Jacob.

Jacob était là.

Qu'est-ce qu'il faisait là ?

- Salut ma beauté, me dit-il avec un sourire en biais.

Je fronçai les sourcils, incapable de comprendre ce qui se passait.

- Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu fais là, Jacob ?

Mes mots me semblèrent presque lointains, comme si j'étais déconnectée de mon propre corps. Son sourire s'agrandit quand il se rendit compte que ma voix tremblait.

- T'es pas contente de me voir ? demanda-t-il en haussant un sourcil ébène.

J'aurais voulu répondre mais mon souffle s'était bloqué dans ma gorge.

- Oh fait... il est là aussi ? Continua-t-il, sa voix froide me faisant trembler.

- Je...

- Edward Cullen c'est bien lui ? Me coupa-t-il.

Son sourire s'amplifia quand il me vit pâlir.

- Arrête, il... Edward n'a rien à voir avec ça ! Voulu-je m'énerver mais ma colère avait été avalée par la peur qui s'installait rapidement dans mon corps, faisant trembler mes mains, nouant mon estomac.

- Vous êtes si... attachants tous les deux, se moqua-t-il avec un rictus qui me fit froid dans le dos.

Il avança d'un pas et je reculai.

- Je vous ai vus tout à l'heure, sur Hollywood Boulevard... mais tu le sais déjà, n'est-ce pas, Bells ?

Je dus devenir livide car son regard s'alluma subitement, une lueur de jubilation pure dans ses pupilles dilatées.

- Tout ça dégouline d'amour, continua-t-il devant mon mutisme, grimaçant exagérément.

- Jacob, arrête...

- Ta copine blonde m'a vu aussi... Elle et son gros ventre, poursuivit-il.

Mes dents se serrèrent à m'en faire mal.

- Oublie Rose ! M'énervai-je, ma peur se transformant brutalement en colère.

Il fit à nouveau un pas vers moi. Je jetai un coup d'œil autour de moi pour voir que les filles avaient disparu. Je n'osai regarder vers l'étage, si Jacob comprenait qu'Edward était là-haut, il irait le voir. Et la dernière chose au monde que je désirai était de voir Edward mêlé à tout ça.

- Bells... tu m'as manqué toutes ces années, sourit-il sadiquement en levant son bras vers moi.

- Ne me touche pas ! M'écriai-je.

Plusieurs personnes nous regardèrent. Son geste resta inachevé, puis il pencha la tête pour me jauger de haut en bas.

- J'ai mis du temps avant de te retrouver. Ta mère aussi, d'ailleurs, reprit-il après quelques secondes.

Mon ventre se tordit brutalement alors que je serrai les dents.

Son bras retomba le long de son corps puis il sourit, dévoilant ses dents blanches.

- Mais San Francisco est un bon choix. Très jolie ville. Et ton appartement est bien situé... tu as tout à proximité.

Je tentais de me raisonner pour ne pas éclater en sanglots ou me mettre à hurler. Mes mains se mirent à trembler de plus belle alors que j'essayai de ne pas crier.

Il avait fait des recherches sur moi... il m'avait retrouvée... Oh mon dieu.

Il avança d'un pas et je reculai encore, me retrouvant au milieu de la foule. Pourtant… cette nuit là, j'étais à nouveau plus seule que jamais.

- J'ai été surpris de te voir ici aujourd'hui, et encore plus avec ce... type-là.

La colère remonta, acide jusque dans ma bouche.

- Pour la dernière fois, laisse Edward en dehors de ça !

Il fronça les sourcils. A peine une seconde plus tard, je me sentis tirée en arrière par deux mains sur mes épaules. Le corps d'Edward s'interposa entre Jacob et moi.

- Laisse-moi ! M'écriai-je, me débattant contre Jasper qui me maintenait dans ses bras pour m'empêcher de m'immiscer entre eux.

- Bella, calme-toi, Edward s'en occupe !

- Non ! Non Jasper il... il va, non ! Balbutiai-je, mes yeux s'embrumant.

Rose se plaça devant moi à son tour, et prit mon visage entre ses mains.

- Regarde-moi Bella, ordonna-t-elle alors que je me débattais encore.

J'avais la sensation que ma poitrine allait prendre feu tant que je retenais de pleurer.

- Ecoute-moi attentivement, Emmett et Edward vont le mettre dehors, calme toi, il ne peut rien leur faire !

- Mais vous ne comprenez pas, gémis-je, ma gorge me faisant mal à cause des larmes trop présentes que je refusais d'évacuer. Jacob ne veut que ça... laissez-moi lui parler ! Rose, s'il te plaît...

Elle m'étudia quelques secondes avant de hocher la tête prudemment. Autour de nous, les lumières, la musique, tout m'étourdissait.

- Si il te touche, même un seul cheveu, je le tue.

Jasper me relâcha la seconde suivante et je précipitai vers Edward qui me tournait toujours le dos.

