-Tu mens, murmura-t-il avec un sourire triste.
Je baissai les yeux brutalement, incapable de faire face à tout ça. Face à tout ce qu'il représentait pour moi... face à tout ce qu'il venait de me dire, face à ce que ça représentait. J'aurais voulu être heureuse pour lui, heureuse qu'il vive ses rêves, heureuse qu'il parte vivre là-bas... mais je ne pouvais simplement pas...
- Bella... souffla-t-il doucement en avançant sa main vers mon visage quand j'essuyai rageusement mes larmes, les traîtresses, qui avaient débordées.
- Non, je... ne fais pas ça, l'arrêtai-je en levant ma main devant moi pour l'empêcher de me toucher.
Je savais que s'il le faisait, ça causerait ma perte. Je ne pouvais le laisser me toucher. C'était bien trop douloureux. Je fermai les yeux et restai plusieurs secondes à me concentrer sur ma respiration pour réussir à me calmer. Quand je me sentis apte à parler enfin, j'ouvris les paupières pour voir qu'il me scrutait, ses yeux brillants d'une émotion à peine contenue, faisant se comprimer mon cœur dans ma poitrine.
- C'est... soudain, trouvai-je à dire en effaçant mes dernières larmes avec ma manche.
Il haussa légèrement les épaules et regarda devant lui à nouveau tandis que je fixai son profil. J'observai sa mâchoire se serrer et desserrer tandis que je tentai de contrôler la douleur qui se propageait en moi.
- J'y pensai depuis que... depuis la dernière fois que tu m'en as parlé, reprit-il après une minute.
Je me contentai de hocher la tête, réprimant les images revenant en flash de notre étreinte sur son piano... de son regard plongé dans le mien au moment où il était entré en moi, de son souffle rauque contre ma bouche, de son "je t'aime" murmurer à mon oreille, provoquant une avalanche de sensations en moi avant qu'on atteigne l'extase ensemble.
Mes mains se serrèrent en poings, mes ongles entamant ma paume et je soufflai lentement, tentant de repousser au loin mes souvenirs. Plusieurs longues secondes passèrent avant que je puisse émettre un son.
- La musique est toute ta vie, repris-je rompant le silence entre nous, c'est... la suite logique des choses, j'imagine...
Il hocha la tête en tirant une dernière fois sur sa cigarette avant de la jeter plus loin. Je suivis des yeux le point rouge se consumant encore à même le sol, réprimant mes larmes encore une fois. Je me souvenais de la fois où je lui avais dit les mêmes mots, quelques semaines plus tôt et de sa réponse... "La musique n'est pas toute ma vie, plus maintenant." Je fermai les yeux me souvenant exactement de son regard, de son souffle chaud et régulier sur ma bouche, de son léger baiser qui m'avait pourtant électrisé de la tête aux pieds. "Toi, tu es toute ma vie..." Je réprimai un violent frisson et un courant d'air passa entre nous, ramenant son odeur violemment à mon visage, faisant voler mes cheveux.
- On devrait retourner à l'intérieur et rejoindre les autres, conseilla-t-il en se levant, allant jeter son gobelet et le mien dans la poubelle un peu plus loin.
Je l'attendis devant les portes automatiques, en étant incapable de le regarder à nouveau. On rejoignit l'étage dans le silence pesant et douloureux qui était le nôtre depuis que j'étais ici et je frappai à la porte de chambre de Rosalie avant d'entrer.
- Ha bah enfin ! s'exclama Emmet en nous regardant entrer dans la chambre.
Je vis Edward lever les yeux au ciel avant de s'installer sur une chaise, non loin de la porte. Je croisai le regard d'Alice qui me fit un petit sourire gentil et réconfortant. J'y répondis du mieux que je pus, tentant de ne pas penser à ce qu'Edward venait de me dire. On resta quelques minutes de plus autour de Rose et j'évitai tout ce temps de regarder Edward, me contentant d'écouter Rosalie parler de la chambre de la petite, de toutes les choses qui allaient changer dans leur vie maintenant qu'elle était là. Je jetai un regard à Alice, quelque peu inquiète de ses réactions par rapport à tout ça... mais elle souriait, semblait heureuse et pleine d'entrain.
