Novembre, Los Angeles.

Les dernières semaines étaient passés à une vitesse folle. Chacun avait reprit sa vie, et ce week-end à la maison de la plage seule avec Edward était la seule chose que j'avais attendu depuis des semaines.

Je m'étirai dans le lit, le corps encore engourdit par le sommeil, étendit ma main pour tomber sur le corps chaud d'Edward, dont la respiration apaisée et régulière m'indiquèrent qu'il dormait encore. Je jetai un coup d'œil au réveil sur la table de nuit: 3h58.

Roulant sur le coté, je me blottis contre Edward, soupirant de bien-être. Il était encore bien trop tôt pour me lever. Son odeur apaisa mon cœur, et je ne pus retenir le sourire qui étira mes lèvres... Tout était parfait.

Notre vie avait reprit son court, Edward faisait des aller retour à San Francisco tous les week-end, et parfois, je le rejoignais à New-York quand mon travail me le permettait. Certains jours, la situation me paraissait simple. D'autres jours, je n'arrivai plus à vivre sans lui...

Edward me rassurait toujours, me disant que ça n'était que temporaire, que nous pourrions un jour vivre tous les deux, sans distances, sans appels le soir pour que je m'endorme, sans avoir à ressentir ce manque qui était parfois insupportable.

A plusieurs reprise, j'avais dit à Edward que je voulais tout quitter, pour le rejoindre. A chaque fois, il me sermonnait, m'interdisant de quitter ce travail que j'aimais tant, et ma vie ici. J'avais parfois la sensation d'être coincée et Edward refusait que je sacrifie quoi que ce soit pour lui. Il me répétait sans arrêt qu'il allait trouver une solution.

Edward avait l'air tellement serein, tellement sûr de l'avenir. Pour ma part, même si je savais que je ne voyais plus ma vie sans lui, sans son amour, parfois la peur m'étranglait. J'étais souvent dans un brouillard, ne sachant pas vraiment quoi faire, pensant que nous étions coincés dans une spirale infernale, qui ne nous laissait pas le choix... Un de nous devrait -si nous voulions évoluer- quitter son quotidien et rejoindre l'autre. J'avais tellement envie de le faire, sans vraiment m'en sentir capable pour autant. Tout le monde nous conseillait de prendre notre temps.

La distance entre nous, nous aura au moins apporter une chose : la certitude de vouloir construire notre vie ensemble. Si nous en étions sûr avant, aujourd'hui les choses avaient évoluées.. il m'arrivait même de penser au jour où je porterai la vie. Ce sentiment était encore nouveau pour moi, avant Edward, cette idée ne m'avait jamais ne serait-ce qu'effleurer. Les événements de septembre y étaient aussi, sans aucun doute, pour quelque chose. La disparition de Jacob avait fait mourir quelque chose en moi: ma peur de perdre Edward.

Après que celui ci me l'ait annoncé sur le Golden Gates, les choses s'étaient enchaînés rapidement. J'avais appris, avec horreur, que Jacob était partit à New York, la veille qu'Edward ne vienne frapper à ma porte. Celui ci avait fini par m'avouer que c'était Emmet qui l'avait forcé à quitter la ville quand il avait su que Jacob y était. Nous savions tous que, si Edward y était resté, Jacob aurait tout fait pour l'atteindre... Ce qui m'avait fait piquer une crise de panique mémorable.

La moto de Jacob et lui même avait été percuté par un camion, le matin de sa mort, et celui-ci n'avait eu aucune chance de s'en sortir. Jasper avait finit par me dire que Jacob avait été tué à une rue de chez moi.

Toutes les pièces du puzzle semblaient correspondre, et l'effroi me glaça quand je compris que, ce matin là, il sera venu me voir si Edward ne m'avait pas forcé à sortir, si il n'était pas venu. Tout correspondait, et, Edward l'avait bien compris. Il me confia plus tard qu'Emmet avait conseillé de sortir dans un lieu public, très exposé pour qu'on ne risque rien... bien que, au fond de moi, de doutais de l'effet du lieu publique sur Jacob.

Quelques jours plus tard, nous étions ici, à Los Angeles, à fêter le mariage d'Alice et Jasper.

