- J'n'arrive pas à le croire ! Rigola à nouveau Angela, balançant sa tête en arrière en éclatant de rire.
- Je t'assure que si ! Elle devient dingue, je sais plus comment la gérer ces jours-ci ! Rigolai-je à mon tour.
- Alice ne changera jamais...
Je haussai les épaules en buvant une gorgée de mon jus de pommes. Nous en étions à notre troisième verre. Deux heures que nous discutions... C'était agréable, vraiment agréable de la retrouver.
- Son mariage lui monte à la tête... Tu te rends compte qu'elle a forcé Jasper à faire toutes les boutiques de L.A. un samedi pour trouver les bonnes chaussures pour leur mariage ? J'ai cru que Jazz allait pleurer en rentrant...
- J'imagine bien !
Elle secoua la tête encore une fois avant de rire doucement.
- Ça fait du bien de te revoir, avouai-je en la regardant. T'as pas vraiment changé...
Elle passa une main dans ses longs cheveux noirs relevés dans une queue de cheval.
- Ouais, je sais ! Plaisanta-t-elle, me faisant rire. Depuis combien de temps on s'est pas vu ? 1, 2 ans non ?
- Presque deux ans, répondis-je automatiquement.
Juste après... l'accident, avec Jacob. Je fermai les yeux un instant, et sa main saisit la mienne par-dessus la table dans un geste tendre.
- Je sais que j'ai... j'ai pas été... sympa, m'excusai-je en repensant à la dernière fois que je l'avais vue.
Elle était venue chez moi, une semaine après que Jacob soit parti de ma vie... je lui avais demandé de partir et de me laisser seule. Elle m'avait dit qu'elle ne me laisserait pas tomber... mais avec mon déménagement on ne s'était pas revues depuis. Pourtant, elle m'avait rappelée, sans que jamais je ne trouve réellement la force de décrocher.
- T'excuse pas B...
Je souris à ce surnom qu'elle avait toujours utilisé, avant.
- Je comprends que ce que tu as traversé a été très difficile à vivre... Je sais pas moi-même comment j'aurais réagi à... tout ça.
On échangea un regard chargé d'émotion, ses doigts serrèrent les miens doucement.
- Comment... Comment tu t'en es sortie après ? J'ai pensé à toi souvent tu sais, tous les jours j'ai eu une pensée pour ma copine de fac...
Je souris, malgré la douleur dans ma gorge.
- J'ai... j'ai fait le nécessaire pour aller mieux... Enfin, Rosalie et Alice m'ont presque forcée à le faire... c'était... vital aujourd'hui, je m'en rends compte, plus que jamais. Sans ça je... je n'aurais jamais pu refaire ma vie...
- Tu as rencontré quelqu'un ? S'exclama-t-elle.
Je me mordis la lèvre.
- Je… Ouais, lâchai-je en me demandant si je pouvais vraiment en parler.
- Ben... Développe ! J'veux tout savoir moi ! Comment il s'appelle ? Il est comment physiquement plutôt... baraqué, gringalet ? Il fait de la musique je parie ! T'as toujours été attirée par les musiciens !
Je ris en secouant la tête.
- C'est un peu... délicat, en fait...
- B, dis-moi tout, de suite ! Me laisse pas te supplier... et tu sais que je peux le faire !
J'éclatai de rire avant de jeter un regard à mon portable, sur la table, qui n'avait rien reçu depuis deux heures. Pourquoi n'avait-il pas répondu ?
- OK je... tu te souviens du frère d'Alice dont elle parlait tout le temps ?
Elle hocha la tête doucement.
- Il... il est devenu...
- Ouais, je sais. Les BlueDark ont fait fureur pendant un moment... J'ai entendu dire qu'un des gars était mort ?
- Oui... Sam, Sam est... mort.
L'émotion dans ma voix fut palpable. Je me concentrai sur mes doigts pour continuer.
- Edward est... revenu depuis quelques mois et on... Les choses ont changés entre nous.
- Tu veux dire que toi et lui vous...
- Ouep.
- Comme... Bella Swan et Edward Cullen, ensemble ?
- Ouep !
Elle se mordit la lèvre et je haussai un sourcil en l'observant.
- Quoi ?
- C'est... waouh. J'arrive pas à croire que j'ai en face de moi la petite amie d'Edward Cullen...
- C'est pas si...
Je me stoppai avant de secouer la tête.
- J'allais dire... c'est pas si énorme mais en fait ... si, rigolai-je en portant une main à mon front.
Angela rit à nouveau et finit son jus de kiwi.
- Alors... Vous êtes ensemble... Tu sais, j'ai toujours senti qu'il y avait quelque chose. Quand tu parlais de lui tes yeux... changeaient, avoua-t-elle en penchant la tête pour me regarder, un sourire aux lèvres.
- Changeaient ?
- Ouais ils... ils brillaient.
Je me sentis rougir et regardai quelques secondes la rue dans laquelle la voiture d'Edward était garée, de l'autre côté.
- C'est comme... une évidence, soufflai-je, soudain émue.
Son sourire se fit plus grand et ses doigts serrèrent à nouveau les miens.
- C'est ce que je me dis aussi ! Donc, vous êtes ensemble depuis combien de temps ?
- Trois semaines, répondis-je automatiquement.
Un petit rire lui échappa et je finis mon verre en m'empêchant de rougir.
- Donc... toi et Ben Cheney hum ? M'amusai-je quand on rejoignit la voiture d'Edward après qu'elle ait insisté pour payer l'addition.
