En rentrant chez Edward, je pris une douche rapide pour éliminer le sel marin de ma peau. Edward resta dans son bureau en attendant que je finisse. Je ne savais absolument pas ce qu'il y faisait et j'essayai de ne pas y penser. Je sortis de la salle de bains, les cheveux lâchés sur mes épaules après plusieurs minutes à essayer de les discipliner. Chose impossible. Ils allaient boucler et me rendre folle, comme toujours.
Au même moment, Edward sortit de son bureau et, comme hypnotisée, je marchai vers lui en même temps qu'il venait à moi. Sa bouche retrouva la mienne pour un chaste baiser, ses mains réchauffant mes reins.
- Va te coucher, j'arrive dans dix minutes, souffla-t-il avant d'embrasser mes lèvres encore une fois.
Ses doigts glissèrent dans mes cheveux avant de se poser sur ma nuque.
- Ne soyez pas trop long, Monsieur Cullen, gémis-je contre sa bouche.
- Impatiente ? S'amusa-t-il en posant ses lèvres sur ma mâchoire avant de glisser dans mon cou.
J'eus un rire étranglé quand sa langue frôla ma peau.
- J'ai attendu dix ans pour que tu te décides à me toucher, dis-je d'un ton que je voulais léger.
- Je pourrais te dire la même chose, répliqua-t-il en s'écartant pour me regarder quand j'ouvris les yeux.
Les siens étaient clairs, sereins.
- Non, les garçons font le premier pas. Les filles elles, attendent le premier pas.
Il leva les yeux au ciel, me faisant sourire.
- C'est l'excuse la plus stupide que j'ai entendue, tu le sais ?
- Peut-être, mais je n'aurais jamais osé faire le premier pas avec toi... Avouai-je en me sentant rougir.
- C'est pour ça que moi et mon intelligence brillante l'avons fait ! Se vanta-t-il en époussetant son épaule, l'air fier.
Il ne savait pas à quel point il pouvait être sexy en faisant ce geste. J'eus du mal à réfléchir en le regardant sourire. Ses mains prirent mon visage en coupe et son regard passa deux fois de mes yeux à mes lèvres, avant qu'il ne m'embrasse tendrement.
- Ne t'endors pas, me prévint-il en me relâchant.
- Je ne m'endormirai pas, soufflai-je, perturbée par son baiser.
- Bien, s'amusa-t-il en entrant dans la salle de bains à son tour, laissant la porte entrouverte.
Je restai figée quelques secondes, inerte dans le couloir jusqu'au moment où je vis son T-shirt passer par dessus sa tête. Je fis demi-tour rapidement et me couchai dans ses draps, dans son odeur, essayant de penser à tout sauf son corps parfaitement musclé sous l'eau chaude.
Merde.
Je remontai un peu ses draps sur moi, m'enfonçant dans son lit. Combien de fois avais-je rêvé de faire ça, par le passé ? Je ne comptais plus le nombre de nuits où je m'étais réveillée, espérant trouver autre chose que ma vie en ouvrant les yeux. A chaque fois, ça avait été la même déception brûlant mes yeux, le même sentiment d'étouffement qui me saisissait. Edward et moi étions faits pour être ensemble, ce soir-là, j'en étais certaine.
Je fermai les yeux, avant de me retourner pour enfoncer mon visage dans les oreillers d'Edward, en inspirant profondément.
Quand je les rouvris deux secondes plus tard, je fronçai les sourcils en voyant que la lumière était éteinte. J'étirai un peu mon corps lourd de fatigue avant de sursauter en effleurant quelque chose. Quelqu'un. Une peau. Je fronçai les sourcils encore plus, me sentant étourdie, comme si je venais de me réveiller. Je pris une seconde pour réfléchir posément.
Certes, je n'étais pas dans mon lit.
J'avais un corps contre le mien et, après un quart de seconde, je reconnus l'odeur d'Edward. Sa silhouette se dessina dans le contre-jour de la lumière extérieure qui éclairait la chambre d'une couleur orange foncé, quand je tournai la tête pour le regarder. Je jetai un coup d'œil au réveil à ma droite avant de jurer entre mes dents. 4h58. Je m'étais vraiment endormie ? Dépitée, je soupirai dans le noir en mordant ma lèvre. Je m'étais endormie ! Qui s'endormait alors qu'Edward Cullen allait partager son lit et plus si affinités ? Et affinités il y avait. Et pas qu'un peu.