Les rires, le champagne et la musique allaient bon train. La cérémonie avait été magnifique, tout comme Alice, qui dansait avec son mari au milieu de la piste de danse dans sa magnifique robe de princesse. Dire qu'elle dansait était étrange, d'où j'étais on aurait pu croire qu'elle flottait, qu'elle volait. Je n'avais pu m'empêcher de verser ma larme devant leur beauté, leur bonheur. Mes yeux avaient alors croisés ceux d'Edward, assis à mon coté, un sourire heureux peignant son magnifique visage quand il se pencha vers moi pour m'embrasser. L'idée, qu'un jour, nous pourrions goûter aussi ce bonheur m'effleura, et je ne pus retenir mon sourire à mon tour. Le regard que l'on échangea après fut empli de promesses. Les choses avaient tant changées en si peu de temps. Mon cœur semblait vivre des montagnes russes.

Après cela, quand tout fut terminé, Edward changea quelque peu. C'était presque imperceptible, mais je le sentais au plus profond de moi. Il était devenu confiant, et, surtout, il n'avait plus cette peur de me perdre au fond du ventre, cette peur que Jacob s'en prenne encore à moi.

Et moi, je ressentais exactement l'inverse. Passé la culpabilité de me réjouir de sa mort, j'étais tellement apaisé de me dire que Jacob en avait finit de vouloir faire du mal à Edward. Le bonheur de se dire, que, aujourd'hui, nous allions pouvoir vivre la vie dont on rêvait, sans s'endormir avec la peur au ventre, n'avait pas d'égal. Je ne m'étais jamais sentie aussi libre... Bien sûr, tout n'était pas parfait. Il y avait encore quelques points d'ombres planant autour de nous, de moi surtout... ma mère en faisait partie.

Je me serrai d'avantage contre Edward à cette pensée, il ne savait rien la concernant, et ne posait pas de question. Je savais pourtant qu'il faudrait que je lui en parle, un jour ou l'autre... mais pas aujourd'hui, pensai-je en fermant les yeux.

Il faisait beau, si beau. Le soleil brillait d'un éclat qui réchauffait mon cœur. Le yeux fermés, j'inspirai profondément l'air pure de cet endroit où nous avions l'habitude d'aller. Le ponton bougea légèrement, me faisant ouvrir les yeux. Je fus quelque peu éboulis avant que mes pupilles ne s'adapte à cette lumière forte qui me disait que tout cela n'était pas réel.

Je sentais son parfum si singulier, son épaule qui frôlait la mienne à chaque inspiration, en tendant la main, j'aurai pu le toucher.

Mais je ne pouvais le faire... comme si... comme si c'était interdit.

Comme si, si je le touchai, si ma peau frôlait la sienne, il allait disparaître.

Quelque chose en moi me l'interdisait.

- Tu es bien silencieuse, soupira sa voix, me faisant monter les larmes aux yeux.

- Tu m'as tant manqué.

Son regard brun se tourna vers moi, il avait l'air tellement apaisé.

- Tu me manques aussi Bella, au quotidien.

Je soupirai, malgré le bien-être ambiant, je me sentais morose.

- Je me sens si seule sans toi... avouai-je doucement, comme pour ne pas briser la paix autour de nous.

- Tu ne l'es pas.

Sa détermination fit naître quelque chose en moi. Quelque chose de nouveau.

- Je suis toujours là, continua-t-il de sa voix qui avait bercé mon enfance.

- Je le sais, finis-je par dire au bout d'une minute.

Un sourire se dessina sur son visage, me faisant sourire à mon tour.

- Edward... J'ai... Il y a Edward maintenant.

- Je sais.

- Tu l'aurais adoré, dis-je tristement, même si un sourire restait scotché à mes lèvres, et aux siennes.

- J'en suis certain Bella. Je suis sûr qu'il aurait adoré venir pêcher ici, avec moi, comme aujourd'hui.

Je réprimai un rire, imaginant Edward pêcher avec Charlie.

- Est ce que... Est-ce que tu vas bien ? finis-je par demander à mon père, assit à coté de moi, sa ligne de pêche dans les mains.

Il tourna un regard serein sur moi, son sourire brûlant mon cœur.

- Tout va très bien maintenant. Et pour toi aussi... J'ai fait ce qu'il fallait.

Je fronçai les sourcils, pas bien sûre de comprendre.

- Les gens ne récoltent que ce qu'ils méritent, ajouta-t-il juste au bout d'un court moment.

