en me sentant à l'étroit dans mon jean. Quel genre de pouvoir avait-elle sur moi pour me faire cet effet-là, avec juste un baiser et ses putains de jambes dénudées ?

Je me laissai tomber en arrière sur mon lit, son parfum m'enveloppa.

Je souris comme un idiot, pensant à nos corps étroitement enlacés.

Je jetai un coup d'œil à mon entre-jambe avant de siffler. Putain.

Un rire m'échappa quand je posai un bras sur mes yeux, cette femme serait ma perte.


Le trajet jusqu'au California Hospital se fit dans un silence angoissant. Bella était perdue dans la contemplation de la ville, encore endormie à cette heure-ci de la matinée, et elle ne cessa de triturer ses mains nerveusement. L'aube serait levée d'ici une heure à peine. Arrêtés un énième feu rouge, je lui pris la main.

- Tout ira bien.

Elle me regarda de biais avant de baisser les yeux sur nos mains.

Le feu passa au vert et je démarrai, un peu plus pressé…

L'arrivée de ce bébé n'était pas prévue pour maintenant, et sans jamais oser le dire à Bella, cela m'inquiétai aussi.

- Elle… Rosalie a toujours été la plus forte de nous trois, souffla Bella d'une petite voix. Je sais qu'elle y arrivera… c'est juste…

- Je sais.

- J'espère que tout ira bien, c'est tout.

- Tout ira bien, assurai-je pour la deuxième.

Elle hocha la tête, ses yeux me scrutant avec une douceur inédite.

Un petit sourire prit naissance sur son visage quand elle porta nos doigts liés à sa bouche pour y poser un baiser.

Quand on franchit les portes de l'hôpital, ma gorge se serra. Je détestais cet endroit. J'eus une pensée pour Sam, et Bella prit ma main dans la sienne doucement lorsque je baissai les yeux vers elle. On échangea un sourire complice mais triste avant de demander dans quelle chambre était Rosalie à l'accueil.

Bella était de plus en plus nerveuse pendant qu'on rejoignait nos proches.

Sa main n'avait pas lâché la mienne et cette boule dans ma gorge persistait.

- C'est vraiment n'importe quoi, s'écria une voix familière au moment où je poussais la porte de la petite salle dans laquelle trônait un lit sur lequel Rose, revêtue d'une de ces horribles blouses d'hôpital, grognait, les bras croisés sur sa poitrine.

Les autres étaient tous autour d'elle. Bella me lâcha et se précipita vers Rosalie, bousculant Jasper sur son passage, lequel me sourit ridiculement en me regardant la suivre des yeux.

Idiot.

- Ça va ? Et le bébé alors, il vient ? Est-ce que tu sais à combien t'es dilatée ? Qu'est-ce qu'ils ont dit pour sa prématurité ? Est-ce que tu…

Rosalie la coupa en posant une main sur sa bouche.

- Bella, respire.

Elle s'exécuta, nous tirant tous un sourire.

- Bien, tu es calmée ? demanda Rose sans pour autant enlever sa main.

Bella hocha la tête lentement puis Rosalie la libéra.

- Le bébé n'est pas pour maintenant, annonça Rosalie d'une voix douce.

- Pas pour maintenant ? Du genre… il va arriver quand ?

- Bella ! la réprimanda Rosalie. Arrête de paniquer ! C'était une fausse alerte apparemment… le médecin va venir dans peu de temps.

- Une fausse alerte ?

Rosalie reporta son attention sur moi. Bella lui prit la main sans la quitter des yeux.

- Oui, ils ont parlé du syndrome de… Barton j'sais pas quoi, acquiesça Emmett.

- Braxton Hicks, le reprit Alice en passant une main sur le front de Rosalie, de l'autre côté du lit.

- On s'en fout de son nom à ce con... rétorqua Emmet en asseyant son imposante carrure sur une des chaise d'une couleur verte très discutable.

- Ce qu'on doit retenir, c'est que le bébé n'arrivera pas aujourd'hui… poursuivit Jasper, son sourire d'imbécile toujours collé sur le visage.

- Fausse alerte, donc ? soupira Bella en me jetant un coup d'œil.