Idiote, idiote, idiote !
- Tu penses à voix haute, souffla Edward, la voix endormie en passant un bras autour de ma taille pour m'attirer un peu plus contre lui.
Sa voix me fit sursauter et un petit cri m'échappa, avant que je n'éclate de rire en me sentant rougir. Je fus heureuse que notre position l'empêche de voir mon visage.
- Pardon, m'excusai-je en ramenant sa main à ma bouche pour embrasser nos doigts mêlés. Rendors-toi.
I put a spell on you - Garou.
- Hum... dit-il, juste avant d'embrasser mon cou.
Mon corps frissonna, et une de ses mains quitta la mienne pour caresser mon ventre du bout des doigts, sous mon T-shirt.
- Edward, gémis-je doucement quand ils descendirent plus bas, me frôlant par dessus mon short.
Mon corps avança contre sa main, incapable de refréner l'envie de lui qui me saisissait violemment. Il se tendit contre moi et à nouveau, embrassa ma nuque, dégageant mes cheveux pour y enfouir son nez.
- J'ai plus envie de dormir... chuchota-t-il contre mon cou avant que sa langue n'y trace des arabesques totalement indécentes jusqu'à mon oreille.
Sa main arrêta son effleurement, difficilement supportable après toutes ces heures de frustration, avant de faire glisser mon vêtement le long de mes jambes. Je finis de m'en débarrasser totalement d'un geste du pied. Je tentai de me retourner, mais il m'en empêcha en tenant ma hanche fermement.
- Ne bouge pas, souffla-t-il difficilement, le souffle court, la voix rauque.
Je fermai les yeux, tentant de ne pas gémir alors qu'il ne m'avait pas encore vraiment touchée. Rien que le son de sa voix, la façon dont elle résonnait en moi m'enflammait complètement. Je le sentis bouger, et je ne pus réfléchir plus longtemps à ce qu'il faisait quand sa main remonta de ma hanche à mes seins. Ses doigts effleurèrent ma peau avant qu'il n'empaume ma poitrine, son souffle s'accélérant en même temps que le mien. Je me mordis la lèvre en gémissant contre mon bras replié sous moi quand son genou écarta mes jambes, son bassin se collant contre moi.
Et, sans plus de préliminaires, il guida son corps dans le mien lentement, entrant en moi jusqu'à buter au fond de mon ventre. Enfin. Il était enfin en moi après cette longue journée de torture. C'était tellement... grisant de le sentir ainsi. Aucun mot ne pouvait décrire ce que je ressentais, comment je le sentais.
Nos souffles se coupèrent en même temps, et je gémis quand il quitta presque mon corps avant d'y revenir puissamment. Sa respiration saccadée souffla un air brûlant sur mon épaule, et sur mon cou lors d'un nouveau mouvement. Sa main se posa sur ma hanche, stoppant mes mouvements quand je voulus bouger, quand je voulus faire quelque chose pour calmer le feu qui me consumait, mon corps se cambrant contre le sien tout seul. Ses doigts s'enfoncèrent dans ma peau pendant qu'il gémissait dans un autre coup de reins.
J'avais chaud, terriblement chaud, la pièce devait avoir pris dans les trente degrés en quelques secondes. De longues décharges électriques remontaient le long de ma colonne vertébrale à chacun de ses va-et-vient. Au bout d'un moment, il quitta mon corps avant de me soulever. Juste assez pour faire passer mon t-shirt par dessus ma tête. Juste assez pour coller son torse contre mon dos désormais nu. Il nous rallongea, et posa une main sur ma hanche, l'autre sur mon sein avant de me pénétrer à nouveau. Sa peau en complet contact avec la mienne semblait n'avoir fait qu'amplifier les sensations. J'étais comme une poupée de chiffon entre ses bras, et il le savait.
Lentement, il nous entraîna vers les profondeurs d'un plaisir tellement intense que tout mon corps tremblait, que chaque souffle se transformait en gémissement, que mes mains agrippaient le drap pour me maintenir dans la réalité. J'avais l'impression que je n'allais pas survivre à ça, que mon être allait me lâcher et rompre. Mon cœur allait s'arrêter à force de battre aussi fort, de tressauter à chaque fois qu'Edward glissait en moi, c'était certain. Il n'accéléra jamais ses mouvements, son corps bougeant avec sensualité dans le mien, toujours sur le même rythme calme, langoureux et puissant.