Mon cerveau fonctionna à mille à l'heure.

- Jacob ? demandai-je, abasourdie.

Mon père reporta son regard sur le lac devant nous, le regard perdu au loin.

- J'ai beau ne plus être là, continua-t-il doucement, je veille toujours sur toi. Je vis, chaque jour, à travers toi, à travers tes souvenirs.

La sécurité que j'avais toujours ressentie à son côté m'atteignit, réchauffant mon âme.

- Toujours près de mon cœur, murmurai-je comme une promesse.

L'impression d'étouffer me serra la gorge. Un sourire serein illumina ses traits quand il me regarda à nouveau.

- Tout ira bien Bella maintenant, aies confiance en l'avenir...

- Je suis confiante. Edward me protège.

Il y eu un court silence. L'impression que mon père allait disparaître me tordait l'estomac.

- Il le fera toujours, confirma mon père.

Sa révélation enleva l'enclume dans mon coeur.

- Papa ?

- Oui ma fille ?

- Promets moi que tu ne m'abandonneras pas...

Son corps se tourna vers moi. Il avait l'air si vivant. Si réel. Sa main remonta vers moi, le revers de ses doigts caressèrent ma joue.

Je ne pu m'empêcher de fermer les yeux quelques secondes, comme pour préserver ce contact.

- Je suis toujours là Bella, toujours.

- Papa tu... papa ?

Son sourire serein revint, réchauffant mon cœur alors que son corps, sa présence semblait m'échapper.

- Papa ? ne t'en vas pas, suppliai-je. Ne t'en vas pas, s'il te plait...

- Tout ira bien Bella, je veille sur toi...

- Papa je...

- Je t'aime, souffla-t-il avec tout l'amour qu'il put, faisant gonfler mon cœur dans ma poitrine. Je suis toujours là.

Le soleil l'entoura soudain plus fort, et je fus tirer en arrière lentement, le regardant sans rien pouvoir faire.

-Bella ?

- Je ne veux pas... pleurai-je avant d'ouvrir brusquement les yeux, revenant soudain à la réalité.

- Bella qu'est ce que...

- Edward ?

La lumière s'alluma brusquement, je repris pied avec la réalité, quittant le monde doux et apaisant où mon père m'avait dit toutes ces choses...

- Ne pleure pas mon amour, souffla l'homme à mon coté, me ramenant contre lui, ses bras rassurants autour de moi.

Quand son odeur m'entoura, j'enfouis mon visage dans son cou, me rendant seulement compte que des sanglots secouaient mon corps, me faisant trembler.

- Tu as fait un cauchemar ? demanda doucement Edward au dessus de moi, ses lèvres traînant dans mes cheveux.

Je reniflais, tentant de me calmer.

- Non, c'était un très beau rêve, articulai-je difficilement.

Je sentis son souffle chaud contre mon front quand il se recula légèrement pour me regarder. Quand mon regard croisa ses émeraudes, mon cœur s'apaisa derechef. La douleur dans mes membres disparut. Ses mains vinrent effacer mes larmes, dans une lente caresse qui m'éblouit. Dieu que je l'aimais.

- Tout va bien mon amour, murmura-t-il doucement, ses yeux encore endormis fouillant les miens.

Ma main atteignit les cheveux tombés sur son front que je repoussai lentement, savourant leur texture sous mes doigts encore tremblants.

- Tout ira bien, souffla Edward à nouveau, mon corps se relâchant contre le sien. Voilà qui est mieux, ajouta-t-il au bout d'un moment, quand il se rendit compte que mon chagrin disparaissait.

Je restai silencieuse, absorbée par ma contemplation divine de son merveilleux visage. En quelques mouvements, je me retrouvai à califourchon sur ses cuisses musclées, son regard se posant partout sur mon visage, puis sur ma bouche. Ma respiration se bloqua quand il pose son front contre le mien, les yeux clos, me maintenant contre lui de ses mains sur mes reins.

Une de ses mains remonta jusqu'à mon visage, ses doigts caressant ma joue, mes lèvres et ma mâchoire, comme si j'étais la chose la plus précieuse qu'il avait. Son nez caressa le mien un moment, mon cœur s'accélérant quand sa bouche frôla la mienne dans un léger effleurement.