Pencher au-dessus du berceau de Maëlys, je remontai doucement la couverture sur son petit corps en caressait sa joue de mes doigts tremblants. Elle tourna la tête vers ma main, cherchant le contact de ma peau. Son geste me fit sourire malgré le regard d'Edward sur mon profil qui brûlait tout mon corps.
- Envie d'un bébé ? me demanda discrètement Jasper en se penchant sur le berceau de la petite en face de moi.
Je relevai les yeux vers lui pour le voir admirer l'enfant qui dormait devant nous.
- Je...
Je me stoppai quand Edward approcha à son tour, se postant à ma gauche. Il se pencha sur la petite avant de regarder Jasper.
- J'interromps quelque chose ? demanda-t-il sans me regarder.
Je vis Jasper lui sourire en tapant son épaule d'un geste amical.
- Rien d'actualité mon gars, répondit celui-ci en glissant un regard vers moi.
Je serai les dents, en proie à une peine qui me tordit le ventre. Ça n'était pas d'actualité. Ça ne pouvait plus l'être.
On quitta Rosalie après qu'elle m'eut fait promettre de revenir la voir avant mon départ le lendemain. Sur le parking, Edward salua sa sœur, Jasper et Emmet avant de me regarder quand les autres montèrent dans la voiture d'Emmet pour regagner la maison. Emmet démarra sa voiture, resta là à m'attendre pour pouvoir partir et Edward commença à reculer de quelques pas, son regard empreint d'une tristesse infinie dans le mien.
La douleur se propagea dans tout mon cœur, me faisant suffoquer.
- On se voit au mariage, lâcha-t-il en continuant de reculer pour rejoindre sa voiture.
Mes larmes débordèrent quand il fit demi-tour après avoir soupiré longuement.
Il marcha lentement jusqu'à sa voiture, comme s'il voulait retarder le moment... comme s'il ne voulait pas vraiment partir. Comme s'il avait conscience que ceci était la vrai fin de... ce que nous étions l'un pour l'autre. Comme s'il savait pertinemment qu'au moment où il quitterait le parking, tout serait alors fini. Tout. Moi compris.
Il enclencha l'ouverture automatique de sa voiture, les phares clignotèrent d'un même ensemble, éblouissant mon visage. Il partait.
Il partait...
Pendant une demi-seconde, mes yeux firent plusieurs allers-retours entre la voiture d'Emmet où ce dernier, Alice et Jazz m'attendaient pour rentrer et Edward à quelques mètres de la sienne.
L'instant suivant, ma décision avait été prise... et peut-être même depuis plus longtemps.
Mes pieds me portèrent jusqu'à Edward avant que mon cerveau ait fini de décider. Il se tourna vers moi quand il entendit mes pas rapides marteler le sol derrière lui. Je le percutai de plein fouet et il tituba en reculant de quelques pas sous l'impact de mon corps contre le sien. Je serai tombée s'il n'avait pas noué ses bras autour de ma taille, me serrant si fort contre lui qu'il m'en faisait mal. Ça n'avait pas d'importance.
Ça n'avait aucune importance.
Je me blottis contre lui en enroulant mes bras autour de sa nuque, sanglotant dans son cou pendant un temps interminable, incapable de m'en empêcher. Enfin, je le touchai... enfin, il était là, contre moi, son odeur autour de moi, sa peau contre la mienne, ses bras forts et puissants autour de moi, me retenant dans son étreinte brûlante. La chaleur de sa peau à travers le tissu de son polo me rendait ivre de lui et j'inspirai profondément son parfum, gémissant quand sa bouche se posa dans mon cou, son souffle chaud s'écrasant sur ma peau.
- Me laisse pas, pleurai-je contre lui m'accrochant à son vêtement quand il voulut se reculer. Je suis désolée... tellement désolée, hoquetai-je nerveusement contre son épaule, mon cœur battant plus vite que jamais.
- Bella... souffla-t-il avec douceur, forçant mes doigts à lâcher son polo.
Je finis par reculer de quelques centimètres, juste assez pour voir son visage torturé et empreint d'une tristesse qui me fit frémir.