Automatiquement, ses doigts firent tourner sa bague de fiançailles.
- Ouais... C'était pas gagné, hein ? Rit-elle.
C'est vrai que pendant plusieurs mois, à la fac, leur relation avait été quelque peu... tumultueuse. Ben voulait vivre et papillonner, Angela voulait se marier et fonder une famille... Ils s'étaient séparés à cause de ça et pourtant, aujourd'hui, elle allait l'épouser dans quelques jours. La vie était bien faite.
- J'aimerais que tu viennes, à mon mariage, s'écria-t-elle soudain quand j'enclenchai l'ouverture automatique des portières.
- Vraiment ? Je ne veux pas m'imposer A, tu sais que j'aime pas ça et puis vous avez déjà tout prévu c'est...
- Non, non, j'insiste, j'ai vraiment envie que tu viennes. Ma copine de fac à mon mariage... oh ouais, je veux que tu sois là.
- T'es sûre ?
- Absolument... Affirma-t-elle en hochant vivement la tête. Et emmène Edward, si ça le tente d'assister à une cérémonie barbante !
- Ça ne sera pas barbant, j'en suis sûre, rigolai-je en la prenant contre moi.
Elle rit en me rendant mon étreinte. Je m'installai derrière le volant en ne pouvant m'empêcher de sourire.
- Tu m'appelles ? Lui demandai-je en démarrant la voiture.
- Tu m'appelles ! Rigola-t-elle en penchant à ma fenêtre. J'attends ta réponse pour samedi. 10h à l'église, je t'enverrai l'adresse par message.
- Merci A, pour... tout en fait
- Merci à toi B. Au fait, sympa la voiture de Monsieur Cullen !
Je levai les yeux au ciel en quittant ma place de parking. Je regardai sa silhouette diminuer dans le rétroviseur, jusqu'à la voir disparaître complètement.
Sur le chemin jusqu'à chez Edward, je réalisai à quel point Angela avait pu me manquer. Après l'épisode avec Jacob, je m'étais enfermée chez moi pendant des semaines, je ne pouvais plus sortir, je ne voulais plus sortir. J'avais peur du moindre bruit, du moindre téléphone qui sonnait. Alice et Rose avaient fini par me forcer à faire quelque chose. Je secouai la tête et montai le son de la musique plus fort, tentant de penser à autre chose.
- Edward ? T'es là ? Demandai-je en entrant dans son appartement.
Le silence m'y accueillit et après un rapide tour, je dus admettre que j'étais seule. En soupirant je me laissai tomber sur le canapé en regardant l'heure. 18h12. Après plusieurs minutes à peser le pour et le contre, j'attrapai mon portable dans mon sac à main.
Plusieurs sonneries retentirent et au moment où j'allais renoncer et raccrocher, il finit par décrocher.
- Salut bébé, l'entendis-je et je soupirai de soulagement de l'entendre enfin.
- Salut... t'es où ?
- A la maison de la plage... et toi ? T'as fini ce que tu voulais faire ?
- T'es à la maison de la plage? Répétai-je en me levant pour reprendre mon sac.
- Ouais, on est sur la plage avec les autres... T'es où, toi ?
- Je... En ville, dans les bouchons, mentis-je avant de me mordre fort la langue.
Triple idiote !
- OK... Viens ici directement, on t'attend...
- OK, dis-je à mon tour en ouvrant silencieusement sa porte.
- Bella ?
- Hum ? Couinai-je, paniquée qu'il m'ait grillée en plein mensonge totalement idiot.
- Dépêche-toi... J'ai... vraiment, envie de te voir. Vraiment.
- Je fais aussi vite que je peux, souris-je en me mordant la lèvre.
Il raccrocha et je refermai sa porte à clé rapidement avant de rejoindre le parking en vitesse. Le concierge n'était pas là aujourd'hui, une chance qu'il ne me voit pas entrer et ressortir en douce de chez Edward.
- Ha bah enfin ! s'écria Alice quand j'arrivai sur la plage.
- Je déteste les bouchons de L.A. ! Je veux vivre à la campagne, me plaignis-je en enlevant quelque peu maladroitement mes chaussures pour enfin être pieds nus sur le sable.
Je me laissai tomber à côté d'Edward, qui était allongé sur le ventre et, vu son corps et ses cheveux humides, il venait de se baigner. Je m'allongeai dans même position que lui et il passa un bras autour de moi pour me rapprocher de lui.
- Une heure pour venir jusqu'ici, une heure ! Marmonnai-je contre lui, alors qu'il étouffait un rire.
- Te plains pas Edward m'a obligé à venir le chercher cet après-midi... Grogna Emmett, allongé un peu plus loin.
- Je ne t'ai pas obligé...
- Tu pleurais presque au téléphone Edward... "Je m'ennuie sans Bellaaaaa" l'imita-t-il -très mal- et exagérément.
- Tu t'ennuyais sans moi ? Me moquai-je en me relevant sur un coude pour regarder Edward.
- J'avais juste envie de me baigner.
- Tu avais ta piscine, lui rappelai-je avec un sourire moqueur.
Il se redressa légèrement et me regarda.
- Tu me manquais, chuchota-t-il avec un demi sourire.
- Je ne suis partie que quelques heures, dis-je sur le même ton en me sentant rougir.
- Quelques heures sans te toucher, c'est quelques heures insupportables, se plaignit-il en souriant deux fois plus et je levai les yeux au ciel.