- Fausse alerte, confirma Rosalie en hochant la tête. Je veux juste rentrer et retourner dormir pour ma part.

- Je pense qu'il y en a d'autres dans ton cas, Rose… hein Edward ? Lança Jasper qui s'était approché de moi, me donnant un léger coup de coude dans les côtes.

- La ferme Jazz, gémis-je, en regardant l'aube naître par la petite fenêtre.

Je sentis le regard de Bella sur moi mais je ne voulais pas avoir cet échange silencieux avec elle, surtout quand tout le monde me regardait comme maintenant.

Un médecin d'une quarantaine d'année, grisonnant et bidonnant rentra dans la pièce, détournant l'attention de moi.

Je soufflai discrètement et posai les yeux sur Bella, qui fronça les sourcils. Je lui souris doucement, espérant calmer les interrogations dansant dans ses yeux.

- Bonjour à tous, vous êtes bien matinaux ! Docteur Amun… C'est moi qui m'occupe de votre dossier, sourit-il en agitant les papiers qu'il avait dans les mains. Je peux parler devant tout le monde ?

- Oui allez-y, ils sont de la famille, confirma Rosalie en souriant tendrement.

Le regard entre elle et Bella fut discret, mais je le vis.

- Bien, vous avez fait ce qu'on appelle des contractions de Braxton Hicks. Ce sont, en langage plus courant, ce qu'on appelle de "fausses contractions" ou le "faux travail" expliqua-t-il. Votre corps est en train de se préparer à accoucher, qui devrait arriver à la date prévue, d'après vos examen de ce matin…

Il lança un regard à l'assistante silencieuse que nous formions… Ce qui était d'ailleurs étonnant : je n'avais jamais vu Alice silencieuse aussi longtemps.

- C'est dû à quoi, Docteur ? demanda-t-elle.

Tiens, ça m'aurait étonné !

- Les fausses contractions ont tendance à survenir pendant les activités d'intensité modérée, lorsque vous sortez un sac du coffre de votre voiture par exemple… Changer d'activité semble une bonne solution pour calmer la douleur. Ainsi, allongez-vous si vous étiez debout, ou levez-vous et déambulez si vous étiez en train de vous reposer. Un bain chaud soulage agréablement de nombreuses mamans…

- OK, donc tout va bien ? résuma Emmett, tendu.

- Tout va bien, le rassura le médecin avec un sourire encourageant. C'est normal de paniquer, ça fait toujours ça au premier enfant… ajouta-t-il quand Emmett passa deux mains sur son visage en soupirant.

- Ne me refait plus jamais ça, lança-t-il à Rose, qui, en réponse, lui tira la langue de manière la plus puérile qui soit.

Je vis Bella rire légèrement, et je ne pus m'empêcher de sourire.

Elle semblait à présent sereine et c'était si bon de la voir ainsi.

- Vous avez d'autres questions ? demanda le médecin en fermant le dossier entre ses mains.

En l'absence de réponse, il quitta la pièce en nous souhaitant une bonne journée.

- On rentre maintenant ? soupira Rosalie en s'asseyant sur le bord du lit.

On ne se fit pas prier pour s'exécuter. Le trajet pour rentrer se fit dans un silence confortable. Plus de tension, plus d'anxiété. Bella se contenta d'enlacer nos mains sur sa cuisse et de regarder la ville qui s'éveillait. Le soleil donnait à sa peau une couleur rouge-orangée sublime, j'aurais pu passer des heures à la regarder.

Lorsque je me garais devant la maison, elle m'observa avant d'ouvrir la bouche.

- On… tu… enfin c'est… bredouilla-t-elle.

Elle rougit et se mordit la lèvre.

- On… je… enfin c'est… ? me moquai-je pour la faire sourire.

Ce qui marcha. Je portai ses doigts à ma bouche quand elle me traita d'idiot.

- Tu veux… faire quoi ? demanda-t-elle doucement, ses yeux fouillant dans les miens.

Je ne compris pas l'hésitation que je vis danser dans ses prunelles sombres.

- Dormir serait une bonne chose, avouai-je en réprimant un bâillement.

Elle sourit en passant sa main dans mes cheveux, juste au dessus de mon oreille. Mon corps fut parcouru de délicieux frissons, et je m'autorisai même à fermer les yeux quelques secondes pour profiter de son contact.

