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Note de l'auteure, en guerre depuis 15 ans :

Cette histoire sera quelque peu similaire à celle que j'ai écrite et publiée sur mes sites, et qui s'intitule :

« La Bataille d'Azzano »

La Timeline sera cependant différente. (1943 contre 2009 ici)

Désolée... Ce n'est quand même pas de ma faute si Sebastian Stan joue souvent des Soldats prisonniers de guerre ! Crénom...

Vous connaissez la chanson : pas de lecteurs, pas de Bêta, donc pardonnez-moi pour les nombreuses fautes restantes.

Et l'histoire.

Et le personnage. (Surtout ça...)

Une petite musique bien triste pour accompagner la lecture :

« Malia J - Smells Like Teen Spirit »

Allez, bon courage...

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/!\ Âmes sensibles, s'abstenir /!\

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Front de Combat entre les Royaumes de Gilboa et de Gath :

« Load up on guns, bring your friends... »

Le Prince du Royaume de Gilboa, le Commandant Jack Benjamin, dirigeait son Régiment, le 127e, d'une voix ferme et autoritaire. Du haut de ses jeunes 25 ans, il devait prouver au Royaume, à lui-même, mais surtout à son père le Roi Silas, qu'il méritait son grade militaire. Que sa distinction n'avait aucun rapport avec son rang Royal.

Difficile de se faire obéir et respecter par ses Soldats, Jack ne savait jamais s'ils obéissaient aux commandes par confiance, ou par réflexe dû à son statut de Prince.

De fait, Jack passait son temps à se jeter en premier sur les lignes ennemies. Le premier à charger, le premier à tirer, le premier à partir. Il ne voulait pas rester caché derrière ses camarades. Il était peut-être le Prince, et le futur Roi de Gilboa, mais son devoir martiale passait avant tout.

Même avant sa vie.

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Ce funeste jour, le Commandant portait son éternelle tenue aux couleurs militaires, pour se fondre dans la masse du No Man's Land, devant les fils barbelés qui séparaient les deux fronts opposés.

Cette terrible Guerre Civile entre Gath et Gilboa subsistait depuis des années et des années, et la frontière des deux Royaumes n'avait de cesse de bouger. Tantôt reculer d'un côté, pour ensuite mieux avancer de l'autre.

Cette Guerre n'avait aucun sens.

Et elle devait se terminer...

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Jack paraissait encore plus jeune que son visage pâle le laissait penser. Il n'avait pas de barbe pour le vieillir quelque peu. Seulement des cheveux sombres, sempiternellement en bataille, et de magnifiques yeux bleu acier qui semblaient infiniment triste. Plutôt grand, mais un peu trop fin, il ressemblait plus à un adolescent qu'à un Commandant.

Et pourtant...

Lorsque l'ordre du Roi tomba, le 127e Régiment se prépara à attaquer les lignes ennemies. Ce n'était cependant pas le Régiment de Jack qui aurait dû accepter la mission, mais ils étaient les seuls présents au moment de réceptionner l'ordre Royal sous la tente du Colonel.

Évidement, Silas ignorait que son propre fils partirait dans cette embuscade qu'il avait lui-même perpétrée... L'idée du Roi était de faire accuser les ennemis de l'attaque, et d'anéantir le Régiment pour dissimuler les preuves.

Pas de quartier.

Pas de prisonnier.

Juste un génocide direct pour continuer la Guerre, tout en faisant passer Gath pour les responsables.

Si seulement Jack n'avait pas répondu au message...

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« Our little group has always been... »

Mais il avait répondu au message, et son groupe partait déjà à l'assaut. Attendant la nuit tombée, caché derrière le barbelé du No Man's Land, le Prince était en tête avec son fusil en mains. Son casque de métal solidement vissé sur le crâne et observant le camp opposé de ses yeux perçants.

Derrière lui, tous les Soldats se tenaient prêt, les doigts serrant fortement leurs armes respectives, attendant le feu vert de leur Commandant.

Lorsque le Prince hurla le mot d'ordre, tout le reste se passa affreusement vite.

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Les balles sifflaient dans tous les sens. La plupart des Soldats ne les évitaient que par miracle. Ensuite, les bruits assourdissants des obus, des bombes et des grenades qui explosaient au hasard, sur le sol humide et froid. L'odeur de la poudre qui se mélangeait à celle du sang. Les premiers hurlements des blessés dans la nuit noire, sous une lune pâle et triste.

