Il existe des moments si intenses, si fragiles qui parfois nous brisent. Allongée sur un lit, tu ne te sentais pas le besoin de bouger. Clint était venu lundi, Steve le jour suivant, puis Natasha, toute l'équipe c'était relayée, mais, tu n'avais pas bougée. Cette dernière mission fut la mission de trop, celle qui était allé trop loin, qui avait trop mal. Les yeux rivés sur le mur, tu sentis quelqu'un entrer puis s'asseoir à côté de toi. Une main passa dans tes cheveux dans un geste réconfortant.

La personne détailla ton environnement, de toute évidence tu ne t'étais pas douchée depuis plusieurs jours, tu avais à peine touché à ton dernier repas, ton préféré. Les rideaux te coupaient du monde extérieur et un silence assourdissant emplissait ta chambre. Il remarqua la perfusion qui te donnait les nutriments dont ton corps avait besoin ainsi que l'hydratation nécessaire à ta survie. Cette personne te considérait comme sa petite soeur et te voir dans cet état lui brisait le coeur.

Thor était arrivé en catastrophe sur Terre après avoir été prévenu par Heimdall. Depuis la bataille de New-York, le dieu c'était réellement attaché à toi, tu étais un médecin mais également une combattante, tu avais ce feu qui faisait que les gens s'attachaient à toi. Votre amitié était rapidement devenue une relation fraternelle. Thor avait remarqué que tu étais la limite de l'exhaustion, mais tu tenais le coup malgré les demandes incessantes de Steve et Tony, ainsi que de Fury et du SHIELD. Tout le monde en attendait plus de toi et de tes découvertes médicales. Personne n'avait prit le temps de t'aider à faire le deuil de ton fiancé, mort aux mains de Loki.

Clint qui était un ami proche, avait rapidement convenu d'un accord avec Thor. Les deux devaient garder un oeil sur toi en permanence. Clint avait bien tenté de te faire quitter le SHIELD pour que tu puisses te reposer chez lui, dans ta deuxième famille mais … le général Ross avait fait barrage. Ce dernier te haïssait pour la simple et bonne raison que tu étais indispensable, il se fichait complètement que tu étais à deux doigts de la cassure. Clint qui n'en pouvait plus de te voir comme ça et craignant la perte de contrôle de Ross, s'était alors dirigé vers le toi, avant de crier de toute ses forces vers le ciel pour qu'Heimdall l'entende. Dans l'heure qui suivit, le SHIELD fut littéralement secoué par l'arrivé en catastrophe du dieu. Ce dernier traversait les couloirs en ignorant toutes les personnes qui se dressaient sur son chemin. Et c'est ainsi qu'il te trouva inerte, l'âme abimée et le corps inerte. Avec l'aide de Clint il te débarrassa de la perfusion avant de te prendre dans ses bras.

L'alerte avait fait rappliqué Steve et tous les autres :

« Thor ! Qu'est-ce que vous faites ? » S'exclama Steve.

« Le nécessaire » Fit durement le dieu.

« Si vous l'emmenez, cela pourrait signifier une déclaration de guerre ! C'est un enlèvement ! » Intervint Tony.

« Thor, nous pouvons l'aider, nous faisons le maximum ! » Assura Natasha.

« Oh ? Vraiment ? Et comment l'aidez-vous ? En lui rappelant toutes les heures qu'elle doit travailler ? Que votre gouvernement a besoin d'elle ? Elle souffre et tout ce dont vous vous préoccupez c'est de votre propre bien-être. Elle a perdu son fiancé et vous vous inquiétez seulement de ne pas pouvoir faire de profit. Elle vient avec moi et ce n'est pas négociable. »

« Thor ! » Tenta une dernière fois Tony mais se ravisa quand Clint le visa avec son arc.

« Laissez-le Stark » Ordonna Clint.

