Je me retrouvai encore totalement habillée et trempée dans la mer légèrement houleuse avec Emmet qui m'observa l'approcher.

- Hey, soufflai-je en m'approchant de lui.

- Salut mini Swan, sourit-il tendrement. J'imagine que tu vas bien, s'amusa-t-il en jetant un coup d'œil à Edward qui parlait avec sa sœur assis sur la plage aux cotés Jasper.

J'haussai les épaules, essayant d'être indifférente à ses remarques mais je me sentis rougir malgré moi, ce qui le fit sourire un peu plus.

- Tu rougis toujours autant, rigola-t-il en me bousculant gentiment de son épaule.

Je roulai des yeux et soupirai avant que les traits d'Emmet ne deviennent sérieux.

- Tu sais, ton père m'a fait promettre de prendre soin de toi, commença-t-il d'une voix presque étouffée. J'ai rompu ma promesse par trois fois et une quatrième fois n'arrivera pas.

- Emmet...

- Non, laisse moi parler Bella...

Je refermai la bouche et baissai les yeux sur mes mains jouant à la surface de l'eau.

- Ton père m'a fait jurer d'écraser tous ceux qui te feront du mal. Le truc c'est que... y'a qu'une personne qui te fait du mal depuis des années et je sais pas comment gérer ça...

Ses mots me firent relever les yeux vers son visage dur et froid. Le remord peignait ses traits habituellement joyeux et rieurs.

- Tu n'as pas...

- Si, Jacob est à la base de tout ce qui te fait du mal... ta mère, la rupture avec Edward...

Le fait qu'il évoque ma mère me fit trembler et mon ventre se noua en même temps que ma gorge se serra.

- Même si je sais à quel point tu aimes Edward, Bella, Jacob ne va pas laisser tomber...

- Je sais, chuchotai-je avec difficulté.

- Tu sais aussi bien que moi jusqu'où il peut aller...

Mes pensées se dirigèrent vers Riley et je senti mes yeux me brûler.

- Je... si il touche Edward je... je sais pas comment je...

- C'est pour ça qu'il faut que tu me laisses agir poupée, soupira-t-il en m'interrompant, s'approchant un peu plus de moi. Écoute, j'ai un copain qui connaît un détective privé et qui peut le coincer dans ses magouilles... Il suffit de quelques recherches, le temps qu'on accumule tout un tas de choses sur lui et il tombera...

- Pour combien de temps Emmet ? Si... si il ressort un jour il...

- Ça dépend du nombre de preuves qu'on peut avoir Bella... si on arrive à le choper pour Riley, et si tu témoignes de ce qu'il t'a fait...

- Emmet, le coupai-je, me crispant totalement.

- Il faudra que tu le fasses Bella...

- Je... je sais pas si j'en suis capable...

Ses grandes mains prirent mon visage en coupe pour que je ne le lâche pas du regard.

- Écoute, on ne te force à rien mais je sais que tu y arriveras. Tu en es capable. Tu es bien plus forte que tu ne le penses petite sœur, et ça depuis longtemps.

Les larmes perlèrent à mes paupières quand la sincérité de ses paroles et la conviction qu'il y mettait m'atteignit de plein fouet. Je pris quelques secondes pour l'observer, pesant le pour et le contre... et puis, la réalité sembla me faire changer d'avis. La chose au monde que je voulais le plus était protéger Edward... peu importe ce qu'il fallait que je fasse, j'allais le faire. J'étais capable de le faire.

- On peut faire ça quand ? demandai-je avec plus de force que j'aurai cru.

L'étincelle dans les yeux d'Emmet passa de l'inquiétude à quelque chose de plus... rassuré et rassurant.

- Je vois avec Kyle dans la semaine. Je t'appelle quand je l'ai vu ?

J'hochai la tête et un sourire prit place sur ses lèvres. Il m'attira brutalement à lui en nouant puissamment ses bras autour de moi.

- Merci, chuchotai-je contre lui, mes émotions reprenant le dessus sur moi.

- C'est mon rôle, répéta-t-il en me serrant un peu plus.

- Je trouve que ton rôle n'est pas de la coller à toi de la sorte... gronda une voix derrière moi, me faisant sourire.

Je fus sûre qu'Emmet levait les yeux au ciel en me serrant un peu plus.

- Emmet, peu importe à quel point je t'apprécie, si tu continues à tenir ma copine aussi près de toi, je vais te foutre la raclée de ta vie.

La silhouette imposante d'Emmet fut secouée d'un rire et il me relâcha avant de me contourner pour s'approcher d'Edward. Amusée, je me tournai pour les observer se défier du regard pendant de longues secondes. Le corps d'Edward était plus fin que celui d'Emmet mais j'étais certaine qu'il réussirait à le maîtriser si il le voulait vraiment. Emmet fini par perdre son sérieux en éclatant de rire avant qu'Edward ne lui tape l'épaule en riant lui aussi. Je levai les yeux au ciel devant leur imbécillité en ne pouvant m'empêcher de sourire niaisement. J'aimais le rire d'Edward par dessus tout.

- Mauviette.

- Grand débile ! rétorqua Edward en passant une main sur son visage.

