POV Bella.
- Il faudrait qu'on dorme… t'en pense quoi ? souffla Edward dans mon cou, faisant descendre un long frisson dans mon dos.
- Hum...
- Toujours aussi loquace hum ? s'amusa-t-il en resserrant ses bras autour de moi.
- Et si tu arrêtais de...
- De ?
- Edward... grognai-je en récupérant sa main qui était malencontreusement remontée sur mon sein.
- Ton corps appelle le mien... j'en suis désolé, s'excusa-t-il faussement, un sourire perçant sa voix.
Je levai les yeux au ciel, ne pouvant retenir mon sourire. Nous n'avions finalement pas dormi. Du tout.
Le soleil se levait, baignant la chambre des couleurs de l'aube tandis que j'étais couchée sur lui, mon dos contre son torse, le drap nous couvrant d'un même ensemble. Il embrassa mon cou faisant sursauter mon cœur.
- Alice nous attend pour quelle heure ? marmonnai-je en me délectant de la caresse de ses doigts sur mon estomac.
- Avant midi... souffla-t-il mollement avant de grogner. Je la déteste, se plaignit-il, me faisant lever les yeux au ciel.
- Tu l'aimes, rétorquai-je.
Je le sentis sourire sur ma peau avant que ses lèvres effleurent mon oreille.
- Je t'aime encore plus, chuchota-t-il un sourire perçant sa voix.
- Ça me donne pas du tout envie de quitter ce lit, soupirai-je en ramenant ses doigts contre ma bouche pour y poser un baiser.
Son rire chatouilla mon cou avant qu'il ne soupire longuement.
- Tu dois rentrer quand ? demanda-t-il avec douceur après un silence agréable.
Je soupirai à mon tour. Je savais qu'il allait falloir qu'on parle de ça... de tout. Je le savais mais l'envie n'était pas là… Pas du tout.
- Ce soir. Je travaille demain... et les jours suivants... encore et encore, me plaignis-je d'une voix lasse qui le fit légèrement rire.
- Ne fais pas comme si tu détestais ton métier, sourit-il contre mon épaule.
- Je l'aime, avouai-je avant de faire la moue. Sauf que je serais loin de toi...
- Et moi loin de toi... souffla-t-il lentement.
Il y eu un silence pesant et je me sentis oppressé, nerveuse. Savoir qu'on allait être séparé encore une fois était insupportable. Comment allais-je vivre, à des centaines de kilomètres de lui ?
- Tu pars quand pour New York ? demandais-je.
Ma voix parut plus faible que ce que j'aurais cru. Edward serra ses bras autour de moi, renforçant notre étreinte.
- Samedi.
Je soupirai encore une fois, nouant mes doigts aux siens sur mon ventre en tentant de réfléchir avec calme et intelligence -chose compliquée quand je savais Edward nu sous moi. Il restait cinq jours avant qu'Edward ne parte à New York. Environ huit heures avant que je parte à San Francisco. Peut-être que si je...
- Comment est ton appartement là-bas ? demanda Edward, coupant le fil de mes pensées.
- Hum... petit. Lumineux et... certainement dans un bordel monstre, soupirai-je en pensant à la rapidité avec laquelle j'avais fouillé dans mes placards pour trouver quelques vêtements pour venir ici en urgence.
- Il est petit... du genre, vraiment petit, ou il y aurait de la place pour deux ? continua-t-il en faisant traîner son nez le long de mon épaule jusqu'à ma clavicule.
- Je...
Son nez remonta contre mon cou, sa langue effleura ma peau, m'empêchant de parler.
- J'arrive pas à me... concentrer quand tu fais ça, bredouillai-je en fermant les yeux.
Il rit légèrement dans mon cou avant d'arrêter de l'embrasser pour que je puisse enfin parler. Je soupirai, essayant de reprendre mes esprits.
- Hum, qu'entends-tu par... de la place pour deux ? m'exclamai-je en me relevant, me retrouvant assise dos à lui.
Il suivit mon mouvement, s'asseyant à son tour pendant que ses mains caressaient mon dos, mes épaules nues.
- Tu pourrais m'emmener dans tes bagages, expliqua-t-il calmement, ses doigts massant ma nuque. Je pourrais rester chez toi jusqu'à samedi et partir directement pour New York après.