Thor ordonna l'ouverture du portail et disparu avec toi dans ses bras. Tu n'avais honnêtement qu'une vague idée de ce qu'il se passait autour de toi. Les choses étaient floues et franchement, ton état ne te permettait pas d'enregistrer les changements. La seule chose dont tu rendis compte était que tu te sentais enfin en sécurité. Les médecins asgardiens t'avaient ausculter sans te brusquer, contrairement aux médecins terriens. On ne te forçait pas à parler, on te laissait fixer le ciel à travers la fenêtre sans te juger. Une femme de chambre t'avait été imposée et honnêtement, cette dernière était d'une grande aide. Elle t'aidait avec les choses les plus basiques, l'hygiène, le mouvement. Elle ne te forçait à rien mais sa présence était réconfortante.

Au fil des semaines, tu te sentais l'envie de bouger. Pas beaucoup, juste assez pour chercher un nouveau livre. Tu évitais de penser au fait que Loki était proche, suffisamment proche pour te venger. Thor venait te voir tous les jours, tout comme sa mère qui t'avait acceptée comme sa fille, sans conditions ni demandes.

Un jour, alors que l'envie d'explorer le palais t'avait prise, après une excellente nuit de sommeil, la première depuis des mois. Tu tombas devant la salle du throne, au moment même ou Loki la quittait, enchainé. Ton livre t'échappa et tu restas statufiée. Fregga et Thor qui étaient présents, étaient prêts à agir. Tes yeux se remplirent de larmes et tu partis sans un mot. Plus tu t'éloignais plus tu marchais vite, tu finis par courir pour finalement arriver dans une cour déserte.

Tu y restas des minutes … ou étaient-ce des heures ? Aucune idée. Te pensant seule, tu pleuras pour la première fois depuis la bataille de New-York, tu allas même jusqu'à hurler. Cependant tu n'étais pas vraiment seul, un asgardien, que tu avais rencontré pour la première fois au Nouveau-Mexique, t'avait observé. Il était fasciné par les émotions qui passaient dans tes yeux. Tu étais magnifique, plus belle que toutes les merveilles qu'il avait pu voir. Il était complètement obnubilé. Il te regarda te lever et partir.

Plusieurs jours passèrent et une conversation avec Fregga te fit reprendre le dessus :

« Le temps des lamentations est terminé. Il faut que … »

« Il faut que quoi ? » Demandas-tu.

Fregga ouvrit les yeux en grands, ta voix était faible, cassée après des mois sans parler. C'était un progrès.

« Il faut que tu t'habilles puis que tu viennes avec moi, j'ai une idée qui pourrait t'aider »

« Non merci »

« Ce n'était pas une demande, mais un ordre. Je t'ai laissé le temps de faire ton deuil, maintenant il était temps de réagir. Thor et Odin te laissent peut-être le choix, mais avec moi ça ne sera pas le cas »

« Non »

Ta servante va s'occuper de toi, si tu n'étais pas prête dans une heure, j'envoie des gardes »

Une heure plus tard, tu fus gentiment escortée par des gardes jusqu'à un jardin. Retenant un soupir de frustration tu fis face à Fregga qui te souriait l'air de dire « tu étais prévenue »

« Qu'est-ce que l'on fait ici ? »

« Cet endroit était il y a encore quelques années, une clinique pour enfants, cependant avec les nombreux conflits dans lesquels Asgard est impliqué, nous manquons de médecins. Tu vas donc t'en charger »

« Pourquoi est-ce que des asgardiens feraient confiance à un médecin midgarien ? »

« Parce que tu vas étudier. Etudier jusqu'à être capable de te mêler à la population, a comprendre nos coutumes et notre façon d'être. L'endroit sera réaménagé selon tes ordres. Fais la liste de ce dont tu as besoin, et j'enverrai quelqu'un demain pour t'escorter jusqu'à moi »

Sur ces paroles, la reine partit, non sans t'avoir prit la main tendrement, comme le ferait une mère. Poussant un énième soupir exaspéré, tu soulevas le bas de ta robe, tu ne t'habituerais jamais à la mode asgardienne, tu entras dans le bâtiment. Cet endroit avait besoin de tout. Tu passas des heures à tout inspecter. Quand tu fus de retour dans ta chambre, ton repas t'attendait. Tu t'endormis, épuisée, non pas physiquement mais psychologiquement.