- Vous êtes désespérants, remarqua Rosalie.
Je me retins de lui montrer mon plus beau doigt d'honneur. Je haussai les épaules négligemment en faisant tomber mon visage dans le creux de l'épaule d'Edward. J'embrassai sa peau du bout des lèvres et il frissonna.
- Ça te dit d'aller te déshabiller ? demanda-t-il doucement, un sourire dans la voix.
Je me redressai vivement et il éclata de rire.
- Je voulais dire... aller te mettre en maillot, et venir te baigner avec moi...
- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu, murmurai-je contre lui avant d'embrasser ses lèvres rapidement.
Son rire sembla résonner en moi quand je remontai la plage pour filer dans ma chambre rapidement et me changer.
- Ça me rappelle quelque chose, s'amusa Edward en reculant à mesure que j'avançai dans l'eau.
- J'vois pas quoi...
L'eau était bonne et la mer calme, le soleil brillait et Edward était là. Tout était parfait.
- Tu veux que j'éclaire ta lanterne ? Rigola-t-il en revenant vers moi.
- Peut-être.
- Génial !
Il vint jusqu'à moi, et, comme 15 jours auparavant, il saisit mes cuisses sous l'eau pour me soulever contre lui. Ma respiration se fit lourde et, au bout de quelques secondes, quand j'eus noué mes jambes autour de lui, il avança dans l'eau en marchant lentement, ses yeux ne quittant plus les miens.
- Ne retourne pas où tu n'as pas pied cette fois...
- Tu as si peu confiance en moi ? Rigola-t-il quand j'enroulai mes bras autour de son cou et posai ma joue sur son épaule.
- Pas quand on peut se noyer, murmurai-je en reprenant mots pour mots ce que nous nous étions dit ce jour-là.
Je l'entendis rire doucement.
Une de ses mains, qui me retenaient contre lui, quitta mes cuisses pour remonter jusqu'à ma nuque qu'il massa du bout des doigts. Je me redressai et son regard sombre me fit frissonner de la tête aux pieds. Il s'arrêta de marcher dans l'eau pour nous bercer légèrement de gauche à droite. Ses doigts quittèrent ma nuque pour dégager mon visage des cheveux qui virevoltaient au gré du vent.
Comme quinze jours plus tôt, il caressa ma mâchoire du bout des doigts.
Comme quinze jours plus tôt, ses doigts tracèrent un chemin enflammé de ma mâchoire à ma joue avant d'effleurer ma lèvre inférieure.
Comme toujours, je tremblai contre lui quand la pulpe de son pouce passa sur ma bouche.
- J'avais tellement envie de t'embrasser, chuchota-t-il doucement, dans le bruit calme des clapotis de l'eau autour de nous.
- J'avais tellement envie que tu le fasses, murmurai-je en posant mon front contre le sien.
- C'était... trop tôt... Je voulais... te protéger de tout ce qui semblait te faire peur.
- Ça me fait toujours peur.
Mes mains caressèrent son visage et il ferma les yeux.
- J'ai... j'ai rencontré Angela, ma copine de fac, en ville ce midi...
- Vraiment ?
Je hochai en tête avant de sourire doucement, le vert de ses yeux retrouvant mon regard.
- Oui et elle... elle se marie samedi. Elle voudrait que je vienne.
- Tu es libre de faire ce que tu veux, murmura-t-il avec un sourire en coin à tomber.
- Je sais, souris-je. C'est juste qu'elle... elle m'a dit que tu étais le bienvenu, aussi.
Ses sourcils se froncèrent légèrement et ses doigts se posèrent sur ma joue.
- Je suis invité ? murmura-t-il, son regard déstabilisant dans le mien.
- Ouais... et je... j'aimerais que tu viennes.
- Je... j'ai du mal avec... les réceptions où y'a beaucoup de monde, finit-il par dire après, quelques secondes à m'observer.
- Ça va être un petit mariage, le rassurai-je en glissant mes mains dans ses cheveux. Et puis, je serai là. J'aimerais... j'ai envie d'y aller avec toi.
- D'accord, se décida-t-il avant de se pencher pour m'embrasser.
- D'accord ?
- A une condition, sourit-il contre mes lèvres, me faisant frissonner contre lui.
- Dis-moi, lâchai-je difficilement, ses mains serrant mes cuisses pour m'écraser contre lui.
- Je t'emmène dîner ce soir...
- Edward je t'ai déjà dit ce que je pensais de...
- Je sais, me coupa-t-il en reculant légèrement, ses yeux d'une intensité difficilement supportable dans les miens. Mais j'ai envie d'un tête-à-tête avec toi. Un dîner... ce soir. J'ai envie... de ça, sourit-il en m'embrassant à nouveau, ne me laissant pas le temps de réfléchir, répondre, parler...
Nous avions déjà parlé avec lui de mon désaccord pour les soirées où il m'invitait au restaurant. Je n'aimais pas... ce genre de choses. Je trouvais ça terriblement faux et surfait. Nous n'avions pas besoin d'aller dans un endroit où l'on attendrait des heures entre chaque plat, où l'on paierait une fortune pour manger des choses que nous pouvions faire chez nous...
- Tu vas voir... Je vais te faire changer d'avis sur les tête-à-tête dans un restaurant... rigola-t-il en quittant ma bouche, me laissant haletante.
- Hum hum, marmonnai-je, peu convaincue.