Lorsque le jeune Prince tomba dans un trou béant sur la terre ennemie, son camarade le rejoint aussi vite que possible pour lui parler aussi rapidement qu'il le pouvait. En hurlant, pour se faire entendre au milieu de ce boucan assourdissant.

- Commandant ! C'est une embuscade ! Les ennemis connaissaient déjà notre plan d'attaque !

- Je sais !

Jack paniqua.

Comment était-ce possible ? Il avait une confiance absolue en ses hommes, qu'il dirigeait déjà depuis plusieurs années. Pourtant, son Second avait raison. Gath connaissait le lieu, la date et l'heure de l'attaque.

C'était un piège.

Mais, par qui ?

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Une explosion à quelques mètres de Jack, et de son ami, les firent tous deux sursauter. Le Prince s'arrêta de réfléchir à la cause de l'embuscade, en essayant plutôt de sauver ceux qui restaient à sauver.

En revanche, son camarade ne l'entendait pas de cette façon :

- Commandant, nous devons vous sortir d'ici ! Nous devons vous ramener sain et sauf au...

- NON !

Le Second sursauta derechef :

- Mais, mon Commandant, vous êtes...

Jack lui jeta un regard noir. Et, même sans lumière aucune, son camarade comprit.

- Je sais qui je suis ! reprit Jack. Ici, je suis votre Commandant ! Et je vous donne l'ordre de vous retirer au camp, sans moi ! Je vais rester en retrait pour couvrir vos arrières !

Abasourdis, il fallut une autre détonation pour raviver les esprits du Soldat.

Enfin, il se leva pour quitter le trou recouvert de poudre et de cendres, puis il se mit à crier les ordres du Prince au milieu des terres de Gath.

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Jack ne s'arrêta pas de tirer avec son fusil braqué sur les Soldat ennemis. Il resta en tête du combat, tout en jetant des coups d'œil frénétiques derrière lui, pour voir si ses hommes se dirigeaient à nouveau vers le No Man's Land pour retourner au camp.

Malheureusement, il ne vit rien du tout. Ou plutôt, il vit ses hommes étendus sur le sol noir, sans bouger. Une panique intense s'empara de lui.

Puis, une ombre se mit à bouger dans les ténèbres. Il visa et, au moment où il s'apprêtait à tirer, il reconnut de justesse son ami.

- Qu'est-ce que... ?

Essoufflé et anéanti, l'homme répliqua :

- Je suis désolé, mon Commandant...

- Q-Quoi ?!

Jack ne comprit pas.

Ou plutôt, il ne voulut pas comprendre.

Un autre « clic » devant lui le fit sursauter, et il mit à nouveau son fusil en joue en une fraction de seconde. Lorsqu'il tira, aucune balle ne sortit de son arme.

Vide.

Plus de munition.

Heureusement, son camarade réagit rapidement pour tuer les ennemis en face d'eux. Mais leur répit fut de courte durée lorsqu'ils découvrirent un monstre métallique s'avancer vers eux.

Un énorme Tank du nom de : « GOLIATH », peint en lettres blanches, juste en dessous du canon principal.

Le Second lâcha son arme et leva les bras en l'air en signe de réédition. Comme Jack ne comptait pas se rendre si facilement, le Soldat dut lui-même lever les mains du Prince pour le garder en vie.

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« It's fun to lose and to pretend... »

Les ennemis embarquèrent les deux prisonniers vers leur camp. Sans arme et sans munition, ils marchèrent dans le couloir de la mort. Sous la tente la plus proche, ils jetèrent violemment les deux hommes sur le sol poussiéreux.

- Bougez pas ou vous êtes morts !

Lorsqu'ils firent demi-tour pour attraper de quoi ligoter les deux otages, le Second en profita pour se jeter rapidement sur Jack. Sur le moment, ce dernier sursauta, surpris.

- Qu'est-ce que... ?

Mais son camarade plaqua sa main sur la bouche de Jack pour l'empêcher de parler :

- Chut, chut !

Puis, une fois le Prince calme, son ami descendit sa main vers son cou pour agripper la chaîne métallique de ses plaques militaires. Il les sortit de sous l'uniforme du Commandant et il tira dessus d'un coup sec pour les lui arracher et les glisser dans sa poche.

