Que faisait-il ici ?
J'eus deux réactions distinctes en l'espèce d'une seule et même seconde.
Mon cœur, qui semblait ne plus vouloir se calmer s'arrêta brusquement, avant de repartir de plus bel pendant qu'un sourire que je ne pu retenir s'étira sur mes lèvres, me rendant surement idiote au possible.
Vaguement, j'eu une pensée pour mon physique, me demandant quelle tête je pouvais bien avoir... mais cela n'eu plus d'importance quand le rire de l'homme en face de moi résonna dans mon appartement quand mon corps, indépendant de mon cerveau me fit me jeter contre lui.
Son odeur m'atteint de plein fouet quand il referma ses bras chargés autour de moi, son visage se perdant dans mes cheveux, sa chaleur m'enveloppant.
Edward.
Dieu, comme je l'avais attendu.
- Je n'arrive pas à croire que tu sois là ! m'exclamai-je ne le serrant plus fort, presque sûre d'être en plein rêve.
- Je ne pouvais plus rester sans toi, soupira-t-il en inspirant longuement mon parfum.
Pendant de longues secondes, on resta emprisonnés dans l'étreinte de l'autre, savourant simplement ses retrouvailles inattendues mais tellement espérées.
- Tu comptes nous laissés sur le palier ? s'amusa Edward de sa voix suave, l'amusement l'animant.
- Je ne te lâche plus, répondis-je juste en me blottissant un peu plus contre lui.
Son rire résonna en moi, me faisant trembler. Mon bonheur.
Comme c'était bon de le retrouver. Après quelques secondes à respirer profondément son odeur, je me reculai légèrement, juste assez pour le regarder. Ses cheveux en bataille cachés par cette affreuse casquettes me firent rire, ses yeux amusés et amoureux me firent frissonner malgré moi. Mon regard se posa sur sa bouche, rose et si tentante où se dessinait ce sourire en coin que j'aimais tant. L'instant d'après mes lèvres s'écrasaient sur son sourire, me faisant délicieusement gémir quand la pression de sa bouche me rendit mon étreinte. J'en avais tellement rêvé que j'eus la sensation que le sol m'engloutissait quand il approfondit le baiser, m'embrassant comme s'il avait le même besoin viscéral que moi de le sentir toujours plus près, toujours plus proche.
- Je t'aime, chuchota-t-il a bout de souffle quand ses lèvres quittèrent ma bouche à regrets.
- Tu m'as tellement manqué, soufflai-je sur le même ton, alors qu'il se penchait pour m'embrasser à nouveau.
Je me perdais encore une fois, absorbée par le gout de sa bouche, de sa langue, par son odeur, ses bras puissants me maintenant contre lui. Je me rendis vaguement compte que l'on bougeait quand la porte de mon appartement claqua. La boite qu'il tenait dans sa main et le bouquet de rose tombèrent à terre, ses mains retrouvant ma nuque, mes joues pendant que je gémissais honteusement contre lui, son corps s'appuyant sur le mien, ne me laissant aucune chance de pouvoir résister... j'en étais, de toute façon, complètement incapable. Je voulais me fondre en lui, je voulais le sentir, le toucher. Je voulais qu'il soit mien, que toutes ces couches de vêtement disparaissent pour qu'enfin, sa peau touche la mienne. Pour qu'enfin, je respire à nouveau...
Quand l'air me manqua tellement que ma tête se mit à tourner, je m'éloignai légèrement, assez pour pouvoir tenter de respirer, pas assez pour quitter l'étreinte de ses bras. Les yeux clos, je savourai son souffle rapide se répercutant sur mes lèvres, sa chaleur, son amour.
Il était là, et j'avais l'impression de l'avoir attendu toute ma vie.
- Bonjour, murmura sa voix rauque, empreint d'un sourire qui, je le savais, s'étirait sur ses lèvres.
Le même sourire naissait sur les miennes.
- Bonjour, soufflai-je doucement.
Ses doigts caressèrent ma joue, m'obligeant à ouvrir les yeux, tomber sur ses deux lacs sombrent, faisant tout disparaître autour de moi.