- Je pense que si tu n'appréciais pas ces soirées-là, avant, c'est que ça n'était pas la bonne personne qui t'accompagnait...
- Serais-tu en train de dire que tu es le seul à pouvoir me faire apprécier ça ? M'étonnai-je en reculant pour le regarder.
Il leva les yeux au ciel, son sourire en coin sur ses lèvres.
- Je sais que je suis le seul à pouvoir te faire... aimer ça, confirma-t-il, taquin balançant légèrement ses hanches contre moi.
- On ne le fera pas dans un restaurant, voulus-je le refroidir en posant ma paume sur sa bouche quand il tenta de m'embrasser.
Son sourire coquin me fit rougir. Il embrassa ma paume doucement et je le relâchai.
- On verra bien Swan...
Je levai les yeux au ciel à mon tour puis il m'attira à lui, un sourire sur ses lèvres.
- J'ai pas envie de partir, marmonnai-je, plus tard, allongée contre lui sur ma serviette.
- J'ai pas envie que tu partes, chuchota-t-il dans mes cheveux avant d'embrasser mon épaule.
- Je veux rester ainsi pour toujours, continuai-je en caressant sa hanche du bout des doigts. Allongée sur cette plage avec toi... Je ne veux plus quitter ça...
Son pouce passa sur ma nuque, qu'il massa, voulant m'apaiser. Alice, quelques minutes plus tôt avait évoqué mon départ, dans à peine plus d'une semaine, en me disant qu'il ne fallait pas que j'oublie de réserver mon billet à l'avance pour être certaine d'avoir une place. Depuis, j'avais mal au ventre à l'idée de partir d'ici et de quitter Edward.
- Ne pense pas à ça, murmura-t-il doucement en se reculant assez pour me regarder.
Son nez frôla le mien et j'arrêtai de respirer. Allongés sur le flanc l'un en face de l'autre, on se dévisagea un moment avant que je ne ferme les yeux en soupirant lourdement.
- On a le temps pour y réfléchir, dit-il doucement, son nez descendant vers ma mâchoire qu'il embrassa du bout des lèvres.
J'essayai de me détendre et de ne plus y penser mais le fait de savoir que dans quelques jours, je serais loin de lui me rendait malade. Cela semblait me faire mal physiquement.
- Et puis, San Francisco n'est pas loin... Ça n'est pas des kilomètres qui vont m'arrêter, bébé...
Je tentai d'avaler cette boule douloureuse dans ma gorge - en vain.
- Et si on n'y arrive pas ? Murmurai-je d'une voix faible et tremblante.
Il glissa son nez dans mon cou, inspira profondément et je fermai les yeux, accentuant la chaleur de son souffle sur ma peau.
- Je t'aime, susurra-t-il tendrement. Je t'aime et ça, ça me rend fort. On supportera ça, Bella... Je sais qu'on y arrivera.
Ses mots étaient si imprégnés de force et de sincérité que je sentis une énergie nouvelle monter en moi. La confiance, l'espoir que lui et moi arriverions à construire quelque chose qui tiendrait le coup et qui serait bien assez fort pour surmonter tout.
- T'es prête ? demanda-t-il derrière la porte de ma chambre.
Je soufflai un bon coup, me regardai dans le miroir rapidement en passant mes doigts au travers de mes boucles, avant d'aller lui ouvrir.
Edward ne fut pas la première « chose » que je vis. Ce fut beaucoup plus petit, rouge avec un parfum délicieux. Avec un sourire probablement idiot, je pris entre mes doigts la rose rouge qu'il me tendait et la portai à mon nez pour m'enivrer de son odeur.
- Merci, chuchotai-je en regardant Edward, terriblement beau dans sa chemise gris perle, ouverte de quelques boutons sur son torse.
- Autant poursuivre dans le cliché, s'amusa-t-il avant de glisser son regard le long de mon corps.
Ses yeux me réchauffèrent toute entière et je me sentis soudain fiévreuse.
- Tu es superbe, me complimenta-t-il en s'approchant, ses doigts jouant sous la bretelle de ma robe bleu nuit.
Si ça n'avait pas été Edward qui me disait ça, j'aurais probablement ricané... mais son sérieux et la sincérité que je lus dans ses yeux me firent déglutir difficilement, et je sentis mes joues s'enflammer.
- T'es pas mal non plus, soufflai-je, quelque peu tremblante, en lissant le col de sa chemise.
Un sourire heureux se dessina sur son visage, qu'il pencha vers moi pour embrasser le bout de mon nez.
- Il faut bien que je sois à ta hauteur, sourit-il, charmeur, en se reculant.
Cette fois, je levai les yeux au ciel.
- Tu es idiot... J'ai l'air d'une... potiche à tes côtés, m'entendis-je marmonner.
Il fronça les sourcils un instant avant que son regard ne voyage sur mon corps.
- Là, c'est toi qui es idiote... tu es sublime. Je te trouve sublime... Tu ne te vois définitivement pas comme moi je te vois...
A nouveau, je me sentis rougir et il secoua légèrement la tête, son regard brillant dans le mien.
- Je te le répéterai tous les jours s'il le faut.
- C'est une promesse ? M'enquis-je, soudain intéressée par l'idée qu'il soit à mes côtés tous les jours.
- Tu veux que ça en soit une ?
- Si ça inclut d'être tous les jours avec toi, oui, j'en ai envie...
