On traversa la ville tranquillement, nos doigts mêlés sur le pommeau du levier de vitesse, la voix de Van Morrison nous berçant avec douceur.

Edward s'arrêta dans un fast-food pour acheter à manger avant de reprendre la route.

Comme souvent le dimanche, la ville était calme et, en trente minutes, on arriva où Edward voulait aller. Je n'avais aucune idée d'où c'était et quelles que soient mes questions et théories, il ne voulait pas me répondre.

Il se gara sur une place de parking et je fronçai les sourcils en observant les grandes grilles noires.

- Edward...

Light Me Up - The Pretty Reckless.

- Ce n'est pas là où je veux t'emmener, expliqua-t-il en se détachant avant de se tourner légèrement pour me regarder. Mais on passait devant et je veux... te présenter quelqu'un, souffla-t-il en me dévisageant, ses grands yeux clairs soudain emprunts d'une tristesse infinie qui me noua le ventre.

Do you have a light ?
(Est ce que tu as de la lumière ?)

Son émotion me serra la gorge et je caressai sa joue du bout de mes doigts tremblants, avant de serrer sa main sur sa cuisse.

- Allons-y, dis-je juste avant d'ouvrir ma portière en même temps que lui.

On se rejoignit une fois sortis de la voiture pour avancer ensemble, main dans la main jusqu'aux grilles qui étaient ouvertes.

- Je suis pas venu depuis un moment, souffla-t-il, brisant le silence presque trop lourd entre nous.

- Je... je comprends ça... je crois qu'on n'a pas forcément besoin de venir ici pour penser à eux.

Mon esprit dériva vers mon père et je fermai les yeux une demi-seconde pour inspirer profondément.

- Tu ne vas pas souvent voir Charlie ? demanda-t-il doucement, pendant qu'on empruntait une allée à gauche.

- Je... au début si. Mais... j'y vais moins souvent que je ne le voudrais. C'est... difficile.

Can you make me feel alright ?
(Est ce que tu peux me faire sentir bien ?)

Ses doigts serrèrent les miens légèrement. Je savais qu'il comprenait.

Il faisait chaud aujourd'hui, vraiment chaud mais, dans ces allées, nous étions à l'abri du soleil grâce aux grands arbres qui nous protégeaient. Une légère brise soufflait, rendant la chaleur supportable. Edward nous fit quitter le chemin initial et on marcha quelques mètres à travers les stèles, souvent recouvertes de fleurs dont les couleurs étaient éblouissantes. Il finit par s'arrêter devant une pierre tombale gris clair sur laquelle des fleurs rouges et violettes étaient posées. Le prénom gravé dans la roche me fit frémir.

Well… Light me up when I'm down.
(Alors... Éclaire-moi quand je chute.)

Je n'avais jamais rencontré Sam. Il avait rejoint le groupe que formaient déjà Edward, Marcus et Tom un an après qu'Edward soit parti. J'en en avais entendu beaucoup parler par Alice qui m'expliquait toujours en détail chaque concert qu'ils donnaient. Entendre parler de lui sans cesse me l'avait presque fait connaître, mais pas autant qu'Edward c'était certain. Je m'inquiétai de sa réaction face à la tombe de Sam, pourtant son visage était empreint d'un calme et d'une sérénité qui m'impressionnaient et me rassuraient.

There's plenty of white to go around
(Il y a beaucoup de lumières tout autour)

Son regard se baissa vers moi et il me sourit doucement, la tristesse dans ses yeux encore présente mais moins, beaucoup moins puissante que dans la voiture quelques minutes plus tôt.

J'essayai de lui rendre son sourire, en vain. L'image d'Edward près de la tombe de son meilleur ami faisait tomber une enclume sur mon estomac.

- C'est plus... facile que ce que j'aurais cru, souffla-t-il calmement, ses yeux ne quittant pas les miens. Sam, continua-t-il, la voix grave en se tournant vers son ami couché devant nous alors que j'étais dans l'incapacité totale de le lâcher des yeux, je te présente Bella... ma muse, murmura-t-il avec une émotion et une sincérité dans la voix qui me firent monter les larmes au yeux.

J'étais décidément un véritable puits d'émotions depuis qu'il était revenu dans ma vie... même s'il ne l'avait pas vraiment quittée.

Je laissai Edward se recueillir seul quelques minutes et remontai lentement les allées pour rejoindre la voiture.

Sa muse.

Il avait dit sa muse.

Does what I'm saying seems to haunt you ?
(Est-ce-que ce que je dis semble te hanter ?)

Mon cœur se gonfla d'un sentiment qui me saisissait souvent depuis plusieurs jours : le bonheur. Pur, intense, fort. J'étais dans un cimetière, dans le cimetière le plus grand de L.A. et pourtant, j'étais heureuse. Il n'y avait pas trente six mille raisons à ça. Et s'il y en avait plusieurs, elles étaient toutes reliées à Edward.

Do you have a light ?
(Est ce que tu as de la lumière ?)

En rejoignant l'allée principale, mon regard tomba sur une petite fille blonde qui ne devait pas avoir plus de dix ans, assise sur une tombe, semblant placer des cailloux sur la pierre.

Can you make me feel alright ?
(Est ce que tu peux me faire sentir bien ?)

Je m'en approchai discrètement, pas trop près mais juste assez pour pouvoir compter le nombre de cailloux qu'elle y avait posé. Quatre.

Elle parlait, et son rire enfantin éclata quand un souffle d'air souleva quelques feuilles à côté d'elle, les faisant s'en voler.

- Arrête papa ! cria-t-elle en riant encore.

Elle était seule à être proche de la pierre tombale, j'en déduisis qu'elle parlait à la personne allongée sous elle. A nouveau, des larmes me brûlèrent les yeux et je me retournai vers le cimetière, cherchant Edward des yeux, le voyant arriver au loin, les mains dans les poches de son Jean's.

Well.. Light me up when I'm down.
(Alors... Éclaire-moi quand je chute.)
Light me up when I'm down...
(Éclaire-moi quand je chute...)

A sa vision, ma douleur retomba derechef et mon cœur accéléra sa course, rendant mon corps attentif au moindre mouvement de son être.

- Ça va ? demanda-t-il en arrivant à ma hauteur.

Ma main chercha la sienne et on reprit notre marche pour sortir du cimetière.

- Et toi ? M'enquis-je, peu désireuse de m'étaler sur moi et sur mon émotivité.