- Une bière ?

- Ouep !

Le regard d'Edward glissa jusqu'à moi et, déjà, mon corps gagna quelques degrés.

- J'arrive dans une minute, souffla-t-il avant de m'approcher ne laissant pas le temps à Emmet de rétorquer quoi que ce soit. Salut bébé, sourit-il arrivé à quelques centimètres de moi.

Emmet remontant la plage et le monde nous entourant disparut soudainement. Rien n'avait plus d'importance à part lui. Rien, ni personne. Sa main retrouva ma nuque, l'autre ma joue et il m'attira à lui pour m'embrasser.

- Salut, soufflai-je contre sa bouche alors qu'un sourire étendait ses lèvres.

J'embrassai son sourire du mien avant qu'il ne me soulève contre lui dans l'eau, mes jambes s'enroulant autour de sa taille. Je nouai mes chevilles derrière lui pour ne pas lui échapper et mes mains retrouvèrent ses cheveux.

- Emmet était un peu trop collé à toi, finit-il par dire au bout de quelques secondes à m'observer.

Je levai les yeux au ciel en embrassant distraitement ses lèvres. Mes hanches poussèrent contre les siennes volontairement et sa mâchoire se serra vivement, en même temps que le feu crépitait dans mes veines.

- Il n'y a que de toi dont je veux être proche... comme ça, chuchotai-je en recommençant à bouger imperceptiblement.

Ses doigts s'enfoncèrent dans la peau de mes cuisses et il ferma les yeux, grognant presque entre ses dents.

- Bella... arrête ça, murmura-t-il, la voix rauque, le souffle court.

Sa voix déclencha un spasme au fond de mon ventre et je me sentie rougir en m'arrêtant de bouger, soudainement honteuse d'un tel comportement. Depuis quand étais-je si... libre alors que nos amis n'étaient qu'à quelques mètres de nous ?

- Désolée, chuchotai-je en posant ma joue contre la sienne.

Il me serra un peu plus contre lui en réponse et soupira longuement pour se calmer - ce qui ne marcha pas.

- Il serait plus sage que tu remontes avec les autres, tu ne crois pas ? finit-il par demander au bout d'une minute.

Je haussai les épaules négligemment. Je voulais tout faire sauf être loin de lui. Lentement, il me fit retomber sur mes pieds et mes yeux se posèrent sur sa bouche entre-ouverte qui laissait passer un souffle rapide et brûlant. Je me hissai sur la pointe des pieds pour l'embrasser doucement pendant que ma main glissait de sa nuque à ses hanches.

- Qu'est ce que tu fais ? souffla-t-il difficilement pendant que mes doigts atteignaient le bouton de son jean.

Il voulu reculer quand je le défis mais je le forçai à rester près de moi.

- Bella... les autres sont là...

- Ils ne...

- Bella ? cria la voix d'Alice sur la plage.

Je fermai les yeux une seconde en jurant. J'inspirai lentement avant de me tourner vers elle, refusant de croiser le regard -que je savais- brûlant d'Edward.

- On va se préparer pour aller voir Rose, vous venez ? continua Alice pendant que le gong sonnait dans ma tête.

- Allez y on vous rejoint ! m'écriai-je à mon tour, ne pouvant m'empêcher de me sentir victorieuse.

Elle remonta la plage et disparut dans la cuisine avec Jasper et Emmet. J'aurai presque pu faire une danse de la joie si Edward n'avait pas collé son corps brûlant contre mon dos. Ses doigts glissèrent sur mes hanches et longèrent mes cuisses.

- Ils ne sont plus là maintenant, souffla-t-il à mon oreille.

Un sourire naquit sur mes lèvres et je me tournai vers lui, mes doigts retrouvant le bouton ouvert de son jean. Du bout des lèvres, j'embrassai le haut de son torse nu avant de poser un baiser sur son cœur qui battait à tout rompre sous ma bouche.

- Qu'est ce que tu fais ? chuchota-t-il , à nouveau, en posant son front contre mon épaule, se voûtant vers moi.

Mes doigts passèrent son vêtement et je l'effleurai du bout des doigts, le faisant sursauter. Sa main atteignit ma taille et ses doigts se crispèrent dans ma chair.

- Laisse toi faire, murmurai-je contre la peau de son cou que j'embrassai doucement pendant que je le caressai dans un mouvement lent et calculé.

Il gémit dans mon cou, me serrant un peu plus étroitement contre lui. J'aime la façon dont j'arrivais à lui faire perdre pieds. Le voir prendre du plaisir grâce à moi... à moi et moi seule faisait gonfler mon cœur et grandir le désir de manière fulgurante en moi. Ses doux gémissements m'électrifiaient à chaque fois un peu plus et je m'entendis gémir quand il se redressa de façon à pouvoir m'embrasser passionnément, déclenchant en moi de longs frissons. Haletants tous les deux au même rythme, je ne quittai pas ses yeux fiévreux des miens tandis que mes doigts allaient et venaient avec passion sur sa peau chaude, l'eau clapotant autour de lui au rythme du balancement de ses hanches. Ses lèvres frôlèrent les miennes avant que sa main ne se pose sur la mienne, l'immobilisant. Mes yeux fouillèrent les siens une seconde et il m'embrassa avec une retenue qui me fit trembler. J'allais parler quand il défit rapidement le bouton de mon pantalon, le baissant en même temps que mon sous-vêtement. Il lui fallut se reprendre à plusieurs fois pour réussir à me l'enlever complètement a cause de l'eau autour de nous. Au loin, j'entendis vaguement plusieurs portières claquer et la voiture d'Emmet démarrer. Encore une fois j'aurai pu faire une danse de la joie si les doigts d'Edward ne s'étaient pas baladés aussi indécemment sur mon corps.