- Arrête de pleurer, supplia-t-il en essuyant mes joues de ses pouces.
Je fermai les yeux à son contact tant attendu, lâchant un nouveau sanglot. Ses lèvres embrassèrent mon front avant qu'il n'y pose le sien. J'ouvris les paupières lentement, mes yeux douloureux et brûlant à cause de mes larmes que je n'arrivais pas à calmer. Nouant ses mains dans ma nuque pour maintenir son regard sombre et brillant dans le mien, il ferma les yeux et respira profondément. Il contenait ses larmes mais je n'étais pas aussi forte que lui, les miennes m'avaient envahi depuis longtemps déjà.
- Je te demande pardon, articulai-je difficilement, ses yeux profondément ancrés dans les miens, faisant accélérer mon cœur.
Comme avant.
Il ferma les yeux et déglutit avec difficulté, ses doigts faisant pression dans ma nuque.
- Je... je ne sais pas comment j'ai pu penser que j'allais réussir à vivre sans toi, continuai-je en retenant un sanglot alors qu'il ne bougeait plus.
Il me semblait même qu'il ne respirait plus. Il rouvrit les yeux à mes paroles, son regard profond et plus intense que jamais dans le mien. Mes doigts tremblants agrippèrent ses poignets, pour qu'il ne me lâche pas. Plus jamais.
Ses yeux quittèrent les miens une seconde et il fronça les sourcils légèrement. Suivant son regard, je tournai la tête pour voir la voiture d'Emmet arriver à notre hauteur. Son sourire en disait long sur ce qu'il pouvait bien penser. Je jetai un coup d'œil à Jasper à l'arrière qui leva son pouce. Malgré moi, malgré mes larmes, j'étouffai un rire et Edward leva les yeux au ciel en le traitant d'imbécile. Alice se penchant vers nous.
- Je suppose que Bella ne rentre pas avec nous ? demanda-t-elle avec un sourire aussi grand que la connerie d'Emmet qui nous scrutait tour à tour, Edward et moi.
Je regardai Edward qui scruta mes yeux un court instant avant de regarder sa sœur. J'avais si peur soudain... qu'il réalise ce qu'il était -ce que nous étions- en train de faire, qu'il dise qu'il fallait que je rentre avec eux et non avec lui... qu'il me rejette...
- Vous pouvez rentrer, finit-il par dire.
Jasper poussa un cri à l'arrière de la voiture, levant son poing dans l'air avant que je vois Emmet exécuter une danse de la joie complètement ridicule, assis sur son siège.
- Allez, dégagez de là ! rigola Edward en tapant le capot de la voiture, récoltant un regard noir de la part d'Emmet.
- Tu touches encore une fois à ma biche comme ça je...
- C'est bon Emmet, tu vas pas pleurer parce qu'il l'a touché ! s'écria Alice à ses côtés. On y va ! Vous deux, reprit-elle en regardant successivement Edward, puis moi, vous allez arrêter vos conneries tout de suite et je veux vous voir demain midi à la maison !
- J'ai...
- Je m'en fous, me coupa-t-elle en levant son doigt.
- Mais Alice...
- Chut !
- Mais...
- Non ! Vous venez demain, point. Emmet, démarre, ordonna-t-elle.
Celui s'exécuta sans broncher et Jasper me regarda, les yeux affolés. Je levai les yeux au ciel quand ils s'éloignèrent. Je restai un moment à fixer l'endroit où ils avaient disparu avant de reporter mon attention sur Edward qui me dévisageait, tenant mon visage à quelques centimètres du sien. Son regard créa un spasme au fond de mon ventre et j'eus du mal à respirer devant la profondeur de son regard.
- On rentre ? souffla-t-il doucement, me faisant sortir de cette observation divine.
Il me fallut quelques secondes pour réaliser ce qui se passait. J'étais là, sur ce parking avec lui et il voulait encore de moi... Je hochai la tête, soupirant de soulagement. Son sourire en coin se dessina sur ses lèvres et il me relâcha pour ouvrir sa portière. Je fis le tour de la voiture en entrant à mon tour dans sa voiture, faisant des gestes que j'avais cru perdre à tout jamais.