Il se retira presque et, en même temps, vint poser sa main sur mon bas-ventre, pour y appuyer sa paume en revenant en moi. La sensation fut telle qu'un cri franchit mes lèvres pendant qu'il gémissait lourdement dans mon cou.
- Putain, siffla-t-il entre ses dents en recommençant les mêmes gestes, entrant plus puissamment en moi.
Je ne m'appartenais plus. Son corps contrôlait le mien d'une main sur mon ventre, d'une main sur mon sein, du rythme lent de lui en moi. Son corps régnait en maître sur moi, à l'intérieur de moi. Je ne pouvais rien faire d'autre que gémir en mordant ma lèvre pour ne pas crier. Je n'appartenais plus qu'à lui. Rien qu'à lui.
- Bébé... gémit-il contre mon cou, sa paume appuyant plus fort sur mon ventre dans un dernier mouvement.
Son geste et sa voix rauque, mêlés à un gémissement de sa part, me firent basculer de l'autre côté. Mon corps emprisonna le sien violemment, l'empêchant de faire le moindre mouvement. Ma main tordit le drap sous mes doigts et mon souffle se coupa. Mon cri résonna dans la chambre, se répercutant sur les murs alors qu'une décharge électrique me faisait quitter mon corps, le rendant sans vie, me prenant toute mon énergie d'un seul coup. Edward gémit longuement dans ma nuque, ses mains se crispant sur ma peau, pendant que son corps tremblait en moi, contre moi. Le son de sa voix rauque m'étourdit un peu plus, résonnant dans ma tête, et il se laissa retomber contre moi, cherchant son souffle, le visage perdu dans mes cheveux.
Nos corps en sueur se reposèrent plusieurs minutes l'un contre l'autre, pendant que j'essayai de reprendre pied avec la réalité, chose difficile. Edward finit par embrasser ma tempe avant de se tourner sur le dos, m'enlevant sa chaleur.
- Putain, dit-il encore quand je me tournais à mon tour, les yeux toujours fermés dans un apaisement total, ayant l'impression d'être dans du coton.
- Hum, marmonnai-je, à court de mots.
Il rit légèrement et j'ouvris les yeux en tournant la tête pour le regarder. Je repliai mon bras sur le haut de son torse humide, caressant sa peau du revers de ma main. Ses yeux balayèrent mon corps, me faisant rougir avant de retrouver les miens. Son sourire en coin revint et son bras s'étendit en travers de mon ventre.
- C'était... commença-t-il avant de chercher ses mots, ses doigts caressant distraitement ma hanche.
- Hum, marmonnai-je encore une fois, nous faisant rire tous les deux.
Il se redressa et se pencha pour m'embrasser, sa main sur ma joue, ma main, elle, se perdant dans ses cheveux.
Les deux semaines suivantes passèrent lentement, et en même temps trop vite.
Lentement, car je profitais du moindre rire à entendre, je prenais et gardais pour moi les sourires de mes amis, de ma famille. Chaque sourire, chaque regard, chaque mot.
Trop vite, parce que chaque moment que je passais avec Edward me semble passer à la vitesse de la lumière. Parce que j'aurais aimé pouvoir arrêter le temps chaque fois qu'il m'embrassait, me touchait, me disait à quel point il m'aimait, me désirait. Parce que, chaque nuit, nous finissions par nous rejoindre, incapables de s'endormir sans ses bras autour de moi. Trois nuits de suite, il était revenu de son appartement, où il écrivait de nouvelles chansons, pour entrer dans ma chambre doucement avant de se glisser dans mon lit, profitant de la chaleur de mon sommeil en m'enlaçant.
- Tu es vraiment là ? Avais-je marmonné la première nuit, incertaine d'être dans la réalité ou le rêve.
- Oui, rendors-toi, avait-il murmuré doucement en enfonçant son visage dans mes cheveux, me serrant un peu plus contre lui.
