La fin de la matinée et le repas se déroulèrent de manière très... habituelle, finalement.

Alice, parfaitement remise de notre annonce, resta sur la plage pour profiter du soleil.

De temps en temps, je la surprenais à me regarder avec un sourire aux lèvres et un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait. Il suffisait qu'Edward, assis contre mon dos dans le transat, touche mes mains ou embrasse mon épaule pour qu'un petit couinement lui échappe.

Étais-je la seule à l'entendre couiner à chaque fois qu'il y avait un geste entre moi et Edward ? Plusieurs fois, j'envisageai de dire à Edward que sa sœur avait un problème mental mais je me ravisai.

On mangea une salade préparée par Rosalie sur la plage avant que les filles ne me forcent à rentrer pour me préparer pour notre après-midi shopping. J'enfilai un short court en jean bleu foncé et un tee-shirt terriblement grand sur lequel je fis un nœud au niveau de la taille, pour qu'il arrête de ressembler à une robe. Je m'échappai de justesse avant qu'elles ne me forcent à me maquiller.

Quand je retournai en bas, Edward était appuyé debout contre le canapé, ses longues jambes croisées recouvertes d'un jean sombre. Il portait également une chemise blanche à peine boutonnée, qui mettait en valeur la musculature de ses épaules.

Les bras croisés sur son torse, il fit glisser son regard sur mon corps avant qu'un sourire ne naisse sur son visage quand il rencontra mes yeux. J'étais presque certaine de baver devant ce sublime spectacle.

- Tu... tu viens avec nous ? demandai-je en avançant un peu vers lui.

- Je vous dépose en ville, j'ai deux-trois trucs à régler de mon côté, sourit-il en venant à ma rencontre.

- Oh… ok, soupirai-je, presque déçue.

- Je te promets qu'on aura bientôt l'occasion d'être nus dans une cabine d'essayage, me murmura-t-il en se penchant vers moi.

Sa bouche frôla la peau de mon cou, sa voix rauque me faisant trembler de la tête aux pieds alors que ses bras me ramenaient contre lui.

Mon cerveau se ramollit en même temps que mes jambes.

- Edward, dis-je doucement dans un quasi-gémissement.

Sa langue traça un chemin brûlant de la peau de mon cou au dessous de mon oreille.

- Ta façon de gémir mon prénom comme ça est vraiment indécente... Exactement comme quand j'étais en toi… souffla-t-il, perdu contre ma peau.

Mes yeux s'écarquillèrent avant que je ne me sente rougir vivement. Comment voulait-il que je reste de glace en me disant des choses pareilles ?!

Il se recula de façon à ce que ses yeux puissent sonder les miens, nos nez se caressant lentement. La respiration coupée, je le regardai quelques secondes sans bouger. Comment faisait-il pour provoquer tout cela en moi ? J'avais la sensation que mon cœur allait exploser tant il battait fort.

Son regard sombre passa de mes yeux à mes lèvres et il humidifia les siennes, pendant que sa main trouvait ma nuque. Doucement, il se pencha vers moi et je soupirai de bien-être quand sa bouche embrassa la mienne avec lenteur. Les yeux clos je profitai de la caresse lente de sa bouche.

Je posais mes deux mains à plat sur son torse lorsqu'il se recula, son cœur battant frénétiquement contre une de mes paumes. La chaleur de son corps à travers sa chemise m'électrifiait, me faisant lourdement frissonner.

- Get off my dick hein ? Sourit-il en jetant un coup d'œil à mon tee-shirt.

- Euh... ouais, c'était...

- A moi, je m'en rappelle. Je pensais l'avoir perdu...

Il m'écarta de lui en tenant mes mains pour mieux regarder ce fameux tee-shirt. En l'enfilant, j'avais oublié qu'il avait été à lui, par le passé. Je le lui avais piqué presque 11 ans plutôt parce que j'adorais ce tee-shirt... et parce que je portais déjà une admiration maladive à Edward. Je l'avais porté tellement souvent qu'il était à présent plus identifié à moi qu'à lui.

- Il te va mieux qu'à moi, dit-il en me faisant tourner sur moi-même.

Je grimaçai en pivotant sur mes pieds jusqu'à être à nouveau face à lui.

Encore une fois, je me sentis rougir.

- Quoi ? demanda-t-il, perplexe.

- J'ai déjà l'air idiote de t'avoir dérobé ce tee-shirt alors si en plus tu me fais danser ça va être... vraiment gênant.

Son sourire en coin apparut. Il pencha la tête lentement pour me jauger.

- Madame n'aime pas danser ?

- Je ne sais pas danser, le corrigeai-je pendant qu'il faisait glisser ses mains sur mes hanches.

Mon corps se réchauffa immédiatement. Je sentis mes muscles se détendre quand il me tira à lui, son corps contre le mien.

- Tu peux apprendre, souffla-t-il doucement, son corps poussant le mien à bouger légèrement de droite à gauche.

- Edward, je ne suis pas sûre...

- Laisse-moi faire, tout est dans le cavalier, promit-il, son sourire ne quittant pas ses lèvres.

Dieu, ses lèvres...

Ses mains glissèrent dans les miennes et il noua nos doigts.

Mon cœur reprit un rythme effréné quand il nous fit bouger sensuellement de gauche à droite, son regard ne lâchant pas le mien. Son sourire persistant sur son visage, je finis par me détendre contre lui, obnubilée par son regard profond et tendre.

- Tu danses... et sans musique... commenta-t-il au bout d'un moment.

- Tout est dans le cavalier, l'imitai-je en souriant.

- Tu te débrouilles bien mieux qu'il y a quelques années, sourit-il en ignorant ce que j'avais dit.

Les images de sa mère cherchant, désespérément, à nous apprendre à moi et à Alice à danser apparurent devant mes yeux. Je grimaçai, le faisant rire.

- Alice a toujours été meilleure que moi, avouai-je en repensant à une mini Alice dans son tutu rose bonbon, tournant gracieusement sur elle-même.

- Seulement parce qu'elle a hérité de la grâce des Cullen...

Je levai les yeux au ciel devant son sourire arrogant. J'allais répliquer quand il embrassa ma bouche dans un sourire, avant de se reculer. Ses yeux d'un vert éclatant scrutèrent les miens avec attention, réduisant à néant mes pensées.