- Mais... et tes affaires ? soufflai-je doucement, me concentrant sur le mouvement circulaire de ses doigts magiques.
- Je laisse tout ici, murmura-t-il en dégageant les cheveux tombés sur mon épaule. J'ai juste quelques vêtements à prendre, l'appartement de New York est déjà meublé.
Son massage descendit sur mes omoplates, me faisant frissonner.
- Tu veux vraiment venir dans mon trou à rat ? soufflai-je ébahie, incapable de retenir mon sourire.
- Je veux voir où tu vis... je veux tout savoir de ta vie et le fait que tu sois loin de moi cinq jours de plus alors qu'on peut l'éviter c'est... inacceptable...
Je me retournai dans ses bras de façon à pouvoir le voir et ses mains se posèrent sur mes hanches quand nous fumes face à face. La profondeur et la sincérité de son regard me frappa. Je m'assis sur ses cuisses en posant mes mains sur sa nuque, caressant sa peau chaude. Ses doigts glissèrent le long de mes cuisses, m'arrachant de délicieux frissons quand mon nez caressa le sien.
Je ne pouvais m'empêcher de sourire de la façon la plus idiote qui soit mais ça n'avait aucune importance.
Nous allions être encore ensemble quelques jours. C'était tout ce qui comptait même si je savais que son départ pour NY était toujours d'actualité.
Mes lèvres trouvèrent les siennes et le baiser qu'on échangea, doux et calme au début se transforma rapidement en quelque chose de plus passionné et de vraiment brûlant. Mon corps ondula instinctivement contre le sien alors qu'il grognait contre ma langue.
- Je vais prendre ça pour un oui, susurra-t-il entre deux baisers, le souffle hachuré.
- Oui... oui, oui, oui, mille fois oui, soupirai-je contre sa bouche.
- Je veux plus avoir à être séparé de toi encore une fois, chuchota-t-il, faisant s'arrêter mon cœur.
Je fermai les yeux un instant, luttant contre les regrets qui m'assaillaient violemment. Sa main remonta de ma hanche à ma joue qu'il caressa doucement.
- Je ne t'en veux pas bébé, soupira-t-il d'une voix calme et douce. C'était peut-être...
Il s'interrompit, me faisant ouvrir les yeux rapidement pour capter son regard sombre, profond et déroutant.
- Peut être quoi ? murmurai-je en sentant mes muscles se tendre un par un.
Il embrassa chastement mes lèvres et ferma les yeux en promenant ses doigts dans ma nuque, mes cheveux. Mes paupières lourdes par le manque de sommeil se fermèrent à leur tour et je profitai pleinement de la caresse de sa peau contre la mienne.
- Peut être la chose à faire... reprit-il avec un calme désarmant.
Je sentis tout mon corps se crisper. J'allais parler quand il m'embrassa à nouveau, me faisant taire.
- Laisse-moi finir, chuchota-t-il, un sourire perçant sa voix. Je ne veux pas que tu me quittes... plus jamais. Je sais ce que ça donne de vivre sans toi maintenant... j'en ai pleinement pris conscience ce dernier mois. Je refuse de vivre à nouveau ça...
Son corps sous moi bougea légèrement. J'ouvris les yeux pour le voir m'observer avec amour et dévotion. Mon cœur repartit de plus belle et je me sentis rougir sous son regard profond. Un petit sourire étira ses lèvres parfaites quand il se pencha pour embrasser les miennes tendrement.
- Je t'aime Isabella Swan... je t'aime et... peu importe à quel point tu peux avoir peur pour moi ou... avoir envie de me protéger, ne me laisse plus jamais. Ses dernières semaines je... je me suis rendu compte que je... je ne suis plus rien sans toi, chuchota-t-il en baissant les yeux sur nos corps enlacés.
Quand il remarqua que je frissonnai violemment, il nous couvrit du drap d'un même ensemble, me faisant partager sa chaleur, son parfum qui m'intoxiquait.
Je n'avais pas spécialement froid cependant... c'était lui, ses mots, ses gestes... je ressentais exactement la même chose et la sincérité avec laquelle il avait parlé retournait mon corps, mon âme.