Il n'y avait que lui. Il n'y aurait que lui, pour toujours. A jamais.
- T'es tellement belle, murmura-t-il douloureusement, le désir brûlant ses pupilles.
Hébétée devant sa beauté, ses mots, son être tout entier je restais figée dans cette contemplation divine, m'émerveillant de sa présence. Rien au monde ne me comblait plus que le fait de l'avoir là, ici, contre moi dans mon petit appartement.
Mes lèvres effleurèrent les siennes dans un léger baiser, son regard ne quittant pas le mien.
Son sourire revint alors qu'il caressait ma joue, mon cou.
- Tu m'as vraiment manqué, soupira-t-il en m'observant avant poser son pouce sur ma bouche.
- Toi aussi...
Il soupira de bien-être, et j'en fit autant.
Dieu que c'était bon de le retrouver.
Au bout d'un moment, il regarda autour de lui, avant de regarder à nos pieds, un rire passa ses délicieuses lèvres. Suivant son regard, je vis que ses fleurs et la boite qu'il avait ramené étaient éparpillés autour de nous.
- Tu me feras penser à ne plus te ramener de fleurs pour nos retrouvailles ! s'amusa-t-il en relevant les yeux vers moi.
- Tu n'étais pas obligé de les lâcher, lui fis-je remarquer alors qu'il me lâchait pour les ramasser.
Il me lança un regard de travers pendant que je souriais.
- Tu m'as carrément agresser, je n'avais pas le choix ! s'exclama-t-il en prenant un air faussement outré, me tendant à nouveau le bouquet. Pour toi ! me sourit-il comme un enfant.
- Merci, soufflai-je quelque peu gênée par tant d'attention.
Il leva les yeux au ciel devant ma gêne et me rapprocha de lui à nouveau, écrasant presque les fleurs entre nous.
- Tu me sautes dessus pour m'embrasser de façon... suggestive et tu rougis parce que je t'offre des fleurs ?
Je bougonnais alors qu'il riait à nouveau, son ténor me faisant frissonner.
- Pourquoi ces fleurs ? demandai-je en me reculant doucement pour les sentir, leur odeur m'enivrant.
- Parce que je t'aime, sourit-il doucement, et puis, je pense que je te dois bien ça pour me faire pardonner de mon... absence, avoua-t-il avec une moue adorable.
J'embrassai ses lèvres distraitement avant de soupirer de bonheur.
- Ta seule présence est un cadeau...
Il sourit, ses yeux brillants avec force de tout l'amour que je pouvais ressentir.
- Que fais-tu ici ? m'enquis-je quand je le lâchais enfin pour mettre ce merveilleux bouquet dans un vase.
- Je peux m'en aller si je...
- Non ! m'écriai-je en piquant un fard. Non, je... c'est... enfin je ne m'y attendais pas... on devait se rejoindre à la maison de la plage dans...
- Dans 5 jours, oui, mais je... Je n'arrivais plus à être sans toi, avoua-t-il en faisant la moue, s'accoudant un bar de ma cuisine après y avoir poser la grosse boite qu'il avait dans les mains en rentrant.
- Eh bien c'est une excellente initiative Monsieur Cullen, admis-je en contournant le bar pour me faufiler dans ses bras.
Il me rendit mon étreinte en inspirant profondément. Mes yeux se posèrent sur la boite trônant sur le bar et lançai un regard curieux vers lui.
- Qu'est-ce...
- Alice m'a dit que tu n'avais rien a te mettre pour son mariage alors je... j'ai...
- C'est vrai ? m'exclamai-je un peu trop fort et il rigola doucement avant d'embrasser mon front.
- Je voulais t'offrir quelque chose de spécial, confia-t-il en poussant la boite vers moi, m'incitant à l'ouvrir.
Posant sa main dans le bas de mon dos il nous poussa vers le canapé, la boite entre mes mains. Elle me semblait assez lourde, gênée mais intriguée, je pris place sur le canapé, la boite sur mes genoux et Edward à mon coté, un sourire persistant sur ses lèvres.
Je secouai doucement la boite, faisant rire l'homme qui illuminait ma vie.