Un couinement retentit derrière moi et le regard d'Edward me quitta pour regarder -je devinais aux petits bruits étranges qui sortaient de sa bouche- Alice. Je me tournai pour la découvrir les mains croisées sous son menton, un sourire tellement grand sur la bouche que ses yeux se plissaient, disparaissant presque.

Elle couina à nouveau (mélange d'un cri hystérique et d'un gémissement) et soupira longuement, ses yeux passant de son frère à moi plusieurs fois.

- Tu voulais Alice ? demanda celui-ci en passant ses bras autour de ma taille pour attirer mon dos contre son torse.

Alice suivit le mouvement des yeux et se mordit la lèvre pour ne pas couiner encore une fois. Je retins un rire devant ses yeux qui nous scrutaient avec dévotion.

- Nous allons y aller, dit-elle rapidement. Vous êtes...

Elle soupira à nouveau, Edward embrassa mon épaule.

- Merci Alice, dis-je doucement quand je compris qu'elle ne dirait rien d'autre nous concernant.

Elle couina à nouveau et partit vers la cuisine en sautillant.

Je jure qu'elle sautillait littéralement.

- Si j'avais des soupçons tout à l'heure, maintenant je suis fixée. Ta sœur est dingue, commentai-je quand elle disparut de ma vue.

Il rit puis dégagea mes cheveux de ses doigts pour embrasser ma clavicule, en tirant sur mon tee-shirt pour libérer ma peau. Ma respiration s'alourdit et la pièce gagna quelques degrés d'un coup.

Nirvana sauta sur le dossier du canapé et miaula, réclamant notre attention.

La bouche d'Edward quitta ma peau. Il se redressa avant de nous tourner vers elle. Elle se tortilla quand Edward la caressa.

Je l'enviai totalement.

Comment pouvais-je être jalouse d'un chat ?

Rosalie et Alice finirent par nous rejoindre pour partir.

Je soupirai lourdement quand on quitta la maison pour la voiture d'Edward.

Puis, je soupirai une nouvelle fois quand on monta dedans. Rosalie s'installa devant (et je lui fis remarquer que son prétexte d'être enceinte ne marcherait pas toujours) en nous laissant Alice et moi la banquette arrière.

Celle-ci me regarda avec des yeux de merlan frit pendant tout le voyage.

Je croisai souvent le regard d'Edward dans le rétroviseur, et à chaque fois, mon cœur sursauta.

Je soupirai à nouveau quand il se gara sur Hollywood Avenue pour nous déposer au centre commercial Hollywood & Highland Center.

Je soupirai, encore une fois, lorsque les filles sortirent de la voiture et firent claquer leurs portes en même temps. L'endroit grouillait de monde et la nervosité d'Edward m'atteignit directement. Je savais à quel point les endroits publics le mettait mal à l'aise... c'était l'inconvénient d'être musicien dans un groupe célèbre à travers le monde.

- Tout ira bien, sourit-il.

- Hum... on verra quand je serai rentrée...

Son sourire en coin revint et mon cœur se mit à battre plus vite.

- Ne les fais pas attendre, conseilla-t-il.

Je me détachai pour sortir.

- T'as raison. Bon... à tout à l'heure.

Il me sourit à travers le rétroviseur.

- A ce soir.

Je sortis de la voiture en soupirant encore une fois alors que je tombais sur Rose qui m'attendait les bras croisés, une expression réprobatrice sur le visage et Alice, un peu plus loin, tout sourire.

En commençant à les rejoindre, je levai les yeux au ciel. Cet après-midi allait être le plus long de toute ma vie.

- Hé ! Bella ? s'écria Edward derrière moi en baissant sa vitre teintée.

Je me tournai pour regarder sa main sortit de la voiture. Son index me fit signe d'approcher. Quelques personnes se tournèrent vers lui, parce que son cri n'avait pas été discret et je me sentis rougir en le rejoignant.

Quand il sortit légèrement la tête de sa fenêtre, je me baissai à sa hauteur.

J'entendis Rosalie se racler la gorge, vaguement agacée, quand Edward posa sa main sur mon visage pour me rapprocher du sien. Mon souffle se coupa quand il effleura mes lèvres des siennes.

- C'est sûrement ridicule mais tu me manques déjà, murmura-t-il après s'être écarté de quelques centimètres.

Ma main accrocha son poignet, qui tenait mon visage près du sien, et je pressai mes lèvres contre les siennes.

- Toi aussi, soufflai-je en voulant m'éloigner.

Il me tira contre ses lèvres, m'embrassant sans se poser de question. Je m'entendis gémir lorsque sa langue caressa ma lèvre inférieure.

Quand je me reculai, le souffle court, un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

Mon ventre me tirailla soudainement et mes paumes devinrent moites.

Une sensation d'angoisse me prit à la gorge. Je quittai le regard profond d'Edward pour apercevoir une silhouette de l'autre côté de la rue. Mon cœur se figea et une sueur froide coula dans mon dos.

Un bus passa sur le boulevard. Quand mes yeux retrouvèrent le trottoir d'en face, la silhouette avait disparu.

- Est-ce que ça va ? demanda Edward.

Sa voix inquiète fit revenir mes yeux sur son visage. Je lâchai sa main en reculant d'un pas, tétanisée.

- Je t'appelle depuis un moment mais tu... Bella ? Qu'est-ce que tu as ? S'inquiéta-t-il encore.

Je secouai la tête, peinant à retrouver la réalité.

Je devais avoir rêvé. C'était ça, j'avais rêvé. Il ne pouvait pas être là... Je me rapprochai d'Edward à nouveau, et embrassai furtivement ses lèvres.

Mon cœur s'apaisa derechef et je me détendis au contact de sa peau.

- Rien, rien c'était... J'ai cru avoir vu quelqu'un mais... j'ai dû me tromper, me repris-je rapidement en secouant la tête pour m'éclaircir les idées.

Edward fronça les sourcils, ses doigts caressèrent ma joue puis il m'embrassa encore une fois.

- T'es sûre que ça va ? Tu à l'air... bouleversée...

- C'est rien, assurai-je en acquiesçant un sourire pour le rassurer. Je vais bien.

Il hocha la tête doucement, même si son regard inquiet ne quittait pas le mien.