- Bien, mais tu ne m'as pas répondu...

- Ça va, dis-je juste.

Il s'arrêta au beau milieu de l'allée et me força à me tourner vers lui pour me regarder.

- C'était pas une bonne idée de venir ici, chuchota-t-il en s'approchant au bout de quelques secondes.

Je secouai la tête en tentant un sourire.

- Non, je t'assure que... ça... ça compte beaucoup que tu partages ça avec moi Edward...

- Mais ?

Je fronçai les sourcils.

- Pas de mais...

- J'ai vu cette petite fille tu sais ? Je ne suis pas... aveugle, j'ai compris à quoi tu as pensé.

Je détournai les yeux en me mordant la lèvre quand ma vue devint floue. Il s'approcha et je posai mon front contre le haut de son torse, me concentrant sur ma respiration.

- Merci, soufflai-je en nouant mes bras autour de sa taille quand mon chagrin eut disparu sans que j'aie lâché une larme. Je suis heureuse que... d'être là, avec toi.

Il embrassa le haut de mon crâne avant de poser son front dessus.

- Il... il fallait que je lui parle de toi, murmura-t-il, ses bras me maintenant contre lui.

Je me sentis rougir avant de me demander ce que j'avais bien pu faire pour avoir la chance de l'avoir dans ma vie.

Je reculai et le regardai puis me hissai sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Posant à mon tour mon front contre le sien, je restai quelques secondes immobile, les yeux fermés profitant de... lui.

Sa chaleur.

Son parfum.

Son souffle.

Il se pencha légèrement à la recherche d'un nouveau contact, et je reculai un peu, l'empêchant sans vraiment le vouloir de m'embrasser.

Je voulais lui dire, je devais garder les idées à peu près claires.

J'ouvris les yeux et étudiai quelques secondes sa mâchoire carrée, comme taillée dans le marbre, sa bouche rose et parfaitement dessinée, ses paupières closes et ses longs cils balayant ses pommettes doucement. Une de mes mains quitta sa taille pour repousser ses cheveux juste au-dessus de son oreille, glissant lentement mes doigts dedans, appréciant ce contact sublime.

- Je t'aime, lui murmurai-je pour la deuxième fois de ma vie, sentant mon cœur battre frénétiquement dans ma poitrine.

Ses yeux s'ouvrirent lentement et je me sentis fondre, mes jambes se transformant à nouveau en coton devant la tendresse de ses prunelles incandescentes. Il prit quelques secondes pour m'étudier. Je me sentis rougir sous son regard qui me donna l'impression qu'il pouvait lire mon âme.

- Je t'aime, souffla-t-il sur le même ton, sa bouche tout près de la mienne.

Mon cœur s'arrêta brutalement, des papillons volèrent en moi, de mon ventre au bout de mes doigts. Ses grandes mains entourèrent mon visage quand il m'embrassa à nouveau, faisant disparaître le reste du monde.


- Tu ne veux toujours pas me dire où on va ? Lui demandai-je quand on fut de nouveau sur la route, partant dans le sens opposé d'où nous venions.

- Nope, s'amusa-t-il pour la énième fois depuis près d'un quart d'heure.

- J'n'aime pas les surprises, tentai-je pour le forcer à me dire où nous allions.

- Moi non plus, c'est pour ça que ce n'en est pas une.

Je levai les yeux au ciel en regardant la ville s'éloigner par ma fenêtre ouverte, qui faisait voler mes cheveux. Je les remis derrière mes oreilles avant d'étudier Edward du coin de l'œil. Un sourire persistait sur son visage depuis que nous avions quitté le cimetière. Je me mordis la lèvre encore une fois en reportant mon attention sur la route, creusant dans mes souvenirs pour savoir où il pouvait bien m'emmener.

- Ferme tes yeux, sourit-il en tournant dans une rue.

- Pourquoi ?

- Bella, cesse de poser des questions et ferme tes yeux.

Je le regardai de travers avant de soupirer puis de fermer les yeux.

- J'adore quand tu m'obéis aussi facilement, soupira-t-il, émerveillé, et je sentis la voiture trembler.

Avions-nous quitté la route ?

- Ça ne sera pas toujours le cas.

- Tu veux que je te parle de ma liste ?

- Tu cherches à me distraire ? M'offusquai-je faussement.

- Sur le piano, commença-t-il en m'ignorant.

Je me mordis la lèvre et fermai les yeux plus fort.

- Sur le bar.

- Edward !

- La baignoire et la douche, évidemment.

Je pouffai en posant ma main sur ma bouche pour ne pas éclater de rire nerveusement. Il y eut un silence et je mourrai d'envie d'ouvrir les yeux pour le voir. La route ne comptait plus désormais.

- La table de salle à manger... l'ascenseur aussi.

- Je croyais que ta liste ne comportait que les pièces de l'appartement ? M'enquis-je en me sentant rougir.

Si seulement je pouvais ouvrir les yeux, bon sang !

- Hors de question de s'en tenir à l'appartement, s'écria-t-il avant de rire doucement.

Ce son était merveilleux.

- La piscine, aussi. Forcément.

Si je l'avais pu, j'aurais levé les yeux au ciel.

- La voiture, ajouta-t-il en posant sa main sur ma cuisse.

Je le repoussai, presque à regret.

- Concentre-toi plutôt sur la route. Je ne veux pas me prendre un arbre.

- Comment tu sais qu'il y a des arbres ? demanda-t-il avant qu'un court silence emplisse la voiture. T'es bien trop intelligente pour ton bien Swan, soupira-t-il en comprenant ce que je venais de faire.

- Quoi ? Mon père m'a toujours dit de prêcher le faux pour savoir le vrai. Maintenant, je sais qu'il y a des arbres... m'amusai-je en l'entendant presque grogner. Bien que ça ne m'avance pas beaucoup étant donné qu'il y en a partout à LA.

Cette fois-ci, il rit et je ne pus m'empêcher de sourire. Je sentis la voiture prendre un virage et, à nouveau, sa main se posa sur ma cuisse. Je le laissai faire en profitant de la chaleur de sa paume à travers le tissu de mon Jean's et mêlai même mes doigts aux siens en soupirant.

- Sur mon bureau, reprit-il au bout d'un moment.

- T'es pas croyable, m'exclamai-je en m'appuyant contre l'appui tête, les yeux toujours clos. On arrive bientôt ?

- Bientôt, répondit-il rapidement avant de continuer. Dans mon lit, évidemment. La chambre d'amis aussi. Le canapé.