- Edward... chuchotai-je à court de mots avant de secouer légèrement la tête, tentant de reprendre pied avec la réalité. L'idée qu'il... qu'il veule te faire du mal me terrifie, chuchotai-je si bas, si faiblement que je ne fus pas sûre qu'il puisse m'entendre.
Ses bras resserrant notre étreinte me confirmèrent qu'il avait bien entendu.
- Je te l'ai déjà dit... le pire qu'il puisse me faire c'est t'atteindre toi... et je suis certain qu'à l'heure qu'il est, il jubile à l'idée d'avoir gagné.
- Je ne veux pas qu'il te touche, soufflai-je difficilement, tentant de ravaler la terreur qui coulait dans mes veines.
- Hé... bébé, murmura-t-il en prenant mon visage entre ses mains pour que je le regarde bien en face. Il ne me touchera pas... s'il le faut, on s'en ira d'ici... de New York. On ira vivre ailleurs... où tu veux...
- Je veux pas te faire quitter ta vie, répliquai-je en secouant la tête. Ton boulot est à New York c'est... c'est ce que tu dois faire...
- Alors quoi on va... se cacher jusqu'à ce qu'il décide de trouver d'autres cibles ? Et je te l'ai déjà dit... il me semblait pourtant être clair... tu es ma vie. N'en doute plus.
Mon cœur sursauta violemment puis il posa son front contre le mien. Ses mains glissèrent dans mon cou avant que sa joue ne se pose sur mon cœur, juste sur le haut de mon sein, bouleversant de tendresse. Mes mains fouillèrent dans ses cheveux un instant et je caressai sa nuque en posant ma joue contre ses cheveux.
- Je t'aime, murmurai-je tout bas.
Sa bouche frôla ma peau et il soupira longuement contre moi, ses bras resserrant son étreinte.
- Comme je t'aime, souffla-t-il sur le même ton, faisant louper plusieurs battements à mon cœur.
Je fermai les yeux quand les larmes les brûlèrent et caressait sa nuque, ses cheveux doux et soyeux. Comment était-ce possible d'aimer autant ?
- On trouvera une solution, je te le promets, reprit-il au bout d'un moment à écouter les battements de mon cœur qui s'apaisa un peu -si peu. Je sais pas quand... ni où, ni comment, mais on finira par le coincer, continua-t-il en se redressant pour me voir.
Ses yeux d'un vert étincelant me frappèrent et j'eus brutalement du mal à respirer, réfléchir. Puis, ses paroles firent leur chemin jusqu'à mon cerveau et je me sentie pâlir.
- De... comment ça, on finira par le coincer ? m'affolai-je en sentant mon ventre se nouer.
- Tu crois que je vais rester là à rien faire ? s'étonna-t-il en haussant les sourcils.
Je fronçai les miens, tentant de comprendre, d'analyser la situation. Il voulait... Oh mon dieu...
- Non Edward tu... tu peux pas... il va te tuer, paniquai-je vivement.
- Calme-toi, chuchota-t-il doucement, ses doigts massant ma nuque dans le seul but de me détendre.
Comment voulait-il que je me calme alors qu'il voulait trouver lui-même Jacob ?
- Tu peux pas faire ça, claquai-je fermement.
- Je peux faire ça !
- Mais Edward...
- Écoute-moi, me coupa-t-il avec fermeté. Même avant que tu... que tu reviennes, on en avait déjà parlé avec Emmet.
- Emmet ? m'horrifiai-je, ma voix déviant dans les aigus.
C'était monstrueux. Pire que ce que je pensais ! Emmet... il voulait impliquer Emmet !
- Emmet, répondit-il avec calme et douceur. On a établi un plan pour Jacob, on sait comment le coincer.
- Non ! C'est hors de question, m'écriai-je en prenant son visage entre mes doigts tremblants. La police peut s'en charger on est... non, je refuse que vous preniez ce risque pour moi ! C'est hors de question, répliquai-je avec force avant de me lever et d'attraper mes vêtements.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je vais voir Emmet et lui coller la raclé de sa vie à défaut de le faire à toi, m'agaçai-je en enfilant rapidement mes sous-vêtements et mon jean.
- Il est 6h du matin Bella et tu n'as pas dormi depuis je ne sais combien d'heures. C'est hors de question que tu conduises. De plus, continua-t-il en se levant à son tour en enfilant son jean a même sa peau, il vient d'avoir une petite fille qui...