Il parlait à Jacob mais je n'arrivais pas à entendre ce qu'il disait, mon attention figée sur le visage de Jacob qui jubilait... il avait là ce qu'il attendait : Edward à sa portée.

Me postant à côté de ce dernier, je posai ma main sur la sienne, serrée en poing alors qu'il tremblait de colère. Il sursauta avant de me regarder, sourcils froncés. Ses yeux exaspérés me dévisagèrent, perdant leur animosité peu à peu.

Jacob qui nous regardait s'esclaffa brusquement, me faisant sursauter violemment quand son rire déchira le silence entre Edward et moi.

- Oh c'est pas vrai ! Ria-t-il en se tenant le ventre, comme s'il avait entendu une bonne blague. T'es tombée amoureuse de lui ? S'exclama-t-il entre deux rires.

Edward se tendit, crispant tout mon corps alors que ma colère explosait. Je passai devant lui pour atteindre Jacob, tant la rage me dévorait. Edward me rattrapa par la taille en me tirant vers lui, pendant que Jacob continuait de rire, osant même s'essuyer les yeux théâtralement.

- Ça ne te regarde pas Jacob, c'est terminé ! m'écriai-je, dans un état second.

Son visage retrouva son sérieux en une demi-seconde. La colère qu'il dégagea soudain me terrifia tellement que tout mon corps se crispa, se mettant à trembler devant son regard sombre de colère et de folie.

- Tu l'aimes vraiment ? Cracha-t-il en serrant les dents.

A nouveau, j'étais la gamine morte de peur qu'il avait laissé pour morte derrière lui.

- C'est fini Jacob, intervint Edward en me faisant passer derrière lui.

Je m'accrochai à son bras en essayant de combattre furieusement mes larmes alors que le pire se dessinait juste là, sous mes yeux impuissants.

- Oh non c'est pas fini ! s'écria Jacob en approchant dangereusement d'Edward.

Emmett s'interposa mais Jacob ne cilla pas, guère impressionné.

Rien ne lui faisait peur. Rien ni personne.

- C'est loin d'être fini, cracha-t-il devant le visage d'Emmett qui le repoussa. Bella tu m'appartiens, tu te souviens ?

Mes mains tremblèrent et mes cicatrices semblèrent être à nouveau à vif, brûlant ma peau.

- Virez le de là, siffla Edward, la mâchoire contractée, en s'adressa aux deux hommes de la carrure d'Emmet qui venaient d'arriver.

Je ne les avais même pas remarqués.

Ils saisirent Jacob par les bras pour le traîner dehors, mais il se débattit furieusement.

- Tu ne m'échapperas pas Bella. Je te retrouverai... s'écria-t-il, le visage déformé par la rage qui l'animait. Tu es à moi ! A moi !

Ses hurlements disparurent derrière les portes doubles de la boite de nuit alors que beaucoup de monde avaient les yeux rivés sur l'endroit où Jacob venait de disparaitre.

Je restai quelques secondes interdite, figée sans être capable de parler ou de faire quoi que ce soit.

Tout se mêlait dans ma tête : La peur, Edward, la colère, le retour de Jacob, ses menaces, Edward, ma mère, mes cicatrices qui semblaient être plus lourdes maintenant que tout à l'heure, le chagrin qui m'étouffait, tellement que ma gorge en était douloureuse, Edward, le regard de Jacob, la colère d'Edward, la façon dont Jacob l'avait regardé.

Je savais ce que ce regard voulait dire... Il était jaloux. Jacob pensait que je lui appartenais et, suivant son raisonnement, aucun homme n'avait le droit de partager ma vie, bien qu'il n'en fasse plus partie.

Edward partageait ma vie… Jacob avait compris ça ce soir.

J'eus soudainement du mal à respirer quand je me rendis compte que Jacob avait bien été là ce soir, et qu'il m'avait menacée, qu'il avait vu Edward... Ma vue se troubla et je serrai les dents lorsque plusieurs gouttes chaudes dévalèrent mes joues.

Mes ongles s'enfoncèrent dans l'avant-bras d'Edward, sans que je le veuille, sortant ce dernier de la stupéfaction dans laquelle il était figé depuis que Jacob avait quitté de force le club.

Il me dévisagea, en grimaçant, avant d'entourer mon visage de ses mains et de se baisser de façon à ce que nos yeux soient à la même hauteur.

- Mon amour, pleure pas, c'est fini, chuchota-t-il avant de me prendre contre lui pour me bercer.

Brutalement à bout de force j'eus du mal à ne pas éclater en sanglots.

Revoir Jacob me faisait bien trop mal, cela éveillait trop de choses en moi et mes cicatrices étaient là pour me le rappeler.

Tous les jours, tout le temps.

Edward dut sentir que mon corps lâchait prise car il me souleva contre lui. J'enfonçais mon visage dans son épaule, bercée par sa démarche souple et féline.