On regagna son appartement tranquillement, un silence un peu pesant entre nous. Je ne savais pas quoi dire et si jamais j'ouvrais la bouche, ça serait pour lui demander pardon, encore et encore.
Quand on arriva devant la porte de son appartement, je réprimai l'angoisse qui naissait en moi, repoussant les derniers souvenirs terriblement insupportables que j'avais de cet endroit. Je chassai de ma mémoire ce jour-là, nos cris, nos mots... je chassai de ma tête ce sentiment invivable que tout était fini, que tout n'était que de ma faute. J'inspirai profondément avant de suivre Edward à l'intérieur, regardant autour de moi avec attention. Bizarrement, il n'avait pas racheté de meuble et le salon était en partie vide, ne restait qu'un nouveau piano au milieu de la pièce, une lampe à pied qu'il alluma avant de mettre les mains dans ses poches, me scrutant attentivement. J'avançai jusqu'au piano, tentant de ravaler les larmes qui brouillaient ma vue quand mes yeux tombèrent sur la toile de Sam découpée soigneusement en plein milieu qui était posé par terre, non loin de moi.
Je sursautai quand Edward enroula ses bras autour de moi, collant son torse à mon dos avant de soupirer longuement dans mon cou, me faisant frissonner violemment.
- Tu m'as tellement manqué, souffla-t-il tout bas.
Fermant les yeux je laissai mon corps reposer contre le sien pendant de longues secondes profitant de son contact, de sa chaleur. Il était là... vraiment là... enfin.
- Tu es consciente que ça ne change rien en ce qui concerne mon départ pour New York ? demanda-t-il au bout de d'une minute, posant son menton contre mon épaule.
J'enroulai mes bras autour de moi, sur les siens.
- Je sais, murmurai-je doucement.
- Et tu sais que Jacob n'en a pas fini avec nous ? continua-t-il, me figeant dans ses bras.
- Edward...
- Je ne te laisserai plus partir Bella, m'ignora-t-il avant de me faire tourner dans ses bras pour me regarder. Je refuse que tu abandonnes une nouvelle fois, tu as bien compris ? insista-t-il, son regard profond et sans l'once d'un doute dans le mien.
Mes yeux et mon ventre me brûlèrent.
- Je me battrais pour nous, pour toi... je ferais n'importe quoi, reprit-il avant de caresser ma joue, récupérant mes larmes.
- Je voulais te protéger, articulai-je difficilement et il posa son front contre le mien.
- Je sais... j'ai mis du temps à le comprendre mais j'ai compris aujourd'hui... et je... j'aurais fait la même chose si ça avait été toi, avoua-t-il son regard s'assombrissant.
Je pinçai mes lèvres, tentant de contenir mon chagrin.
- Te perdre est la pire chose qui puisse m'arriver, chuchota-t-il approchant encore plus son visage du mien. Jacob peut me faire tout ce qu'il veut... ça ne sera jamais rien à côté de ça, à côté de ce que j'ai ressenti ses dernières semaines sans toi, poursuivit-il.
Mes mains atteignirent ses joues où sa barbe de plusieurs jours piqua mes doigts. Il ferma les yeux, se laissant aller à la caresse de mes doigts sur ses pommettes.
- Tu es la seule à pouvoir me détruire, reprit-il en m'approchant de lui d'une main sur mes reins, collant mon corps contre le sien, me coupant le souffle.
Il ouvrit les yeux et grimaça.
- Arrête de pleurer bébé, s'il te plait, chuchota-t-il, effaçant mes larmes de ses pouces avec douceur.
Bébé... je pensais ne plus jamais entendre des mots pareils de sa bouche. J'émis un sanglot étouffé en serrant mes mains contre ses joues quand il soupira, son souffle brûlant balayant mon visage humide.
Longtemps, on resta debout au milieu de son salon, sans rien faire d'autre que se dévisager mutuellement. Jusqu'à ce que sa main sur ma nuque ne remonte dans mes cheveux et me rapproche de son visage, de sa bouche.