Au petit matin, on frappa a ta porte. Poussant un grognement, tu attrapas une robe de chambre que tu enfilas et ouvris la porte. Tu tombas nez-à-nez avec un énième asgardien blond :

« Ma dame ? Je m'appelle Fandral et je serai votre escorte pour la journée »

Sans un mot, tu refermas la porte avant de retourner dans ton lit. Tu tentas de te rendormir, mais l'asgardien qui était à ta porte continuait de frapper à ta porte. Excédée tu ouvrit la porte en grand, tu le fusillas du regard et ce dernier eut la décence de baisser les yeux :

« Je m'excuse, mais j'ai reçu des ordres et … »

Tu levas les yeux au ciel et laissa la porte ouverte, ta servant arrivant au pas de course. Tu fus prête en trente minutes. Fandral te regarda les yeux écarquillés.

Ce dernier était estomaqué, il s'était toujours dit que jamais il ne finirait avec une femme de ce monde, et maintenant il savait pourquoi, il en connaissait la raison. Parce que c'était toi qu'il attendait. Thor lui avait expliqué, ainsi qu'aux membres du trio et Sif, la raison de ta présence sur Asgard. Thor s'étonna quand Fandral se porta volontaire pour être ton protecteur. Thor avait à peine eut le temps de finir sa phrase que Fandral s'était désigné volontaire. Plus tard, après plusieurs bières, Fandral avoua être totalement captivé par toi, par tout ton être. Le dieu le mit en garde de ce que tu traversais et Fandral n'eut jamais autant envie de tuer Loki.

Tu étais une vision, le rouge de ta robe, l'or autour de tes poignets, tes cheveux si brillants … Par les dieux, Fandral ne savait comment réagir. Avec un sourire il t'escorta dans les appartements de Fregga qui le salua avec un regard perçant … Elle l'avait percé à jour. Ce dernier baissa les yeux et la reine sourit légèrement. Fandral se retrouve à attendre derrière la porte, il avait espéré pouvoir enfin entendre ta voix, mais les murs du palais étaient aussi épais que le ventre de Volstagg, donc aucune chance.

« Une escorte ?! » Tonnas-tu.

« Jusqu'à ce que tu sois remise et que tu sois totalement intégrée, nous devons penser à ta sécurité ! »

« Vous n'allez pas forcé ce … cette personne à me suivre ! »

« Mais nous ne l'avons pas forcé, il est volontaire. Quant à ta liste, tout sera prêt demain »

Retenant un cri d'agacement, tu partis avec terminé ton léger petit-déjeuner. Fregga se contenta de sourire aide retenir un rire. Tu sortis sans un mot. Une fois devant Fandral, tu le regardas de la tête aux pieds, avant de lever les yeux au ciel avec un soupir. Ce dernier te suivit jusqu'à la bibliothèque.

Fandral passa presque tous les jours qui suivirent dans la bibliothèque à te regarder lire. Pas une seule fois, tu n'avais ouvert la bouche pour lui parler, ce qui le frustrait légèrement. Il tentait d'être prévenant et serviable sans pour autant être envahissant ou poussif. L'occasion qu'il attendait se présenta un soir, il faisait une ronde après t'avoir escorté jusqu'à tes appartements, quand il te trouva dans la clinique en train de tout aménager. Il te vit t'essouffler et peiner à bouger un meuble, et décida d'intervenir. Ne s'attendant à rien, il sursauta quand tu le remercias. C'était léger mais son coeur battit à cent à l'heure :

« Je peux faire autre chose ? » Demanda-t-il.