Sous le regard interrogateur et perdu du Prince, le Second expliqua :

- Ils ne doivent pas savoir qui vous êtes. S'ils découvrent que vous êtes le Prince, vous ne retournerez plus jamais à Gilboa. Ils vont se servir de vous dans la guerre contre votre Père.

Le cœur de Jack rata un battement.

Son ami avait raison et cela le terrifia.

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Quatre hommes armés débarquèrent ensemble dans la tente pour se poster, avec un air hautain, au-dessus des prisonniers. Un des ennemis s'agenouilla pour ligoter les mains de chacun des deux captifs, dans leur dos. Pendant ce temps, un autre ennemi glissa ses doigts sous le col de l'uniforme du Second, pour en sortir ses plaques militaires, qu'il cassa dans un « clic » sec. Puis, il lut le nom à haute voix :

- Le Second Steve Rogers, 127e Régiment de Gilboa.

Il donna le collier à son sous-chef, toujours debout, puis il se dirigea vers Jack, qui ne bronchait pas. Lorsque le Soldat passa ses doigts sous le col de la chemise du Prince, il ne trouva pas les plaques, et cela l'énerva. Avec une colère bien visible, il leva son fusil vers l'otage, en crachant :

- Encore un crétin qui perd son identité au milieu du champ de bataille, hein ? T'es qui ?

Jack déglutit et se mit à mentir, avec une aisance étrange :

- Sergent James Barnes, 127e Régiment de Gilboa.

L'homme lui jeta un regard noir, empli de haine, puis il se leva lentement pour faire face à ses collègues. Lorsque, quelques secondes plus tard, le Commandant ennemi débarqua sous la tente en vociférant avec impatience :

- Nom de Dieu, qu'est-ce que c'est que ce bordel ?! On avait dit « Pas d'otages » ! Qu'est-ce que ces deux Soldats foutent ici ?!

Une petite voix dans le coin de la tente se mit à expliquer, timidement :

- Ils se sont rendus, Commandant. Tous les autres sont morts. 20, au total.

Un voile de tristesse traversa le regard de Jack, qui ignorait jusqu'à présent les réelles pertes de son Régiment. Tous morts, donc. Excepté lui et son ami.

La honte et la détresse s'abattirent sur lui.

Le Commandant souffla, et se mit à réfléchir. Puis, un peu plus calmement, il avoua :

- Bon, peut-être qu'ils nous seront utiles... Je vais faire envoyer un message au Roi Silas. Voir s'il veut négocier la libération des otages. En attendant...

Il esquissa un sourire sadique en lâchant à ses hommes :

- … essayez de ne pas trop les abîmer...

Après ça, il quitta la tente, laissant les quatre hommes seuls avec les otages.

Désespéré, Jack ferma les yeux. Il connaissait très bien son père et il savait parfaitement que Silas ne négocierait en aucun cas avec les ennemis.

Il se savait condamné.

Étrangement, cela le remplit de fierté de mourir au combat.

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« And I forget just why I taste... »

Au second coup dans ses côtes, Jack s'allongea de tout son long sur le sol poussiéreux. Malgré la douleur des tortures qu'il subissait sans discontinuer depuis la veille au soir, il gardait son énigmatique sourire sournois. Énervant encore plus son assaillant, qui attrapa son fusil par le viseur pour écraser la crosse de l'arme sur le front du pauvre Prince.

Sous la violence de l'action, Jack sentit son esprit partir loin, à moitié assommé. Ses mains, toujours ligotées dans le dos, étaient engourdies depuis plusieurs heures et ses jambes ne le portaient plus depuis un moment déjà.

Un liquide chaud se mit à couler sur son visage, rougissant sa peau pâle et sale.

Son ami fixait la scène avec stupeur, sans rien pouvoir faire. Dès qu'il ouvrait la bouche pour essayer d'arrêter les ennemis, ces derniers frappaient à nouveau, avec plus de violence encore.

- Fichus Soldats de Gilboa ! cracha l'un d'entre eux. J'espère que vous irez tous brûler dans l'Enfer de votre putain de guerre !

Pour joindre l'acte à la parole, il donna un énorme coup de pied, chaussé de ses Rangers cramponnés, dans la poitrine de Jack. Qui tourna définitivement de l'œil, en quelques secondes à peine.

Le Second dut clore ses paupières pour ne pas voir son chef agoniser, en sang, sur ces terres barbares.