- Raison de plus, le coupai-je en enfilant mon T-shirt maladroitement. Sa fille a besoin de lui, il ne peut pas prendre le risque qu'elle grandisse sans lui !
Ma voix dérailla. Je serrai les dents, retenant mes larmes. Je savais ce que c'était de vivre sans son père et cet enfant ne devrait jamais connaitre une chose pareille, je m'en fis la promesse. Edward s'approcha prudemment en contournant le lit.
- Écoute, personne ne va mourir ou prendre des risques inutiles Bella...
- Vous n'avez aucune idée de tout ce qui peut se passer dans sa tête, rétorquai-je en ravalant mes larmes. Laisse la police se charger de ça, s'il te plait Edward.
Il secoua la tête en serrant les dents quand il fut à quelques centimètres de moi.
- Pour qu'ils l'arrêtent dans quoi ? Six mois, un an ? Il va écoper de quelques mois de prison -au mieux- et il ressortira avec l'unique but de se venger, c'est ça que tu veux ? demanda-t-il d'un calme effrayant.
Il avait beau sembler relativement serein, ses yeux trahissaient sa colère et son inquiétude.
- Je... non, avouai-je avant de passer une main nerveuse dans mes cheveux. Mais je... j'en mourrais s'il te fait du mal Edward... si jamais il te... ne fait pas ça, m'étranglai-je en posant une main sur sa joue.
Il déglutit difficilement, ses mains se posant sur mes hanches pour m'approcher de lui.
- Il ne me touchera pas, il ne saura même pas ce qu'il se passe Bella, jamais il se doutera que c'est Emmet qui est derrière tout ça...
Je me figeai et ses yeux vrillèrent dans les miens.
- Emmet ? soufflai-je d'une petite voix.
- Oui il... il voulait faire que tu reviennes, que tu vives la vie dont tu rêvais... il... il t'aime vraiment tu sais ?
L'émotion me serra la gorge et je sentis à peine une larme coulée qu'Edward l'effaça de son pouce.
- Pleure pas mon amour, chuchota-t-il en m'attirant contre lui avec douceur. Emmet veut que tu vives ce dont tu as envie... il veut que tu sois heureuse.
L'image d'Emmet proche et protecteur après la mort de mon père me revint et ma gorge se fit douloureuse. J'aimais Emmet, comme mon frère. Il avait comblé ce vide laissé après la mort de mon père... il m'avait sauvée, de mille façon. Longtemps, on resta enlacés au milieu de la chambre avant qu'Edward embrasse mon front, puis mes lèvres avec délectation.
- Cesse de t'inquiéter pour tout ça, soupira-t-il contre ma bouche avant de nous faire recoucher dans le lit.
Je me sentais anesthésiée et la fatigue me tomba dessus, lourde et imposante quand il me fit allonger sur lui, mon visage dans son cou. Ses bras se serrèrent autour de ma taille pour me maintenir contre lui et il soupira longuement dans mes cheveux, me faisant frissonner. J'étais si fatiguée que j'eus à peine la force de répondre.
- Je suis inquiète, marmonnai-je à demi consciente.
- Ne le sois pas... Emmet connaît du monde. On en reparle tout à l'heure... dors Bella.
Je baragouinai une protestation incompréhensible qui le fit rire doucement. Il y eu un silence et je posai ma main sur son cœur qui battait à un rythme régulier et fort.
- Edward ? chuchotai-je, peu désireuse de le réveiller s'il dormait.
- Hum ? répondit-il sur le même ton, son pouce traçant ses petits cercles dans le bas de mon dos, sous mon T-shirt.
- Je t'aime, murmurai-je calmement, le sommeil m'emportant.
Sous ma paume, son cœur accéléra brutalement et je ne pus m'empêcher de sourire. Il resserra son emprise sur moi et embrassa mon cou, mon épaule.
- Je t'aime aussi, susurra-t-il contre ma peau. Dors maintenant.
À peine avait-il fini sa phrase que je m'endormis dans son cou, son odeur berçant mon âme.
- Tu es sûr d'avoir tout prit ? lui demandai-je pour la cinquième fois en dix minutes.
- Oui j'en suis sûr, maman, se moqua-t-il, récoltant un regard noir de ma part.
- Cullen, arrête ça.