- Je veux te faire l'amour ici, chuchota-t-il contre mes lèvres avant de m'embrasser avec ardeur, me faisant gémir.

Mes doigts accrochèrent les cheveux de la nuque et sa main glissa sous mes fesses pour me soulever contre lui.

- T'en dis quoi ? continua-t-il, son bassin se mouvant contre le mien quand je nouai mes chevilles dans son dos, comme plutôt.

J'essayai de dire une phrase sensée... sans succès. A la place, je bafouillai quelque chose d'incompréhensible qui le fit sourire... de ce sourire en coin que j'aimais tant. Il replongea sur ma bouche, sa langue passant la barrière de mes lèvres et je m'entendis gémir. Pourquoi était-il si... lui ? Sa main se posa sur ma nuque, glissa dans mon cou avant de se poser contre mon cœur qui battait sourdement dans ma poitrine. Sa bouche dévia sous mon oreille quand il entra légèrement en moi avant de s'immobiliser complètement. Je gémis de protestation. Je le voulais tellement que mon corps était douloureux. J'avais tellement besoin de lui maintenant.

- Edward, s'il te plaît, gémis-je contre sa joue avant de passer ma langue sur sa peau, sa légère barbe piquant mes lèvres.

Mes hanches avancèrent contre les siennes en même temps qu'il poussait en moi, nous unissant parfaitement. Il gémit à mon oreille, me faisant frissonner violemment. L'avoir en moi était tellement... indescriptible. Nous n'étions qu'un... plus qu'un... C'était un sentiment tellement puissant.

- Oh mon amour, murmura-t-il contre la peau de mon épaule, son corps se mouvant lentement dans le mien.

Après plusieurs mouvements toujours aussi langoureux et bouleversants en moi, d'une main posée à plat sur mon cœur, il me fit allonger sur la surface de l'eau, ses mains me soutenant dans le bas de mon dos. Il quitta mon corps avant d'y revenir avec puissance, me faisant cambrer, faisant ressortir mon buste de l'eau. Mes mains s'accrochèrent à ses avant bras quand il refit les mêmes mouvements, me faisant presque crier pendant qu'il gémissait. Jamais faire l'amour dans la mer ne m'avait parut être une aussi bonne idée. L'eau autour de nous semblait nous bercer, nous maintenir dans une bulle presque irréelle... Edward était là, près de moi, en moi... et il me faisait l'amour. Comment avais-je pu penser que je pourrais vivre sans ça, sans lui, sans ses mains et ses yeux sur moi ne serait-ce qu'une minute ? Quand mon corps se crispa totalement, Edward me releva rapidement contre lui d'une main sous mes fesses, mon visage se retrouvant tout près du sien, approfondissant la puissance de ses coups de reins. Mes mains se posèrent sur ses joues pendant que nous gémissements se mêlaient dans le silence de la plage, bercés seulement par le doux bruit des vagues autour de nous. Jamais ses yeux ne quittèrent les miens quand le plaisir nous terrassa en même temps, gémissant tous les deux contre la bouche de l'autre, respirant l'air de l'autre... vivant de l'autre.

Quand l'apaisement nous gagna, le vert profond et soutenu de son regard dans le mien, un léger sourire barra son visage et je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour.

- Quoi ? chuchotai-je en laissant traîner mes doigts dans sa nuque.

- Rien, sourit-il avant d'embrasser chastement mes lèvres, un petit rire le secouant.

Je fronçai les sourcils, m'éloignant quand il voulut à nouveau m'embrasser.

- Edward... le menaçai-je en essayant de rester sérieuse.

Il secoua la tête et regarda autour de nous.

- Tu es au courant que tes vêtements ne sont plus là ?

- Quoi ? Comment ça "plus là" ? m'inquiétai-je en regardant autour de nous à mon tour.

Il haussa les épaules, un sourire peignant ses lèvres quand je constatai, qu'effectivement, mes vêtements étaient... absents. Edward me fit retomber sur mes pieds mais me garda près de lui.

- On ne peut pas se balader nue dans la mer en espérant que ses vêtements restent au même endroit tu sais, se moqua-t-il.

- Je ne suis pas nue ! rétorquai-je en lui montrant mon T-shirt qui me collait à la peau.

Ses doigts pressèrent mes fesses, me faisant frissonner malgré moi.

- Tu l'es, chuchota-t-il, un sourire coquin sur les lèvres.

- Tu l'es encore plus, m'amusai-je en glissant mes doigts sur son ventre, puis plus bas.