Je le sentis s'asseoir, et ce n'est qu'à ce moment-là que j'ouvris les yeux et regardai autour de moi. Nous étions de nouveau à l'étage mais cette fois ci, la salle était totalement vide. Un vigile se tenait en haut de l'escalier, à quelques mètres de nous, nous tournant le dos. Edward essuya le reste de mes larmes de ses pouces avant de reculer légèrement pour me regarder.

- Comment te sens-tu ? demanda-t-il doucement.

Mes yeux retrouvèrent les siens dans le brouillard qui m'entourait. Mon cœur résonna dans mes tempes. Je posai mes mains sur ses joues et caressai sa bouche distraitement avec mon pouce, absorbée par le souffle chaud qui en sortait.

- Bella ? M'appela-t-il doucement.

Mes yeux quittèrent ses lèvres pour son regard clair dans lequel brillait encore sa colère mélangée à son inquiétude.

J'eus l'impression que tout mon corps se relâchait d'un seul coup, mes muscles se détendant subitement.

L'angoisse qui me rongeait sembla même disparaitre.

- Je vais bien, murmurai-je la voix cassée.

Ses doigts sur mon bras firent une lente caresse qui me fit frissonner de la tête au pied.

- Je vais bien, répétai-je en y mettant plus de conviction.

- Tu as le droit d'aller mal, chuchota-t-il avec douceur, ses doigts réitérant leur mouvement sur ma peau.

Je secouai la tête.

- Je vais bien, dis-je encore.

Son regard se fit plus doux.

Tant que je serais contre lui, tout irai bien.

Ma main dessina son arcade sourcilière du bout des doigts avant que je ne me penche sur sa bouche. J'y déposai un léger baiser, sentant mon cœur s'emballer plus que de raison à son contacte. Il ne broncha pas, me regardant faire, ses yeux s'assombrissant légèrement.

- Bella... souffla-t-il, en me repoussant doucement alors je recommençai.

Il se recula pour me voir alors que mes larmes vinrent perler à mes paupières à nouveau.

- Ne me repousse pas, m'étranglai-je en attirant à nouveau son visage contre le mien d'une main sur sa nuque.

- Bella, gémit-il en voulant s'écarter encore. Tu es… tu es bouleversée...

- J'en ai besoin, rétorquai-je en étouffant un sanglot.

Je passai rapidement mes jambes de chaque côté de son corps et me penchai à nouveau vers sa bouche. Il n'eut aucune réaction, mon corps lâcha prise violement et je me mis à sangloter comme une idiote contre lui.

- Je, je veux oublier Edward... j't'en supplie, pleurai-je sur ses lèvres.

Ses paupières se fermèrent alors qu'il luttait avec acharnement contre tout ce qu'il ressentait.

- Pas comme ça... Pas quand tu as si peur, tu trembles comme une feuille, chuchota-t-il doucement en prenant mes mains dans les siennes.

Ses lèvres embrassèrent mes doigts. Je le regardai faire, fascinée.

Comment faisait-il pour apaiser mon cœur rien qu'avec le contact de sa peau ?

Il se pencha vers moi, ses lèvres effleurant ma joue lentement.

- Arrête de pleurer, supplia-t-il.

Je tournai légèrement visage. Son nez frôla le mien… je cessai de respirer.

- Embrasse-moi, chuchotai-je en caressant son nez avec le mien.

Il eut un léger mouvement de recul mais ma main tira sur sa nuque, ramenant son visage contre le mien.

- Edward, embrasse-moi... s'il te plaît, pleurai-je contre sa bouche.

Il y eut un moment de flottement durant lequel je crus qu'il allait me repousser, mais sa main épousa la forme de mon cou et sa bouche se posa doucement contre la mienne pour un léger baiser.

Ses yeux sombres de sentiments mêlés finirent de m'achever. Mon cœur battait tellement fort dans ma poitrine qu'il résonnait dans mes tempes.

Sa main posée sur mon cou remonta jusqu'à ma joue lorsqu'il se pencha vers moi à nouveau, ses lèvres embrassant les miennes tendrement.

Je fermai les yeux, me laissant emporter dans son étreinte qui avait le goût de Paradis.

J'avais la sensation de planer.

C'était tellement doux, tellement lent… tellement lui...

Nous nous séparâmes à bout de souffle tous les deux.

Ses yeux ne quittèrent pas les miens jusqu'à ce que j'arrive à respirer à nouveau normalement.

- On va rentrer, souffla-t-il alors que j'étouffais un bâillement, quelques minutes plus tard.

J'eus du mal à garder les yeux ouverts quand il me porta jusqu'à la voiture.

Le froid de la nuit me saisit brutalement en sortant dehors. Je me blottis un peu plus contre lui, inspirant son parfum si particulier. Je perçus plusieurs personnes parler, des murmures plus qu'autre chose, puis on entra enfin dans ce que je supposai être la voiture d'Emmett.