- Ouvre ! s'impatienta-t-il en m'observant.
Je soulevais le dessus de la boite, le posant à coté de moi avant de caresser le papier de soie, qui recouvrais ce qu'Edward m'avait offert.
- Tu es fou, tu n'aurais jamais...
Il soupira, m'incitant au silence en me lançant un regard peu amène. Je me retins de lui tirer la langue comme une enfant, et me concentrait à nouveau sur ce que j'avais sous les doigts. Une fois le papier de soie disparut, quand je découvris ce qu'Edward m'avait acheté, je manquai de m'étouffer avec ma propre salive. De mes doigts tremblant je caressai le tissus incroyablement doux, sentant le sang affluer sur mes joues. Je restai silencieuse un moment, incapable d'y croire. Comment avait-il su ?
- Est-ce que... Est-ce que ça te plait ? Hésita Edward en se penchant légèrement vers moi, soudain peu sûr de lui.
- Tu... c'est... Mais comment as-tu su ?
- Rosalie, me dit-il simplement alors que je me levais, le tissu dans les mains pour l'observer complètement.
C'était magnifique, et tellement plus encore ! Edward m'avait offert la robe que j'avais vu plusieurs semaines, quand Alice m'avait forcé a faire les magasins avec Rose, le jour où Edward et moi avions annoncé que nous étions ensemble. La texture de la robe me faisait rêver, son haut en bustier, croiser sur la poitrine et son tomber en soie m'avait complètement séduite. Dieu qu'elle était belle, sa couleur beige et tous ces voiles me donnaient le tournis. Cette même robe qui avait été un coup de cœur mais dont le prix dépassait tout entendement.
- Edward ! m'écriai-je d'un coup, n'y croyant pas moi-même. Elle a du... Oh mon Dieu, je ne peux pas l'accepter, ça t'as coûté une fortune, c'est complètement irr...
Sa bouche sur la mienne et ses mains tenant mon visage en coupe me firent taire. Quand il me lâcha, j'avais déjà oublié mon prénom.
- C'est un cadeau, murmura-t-il le souffle court. Tu n'as pas besoin de savoir ce qu'elle a pu me coûter.
- Mais Edward c'est...
- Je ne veux pas savoir. T'imaginer dans cette sublime chose est tout ce qui compte pour moi. Laisse moi ce plaisir et oublie le reste... S'il te plait, ajouta-t-il devant ma moue dubitative.
- Hum... marmonnai-je juste avant de sourire sans pouvoir m'en empêcher. Merci, soufflai-je en serrant la robe contre ma poitrine. Je l'adore.
Il m'embrassa à nouveau, plus suavement et le baiser dégénéra légèrement. Juste un petit peu.
- Je t'en prie, souffla-t-il en posant son front contre le mien, les yeux mi-clos.
Ma main caressa sa barbe de quelques jours, et je posai avec attention la robe sur le canapé avant de regarder Edward à nouveau, qui m'observait, une lueur de bonheur pure dans les yeux.
- Je t'aime, murmurai-je sur ses lèvres, mes yeux ne pouvant me détacher de l'émeraude des siens qui brillaient.
Il me sourit, heureux.
- Je t'aime aussi... Bella, je t'aime tellement...
Ses lèvres retrouvèrent les miennes, et je me laissai aller à ses baisers, à son étreinte qui avait le gout d'éternité. Dieu que je l'aimais... Étais-ce possible d'aimer autant ? D'aimer si fort que vous avez la sensation que votre cœur va foutre le camp ? Que ce bonheur est tellement immense, tellement intense que je me demandais encore comment et pourquoi cette chance de pouvoir le ressentir m'était donné... à moi ! Je souris, satisfaite et heureuse à cette pensée, serrant un peu plus l'homme qui m'embrassait avec tout l'amour qu'il ressentait... le même que le mien.
Quand, pauvre condition humaine, je m'éloignai de lui, un sourire éclatant ornait son si beau visage.
- Quoi ? m'amusai-je en reculant légèrement.
- Rien... Que dirais-tu d'aller faire un tour ?