Il ferma les yeux en inspirant lentement.

- Tu sais qu'on nous attends Bella, ça serait dommage que Rosalie veuille te tuer aujourd'hui...

- Je lui dirai que c'est de ta faute, me défendis-je en remontant ma main sur son torse.

Il haussa les épaules en souriant, ses paupières se soulevant pour que son regard profond et chaud, terriblement chaud retrouve le mien. Ma paume se posa sur son cœur qui battait puissamment, rapidement. Sa main se posa sur la mienne et il enlaça nos doigts avec tendresse.

- Je subirai tous les châtiments existant pour toi bébé, sourit-il, charmeur me faisant glousser comme une idiote.

- C'est très romantique, me moquai-je avant de me hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

Sa main libre se posa sur ma nuque et je le sentis sourire contre ma bouche avant que notre baiser devienne un peu plus... passionné.

- OK, on arrête ça, ordonna-t-il en s'écartant de moi, la chaleur du désir se répandant à nouveau en moi.

Je boudai... un peu, pour la forme. Edward remonta tant bien que mal son pantalon dans l'eau avant de me tendre les bras.

- Je suis nue et plus toi, lui rappelai en nouant mes bras contre ma poitrine.

Il leva les yeux au ciel et son sourire en coin revint sur son visage.

- Je t'ai déjà vu nue, me rappela-t-il, son sourire ne le quittant plus.

- Je sais, marmonnai-je en me sentant rougir idiotement.

Comment je pouvais encore rougir après tout ce que nous avions vécu, lui et moi ? Il se mordit la lèvre avant de me soulever contre lui, ses yeux ne quittant pas les miens.

- Je ne te regarde pas, promit-il en avançant jusqu'à ce qu'on quitte l'eau.

- Je vais te croire, marmonnai-je en retenant un rire.

Il leva les yeux au ciel et on atteignit la maison rapidement.

- Tu comptes m'emmener jusqu'où comme ça ? lui demandai-je quand il passa le salon, se dirigeant vers les escaliers.

- Nous allons prendre une douche mon amour, sourit-il en montant à l'étage.

Je ne pus m'empêcher de mordre la lèvre, une question trottant dans ma tête...

- Je croyais qu'on était attendu...

- On l'est, confirma-t-il en entrant dans la salle de bain.

Il me posa à terre pendant que mes yeux faisaient le tour de la pièce. C'était étrange de revenir ici après... tout ça. Tellement de choses c'étaient passés en si peu de temps. Edward avait bouleversé ma vie... il l'avait toujours fait, évidemment, mais aujourd'hui tout était différent... tellement différent.

- Tout va bien ? s'inquiéta-t-il en nouant ses bras autour de moi.

Je hochai la tête. En me rendant compte qu'il était nu, je ne pus m'empêcher de sourire... oh Edward...

- Tout va bien, murmurai-je en me tournant vers lui pour le voir m'observer avec attention. Je croyais que tu ne devais me regarder, m'amusai-je en admirant sa langue humidifier ses lèvres.

- Je devais, oui, sourit-il en relevant son regard assombri dans le mien.

- Et toi ? demandai-je difficilement, tout va bien ?

Il secoua la tête lentement.

Oh, oh...

Ses yeux parcoururent mon corps avant qu'il ne fronce les sourcils, sa main saisissant le bas de mon vêtement pour le faire passer par dessus ma tête. Ses doigts habiles dégrafèrent mon soutien gorge et le firent disparaître rapidement.

- Maintenant tout va bien, chuchota-t-il en embrassant avec délectation mon épaule, puis mon cou.

Mon corps sembla s'enfoncer dans du coton, l'électricité parcourant ma peau dans de longs frissons.

- T'es parfaite, poursuivit-il en faisant glisser ses mains sur mon corps, m'embrasant davantage.

Quand mes mains retrouvèrent le soyeux de ses cheveux et sa langue ma peau, je me dis que lui était parfait, et que, oui, tout allait bien... il était là, près de moi et c'était tout ce qui importait.

- Sois pas si nerveuse...

- Je suis pas nerveuse, marmonnai-je avant de faire rouler ma lèvre entre mes dents pour la centième unième fois en dix minutes.

Edward posa un doigt sur ma lèvre tout en scrutant la route devant nous.

- Tu es nerveuse et tu n'as aucune raison de l'être... Rosalie et le bébé vont bien.

- Je sais... soupirai-je en lui jetant un coup d'œil.

- Mais ? demanda-t-il en s'arrêtant à un feu rouge.

Je haussai les épaules, pas certaine de savoir exactement pourquoi j'étais si anxieuse à l'idée de la revoir.

- Je... je suis partie parce que toi et moi on avait rompu, commençai-je en ne le quittant pas des yeux, et je reviens... après être resté un mois sans la voir juste parce que j'étais incapable de revenir ici et... et d'affronter ce que je ressentais...

- Bella...

- Je m'en veux Edward et pas que par rapport à toi j'ai... j'ai laissé tomber ma meilleure amie alors qu'elle avait besoin de moi...