Il sourit et mon traitre de cœur accéléra. Je levai les yeux au ciel volontairement en prenant place dans sa voiture, claquant plus fort la portière que nécessaire. Son rire résonna à mes oreilles quand il monta à son tour du côté conducteur et je tournai la tête vers la fenêtre ouverte, cachant mon sourire derrière ma main.
- Je te vois sourire bébé... se moqua-t-il en démarrant.
Je mordis mes joues pour m'empêcher de rire alors qu'il pouffait. Il quitta le parking de son appartement, son sourire ne le quittant plus. Ce qu'il pouvait être agaçant ! Nous venions de quitter son appartement et nous étions déjà en retard... Quitter le lit d'Edward n'avait pas été facile. Surtout quand on prenait en compte qu'Edward lui même n'avait pas envie de quitter son lit et qu'il avait tout fait pour que je ne veuille pas le quitter non plus.
Alice nous attendait donc depuis une demi-heure et nous harcelait par téléphone depuis autant de temps. Edward avait pris ses affaires pour pouvoir partir avec moi directement le soir même, sans avoir besoin de repasser à l'appartement. Depuis dix minutes, je m'inquiétais qu'il ait oublié quelque chose d'important et Edward se moquait de moi en m'appelant maman à la moindre occasion.
- Arrête de bouder, souffla-t-il au bout d'une minute à rouler lentement à travers les bouchons de la ville.
Je levai les yeux au ciel et il posa sa main sur ma cuisse.
- Je ne boude pas, rétorquai-je en retenant mon sourire.
- T'es jolie même quand tu boudes...
Sa main pressa ma cuisse et je me mordis les joues pour ne pas gémir honteusement. Bon sang, comment faisait-il pour me faire cet effet-là ? S'arrêtant à un feu rouge, il se pencha vers moi et embrassa ma joue.
- Est-ce que je t'ai dit à quel point tu étais sexy aujourd'hui ? s'inquiéta-t-il en faisant glisser son nez le long de ma mâchoire.
- Concentre toi plutôt sur la route, marmonnai-je avec difficulté quand ses lèvres embrassèrent la commissure de ma bouche.
- Arrête de bouder, ordonna-t-il doucement en ne bougeant pas alors que le feu venait de passer au vert.
- Edward, démarre, soupirai-je quand il embrassa à nouveau le coin de ma bouche.
- Je t'aime, claironna-t-il en m'embrassant à nouveau alors que derrière un premier klaxon résonnait.
- Edward ! râlai-je en ne pouvant m'empêcher de sourire.
- Tu ne boudes plus ?
- Démarre avant que le gars de derrière ne sorte de sa voiture !
Plusieurs klaxons commençaient déjà à retentir mais il ne bougeait toujours pas. Je bougonnai avant de me tourner pour le voir. Ma respiration se coupa quand je vis à quel point il était près. Encore trois centimètres et je pourrais toucher ses lèvres qui...
- Alors ? demanda-t-il, me faisant sursauter en quittant sa bouche des yeux.
Son regard sombre et pétillant fit accélérer mon cœur.
- Hum ? réussi-je à dire malgré le trouble montant en moi.
- Tu boudes encore ?
Il pencha légèrement le visage sur le côté, son nez frôla le mien dans le mouvement et mon cœur sursauta violemment.
- Je... Tu...
- Hein hein ? se moqua-t-il et je fermai les yeux une seconde, tentant de pouvoir réfléchir un minimum.
Les klaxons et certainement quelques insultes résonnèrent quand le feu passa à nouveau au rouge sans qu'on ait avancé le moins du monde.
- Tu es au courant que tu es en train de créer des bouchons à L.A. ? m'inquiétai-je en essayant de penser à tout sauf à sa main qui remontait dans une lente caresse sur le haut de ma cuisse.
- J'créerai des kilomètres de bouchons pour toi, chantonna-t-il, charmeur.
Je ne pus m'empêcher de rire sous son sourire amusé et irrésistible.
- Très romantique, me moquai-je avant d'embrasser ses lèvres rapidement. Démarre maintenant, j'ai pas envie que le gars derrière sorte de sa voiture maintenant qu'il a détaché sa ceinture.
Edward jeta un coup d'œil au rétroviseur avant de me lancer un regard noir.