Les nuits suivantes avaient été les mêmes. Il m'avait donné un double des clés de son appartement, afin que je puisse l'y rejoindre quand bon me semblerait. Ce que j'avais fait les autres nuits, me glissant dans son lit en me blottissant dans ses bras pour enfin trouver le sommeil.
Finalement, nous avions fini par prendre l'habitude de dormir ensemble dès le début de la nuit, même si j'avais adoré le sentir se glisser dans mon lit sans que ça ne soit prévu. L'avoir contre moi était tout ce qui comptait.
Edward avait reçu des appels de son agent. Une maison de disque le voulait pour le lancer dans une carrière solo. Il avait été catégorique, il ne voulait pas. Il ne pouvait pas. Il avait dit à son agent qu'il n'écrivait plus. Sauf que lui comme moi savions que c'était faux. Ces derniers temps, il ne faisait plus que ça. Quand il n'était pas avec moi ou sa famille, il écrivait, composait des heures durant. Je ne lui demandais pas de quoi il s'agissait et il ne m'en parlait pas vraiment non plus. Souvent, je l'écoutais jouer, comme par le passé, la magnifique musique de son piano résonnant dans son appartement.
- Je pense que tu devrais appeler ton agent, soufflai-je ce soir-là en prenant place à ses côtés sur le banc du piano.
Il jouait depuis trois heures, inlassablement. Nous étions dans son appartement depuis le début de l'après-midi et il n'avait cessé de composer sur son piano. Je savais que, même s'il disait que c'était hors de question qu'il rappelle son agent, au fond de lui, il hésitait. Je le sentais. La musique était toute sa vie, je comprenais ça.
- On en a déjà parlé, soupira-t-il, ses mains quittant l'ivoire des touches pour frotter son visage.
- C'est pour ça que je t'en reparle, Edward... tu as... la musique est en toi, ne t'arrête pas parce que... Sam n'est plus là, s'il te plaît.
Son visage se tourna vers moi et la douleur dans ses yeux me fit frémir.
- Bella... tu sais que je ne peux pas, dit-il doucement, sa voix soudain plus rauque.
Je secouai la tête en me mordant la langue. Quelque peu hésitante, je pris place sur ses genoux, à califourchon sur ses cuisses, et saisis son visage entre mes mains avant de l'embrasser brièvement. Ses mains trouvèrent mes reins, m'approchant plus de lui.
- Je sais que tu peux, le corrigeai-je avec délicatesse. Je crois que Sam voudrait que tu continues...
- Tu ne le connaissais pas, soupira-t-il, son regard clair dans le mien.
Je tentai de ne pas prendre ça mal et de mettre sa phrase dans un tiroir que je n'ouvrirais plus.
- Je te connais toi... tu ne m'as pas dit, hier, qu'il ne fallait jamais abandonner ? L'interrogeai-je en faisant référence à la conversation sur l'espoir de la veille.
Nous avions parlé d'Alice et de sa stérilité... encore une fois. Ce sujet était revenu plusieurs fois en quinze jours. Rosalie était de plus en plus fatiguée, son bébé l'épuisait. Alice travaillait beaucoup ces derniers temps. Une mariée avait besoin de ses services. A côté de ça, elle faisait un nombre incalculable de dessins pour sa propre robe mariée. Elle et Jasper voulaient se marier en septembre. Le 21 septembre. Il leur restait à peine 3 mois pour tout organiser, mais Alice tenait bon, obligeant presque Esmée et Jasper à courir partout pour tout organiser. Bien souvent, pour échapper à ça, je filais en douce chez Edward. Ici tout était plus tranquille, plus simple.
Edward soutenait qu'elle pourrait peut-être tomber enceinte, que les miracles existaient. Je persistais à rester rationnelle. Les médecins avaient dit qu'elle ne pourrait plus avoir d'enfant, mais il refusait de l'entendre. Je pouvais comprendre, c'était difficile pour lui d'accepter que sa sœur ne pourra jamais être mère. L'enfant qu'il avait perdu avait modifié sa vision des choses, je m'en étais rendue compte, bien qu'il ne le dise pas réellement. Est-ce que lui avait au moins senti cette modification ?
- Là, c'est différent, soupira-t-il, me faisant reprendre pied dans la réalité.
- Non, tu as... la musique est toute ta vie, chuchotai-je quand ses mains retrouvèrent mon visage. Je refuse de te... laisser gâcher ça, ton talent est bien trop extraordinaire pour ne pas être reconnu. Je veux que tu rappelles ton agent, je veux que tu vives tes rêves, mon amour, tu dois...
