[ATTENTION : l'univers de Harry Potter ne m'appartient pas, ceci est une fanfiction et je n'y gagne aucune somme d'argent. L'univers et ses personnages appartiennent Rowling J K ]
[Collectif NoName Secret Santa 2020] A Flower-on-a-box, en espérant que cette histoire te plaise.
Note de l'auteur :
Hello tout le monde, j'espère que vous allez bien ! Une fois n'est pas coutume, on m'a passé une petite commande pour Noël de la part de Flower-on-a-box sur le fandom de Harry Potter ! Je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler cette histoire à tout ceux et celles qui ne connaissent pas le thème qui m'a été soumis. C'est un peu une première et ce fût un vrai challenge que d'écrire sur un fandom que je ne maîtrise que très peu avec en plus un genre que je... bah, ne maîtrise clairement pas, soyons honnêtes xD
Passons aux modalités : quitte à faire dans le neuf (nouveau fandom), je n'ai pas encore écrit la suite de cette histoire. Et oui, à ceux et celles qui me suivent depuis déjà quelques temps, sachez que je termine toujours mes histoires avant de les poster, histoire de m'assurer de ne jamais les laisser à l'abandon, sans suite, à leur triste sort... MAIS MAIS MAIS rassurez-vous, la trame et le découpage des chapitres est fait ! Bande de petits fanfrelins, bien sûr que je n'allais pas me lancer dans une histoire en mode : "yolooooo !" héhé.
Il y aura donc 6 chapitres en tout, le rythme de parution sera un peu aléatoire, je dirais toutes les trois semaines (le week-end, généralement) mais n'ayant pas écrit les chapitres à l'avance, je ne peux rien assurer.
Sur ce, enjoy et n'hésitez pas à laisser une petite review !
– Les mille grues –
Chapitre I
Aujourd'hui encore, c'est la même pensée qui vient la réveiller et lui étirer un sourire empreint de curiosité. Elle pose ses pieds sur le sol de pierres froides et enfile ses pantoufles avant d'inspirer longuement et de tourner son regard vers les carreaux colorés.
Sans hésitation, elle s'y avance. Chaque jour, murmure au fond d'elle ce petit sentiment : « Sera-t-elle là, aujourd'hui ? ». Ouvrir sa fenêtre est bien plus passionnant quand le suspense est au rendez-vous. Le gel de l'air s'engouffre dans la pièce et balaie son visage.
Oui, elle est là.
Précieusement, Hermione vient cueillir ce petit bijou de papier. Voici des mois qu'un nouveau fleurit aléatoirement sur le rebord de sa fenêtre, attendant patiemment que des mains salvatrices viennent le délivrer du froid.
Aujourd'hui encore, elle est bariolée de couleurs, comme un enfant qui aurait déchaîné avec enthousiasme et candeur toutes les teintes du monde. Et puis, une fois sa tâche accomplie, il aurait plié soigneusement sa création. Chaque jour où elles se déposent sur le rebord, chaque jour où la surprise l'attend, elle imagine cet être inconnu pliant et repliant savamment sa feuille pour que prenne forme une jeune grue.
Au creux de ses paumes, la grue frétille encore des ailes, réjouies de trouver son destinataire, avant que l'enchantement ne s'efface. La grue se fige et redevient alors simple origami.
À genoux, elle tire de sous son lit une boîte usée par le temps. Une si jolie boîte qui aurait bien fini anéantie par un sortilège quelconque si elle ne s'était pas battue dans les poubelles du château, à coup de grands discours sur le recyclage, face aux Elfes.
Heureusement, la voici devenue malle de ses trésors. Et aujourd'hui, c'est une nouvelle grue qui va rejoindre ses congénères aux coloris parfois foisonnants, parfois gribouillées, parfois annotées : de petites phrases, ou juste quelques mots perdus sur le beige du parchemin. Une fois ses volatiles de papiers rangés dans l'obscurité, il est déjà temps descendre retrouver la grande salle, ses affaires de cours sur le bras.
— Salut Hermione… marmonne Harry à la table tandis qu'elle s'assoit. Ron, quant à lui, émet un grognement encore étouffé de sommeil. Comme à leurs habitudes.