- Très impressionnant...
- Je sais.
Derrière nous n'étais pas un homme mais une grand-mère qui devait certainement avoir tout le temps qu'elle voulait. Edward démarra quand le feu passa au vert en ne pouvant s'empêcher de sourire.
Une fois garé devant la maison de la plage, Edward coupa le moteur avant de se tourner pour me regarder. Quand il s'approcha pour prendre mon visage en coupe et m'embrasser, je repensai furtivement à la première fois qu'il m'avait embrassé dans sa voiture... il y avait de ça à peine deux mois, pourtant, j'avais l'impression que ça faisait une éternité.
- T'es prête ? chuchota-t-il sur ma bouche, son souffle court et brûlant me faisant frémir.
Vaguement, je me demandai de quoi il parlait avant de me dire que peu importait de quel sujet il s'agissait, pour lui, j'étais prête à tout.
- Alice va nous tuer tu sais ? On n'a rien dit à personne pour ce soir...
- Je sais, murmurai-je en passant mes mains dans les cheveux de sa nuque avant d'embrasser ses lèvres d'un léger baiser. Je suis prête à subir les foudres de ta sœur, tant pis. Je suis forte.
Il secoua la tête en étouffant un rire avant de poser son front contre le mien, ses yeux perçant les miens, semblant lire mon cœur, mon âme.
- T'es plus forte que tu penses, chuchota-t-il avec tendresse. Et puis, je te protégerai des griffes de ma psychopathe de sœur, promis, jura-t-il en souriant.
À nouveau, il m'embrassa avant qu'on sorte de la voiture en soupirant. Ses doigts se mêlèrent aux miens quand on entra dans la maison.
- Vous êtes là ? cria Edward après avoir refermé la porte derrière nous.
Le silence nous répondit et on échangea un regard quelque peu perplexe.
- Si jamais ils nous ont posé un lapin, rappelle-moi de tuer Alice pour nous avoir fait quitter ton lit ce matin, grognai-je pendant qu'il jetait un œil dans le salon.
- Ils sont pas là, marmonna-t-il avant qu'on entende un cri venant de dehors.
Fronçant les sourcils, on traversa rapidement le salon et la cuisine pour atteindre la plage où Alice venait de se faire asperger d'eau par Jasper alors qu'elle bronzait tranquillement sur une chaise longue.
- Je te déteste ! hurla-t-elle en courant après Jasper jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux dans l'eau jusqu'à la taille.
Elle lui sauta dessus et d'ici, il me semblait qu'elle essayait de le couler sans pour autant y arriver.
- Ils sont tarés, commenta Edward à mon côté.
J'haussai les épaules et regardai autour de nous en me demandant où était Emmet quand de l'eau glacée nous tomba dessus, me faisant crier tant le contraste entre la température de ma peau et celle l'eau était forte.
- Emmet ! Cria Edward, trempé et beau comme un Dieu.
Je restai sur figée sur cette vision sublime pendant qu'il criait après Emmet qui se tordait de rire. Peu importe. Il était sublime et mon cœur faillit sortir de ma poitrine quand il passa sa main dans ses cheveux en secouant la tête légèrement. Sa chemise aussi était trempée et mes yeux glissèrent sur la transparence de celle-ci qui lui collait à la peau... Mon Dieu, était-ce permis d'être aussi beau ?
- Je crois que tu es mouillée Swan, sourit Edward, me faisant sursauter et revenir à ses yeux d'un vert perçant.
- Je...
Merde.
Il s'approcha de moi jusqu'à être tout près pendant que ma conscience me criait : "Alerte, Alerte !" Je pris une grande inspiration pour ne pas tomber dans les pommes quand il dégagea les cheveux de mon épaule du bout des doigts, frôlant à peine ma peau.
- Arrête de faire ça, marmonnai-je pendant que ses doigts glissaient de mon épaule à mon cou.
- Faire quoi ? demanda-t-il en faisant l'innocent, son sourire en coin étirant ses lèvres.
Dieu, que j'aimais ce sourire...
- Edward, chuchotai-je difficilement, en proie à un vertige tant il me troublait.