- C'est aujourd'hui qu'elle a besoin de toi, essaya-t-il de me rassurer en redémarrant quand le feu passa au vert. Écoute, Rosalie peut comprendre pourquoi tu es partie... l'important c'est que tu sois là aujourd'hui. Tu ne crois pas ?

A nouveau, je soupirai et il mêla ses doigts aux miens sur ma cuisse.

- Rose t'aime et je sais qu'elle a été heureuse de te revoir hier...

Malgré la boule dans ma gorge qui m'étouffai, je me sentis soudainement... rassurée. Rosalie et sa fille étaient merveilleuses et le souvenir du sourire heureux de Rose quand elle me l'avait présentée me fit sourire.

- Tout va bien aller... murmura Edward d'une voix calme et confiante en ralentissant l'allure pour se garer sur le parking de l'hôpital.

J'acquiesçai malgré les doutes en moi. Pourquoi étais-je si... nerveuse ? J'avais peur de la réaction de Rosalie concernant Edward... mon retour et le fait qu'il partait avec moi à San Francisco le soir même... au fond de moi, j'avais le sentiment amer d'abandonné ma meilleure amie dans un moment important de sa vie... elle venait de devenir mère, elle allait avoir besoin d'être entourée, soutenue, aidée. Bien sur, Emmet serait là... Alice et Jasper aussi... mais j'avais la sensation terriblement angoissante qu'elle aurait besoin de moi et que je ne serais pas là pour elle. Après tout ce qu'elle avait fait pour moi, je me devais d'être là pour elle. Toujours.

Quand il coupa le moteur, on sortit de la voiture et même temps, se rejoignant pour être à nouveau en contact. Tout ça m'avait tellement manqué... tellement plus que ce que j'aurais cru. Sentir sa peau chaude, ses doigts mêlés aux miens suffirent à me détendre tandis qu'on marchait tout les deux vers l'entrée de l'hôpital. On passa devant le bureau de l'accueil sans même qu'Edward prête attention à la secrétaire de la veille qui nous dévisageait, bouche bée. J'eus presque envie de lui tirer la langue mais me ravisait à la dernière seconde en secouant la tête. Avec Edward à mes côtés, mon cerveau devenait réellement incapable de faire quelque chose de censé. Edward semblait perdu dans ses pensées et ne dit rien quand plusieurs personnes le dévisagèrent pendant qu'on attendait l'ascenseur. Je pressai un peu sa main et observai ses traits se détendre quand ses yeux se posèrent sur mon visage. Avec son sourire en coin que j'aimais tant, il se pencha vers moi et m'embrassa pudiquement, provocant un léger silence dans le hall. Je me sentie rougir quand il se redressa et caressa ma joue doucement, son pouce se posant sur mes lèvres.

- Pourquoi cette réaction ? demanda-t-il doucement, sa voix rauque faisant frissonner mon épiderme.

- Tout le monde nous regarde, soufflai-je doucement, tentant d'ignorer la jeune fille à deux mètres de nous qui semblait nous prendre en photo.

Edward fronça le sourcils et jeta un coup d'œil circulaire à la pièce. Immédiatement, les personnes qui nous observaient détournèrent les yeux et firent semblant de reprendre leurs occupations.

- Maintenant ils ne nous regardent plus, s'amusa-t-il en reportant son attention à mon visage, à ma bouche que son pouce caressait distraitement.

Je levai les yeux au ciel en me sentant sourire malgré moi.

- Vous partez déjà ? s'étonna Edward en voyant sa sœur prendre son sac à main qu'elle remonta élégamment sur son épaule.

- Et bien oui, figure toi que pendant que toi et Bella profitiez de la plage –et je ne veux pas savoir ce que vous y avez fait, crois moi- nous avons eu largement… elle soupira en entendant Maëlys geindre légèrement, largement le temps d'avoir notre quota de nouveau-né, et je ne parlerai pas des pleurs qui nous…

- Hé, doucement avec ma fille toi ! s'exclama rapidement Emmet, me faisant presque sursauter pendant que les autres gloussaient.

Edward rigola dans mes cheveux avant d'embrasser ma nuque doucement. Son baiser me fit l'effet d'une décharge électrique et un long frisson descendit dans mon dos tandis que je tentai de rester concentrée sur ce qui se passait dans la chambre. Je resserrai mes doigts autour des siens, le priant silencieusement d'arrêter ce petit manège quand il recommença, sa langue frôlant ma peau frémissante. Je le sentis sourire contre mon épiderme.

- Arrêtes Edward… chuchotai-je, sentant déjà le désir envahir mes sens.

- J'adore l'effet que j'ai sur toi, s'amusa-t-il sans lever le ton, ses mains, emprisonnant les miennes se posant sur mes cuisses.

Je savais que nous n'étions pas seuls, je savais qu'Emmet était dans la même pièce que nous et que, même si nous étions légèrement en retrait par rapport aux autres, je savais qu'il pouvait à tout moment nous surprendre… surprendre les mains audacieuses d'Edward qui traînaient sous ma jupe… je savais que si jamais il nous coinçait, il ne nous lâcherait plus jamais avec cette histoire de… tripotage… mais tout cela rendait les choses vraiment… excitantes. Les doigts d'Edward voyagèrent lentement sur ma peau et je ne pus m'empêcher de gémir tout bas quand il frôla le haut de mes cuisses.