Si je n'étais pas aussi alerte, j'aurai juré qu'il ne m'avait pas touché.

Son souffle s'accéléra à son tour quand mes mains remontèrent dans sa nuque, caressant ses cheveux dans un soupire. Le désir me consumait déjà, sa main dans mon dos me rapprocha contre lui lentement, et je me retins de gémir quand son bassin rencontra le mien. Inconsciemment, mon corps roula contre le sien lentement, créant une friction délicieuse entre nous alors que son souffle rapide se répercuta sur ma bouche, me faisant ouvrir les paupières pour voir qu'il m'observait avec un tendresse infinie. Ses mains se rejoignirent dans ma nuque, ses pouces caressant mes joues, son nez frôlant le mien amoureusement.

- Je t'aime, murmura-t-il contre ma bouche.

J'eus l'impression que mon monde ne se résumait qu'à ça, que je ne vivais que pour l'entendre me dire ces mots.

- Bien plus que ma propre vie, répondis-je sur le même ton.

Ses bras se refermèrent autour de moi, sa bouche se posa sur la mienne, m'emportant dans une étreinte qui avait goût de paradis, d'éternité...


Décembre, New York.

La neige tombait à nouveau sur la ville, m'émerveillant alors que mon regard se perdait sur le paysage qui se dessinait sous mes yeux, au delà de la fenêtre. Je me reconnectai à la réalité quand la porte d'entrée claqua et qu'Edward apparut dans mon champ de vision, m'éblouissant de son merveilleux sourire en coin que j'aimais tant.

- Tu es encore là ? demanda-t-il avant de m'embrasser dans le cou. Ça sent vraiment bon, soupira-t-il un sourire dans la voix.

Son sourire me contamina quand il m'entoura de ses bras.

- J'espère que ça sera aussi bon alors, marmonnai-je peu sûre de moi en remuant le plat que je préparai.

- Il n'y a pas de raison, tu y es depuis 11h ce matin, s'amusa Edward en m'embrassant à nouveau dans le cou.

- Va donc préparer la salle a manger grognai-je en le repoussant. Tu me déconcentres.

- Nous avons encore une heure avant que ma cinglée de famille arrive, murmura-t-il sa voix suave me faisant déjà frissonner.

J'étouffai un rire nerveux.

- Edward, ta famille n'est jamais à l'heure, et, de ce faite, je suis certaine qu'ils arriveront avant l'heure qu'on leur a demandé... exprès pour interrompre volontairement ce qu'il...

- Ce qu'on pourrait faire ? Hors de question, je les laisse a la porte.

Je ris.

- Ils ont traversés le pays pour fêter le réveillon de Noel avec nous, lui fis-je remarquer en l'entendant soupirer.

- Hum...

- Et moi aussi, ajoutai-je un sourire dans la voix.

Cette fois ci, ce fut à lui de rire et je m'émerveillai de ce son mélodieux.

- C'est vrai, je devrais réfléchir à une façon de te remercier, murmura-t-il soudain sérieux, sa bouche traînant sur la peau sensible de mon cou.

- Edward, je cuisine ! fis-je remarquer, le souffle soudain court.

Il soupira, posant son menton sur le haut de ma tête.

- De plus, il faut que je prenne une douche avant qu'ils arrivent.

Il poussa son bassin contre le mien, me coupant le souffle avant de me serrer d'avantage contre lui.

- Une douche ? Vraiment ?

Après la douche, (et quelle douche !) Edward était plus calme, installant la table et restant assez à distance de moi pour que je puisse finir mon dessert sans être perturbée par ses mains ou sa bouche. Je soupirai à cette pensée avant de rire légèrement. Cet homme me faisait complètement perdre la tête et le pire... c'est que j'adorais ça.

La sonnerie de la porte d'entrée retentit dans l'appartement, et je sursautai en me disant qu'ils étaient en avance, comme prévu. Je finis de poser les dernières décorations sur la bûche, étonnée de ne pas avoir encore entendu la grosse voix d'Emmet.

Edward passa sa tête par l'encadrement de la porte. Il était blanc comme un linge et soudain, mon cœur eu un soubresaut quand je m'approchai rapidement de lui. Son air choqué m'inquiéta d'avantage.

- Edward qu'est-ce que...

- Bella tu... ta mère est là.

Ma mâchoire se décrocha, la panique montant en moi, me donnant envie de vomir.