Il rit en expirant par le nez, secouant à nouveau la tête. Ses lèvres effleurèrent les miennes, ses mains se posant sur mes reins dans l'unique but de me rapprocher de lui. Je posai mes deux mains à plat sur son torse pour le repousser, son cœur battant délicieusement fort contre ma paume.
- C'est notre premier rendez-vous, Monsieur Cullen, je doute qu'il puisse y avoir ce genre de geste entre nous...
- Je vais devoir attendre le deuxième rendez-vous ? S'inquiéta-t-il, refusant de reculer.
- Le deuxième ? Le premier baiser est au troisième, non ?
Il écarquilla les yeux et je ris avant d'embrasser ses lèvres rapidement.
- On va dire que nous sommes l'exception à la règle, toi et moi...
- Parce qu'on fait l'amour, à l'occasion ? Sourit-il en haussant les sourcils et je tapai son torse du plat de la main.
- A l'occa... je refuse de répondre à ça, m'indignai-je en me libérant de son étreinte pendant qu'il riait.
On sortit de la maison, ses doigts enlacés aux miens.
- Prête ? S'amusa-t-il en faisant gronder son moteur quand nous fûmes assis dans sa voiture.
Son sourire joyeux et ses yeux clairs, empreints d'un amusement certain, me firent rire.
- Est-ce que ce premier rendez-vous signifie que tu essayes de me conquérir ? M'enquis-je quand il s'engagea sur la Nationale, le soleil éclairant encore vivement le ciel.
Il me regarda du coin de l'œil, pendant que je m'appuyai légèrement en biais contre la portière pour l'observer.
- Peut-être, lança-t-il, énigmatique en posant sa main sur mon genou dénudé.
Je nouai mes doigts aux siens, ne pouvant m'empêcher de soupirer, ravie de son contact.
- Ne devrais-tu pas consulter Emmett avant ça ?
- Emmett ?
- Oui... je te signale que ça fait presque deux semaines qu'il m'ordonne de l'appeler Papa... Ce type est... dérangé. Ne rigole pas ! M'offusquai-je en serrant sa main tandis qu'il riait.
- Tu crois qu'il va me frapper, si je te courtise sans lui avoir demandé la permission ? S'inquiéta-t-il, brutalement sérieux.
Un rire m'échappa et sa main quitta ma peau.
- Je pense qu'il serait du genre à vouloir te faire manger son poing, oui, m'amusai-je en le regardant fouiller dans ses poches difficilement d'une main, tandis que l'autre tenait le volant. Qu'est-ce que tu fais ?
- Je cherche mon téléphone !
- Pour ?
- Demander l'autorisation à Emmett...
Je levai les yeux au ciel en stoppant sa main qui allait atteindre la poche de son pantalon.
- Tu n'as aucune autorisation à demander ! Rigolai-je pendant qu'un sourire naissait sur ses lèvres.
Il était ravi de m'avoir fait rire, une fois de plus.
- Donc... je peux t'emmener dîner, pour ensuite aller chez moi et te faire l'amour toute la nuit, sans qu'il ne cherche à me tuer ? Se réjouit-il, mêlant ses doigts aux miens, faisant battre mon cœur sourdement dans ma poitrine.
- Des promesses Cullen... Des promesses...
Il me jeta un regard de biais et je me mordis la lèvre devant son regard fiévreux.
- Nous sommes loin du cinquième rendez-vous, lui rappelai-je doucement quand il reporta son attention sur la route. Et Emmett ne te tuera pas... Quand bien même il essaierait de le faire, je te protégerais, le torturai-je un peu.
Il leva les yeux au ciel, portant nos mains liées à sa bouche pour un baiser.
- Que ferais-je sans toi ? Sourit-il doucement, quittant la route pour une petite route bordée de maisons.
- Tu serais moins fatigué ?
Il rit et je me mordis la lèvre à nouveau, le trouvant plus beau que jamais encore.
- Clairement oui, s'amusa-t-il en se garant sur un petit parking.
Quand il eut coupé le moteur, il se détacha et se tourna vers moi pour m'observer quelques minuscules secondes, avant d'attirer mon visage contre le sien d'une main sur ma nuque. Il posa des petits baisers sur ma bouche et mon corps frissonna un peu plus à chaque contact de ses lèvres douces et chaudes.
- T'ai-je déjà dit à quel point tu étais jolie ce soir ? Souffla-t-il doucement, ses yeux profondément ancrés dans les miens.
Leur profondeur me donna le tournis. Je hochai la tête, pas certaine de pouvoir parler tant il me perturbait.
- Bien, allons manger dans ce cas, sourit-il avant de me lâcher pour sortir de la voiture.
Il claqua sa portière et j'inspirai par le nez et expirai par la bouche, cherchant à calmer les battements affolés de mon cœur.
Un petit restaurant, casé entre deux maisons, nous accueillit. L'extérieur ne payait pas de mine mais l'intérieur était superbe. Tout était en bois, et les lumières tamisées rendaient l'endroit intime et chaleureux. D'une main sur les reins, Edward me conduisit jusqu'au fond de la salle, guidé par un serveur agréable et accueillant. On prit place derrière des paravents et, après m'être assise, j'observai la salle, des toutes petites lumières au plafond, par centaines, faisant penser à un ciel étoilé, aux touches vertes des plantes un peu partout.
- C'est vraiment... joli, souris-je, en reportant mon attention sur l'homme en face de moi qui m'observait.
Son regard brilla, me réchauffant toute entière.
