Hey !

Ceci est un OS JoshNeku. J'arrivais pas à me sortir cette idée de la tête.

En principe, il ne contient aucun spoiler pour NeoTWEWY, donc vous pouvez le lire sans crainte !

Bonne lecture !


« Ça devient pénible, Josh. »

Neku croise les bras et le fusille du regard, et sa voix inflexible prouve bien qu'il ne ment pas, quand il prétend que ça l'ennuie. Et pourtant.

« C'est toi, Neku, qui a pensé que je te manquais. J'ai simplement perçu cette réflexion et décidé d'agir en conséquence.

-Même. C'est pas une raison.

-Je suis là, du coup, non ? Ce n'est pas ce que tu voulais ?

-On peut pas toujours faire ce qu'on veut. »

Il lui explique ça comme s'il parlait à un enfant capricieux. Et, comme lorsqu'on s'adresse à un enfant capricieux, le sens de la phrase est perdu quelque part entre les lèvres de l'un et l'oreille de l'autre. Le Compositeur se met à rire. Il sait que ça va encore plus l'agacer, ça, mais il n'y peut pas grand-chose. C'est vrai que ça l'amuse. Et puis, de toute façon, il ne fait rien de mal : c'est Neku qui l'a appelé, même si c'était inconscient. Et Joshua ne peut rien lui refuser.

L'autre ne fait même pas mine de s'approcher de lui. Il reste là, assis sur le lit, les bras résolument croisés, comme s'il s'attendait à ce qu'il cède comme ça, qu'il le renvoie d'où il vient. Enfin, d'où il vient, façon de parler. Physiquement, il n'a pas bougé.

Joshua prend la liberté d'avancer, de grimper sur le matelas comme s'il s'agissait du sien, sans demander. De poser sa tête, doucement, sur les cuisses de l'autre, qui ne le repousse pas. Qui l'observe lui sourire d'en dessous et puis soupire lourdement. Son regard se fait un peu moins dur. Ses bras se délient et des doigts, même, viennent se perdre dans la chevelure du Compositeur, qui en ferme les yeux de soulagement. Ça commençait à faire longtemps.

« Josh… Je comprends, vraiment. C'est… compliqué. Comme situation. Mais, bordel, tu peux pas me kidnapper dans l'UG quand ça te chante !

-Quand ça te chante.

-J'ai rien demandé ! » s'indigne Neku.

La main dans ses cheveux stoppe son geste, fait mine de s'éloigner, mais Joshua récupère bien vite la paume chaude pour la replacer au-dessus de son front. Oups, il va vraiment finir par l'énerver pour de bon. M'enfin. C'est un peu amusant, aussi, d'embêter Neku, de le voir fulminer, de savoir que chacun de ses neurones est en train de penser à Joshua – même si c'est pour lui imaginer une mort lente et douloureuse.

Et le sourire du Compositeur s'agrandit à mesure que l'autre se renfrogne.

« Allons, mon amour, je ne suis pas un monstre ! J'ai simplement accouru à ton secours en sentant que tu te languissais de moi. Je ne pouvais vraiment pas te laisser dans cet état, si ? Quel piètre partenaire je ferais ! »

Dans une heure ou deux, quand la colère sera retombée, il sera content. Joshua le sait. Ce n'est pas la première fois, et ça devient atrocement prévisible. Qu'est-ce qu'ils y peuvent ? Ça va sûrement durer plusieurs années comme ça.

« Ok, ben maintenant que t'es là, tu me manques plus, assène Neku. Je peux retourner dans le RG, maintenant ?

-Tu veux que je parte ?

-Ouais, j'étais occupé. »

Il dit oui, mais Joshua entend ses pensées, et il sait qu'il ment. Leur relation serait autrement plus compliquée s'il n'était pas omniscient. C'est rare, que Neku dise ce qu'il pense d'entrée de jeu. Il faut toujours lui arracher ses véritables sentiments à grand renfort d'insistance et de disputes sans fin. Paradoxalement, c'est quand il est furieux qu'il déblatère avec le plus de sincérité. Soit ça, soit quand il est trop fatigué pour gronder.