Oublié Emmet. Oublié l'eau glacée et mes vêtements trempés. Oublié la transparence -j'en étais certaine- de mon haut blanc. Oublié Alice, Jasper, dans l'eau plus loin occupés à vouloir se couler mutuellement. Oublié le monde et le reste. Il n'y avait plus que lui et lui... lui, lui, lui, encore lui.
- Ça te dit d'aller te baigner ? demanda-t-il avant de me soulever dans ses bras sans attendre ma réponse.
J'enroulai mes jambes et mes bras autour de lui et posai ma bouche sur sa joue quand il marcha d'un pas tranquille jusqu'à l'eau avant de réaliser que j'étais -et lui aussi- toute habillée.
- On y va habiller ? marmonnai-je en me souvenant que j'avais laissé mon portable dans mon sac dans le salon.
- Tu préfères que je te déshabille ? sourit-il en me jetant un coup d'œil rapide, ralentissant sa marche.
- Pour être honnête...
- Non, je veux pas savoir, me coupa-t-il en fermant brièvement les yeux.
Je ris doucement en embrassant son menton, le coin de ses lèvres. Le temps qu'on atteigne l'eau, Jasper avait coulé deux fois Alice et Emmet les avaient rejoints. On entra dans mer et je refusai de lâcher Edward quand l'eau fraîche monta le long de nos corps. Quand je fus mouillée jusqu'au ventre, Edward se recula pour pouvoir me regarder avant qu'un sourire enfantin illumine son visage, faisant briller ses yeux. J'allais lui demander ce qui le faisait sourire comme ça quand il nous fit baisser d'un seul coup dans l'eau, finissant de nous tremper tous les deux.
Je ressortais de l'eau en riant, toussotant légèrement quand la brûlure salée de l'eau de mer gagna ma gorge. Edward sortit quelques secondes après moi, son visage trempé et parfait tout près du mien. D'une main sur sa nuque je ramenai sa bouche contre la mienne en gloussant comme une adolescente contre ses lèvres. Plusieurs vagues nous bousculèrent mais aucun de nous n'y prêta attention. Pour ma part, j'étais trop bien et en paix pour me soucier de quoi que ce soit. Les lèvres d'Edward, la passion avec laquelle il m'embrassait, ses mains sur mes reins et sur ma nuque, seul ça comptait à mes yeux.
- Je t'aime, chuchota-t-il contre ma bouche quand il recula légèrement pour reprendre son souffle.
Je restai les yeux fermés, ne pouvant m'empêcher de sourire doucement à l'effet de ses mots en moi.
- Je t'aime, murmurai-je avant d'ouvrir les yeux pour voir qu'il me regardait de ses yeux sombres et envoûtants.
Mon ventre se retourna et mon cœur accéléra quand sa main sous l'eau glissa sur mes fesses jusqu'à ma cuisse avant qu'il ne me soulève contre lui. J'enroulai mes jambes autour de sa taille en nouant mes chevilles pour ne pas qu'il s'écarte et mes mains caressèrent ses joues, lui faisant fermer les yeux et soupirer.
Je me penchai en avant et embrassai ses lèvres doucement, les effleurant à peine.
Quand je quittai sa bouche, Alice se posta à coté de nous en se raclant la gorge bruyamment de façon à ce qu'on ne puisse pas la louper. J'eus presque envie d'embrasser à nouveau Edward rien que pour lui faire croire qu'elle était invisible mais celui-ci tourna la tête vers sa sœur et soupira légèrement, agacé.
- Qu'est-ce que tu veux ? grogna-t-il, me faisant sourire.
- Je voudrais dire bonjour à ma meilleure amie qui ne m'a pas adressé un mot depuis son arrivé ici avec son imbécile de petit ami qui se trouve aussi être mon frère, répliqua-t-elle, piquante.
Edward allait répliquer quand je posai un doigt sur ses lèvres.
- Bonjour Alice. Comment vas-tu ? m'informai-je alors que sous mon doigt, je senti le sourire d'Edward sans même le voir.
- Bien, maintenant que tu es revenue et que vous avez fini vos conneries.
Je senti mon corps et celui d'Edward se crisper. Légèrement, très légèrement mais ça me passa partout dans un long frisson, les battements de mon cœur devenant plus lourds.
- Alice...
- Laisse-moi parler tu veux ! Puisque j'ai rien eu le droit de te dire pendant un mois concernant votre rupture -totalement idiote Bella, si tu me permets de donner mon avis...