A nouveau, je me mordis la lèvre et ses doigts bougèrent légèrement sur ma cuisse, faisant sursauter mon cœur.

- Devant la cheminée, ajouta-t-il après un silence.

- Sur une peau de bête ? M'amusai-je, tentant d'ignorer le mouvement de sa main, sur ma cuisse, qui m'enflammait.

- Parfaitement. Avec du vin blanc.

J'en eus presque l'eau à la bouche et il pressa ma cuisse doucement. J'entendis la voiture ralentir tandis que mon cœur accélérait, lui, brusquement, quand ses doigts remontèrent de quelques centimètres.

- T'en dis quoi ? demanda-t-il, un sourire dans la voix.

- C'est... intéressant, articulai-je difficilement, le feu incendiant à nouveau mon corps.

- Intéressant ? Je préférerais... tentant, attirant, excitant...

- OK, ça l'est ! Ça l'est... alors, arrête maintenant ! Le coupai-je en serrant ses doigts pour qu'ils ne puissent plus bouger.

Il éclata d'un rire heureux. La voiture s'inclina légèrement de mon côté avant qu'il ne s'arrête. Étions-nous sur... une pente ?

- Tu n'ouvres pas les yeux, ordonna-t-il en me détachant.

- Je n'ouvre pas les yeux, répétai-je mollement.

Sa bouche embrassa la commissure de mes lèvres, me faisant sursauter. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si près. Je l'entendis détacher sa ceinture puis le vent chaud s'engouffra dans la voiture quand il ouvrit sa portière pour sortir. Durant le court laps de temps pendant lequel il fit le tour de la voiture pour venir me chercher, je tentai de reprendre mon souffle et de calmer mon cœur. En vain. Il me fit sortir de la voiture, me souleva contre lui pour m'empêcher de marcher. J'enroulai mes jambes autour de sa taille et mes bras autour de sa nuque en posant mon front contre son cou.

J'inspirai profondément, sentant ma poitrine se gonfler de son odeur enivrante.

- Es-tu en train de me... renifler ? demanda-t-il en passant ses mains sous mes fesses pour me maintenir contre lui.

- Es-tu en train de me tripoter ? Murmurai-je sur le même ton.

Il rit légèrement, ses mains recommençant leur mouvement.

- Oui, je te tripote, admit-il avant de faire glisser ses doigts sur mes cuisses.

J'eus du mal à réfléchir quand le balancement de son corps causé par sa démarche fit que son bassin frôla le mien.

- Je suis en train de te renifler, avouai-je à mon tour en posant mes lèvres sur sa jugulaire.

Sa peau frissonna sous ma bouche. Un sourire naquit sur mon visage.

- J'aime l'odeur de ta peau, chuchotai-je contre son cou avant d'y faire traîner le bout de ma langue. Et ton goût, ajoutai-je calmement.

Il déglutit difficilement, ses mains se serrèrent contre mes cuisses, m'écrasant contre lui.

- Bella, veux-tu... arrêter ça... s'il te plaît, murmura-t-il, le souffle rapide quand ma bouche atteignit à l'aveugle sa mâchoire.

- Hum... soupirai-je en ne quittant pas sa peau pour autant.

Je suivis le dessin carré de sa mâchoire avant d'embrasser sa joue, sa barbe légère piquant mes lèvres, laissant une sensation de brûlure sur ma bouche.

- Bella... grogna-t-il quand mes doigts descendirent sous l'encolure de son T-shirt, désireux de sentir sa peau d'avantage.

Je n'avais aucune idée de l'endroit on était et, pour tout dire, je m'en foutais complètement. Le sentir perdre pied ainsi, sentir son souffle s'accélérer, son cœur battre plus vite, sentir sa poitrine se soulever rapidement au rythme de sa respiration m'électrisait complètement. Mes hanches avancèrent contre lui et il étouffa un gémissement avant de s'arrêter de marcher.

- Arrête ça.

- J'ai envie de toi, gémis-je contre sa bouche, oubliant ma gêne et ma réserve habituelle.

Qu'avait-il fait de la Bella d'avant ?

- Bon sang, souffla-t-il entre ses dents, ses mains se crispant sur mes cuisses. Tu n'as aucune idée de l'endroit où on est et tu me dis que tu as envie de moi...

Il émit un petit rire nerveux avant de tourner sur lui même. Le soleil semblait tomber sur nous et le vent secouait mes cheveux, les faisant virevolter autour de mon visage. Où nous avait-il emmenés ?

Il me reposa par terre, et chancelante, je repris le contrôle, ou presque, de mon corps. Il me fit tourner, et une nouvelle bourrasque de vent chaud souffla sur nous. Ses bras s'enroulèrent autour de moi et je le sentis embrasser mon cou, me faisant haleter honteusement.

- Ouvre les yeux.

J'ouvris les paupières rapidement et restai un instant aveuglée par le soleil, le temps que mes yeux se réhabituent à sa puissance, à sa lumière. L'image devant moi me coupa le souffle.

Nous étions montés sur les hauteurs des montagnes bordant Los Angeles, qui s'étendait à présent devant nous, les quartiers résidentiels en dessous de nous, puis, au loin, la ville et ses buildings immenses.

- C'est... c'est magnifique, murmurai-je, à bout de souffle tout d'un coup, sans que Edward y soit pour quelque chose, ou presque.

Pour une fois.

- J'adore venir ici, souffla-t-il à mon oreille.

Le paysage était époustouflant. D'ici, on avait du mal à différencier le ciel du sol. L'horizon s'étendait à perte de vue, dans le désert entourant la ville, derrière les montagnes. Il nous fit tourner légèrement vers la droite et désigna un point de son doigt tendu vers le sol et les centaines de maisons à nos pieds.

- Là bas, c'est notre maison de la plage, plaisanta-t-il quand mes yeux se posèrent sur l'océan qu'on voyait au loin.

- En tout petit alors, rigolai-je, le cœur battant à l'entente de son "notre maison".

D'ici, nous étions incapables de voir n'importe quelle maison et de l'identifier. Nous étions trop loin, trop haut.

- On peut monter encore plus haut, mais faut continuer à pieds.

- Tu doutes de mes performances physiques ? L'interrogeai-je en réprimant un rire.

Ses bras se resserrèrent autour de moi et à nouveau, sa bouche frôla la peau de mon cou.