J'entendis le moteur gronder et j'enfonçai mon visage dans le cou d'Edward, inspirant son odeur profondément.

Blottie de la sorte contre lui, j'eus la sensation d'être chez moi, à la bonne place… à ma place. Pile à ma place.

Ses lèvres frôlèrent mes cheveux. Les couleurs de la ville défilèrent devant mes yeux que j'avais du mal à maintenir ouverts.

- Je suis fatiguée, soufflai-je, mes mots ralentis par mon état proche du sommeil.

Edward resserra ses bras autour de moi et sa main caressa à nouveau mon bras.

- Alors dors mon amour, murmura-t-il.

Je fermai les yeux, laissant mon corps se détendre.

La dernière chose que je sentis fut à nouveau ses lèvres dans mes cheveux.

Quand j'ouvris les yeux, nous étions arrivés à la maison et j'étais dans mon lit.

Un mouvement me fit sursauter avant de voir Edward m'enlever mes chaussures et les jeter un peu plus loin.

- Alice va te tuer si elle sait que tu traites mes chaussures comme ça, marmonnai-je, la voix cassée par mon sommeil coupé trop tôt.

Il sursauta légèrement avant de me regarder à travers ses cils.

Dieu qu'il était beau.

- Tu ne lui diras rien... ça sera notre petit secret, sourit-il doucement.

Il remonta le drap sur mon corps alors que je frissonnai.

J'avais la sensation d'être passée sous un trente-huit tonnes.

- T'as besoin de quelque chose ? demanda-t-il en embrassant mon front.

Je secouai la tête, son parfum, qui rendait mes pensées incohérentes, me soulageant presque instantanément des douleurs intérieures qui m'assaillaient.

- Bien, je te laisse dormir alors... chuchota-t-il en se redressant, laissant son odeur m'échapper.

Mon corps redevint brutalement douloureux. Je le retins en agrippant son poignet.

- Je... reste, s'il te plaît, suppliai-je presque, la voix tremblante.

Il étudia mon visage quelques secondes avant de hocher la tête.

Il alla fermer la porte de la chambre, puis revint de l'autre côté du lit. Il se déshabilla pendant que mes yeux ne le lâchaient pas. J'avais la sensation que si je le quittais des yeux ne serait-ce qu'une seconde, la peur et l'angoisse reviendraient à moi au galop.

Il éteignit la lumière avant de se coucher à son tour, plongeant la pièce dans le noir total.

Le silence était lourd et, comme je l'avais pressenti, dès le moment où je ne le vis plus, mon corps se crispa et l'angoisse grandit en moi vivement, rendant ma respiration difficile.

Edward finit par soupirer dans le noir avant de poser une main sur ma hanche pour me rapprocher de lui dans un mouvement lent, collant son torse nu contre mon dos.

Quand ses mains glissèrent sur mon ventre, je me rendis compte que je n'avais plus ma robe sur moi.

Sa bouche embrassa ma nuque et je fermai les yeux, retenant de peu le cri hystérique qui manqua de sortir de ma bouche. Ses doigts remontèrent légèrement sur mon estomac. Je serrai les dents pour ne pas hurler ma détresse.

Pour la première fois de ma vie, Edward me faisait peur, son toucher me terrifiait.

- Détends-toi, murmura-t-il contre ma nuque en se blottissant un peu plus contre moi, sa chaleur enveloppant mon corps.

Je n'y arrivais pas... je ne pouvais pas.

- Edward, arrête, articulai-je difficilement en ravalant mes larmes.

Il se figea. Puis, ses bras me quittèrent lentement, à regret.

Déjà, sa peau me manquait.

Qu'est ce qui ne va pas chez toi Swan ?!

- Je... je suis désolé, s'excusa-t-il au bout de quelques minutes d'un silence lourd et étouffant.

Ses mots firent déborder mes larmes. Un sanglot déchira le silence de la pièce en franchissant mes lèvres.

Les bras d'Edward revinrent immédiatement autour de moi. Je me tournai vers lui pendant que, dans un trop plein d'émotions, j'éclatai en sanglots.

De longues minutes passèrent avant que je ne puisse me reprendre, pleurant contre lui pendant qu'il me chuchotait des choses rassurantes : qu'il était là, qu'il ne partirait pas... que c'était fini, que tout irait bien.

C'était si douloureux…

Quand mon chagrin s'estompa jusqu'à disparaître enfin, je reculai légèrement. Son nez frôla le mien. Mon souffle se coupa, l'angoisse courant à nouveau dans mes veines.

- Tu veux en parler ? demanda-t-il doucement en caressant ma joue de ses doigts, son souffle chaud brûlant mes lèvres.

- Pas... pas tout suite, chuchotai-je en tremblant.