Son nez caressa le mien quelques secondes, nous faisant fermer les yeux en même temps, profitant de ce contact grisant, de ce contact tant attendu. Mes bras s'enroulèrent autour de sa nuque, retrouvant le soyeux de ses cheveux. Je l'entendis vaguement gémir quand mes doigts passèrent au travers, avant que je me hisse sur la pointe des pieds, effleurant ses lèvres des miennes.
Mon ventre se retourna brusquement et mon sang se figea dans mes veines avant de repartir à toute vitesse aux quatre coins de mon corps. Mon cœur fit de drôles de sursauts avant de battre frénétiquement et de résonner dans mes tempes.
À nouveau, je retrouvai les mêmes sensations que lors de notre premier baiser : Je n'avais plus peur, plus mal nulle part et les planètes semblèrent s'aligner parfaitement à ce moment-là. La Terre sembla même s'arrêter de tourner.
Tout se bouscula alors. Sa bouche prit possession de la mienne avec avidité, sa langue envahissant ma bouche alors qu'on gémissait en même temps au contact de l'autre. Il me souleva contre lui d'une main sous mes fesses et je nouais fermement mes cuisses autour de sa taille, frottant mon bassin contre le sien dans un mouvement indécent qui le fit gémir contre ma langue. Il commença à marcher en direction de sa chambre quand je n'acharnais à tirer sur son polo, le forçant à quitter ma bouche pour le faire passer par-dessus sa tête.
Il me plaqua contre le mur du couloir menant à sa chambre quand ma bouche et ma langue trouvèrent son épaule et le haut de son torse, suçant sa peau, mordant sa clavicule, le faisant gémir alors qu'il se débattait avec le bouton de mon Jean pour me l'ôter. Rapidement, celui-ci ne fut plus une entrave et il me remit debout pour pouvoir le faire glisser le long de mes jambes avant de l'envoyer valser au loin pendant que je détachai sa ceinture maladroitement, l'envie et le besoin de le sentir tordant mes entrailles, le faisant jurer quand je réussis enfin à lui enlever, déboutonnant rapidement son jean qui tomba à ses pieds. Ses mains tirèrent sur mon sous-vêtement avec rage quand ma bouche retrouva la sienne, nous faisant geindre tous les deux. Le vêtement finit par craquer entre ses doigts alors que je m'affairai à baisser son caleçon. Ses mains sous mes fesses me soulevèrent à nouveau contre lui, m'appuyant contre le mur derrière moi.
L'instant suivant, il entra complètement en moi d'un coup de reins puissant. Ma respiration se coupa brutalement à l'instar de la sienne, me faisant hoqueter incapable de faire autre chose, me faisant écarquiller les yeux dans les siens alors qu'un gémissement profond sortait de sa poitrine. Il se figea en moi, sa bouche ouverte contre la mienne, comme si être en moi l'avait apaisé, comme si, enfin, il avait trouvé la paix et le calme.
Son intrusion en moi était presque douloureuse à la suite de sa longue absence, mais très vite, mon corps reconnut le sien et un soupir passa entre mes lèvres.
Sa mâchoire contractée durement et ses yeux presque noirs le rendaient plus beau, plus impressionnant et envoûtant que jamais. Ses mains agrippèrent mes cuisses et il se retira avant de revenir puissamment et rapidement, me faisant tordre contre le mur dans mon dos, ma tête basculant en arrière, un long gémissement m'échappant.
Ses mouvements se faisaient rapides, puissants et presque brutaux mais je n'avais pas peur, j'étais avec lui et lui était en moi. Jamais je n'avais ressenti un besoin aussi puissant de le serrer contre moi. À mesure qu'il allait et venait en moi, le feu rongeait mon être, nos gémissements incontrôlés emplissaient la pièce, entrecoupés du chuchotis de nos lèvres se mouvant ensemble. Jamais, ses yeux ne quittèrent les miens. Sa voix murmurait mon prénom à chaque fois que nos bouches se quittaient, à chaque fois que je tentai de reprendre mon souffle avant de comprendre que c'était impossible quand il m'emplissait... comme ça.
Mes cuisses serrèrent plus fortement sa taille quand il mordit ma lèvre inférieure, tirant légèrement dessus, envoyant de l'électricité partout en moi, jusqu'à l'endroit où nos corps étaient joints. Mon dos me brûlait à cause du frottement de ma peau contre le mur derrière moi ça n'avait aucune, vraiment aucune importance.