- Que, quoi ? Qu'est ce qu'elle...

- Elle veut te parler.

- Tout ira bien, murmura-t-il alors que j'avais l'impression de suffoquer.

Pour quoi maintenant ? Pour quoi ce soir ? Devant mon mutisme, Edward se rapprocha de moi, et se pencha se façon à ce que mes yeux soient à la hauteur des siens.

- Bella, tu veux que je lui dise de partir ?

- Je... je ne sais pas, avouai-je en me sentant vraiment mal.

- Je sais que le moment n'est pas vraiment bien choisi mais je... je pense qu'il est peut-être temps de... mettre les choses aux claires, entre vous ?

- Edward je...

- Elle est venue jusqu'ici, soupira-t-il doucement, ses mains entourant mon visage.

Je pris un instant pour l'étudier avant de soupirer. Il avait raison. Je pouvais au moins me donner la peine de l'écouter, si elle avait quelque chose à me dire. Edward embrassa brièvement mes lèvres en me souriant doucement.

- Veux tu que je m'en aille ?

- Non, non Edward... je, reste.

- D'accord. Je suis là, promit-il en me serrant la main.

J'eus une pensée pour le rêve que j'avais fait, un mois plutôt, où mon père m'avait dit qu'Edward veillerait sur moi. Je souris distraitement en rejoignant l'entrée, j'espérais qu'il voyait à cet instant à quel point il avait raison.

Renée attendait dans l'entrée, non loin de la prote. Ses cheveux étaient légèrement plus courts que la dernière fois que je l'avais vu... et ça remontait à si longtemps. Elle était emmitouflée dans son gros manteaux violet foncé, celui qu'elle portait depuis toujours pendant les grands froids. Tenant fermement son sac sur son épaule, elle sursauta légèrement quand j'entrai dans la pièce, me regardant de la tête aux pieds avec attention, s'arrêtant sur les doigts d'Edward enlaçant les miens. Mon ventre se noua. Je me sentais tellement mal à l'aise.

- Bella, salua la voix de ma mère, légèrement chevrotante.

Je me raclai la gorge pour me donner du courage.

- Renée, dis-je juste, provocant une très légère grimace qu'elle essaya de faire passer inaperçue.

Edward à coté de moi serra ma main.

- Tu ne m'as pas rappelé, fit-elle par dire après un interminable silence.

Je fronçais les sourcils, sentant la bile me monter dans la gorge.

- Écoutes, si tu es venue...

- Je ne suis pas là pour ça, me coupa-t-elle avant de prendre une grande inspiration, fermant les yeux quelques secondes. Je... J'ai appris que Jacob été décédé en septembre, je...

Elle soupira. Entendre parler de Jacob fit se crisper mon corps, mon cœur se comprimant douloureusement dans ma poitrine.

- Je suis venue m'excuser, lacha-t-elle finalement, ses yeux perçant les miens.

Ma gorge se fit sèche, les larmes me montèrent aux yeux. C'était si... improbable.

- Je... je ne me suis jamais comporté comme je l'aurai du avec toi et... et par rapport à Jacob je n'ai jamais... Mon dieu, si tu savais comme je m'en veux, finit-elle par souffler, ses yeux brillants de larmes contenus.

Je luttais contre les miennes, serrant la mâchoire. Edward derrière moi se rapprocha et passa sa main en travers de ma taille, comme si il se doutait, qu'à tout moment je pouvais m'effondrer.

- Je ne t'ai pas cru quand tu m'as dit que Jacob avait... qu'il t'avait fait ça et je...

- Tu as prit sa défense, crachai-je avec plus de hargne que je le pensais.

Elle baissa les yeux, honteuse.

- Tu ne m'as jamais cru, continuai-je, le cœur hurlant.

- J'étais aveugle Isabella ! s'emporta-t-elle en remuant les bras autour d'elle. Jacob était... il était tellement parfait ! Comment aurai-je pu croire ce que tu m'avais dis alors qu'il... qu'il était toujours là pour moi, qu'il était... ce fils que je n'ai pas eu ?

- Tu aurais du me croire moi, je suis ta fille nom de Dieu ! m'écriai-je à mon tour, faisant déborder mes larmes.

Edward derrière moi tenta de me calmer en embrassant mes cheveux. Je fermai les yeux, soupirant devant la douleur vive que le retour de ma mère venait de réveiller en moi.