Sa main se posa sur ma joue.

Il ne bougea plus pendant plusieurs secondes, respirant calmement, attendant que les tremblements de mon corps cessent. Il resta tellement immobile que je finis par me demander s'il ne s'était pas endormi.

Puis, dans un geste tendre, il posa son front contre le mien. Mon cœur sursauta avant de se mettre à battre plus fort.

Avec précaution, il se pencha vers moi jusqu'à trouver ma bouche.

Je me figeai, le ventre noué.

L'obscurité de la pièce semblait me mettre sur le qui-vive au moindre mouvement, et chaque inspiration me brulait les poumons.

- N'aie pas peur de moi, murmura-t-il sur mes lèvres en les effleurant.

Comment pouvait-il savoir que j'avais peur ?

- Je... je suis désolée...

Il posa un autre baiser sur ma bouche.

Sa main sur ma joue se fit plus pressante quand il m'embrassa à nouveau… Tout en douceur.

- Je ne te ferai jamais de mal, tu le sais ?

J'inspirai profondément, essayant de calmer les battements fous de mon coeur.

- Je sais, avouai-je en passant une main sur sa nuque tiède que je caressai du bout des doigts.

Ses lèvres se posèrent doucement sur les miennes une nouvelle fois. Mon corps se détendit subitement.

La magie opérait.

Je n'avais plus mal, je n'avais plus peur. Le reste monde me semblait à présent si lointain… Il n'y avait que lui et sa peau chaude contre la mienne. Juste nous, nos âmes écorchées et mon corps mutilé qui semblait reprendre vie dans ses bras.

- Voilà qui est mieux, souffla-t-il quand je lui rendis la pression qu'il exerçait sur mes lèvres.

Il y a tant de chose que j'aurai aimé lui dire alors.

Les mots fusèrent par centaines dans ma tête, et pourtant je fus incapable de dire quoi que ce soit.

Je gémis légèrement quand sa main glissa de ma joue à mon cœur, se posant sur la dentelle de mon sous-vêtement. J'étais sûre qu'il pouvait sentir à quel point il cognait fort dans ma poitrine.

- J'aime ton cœur, murmura-t-il avec douceur, si bas que je ne fus pas certaine qu'il avait conscience de l'avoir dit a voix haute.

Ses doigts remontèrent contre mon cou, effleurèrent ma clavicule, puis mon épaule avant de revenir dans mon cou.

- J'aime ton cou, continua-t-il avant de se pencher pour l'embrasser du bout des lèvres.

Je ne sentais que lui, je ne pensais qu'à lui.

Ses mains, ses mots, sa bouche.

Tout me criait de l'aimer plus fort encore.

Toute angoisse m'avait définitivement quittée, laissant ma peau et mon corps être absorbés par le désir.

Mon souffle se coupa au contact de ses lèvres et il se déplaça de façon à être au-dessus de moi. La température de la pièce augmenta ainsi que la pression dans mon corps et je soupirai quand sa langue trouva ma peau.

Il écarta le drap qui nous recouvrait.

- J'aime ta nuque, souffla-t-il en y passant ses doigts avant de venir caresser mes lèvres de son pouce. J'aime tes lèvres, et j'aime ton menton, dit-il en se penchant pour l'embrasser.

Ma bouche chercha la sienne mais il l'effleura à peine avant d'embrasser mes paupières.

- J'aime ton regard, poursuivit-il en plongeant son regard dans le mien quand j'ouvris les yeux.

Malgré la faible lumière qui venait de la fenêtre, je le vis.

L'émotion que j'y lu me coupa le souffle.

Le désir et l'adoration l'habitaient.

Mon cœur accéléra encore plus, rendant ma respiration difficile.

Il se pencha en avant et huma mes cheveux lentement.

- J'aime tes cheveux... et ton odeur...

Mon corps frissonna délicieusement.

Ses lèvres descendirent jusqu'à mon estomac. Ses mains glissèrent dans les miennes, les maintenant contre le matelas.

- J'aime tes mains... tes doigts... et ton ventre...

Il souffla légèrement contre ma peau au niveau de mon nombril, avant d'y poser sa bouche. Je me cambrai légèrement en retenant un gémissement. Son nez glissa le long de ma peau jusqu'à mes hanches qu'il embrassa délicatement.

- J'aime tes hanches, et tes cuisses, chuchota-t-il en descendant le long de mon corps, ses mains dans les miennes.

Je serrai ses doigts quand il embrassa mon genou droit, puis le gauche. Le désir m'embrasa toute entière, le feu suivant chaque endroit où sa bouche se posait.

- J'aime tes genoux...

Je t'aime, pensai-je quand sa bouche embrassa mon mollet, puis le dessus de mon pied.

Il remonta le long de mon corps en embrassant ma peau doucement. Mes ongles s'enfoncèrent dans ses doigts quand sa bouche embrassa l'intérieur de ma cuisse avant de poser un léger baiser contre mon sous-vêtement en dentelle.