D'un signe de la tête, tu lui indiquas les autres lits. Avec un sourire ravi, il t'aida jusqu'à tard. Le lendemain matin, après ton petit-déjeuner habituel avec Fregga, tu lui tendis une confiserie qu'il adorait, tu l'avais remarqué sans le vouloir. Ce dernier te lança un sourire éclatant, et jamais la nourriture avait été si bonne. Dans les jours qui suivirent, tu t'enfermais dans la clinique pour étudier les remèdes asgardiens, l'occasion de t'aider se présenta quand, frustrée tu refermas ton livre :

« Tout va bien ? »

« Non »

Le coeur Fandral fit à nouveau des cabrioles, le son de ta voix était un enchantement puissant sur lequel il n'avait aucun contrôle.

« Qu'y-a-t-il ? »

« Il y a que les ingrédients dont j'ai besoin sont tous périmés, datés, inutilisables et que je n'ai aucune idée d'où les trouver ! »

« Les médecins se servaient du jardin pour les faire pousser, peut-être pouvons-nous en trouver au marché »

« Je n'ai pas le droit d'y aller »

« Si vous ne dites rien alors moi non plus » Dit-il avec un sourire malicieux.

Il cru faire un arrêt cardiaque quand tu lui rendis son sourire. Il t'escorta discrètement en dehors de l'enceinte du château et te guida jusqu'à marché dans les faubourgs. Il te vit t'émerveillé devant tous les étales. Il ne chercha pas à comprendre, mais tout ce qui attirait ton regard, se retrouvait en ta possession, tu tentas de l'en dissuader mais il joua les sourds. Vous tombâtes après plusieurs heures sur une mine d'or, toutes les plantes dont tu avais besoin étaient disponibles. Fandral fit son deuxième arrêt cardiaque de la journée quand tu lui saisis le bras pour déambuler un peu partout. Ne voulant pas couper court à cette journée idyllique, il te conduisit dans une sorte de taverne et pour la première fois depuis des mois, tu mangeas jusqu'à ne plus rien pouvoir avaler. Tu écoutas les histoires de batailles de l'asgardien avec intention, mais sans jamais poser de questions.

Quand vous rentrâtes, il fallut échapper aux gardes qui faisaient les rondes de nuit. Vous étiez rentrés tard après avoir profité du marché nocturne, là où l'on trouvait des objets impensables, des bijoux merveilleux et dont les couleurs miroitaient légèrement. Quand il te conduisit à ta chambre, après avoir déposé les plantes nécessaires à la clinique, il déposa le reste de tes trésors sur le canapé prêt d'une fenêtre. Il s'apprêta à partir, quand tu l'arrêtas net en l'appelant :

« Fandral ! Attendez ! »

« oui ? » Demanda-t-il prudemment.

« C'est pour vous remercier et pour m'excuser … Je sais que je suis difficile, c'est parce que … »

« Je sais, Thor m'a expliqué »

« Et vous vous êtes malgré tout porté volontaire ? »

« Vous êtes … merveilleuse … Oh ! Pardonnez-moi je ne voulais pas … »

« Je ne suis pas prête pour ça, bonne nuit. »

Ta voix n'avait été ni froide ni sympathique, et l'asgardien n'avait aucune idée de ce qui avait traversé ton esprit. Il se retrouva alors à boire bière après bière avec Thor et le reste de la bande, qui écoutèrent ses malheurs avec attention.

« patience mon ami, elle n'est pas encore complètement guérie »

Le lendemain matin, tu n'osas pas regarder Fandral dans les yeux, et dès que ce dernier tentait de te parler, quelqu'un venait briser le moment. Plus les jours passaient et plus tu sentais le poids du regard de Fandral sur toi. Avais-tu le droit de trouver un autre homme attirant ? Après seulement un peu plus d'un an ? Etais-tu prête ? Non. Tu étais décidée. Cependant ta décision fut mise à l'épreuve quand Fandral commença à te faire des petits cadeaux, rien d'extravagant, des fleurs, des livres de médecines, tes confiseries … Chaque cadeau était accompagné d'un mot, et tous les soirs, quand il te quittait pour se reposer, tu lui tendais une carte avec une réponse. Cela durant des jours, de cette façon, vous appreniez à faire connaissance. Faut préfériez tous les deux la nuit à la journée, la bière brune n'était pas votre préférée, et de loin !