- Si... on te pose des questions nous concernant, dit-il en jetant un coup d'œil derrière moi, dis que notre vie privée ne regarde personne.

Je fronçai les sourcils et un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

- Les joies d'être Edward Cullen, soupira-t-il en désignant du menton un groupe de jeunes filles pas très loin qui nous regardait de manière impolie.

- Ok... je sors avec une rock star alors ? Demandai-je.

Il s'esclaffa brièvement.

- Allez, file avant que Rosalie ne t'arrache les ongles, conseilla-t-il en posant ses lèvres sur les miennes une dernière fois.

Il se remit en place au volant de sa voiture pendant que je reculais en le regardant démarrer puis s'enfoncer dans la circulation.

Il me manquait déjà… qu'avait-il fait de moi ?

Quand je me tournai, Alice me regardait comme si j'étais la huitième merveille du monde, Rosalie comme si j'étais l'insecte le plus insupportable du monde. Je les rejoignis en traînant des pieds, cette sensation d'angoisse revenant lentement dans mon corps, comprimant mon cœur.

Une blonde me coupa la route, me faisant sursauter tandis qu'elle se postait devant moi, les mains sur les hanches.

- T'es sa meuf ? demanda-t-elle brusquement, mâchant son chewing-gum la bouche ouverte.

Je détaillai son visage botoxé, ses lèvres et son nez refaits. Elle semblait figée dans cette expression vide et impassible.

- De quoi tu...

- Edward Sexy Cullen, t'es sa copine ou non ? Insista-t-elle, ses yeux marron fouillant les miens.

Je me mordis les joues pour ne pas rougir... ou lui en coller une. J'étais la seule à avoir le droit de dire qu'Edward était sexy...

et pas qu'un peu.

- Notre vie ne regarde personne, dis-je juste, avant de voir Rosalie et Alice se rapprocher pour voir ce qui se passait. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je suis attendue, soupirai-je en la contournant.

Elle et son énorme fausse poitrine.

Elle et son fond de teint de trois centimètres d'épaisseur.

Je la vis lever les yeux au ciel en faisant éclater son chewing-gum vulgairement.

Rosalie me prit par le bras en même temps qu'Alice, nous éloignant du petit groupe de filles nous épiant.

- Ok, ça c'était vraiment... bizarre.

- Hum... va falloir t'y habituer. Edward a tendance à être légèrement harcelé quand qu'il sort dans un lieu bondé, et surtout par des petites blondes innocentes, ironisa Alice tandis qu'on entrait dans la première boutique d'une longue série.

Quand on pénétra dans la sixième boutique (dois-je préciser que c'était une boutique de sous-vêtements chics ?) Alice m'avait déjà fait acheter deux robes (l'une noire, l'autre blanche), trois maillots de bain (un rouge, un bleu marine et un vert bouteille) et deux shorts en jean scandaleusement courts. J'hésitai sur le pas de la porte. Rosalie me poussa vers l'avant pour me faire entrer. Elle s'assit dans un fauteuil rouge pour se reposer pendant qu'Alice virevoltait dans le magasin, bizarrement aménagé de façon à ce qu'aucun angle n'existe. Tout était rond, même les portes.

Je me laissai tomber sur le fauteuil à côté de Rosalie en soupirant. Après un coup d'œil vers la vendeuse, qui regardait Alice aller et venir à travers le magasin avec un sourire sur le visage (à croire que ça n'était pas la première fois qu'elle venait ici), je fermai les yeux en posant mes deux bras sur mon visage.

C'était certain, je détestais Alice.

J'essayais de ne pas penser à la personne que j'avais cru apercevoir quelques heures plus tôt... ça ne pouvait pas être lui...

Il était censé avoir quitté le continent.

Il devait être partit, être loin... mais pourtant, l'angoisse qui me prit à la gorge lorsque j'y repensai me confirma mes plus grandes peurs... Il était là, j'en étais certaine. Au fond de moi, je le savais.

Mon portable vibra dans ma poche et mon sourire se fit immense envoyant que c'était Edward qui m'écrivait. Toute angoisse déserta mon corps d'un seul coup.

Toujours en vie ? Si ma sœur te torture, pense à moi qui t'attends sagement... E.

Je levai les yeux au ciel... Edward, sage ? Impossible.

Vraiment ? Sagement ? J'ai du mal à te croire... B.

Je sais être sage quand j'en ai envie... et les gars jouant à la console ne sont pas très... excitants. E.

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi mon cerveau, lisant ses mots, eut du mal à se concentrer sur autre chose que les images de lui contre moi ?

Tu veux un spectacle distrayant ? Nous sommes dans une boutique de lingerie... B.

Il n'y avait pas de raison que je sois la seule à souffrir...

Garde m'en pour ce soir... Tu me manques. E.

La punition était amplement méritée mais je ne pus m'empêcher de rougir. Et de sourire... grandement.

Tu viens nous chercher quand ? J'en peux plus de ta sœur... Tu me manques aussi. B.

Dans deux longues heures... Patience. E.

Je laissai tomber ma tête en arrière en soupirant avant de voir Alice revenir vers nous, une tonne d'ensemble dans les bras.

Si je m'en sors, rappelle-moi de tuer ta sœur. B.

Je t'aiderai... E.

Je rangeai mon portable dans mon sac quand elle arriva à nous et déposa le paquet de sous-vêtements sur le fauteuil qui restait.

- Bella... Cabine, ordonna-t-elle.

Je gémis en ne bougeant pas.

Elle soupira, Rosalie à côté de moi fit semblant de dormir en ronflant plus qu'il n'aurait fallu...

- Bella, dois-je te menacer de dire tout tes secrets honteux à Edward ?

J'ouvris un œil pour voir qu'elle était on ne peut plus sérieuse.

- Il en sait déjà pas mal, avouai-je en me sentant sourire.

- Mais il ne sait pas tout, intervint Rose en dardant un regard menaçant sur moi.

- Ok ! M'écriai-je ne me levant pour aller dans la cabine en vitesse.

Je refermai le rideau derrière moi et me déshabillai en soupirant... encore.

- Je t'avais dit que ça marcherait... souffla Rosalie, un sourire dans la voix.

- Mets ça, dit-Alice en passant un bras dans la cabine, au bout duquel pendait un ensemble bleu nuit.