Ses lèvres me coupèrent dans mon élan et mon corps frissonna violemment.
- ... chanter, lâchai-je difficilement quand il s'écarta.
- La musique n'est pas toute ma vie, plus maintenant.
Je fronçai les sourcils, prête à hausser le ton quand il embrassa à nouveau mes lèvres chastement.
- Toi, tu es toute ma vie, poursuivit-il sur ma bouche.
Mon corps sembla se ramollir contre le sien, comme si je m'enfonçais dans du coton. Son front se posa contre le mien, ses yeux clairs et envoûtants dans les miens.
- La musique en fait partie... elle est... en toi. Ne gâche pas ça, s'il te plaît, Edward.
Il ferma les yeux un instant, le doute se peignant sur son beau visage. Mes mains caressèrent ses joues, rasées de près pour une fois.
- Je vais y réfléchir, souffla-t-il, juste avant de m'embrasser à nouveau.
Ses mains lâchèrent mon visage pour atteindre le bas de mon dos, poussant mon bassin contre le sien dans une friction des plus sensuelles. Sa langue dessina le contour de mes lèvres quand il me souleva contre lui pour m'asseoir sur son piano, mes pieds se posant sur ses touches quand il s'insinua entre mes jambes.
- Le piano ? Gémis-je contre ses lèvres, mes doigts glissant dans ses cheveux.
- Le piano, affirma-t-il, ses mains me déshabillant rapidement.
Je ne pus m'empêcher de sourire en pensant à sa fameuse liste. Nous avions rayé pas mal de lignes, coché pas mal de cases, ces dernières semaines. Nous en avions rajouté, aussi. Mais le piano n'avait encore jamais été... expérimenté.
- J'ai toujours adoré cet instrument, murmura-t-il en m'allongeant dessus avant d'embrasser doucement mon ventre.
Ses mains remontèrent contre sur mes cuisses, faisant battre mon cœur sourdement dans mes tempes.
- Mais avec toi nue dessus c'est...
Il ne finit pas sa phrase, soupirant contre mon bas-ventre, son souffle chaud faisant bouger mes hanches sans que je ne contrôle rien. Sa bouche descendit plus bas, bien plus bas. Mes mains agrippèrent ses cheveux, mon dos s'arqua, ma tête fut rejetée en arrière pendant qu'une plainte passait mes lèvres. Ses mains sur mes reins me soulevèrent contre lui alors que sa langue me faisait me tordre sur son piano.
C'était la première qu'il me touchait ainsi, la première qu'on me touchait ainsi. Tout avait une allure de première fois avec lui et peu importait ce qu'il faisait, il le faisait divinement bien...
Le lendemain, Edward rentra de son footing au moment où j'avais Alice au téléphone.
- Alors, t'en penses quoi ? demandait-elle quand il passa la porte de son appartement, sa vision faisant battre mon cœur plus vite.
- Euh...
- Très explicite comme réponse ! Edward vient de rentrer c'est ça ?
- Je...
- Dégoulinant de sueur, j'imagine ? S'amusa-t-elle pendant qu'Edward me souriait en venant à moi.
Je devais être cramoisie, elle était bien trop perspicace.
- Alice... stop. Arrête.
- Donc c'est ça. Vous êtes dégoûtants... se moqua-t-elle.
- Salut Alice ! lança Edward avant de poser un rapide baiser sur mes lèvres.
Mon cerveau manqua de tomber à mes pieds. Ses mains passèrent sur le haut de mes fesses et y restèrent.
- Edward, va prendre ta douche et laisse Bella respirer ! s'écria-t-elle à l'autre bout du fil, si fort qu'Edward l'entendit, à quelques centimètres de moi.
DOUCHE. Oh mon dieu...
- La douche est une très bonne idée ! Rigola-t-il en me relâchant. Tu viens avec moi Bella ? demanda-t-il pendant que ma conscience rendait définitivement l'âme.
Je baragouinai quelque chose d'incompréhensible, le faisant rire en même temps qu'Alice, que j'avais oubliée. Je le repoussai d'une main sur son bras, essayant de retrouver une respiration convenable, impossible. Il se dirigea vers la salle de bains en riant, et mon regard suivi le balancement de ses hanches, ma tête s'inclinant quand je soupirai.