Ce fut pendant une excursion, après un accident en dehors du palais, que tu te rapprochais vraiment de l'asgardien. Les gens venaient de plus en plus à la clinique pour que tu auscultes les enfants, tu faisais même des visites à domiciles. Cependant, perdu dans ton travail, après un léger incendie qui avait fait plusieurs blessées, tu te retrouvas perdue au milieu d'un groupe de cinq asgardiens qui n'avaient pas franchement l'air de te vouloir du bien ! Tu ne t'étais pas battue depuis plus d'un an, tu étais complètement rouillée, et franchement l'idée de te battre te ramenait à des moments douloureux de ton passé.

Alors qu'une main indésirable allait touché une partie de ton corps que tu chérissais, la voix de Fandral se fit entendre :

« Je serai vous, j'enlèverai mes mains immédiatement » Dit-il avec un sourire en coin et le regard dangereux.

« Ou quoi ?! » Fit l'un des cinq hommes.

« Excellente question » Sourit Fandral avant de se débarrasser d'eux, les clouant au sol.

Tu étais figée par la peur; quand Fandral se mit en face de toi pour t'inspecter, tu t'effondras dans ses bras, le remerciant encore et encore.

« Si tu tiens à me remercier, dine avec moi ce soir »

« Fandral … » prévins-tu.

« Je sais, je n'exige rien de toi, juste une conversation agréable et peut-être des histoires de ta planète »

C'est ainsi que tu te retrouvas à passer une excellente soirée, tombant sur Thor au moment de rentrée, tu finis complètement ivre, il s'avère que même la bière asgardienne était plus forte que celle midgarienne ! Tu te réveillas avec le pire mal de tête que tu n'as jamais eu, le simple bruit du vent te donnait l'envie de tuer quelqu'un … ou de vomir, tu n'étais pas franchement sure. Une fois le mal de tête légèrement dissipée, tu profitas d'un long bain relaxant. Cependant, Fandral qui t'attendait qui n'avait aucune réponse venant de toi, s'inquiéta et entra, te trouvant seulement vêtue d'une robe de chambre légère et transparente par endroit, devant ce qui pourrait être l'équivalent d'un dressing :

« Bonjour à toi aussi » Taquinas-tu.

« Je … Je ne… Je ne ne … »

« Oh pitié, je suis sûre que vous avez déjà vu des femmes bien moins vêtues que moi par le passé ! »

« Oui je l'admets, mais elles n'étaient pas vous et cela change tout »

« Fandral ! Je ne … » t'exclamas-tu en rougissant.

« Puis-je ? » Demanda-t-il en désignant le collier avec lequel tu te débattais.

Tu le lui tendis sans un mot, quand il fut finit, il posa ses mains sur tes épaules et t'observa grâce au miroir auquel tu faisais face. Sans un mot et sans qu'il ne puisse sans empêcher, il déposa un premier baiser sur ton épaule, puis dans le creux de ton cou puis il remonta, jusqu'à ce que tu tournes la tête pour qu'il puisse finalement t'embrasser. Il te retourna complètement pour que tu lui fasses face et enroula ses bras autour de toi pour te plaquer un peu plus contre lui. Enivré par ton essence, il en oublia d'être prévenant. Le moment s'arrêta d'un coup, quand tu te reculas après t'être rendue compte de ce que tu venais de faire. Tu attrapas une robe au hasard et parti à toute vitesse dans ta salle de bain. Quand tu en sortis, tu n'osas pas le regarder.

S'en suivi alors deux semaines agonisantes pour Fandral. Tu ne lui parlais plus, tu ne voulais plus visiter le marché ou les alentours du palais, tu ne répondais plus à ses cartes. Fregga qui avait remarqué ce qui se passait, te coinça un matin et te força à tout lui raconter :

« Je suis perdue » Avouas-tu finalement.