- Non... juste de la fiabilité de tes jambes dans un chemin où il n'y a pas de bitume pour aplanir la route.

Je lui donnai un coup de coude dans les côtes et il me lâcha en éclatant de rire.

- T'as intérêt à t'excuser, Cullen, le menaçai-je tandis qu'il s'appuyait sur ses cuisses, penché en avant pour reprendre son souffle.

Il leva les yeux vers moi, son regard éclairé par le soleil détaillant mon corps lentement, faisant monter d'un cran la pression dans mon corps.

- Très impressionnant, se moqua-t-il, son stupide sourire en coin sur les lèvres.

- Tu es... pff.

- Très impressionnant là encore, répéta-t-il et je le regardai avec dédain, provoquant à nouveau son rire.

Il se redressa et frotta ses mains l'une contre l'autre, son regard toujours dans le mien. Quand il mordilla légèrement sa lèvre, mon esprit pervers cria "à l'attaque" et je fis derechef demi-tour pour partir dans le sens opposé, en marmonnant des choses incompréhensibles entre mes dents. Je détestais ce pouvoir qu'il avait sur ma personne. Je passais pour la pire des idiotes face à son être si... tellement... lui. Il ne fut pas long à me rattraper et en arrivant à ma hauteur, il me lança un regard amusé avant de me bousculer légèrement de son épaule. A nouveau, je marmonnai en serrant les dents, provoquant son rire quand sa main chercha la mienne. Il mêla nos doigts avant de retrouver son sérieux et de marcher avec moi en silence.

C'était... apaisant le calme et la sérénité que je ressentais ici. Les arbres nous protégèrent bientôt du soleil et les rayons filtraient à travers les feuilles, éclairant partiellement le visage d'Edward que je ne pouvais m'empêcher de regarder. Après une énième fois, il croisa mon regard et on échangea un sourire.

Sa main ne quittait pas la mienne ou quand elle le faisait, c'était pour se poser sur mes reins, pour m'aider à enjamber des pierres, des morceaux de bois qui se trouvaient là. Bientôt, le chemin disparut, laissant place aux arbres et aux rochers. Sa main glissait souvent malencontreusement sur le haut de mes fesses, faisant sourire Edward plus que de raison, m'électrifiant un peu plus à chaque fois.

Après une nouvelle fois, je m'écartai de lui au maximum et inspirai longuement pour me calmer. J'avais l'impression que mon corps allait imploser.

- Arrête ça. Tout de suite.

- Arrêter quoi ? demanda-t-il innocemment, en s'approchant.

Il roula des épaules, un sourire amusé sur les lèvres. J'eus du mal à réfléchir avant de lever les mains devant moi pour l'empêcher d'avancer plus.

- Oups, s'amusa-t-il quand mes mains se posèrent sur son torse lorsqu'il avança un peu plus.

Ses mains saisirent mes poignets et il fit glisser mes doigts le long de son torse, jusqu'à son ventre. Merde.

- Oups, répéta-t-il en posant mes mains sur sa ceinture.

- C'est... c'est moche de me... rendre complice de... ça, dis-je difficilement.

Sa chaleur contre mes mains était brûlante, j'eus l'impression que mon corps l'était d'autant plus. Vraiment, vraiment plus.

- Tu es la seule coupable, rétorqua-t-il en abandonnant mes mains, les laissant accrochées à sa ceinture.

J'étais tout bonnement incapable de les enlever de là. Mes mains semblaient ne plus vouloir m'obéir, mon cerveau ne les commandait plus.

- Ça n'est pas vrai, me défendis-je alors que mes doigts ne bougeaient toujours pas.

Il haussa un sourcil avant de sourire. Ses mains se posèrent sur mes hanches et il glissa ses doigts sous mes vêtements. Ma peau frissonna à nouveau, son sourire s'agrandit.

- On devrait continuer de marcher si on veut repartir avant la nuit, soufflai-je en essayant de reprendre contenance.

Il fronça légèrement les sourcils, apparemment déçu, et je le lâchai afin de reprendre ma marche dans la forêt. Une légère brise fouetta mon visage et enfin, je respirai. J'allais péter un plomb. Ma tête et mon corps allaient me lâcher, j'en étais certaine. L'avoir à proximité, si près sans qu'il ne fasse rien d'autre que m'effleurer me rendait dingue. Je voulais plus, je voulais tout. Je ne voulais pas me contenter de sa main dans la mienne, je voulais son corps dans le mien. Je voulais tout. Tout.

- Tu as l'air... tendue, se moqua-t-il au bout de plusieurs minutes à marcher à mon côté, ses doigts mêlés aux miens.

- Pas autant que toi, rétorquai-je en essayant de ne pas le regarder.

Je l'entendis soupirer avant qu'il ne s'arrête de marcher, et ne me tire sur la main, me stoppant moi aussi. Il me fit tourner vers lui et il prit mon cou entre ses mains. Il s'approcha jusqu'à ce que son visage soit tout près du mien, nos nez se touchant presque.

- Ça te dit de... rayer un endroit de ma liste ? demanda-t-il ses yeux fixés sur ma bouche.

Je me raclai la gorge, essayant de réprimer mon envie de lui sauter dessus immédiatement.

- Un lieu public ? Soufflai-je difficilement, mes mains rejoignant sa nuque.

Il me poussa, m'écartant du chemin dans un mouvement pressé pendant que je ne pouvais m'empêcher de rire. On s'enfonça dans la forêt sèche, jusqu'à ce que le sentier ne disparaisse complètement de notre vue. Quand ce fut fait, il saisit mes hanches, et me poussa contre un arbre d'une largeur impressionnante. Son corps couvrit le mien et il soupira en fermant les yeux.

- Contre un arbre. Cet arbre-ci.

Je réprimai un rire, mes doigts glissant dans ses cheveux.

- C'est très... Tarzan, me moquai-je.

Il fronça les sourcils avant de rire. Un son étranglé et tendu.

- Toi vouloir être ma Jane ? demanda-t-il sur mes lèvres, me faisant rire à nouveau.

- Je pense que tu...

Il me coupa en m'embrassant, et je soupirai de bien-être quand ses lèvres retrouvèrent les miennes, oubliant tout ce que je voulais dire. Ça n'avait plus aucune importance de toute façon. J'aimais la sensualité de sa langue dansant avec la mienne, j'aimais ses mains parcourant mon corps avec passion, sans jamais s'attarder nulle part, j'aimais son corps contre le mien, j'aimais la façon dont il me soulevait contre l'arbre derrière moi, d'une main sous mes fesses, pour me sentir plus près, j'aimais ses doigts caressant mes côtes et mon ventre dans une lente caresse. J'aimais tout ce qui faisait que mon corps désirait le sien chaque fois, chaque seconde un peu plus, j'aimais le mouvement lent et grisant de mon bassin contre le sien.