- Très joli, oui, soupira-t-il sans me lâcher des yeux, son sourire en coin sur la bouche.
Malgré toute la volonté que je mis à ne pas le faire, je rougis. Son sourire s'amplifia, faisant battre mon cœur plus fort.
Le serveur vint nous apporter deux coupes de Champagne, et Edward fit tinter son verre contre le mien.
- A nous, sourit-il avant de porter la coupe à sa bouche.
- A nous, répétai-je en ne quittant pas ses lèvres des yeux quand j'avalai une gorgée de ce délicieux Champagne.
Malgré mes préjugés, je devais avouer que c'était agréable. Un moment à nous, où l'on ne faisait que profiter de l'autre, sans avoir à s'occuper de quoi que ce soit. J'aimais ça avec Edward... Il me faisait apprécier... aimer, des choses avec lesquelles j'avais toujours eu du mal par le passé. J'aimais la manière dont il était détendu, j'aimais son rire, par-dessus tout. J'aimais sa passion à me parler du vignoble que son grand-père avait possédé avant sa mort, sa passion pour la musique, les souvenirs de ses voyages qu'il partageait avec moi et toutes ces choses que je découvrais, qui me faisait l'aimer encore plus. Quand il me demanda mon souvenir le plus heureux, je pinçai les lèvres pour m'empêcher de rire.
- Tu veux jouer au jeu des vingt questions ? M'amusai-je, en arquant un sourcil, et il haussa les épaules, un sourire amusé sur les lèvres.
- Pourquoi pas ?
- Vraiment ?
Il secoua la tête en rigolant doucement, jouant avec les petits pois dans son assiette, du bout de sa fourchette.
- Alors ton souvenir le plus heureux ? Reprit-il, ses yeux clairs dans les miens.
Maintenant, voulus-je répondre mais je repris une bouchée de mon magret de canard en réfléchissant avant de répondre.
- Je crois... Quand j'avais vingt ans... Ta mère m'a dit qu'elle m'aimait comme sa fille...
Il eut un sourire tendre en caressant distraitement ma main sur la table.
- J'espère que ça ne fait pas de toi ma sœur, sourit-il doucement, son regard jade dans le mien.
- J'espère aussi, marmonnai-je en grimaçant, ce qui le fit sourire d'autant plus, dévoilant ses dents parfaites.
Avait-il quelque chose d'imparfait ?
- Et toi ? Demandai-je pendant qu'il finissait son plat.
Il but une gorgée de vin avant de me regarder.
- Le jour où je suis rentré de N.Y., quand tu es venue me chercher à l'aéroport... J'ai eu peur que tu ne viennes pas...
- Mais j'étais là...
- Tu étais là, confirma-t-il en hochant brièvement la tête. Et je t'ai embrassée... Continua-t-il au bout d'un court instant.
- Parce que j'étais d'accord, plaisantai-je pour cacher mon trouble.
Il mordit légèrement sa lèvre, en riant doucement.
- Donc, notre premier baiser, résumai-je en penchant la tête pour l'observer finir son verre de vin, jouant avec le mien de ma main libre.
- Ouep... suivi de près par tous les autres.
Je serrai doucement ses doigts, espérant qu'il se taise pour éviter que je ne brûle vive dans ce restaurant. Il sourit à nouveau et appuya son coude sur la table en se penchant avant.
- Ce qui me fait passer à la question suivante, commença-t-il en me resservant un verre de vin.
Je finis mon assiette rapidement et repris sa main par-dessus la table, semblant avoir besoin d'être toujours en contact physique avec lui.
- Ton premier baiser, c'était qui ?
Je grimaçai en fronçant le nez.
- James... un gars au Lycée. Sans importance...
- Le premier baiser a de l'importance, contra-t-il doucement avant de sourire.
- Et toi ? Éludai-je peu désireuse de m'étaler sur le sujet "James"
Il n'y avait pas grand-chose à raconter de toute façon.
- Kate... au Lycée.
Je serrai les dents, tentant de réprimer la jalousie montant en moi. Savoir qu'une autre femme l'avait touché... embrassé était... non. Pas acceptable... bien que je sache que je n'avais pas été la seule femme à connaître ça, certes.
- Ha non, reprit-il soudain sérieux et je fronçai les sourcils. Il y a eu une certaine...Tanya, je crois, à l'école primaire... On avait cinq ans...
J'éclatai de rire sous son regard amusé.
- Tu étais précoce !
- Je sais... Le charme des Cullen agit dès la naissance, se vanta-t-il, me faisant lever les yeux au ciel.
Le serveur revint débarrasser nos assiettes et il lâcha ma main pour s'appuyer au fond de sa chaise, croisant les bras sur son torse en m'observant.
- Odeur préférée ? demanda-t-il quand le serveur fut partit, emportant la commande de nos desserts.
- C'est une question étrange...
- Réponds, rigola-t-il en s'appuyant à nouveau contre la table.
- J'aime... l'odeur de la pluie, l'été, confessai-je doucement. Et toi ?
- Les peaux d'orange qu'on met à brûler au moment de Noël...
- On en faisait toujours brûler quand on faisait le réveillon ensemble, me souvins-je en cherchant sa main.
Ses doigts se mêlèrent aux miens et un sourire nostalgique étira ses lèvres.
- Alice montrait déjà une certaine obsession pour les vêtements à l'époque... Chaque année elle te déguisait en mariée, sourit-il doucement pendant que je finissais mon verre.