« Tu sais qu'il a de réels sentiments ? Qu'il ne joue pas ? »

« Je sais »

« Tu sais également que la constitution d'un asgardien est bien plus solide que celle d'un midgarien ? »

« Je sais ! Mais … Je ne peux pas ! Ce n'est pas juste pour mon … fiancé ! Ce n'est pas juste non plus pour Fandral ! Mais je n'ai pas le droit de faire ça ! »

« Tu n'as pas le droit où tu ne veux pas t'en accorder le droit ? »

« Je ne sais pas ! J'ai besoin de recul »

« Je le pense aussi. J'ai peut-être une idée qui te permettra de te décider. J'ai simplement peur que tu ne sois pas assez forte »

« Assez forte pour quoi ? »

« Je pense qu'il est temps pour toi de terminer définitivement ton deuil en rentrant sur Midgard pour mettre tes affaires en ordre ! »

« Nom d'un Bifrost ! Vous me mettez à la porte ?! »

« Bien sûr que non ! Ce ne serait l'affaire que de quelques semaines, les voyages vers Midgard ne peuvent être autorisés que par Odin, ou par moi. Sans cela, Heimdall n'activera pas le Bifrost ! »

« Je … D'accord »

Fendra était hors de lui. Tu étais partie ! Sans un mot ! Sans un dernier sourire ! Par contre tu avais bien pris son coeur avec toi et l'avait parfaitement piétiné ! Il n'avait honnêtement envie de rien. Thor avait tenté de le rassurer, tu serais bientôt de retour, mais bientôt n'était pas assez tôt. Il s'inquiétait du trou béant que tu avais laissé dans son existence. Il s'était alors confié à Fregga, elle pourrait peut-être l'aider.

Il lui expliqua tout, comment son coeur semblait fonctionner au ralenti, qu'il n'avait envie de rien, qu'il se sentait dépérir, que son âme était sèche et aussi dure qu'une pierre.

« C'est parce qu'elle est ton âme-soeur »

« Pardon ?! »

« Contrairement à ce que l'on croit, trouver son âme-soeur n'est pas forcément une rencontre fortuite avec un coup de foudre au premier regard, non cela peut venir d'une longue relation, peu importe la nature. Dans le cas de Y/N, il s'agit pour toi d'un coup de foudre immédiat, mais l'âme de Y/N après tant de souffrance n'était pas prête à accueillir la tienne. »

« Vous pensez qu'elle est mon âme-soeur ?! »

« J'en suis certaine. Pourquoi crois-tu que je l'ai envoyé sur Midgard ? Pour que son âme puisse se reforger et qu'elle puisse s'en rendre compte par elle-même »

« Vous … êtes certaine qu'elle va revenir ? »

« La patience est une vertu Fandral »

« Et la satisfaction devrait en être une également ! » Grogna-t-il.

Sur Terre, tu avais repris contact avec à peu près tout le monde. Après mûre réflexion, tu avais fait le choix de démissionner; plus de SHIELD, plus de Nations-Unies, rien. Après t'être libérée de ça, tu fis le choix de retourner dans l'appartement que tu avais partagé avec ton fiancé. Y entrer fut un crève-coeur mais tu y parvins. Tu pleuras … beaucoup. Dormis … beaucoup. Après plusieurs jours, tu parvins à une conclusion après avoir regardé les albums photos, tu étais jeune et avais la vie devant toi, tu n'aurais pas voulu qu'il s'arrête de vivre si tu étais morte, tu étais persuadée qu'il n'aurait pas voulu ça pour toi non plus.

Une fois ta décision prise, tu retrouvas Clint dans votre bar habituel. Tu lui racontas tout, tu lui parlas de Fandral et de ce que tu avais compris. La réaction de l'archer te pris au dépourvu, il te regarda froidement avant qu'un sourire gigantesque ne s'étale sur son visage :

« C'est pas trop tôt ! J'avais parié un arc asgardien à Thor que tu parviendrais à ce résultat sans que je te botte les fesses ! »

« Attends ! Quoi ?! Tu as parié sur moi ?! Sur ma vie amoureuse ?! »