- Arrêtes, lâchai-je dans un souffle hachuré, mourant déjà de désir pour lui.

- Je t'aime, chuchota-t-il contre la peau de ma nuque, ses lèvres me frôlant à chacun de leur mouvement.

Mon regard lâcha Jasper et les autres penchés sur le petit être dans les bras de Rosalie qui s'endormait pour les mains d'Edward qui quittaient mes cuisses avant qu'il ne passe ses bras autour de moi pour me serrer avec douceur contre lui.

- Je t'aime aussi, murmurai-je tremblante, soudainement prise d'une violente envie de pleurer.

Depuis quelques heures à peine, ma vie avait fait des montagnes russes. De l'enfer, j'étais remontée au paradis… et le paradis avait un nom. Seulement, et malgré tout ce que je ressentais pour lui, malgré le fait que je savais que je ne pouvais vivre sans lui… la peur me dévorait. Je savais pertinemment que rien n'était fini. Rien. J'avais la terrible impression, la terrifiante sensation que chaque mot qu'il disait pouvait être le dernier et ça, ça n'était pas acceptable. Je laissai tomber ma tête sur son épaule en fermant les yeux pendant que les autres s'émerveillaient de chaque respiration de notre nouveau trésor. Mon esprit vagabonda pendant quelques minutes… voudrais-je moi aussi, un jour, avoir des enfants ? Avec Edward ?

J'ouvris brutalement les yeux en me rendant compte que c'était la deuxième fois que j'y pensais depuis que nous étions ensemble. C'était si nouveau et si… étrange pour moi ce genre d'envie… j'avais toujours dit à qui voulait l'entendre que je ne voudrais jamais d'enfants… et aujourd'hui, tout changeait. Je me mordis la lèvre en ne pouvant m'empêcher de me demander si, lui, il en voudrait…

- Vous passerez nous voir avant de partir ok ? Papa et maman seront là normalement…

- Alice, je ne suis pas sûr que…

- On sera là, coupai-je Edward en lui faisant les gros yeux avant de lui rappeler que nous avions besoin de Jasper pour nous rendre à l'aéroport.

- Génial ! s'extasia Alice en tapant dans ses mains, un grand sourire éclairant son doux visage.

Je vis Edward lever les yeux au ciel le moins discrètement du monde et lui refilai un coup de coude dans les côtes avant de prendre sa sœur contre moi pour la saluer. Rapidement, elle et Jasper quittèrent la chambre de Rose.

Au bout de cinq minutes à peine, après avoir échangé deux mots avec Rosalie, Emmet se leva brutalement, légèrement pale et fit signe à Edward de se lever. J'étais assise sur les genoux de ce dernier et n'avait absolument pas envie qu'il le fasse, et Edward qui grognait contre mon cou semblait n'en avoir aucune envie non plus.

- Edward, on va chercher de quoi manger pour Rose, dit rapidement Emmet, visiblement de plus en plus pâle, si bien que je jetai un coup d'œil à Rosalie qui l'observait avec un sourire sur les lèvres, me demandant ce qu'elle pouvait bien lui avoir dit.

Avec curiosité, je me levai à regret des genoux d'Edward qui se leva à son tour avant d'être entraîné de force par Emmet en dehors de la pièce. Quand la porte claqua sur le regard amusé d'Edward, je ne pus m'empêcher de rire légèrement en reportant mon attention à Rosalie qui souriait comme un démon.

- Qu'est ce que tu lui as dit ? m'inquiétai-je en venant m'installer sur la chaise à côté du lit qu'occupait Emmet une minute plutôt.

Rosalie secoua légèrement la tête en souriant un peu plus.

- Je lui ai dit que j'avais envie de sexe, avoua-t-elle avant de faire la moue, si bien que j'éclatai de rire.

- C'est pas marrant ! se renfrogna-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

- Oh si… t'as vu sa tête ?

- Le truc c'est que… entendre Maëlys pleurer toute la journée lui a fait réaliser à quel point faire l'amour pouvait être dangereux, grogna-t-elle en secouant la tête.

- Du coup… il a décidé de plus te toucher ?

- M'en parles pas… soupira-t-elle en jetant un regard à sa fille dormant dans le lit juste à côté.

- Tu viens d'accoucher et tu penses déjà à remettre ça… Je retrouve la Rose de mon adolescence, soupirai-je joyeusement.

Elle mordit légèrement sa lèvre et je crus l'apercevoir rougir avant qu'elle ne relève la tête, déconcentrée par la porte de la chambre qui venait de s'ouvrir brutalement. Je me tournai légèrement pour voir Edward traverser la pièce et venir à moi pour prendre mon visage entre ses mains et coller ma bouche contre la sienne.

Je ne pus m'empêcher de glousser contre lui, surprise par son acte si… puérile et adorable.

- J'n'avais pas eu le temps de t'embrasser, marmonna-t-il en jetant un coup d'œil à Rosalie dont le regard brûlait mon visage.