- Maintenant ? demandai-je en faisant la moue. J'ai... J'avais d'autres idées en tête, confessai-je en poussant légèrement mon bassin vers le sien.
Son rire résonna à mes oreilles, il me fit reculer un peu avant de me regarder.
- Je pense que je vais faire comme si tu n'avais rien dit pour ne pas te déshabiller dans la seconde et maintenir ma proposition. J'ai vraiment envie d'aller quelque part avec toi, aujourd'hui.
J'acquiesçai, faussement déçue. Ou vraiment, que sais-je. Quoi qu'il en soit, nous avions toutes mes vacances pour... autre chose.
- Et de plus, soupira-t-il après avoir passer sa langue sur ses fabuleuses lèvres, m'hypnotisant complètement, nous aurons toute la soirée pour... ça.
Je déglutis péniblement devant la soudaine intensité de ses yeux qui semblaient brûler mon corps.
- J'ai hâte que la journée se termine alors, m'amusai-je en me penchant pour ramasser la robe.
Son regard suivit mon mouvement alors qu'il se mordait la lèvre. Je manquai de m'étouffer et me redressai la robe dans les mains, essayant de reprendre contenance devant son regard de braise. Était-il possible de mourir de combustion spontanée juste sous un regard... comme ça ?
- Bien, je... je vais...
- Va ranger cette robe Bella, je t'attends ici.
J'hochai vaguement la tête, trop perturbé pour répondre avant de disparaître dans ma chambre. Une fois la robe suspendue dans ma penderie, je restai une minute à respirer profondément pour calmer les battements de mon cœur devenu fou. Un rire me secoua en réalisant que rien au monde ne pourrait faire taire le désir que je ressentais pour Edward, ni même cet amour qui me faisait sentir si... vivante. Tellement, tellement vivante.
On quitta mon appartement rapidement, déambulant dans les rues de San Francisco, sa main dans la mienne, parfois son bras autour de mes épaules. Sa casquette avait disparut, ses cheveux retrouvant leur mouvement habituel, ses lunettes de soleil fixés sur son nez, un sourire gravé sur ses lèvres.
Je le trouvais plus beau que jamais. Il semblait libre... encore mieux, il semblait heureux.
On marcha longtemps, sous le soleil de cette fin d'été, se promenant dans les rues, s'arrêtant parfois devant les vitrines des magasins. Discutant, rêvant. On s'arrêta manger les meilleurs cheeseburgers de la ville dans un petit restaurant réputé en centre ville.
Nous vivions normalement, comme deux personnes amoureuses et totalement inconnus aux yeux du monde. Bien sur, quelques visages se tournaient sur le passage d'Edward, mais la vie ici était quelques peu moins étouffante qu'a L.A. A cette pensée, je demandais à Edward quand est-ce qu'il voulait rejoindre Alice.
- J'ai pensé que demain soir était un bon compromis, avoua-t-il en sirotant son coca. Elle veut que nous soyons là pour l'aider à tout préparer pour le mariage, et j'ai aussi envie d'avoir du temps seul avec toi avant...
- Je suis plutôt d'accord, souris-je avant de me stopper. Attends, elle était au courant que tu venais ?
- Bien sûr ! rigola-t-il pendant que je pestai.
- La peste, m'agréai-je en ronchonnant.
Il rit en me prenant contre lui tout en continuant de marcher sur le bord de Long avenue, la mer s'étendant de part et d'autre autour de nous, le Golden Gate droit devant.
- J'aime vraiment cette ville, soufflai-je, le vent emportant mes cheveux dans une bourrasque quand nous atteignons ce pont si mythique.
- C'est que c'est plutôt... plaisant, avoua-t-il en me souriant. C'est ici que je voulais t'emmener, avoua-t-il en désignant le pont, un sourire énigmatique collé aux lèvres.
J'allais parler quand son téléphone se mit à sonner, brisant le silence autour de nous. Il soupira en le sortant de sa poche. Son visage se changea en une expression que je ne compris pas, et il s'excusa en s'éloignant pour prendre l'appel.