J'avais terriblement envie de lui, comme je n'avais jamais eu envie de personne.

Il remonta jusqu'à ma poitrine, lâcha une de mes mains pour passer ses doigts dans mon dos et dégrafer mon soutien-gorge, me l'enlevant délicatement.

- J'aime tes seins, soupira-t-il en embrassant le haut de ma poitrine.

Sa main retourna se loger dans la mienne.

Je m'entendis gémir en frissonnant violemment quand sa bouche descendit sur mes seins.

Je t'aime, pensai-je à nouveau en étant cependant incapable de le dire.

Il remonta jusqu'à ma bouche, appuyant son corps contre le mien. Mes hanches se levèrent instinctivement contre les siennes quand sa langue s'insinua dans ma bouche. Ses doigts serrèrent les miens au moment où il fit rouler son bassin contre le mien.

- Je ne veux plus que tu aies peur de moi, murmura-t-il en quittant mes lèvres pour mon cou, le souffle court.

Je gémis doucement quand sa langue glissa de mon cou au sillon entre mes seins.

J'étais dans l'impossibilité totale de parler, de penser.

Je me sentais… en sécurité, dans une bulle, notre bulle.

Edward savait nous isoler du monde comme personne. J'étais une poupée de chiffon entre ses doigts. J'avais la sensation de planer, de ne plus appartenir à ce monde, mais de n'appartenir qu'à lui... rien qu'à lui.

- Je ne te ferais jamais de mal... murmura-t-il, sa bouche descendant dans une lente caresse.

Mes yeux me brûlèrent un instant. J'inspirai profondément pour me retenir de pleurer encore une fois.

- J'aime le goût de ta peau, continua-t-il en posant un baiser sur mon estomac.

Mes sens étaient décuplés par la pénombre de la chambre et je gémis en enfonçant à nouveau mes ongles dans la peau de ses mains quand il embrassa mon bas ventre.

Je t'aime, pensai-je encore quand ses doigts lâchèrent les miens pour faire glisser mon dernier vêtement le long de mes jambes.

La chaleur de son corps s'éloigna de moi quand il se redressa. Je vis brièvement sa silhouette bouger.

Quand il se rallongea contre moi, il était nu et mon corps se cambra pour trouver le sien. Mes jambes remontèrent contre ses flancs pour mieux le sentir.

Le feu dans mon corps s'accentua.

Sa bouche retrouva la mienne la seconde d'après. Il m'embrassa longuement, profondément avant de poser des baisers de ma joue à mon oreille. Ses mains retrouvèrent les miennes et encore une fois, il enlaça nos doigts.

- Si tu veux attendre, je m'arrête, dit-il le souffle court, son corps caressant le mien lentement.

- Edward... soufflai-je dans le noir.

Sa bouche longea ma mâchoire pour mieux retrouver la mienne.

- Fais-moi l'amour, murmurai-je, ma voix tremblant, ses lèvres contre ma bouche.

Il posa son front contre le mien en soupirant longuement.

Ses doigts appuyèrent contre les miens quand il s'enfonça en moi avec une lenteur insupportable. Mes yeux se fermèrent, accentuant les sensations que son corps dans le mien me faisait ressentir.

On gémit en même temps au premier coup de rein.

- Regarde-moi, demanda-t-il doucement, ses doigts appuyant sur les miens dans un nouveau mouvement.

J'ouvris les yeux difficilement, battant des cils plusieurs fois rapidement, comme pour me sortir d'un rêve.

Mais tout ça était réel. Edward était bien là, et son corps me faisait bien l'amour.

Je n'arrivais plus à discerner son corps du mien. Il était moi, j'étais lui. Sans barrière ni tabou. Faire l'amour avec lui était magique... comme si c'était la première fois, à chaque fois.

Comme si, chaque fois, on se découvrait l'un l'autre.

Comme si, à chaque fois, je tombais un peu plus amoureuse de lui.

Son corps allait et venait lentement et tendrement en moi, comme s'il ne voulait pas me brusquer, m'effrayer... comme s'il voulait que ceci dure plus longtemps.

Qu'il prolonge le temps en moi… je ne voulais que ça.

Ses yeux ne quittaient pas les miens et sa bouche, quand elle ne m'embrassait pas, restait entrouverte, répercutant son souffle rapide contre mes lèvres, me donnant la sensation que lui et moi ne faisions plus qu'un, respirant l'air de l'autre sans jamais avoir besoin d'autre chose.

Le feu incendiait mon corps sans répit et une de ses mains quitta la mienne pour passer dans le bas mon dos et me soulever légèrement, son visage s'enfonçant dans mon cou pendant qu'il gémissait.