Tout n'est qu'une question d'habitude. Ou de routine, plutôt : les cours, les amis, les repas… Tout est millimétré dans son quotidien…
— Miss Granger, qu'en pensez-vous ?
… Sauf dans ces moments-là. Immédiatement, elle sent le rouge lui monter aux joues et irradier son visage tout entier quand son cœur, après un battement raté, s'emballe et s'emporte. Elle relève le nez de son parchemin en laissant filer son souffle, posant de sa main tremblotante sa plume dans l'encrier.
— Oui, professeure Chourave ?
— Une réponse, peut-être ?
Oui, bien sûr qu'elle l'a. Mais les mots s'entassent dans sa gorge. Et lorsqu'un premier son tente de s'élever, c'est pour mieux créer le carambolage : toutes les phrases s'emmêlent dans sa bouche. Les premiers rires moqueurs s'élèvent, eux aussi.
Un chuchotement court de bouche en bouche autour d'elle : « le buisson ardent… » qu'ils susurrent tous. Et puis il y a le regard verrouillé sur elle de la professeure qui l'écrase. Elle sent celui d'Harry, à ses côtés, qui se veut soutenant, celui de Ron qui fusille les oiseaux moqueurs qui l'entourent… Mais à quoi bon ? Elle expire, retenant ainsi ses larmes derrière les barrages de ses yeux et abaisse son front :
— Je ne sais pas...
Si, évidement qu'elle savait. Mais les mots, comme à chaque fois, ne veulent pas sortir. Ils préfèrent s'envoler au travers de son regard qu'elle a posé sur ce rectangle bleu de ciel. Si elle était une grue, elle s'envolerait bien volontiers par cette fenêtre.
À la pause midi, Ron et Harry se sont lancés dans un grand débat à propos de joueurs de quidditch. Ils ne cherchent plus à la réconforter, savent que leur simple présence suffit pour l'apaiser. Ils parlent et remplissent de bruit son univers muet. Ils font vivre les mots pour elle, elle qui les préfère couchés dans le jaunâtre d'un parchemin. Ou griffonnés sur le beige d'une grue ramassée secrètement sur le rebord d'une haute fenêtre.
Alors le soir, comme tous les soirs depuis des mois, elle pense et se demande : qui ensorcèle ces grues ? Qui les fait planer jusqu'à sa fenêtre ? Et tandis qu'elle s'élève dans les bras de Morphée, elle relègue ses questions sans réponse à l'obscurité de la petite boîte usée. Tout ce qu'elle souhaite, c'est que le jour lui apporte un nouvel oiseau innocent et silencieux dans ce monde beaucoup trop bruyant.
Les jours défilent et se ressemblent sans qu'aucun oiseau ne vienne allumer ses journées. Il paraîtrait que les surprises sont plus belles lorsqu'on ne les attend pas. Suffirait-il pour elle de les ignorer pour mieux les apprécier ? Pourtant, elle préfère l'espoir au désespoir : l'espoir donne l'énergie de se lever le matin. Et c'est ce même espoir qui l'a sorti du lit ce matin-là :
La brise gelée s'engouffre et caresse son visage pour l'illuminer de joie. Elle recueille le volatile qui la fixe de son bec triangulaire, frétille avant de s'immobiliser. Cette fois-ci, elle n'est pas bariolée, mais griffonnée de pattes de mouche, des bouts de phrases qu'elle peine à déchiffrer sur les ailes.
Précautionneusement, elle déplie l'origami. Que c'est étrange, de passer de l'état de grue à celui de carré de papier plissé.
« Il paraît que si on arrive à mille grues, nous pouvons exaucer un vœu. »
Non, elle ne le savait pas. Mille grues ? Combien en possède-t-elle déjà ? Aussitôt elle sort sa boîte à secrets et se met à compter.
— Tu es encore loin des mille grues… qu'elle chuchote pour elle-même.
Déplaçant son regard sur le carré pour le relire, la phrase l'intrigue. Quel souhait cette personne voudrait-elle réaliser ? C'est bien la première fois que l'inscription lui est directement adressée. Pas une maxime sans âme, pas un extrait de texte aussi célèbre qu'impersonnel, pas des mots jetés sans cohérence.
Alors qui est-il ? Il est grand temps qu'elle réponde à son ensorceleur de papiers.