- Tu vas finir par mourir un de ces quatre si tu continues à le regarder marcher sans respirer. Le don de double vue d'Alice était décidément très …agaçant.
Je m'empourprai et Edward disparut derrière la porte de la salle de bains, qu'il laissa ouverte. Quelques secondes plus tard, je n'écoutais déjà plus Alice : la douche avait commencé à couler.
- ... pouvais y aller avant 12h, ça serait vraiment super... Edward est actuellement sous la douche et tu m'écoutes pas !
- Je t'écoute, me défendis-je en sursautant. 12h, d'accord.
Elle laissa passer un silence et je fronçai les sourcils en m'asseyant sur le canapé, mes jambes avaient du mal à ne pas trembler.
- Faire quoi ? Demandai-je timidement, réalisant que je n'avais aucune idée de ce dont elle pouvait parler.
Elle éclata de rire, son rire raisonnant dans l'air, me faisant sourire à mon tour.
- Aller chercher le tissu de ma robe. Je t'envoie l'adresse par SMS... ça te dérange pas ? S'enquit-elle après s'être calmée.
- Non c'est bon !
12h... il était 11h... ce qui nous laissait une heure pour...
- Super ! S'extasia-t-elle, me faisant revenir à la réalité brusquement.
Elle raccrocha après m'avoir fait promettre de ne pas oublier. Je rompis ma promesse quelques minutes après, quand Edward sortit de la salle de bains, une minuscule serviette autour de ses hanches, son corps encore trempé. J'allais mourir s'il continuait à me faire ça ! Il alla jusqu'au frigo, passant non loin de moi, toujours assise dans le canapé, essayant de me concentrer sur le livre que je lisais. Son parfum m'atteignit et mes mains se crispèrent sur mon livre. Il ouvrit le frigo et but du jus de pomme à même la bouteille, son regard parcourant mon corps avec indécence, le mien luttant pour ne pas descendre plus bas que son menton.
- Qu'est-ce que tu lis ? S'intéressa-t-il en passant devant moi pour mettre un CD en marche.
Je luttai pour ne pas lever les yeux de mon bouquin. Stand by me résonna doucement dans la pièce et je me mordis la langue.
Ne le regarde SURTOUT PAS !
- Les Hauts de Hurle-vent, marmonnai-je en restant les yeux fixés sur les mots devant moi.
- Tu le lisais déjà quand tu avais 13 ans, remarqua-t-il, un sourire dans la voix.
- Est ce que tu... pourrais aller te rhabiller ? Demandai-je en l'ignorant.
- Pourquoi ?
Je serrai les dents en levant les yeux de mon livre vers son visage. Uniquement son visage. Son sourire était radieux, triomphant. Il était apparemment fier de l'effet qu'il me faisait.
- Parce que c'est... gênant, admis-je en essayant de ne pas rougir.
Il fronça légèrement les sourcils en s'approchant, ses lèvres se relevèrent en un sourire en coin à tomber. Il s'accroupit devant moi, posa un doigt sur mon livre pour le baisser.
- Gênant ? Plus gênant que lorsque je te fais l'amour ? demanda-t-il sérieusement, sauf que son sourire le trahissait.
Évidemment, je m'empourprai, le faisant sourire davantage. Il voulut m'embrasser mais je posai ma main sur sa bouche en reculant légèrement. Son parfum m'intoxiquait et me rendait pas vraiment apte à garder les idées claires.
- Va t'habiller, s'il te plaît.
Il rit légèrement avant d'embrasser ma paume. Je retirai ma main de sa bouche pour prendre son menton entre mes doigts.
- Pourquoi ? demanda-t-il encore, ses doigts glissant sur mon poignet.
- Parce que je dois partir dans un quart d'heure.
- Pourquoi ? répéta-t-il et je levai les yeux au ciel.
- Voir mon amant, mais puisque tu le sais maintenant je vais annuler pour que tu ne me suives pas !
Il rit et je ne pus m'empêcher de sourire.
- Je vais chercher les tissus pour la robe de ta sœur. Elle a un rendez-vous donc... je prends la relève, dis-je au bout d'une minute à l'observer.
- Donc... pas d'amant en vue ?