Son téléphone sonna, mais il ne quitta pas mes lèvres pour autant, faisant même passer son T-shirt par dessus sa tête alors que la sonnerie stridente de son portable résonnait dans ma tête.

- Tu devrais répondre, gémis-je contre ses cheveux quand sa bouche descendit dans mon cou.

- Et me priver de te faire l'amour contre cet arbre ? Non merci, lâcha-t-il le souffle court, ses doigts remontant sur mes seins, passant sous mon sous-vêtement.

Je gémis lourdement, poussant ma poitrine contre sa main. Le téléphone cessa de sonner et il soupira dans mon cou pendant que ses mains descendirent sur mon corps, jusqu'au bouton de mon jean qu'il fit sauter.

- Edward, protestai-je quand son téléphone recommença à sonner, résonnant dans ma tête.

- Putain, grogna-t-il en se figeant dans mon cou.

Il soupira, mécontent avant de se redresser un peu, de se racler la gorge et de décrocher son portable, posant deux doigts sur ma bouche pour m'indiquer de garder le silence avant de les enlever.

- Salut Alice... souffla-t-il en essayant de prendre une voix normale, ce qui eut le don de m'amuser. Non, nous sommes... sortis.

Son regard retrouva le mien et je me mordis la lèvre devant leur profondeur.

- Maintenant ? s'écria-t-il en laissant tomber sa tête en arrière, dépité.

J'en profitai pour caresser sa gorge du bout des doigts, avant de me redresser pour y poser mes lèvres. Il se crispa légèrement, son corps se tendant encore plus contre moi.

- Non... je... on arrive. Ouais. Conclu-t-il avant de raccrocher rapidement.

Sa bouche retrouva la mienne, me faisant oublier tout le reste.

- Qu'est ce qu'elle voulait ? Réussis-je à dire entre deux baisers enflammés.

Son front se posa contre le mien et il soupira longuement pour se calmer.

- Ils veulent qu'on vienne maintenant, apparemment Alice et Jasper ont quelque chose à nous annoncer, murmura-t-il quand mes doigts massèrent sa nuque.

- Quelque chose ?

- Elle ne veut rien me dire de plus.

- C'est... j'adore ta sœur mais là...

Il hocha la tête, m'embrassa brièvement avant de me faire retomber sur mes pieds. Ses doigts agiles refermèrent le bouton de mon Jean's.

- Je préfère te déshabiller plutôt que t'habiller, en conclut-il en reprenant ma main pour remonter à travers la forêt.

Je soupirai longuement à mon tour, tentant d'apaiser mon pouls et le feu dans mon ventre, et il remit son T-shirt, me privant de son corps parfait. On regagna la voiture à contre-cœur, l'impression de planer et de ne plus toucher terre était là, en moi. La frustration courrait dans mes veines à vive allure si bien que j'en tremblais.

J'allais le faire payer à Alice. J'allais... bousiller toute ses créations. Foutre le feu à son appartement, à sa voiture.

Pendant le trajet, j'élaborai un plan pour pourrir sa journée à elle aussi. Mieux, pour pourrir sa nuit. Prévoir un appel sur son portable toute les dix minutes. Histoire qu'elle et Jasper ne puisse RIEN finir, eux non plus. Pas de raison qu'Edward et moi soyons les seuls à souffrir.

- Est-ce que ça va ? demanda Edward en se garant devant la maison de la plage.

Mes yeux quittèrent mes cuisses, sur lesquelles mon regard était perdu depuis qu'on avait quitté les collines de Los Angeles, pour retrouver les siens. Profonds, clairs, époustouflants. Je hochai la tête, encore en proie au désir que mon corps avait à peine réussi à calmer.

- Tu es restée silencieuse tout le trajet...

- Je... je me demande ce qu'Alice veut nous dire, le coupai-je en sentant mes joues me brûler.

Je n'allais absolument pas lui dire que j'avais comploté contre sa sœur la moitié du trajet et fantasmé sur son corps le reste du temps.

- Tu mens, remarqua-t-il en caressant ma joue du bout des doigts, se penchant légèrement vers moi.

Son odeur me donna le tournis.

- Mais je vais faire comme si je ne le savais pas parce que... comme tu rougis, ça doit être gênant... et te dire que... je vais peut-être avoir... un neveu ? Sourit-il, un air heureux et fier peignant son beau visage.

Mon estomac sembla remonter dans ma gorge. Je tentai de réprimer la peine que je ressentis d'un seul coup -en vain.

- Qu'est ce qu'il y a ? S'inquiéta-t-il quand je détournai les yeux pour regarder la maison d'où Alice nous faisait de grands signes, à la porte d'entrée.

- Alice... elle... c'est pas à moi de te dire ça, soufflai-je en fermant les yeux pour me calmer. Vous... vous avez des choses à vous dire.

J'inspirai profondément avant d'ouvrir les paupières. Ses sourcils étaient froncés, perdus dans son incompréhension.

- Bella qu'est ce que tu...

- Vous sortez de là ? s'écria Alice de l'autre côté de la voiture, frappant contre sa vitre.

- On devrait sortir, soupirai-je en me dégageant.

- Bella, attends, m'ignora-t-il en rattrapant mon bras.

- Edward, Alice va détruire ta vitre si on...

Comme pour confirmer mes dires elle frappa une nouvelle fois à sa vitre, plus fort en nous demandant ce qu'on fabriquait, le regard d'Edward passa de l'inquiétude à la colère.

- Est ce que t'es en train de me mentir pour de vrai ? demanda-t-il, la voix soudainement plus grave.

- Je... Non Edward c'n'est pas... Alice... Alice doit te dire ça, pas moi, paniquai-je devant la colère de ses iris.

- Putain Bella, je me fous d'Alice là, je te parle et tu me réponds ! Me coupa-t-il brusquement.

Je haussai un sourcil et restai une seconde figée, surprise du ton sec qu'il avait employé.