En dentelle, totalement en dentelle.

- Hors de question que je mette ça devant vous ! Protestai-je.

Elle passa sa tête dans la cabine et me jaugea de la tête aux pieds.

- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu et ignorer que tu portes là…

Elle désigna ma poitrine de son doigt :

- … un soutien-gorge en coton ! Tu essayes ça, vite.

Je roulai des yeux en lui arrachant l'ensemble des mains.


- Alice ? Dois-je vraiment sortir de la cabine ? Demandai-je en m'observant dans le miroir après l'avoir enfilé.

Elle passa sa tête dans la cabine à nouveau et siffla en me regardant.

- T'es... vraiment canon, ça ne m'étonne pas qu'Edward ait craqué pour toi !

Rosalie passa sa tête de l'autre côté du rideau et m'observa à son tour.

- Oh... je suis jalouse.

Je roulai des yeux.

- Tu es juste enceinte Rose, ton corps redeviendra comme avant... Et le mien est juste... dépourvu de formes, grimaçai-je.

- J'espère, sinon je tue Emmett. Et toi, tu es une idiote.

Le rire cristallin d'Alice résonna dans le magasin.

- Tu le prends, affirma-t-elle en hochant la tête.

- Va falloir que j'appelle mon banquier, gémis-je en laissant tomber ma tête en arrière.

- Pour ?

- Je pense que je vais devoir faire un prêt pour tout ça !

Rosalie pouffa et Alice suspendit un autre ensemble en m'ignorant.

- Passe celui-ci.

- C'est...

- De la soie, oui, me coupa-t-elle pendant que je caressai le tissu d'une douceur incroyable.

- Je n'ai pas les moyens de m'acheter ça, Alice !

- Tututut, cadeau d'Edward ! s'écria-t-elle en brandissant la carte de crédit de celui-ci.

- Il te l'a vraiment donnée ? demanda Rose qui la regardait suspicieusement.

- Eh bien oui, il a dit qu'il payerait et je cite : Tout ce que j'aurai le droit de toucher… dont cet adorable ensemble, confirma Alice.

Je rougis jusqu'à la racine des cheveux en observant à nouveau mon corps dans le miroir. Rosalie hocha la tête en souriant puis sa tête disparut derrière le rideau.

- Allez, enfile moi ça ! s'exclama Alice en disparaissant à son tour. J'adore l'idée que ma meilleure amie sorte avec mon frère ! s'extasia-t-elle en tapant des mains.

L'après-midi allait être très, très long.

Finalement, je cédai pour l'ensemble en soie... en pestant contre Alice pendant la demi-heure qui suivit. Elle rajouta deux ensembles aussi indécents que le premier et une nuisette noire totalement transparente, qui me fit rougir rien qu'en la prenant entre les mains. Je sortis, soulagée de quitter ce magasin où ma capacité à rougir avait battu des records, avec, au total, 7 sacs dans les mains.

Mais ça n'était rien comparé aux paquets (et je n'en dirais pas le nombre parce que j'avais arrêté de compter au bout de 10 sacs chacune) que trimbalaient Rose et Alice.

On s'arrêta au Starbuck de la galerie pour se rafraîchir. La chaleur était presque suffocante. On commanda deux Mocha Frappuccino, et un Caramel Macchiato glacé pour moi. J'en avais l'eau à la bouche avant même de l'avoir sous les yeux.

- Oh mon Dieu... ce truc est... c'est... gémit Rosalie en aspirant lentement dans la paille, les yeux fermés.

- C'est orgasmique, admit Alice en goûtant le sien.

Je remuai ma paille dans ma boisson en les regardant s'extasier à chaque fois qu'elles en avalaient une gorgée, en essayant de ne pas faire comme elles. Ce truc était divin.

- C'est presque aussi bon que le sexe, avoua Alice.

Je manquai de recracher tout ce que j'avais dans la bouche.

- Si jamais Jasper apprend ça, Alice...

- J'ai dit presque ! Se défendit-elle en fusillant Rose des yeux.

- Mais tu l'as dit ! Lui fis-je remarquer.

Elle rougit légèrement.

- Bon, ça suffit. Jasper est un super, super, super...

- On a compris, la coupa Rosalie.

- Super, super, super, super... coup ! Continua-t-elle en l'ignorant.

Je levai les yeux au ciel. On recommença à marcher, ressortant dehors sous le soleil brûlant.

- Mais ce truc, s'écria-t-elle en positionnant son gobelet devant ses yeux, ce truc est... waouh ! C'est...

- On a compris Alice, répéta Rosalie.

- Ce n'est pas parce que tu es frustrée que tu dois me couper à chaque phrase, rétorqua Alice, acide.

Je levai les yeux au ciel à nouveau.

- Je ne suis pas frustrée ! s'écria Rosalie.

Quelques passants se retournèrent pour la regarder.

- Quoi ? demanda-t-elle à un gars qui recula avant de disparaître à grands pas.

Rosalie-la-terreur était de retour en ville... je voyais déjà les gros titres… J'étouffai un rire dans ma paille.

- Alors arrête de m'empêcher de parler... regarde Bella, elle est parfaitement comblée et elle comprend pourtant ce que je ressens en buvant ce fabuleux Frappuccino !

- Je...

- Peut être que Bella n'est pas satisfaite ! grogna Rosalie en me coupant.

Hein ?!

- Et alors ? Emmett McCarthy n'est pas doué, c'est ça ?

- Les filles...

- Emmett me fait des choses que vous n'imaginez même pas !

Trop d'informations.

- Ok, stop ! M'écriai-je en me plaçant entre elles. Bella vous écoute et en a marre que vous déblatériez sur sa vie sexuelle alors... s'il vous plaît, arrêtez !

Elles me dévisagèrent durant un moment.

- Et je suis parfaitement comblée, ajoutai-je, m'y sentant obligée.

Elle ne pouvait décidément pas insulter Edward de cette façon sans que je n'intervienne. Alice me prit par l'épaule et couina encore une fois. Je pensais pourtant que ça lui était passé...

- Edward est doué à ce point ?!

Je me sentis rougir, ce qui la fit rire.

- Ha... je suis si fière de lui ! J'ai toujours su qu'il était bien...