Je secouai la tête, il embrassa mes lèvres chastement avant de se relever et de me regarder de toute sa hauteur. Sa main saisit la mienne et il me fit relever rapidement, mon livre tombant à terre.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? Rigolai-je quand il me souleva contre lui pour me faire monter sur le canapé.
- T'as jamais dansé sur un canapé ? s'indigna-t-il en montant dessus à son tour.
- Avec un homme vêtu d'une serviette ? Non ! avouai-je en secouant la tête.
Quel gamin !
Ses mains m'attirèrent contre lui et il entama une danse au rythme de la musique.
- So darling, darling, Stand by me oh, stand by me, oh stand, stand by me, stand by me... chanta-t-il en même temps que Ben King, me faisant rire contre lui.
(Alors chérie, chérie, Reste contre moi, oh, reste contre moi, oh, reste, reste contre moi, reste contre moi)
- J'aimerais bien, soupirai-je en posant ma tête contre son épaule.
- On a qu'à s'enfermer ici pour toujours... pas d'Alice, pas d'Emmet... même pas mes parents pour nous interrompre, continua-t-il, me faisant rire à nouveau.
- Je vois que ça t'as marqué, me moquai-je en reculant pour le regarder.
- Tu penses ! Imagine un peu que mes parents n'aient pas eu besoin de sonner en bas et qu'ils soient montés dire...
- Chut ! Ne me dis pas ça ! M'écriai-je en le coupant dans sa phrase.
Il éclata de rire et je le repoussai, faussement indignée.
- T'es parents nous aurait trouvés dans... cette... position, je serais actuellement en train de mourir de honte dans le fond de mon lit ! M'exclamai-je quand une autre chanson commença.
- Il n'y a pas de quoi rougir, s'amusa-t-il en caressant ma joue d'un revers de main, comme pour appuyer ses dires.
Je me sentis rougir un peu plus, rien que parce qu'il l'avait fait remarqué.
- Pas de quoi rougir ? Tes parents ont failli nous trouver en train de...
- En train de ?
Je le fusillai du regard alors que son sourire se fit plus grand encore.
- Peu importe, ça n'est pas arrivé et heureusement ! L'ignorai-je en feignant de n'avoir rien entendu.
Il rit et se pencha pour m'embrasser. Je tentai de l'esquiver, histoire de garder les idées claires et de pouvoir partir dans quelques minutes, quand ses pieds se mêlèrent aux miens. Tout se passa très vite. Ses bras se serrèrent autour de moi pour me protéger. Il bascula en arrière, m'emportant avec lui avant de rebondir sur le canapé, et de finir notre course sur le sol, entre la table et le meuble. Moi sur lui, sur le sol. Il gémit et je me relevai sur mes bras au-dessus de lui, sonnée. Le cœur battant à un rythme saccadé dans ma poitrine, mes mains atteignirent son crâne.
- Est ce que ça va ? Tu t'es fait mal ? M'affolai-je en touchant sa tête pour être certaine qu'il n'était pas blessé.
A ma plus grande surprise, il éclata de rire en ramenant une main sur ses yeux. Soulagée, je laissai tomber mon visage dans son cou avant de rire moi aussi.
- Rappelle moi de ne plus te faire danser sur le canapé, soupira-t-il en s'essuyant les yeux quand il fut calmé.
- Pourquoi ? J'aime bien ne pas être la seule à tomber…
- J'aurais pu me tuer ! s'indigna-t-il quand je me redressai, appuyée sur mes deux mains positionnées de chaque côté de son cou.
Je levai les yeux au ciel.
- Vous, les hommes vous êtes des chochottes ! Tu ne veux pas non plus que je te passe de la pommade à l'arnica ?
Son sourire me coupa le souffle.
- Très bonne idée Mademoiselle Swan, je me suis fait mal, là, sourit-il en bougeant son bassin.
- C'est... vraiment dommage... je n'ai pas de pommade ! Ironisai-je en faisant la moue avant de tenter de me relever.
- Tant pis pour la pommade, je prendrai tout ce que tu auras d'autre ! Sourit-il en me maintenant contre lui.
Sa main glissa sur mes fesses et mes yeux se fermèrent une demi-seconde. Je ne pouvais pas lui résister et il le savait. Ou du moins, il le croyait.