- Tu ferais mieux de ne pas t'en foutre non, Alice a besoin de toi. Elle a besoin que son frère et sa meilleure amie soient là, aujourd'hui, donc on va sortir de cette voiture. Ensuite, quand Alice t'aura parlé, on discutera de ce qui se passe, dis-je d'une voix neutre.

Son regard sonda le mien et il me relâcha pour que je puisse sortir. J'ouvris la portière sous les cris presque hystériques d'Alice. Edward sortit à son tour pendant qu'elle faisait le tour de la voiture pour me prendre par le bras. Sans un mot, il claqua sa portière et partit d'un pas furieux vers la maison.

- Qu'est ce qu'il à ? demanda Alice en le regardant claquer la porte d'entrée, les sourcils froncés.

- Je... je sais pas, chuchotai-je.

- Pense à me rappeler de lui refaire son vaccin contre la rage, souffla-t-elle pour me faire rire.

Ce qui ne marcha pas vraiment. Je ne comprenais pas sa colère. Je ne comprenais pas comment l'ambiance avait pu changer d'un seul coup ainsi.

Tremblante, je remontai dans la maison avec Alice qui me parlait, sauf que, sans le vouloir réellement, j'étais incapable de l'écouter. Venions-nous de nous dire ça, dans la voiture ? M'avait-il parlé comme ça, pour de vrai ?

On s'assit autour de la table de la terrasse. Je secouai la tête pour me concentrer sur ce qu'Alice disait

- Donc nous sommes allés dans ce bar boire un café comme quand on s'est rencontré et tout à coup, "will you marry me" a commencé à résonner dans la salle et Jasper s'est agenouillé et il m'a...

- Quoi ? Coupai-je Alice qui parlait depuis une éternité. Jasper t'a demandé en mariage ?

- C'est ce que je t'explique depuis cinq minutes, oui, me reprocha-t-elle avec dédain.

- Mais c'est... waouh, Alice ! M'écriai-je, faisant fi de ce qui s'était passé avec Edward pour la prendre dans mes bras. Oh mon dieu c'est... c'est... c'est magnifique ! M'extasiai-je, la joie me saisissant violemment avant de la regarder.

- Je sais, avoua-t-elle soudain émue.

- J'suis tellement heureuse pour toi ma puce, souris-je en regardant ses yeux brumeux.

- Et moi donc, renifla-t-elle en ventilant son visage de sa main.

Je ris légèrement avant de soupirer de joie. Ma meilleure amie allait se marier. Elle qui en rêvait depuis toujours... j'étais heureuse que Jasper l'ai fait. Surtout aujourd'hui. Surtout après qu'elle lui ai dit... la vérité.

- C'est génial, vous êtes... parfaits. Ça va être un mariage parfait. Bordel, j'vous adore ! M'émerveillai-je avant que Jasper n'entre sur la terrasse.

Je me levai précipitamment et lui sautai au cou.

- Nom de Dieu tu sais que je t'aime toi ? Rigolai-je quand il éclata de rire en me rendant mon étreinte.

- Je sais ! S'amusa-t-il quand je reculai.

Je lui cognais l'épaule et il rigola encore plus. Edward entra sur la terrasse et j'évitai de le regarder en retournant près d'Alice qui s'était levée, souriant bêtement à son fiancé. Fiancé. C'était... parfait.

- Je veux voir cette bague, exigeai-je en tendant la main à Alice.

Elle posa ses doigts fins et manucurés contre les miens en couinant. Je levai un sourcil devant la beauté de la bague.

- Tu ne fais pas les choses à moitié, marmonnai-je à Jasper sans quitter le bijou des yeux.

Un diamant ornait le haut d'une fine bague en or blanc.

- J'ai loupé quelque chose ? Intervint Edward que je m'efforçai à ne pas regarder.

Son regard semblait brûler ma nuque, le mien restait fixé sur la bague, ne désirant pas le croiser. J'avais besoin d'une minute. Ou plusieurs.

- Je vais me marier ! s'écria Alice en me bousculant pour rejoindre son frère.

Jasper leva les yeux au ciel.

- Moi aussi, c'est amusant ! Ironisa-t-il pendant que je pouffais.

Le regard d'Edward croisa le mien une seconde, une seule, et le doute et les remords que j'y vis me coupèrent le souffle. Je discutai avec Jasper de la date de leur mariage pendant qu'Edward écoutait sa sœur attentivement, partageant son bonheur en l'étreignant avec amour.

- Vous êtes là ! s'exclama Esmée qui remontait de la plage, bras dessus, bras dessous, avec Carlisle.

Elle le lâcha pour m'étreindre.

- Ça va ? me demanda-t-elle doucement.

- Tout va bien.

- As-tu mangé ce midi ? S'inquiéta-t-elle en reculant pour me regarder.

- Maman ! grogna Edward à quelques mètres de nous.

- C'est quoi cette obsession avec ce que je mange ? Rigolai-je quand Carlisle me prit dans ses bras à son tour.

- Si tu veux mon avis c'est...

- Non, Emmet, je ne veux pas ton avis ! M'écriai-je en le coupant pendant qu'il sortait de la cuisine, devant Rosalie.

Il s'approcha de moi jusqu'à être tout près. Il baissa les yeux et jamais je n'avouerais que sa taille et sa carrure étaient impressionnantes.

- Tu disais, mini Swan ?

- Que je... ne voulais pas ton avis ? Demandai-je en hésitant légèrement.

Les autres rirent.

- Fais la maligne ! Grogna-t-il en ébouriffant mes cheveux.

- Emmet laisse la tranquille ! Le gronda Esmée, provoquant les rires des autres à nouveau.

- Hé oh ! C'est ma journée ! S'indigna Alice, essayant d'attirer l'attention sur elle.

Je roulai des yeux même temps que Carlisle.

- C'est ta journée depuis que tu es née, se moqua-t-il en passant un bras par dessus ses épaules, pour la serrer contre lui.

- Parfaitement, pas de raison que ça change, se vanta-t-elle.

J'observai du coin de l'œil Rose et Edward qui échangeaient quelques mots un peu plus loin pendant que les autres se chamaillaient. Les yeux clairs d'Edward croisèrent les miens un bref instant avant qu'il ne détourne le regard sur la mer au loin. Mon ventre se noua. J'avais envie de fondre dans ses bras et de retrouver le Edward d'avant qu'on arrive ici. Je ne pouvais pas lui dire pour Alice, ça n'était pas à moi de lui dire, mais à elle. Elle était la seule à pouvoir lui dire ça. Il comprendrait. Je le savais.