« Je n'ai qu'un conseil à te donner » Fit Clint en ignorant ta réaction « Vie à fond ! Tu sais ce que l'on dit, Carpe Diem, profite du jour présent. En plus, de ce que j'ai compris il serait ton âme-soeur et du coup … bah il paraitrait q'une fois une espèce de cérémonie réalisée, tu te retrouverais à vivre très longtemps … »

« Mon âme quoi ?! »

« Âme-soeur! Ça ne vient pas de moi mais de Thor qui a appris ça de sa mère après avoir parlé ton asgardien ! »

« Tu veux dire que Fandral est au courant de ça ?! »

« De ce que Thor m'a dit, il dépérit complètement »

« Je … »

« Mais bon sang ma vieille ! Qu'est-ce que tu attends ?! Fonce ! Sauf si tu veux que je te botte les fesses ? »

« Laisse mes fesses tranquilles ! Elles ne t'ont rien fais ! »

« Jamais ! »

Tu sortis du bar, laissant l'addition à Clint et partis en courant avant d'appeler Heimdall, une fois à l'abri des regards. Cependant, en retournant sur Asgard, tu appris que Fandral et le trio Paladin avaient été envoyés sur un autre royaume pour calmer une situation au bord de l'implosion. Quelques jours plus tard, alors que tu baladais afin de te vider la tête avant d'aller te coucher, tu trouvas Fandral assis au bord d'une fontaine dans la cour dans laquelle tu avais finalement pleuré. Pas aussi discrète qu'avant, ton arrivée attira l'attention de Fandral qui se releva d'un coup, perdant presque l'équilibre :

« Tu es revenue ! » S'exclama-t-il avec un soupire de soulagement.

« Je … Il n'y a plus rien pour moi sur Midgard » Expliquas-tu en t'approchant doucement.

« Vraiment ? »

« Oui, ce dont j'ai besoin est ici, sur Asgard. »

« Et de quoi as-tu besoin ? » Murmura Fandral quand vos corps ne furent plus qu'à quelques centimètres d'écart.

« De mon âme-soeur »

« Vraiment ?! » Demanda Fandral dont le coeur s'emballa.

« Je sais que je suis effrayée, j'ai tellement peur de te perdre, de te voir mourir, mais vivre sans toi … Je crois que ce serait pire »

« Je ne mourrai pas »

« Tu ne peux pas être certain de ça »

« Je ne mourrai pas » Répéta-t-il « Je reviendra des enfers s'il le faut mais je ne t'abandonnerai pas, c'est une promesse. J'ai vécu sans toi pendant des années et quelque chose manquait, puis tu es arrivée et c'est comme si tout c'était éclairé que j'avais une direction, puis tu m'as quitté et ça a été épouvantable. Alors non, je ne vivrais pas ça deux fois, si tu es d'accord, je ne laisserai plus. Laisse-moi être à tes côtés ! On ira a ta vitesse ! »

« Tant mieux, après tout, il s'avérait que grâce à toi je me retrouve à vivre très longtemps »

"Il est trop tôt pour te demander de m'épouser ? »

« Oui » Ris-tu.

« Alors quand ? Quand pourrais-je te le demander ? Demain ? »

« Non » Souris-tu.

« Quand alors ?! »

« Tu n'auras pas à le faire »

« Quoi ?! Pourquoi ?! » S'exclama-t-il, tes paroles n'avaient pas de sens.

« Tu n'auras pas à le faire car c'est moi qui te le demanderai. Mais pas tout de suite, pour l'instant je veux retourner au marché nocturne »

Vous vous mites en route, ton bras enroulé autour du sien, ta maison reposant sur son avant-bras :

« Quand est-ce que tu vas me le demander alors ? »

« Pas tout de suite »

« Demain ? »

« Pourquoi es-tu si pressé ? »

« Parce que je t'aime et que honnêtement, devoir te laisser tous les soirs devant ta porte me donne des cauchemars »

« Je t'aime aussi »

« Alors marions-nous tout de suite et abrège mes souffrances ! »

« Non » Ris-tu.

« Y/N ! » S'exclama-t-il « C'est de la torture ! »

« Ce que tu peux être dramatique ! Et au passage, je t'aime aussi. »