Je poussais un soupire en espérant que ça ne soit pas quelque chose de grave, ou quelque chose qui bousculerait nos plans. J'étais bien ici, avec lui. Je n'avais pas envie de quitter ses bras, et, même si il était à a peine quelques mètres de moi, sa présence me manquait déjà. Je lançai un regard a sa silhouette, avant de paniquer légèrement quand je le vis accroupi, une main devant son visage comme si... comme si il souffrait ou... pleurait. Mon cœur s'arrêta et mon ventre se contracta. J'étais trop loin pour l'entendre ou même être sure de son expression mais un sentiment de peur m'étreint et j'eus du mal a respirer. Mes pieds ne voulaient pourtant pas quitter le sol où je semblai profondément encré, et quand je sortis enfin de cet état de torpeur étrange, la peur me serrant à la gorge, il raccrocha et se redressa avant de regarder le ciel. Je vis ses lèvres remuer, comme si il parlait, comme si... il priait.
Je fronçai les sourcils quand il se tourna vers moi, une expression indéchiffrable mais tellement, tellement... intense sur le visage. D'un pas rapide il revint vers moi, prit mon visage entre ses mains et m'embrassa. Il m'embrassa d'une manière qui me noua l'estomac, d'une manière qui me fit peur. Il m'embrassa comme un perdu, sa bouche façonnant la mienne avec avidité, me laissant aucune chance de le repousser, de parler, de réfléchir.
Il m'embrassa comme si... comme si c'était la dernière fois, ou comme si... plutôt exactement comme si c'était la première fois. Comme si il laissait exprimer tout ce qu'il se retenait de me dire depuis le début. Comme si il lâchait les armes. La peur m'étranglait, ne comprenant pas ce qu'il se passait le moins du monde.
- Edward...
- C'est terminé, souffla-t-il en voulant m'embrasser à nouveau, je le repoussais du mieux que je pus, complètement dans le vague, le ventre noué, la respiration en vrac.
- Edward attends, qu'est ce... de quoi tu parles ?
- Il ne fera plus de mal... Bella...
Il m'embrassa à nouveau, il avait l'air tellement... bouleversé. Je manquai d'air, je m'étouffait, suspendu à ses lèvres, à ses baisers tout en essayant de stopper la passion avec laquelle il m'embrassait sans retenue là, sur le pont du Golden Gates, au milieu des gens qui marchaient autour de nous. Personne ne semblait pourtant faire attention à nous. J'avais envie d'hurler qu'il m'explique, qu'il m'éclaire.
- Edward ! m'énervai-je finalement, tremblante alors qu'il tenait mon visage entre ses mains.
Ses yeux étrangement profonds et... soulagés trouvèrent les miens qu'ils fouillèrent avec avidité.
- Jacob, murmura-t-il en appuyant délicatement sur mes joues, Jacob il... est... il ne te fera plus jamais de mal !
- Mais Edward de quoi...
- Il est mort Bella, asséna-t-il, me coupant le souffle.
Je sentis mon sang quitter mon visage. Je dus devenir livide car il fronça les sourcils en me regardant. J'étouffai.
- Que... Quoi ? parvins-je a dire avec difficulté tant j'avais la gorge sèche.
- C'est terminé... Il a eu un accident il... Bella ?
- Je... Non c'est... mais Edward !
Je paniquai. Je paniquai complètement.
- Dis moi... Dis moi que tu... Edward vous... tu n'y êtes pour rien ?
Un ange passa et je reculai légèrement. Un éclair passa dans ses yeux, il s'approcha de moi pour prendre mon visage entre ses mains.
- Mon Dieu Bella non ! Comment est-ce que tu...
- Emmet... tu as dit que toi et Emmet vous aviez un plan et je... m'étranglai-je en retenant mes larmes.
C'était trop. Ça ne pouvait pas être réel.
- Bella écoutes moi, me coupa Edward, me forçant à plonger mon regard dans le sien.
Ses yeux furent plus sincères que jamais. Il prit une grande inspiration.
- Je n'y suis pour rien... et Emmet non plus, je te le jure Bella je... crois moi, si j'avais pu intervenir, je l'aurai fait. J'aurai aimé le... mon dieu, j'aurai tout donné pour pouvoir le tuer de mes propres mains mais... Bella, pour toi, je suis prêt à tout. Mais tuer Jacob c'est, non... même si ça n'est vraiment pas l'envie qu'il me manquait, Jasper à réussis a me convaincre de ne pas le faire quand j'en avais vraiment envie et je...