- Edward, gémis-je contre sa bouche quand il quitta mon corps avant d'y revenir brusquement, coupant ma respiration, faisant se crisper doigts sur ma cuisse.
Sa bouche embrassa la mienne brièvement avant que son visage ne glisse dans mon cou. Il embrassa, suça puis mordilla ma peau sous mon oreille et je me sentis basculer d'un seul coup. Je soufflai son prénom dans une plainte avant de sentir tout mon corps exploser autour de lui quand il poussa une dernière fois en moi. À peine consciente des gémissements qui pouvaient sortir de ma bouche, il se laissa aller à son tour, gémissant longuement contre mon épaule, ses doigts s'enfonçant dans la peau de mes cuisses pendant qu'il venait violemment en moi, me faisant gémir une dernière fois dans le creux de son épaule. Il finit par s'immobiliser complètement contre moi avant de nous faire glisser jusqu'au sol tous les deux. Il s'allongea sur le dos en me couchant sur lui, son souffle erratique résonnant dans la pièce, à l'instar du mien.
Il nous fallut de longues minutes avant de pouvoir reprendre pied avec la réalité. Le visage dans son cou, je ne bougeai plus jusqu'à ce que sa respiration devienne normale, son corps complètement détendu sous le mien. Il enroula ses bras autour de ma taille, embrassa mon épaule du bout des lèvres. Je me redressai pour poser mon front contre le sien, gardant les yeux fermés, profitant de sa chaleur, de son odeur. Ses mains passèrent sur la fine pellicule de sueur couvrant mes tempes et je caressai à mon tour son visage à l'aveugle. Il dégagea mes boucles de mon épaules avant d'embrasser ma peau de ma clavicule à sous mon oreille. Un frisson me traversa quand sa langue frôla la peau sensible de mon cou.
- Allons dans le lit, souffla-t-il d'une voix rauque qui me fit frémir.
Je hochai la tête conte lui sans ouvrir les yeux et il se releva en me soulevant contre lui. J'enroulai mes jambes et mes bras autour de lui, embrassant sa joue, puis sa mâchoire, sa barbe piquant mes lèvres. Ma langue traîna sur sa peau, me délectant son goût si unique et il nous fit tomber sur son lit, son corps écrasant le mien. Je gémis légèrement sous son poids et il se releva sur ses coudes de chaque côté de mon visage, me faisant ouvrir les yeux. Son regard profond et dilaté fit accélérer brutalement les battements de mon cœur. Il se redressa, faisant disparaître le reste de ses vêtements encore à ses pieds avant de baisser les yeux sur le haut de mon corps encore habillé. Ses mains passèrent sous mon haut, caressant la peau de mon ventre sans qu'il ne cherche absolument à me l'enlever. Un frisson me traversa et un petit sourire naquit sur ses lèvres quand ses yeux retrouvèrent les miens.
À nouveau, il posa son front contre le mien et soupira longuement, son regard bouleversant dans le mien.
- Ne pars plus, chuchota-t-il douloureusement.
Mes yeux me brûlèrent et j'inspirai profondément, essayant de calmer mon cœur devenu oppressé par l'amour que je pouvais avoir pour Edward.
- Promets-moi que tu partiras plus jamais, continua-t-il, ses doigts quittant mon ventre pour saisir mon vêtement qu'il fit passer par-dessus ma tête.
Je l'y aidai en soulevant mollement mes bras, ayant l'impression d'être à bout de force. Quand j'ouvris les yeux, son regard scrutait attentivement mon visage. Je ramenai son visage contre le mien d'une main sur sa nuque et l'embrassai doucement.
- Je te le promets... J'ai cru que c'était la bonne chose à faire, murmurai-je contre ses lèvres.
Il déglutit difficilement, cherchant mon regard.
- Je sais...
- Ça a été la chose la plus douloureuse que j'ai jamais eu à faire, continuai-je emprisonnée par ses yeux sombres et brillants.
- Je sais, répéta-t-il.
Il embrassa chastement mes lèvres et je fermai les yeux en passant mes mains sur sa nuque, ses épaules. Je le sentis frissonner sous mes doigts.