- Stop ! Alice, s'il te plaît.. c'est de ton frère que tu parles !

- Justement, il faut que je sois sûre et certaine qu'il est parfaitement apte à te faire du bien...

Oh oui il l'était !

Rosalie passa son bras autour de ma taille et nous força à reprendre notre marche.

- Je...

- Est-ce qu'il est meilleur que ce sacré Matteo ? demanda Rosalie.

Je me sentis rougir furieusement.

- Eh bien je...

- Il est forcément un meilleur coup que Viva Italia... non ? S'inquiéta Alice.

Je souris, malgré mon envie de me terrer à l'autre bout du monde. Je n'aurais jamais dû leur raconter mes histoires...

- Edward n'a rien à envier à Matteo, ni à la vie italienne, avouai-je dans un sourire.

- Tu me rassures... l'honneur des Cullen est sauf ! Soupira Alice en souriant grandement.

- Heureusement que la maison est bien insonorisée... commenta Rosalie en m'observant. Je sens qu'on n'a pas fini avec ces deux-là !

- On peut parler d'autre chose ? M'agaçai-je, les faisant rire.

Elles m'entraînèrent dans une autre boutique.

Je finis par me dire que mon banquier allait finir par pleurer… et moi aussi.

A la sortie d'une boutique, je tombai sur un magasin de robes de soirée.

Mon regard se perdit sur la sublime robe beige qui était en vitrine. Hypnotisée, je m'en approchai au ralenti avant de me poster devant, les bras ballants. Cette robe était une pure merveille. Mon souffle se coinça dans ma gorge quand je vis son prix.

A regret, je rejoignis les filles qui regardaient la devanture du magasin de chaussures un peu plus loin, semblant ne pas me prêter attention du tout.

Ma joie, quand je vis la voiture d'Edward nous attendre sur le boulevard, un peu plus loin, ne fut comparable à aucune autre.

Surtout quand je le vis, appuyé contre celle-ci, une cigarette dans la bouche, ses lunettes de soleil sur le nez.

J'avais presque oublié qu'il était aussi beau.

Mon sourire se fana légèrement quand je vis plusieurs pimbêches autour de lui, lui réclamant des autographes avec des yeux de merlan frit. Je marchai vers eux en réprimant mon envie de courir, de lui sauter dessus, de poser mes lèvres sur les siennes sous les yeux ébahis de toutes celles qui étaient là, pour bien leurs faire comprendre qu'il était à moi.

Rien qu'à moi... Et pour longtemps.

Elles s'éloignèrent en pouffant quand on arriva à sa hauteur, se retournant pour le regarder du coin de l'œil. Je leur lançai mon regard le plus noir... mais elles ne le virent même pas. Les yeux d'une des filles descendirent le long du corps d'Edward, créant un spasme dans mon ventre. Je me mordis la langue pour ne pas aller lui en coller une. Depuis quand étais-je aussi violente ?

- Elles sont parties tu sais, souffla Edward doucement, soudain tout près de moi.

- Hum... dis-je juste, en fixant le coin de la rue où elles avaient tourné.

- Elles voulaient juste des autographes, continua-t-il sur le même ton en passant ses bras autour de moi.

J'avais juste envie de les tuer, moi aussi.

- Hum...

- Bella ? demanda-t-il doucement.

- Hum ?

Il tourna autour de moi sans me lâcher, de façon à me cacher la rue des yeux et à pouvoir me regarder. Son regard captura le mien et je vidai l'air de mes poumons devant son intensité.

- T'es la seule qui compte, tu le sais ? murmura-t-il avant de se pencher sur mes lèvres, m'empêchant de parler et de réfléchir par la même occasion.

Ma main retrouva sa nuque pendant qu'il m'embrassait, là, en pleine rue, devant tout le monde. Bizarrement... je m'en foutais complètement. J'avais envie que le monde entier sache que je lui appartenais.

- Hum hum... Si vous avez envie de coucher là, Alice et moi allons retourner dans quelques boutiques, s'agaça Rosalie derrière moi.

Je lui fis un doigt d'honneur magistral sans quitter les lèvres d'Edward, qui sourit contre ma bouche en sentant mon geste. Il me ramena contre lui, serrant ses bras autour de moi.

J'entendis vaguement Alice couiner.

- Très bien, nous vous laissons dans ce cas !

Alléluia...

- Je ne crois pas non, intervint Alice avant de couiner à nouveau. Nous avons du boulot avant de sortir ce soir !

Je lâchai les lèvres d'Edward à regret avant de les regarder noir.

- Tu ne crois pas qu'on en a assez bavé cet après-midi ? Me plaignis-je en m'écartant du corps bouillant d'Edward.

Swan, soit forte. Ne le regarde pas. Vraiment pas. Même pas du coin de l'œil.

Elle m'adressa un regard mauvais.

- Veux-tu que je répète à Edward ce que tu nous as dit tout à l'heure ?

J'avais dit quoi déjà ?

... Ah oui, ça !

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? demanda-t-il, son sourire perçant sa voix.

- Rien, intervint Rosalie sèchement, se tendant brutalement. On peut y aller maintenant, j'ai mal aux jambes.

Je fronçai les sourcils en l'observant. Son regard dur me fit froid dans le dos. Pourquoi semblait-elle autant en colère ?

- Rose ? Demandai-je doucement en approchant d'elle.

- Bella, montons dans cette voiture et partons, s'il te plaît, supplia-t-elle, les yeux brillants avant de faire un sourire tellement faux que personne n'y cru.

On monta quand même dans la voiture après avoir mis nos nombreux sacs dans le coffre. Rosalie ne se détendit pas jusqu'à ce qu'on soit garé devant la maison.

Les nerfs en boule, elle claqua la portière avant de disparaître dans la maison.

- Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Alice qui était restée bizarrement silencieuse pendant tout le trajet.

Edward haussa les épaules avant de descendre de la voiture.

A court de mots, je fis le même geste. On rentra à notre tour. Je mis le comportement de Rosalie sur le compte de ses hormones chamboulées par la grossesse.

Assise dans la salle de bain d'Alice, les yeux clos, je la sentais tourner si vite autour de moi qu'elle me donnait le tournis. Ses mains maquillaient, coiffaient, parfumaient... Rosalie à ma gauche, était penchée au-dessus du miroir, se mettant une dernière touche de rouge à lèvres.