- C'est très courageux de ta part de défier Emmet, bébé, soufflai-je contre ses lèvres avant de l'embrasser chastement. Mais maintenant, tu devrais me lâcher avant qu'il ne…

- Cullen ! Bas les pattes et reviens immédiatement ici ! s'écria Emmet en entrant en trombe dans la chambre.

- McCarthy je te jure que si tu as réveillé ta fille je…

- Chut ! M'exclamai-je quand la petite ouvrit brutalement les yeux.

L'ensemble des personnes présentes dans la pièce se figèrent et tous retinrent leur souffle en même temps. La petite bougea légèrement avant que ses paupières lourdes de sommeil ne se referment lentement. Elle inspira profondément avant de retrouver une respiration régulière et profonde. Je relâchai l'air contenu dans mes poumons d'un seul coup, à l'instar et en même temps que les autres.

- T'as de la chance quelle dorme à nouveau, grinça Rosalie à voix basse pour Emmet pendant qu'Edward se redressait, non sans m'avoir embrassé une nouvelle fois.

- Tout est de sa faute ! grogna Emmet à l'attention de ce dernier qui regardait ailleurs, soudainement intéressé par ce qu'il se passait de l'autre côté de la fenêtre.

Je levai les yeux au ciel en ne pouvant m'empêcher de sourire devant leurs histoires d'enfants… à les entendre, on aurait pu croire qu'ils avaient dix ans, et non presque trente.

- Vous êtes vraiment des… argh ! Dehors, bon sang ! s'énerva Rosalie en désignant la porte de sa chambre.

- Oui chef ! s'amusa Edward en partant vers la porte, suivis de près par Emmet qui semblait avoir peur de sa femme.

- Ces mecs vont me rendre tarée ! gémit Rose quand ils disparurent derrière la porte qui claqua derrière eux, faisant légèrement sursauter la petite dans son sommeil.

- Tu es déjà tarée Rosalie, marmonnai-je en laissant tomber ma tête en arrière, fermant les yeux pour ne pas voir le regard noir qu'elle m'adressait.

- Je t'emmerde Swan, grinça-t-elle pendant que je pinçai mes lèvres pour ne pas rire.

- Je sais, m'amusai-je en ouvrant un œil pour la voir me regarder avec un petit sourire.

Je refermai les yeux en tentant d'ignorer la façon dont elle me regardait et ce que ce sourire pincé voulait bien dire.

- Quoi ? m'agaçai-je au bout de quelques minutes en me redressant pour la regarder.

- Rien, sourit-elle en passant ses doigts dans ses longs cheveux.

Encore une fois, je levai les yeux au ciel, puis, mon attention se porta sur Maëlys qui se réveillait doucement. Rosalie suivit mon regard et son visage devint plus doux, plus serein.

- Elle est belle hein ? chuchota-t-elle en se déplaçant un peu sur le lit pour être plus proche de son enfant.

- Elle est superbe Rose, avouai-je en la regardant la prendre dans ses bras délicatement et aisément… comme si elle avait fait ça toute sa vie alors que ça ne faisait que quelques heures qu'elle était mère.

Je restai un moment les yeux rivés sur sa fille, incapable de m'en défaire. Elle était si belle. Sa peau était encore plus claire que la veille et ses cheveux légèrement plus foncés. Ses lèvres étaient bien rose et en forme de cœur. Sa main s'entortilla dans les cheveux de sa mère qu'elle regardait de ses grands yeux bleu pendant que Rosalie lui souriait doucement, lui disant des mots tendres. C'était beau… c'était fort… la mère et l'enfant. Je le ressentais, cet amour entre elles deux, quelque chose de viscéral, de plus fort que la nature elle-même. Je frissonnai en les regardant communiquer sans un mot, ravalant les larmes qui menaçaient de couler.

Je pensai à ma mère, évidemment… mais aussi, à l'envie que les gestes entre Rosalie et Maëlys provoquaient en moi. Facilement, je pouvais imaginer un mélange d'Edward et de moi dans mes bras, imaginer les mêmes gestes et regards. Les imaginer jouant ensemble dans le jardin d'une belle maison qui serait la nôtre, apprendre à notre fils à jouer au foot, enseigner à notre fille le piano, la guitare. J'étais certaine qu'il serait un père formidable et aimant… comme mon père.

Rosalie releva les yeux vers moi et un sourire tendre étira ses lèvres quand elle comprit à quoi je pensais. Ça avait toujours été ainsi entre elle et moi, en un regard, elle savait ce que je ressentais, ce que je pensais… et là, beaucoup de choses me traversaient.

Je lui rendis son sourire en revenant à la réalité : Edward et moi venions tout juste de nous retrouver et ça n'était pas le moment pour faire des projets sur la comète.

- Tu veux la prendre ? demanda Rosalie.

- Je… Rose, je ne suis pas sûre de… commençai-je avant de m'interrompre quand elle me plaça la petite dans les bras, ne me laissant ainsi pas le choix.