- Je...
- C'était pas une question, me coupa-t-elle vivement avant de soupirer. Si jamais un de vous a encore la bonne idée de rompre, je le tue, c'est clair ?
Je déglutis difficilement, Alice était presque effrayante à nous parler ainsi. Son expression montrait qu'elle était sérieuse et je vis du coin de l'œil Edward hocher la tête prudemment. Elle me regarda et fronça les sourcils, attendant que je lui obéisse moi aussi. Repentie, j'hochai la tête à mon tour et un immense sourire barra son visage, ses traits changeant du tout au tout. Elle tendit les bras vers moi en sautillant.
- Viens faire un câlin à ta meilleure amie ! s'extasia-t-elle.
J'échangeai un regard avec Edward qui leva les yeux au ciel devant le machiavélisme de sa sœur et me relâcha pour que j'étreigne Alice. Pendant de longues minutes, j'échangeai avec Alice sur son boulot, le mien, sur son mariage qui approchait. Edward avait rejoint les gars et discutaient entre eux tranquillement, s'éclaboussant et riant souvent. J'observai ses épaules musclées en catimini en me rendant compte que nous étions tous les deux encore totalement habillés. Je réprimai un rire à cette constatation pendant qu'Alice me parlait.
- Je peux savoir en quoi le glaçage de ma pièce montée te fait rire ? s'enquit-elle en posant les mains sur ses hanches.
- C'est pas ta pièce montée qui me fait rire, souris-je avant de me rendre compte de ce que je disais. Enfin, ta pièce montée va être superbe, c'est sûr.
Elle fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour parler mais je ne lui en laissai pas le temps.
- Je t'écoute, je te jure ! promis-je en me mordant la langue. C'est juste... hum, j'suis encore habillée alors que je suis dans la mer... tu vois, marmonnai-je en désignant mon haut.
- En gros t'es trop distraite par Edward derrière moi, c'est ça ? demanda-t-elle en se retournant pour vérifier ses dires.
Je fermai les yeux une seconde pour ne pas rire avant qu'elle revienne à mon visage.
- T'as de la chance d'être ma meilleure amie et que je t'aime tu sais ? Je pourrais faire de toi de la chair à saucisse Swan, je sais pas si t'en as conscience...
- Oh si Alice, je le sais, soufflai-je, faussement apeurée pendant qu'Edward revenait vers nous.
Je dus me mettre à sourire comme une idiote quand son regard accrocha le mien car Alice leva les yeux au ciel en marmonnant un truc qui ressemblait à : "amoureux ridicules" Edward la bouscula et elle s'éloigna en marmonnant dans sa barbe quand il se pencha pour m'embrasser.
- Tu m'as manqué, chuchota-t-il contre ma bouche, me faisant glousser idiotement.
- Tu m'as manqué aussi, avouai-je sur ses lèvres en glissant mes mains dans ses cheveux trempés.
Je vis Jasper et Alice remonter main dans la main sur la plage et vis Emmet à quelques mètres de nous, tripotant son poignet. Les paroles d'Edward de me revinrent en mémoire. Je reculai après avoir l'embrassé une dernière fois et il ouvrit les yeux pour me regarder avant de jeter un coup d'œil à Emmet à son tour.
- Va le voir, souffla-t-il en embrassant ma joue, ma mâchoire.
Je retins un gémissement quand sa langue glissa dans mon cou.
- Laisse-moi aller le voir, soupirai-je à voix basse, pendant que ses mains glissaient sur mes fesses sous l'eau.
Il pouffa dans mon cou avant de se redresser et d'embrasser une dernière fois ma bouche.
- Fais vite, souffla-t-il en me lâchant.
Je hochai la tête et le regardait s'éloigner. Juste pour me torturer, il déboutonna sa chemise trempée en sortant de l'eau et l'ôta d'un geste habile. Je secouai la tête pour me remettre les idées en place et regardai Emmet qui m'observait, un léger sourire sur les lèvres.
- Hey, soufflai-je en m'approchant de lui.
- Salut mini Swan, sourit-il tendrement.
Hello !
Je sais, ça fait 100 ans ! Pardon pardon !
Promis, je poste le prochain chapitre dans moins longtemps (:
J'vous embrasse,
Tied