J'étais assise ici depuis une heure et quatre minutes. Alice m'avait forcée à m'asseoir pour me préparer et j'avais à présent envie de la remercier de m'avoir installée ainsi... Debout, je n'aurais pas survécu à tous ses mouvements circulaires autour de moi.

Rosalie, après une heure à bouder dans sa chambre, était finalement descendue dans le salon où nous regardions la télévision, moi dans les bras d'Edward, les autres assis un peu partout. Elle s'était excusée, prétextant qu'elle avait été fatiguée.

Son regard était fuyant, je sentais qu'elle me cachait quelque chose… cependant, je sentais qu'il ne fallait pas que je la brusque.

Alice avait fini par nous entraîner dans sa salle de bain pour nous préparer après le dîner, moi pleurnichant presque rien qu'à la pensée de ce qui, je savais, allait suivre.

Et ça n'avait pas loupé.

Cependant, quand Alice me fit découvrir mon reflet dans le miroir, je fus reconnaissante. Je la serrai dans ma bras avant de me regarder de plus près.

Elle m'avait maquillée légèrement, un trait d'eye-liner sur les yeux et un léger dégradé de brun et d'or sur mes paupières. C'était... très joli. Pour moi qui pensais que mes yeux étaient les plus banals de la Terre, je les trouvais sacrément profonds et brillants ce soir. Une légère touche d'un gloss rose pâle sur les lèvres suffisait à me rendre physiquement plus vivante. Mes cheveux étaient enroulés dans une tresse sur le côté. Elle m'obligea à enfiler mon nouvel ensemble bleu nuit, puis une petite robe noire qui m'arrivait au-dessus des genoux, joliment évasée à partir de la taille.

- Edward va devenir dingue, commenta-t-elle en m'observant enfiler les escarpins monstrueux qu'elle m'avait fait acheter un peu plus tôt.

- Je lui dirais de te tuer si jamais je ne survis pas perchée sur ces monstres...

Elle éclata de rire en balançant sa tête en arrière pendant que je pestais en me remettant debout. Je m'observai dans le miroir. Je devais bien avouer que le résultat n'était pas mal... Je me trouvais agréable à regarder -et c'était rare pour moi à qui Dieu avait oublié de donner des formes- j'avais l'impression d'être jolie, pour une fois.

J'oubliai cette pensée quand Rosalie sortit de sa chambre au moment où je descendais, avec une robe longue très colorée, faisant ressortir son bronzage.

- Rose... t'es superbe ! M'exclamai-je.

Elle me sourit et me pointa du doigt.

- Tu es superbe Bella ! Regarde-moi ces jambes...

Je me tortillai légèrement, provoquant son rire.

- Tu sais que je te déteste ? me demanda-t-elle subitement, son regard fixé sur mes jambes.

- Et moi je t'envie, avouai-je en voyant avec quelle classe elle se déplaçait, sa robe volant doucement autour d'elle.

- Quoi ? Tu veux peser dix kilos de plus et te sentir énorme ?

Je levai les yeux au ciel en descendant, suivie de Rosalie.

- Tu es loin d'être énorme, finis-je par dire une fois arrivée saine et sauve en bas.

- C'est sûr, on ne peut pas toutes avoir une taille de guêpe, rétorqua Alice avant de descendre à son tour.

Son jean slim la moulait parfaitement et son bustier couleur or était superbe. Question taille de guêpe, elle n'avait absolument rien à m'envier.

- On dirait qu'on va à une soirée branchée de Manhattan, commenta Rosalie en nouant un fin bracelet en or autour de son poignet.

- Nous allons à Downtown, mais tu peux te dire que c'est à Manhattan si tu préfères, sourit Alice en époussetant le bas de ma robe.

- Très bien, nous allons donc à la soirée Gucci de Manhattan, s'extasia Rosalie avant de partir à travers le salon.

Alice et moi échangeâmes un regard, avant de sourire et de la suivre.

En traversant la cuisine pour rejoindre la terrasse où j'entendais Edward jouer quelques accords de guitare, je me demandai vaguement ce qu'il allait penser de moi ainsi.

Alice rejoignit les autres sur la terrasse pendant que je restai quelques secondes figée dans l'entrée de la cuisine, le cœur battant.

Edward, assit sur une des chaises installées autour de la table, grattait sa guitare distraitement pendant que les autres discutaient. Une cigarette au coin des lèvres, cette vision manqua de me faire baver.

Allez savoir pourquoi, moi qui détestai profondément les cigarettes avant, je trouvai ce geste aujourd'hui incroyablement sexy. Surtout quand il tira dessus lentement, ses longs doigts fins emprisonnant le petit tube clair.

Je lâchai un soupir, émerveillée de ce petit spectacle. Je remarquai qu'il avait troqué sa chemise blanche contre une noire, ouverte sur son torse de quelques boutons, pile comme il se doit, quand mon regard quitta ses lèvres pour détailler le reste de sa personne. Son jean noir et ses chaussures habillées le rendait terriblement élégant et attirant. Le regard qu'il m'adressa quand je retrouvai ses yeux fit s'arrêter mon cœur.

Mon cerveau se liquéfia.

Il se leva lentement, posa sa guitare sur sa chaise puis vint vers moi après avoir écrasé sa cigarette dans le cendrier.

J'eus l'impression de voir la scène au ralenti, perturbée par les spasmes de mon corps entier sous la chaleur du regard qu'il m'adressait.

Mon cœur, lui, accéléra sa course quand Edward se posta devant moi, si près que je dus lever la tête pour ne pas lacher son regard sombre. Son parfum percuta mon nez, puis mon cerveau, me faisant perdre encore plusieurs neurones.

Il plongea sur mes lèvres, anéantissant le peu de cerveau qui me restait en même temps que le gloss d'Alice, que j'entendis jurer. Un des gars, que je supposai être Emmett, siffla pendant qu'Edward ravageait mes lèvres avec les siennes, embrasant totalement le reste de mon corps.

- Vous n'allez pas faire des bébés sur la terrasse non plus ! s'écria Rosalie.

Je lui aurais fait un doigt d'honneur si je n'avais pas senti Edward le faire avant moi.