- Et ta mère piquait des crises quand elle me trouvait enroulée dans ses draps avec une moustiquaire en guise de voile, j'm'en souviens...
Il éclata de rire en passant une main dans ses cheveux.
- Alice était cinglée déjà à l'époque, ça c'est pas arrangé avec le temps...
- M'en parle pas ! Gémis-je, en laissant tomber ma tête sur mon bras sur la table.
Ses doigts serrèrent les miens et j'ouvris un œil pour le regarder.
- Auteur préféré ? demanda-t-il en souriant.
- Oh mon Dieu... t'as pas plus compliqué comme question ? Je ne peux pas... n'en citer qu'un ! Soupirai-je en me redressant.
- Choisis-en deux alors...
Je grognai avant de réfléchir un peu. Deux n'était définitivement pas un chiffre assez grand. Quand les desserts arrivèrent, je n'avais toujours pas répondu.
- Je crois... Robert Bolt et... Edmund Spenser, finis-je par dire, en plongeant ma cuillère dans le chocolat fondant de ma Dame Blanche.
- Edmund Spenser ? La Reine des fées ?
- Tu connais ?
- Qui ne connaît pas Edmund Spenser ? S'exclama-t-il avant de rire doucement. J'aime ce qu'il a écrit... Les auteurs du seizième siècle sont les meilleurs...
- Et toi ? Demandai-je en l'observant couper un bout de son fondant au chocolat et l'engloutir dans sa bouche.
J'avais terriblement envie de l'embrasser, là, maintenant... Rien que pour savoir ce que le mélange du chocolat et de son goût donnait. Je réprimai un frisson en mangeant une bouchée de ma glace.
- William Shakespeare, évidemment... et disons... Ben Jonson.
- Quelle culture pour un musicien, le taquinai-je et il leva les yeux au ciel en me pointant avec sa cuillère.
- Je sais lire, figure-toi !
- Ouah...
- Je sais... Impressionnant, hein ? Sourit-il.
Je secouai la tête en baissant les yeux sur mon dessert. Je croisai les jambes sous la table, l'effleurant au passage. On releva les yeux en même temps et son sourire s'agrandit quand je quittai ma chaussure pour poser mon pied sur le sien.
- Est-ce autorisé pour un premier rendez-vous ? demanda-t-il doucement, lorsque mon pied remonta le long de sa cheville.
- De quoi tu parles ? M'enquis-je en faisant l'indifférente, prenant mon verre d'eau pour m'occuper les mains.
L'envie de le toucher était bien trop forte. La plante de mon pied effleura son genou et se posa sur sa cuisse, le faisant légèrement sursauter. Je ne bougeais plus et continuai de manger mon dessert un moment. Prenant une nouvelle bouchée de son fondant, sa bouche se referma sur sa cuillère et il ferma les yeux en gémissant presque. Mon corps s'enflamma et je me sentis rougir furieusement, ma main serra la sienne, lui faisant ouvrir les paupières. Son regard sombre et fiévreux me fit trembler pendant qu'un petit sourire naissait sur ses lèvres.
- Tentant hein ? Murmura-t-il doucement, coupant un autre bout de son gâteau dans sa cuillère.
Mon pied se crispa sur sa cuisse, faisant davantage brûler ses yeux. La cuillère s'avança vers ma bouche et il se pencha légèrement au-dessus de la table pour être plus proche.
- Ouvre la bouche, souffla-t-il doucement et j'obéis, en espérant ne pas baver, quand son odeur m'assaillit en même temps que la vision du haut de son torse, sa chemise ouverte de quelques boutons laissant apparaître sa peau quand il se pencha.
La cuillère quitta mes lèvres, et le goût du chocolat sembla exploser dans ma bouche, réveillant tous mes sens. Je m'entendis gémir en fermant les yeux.
- Ça te dit de... rentrer prendre notre dessert ? Demanda-t-il la voix rauque, les yeux fixés sur ma bouche quand j'ouvris les miens.
- Pourquoi attendre de rentrer ? Interrogeai-je audacieusement, me sentant rougir.
Il fronça légèrement les sourcils, et mon pied remonta jusqu'à son entre-jambe.
- Nom de Dieu, Bella ! S'exclama-t-il entre ses dents, sursautant franchement.
- Quoi ? Demandai-je en feignant l'incompréhension.
Il me lança un regard qu'il voulait noir. Sauf qu'il souriait et que ses yeux fiévreux semblaient m'enflammer un peu plus.
- Tu ferais mieux d'arrêter ça, chuchota-t-il difficilement, fermant les yeux en ramenant ses mains devant sa bouche, croisant ses doigts.
- Pourquoi ?
- Parce que ça ferait désordre que je te prenne sur cette table, tu ne crois pas ?
Honteuse, je ramenai mon pied au sol en remettant ma chaussure. Edward finit par soupirer longuement, avant de rire, frottant son front avec ses mains.
- Comment une fille qui rougit autant peut-elle faire et dire des choses aussi indécentes ? demanda-t-il, rhétorique.
Je me mordis la lèvre pour ne pas rire nerveusement puis haussai les épaules. Il me faisait faire et dire des choses indécentes... Je n'avais pas d'autre explication si ce n'était... lui.
- Alors...
- Quoi ? Marmonnai-je en remettant la lanière de mon sac sur mon épaule.
- Avoue que c'était bien...
- C'était bien Edward...