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Le lendemain soir, après avoir passé la journée à étouffer dans la tente sous le soleil ardent de Gath, deux hommes arrivèrent vers les prisonniers. L'un d'entre eux portait un sac médical et une blouse blanche. Le Second s'assit en tailleur, heureux de voir un Docteur, se posant cependant une étrange question :

Pourquoi ?

Si Gath avait décidé de garder les deux otages en vie, sûrement que le message de négociation venait d'être envoyé, et ils souhaitaient mettre toutes leurs chances de leur côté dans l'attente d'une réponse favorable.

Le médecin s'agenouilla devant Jack, toujours dans les vapes. Sans le détacher pour autant, son assistant l'aida à lever et à maintenir le prisonnier assit pour pouvoir le soigner.

Il commença par vider la moitié d'un flacon d'antiseptique sur son crâne et sa plaie béante au front. La douleur raviva le Prince, qui sursauta et s'agita.

- Tenez-le ! ordonna le Médecin à son allié.

Jack ne pouvait pas ouvrir les yeux, son visage ruisselait de sang, de poussière et de désinfectant. Et de quelques larmes salées. Le Médecin attrapa un bandage entièrement blanc pour le nouer autour de la tête de Jack, et ainsi protéger sa blessure de futures infections.

Une fois le visage propre et soigné, le Soldat laissa tomber Jack sur le sol et le Docteur rangea ses ustensiles. Mais, lorsque l'otage ouvrit les yeux pour analyser ce qu'il se passait autour de lui, le Docteur en question eut comme un soubresaut, en dévisageant l'homme. Qui lui rappelait vaguement quelqu'un...

Perplexe, il murmura :

- Je vous connais... ?

Sensiblement effrayé, Jack fit simplement « non » de la tête en baissa son regard. Le Médecin s'apprêtait à répliquer, lorsque le sous-chef de l'armée adverse débarqua en trombe sous la tente, en hurlant :

- Doc, j'ai besoin de vous au front !

Certes, toujours intrigué, mais n'ayant pas le choix, le Docteur se releva pour courir sur le champ de bataille.

Jack souffla de soulagement en jetant un regard complice vers son ami, à quelques mètres de lui.

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« I'm worse at what I do best... »

Jack aurait bien volontiers voulu mourir en héros, au combat. Mais le Destin avait un étrange sens de l'humour.

Le Soldat David Shepherd prit sur lui de secourir les otages, sans ordre aucun et sans aide venant de ses supérieurs. En pleine nuit, et dans le silence absolu, il traversa le No Man's Land pour débarquer dans la tente ennemie et libérer les captifs incognito.

Même si la mission ne se déroula pas exactement comme prévu, il réussit à sauver les deux hommes. Sans savoir que le Prince de Gilboa en faisait partie.

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Ainsi, quelques jours plus tard, David devint le Héros Nationale, et le Roi Silas le promu Captain.

Quant à Jack, il se sentit humilié, affreusement triste pour la perte complète de son Régiment, et quelque peu jaloux des honneurs de David.

Le pire restait encore à venir : il découvrit avec douleur que la plupart des gens pensaient réellement que Jack lui-même était responsable de l'embuscade sur son escadron. Que c'était lui l'agent double et l'espion pour Gath. Jack en fut dévasté. Et outré.

Si seulement cela pouvait s'arrêter à de simples rumeurs...

Malheureusement pour lui, le Prince apprit ensuite qu'il devait passer en Cours Martiale pour répondre de ses actes et plaider sa cause.

Il était pourtant innocent, et il ignorait d'ailleurs que son père le Roi était en réalité le véritable responsable du piège.

Après cette nouvelle humiliation, Silas enfonça un peu son fils en le bombarda, certes, « Major », mais en le retirant du front et en lui donnant un travail dans la Capitale Shiloh, derrière un bureau.

S'en fut trop pour Jack, déjà ravagé par son trauma, ses pertes et son audition au tribunal, il ne voulait pas quitter le front. Il voulait repartir au combat.

Pour y mourir.

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Durant les mois suivants, il en voulut énormément à David de l'avoir sauvé.

Jack aurait tellement préféré mourir là-bas, en Héros, au lieu de revenir en traître à Gilboa.

Ce fut après ces tragiques événements que Jack décida de s'allier à son machiavélique oncle William pour préparer un horrible Coup d'État...

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« Hello, hello, hello, how low ? »

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FIN