Je ris contre ses lèvres pendant que Rosalie lui lançait des noms d'oiseaux. Mes doigts glissèrent sur sa nuque, avant de retrouver ses cheveux et de le tirer contre moi un peu plus. Edward prit mon visage en coupe pendant que sa langue embrassait avec volupté la mienne.

Alice couina pour la centième fois de la journée.

J'aurai dû me sentir gênée.

J'aurai dû rougir violemment.

J'aurai dû ne pas aimer me donner en spectacle en public, même devant juste mes amis.

Mais, sous ses lèvres, j'avais le sentiment que mon corps vivait plus que jamais auparavant. J'avais l'impression d'être quelqu'un, d'être aimée, désirée... c'était tout ce qui comptait.

- Bon ok, s'exclama Jasper après quelques secondes durant lesquelles je ne pus m'empêcher de sourire contre Edward, maintenant ça devient carrément indécent, arrêtez ça tout de suite !

Edward sourit contre mes lèvres avant de rompre le baiser doucement, finissant par effleurer à peine mes lèvres avec les siennes. Sa respiration était lourde lorsque j'ouvris les yeux, et je ne parlerais même pas de la mienne. J'entendis les autres discuter à nouveau, nous laissant seuls pour reprendre notre souffle.

- Cette robe à de l'effet sur toi, murmurai-je sur ses lèvres en les embrassant chastement.

Il sourit doucement en appuyant son bassin contre le mien.

Cette robe lui faisait vraiment de l'effet. J'eus brutalement du mal à respirer.

- Apparemment... mais faut voir la fille qui la porte aussi, sourit-il, charmeur.

Je me sentis rougir. Il caressa ma joue du bout des doigts.

- Ai-je besoin de te dire que tu es sublime ? demanda-t-il, ses lèvres effleurant les miennes à chaque mouvement.

- Tu... je... balbutiai-je, trop perturbée par son corps contre le mien pour avoir une parole censée.

- Tu es sublime, murmura-t-il en ignorant ma non-réponse.

J'aurai rougi si je n'avais pas déjà été écarlate. Il s'écarta un peu de moi et ses yeux parcoururent mon corps lentement, me réchauffant toute entière.

- Et ces talons sont... presque indécents ! Cherches-tu à me faire souffrir ? demanda-t-il sérieusement pendant que je tentais de reprendre mon souffle.

Ses yeux retrouvèrent les miens. Sombres, puissants, enivrants.

- Et bien... un peu, ris-je nerveusement.

Il se pencha pour embrasser mes lèvres avant de soupirer longuement.

- Tu as parfaitement réussi.

J'aurais pu faire une petite danse de la joie tellement mon cœur bondissait fort dans ma poitrine. Mon sourire mangea certainement mon visage entier. Je me contentai de rester contre lui pendant un moment, et de ne plus bouger.

Là était ma place. J'en étais certaine.

Alice, un peu plus loin, couina encore une fois, faisant rire Edward, puis moi.

Avant de partir, j'embrassai brièvement Nirvana avant de partir, sous le regard amusé des autres et Alice me remit du gloss en couinant désespérément tout le long de l'opération. On prit deux voitures pour y aller. Emmet, Rose, Edward et moi dans la première, Jasper et Alice dans l'autre.

Calée à l'arrière contre Edward, nos doigts mêlés par-dessus mon épaule, je regardai les rues éclairées de centaines de couleurs défiler sous mes yeux.

Cette ville me manquait. Son dynamisme, sa musique, ses soirées, ses pubs, ses centres commerciaux -lieu de mes tortures- sa gaieté, son mélange d'origines qui la rendait si riche. Los Angeles était une belle ville, vivante et jeune. C'était ça qui me manquait. L'amour que j'avais pour cette ville me surprit alors qu'on arrivait à Downtown.

- Ça va ? demanda Edward à voix basse dans mes cheveux quand il remarqua que je m'étais légèrement crispée.

- Oui, c'est juste... je me rends compte que L.A me manque, avouai-je doucement.

Ses doigts serrèrent les miens puis il embrassa ma tempe.

- Tu es là pour l'instant... profites-en.

Je hochai la tête en me disant que dans trois semaines, je partirais d'ici... sans Edward.

Loin, sans Edward.

Sans lui.

Je ne savais pas si ça allait être réellement vivable... J'espérais qu'on y résisterait. J'espérais que... tout ça, nous... vivrait encore, et pour longtemps... La pensée d'être séparée de lui m'effleura et mon cœur me fit mal. Je savais désormais qu'être loin de lui n'était pas envisageable... plus maintenant. Pas encore une fois.

Plus jamais.

- San Francisco n'est pas si loin, intervint-il doucement.

Je compris que j'avais, à nouveau, pensé à voix haute. Je m'empourprai encore une fois. Idiote.

- Je... je sais, murmurai-je en regardant les gens marcher sur les trottoirs quand la voiture ralentit.

Il embrassa à nouveau ma tempe, puis ma joue. Je pivotai pour le regarder. Son expression sereine et confiance me fit du bien. Son sourire en coin revint sur son visage alors que j'avançais vers lui pour l'embrasser.

- Pas de ça dans ma voiture ! s'écria soudainement Emmett, me faisant sursauter en même temps qu'Edward.

J'avais totalement oublié qu'il existait.

- Emmett ! Grogna Rosalie.

- Je veux rien savoir, personne ne copule dans ma biche, c'est tout !

Je levai les yeux au ciel et embrassai quand même Edward très furtivement. Emmet ne nous vit pas et heureusement pour moi. J'aurai très certainement été éjectée de la voiture sinon.

- Y'a du monde, commenta Rosalie quand on se gara sur le parking du pub.

Edward se tendit très légèrement, mais je le sentis dans tout mon corps. Alice et Jasper sortirent de leur voiture garée un peu plus loin pour venir nous rejoindre.

- Ça va aller, Ed ? demanda Jazz quand on quitta la voiture.

- Ouais, c'est ok. Tu peux voir avec le videur si on peut entrer par derrière, comme d'habitude ?

C'était démentiel. Jasper acquiesça et partit vers l'entrée.

- Si une bande d'hystériques crie mon prénom, tu ne vas pas leur arracher les dents, hein ? demanda Edward en posant ses mains sur mes hanches pour me rapprocher de lui.

- Je sais pas, hésitai-je vraiment, le faisant sourire.