« T'avais pas l'air occupé, pointe Joshua.

-J'allais partir retrouver Beat.

-Hum. »

Joshua acquiesce, fait signe qu'il a enregistré l'information. C'est tout. Neku a toujours les sourcils froncés. Bah. Joshua lève un bras pour effleurer sa joue, satisfait de constater qu'il ne le repousse pas. Ça fait des mois qu'il ne l'a pas touché comme ça. Qu'il n'a touché personne comme ça. En fait, qu'il n'a touché personne tout court. C'est presque trop de stimulation d'un coup, après tout ce temps.

Presque.

« Il va s'inquiéter, insiste Neku.

-Oh, sûrement.

-Shiki aussi. »

Ça sonne comme un reproche. Joshua secoue la tête, un petit sourire aux lèvres.

« Ils n'apprendront jamais, hein ? »

Toujours le même affolement inutile.

D'abord, ils vont frapper à la porte de Neku, mais il ne pourra pas leur répondre, même s'il les entendra tambouriner et discuter entre eux à travers la porte, à mi-voix, inquiets. Ils essaieront de l'appeler et le portable de Neku ne sonnera pas. Ensuite, ils iront frapper chez Joshua, et Joshua pourrait répondre, mais il ne le fera pas.

« T'es un enfoiré.

-Eh, c'est toi qui refuses que je leur altère la mémoire » rappelle le Compositeur en étouffant un bâillement.

Même temporairement, même pour les apaiser. Joshua ne comprend pas. Ça éviterait tout ce cirque, et ça leur éviterait d'être dérangés si souvent. Ça éviterait la grimace de culpabilité sur le visage de Neku chaque fois qu'il entend frapper à la porte. Et Josh déteste se sentir impuissant à l'apaiser dans ces cas-là, mais il ne fera rien que Neku ne veuille pas. Ce serait le meilleur moyen de le perdre pour de bon.

Il sait que certains de ses alter ego, dans certaines dimensions parallèles, ne sont pas si gentils que lui avec leurs Nekus. Oh, il pourrait, soit le manipuler, soit le contraindre, pour qu'il reste à ses côtés dans l'UG, mais la solution ne paraît satisfaisante qu'en fantasme. Il sait que ces Joshuas-là ne sont pas vraiment heureux de la situation qu'ils ont eux-même créé.

Là, son Neku fait la tête, mais il va finir par s'apaiser. Et, le jour où il en aura vraiment assez de l'UG, le Compositeur le ramènera dans le monde des vivants en un claquement de doigts. Quand bien même c'est douloureux chaque fois qu'il le laisse partir.

Chaque rappel de l'existence de ses amis les rapproche de la séparation. La dernière fois, Neku a vu quelqu'un porter des vêtements conçus par Shiki, et une telle mélancolie l'a saisi que Joshua s'est senti obligé de calquer à nouveau sa fréquence sur celle du RG immédiatement et de s'éclipser, le laissant comprendre peu à peu que la foule pouvait de nouveau le bousculer de part et d'autre. Il n'aimait pas tellement les adieux déchirants.

« Rejette pas la faute sur moi » lui reproche Neku en continuant de démêler les mèches blanches, sans y penser.

Joshua fait un simulacre de moue boudeuse. Il a envie de dormir. Ça lui fait toujours ça, la chaleur de Neku, ses jambes sous lui. C'est dommage, qu'il doive supporter la même discussion interminable que les autres fois, mais bon.

« Comme si c'était mon genre. »

Un mince rictus sur les lèvres de Neku. Il a presque gagné.