- Emmet avait raison, avoua-t-il au bout d'un moment.
J'ouvris les yeux pour voir qu'il observait mon corps sous le sien. Je fronçai les sourcils, pas certaine de comprendre. Ses mains passèrent dans mon dos et il défit mon soutien-gorge avant de le faire glisser le long de mes bras et de l'envoyer plus loin dans la chambre. Ma peau se couvrit de frisson quand il embrassa mon cou.
- À quand remonte ton dernier repas ? s'enquit-il en posant son menton sur le haut de ma poitrine, ses yeux clairs scrutant mon visage.
Réfléchir alors que nous étions tous les deux complètement nus et l'un contre l'autre n'était pas possible. Je haussai les épaules.
- Tu as maigri, constata-t-il en effleurant mon épaule du bout des doigts.
- Hum... me contentai-je de répondre en fermant les yeux, me concentrant sur sa caresse légère.
Il posa son front sur le haut de ma poitrine et expira lentement et bruyamment. Plusieurs fois, il inspira ma peau, mon odeur, me faisant frissonner un peu plus à chaque fois qu'il soufflait sur ma peau.
- Je crois que mon odeur préférée est la tienne, murmura-t-il contre ma peau avant de se redresser pour me regarder.
Son regard assombri par son désir renaissant fit brûler mon corps. Mes mains se posèrent sur ses reins, poussant son corps à la rencontre du mien, nous faisant gémir tous les deux.
- Comment c'est possible que j'ai toujours autant envie de toi ? demanda-t-il, embrassant à nouveau mon cou, descendant sur ma poitrine.
Je bafouillai quelque chose d'incompréhensible quand sa langue trouva ma peau en même temps qu'il faisait rouler son bassin contre le mien. Il me tortura quelques secondes avant que, impatiente, je ne tire légèrement sur ses cheveux et sa nuque, faisant remonter son visage contre le mien. Il m'embrassa tendrement, faisant danser voluptueusement sa langue contre la mienne en entrant légèrement en moi, nous figeant tous les deux. Il quitta ma bouche, et, ses yeux dans les miens, glissa en moi lentement, comme au ralenti. Dans une parfaite symbioses, nos souffles se coupèrent en même temps. Sa bouche entre ouverte au-dessus de la mienne laissa passer un gémissement quand il buta au fond de mon ventre.
Il me fit l'amour tendrement et lentement, prenant le temps de m'embrasser, de faire glisser son corps dans le mien avec volupté, gémissant l'un et l'autre sans aucune retenue, sans aucun tabou.
Mes reins se creusèrent quand il revint dans mon corps après l'avoir presque quitté, nous faisant geindre en même temps. Sa bouche retrouva la mienne pour un baiser brûlant avant qu'il ne se relève sur ses mains, en appui de chaque côté de mon visage. Son regard dans le mien, il refit les mêmes mouvements, creusant un peu plus les reins en lâchant une plainte étouffée quand il buta au fond de moi, ses doigts se crispant dans l'oreiller sous sa main. Mes cuisses serrèrent ses flancs quand ma tête partit en arrière, libérant mon plaisir pendant que mes gémissements roulaient contre les murs et bourdonnaient à mes oreilles. Il s'immobilisa quand mon corps serra le sien si fort qu'il l'empêchait presque de bouger. Gémissant sourdement, il serra les dents. Quand les tremblements de mon corps se calmèrent il reprit ses mouvements puissants en moi, accélérant le rythme. Je fixai ses yeux fiévreux et à nouveau, le plaisir s'empara de moi alors qu'il continuait d'aimer mon corps, au sens propre du mot. Je l'accompagnai dans ses mouvements, mes hanches s'adaptant au rythme des siennes, le faisant jurer entre ses dents.