Plus tard, sur la plage, allongée sur ma serviette, je profitai du soleil brûlant sur ma peau. Nous nous étions tous mis en maillot de bain pour profiter du beau temps de cette fin d'après midi. Esmée et Carlisle lisaient, assis sur leurs transats, un peu plus haut. Rosalie était rentrée se reposer un peu, la chaleur la fatiguait et le bébé semblait faire des siennes ces jours-ci. Jasper, Alice et Emmet étaient dans l'eau. Ce dernier tentait d'apprendre à Alice à tenir sur une planche de surf, ce qui n'était pas gagné. Elle tombait souvent, criant contre Emmet, contre Jazz, à tour de rôle. C'était un spectacle plutôt amusant à voir. J'avais enfin vu Emmet sur une planche de surf... et je n'avais pas rigolé. Il était doué, vraiment doué. J'aurais aimé qu'il tombe, pour que je puisse le lui rappeler jusqu'à la fin de sa vie, mais ce ne fut pas le cas.

Alice avait pris Edward à part une heure plus tôt. Je les avais observés parler, au loin, assis à la table de la terrasse. J'avais vu Edward essuyer les larmes de sa sœur de ses mains, avant de la prendre contre lui, pour la réconforter. Elle lui avait dit, il savait. Je pensais que ça allait arranger les choses entre lui et moi, mais ça ne fut pas le cas.

Depuis presque trois heures je comptais les minutes, depuis autant de temps, il ne m'avait pas adressé la parole... et moi non plus. C'était idiot, pour si peu. Nous ne nous étions pas insultés, pas vraiment engueulés non plus. Mais un malaise entre nous s'était installé et je ne savais pas, absolument pas quoi faire pour résoudre ça.

Fébrile, je remontai dans la maison pour faire une pause. Le soleil tapait fort sur ma peau, et j'avais besoin de boire un verre d'eau fraîche.

- Est ce que ça va ? demanda Edward en entrant dans la cuisine à peine une minute plus tard.

Je le regardai avant de finir mon verre rapidement.

- Tout va bien, murmurai-je en le posant dans l'évier.

Il s'approcha et s'appuya contre l'îlot du bar derrière lui, à un mètre de moi. Cette distance semblait être bien trop grande. Son regard clair mais emprunt de remords s'accrocha au mien et j'eus du mal à respirer correctement.

- Tu vas m'éviter encore longtemps ? Souffla-t-il d'une voix terne qui me fit froid dans le dos.

- Je ne t'évite pas, chuchotai-je avec la sensation terrible d'étouffer, tant l'envie de le toucher et de me blottir contre lui m'étranglait.

Il leva les yeux au ciel, avant de venir vers moi. Il s'arrêta à quelques centimètres de mon visage, me faisant oublier de respirer face à l'intensité de ses yeux.

- Alice m'a dit...

- Je sais, dis-je doucement, ma gorge se serrant devant sa volonté à rester fort face à ça.

Pour elle. Pour lui. Pour nous.

- Bella pour... dans la voiture je...

- T'as pas à t'excuser Edward, c'est rien... le coupai-je, me sentant tout d'un coup terriblement coupable.

- Non tu... je veux que tu comprennes pourquoi j'ai... réagi comme ça.

Ses mains caressèrent mon cou avant que son pouce ne passe sur ma bouche. Ma peau s'enflamma sous son toucher.

- Je... j'ai besoin de savoir que tu ne me cacheras rien. J'ai besoin de... je ne veux pas que tu me mentes. Jamais.

- Je ne voulais pas...

- Je sais, me coupa-t-il doucement. Je l'ai compris quand Alice m'a dit pour...

Il ferma les yeux un instant, soupira.

- Je suis désolé, dit-il en rouvrant les yeux.

- Je ne te mentirai pas. Alice était la seule à pouvoir te dire ça...

- J'en ai conscience maintenant... Je t'ai mal parlé et je... j'aime pas cette... distance entre nous, depuis. Je veux être proche de toi... comme ça, souffla-t-il en collant son corps contre le mien.

Mes doigts se nouèrent autour de son poignet qui tenait mon visage dans sa main. Mon cœur affolé loupa un battement quand il posa un baiser sur mes lèvres.

- Comme ça, répéta-t-il en m'embrassant une nouvelle fois. Je ne veux pas que tu me mentes... je... je ne pourrais pas accepter ça, reprit-il après avoir quitté ma bouche, me laissant haletante.

- Je ne te mentirai jamais, promis-je, mes mains glissant sur ses bras.

- Depuis... l'Australie, continua-t-il avec une légère hésitation, le... le mensonge n'est plus tolérable.

Je pris un instant pour l'observer. Son être transpirait le doute, la peur, la douleur… Cet enfant qu'il ne connaîtra jamais.

- Alors... ne me mens pas, ne me cache pas des choses... comme ça.

- Je ne le sais que depuis ce matin, me défendis-je doucement.

- Je sais, dit-il encore une fois, son nez frôlant le mien.

- Je... je serai toujours honnête, si tu l'es aussi, soufflais-je sur sa bouche.

Il recula légèrement pour me regarder.

- Je le serai, jura-t-il avec tendresse.

On resta quelques secondes sans bouger, sans parler. J'aurais pu rester des heures à le regarder ainsi. Ses yeux dans les miens, son corps chaud contre le mien. L'apaisement nous gagna, me faisant du bien. Je le retrouvai, enfin.

- Embrasse-moi, finit-il par chuchoter.

Mon cœur accéléra rien qu'en l'entendant me demander ça. Je me hissai sur la pointe des pieds, ma bouche frôla la sienne et, à nouveau, le temps se figea.


- Vous étiez au courant ? s'indigna Edward en regardant ses parents, l'air faussement contrarié.

- Pourquoi on est là, d'après toi ? Rigola son père, en passant un bras sur le dossier de la chaise de sa femme.

- Pourquoi ils le savaient et pas moi ? demanda-t-il en reportant son attention sur Jazz et Alice, à notre droite.

La nuit était tombée et nous étions désormais assis autour de la table, après avoir mangé l'osso-buco d'Alice. L'ambiance était au beau fixe. Tout le monde riait, parlait. Les conversations allaient bon train et je me sentais chez moi. Dans ma famille, dans ma maison. Edward à mon côté avait son bras sur le dossier de ma chaise, ses doigts caressant distraitement mon bras recouvert d'un pull noir à manches longues à lui que j'avais enfilé rapidement avant de manger. J'adorai avoir son odeur sur moi de la sorte.