« À peine. »

C'est compliqué, de s'écarter de lui. Joshua est presque tenté de fermer les yeux et de s'assoupir là, mais il sait que ce sera plus confortable s'il prend le temps de se redresser, de pousser Neku sur le lit et de s'allonger sur lui. Alors, c'est exactement ce qu'il fait. Il cale son nez au creux de son cou avec l'impression de retourner à la maison. Neku soupire juste un peu, résigné, en saisissant un plaid roulé en boule non loin de là pour le poser sur eux. La couverture n'atteint pas leurs pieds, mais ça demanderait trop d'efforts de la mettre correctement, alors tant pis.

« Bon. Après la sieste, tu me renvoies dans le RG ?

-Hum, je ne pense pas. »

D'ici deux semaines peut-être, ou plutôt trois.

Neku râle pour la forme, pourtant il le serre contre lui. Il irradie une espèce de joie exaspérée, paradoxale, qui contente autant Joshua que la chaleur de sa peau.

« En fait, poursuit-il, je devrais te garder tout l'hiver. Ça nous empêcherait à tous les deux d'avoir froid, et je trouve que c'est un bon compromis. »

L'idée lui plaît, en tout cas. Il pourrait toujours rendre Neku à l'humanité lorsque le soleil reparaîtrait sur la surface de la Terre, et celui-ci pourrait continuer de promener sa mélodie à travers la ville, la rendant infiniment plus harmonieuse sans effort, rien qu'en existant entre ses rues. Ce serait un peu comme un cadeau à Shibuya, de la part de son Compositeur.

« Wow, c'est une sacrée idée de merde » râle le cadeau sous lui.

Bon, il aura essayé.

« Pourquoi ? Ce serait équitable. Six mois dans l'UG, six mois dans le RG.

-C'est pas tout à fait moitié-moitié, fait observer Neku. Vu que, quand je mourrai… »

Il a un mouvement qui ressemble à un haussement d'épaules. Sa main trace des lignes dans le dos du Compositeur.

Quand il mourait, effectivement, ils seraient ensemble pour toujours. Mais en attendant…

« C'est trop loin.

-Je sais, Josh.

-Tu peux pas mourir maintenant, dis ?

-Va te faire enculer, non ?

-Qu'il est vulgaire… » ricana Joshua.

Il y a un silence confortable, qui laisse à penser que la discussion est close pour cette fois. Puis :

« Josh ? Tu veux pas vraiment que je meure, rassure-moi ?

-Tôt ou tard, si. Rassure-toi, je vais faire en sorte que tu vives le plus longtemps possible. Ce serait ennuyeux que tu aies des regrets pour le restant de l'éternité. C'est juste… »

Il déteste comme sa voix le trahit, là. C'est sûrement la fatigue. Retrouver Neku le rend toujours somnolent, comme s'il ne pouvait se détendre complètement qu'auprès de lui, et que l'épuisement le gagnait en conséquence. C'est agréable, cela dit. Doux.

« … Long ? propose Neku.

-C'est ça.

-Hum. Je suppose que je peux rester un ou deux jours. »

Deux ou trois semaines, Joshua pense. C'est trop court, mais c'est le temps qu'il faudra à l'humain, avant de se languir de la vie. À peu près. Il se trompe rarement dans ses prévisions, mais il ne le contredit pas, lassé de la discussion.

« Tu es cruel, mon amour.

-C'est l'hôpital qui se fout de la charité, là. »

Le Compositeur ricane contre sa peau, ferme les yeux et profite de ce moment d'égoïsme. Ce n'est pas la première fois, ni la dernière, qu'il enlèvera Neku.

Il sait que ce dernier ne lui en tient pas rigueur. Et même, il sait que Neku aime ça. Il ne le formulera jamais à voix haute, mais ses pensées sont suffisamment bruyantes pour ne pas laisser de doute à ce sujet.


Voilà !

C'est pas grand-chose, mais j'ai vu quelqu'un sur Twitter parler d'Hadès et Perséphone et... Ouais. Ca leur va bien.

Merci d'avoir lu !