- Je suis d'accord sur le principe, sourit-elle en rosissant, ce qui me fit froncer les sourcils.

- Sur le principe ? m'enquis-je en arquant un sourcil.

Elle hocha la tête, baissant les yeux sur ses cuisses en rougissant un peu plus.

- Ça veut dire que tu… dormirais bien avec moi pour quelques heures encore ? continuai-je en souriant comme un idiot.

Son regard retrouva le mien. J'eus du mal à réfléchir correctement devant sa profondeur et le désir que j'y lisais. Je m'entendis déglutir presque difficilement, soudain sérieux. Pourquoi me faisait-elle toujours, toujours cet effet de dingue ?

- Je pense… pouvoir répondre à ta requête, m'amusai-je en me penchant pour l'embrasser.

Elle gloussa contre mes lèvres, avant de passer ses deux mains dans mes cheveux dans l'unique but de me rapprocher au plus près d'elle. Je réalisai qu'on était encore dans la voiture quand le levier de vitesse m'empêcha de me coucher sur son corps.

- On devrait…

- Oui, murmurai-je en la lâchant.

On échangea un sourire avant de sortir de la voiture.

Les autres n'étant pas encore arrivés, puisqu'ils étaient partis après nous de l'hôpital, nous étions donc seuls…

Je poussai Bella à grimper en vitesse les escaliers, sous son rire joyeux et détendu, avant de nous enfermer dans ma chambre.

Je tournai le verrou de façon à être sûr et certain que personne ne viendrait nous déranger.

Quand je me tournai vers mon lit, Bella y était déjà, allongée sur le dos, relevée légèrement sur ses coudes pour me regarder.

Ses cheveux tombaient en cascade, bouclés, sur son dos et ses épaules. La lumière qui filtrait par la fenêtre, teintant la chambre des couleurs de l'aube, la rendait presque irréelle. Ses yeux étaient sombres, envoûtants, mais un sourire persistait sur son visage.

Je m'allongeai au dessus de son corps, comme quelques heures plus tôt, et elle se recoucha dans la même position.

- Salut, sourit-elle en passant ses mains sur ma nuque.

- Salut, répondis-je sur le même ton, ne pouvant plus m'arrêter de sourire comme un imbécile heureux.

Ses mains dévièrent sur mes épaules, puis elle tira sur mon T-shirt pour m'en débarrasser. Je m'exécutai en le retirant d'une main, avant de le balancer dans la chambre. Ma bouche retrouva la sienne, me faisant gémir contre sa langue.

Cette femme allait être ma mort.

- C'était… quoi, avec Jazz, tout à l'heure ? demanda-t-elle soudainement alors que je laissai sa bouche pour son cou.

Je me redressai et haussai un sourcil, étonné par sa question… Pourquoi pensait-elle à Jasper pendant que je l'embrassais ?

- Tu es vraiment en train de me parler de Jasper alors que je m'apprête à te faire l'amour ? la questionnai-je, pour être certain d'avoir bien entendu.

Elle se mordit la lèvre au moment où je poussai mon bassin contre le sien.

- Je veux savoir… dit-elle, le souffle court.

Mes yeux fouillèrent les siens. Elle avait l'air heureuse… vraiment heureuse.

- Jasper est… au courant, pour nous deux, murmurai-je en reculant un peu, prenant appui sur mes mains.

- Vraiment ?

Je hochai la tête, attendant une réaction.

- OK… Je suppose que c'est pour ça qu'il a fait tout ces… trucs bizarres, souffla-t-elle en caressant ma joue puis ma tempe.

- Des trucs ?

- Hum… il me lançait des regards et des sourires… étranges, rigola-t-elle en passant ses doigts sur mon arcade sourcilière.

- Jasper est… étrange déjà, à la base donc…

Elle rit et ce son me tordit les entrailles. Elle était sublime.

Ses doigts glissèrent sur ma bouche.

- Nous avons fini de parler de Jasper ? m'enquis-je quand elle eut cesser de rire, son regard déboussolant dans le mien.

Elle hocha la tête, humidifiant ses lèvres et m'attira contre elle d'une main sur la nuque.