- Je... commençai-je quelque peu troublée par un nouveau mouvement de son bassin sous moi.
- Tu as conscience que je suis presque nu et pas toi ? S'amusa-t-il en remontant ses mains sous mon vêtement, dans mon dos.
- Je... merde !
Il rit à nouveau, ses doigts remontant mon haut, brûlant ma peau sur leur passage. Je me penchai pour l'embrasser.
- On l'a jamais fait sur le sol, lâcha-t-il entre deux baisers, me faisant revenir à la réalité.
Je me relevai d'un coup, légèrement chancelante sur mes pieds. Je le regardai de ma hauteur, la surprise se peignant sur son visage. Je soufflai un grand coup pour me calmer.
- Je dois partir, tu te rappelles ?
- Hors de question que tu me laisses comme ça !
Je reculai de deux pas et émis un petit rire nerveux.
- Bella...
- A tout à l'heure Edward ! M'exclamai-je en me précipitant vers la sortie, attrapant les clés de sa voiture et mon sac sur le bar en passant.
- Je te déteste Swan ! hurla-t-il quand je fermai la porte derrière moi.
Une fois dans la voiture, après avoir ri seule et idiotement pendant plusieurs minutes, je sortis mon portable de mon sac et cherchai le nom de mon destinataire.
Tu ne me détestes pas. Tu m'aimes... Reprends une douche. Froide celle-ci. B.
Suis déjà dans la salle de bains. Laisse-moi prendre une douche... chaude. Dommage que tu ne sois pas là pour en profiter. Je pense à toi. E.
Je serrai les dents en gémissant presque. J'hésitai à remonter vraiment à l'appartement avant de voir qu'il était déjà midi. En soupirant, je quittai le parking pour traverser L.A., sous la chaleur infernale de ce mois de juillet déjà bien avancé. Cet homme allait finir par me tuer. Littéralement.
Je fermai le coffre de la Volvo en me demandant combien de mètres de tissu il fallait vraiment pour faire une robe. Le coffre d'Edward était plein, totalement plein et pourtant sa taille ne laissait pas à désirer. Je soupirai en me disant qu'un grand verre d'eau fraîche ne serait pas de refus par cette chaleur.
- Bella ? Isabella Swan, c'est toi ?
Je n'aimais pas ça. La dernière personne qui m'avait appelée comme ça dans mon dos était... Jacob. Je soufflai avant de me tourner. Une grande brune était là, devant moi et je mis à peine une seconde à la reconnaître.
- Angela ? Qu'est... Qu'est-ce que tu fais là ? M'écriai-je avec un grand sourire.
Elle me serra un peu maladroitement dans ses bras, peu habituée à des démonstrations aussi affectives de ma part. J'étais si contente de la voir !
- Je suis là pour trouver un cadeau à ma belle-mère... Ça alors ! T'as pas changé ! Rigola-t-elle en se reculant pour m'observer.
- Un peu quand même, souris-je.
- T'as le temps pour un café ? me demanda-t-elle en désignant le Starbucks de l'autre côtécôté de la rue.
Je jetai un coup d'œil, furtif, à mon sac.
- Je... Je dois appeler quelqu'un et je suis à toi, lui répondis-je avant de sortir mon portable.
Elle fit quelque pas vers la poubelle quelques mètres plus loin pour jeter un papier qu'elle tenait dans ses mains... et pour me laisser de l'intimité, je supposais. Je composai rapidement le numéro d'Alice.
- Résidence Cullen j'écoute !
Je levai les yeux au ciel.
- Lily c'est moi... j'ai récupéré ton tissu... t'en as besoin pour quand ?
- Demain matin si je... Putain Laura on t'a jamais appris à faire une surpiqûre ! s'écria-t-elle.
Si fort que j'écartai l'appareil de mon oreille en grimaçant.
- Demain soir, finalement, soupira-t-elle, vaincue.
Je réprimai un rire.
- Je t'amène ça demain matin alors...
Je raccrochai pendant qu'elle criait encore sur Laura... je la plaignais presque. Laura, je voulais dire.
- C'est bon ? S'enquit gentiment Angela en s'approchant à nouveau.
- Oui... allons y.
On traversa la rue et j'envoyai un message à Edward pour lui dire que je ne rentrais pas tout de suite.