- Donc... les tête-à-tête au restaurant... Tu apprécies maintenant ? Demanda-t-il en passant nos doigts liés par-dessus mon épaule pour me rapprocher de lui.
- J'ai apprécié, avouai-je en souriant doucement. Mais je crois que je vais... aimer, à une condition.
Ses lèvres frôlèrent ma tempe et je le sentis sourire.
- Tout ce que tu veux...
Je me tournai vers lui, faisant tomber son bras de mon épaule avant de marcher à reculons jusqu'à sa voiture, à quelques mètres de nous, le tirant par les deux mains. Je m'appuyai contre la portière et levai les yeux vers son visage empreint d'un amusement certain.
- Bien, maintenant... Embrasse-moi, quémandai-je, le faisant sourire encore plus.
Son corps me bloqua entre lui et la portière, et déjà, je suffoquais. Il se pencha vers moi, embrassa ma mâchoire. Un soupire mourut entre mes lèvres quand ses mains passèrent sur mes reins, me rapprochant de son corps. Il embrassa ma joue tendrement, et sa main épousa mon cou. Il se recula pour que je le regarde droit dans les yeux. Ses pupilles dilatées semblèrent allumer un brasier immense en moi.
- J'ai réfléchi, soupira-t-il, son souffle chaud brûlant mes lèvres.
- Hum ? Bredouillai-je, pas certaine de pouvoir me concentrer sur ce qu'il disait quand il était proche comme ça de moi.
- Mon souvenir le plus heureux... c'est maintenant.
Mes yeux quittèrent sa bouche si tentante pour remonter vers les siens. Tellement sombres, tellement envoûtants... tellement... lui.
- Je... j'ai... moi aussi, lâchai-je difficilement, son corps réchauffant le mien, me rendant alerte au moindre mouvement de sa part.
- T'es tellement...
Il fit une pause, son regard perçant le mien. Comment pouvait-il être aussi beau ?
- Je te veux tellement fort, chuchota-t-il.
J'arrêtai de respirer.
- Edward… Couinai-je quand sa main sur mes reins descendit sur mes fesses, pour ensuite empoigner ma cuisse.
Il me souleva contre lui, en appui contre la voiture. J'étouffai un gémissement quand je sentis à quel point il me désirait. Son regard se fit plus sombre et j'ouvris la bouche pour mieux respirer, j'avais diablement chaud tout d'un coup. Ses mains agrippèrent ma nuque, ramenant mon visage contre le sien et je l'embrassai du mieux que je pouvais, de la façon la plus amoureuse qui soit pour lui faire passer, à travers ce baiser, les mots que je n'étais pas en état de lui dire. Sa langue se mêla à la mienne, faisant onduler mon corps contre le sien, allumant son désir et le mien d'avantage. Quand il me relâcha, il ferma les yeux un long moment et je caressai sa nuque doucement. Il ouvrit les paupières, tombant directement dans mes yeux. Son regard me coupa le souffle, tant il était intense et sombre.
- Rentrons, souffla-t-il contre ma bouche, avant d'y déposer rapidement ses lèvres.
Il me déposa au sol lentement, le cœur battant lourdement dans ma poitrine. Il se baissa, de façon à ce que son visage soit au même niveau que le mien.
- Vaut mieux pas qu'on se fasse arrêter parce que je t'aurais fait l'amour sur le parking d'un restaurant tu crois pas ? murmura-t-il d'une voix rauque qui fit trembler mes jambes.
Je baragouinai quelque chose d'incompréhensible, le faisant rire doucement avant de monter dans la voiture. Le chemin jusqu'à chez lui sembla durer des heures, tant j'avais envie d'être seule avec lui... dans son lit ou ailleurs, qu'importe. Garés sur le parking, on sortit de la voiture et entra en silence dans le hall. Ses doigts mêlés aux miens, on appela l'ascenseur avant qu'il ne fouille ses poches en fronçant les sourcils.
- Merde... j'ai dû laisser mon portable dans la voiture, marmonna-t-il en lâchant ma main.
- Va le chercher je t'attends ici, lui proposai-je tandis que l'ascenseur s'ouvrait derrière moi.
Il se pencha pour m'embrasser chastement, souriant contre ma bouche.
- Monte, je te rejoins dans cinq minutes.
- OK., lâchai-je en le regardant s'éloigner vers la sortie.
Quelque peu tremblante, je montai dans l'ascenseur et attendis patiemment d'être arrivée à son étage. Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et que j'en sortis, deux choses me frappèrent.
La première, une sensation cruelle d'étouffer.
La seconde, la porte d'Edward qui était légèrement entrouverte. J'étais pourtant sûre et certaine de l'avoir fermée à clé dans l'après-midi. Hésitante et l'estomac noué, je m'avançai jusqu'à pousser la porte du bout des doigts. Le spectacle que je vis dans son appartement me figea. Je titubai en reculant de quelques pas avant de voir un Post-it sur la porte, que je n'avais pas vu le moins du monde la seconde d'avant.
Le message est passé...
Sentant mes larmes déborder, je cherchai nerveusement mon téléphone et, la vue floue, trouvai mon correspondant.
- Je te manque déjà ? Interrogea la voix joyeuse d'Edward, à mille lieues d'imaginer ce qui s'était passé chez lui.
- Ed... Edward tu... viens, pleurai-je en me laissant tomber le long du mur, mes jambes ne me soutenant plus.
Son souffle se coupa à travers le téléphone et la panique s'empara de moi.