- Parce que quand on veut épouser une femme, il faut demander la permission à son père, répondit Jasper en levant les yeux au ciel.

- Même moi je l'ai fait ! Rigola Emmet, en finissant sa bière.

Edward but une gorgée de la sienne et je mourrai d'envie de lécher la petite goutte qui roulait légèrement sur sa lèvre, avant que le bout de sa langue ne la récupère. Ça aurait été peut être... déplacé de faire ce genre de chose devant ses parents.

- Parce que ta mère t'y a obligé, se moqua Rosalie en posant sa tête sur l'épaule d'Emmet.

- N'importe quoi, s'exclama-t-il en levant les yeux au ciel.

- On le sait tous mon chéri, pas la peine de le cacher, lui sourit Esmée.

Edward sourit dans mes cheveux avant d'embrasser mon front.

- Tu as intérêt à me demander mon avis et à pas faire comme lui, Edward, ordonna Emmet en désignant Jasper d'un geste vague.

- Je n'vois pas pourquoi je te demanderais ton avis Emmet... marmonna Edward, ses doigts reprenant leur caresse sur mon bras.

- Bella est comme ma petite sœur. Je suis donc presque son... père de substitution, rétorqua-t-il, sûr de lui.

- Tu sais ce que veux dire substitution ? Se moqua Carlisle en frottant ses yeux.

- Qui te dit qu'il va se marier avec Bella ? demanda Jasper, cherchant certainement la guerre.

Je lui lançai de la mie de pain à la figure, me retenant de peu de lui lancer la bouteille de bière d'Edward. Les dégâts n'auraient pas été les mêmes.

- Pourquoi on parle de notre mariage déjà ? demanda Edward, le timbre de sa voix et ses mots faisant vibrer mon corps.

Edward, Edward, Edward...

- Parce que Jazz et moi allons nous marier, lui rappela Alice, souriant de toutes ses dents.

- C'était ça ! Rigola Rose avant d'étouffer un bâillement.

- T'es bien silencieuse, murmura Edward à mon attention, quand les autres parlèrent du choix d'un thème pour le mariage.

- Hum... je crois que je suis juste... fatiguée. La journée à été longue, et la nuit trop courte.

Ses lèvres embrassèrent ma tempe et je posai ma tête sur son épaule.

- Je ne sais pas ce que tu as fais la nuit dernière, mais si ça te fatigue autant, il va falloir penser à arrêter.

- Dit celui qui voulait me faire l'amour contre un arbre, chuchotai-je le plus bas possible, me sentant rougir.

Il pouffa avant de boire une nouvelle gorgée de sa bière. Une pensée me trotta dans la tête et je regardai les autres parler quelques minutes, avant de me redresser pour regarder Edward. Son visage se tourna vers moi puis il me sourit doucement, mes yeux faisant des allers retours entre ses yeux et ses lèvres.

- Tu veux que... enfin, ce soir tu... tu retournes chez toi ou tu...

- Tu veux quoi ? demanda-t-il en dégageant les cheveux de mon visage.

Ses doigts remirent une mèche de cheveux derrière mon oreille, et un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale.

- Être avec toi... le reste c'est pas... important.

Il sourit, ses doigts effleurèrent ma joue.

- On va chez moi alors. J'aime... la tranquillité qu'on y trouve.

Après une courte pause, son sourire en coin étira ses lèvres.

- Et puis, il y a mon piano là bas.

Je secouai la tête avant d'embrasser chastement ses lèvres.

- Rêve pas trop, Cullen.

- Méfie-toi Swan, je peux être persuasif, menaça-t-il en avançant pour m'embrasser à nouveau.

Je reculai avant qu'il ne puisse toucher ma bouche.

- Je suis très, très butée, le prévins-je avec un sourire.

- Tant mieux, je le suis aussi, soufflât-il avant de frôler mes lèvres.

Quand je me rassis correctement à ma place, je remarquai qu'Esmée nous observait, son regard empreint d'une douceur que je n'avais jamais vue nulle part. Je me sentis rougir quand elle me sourit.

Avant de partir, je montai rapidement dans ma chambre prendre un sac et y mis des affaires pour la nuit. Je passai à la salle de bain prendre mes affaires de toilette avant de redescendre. En haut des escaliers, je croisai Emmet qui montait se coucher.

- Fais attention de pas tomber et lave toi correctement les dents, se moqua-t-il en me regardant.

- Emmet... grognai-je en me retenant de le taper.

- Appelle-moi Papa désormais, continua-t-il en m'ignorant.

Je grinçai des dents et le regardai de travers. Quand il fut arrivé en haut des escaliers, ses grands yeux marron scrutèrent les miens et sa mine se fit plus sérieuse.

- Comment tu vas ? demanda-t-il doucement, sa douceur me surprenant.

- Emmet...

- Je m'inquiète tu sais... t'es... tellement... toi, rigola-t-il légèrement avant de retrouver son sérieux. Si... t'as besoin de quoi que ce soit, tu sais que tu peux compter sur moi, pas vrai ?

Je lui souris du mieux que je pus, émue que le Emmet qui m'avait tant soutenue à la mort de mon père soit ici, ce soir. Devant moi. Ce grand frère que je n'avais jamais eu.

- Merci Em'.

- Pas d'quoi Mini Swan. Donc, tu vas bien ?

- Je vais bien, le rassurai-je.

Il remit une mèche de cheveux derrière mon oreille.

- Tant mieux.

Il posa un baiser sur mon front avant de me bousculer pour passer... Emmet restait Emmet.

- Bonne nuit Mini Swan, pas de bêtise avec Eddy !

- Ferme-la Em' ! cria Edward depuis le bas des escaliers, me faisant sursauter.

Je n'avais pas vu qu'il était là. Le rire tonitruant d'Emmet résonna dans la cage d'escalier quand il referma la porte de sa chambre. Je secouai la tête, ne pouvant arrêter de sourire en descendant les escaliers pour rejoindre Edward.


Aaaaah Edward Edward Edward… on est toutes d'accord pour dire qu'on veut le même pour Noël non ?

Si jamais vous passez par là et que vous n'êtes pas encore au courant, j'ai commencé à publier une nouvelle romance STAY; dans mes histoires, depuis quelques semaines ! Vous embarquez avec moi ?

On se retrouve très vite,

Laissez-moi un mot,

Tied.