Comment était il possible que les sensations soient encore plus intenses, plus éblouissantes que la nuit d'avant ? Edward m'avait fait l'amour quatre fois en tout, en peu de temps, certes... Mais chaque fois était meilleure que la précédente... Était-ce possible ? Ou était-ce juste mon imagination ?

Peu importe ce que c'était, c'était présent et bien réel. Edward bougeait avec cette douceur qui le représentait si bien.

Mes mains s'accrochèrent à ses épaules, je griffai sa nuque sans le vouloir quand il poussa plus profondément en moi encore. Mes yeux roulèrent dans leurs orbites face au plaisir qui montait rapidement en moi.

Je me crispai quand il quitta complètement mon corps avant d'y revenir rapidement.

- Détends-toi, souffla-t-il difficilement à mon oreille.

Sa voix rauque et son souffle m'envoyèrent des décharges électriques dans la colonne vertébrale.

Ses lèvres traînèrent dans mon cou avant de retrouver les miennes. Sa langue se mêla à la mienne. Je fus incapable de faire autre chose que de gémir tout haut quand il accéléra légèrement ses allers retours en moi, rendant mon corps au bord de la rupture.

Son corps chaud contre le mien me fit réaliser que j'étais bien en vie et pour la première fois depuis toujours, je n'étais plus seule, dans ses bras je me sentais plus en sécurité que je ne l'avais jamais été et, surtout : je l'aimais.

Je l'aimais, éperdument, comme je n'avais jamais aimé personne avant lui.

Je l'aimais, d'un amour fou et irrationnel.

Je l'aimais tellement que mon cœur se gonflait presque douloureusement dans ma poitrine.

Je serrai mes bras autour de sa nuque à cette pensée, et embrassait son épaule, qui se trouvait à portée de ma bouche.

- Je t'aime, chuchotai-je tout bas, brisant le fil de ma respiration erratique.

Je me figeai en même temps que lui quand je pris conscience de ce que j'avais dit. Le ventre noué, j'observais ses traits dans la pénombre. Sa mâchoire était crispée et son corps tendu au-dessus de moi, toujours dans le mien.

Ses yeux brillèrent d'une émotion à peine contenue.

- Bella... murmura-t-il doucement.

Je fermai les yeux, le cœur battant si fort qu'il me faisait mal.

Je le sentis bouger et la lumière de ma table de chevet s'alluma soudain.

Ses doigts caressèrent mon front, avant de descendre sur ma joue. Je restais les yeux clos, savourant son touché. Je savais que certaines choses lui faisaient peur, j'avais mes insécurités moi aussi... j'en avais tellement... mais il était toute ma vie, tout prenait un sens grâce à lui.

Jamais mes mots n'avaient été plus vrais.

Je me crispai quand il embrassa mes lèvres furtivement, avant de bouger en moi de manière presque imperceptible. A tel point qu'on aurait pu dire qu'il ne bougeait pas.

- Regarde-moi, répéta-t-il pour la deuxième fois de la nuit.

Lentement, je m'exécutai tandis qu'il bougeait toujours sur le même rythme en moi. Ses yeux sombres brillaient avec tant d'intensité que mon cœur s'arrêta brutalement avant de repartir à toute vitesse. Il cessa ses mouvements puis nous fit basculer pour inverser nos positions. Ce geste m'arracha un petit cri, et un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il se redressa pour atteindre les miennes. D'une main sur ma hanche, il reprit ses va-et-vient langoureux, accentuant la chaleur de mon corps.

J'avais conscience qu'il n'avait pas répondu.

J'avais conscience qu'il ne m'avait pas dit qu'il m'aimait aussi. Je ne pus empêcher mon cerveau d'y penser les secondes qui suivirent, ma conscience me criant qu'il ne m'aimait peut-être pas autant que moi je l'aimais.

Cette pensée me fit un mal de chien.

Edward dut sentir mon trouble car il fronça les sourcils en s'immobilisant en moi une nouvelle fois. Je serrai les dents pour ne pas pleurer quand son regard sombre balaya mon visage.

Il m'embrassa doucement et pris ma main pour la poser contre son torse chaud, sur son cœur qui battait à tout rompre.

Troublée et émue, je relevais les yeux vers lui, sentant, en mon âme, que les instants que nous vivions étaient de ceux que l'on oublie jamais.

- Je t'aime aussi, murmura-t-il tout bas.

Mon souffle se bloqua dans ma gorge. Mon cœur explosa de joie violemment.

L'entendre me dire ces mots provoqua une vague de joie immense en moi et je me laissai engloutir toute entière, en sentant mon souffle et mon cœur s'accélérer.

Son cœur, sous mes doigts, prit le même rythme que le mien.

Je me rendis compte que j'avais émis un soupir émerveillé lorsqu'il rigola doucement; un son presque étranglé, plus rauque et plus sexy que jamais.

- Comment pouvais-tu encore en douter ? Souffla-t-il pendant que je passai mes mains dans ses cheveux pour dégager son front.