Je ne comprenais plus rien, et il se stoppa devant ma détresse. Il soupira, se rapprochant encore plus de moi.
- Je te promets, qu'aucun de nous n'y est pour quoi que ce soit.
- Je...
Je baissai les yeux, n'osant y croire, refoulant en moi toutes ces émotions que tout cela provoquait. J'avais l'impression d'être un monstre.
- Bella, je te le jure. C'est... je ne sais pas, le destin... il... il a été punis de toutes les atrocités qu'il t'a fait... C'est terminé mon amour, murmura-t-il doucement.
L'impression que le sol s'écroulait sous mes pieds était peu dire. Était-ce réel ? Comment pouvais-je ressentir ce que je ressentais aujourd'hui ? Avais-je perdu toute humanité ?
Ma vue se troubla pendant qu'Edward me répétait que c'était terminé. Les larmes perlèrent sur mes joues, j'étouffai un sanglot contre ma main, réprimant mes sentiments.
Le regard d'Edward changea, passant du soulagement à l'inquiétude. Ses yeux me tordirent les entrailles. Je me sentais si mal...
- Mon amour... murmura-t-il essayant de me calmer.
- Je suis un monstre, peinai-je à articuler à travers les sanglots qui me secouaient.
Il fronça les sourcils, ne comprenant pas le moins du monde. Et moi j'étais... j'étais complètement anéantie.
- Ne dis pas ça... Bella...
- Je suis tellement... soulagée, avouai-je entre mes larmes, si honteuse de ressentir ce sentiment.
Le soulagement. Sa mort était le soulagement que j'attendais depuis... depuis que c'était arrivé.
- Comment pourrais-tu m'aimer après ça ? pleurai-je, me répugnant moi-même.
- Bella...
- La mort de quelqu'un me soulage, sa mort me soulage Edward ! m'écriai-je en remuant les bras, attirant le regard étonné de quelques passants. Comment peux-tu encore me... je ne comprends même pas comment tu peux encore me...
- Isabella Swan ! s'énerva Edward, me coupant dans ma tirade sans sens. Arrête ça tout de suite !
Je baissais les yeux, honteuse, n'osant même pas le regarder. Comment pouvais-je ?
- Rien de ce que tu diras ou fera ne me fera t'aimer moins que ce que je t'aime en ce moment... le fait que tu sois soulager... le fait que tu te dises que c'est terminé, et que cela te soulage, et t'apaise enfin est tellement... tellement normal, tellement humain ! Tu... nom de Dieu, cet homme... cet homme était un monstre ! C'était lui le monstre, et non toi, en aucun cas ! Je... il n'a eu que ce qu'il méritait. Sa mort est... c'est la vengeance du ciel pour ce qu'il t'a fait, pour ce qu'il a fait à Riley... Tu n'es pas responsable.
Je restai silencieuse, accrochée a ses yeux, suspendu à ses lèvres à ses mots... mon monde en suspend, mon monde ne tournant plus qu'autour de ce qu'il disait, de ce qu'il pensait, ma douleur s'éteignant peu à peu.
- Tu n'es pas responsable, tu n'es pas responsable de ce qu'il t'est arrivé, et encore moins de ce qu'il vient d'arriver... reprit-il après un court silence où mes larmes coulaient toujours.
J'inspirai profondément, tentant de calmer les trémolos de mon corps, pendant qu'Edward essuyait mes larmes en me répétant que je n'étais pas un monstre.
Je n'étais pas un monstre.
Et tout était finit.
Jacob emportait avec lui mes douleurs, mes peurs, et tout le reste.
- Je t'aime, hoquetai-je, incapable de faire autre chose.
Un doux sourire se dessina sur ses lèvres, ses traits s'adoucirent lentement, comme si, aujourd'hui, tout changeait.
Il avait simplement raison.
Et j'avais tord. Tout n'était pas finit...
Tout commençait.