J'aimais le voir perdre pied, j'aimais l'expression de son visage quand le plaisir prenait le dessus sur lui, ses mâchoires contractées pendant qu'il gémissait entre ses dents, la sueur qui perlait sur son front et ses tempes, la concentration qu'il mettait à me conduire plus loin, plus haut dans mon plaisir, me faisant tordre sous lui quand une nouvelle vague arriva, me faisant crier, mes doigts griffant sans le vouloir sa nuque, ses épaules. Il cessa de bouger en moi quand mon corps emprisonna à nouveau le sien, entraînant sa libération lorsqu'il laissa tomber son visage dans mon cou, serrant étroitement mon corps contre le sien de son bras autour de ma taille, gémissant contre mon épaule quand il sursauta dans mon ventre avant de lâcher prise totalement.
Son corps fatigué reposa contre moi pendant de longues minutes, m'enfonçant un peu plus dans le matelas et je ne voulais plus jamais quitter tout ça. Plus jamais.
Je fermai les yeux en embrassant son cou à proximité de ma bouche, et il me serra un peu plus fort en réponse.
Quand j'ouvris à nouveau les yeux, j'étais seule dans le lit et un drap recouvrait mon corps nu. Quelques secondes, je paniquai à l'idée qu'il soit parti, qu'il est réalisé que... je ne les méritai pas, lui et son amour. Mon soulagement fut de taille quand, enroulée dans le drap, je le découvris assis sur le rebord de la fenêtre ouverte du salon, une cigarette se consumant entre ses lèvres. Il avait revêtu son caleçon et s'abîmait dans la contemplation de la ville. Je m'approchai doucement et enroulai mes bras autour de son cou, embrassant son épaule nue. Sa peau frissonna sous ma bouche et sa main se tendit derrière lui pour atteindre ma cuisse qu'il caressa.
- Retourne te coucher, j'en ai pour deux minutes, souffla-t-il, un sourire dans la voix.
Je hochai la tête mais ne bougeai pas pour autant.
- Je ne veux plus te quitter, murmurai-je avant d'enfouir mon visage contre son cou.
- Alors ne me quitte plus, dit-il sur le même ton.
Sa main sur ma cuisse me fit m'asseoir sur ses genoux. Je ramenai mon bras autour de sa nuque et posai ma tête sur son épaule tandis qu'il écrasait sa cigarette dans le cendrier à côté.
- On va trouver une solution en ce qui concerne New York, commença-t-il au bout de quelques minutes de silence où il observa la ville endormie sous nous.
Quelle heure pouvait-il bien être ?
J'étouffai un bâillement, le faisant légèrement rire au-dessus de moi.
- Tu dis quoi d'aller dormir quelques heures et de reparler de ça quand on aura notre quota de sommeil ? s'amusa-t-il en me soulevant dans ses bras après nous avoir fait lever et refermer la fenêtre.
- Excellente idée Monsieur Cullen, soufflai-je dans son cou pendant qu'il traversait le couloir.
Il se vautra littéralement dans son lit et je ris en le voyant enfoncer son visage dans l'oreiller que j'occupai un peu plus tôt. Passant un bras autour de moi, il me tira jusqu'à lui, jusqu'à ce que ma hanche se colle à la sienne. J'étais épuisée, certes... pourtant, je n'arrivai pas à m'endormir... et lui non plus. Son regard ne lâchait pas le mien et mon cœur battait de manière déraisonnable.
- Tu devrais dormir un peu, conseilla-t-il en dégageant une mèche de cheveux de mon visage.
- Toi aussi, marmonnai-je en fermant les yeux quand ses doigts caressèrent ma joue.
- J'ai... j'ai peur que si je ferme les yeux, tu disparaisses, avoua-t-il doucement, sa voix soudainement plus grave.
J'ouvris les yeux rapidement et mon ventre me brûla en retrouvant son regard brillant.
- Je serai là, promis-je en caressant sa joue de mes doigts tremblants.
Il tourna la tête pour les embrasser avant de poser sa bouche sur mon épaule, puis dans mon cou.
- Je t'aime, chuchota-t-il contre ma peau.
Mon cœur sembla exploser dans ma poitrine et mon ventre se retourna.
- Je t'aime aussi, murmurai-je difficilement tant l'émotion serrai ma gorge.
Un sourire heureux se dessina sur son visage et il embrassa mes lèvres, laissant traîner sa bouche sur la mienne.
Je sais, ça fait 1000 ans, PARDON !
Vous me laissez un mot ?
Tied.