- Ça se calmera avec le temps, affirma-t-il en posant son front contre le mien.

- Hum... sûrement oui.

Il embrassa mes lèvres chastement dans un sourire quand Jasper revenait vers nous.

- On peut y aller, on va nous ouvrir.

On marcha vers les portes doubles à l'arrière du bar. Edward me prit la main et j'eus envie de rire hystériquement en scandant qu'il était mon amoureux. Ridicule.

Les portes s'ouvrirent pile au moment où on arrivait.

- Ravi de vous revoir vous et vos amis Edward ! Sourit un homme de la carrure d'Emmett, que je présumais être un videur.

- Merci John, sourit Edward en se détendant un peu.

Les autres entrèrent, puis Edward posa sa main dans le bas de mon dos.

- J'vous présente Bella, ma petite amie, dit-il doucement pendant que ce John me regardait avec un sourire tendre.

Je tentai de rester calme et posée. Ma conscience, elle, sautillait en rond en criant qu'il m'avait présentée comme sa petite amie.

- Enchanté Bella, sourit-il en me tendant sa main.

Je la regardai quelques secondes, avant d'y glisser la main. Celle-ci disparut dans la sienne tant cette dernière était immense.

- Enchantée, répétai-je avec un sourire timide.

Edward nous fit entrer, les lumières tamisées du pub me détendirent presque immédiatement. Il ne serait pas facilement reconnaissable avec toutes ces lumières qui éclairaient à peine. Le pub était plutôt calme, peu de monde était déjà là.

- Bonne soirée, Monsieur, sourit à nouveau John quand il referma les portes derrières nous.

- A vous aussi, John.

Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit avant qu'Edward ne me pousse déjà à la recherche des autres. On monta à l'étage, dans une mezzanine où tout était noir et rouge avec vue sur la piste de danse en contre-bas.

Alice, assise tout au fond de la salle avec les autres, nous fit signe de les rejoindre.

L'ambiance était bonne enfant, les blagues d'Emmett me faisait rire -sauf quand elles étaient sur moi- les filles s'amusaient et Jasper aussi. Edward semblait être complètement détendu en sirotant sa bière. Son bras sur le dossier du canapé derrière moi, il montrait ainsi que je lui appartenais aux quelques hommes de la salle et je ne pouvais cacher que j'adorai ça.

Je souris en laissant tomber ma tête contre son épaule quand j'eus finis mon verre. Son bras s'enroula autour de moi et il embrassa distraitement mes cheveux en parlant avec Emmett du match du lendemain.

J'étais totalement, complètement éblouie par le charme qu'il pouvait dégager en le regardant parler puis poser ses lèvres autour du goulot de sa bière. Je priais pour être réincarnée en cette bouteille, juste pour être en contact avec ses lèvres encore une fois.

Aviez-vous déjà trouvé une pomme d'Adam sexy ?

Celle d'Edward l'était totalement et irrévocablement. Surtout quand elle montait et descendait… Pile comme ça, pensai-je quand il avala une gorgée de bière.

- Tu baves, se moqua Jasper, à côté d'Alice dans le canapé d'en face.

Je le regardai de travers en lui faisant un magnifique doigt d'honneur. Il rit avant de finir sa bière.

- On va danser ? S'extasia Alice en se levant d'un bond.

- Certainement pas ! intervint Emmet en regardant noir Alice. Rosie ne va surement pas danser avec ce qu'il s'est passé cette nuit !

- Emmett ! protesta celle-ci en lui tapant dans les cotes de son coude.

- Non Rosie, tu n'iras pas, affirma-t-il en la regardant.

Ses yeux et son visage trahissaient son inquiétude.

- Hey… le médecin à dit que c'était ok… souffla-t-elle doucement en posant une main sur les siennes.

Ils échangèrent un long regard et je détournais les yeux quand Emmett l'embrassa doucement. Je comprenais son inquiétude face à la situation. Mais Rosalie ne ferait certainement jamais rien qui la mettrait en danger, elle ou le bébé.

Edward caressa distraitement mon bras en embrassant ma tempe. Son autre main se posa sur mon genou, faisant sursauter mon cœur. Son regard capta le mien quand il remonta lentement ses doigts jusqu'au milieu de ma cuisse, sous ma robe.

Le désir s'insinua brutalement sous ma peau, faisant s'accélérer mon cœur. Je dû ouvrir la bouche pour pouvoir mieux respirer. J'haletai presque. Ses yeux sombres me firent perdre pieds, trahissant le désir brulant sous sa peau. J'oubliai les autres autour nous avant qu'Alice n'ouvre la bouche, une seconde plus tard.

- Bon on y va ! Bella tu viens ?

Evidemment, je sursautais en quittant les yeux d'Edward.

Il fallait vraiment que je m'éclaircisse les idées et que je fasse une pause. Tout ça était trop… trop intense. J'avais envie de lui alors qu'il m'avait à peine effleuré mais ce regard et ses doigts… Comment pouvais-je avoir envie de lui sans cesse ? Quel pouvoir avait-il sur moi pour que je m'enflamme si vite ? Pour que mon cœur s'emballe de la sorte ?

- Ah non, certainement pas, soufflai-je en me levant aussi.

- Pourquoi tu dis non alors que tu lèves quand même ? demanda Emmett en fronçant les sourcils.

- Oui, ce qu'elle dit n'a aucun sens, confirma Jasper en hochant la tête.

Je levai les yeux au ciel. Abrutis !

- Je reviens dans deux minutes, dis-je juste avant de m'éloigner.

J'avais besoin d'aller souffler un peu. Alice et Rose me rejoignirent pour, elles, aller danser. Nous chemin se séparèrent au pied des escaliers.

Quand je sortis des toilettes, je les cherchai des yeux sur la piste avant de les voir se dandiner l'une contre l'autre. L'image de Rosalie, enceinte jusqu'aux yeux, se déhanchant comme ça me fit rire doucement.

Elle ne changera jamais...

- Tiens... Bells, quelle surprise ! dit une voix sombre derrière moi.

Je déglutis difficilement, ma bouche s'asséchant d'un seul coup. La peur inonda mon corps entier tandis que mon pouls s'affolait.

Une sueur froide courut le long de mon dos quand je me tournais pour affronter mon pire cauchemar.