Pour tout réponse, j'embrassai ses lèvres avec tout l'amour qu'il me faisait ressentir, avant de poser ma joue contre le sienne.

- Dis-le encore, chuchotai-je en recommençant mes mouvements contre lui, sur lui.

Il gémit contre mon oreille, ses bras se serrant autour de ma taille, me collant contre lui.

- Je t'aime, chuchota-t-il, un sourire dans la voix.

Il me souleva contre lui avant de nous faire rouler à nouveau pour être sur moi. Dans le mouvement, son corps avait quitté le mien et d'une main, il agrippa ma hanche fortement, faisant remonter ma cuisse contre son flanc puis il entra en moi à nouveau.

Mon dos se cambra et ma tête fut projetée en arrière sous l'assaut du plaisir violent que je ressentais.

- Je t'aime, répéta-t-il en embrassant mon cou exposé.

Je gémis lourdement. Mon corps trembla quand ses allers retours en moi reprirent leur danse langoureuse. Sa bouche remonta jusqu'à la mienne lorsqu'il ramena mon visage contre le sien d'une main sur ma nuque.

J'étais sienne, pour toujours et à jamais.

- Oh mon Dieu, Edward… gémis-je au moment où il quittait mon corps pour y revenir d'un seul coup.

Il accéléra ses mouvements, cherchant à se libérer de ce plaisir qui semblait le broyer lui aussi.

Mes gémissements résonnèrent dans la chambre, faisant exploser un million de choses en moi, me donnant l'impression de m'éparpiller partout contre lui, en lui, sur lui. Tout son corps se crispa et sa main agrippa la mienne brutalement. J'eus la sensation de sortir de mon corps pendant qu'il gémissait dans mon cou dans une plainte ô combien sensuelle.

Son corps reposa contre le mien pendant qu'il reprenait sa respiration, m'enfonçant un peu plus sous son poids dans mon lit, mais pour rien au monde je n'aurais voulu bouger.

Plusieurs minutes passèrent sans qu'aucun de nous ne bouge. J'étais trop bien pour faire le moindre geste.

Je me sentais apaisée et en sécurité.

Edward finit par se redresser et posa son front contre le mien, son regard d'une profondeur jamais égalée me transperçant.

- Bella ? Finit-il par demander après plusieurs secondes passées à m'étudier.

Je remontai mes yeux perdus jusqu'à sa bouche, qui semblait avoir été créée pour moi, et retrouvai la profondeur de son regard, attendant qu'il poursuive.

- Tu sais que je peux tout entendre, murmura-t-il dans la quiétude de la pièce.

- Je sais, admis-je pendant que son nez caressait le mien.

Il posa un baiser sur mes lèvres.

- C'est juste que... je ne veux pas que ton regard change, continuai-je, ses yeux observant les miens.

Il soupira légèrement avant de rouler sur le côté et de rabattre le drap d'un coup de main sur nos corps. Une sensation de vide me saisit tellement son corps me manqua, et je frissonnai quand il me ramena contre lui, mêlant ses jambes aux miennes.

- Bella, écoute moi attentivement, souffla-t-il contre mon cou. Rien de tout ce que tu me diras ne changera ce que je ressens pour toi... J'ai besoin de savoir, surtout après... ce soir, hésita-t-il quand il me sentit me crisper sans que je ne puisse maîtriser les réactions de mon corps.

Je me redressai sur un coude pour constater qu'il était on ne peut plus sérieux.

- Je ne veux pas que tu sois en colère, avouai-je en me sentant trembler quand ses doigts frôlèrent mon épaule.

Il fronça légèrement les sourcils.

- J'étais déjà en colère contre lui alors que je ne savais rien, ou presque.

Ses doigts frôlèrent mon coude, ma cicatrice.

- Juste à savoir qu'il t'a fait ça... Peu importe comme il l'a fait, ça, ça me met en colère... mais je veux savoir.

Son regard était tellement profond et son ton si solennel que je me redressai pour m'enrouler dans le drap avant de m'asseoir en face de lui.

- Ok, soufflai-je, avant d'inspirer profondément.

Il s'assit à son tour prenant appui contre la tête de lit, ses yeux ne me quittant plus.

- Je... je sais pas par où commencer, dis-je au bout de quelques minutes de silence pendant lesquelles tout s'embrouillait dans ma tête.

Sa main prit la mienne. Il caressa mes doigts distraitement. Je regardai son geste, éblouie de ressentir autant d'apaisement rien qu'avec sa peau contre la mienne.

- Par le début ? proposa-t-il doucement.

Je relevai les yeux pour rencontrer les siens.

- C'est une idée, chuchotai-je en risquant un sourire.

Ses lèvres s'étirèrent, mais son sourire n'atteignit pas ses yeux.

- Je... J'ai rencontré Jacob il y à six ans...