- Tu sais Bella, je... je n'étais pas faite pour devenir mère, je l'ai compris quand je t'ai mise au monde... mais, malgré tout... je t'aime. Je t'ai aimé dès le premier jour où tu m'as regardé. Je...

Elle soupira.

- Je voudrais que tu acceptes de me pardonner... je n'arrive plus à vivre avec ce poids en moi.

- Je ne sais pas si je pourrais, avouai-je finalement après une longue minute de silence.

Elle me disait là ce que j'avais rêvé depuis le jour où je lui avais avoué que Jacob m'avait... violenté. Elle m'avait hurlé que je n'étais qu'une menteuse, refusant entendre quoi que ce soit. Je frissonnai à ce souvenir horrible, tentant de calmer les tremblements de mes mains.

- Je... je comprends.

- Laisse moi du temps, soufflai-je juste quand elle amorça un mouvement pour sortir. Je... je ne te promets pas que j'arriverai à te pardonner mais... je peux essayer.

Mon ton sûr de moi me surpris, et Edward derrière moi soupira de soulagement. Ma mère elle resta bloquée sans bouger, avant d'acquiescer un petit sourire vers moi. Son regard se porta sur Edward derrière moi, et un sourire sincère s'installa sur ses lèvres quand elle dévisagea l'homme qui me rendait si heureuse.

- J'ai... j'ai été heureuse de te revoir Edward. Prends soin d'elle surtout.

Je sentis Edward hocher la tête derrière moi. Je soupirai doucement, soulagée que mon cœur, mes sentiments s'apaisent en moi ainsi. Mon cœur ne me faisait plus aussi mal maintenant. J'eus la vague impression que les choses changeaient pour de vrai.

- Joyeux Noël les enfants, finit-elle par dire avant de passer la porte qui se referma sur elle.

Edward raffermit ses bras autour de moi, et je me laissai bercée par son souffle chaud, distraite et soudain incertaine.

- Je... je reviens, murmurai-je à Edward avant de m'engouffrer hors de l'appartement à mon tour, le laissant au milieu de l'entrée les bras ballants.

- Maman ! m'exprimai-je en avançant vers ma mère qui se retourna, visiblement surprise de me voir ici.

- Bella ?

Elle essuya sa joue d'un revers de main, et je baissai le regard devant ses yeux rougis.

- Je... comment as-tu su que je me trouvais là ?

- Rosalie, murmura-t-elle au bout de quelques secondes. On... on a beaucoup discuté elle et moi. Elle m'a tout expliqué... et... je ne me doutais pas un seul instant de ce que Jacob avait fait Bella je te jure que si...

- Je le sais, je pense l'avoir compris.

Son regard changea, elle semblait tellement soulagée. J'eus moi-même l'impression qu'un poids s'envolait de mes épaules.

Rosalie... Ma Rose. Ma meilleure amie, et ma sœur.

En deux enjambées, j'étais contre elle. Ma mère referma ses bras autour de moi, pendant que je laissai les larmes qui oppressaient mon cœur quitter mon corps. Renée renifla, en me serrant plus fort contre elle. Je n'étais définitivement pas la seule à être bouleversée.

- Promets moi qu'on restera en contact, finit-elle par dire après une minute à se bercer l'une et l'autre. Je ne veux plus vivre sans toi...

- Je... on va essayer maman.

Elle me serra plus fort en retour, et je lui rendis son étreinte. Quand elle finit par s'engouffrer dans l'ascenseur, elle me sourit doucement. Nos yeux échangèrent ses mots que nous étions pas encore prête à nous dire, nous faisant la promesse silencieuse d'avancer.

Je restai un moment devant l'ascenseur, devant les portes où le visage de ma mère avait disparut, les yeux dans le vide.

Je sursautai quand les bras d'Edward s'enroulèrent autour de moi, avant de me détendre automatiquement.

- Est-ce que ça va ? demanda-t-il en me faisant tourner dans ses bras.

Quand mon regard retrouva ses yeux, son regard amoureux et tellement apaisant, je vidai tout l'air de mes poumons.

- Tout va bien, tout ira bien... murmurai-je doucement avant de me hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

Mon père me l'avait dit, et, à présent, j'en étais convaincu... tout irait bien.