Maëlys quitta sa mère des yeux pour porter son attention à la nouvelle qui la portait. De ses grands yeux bleu foncé, elle m'observa attentivement, le visage sérieux. J'avais toujours eu la sensation que les enfants tout jeune comme elle pouvait lire dans notre âme et savait le fond de nos pensées… encore une fois, j'avais la sensation d'être mise à nue rien que parce que ses yeux observaient les miens avec une attention rare. Et lentement, sans que je ne cligne des yeux une seule fois, un sourire naquit sur ses lèvres, ses yeux se plissant sous la sincérité de son rictus qui illumina son doux visage.

Je ne pus m'empêcher de lui sourire en réponse -même si on sait que ces sourires ne sont pas encore de vrais sourires-, comme si quelque chose entre nous s'était créé, comme si… on parlait. Le lien était né.

- C'est marrant ça, commenta Rosalie que j'avais oublié.

Incapable de quitter la petite des yeux, je fronçai légèrement les sourcils, me demandant de quoi Rose pouvait bien parler.

- Elle n'a souri qu'à moi depuis hier, poursuivit-elle et la petite lutta pour tourner le visage vers sa mère maladroitement. Hein t'as souri qu'à moi mon bébé ! Ben oui ! s'adressa Rosalie à sa fille qui sourit à nouveau.

- Elle est sans aucun doute en train de se foutre de toi, me moquai-je quand sa fille entortilla une mèche de mes cheveux dans son poing serré.

Rosalie me lança un regard noir avant de se pencher pour poser ses mains sur les petites oreilles de son bébé, comme si elle pouvait nous comprendre.

- Ne remet pas mon autorité parentale en doute devant ma fille Swan ! cracha-t-elle pendant que l'intéressée portait mes cheveux à sa bouche dans un geste brusque et maladroit.

- Elle n'a pas un jour ! m'exaspérai-je en levant les yeux au ciel.

- Et ben je m'entraîne, ça vient pas du jour au lendemain ce genre de chose, affirma-t-elle en hochant la tête avant de reprendre sa place dans le lit, ôtant ses mains des oreilles de sa fille. Tu devrais commencer à t'entraîner dès maintenant d'ailleurs, ajouta-t-elle au bout de quelques secondes.

- J'vois pas pourquoi, marmonnai-je sans la regarder, restant concentrée sur la poupée fragile dans mes bras.

- Tu veux que je te fasse un dessin ? soupira Rosalie, sa voix teintée de quelque chose de... pervers.

- Non merci, grimaçai-je en la regardant rapidement. J'ai pas besoin de toi.

Je la vis brièvement lever les yeux au ciel et ne pus m'empêcher de sourire. D'ordinaire, c'était moi qui faisait ce genre de chose...

- Bon... d'après ce qu'Alice m'a dit Edward et toi vous...

- Ouais, soufflai-je doucement, aidant Maëlys à prendre son pouce pour le téter.

Il y eu un léger silence et Rosalie se gratta la gorge.

- Quoi ? demandai-je, étonné qu'elle garde le silence alors que ses yeux semblait me poser un million de questions.

- Rien je... en faite, je viens de réaliser à quel point... à quel point tu l'aimes...

Je fronçai les sourcils, pas certaine de comprendre.

- Je veux dire, tu as été prête à sacrifier ton amour pour lui, pour le protéger... c'est...

- C'est idiot, avouai-je en pinçant les lèvres.

- Non... me contre-dit-elle en secouant la tête, c'est beau et ça montre à quel point tu tiens à lui...

- Ça a faillit nous perdre pour toujours Rosalie... J'ai... j'ai merdé sur ce coup là...

Elle baissa les yeux sur sa fille, semblant réfléchir.

- Je crois pas non... je pense que... que ça va vous rendre plus fort pour les épreuves à venir... vous... pendant le temps où vous avez été séparés, vous avez pris tout les deux pleinement conscience que vous n'étiez plus rien l'un sans l'autre, je me trompe ? questionna-t-elle en penchant la tête pour m'observer attentivement.

- Je... Je sais pas Rose. Edward est... il est toute ma vie, admis-je en détournant les yeux des siens qui étaient trop... trop. J'ai... je sais que je ne pourrais plus vivre sans lui et que si je le perds je...

Je secouai la tête, refusant même d'y penser.

- Je peux pas, dis-je simplement en retrouvant son regard. J'peux pas et je veux pas... mais je sais que c'est ce que je devrais faire pour lui. C'est ce qui devrait être le mieux pour lui...

- Mais ça l'est pas, finit-elle pour moi en caressant les petits doigts de sa fille toujours contre moi. J'ai vu son regard sur toi tout à l'heure... il était amoureux de toi, avant et aujourd'hui c'est comme si...

Elle n'acheva pas sa phrase, cherchant ses mots pendant qu'un sourire prenait place sur son visage.

- Comme si tu étais... une partie de lui. Il est toi... tu es lui... murmura-t-elle, les yeux légèrement dans le vague.

En l'observant sourire doucement, de ce sourire qu'on les gens heureux, je sus qu'elle savait exactement de quoi elle parlait : c'était ce qu'elle ressentait pour Emmet. C'était exactement ça. Chacun une partie de l'autre... chacun l'issue de l'autre.

- Oh, j'allais oublier un truc ! s'exclama-t-elle au bout d'un instant. Il va falloir que tu me trouves une date pour le baptême de ta filleule...