Note de l'auteur: Ni l'Univers ni les personnages de la saga Harry Potter ne m'appartiennent mais je les emprunte pour cette

histoire ( d'ailleurs la musique d'OVERWERK- Toccata ne m'appartient pas non plus, mais je vous conseille quand même de l'écouter.)

Reviens une fois de plus

Le 30 juillet 1998, Harry se resserre un verre.

Il est ivre, plus d'alcool dans le sang que de globules rouges.
Il ne pense plus à grand chose, juste à son verre qui doit être plein et à ses pensées qui ne doit pas aller trop loin.

Il se dit aussi que demain, il aura 18 ans et puis... et puis, il ne veut pas s'appesantir trop longtemps sur ça.
Il a mal au crâne et une envie de vomir qui ne le lâche plus.

Mais son bras continue de lui amener son verre à ses lèvres, et son verre continu de déverser son contenu dans sa bouche.

L'alcool une manière comme une autre d'oublier; qui on est, ce qu'on l'a fait, ce que l'on veut. Harry sait que la colère qui le dévore est nourrie par de nombreuses raisons, mais il préfère tomber dans un coma éthylique,
plutôt que de s'en avouer certainnes.

Jamais encore il ne s'était lamenté sur son sort aussi longtemps. Mais après tout, il n'avait jamais eu le temps de le faire avec un Seigneur des Ténèbres sur son dos.
Maintenant que celui-ci a été ... vaincu( le brun boit cul sec le reste du liquide ambré, qui n'arrive même plus à lui brûler la trachée) Harry se tape une dépression.

Il attrape sa bouteille d'alcool pour remplir de nouveau son verre.

Il lui faut quelques secondes pour réaliser que celle-ci est vide comme ses compères alignées sur la table.
Alors le sorcier se relève dans le noire, tombe à terre, se relève une nouvelle fois en s'appuyant à la table avec un bras tremblant et tangue, vacille jusqu'à la pièce d'à côté.

Les rideaux n'étant pas fermés dans la cuisine, la lumière lui brule les rétines. Ses genoux flanchent, il se rattrape de justesse à un plan de travail.

Il lui faut dix minutes pour atteindre l'armoire pourtant à deux pas seulement de lui.

Le jeune adulte voit trouble et en double. Deux clinches semblent danser devant ses yeux. iL en attrape une aux hasard. Contact froid contre sa main brûlante.
Il ouvre l'armoire, prends une des quatres bouteilles ensuite se tourner pour repartir, s'arrêter, réfléchir et prendre finalement entre ses bras les quatres bouteilles.

Le whisky pur feu manque d'être déverser sur le sol quand Harry entends un autre bruit que celui du tic-tac de sa pendule.

Quelqu'un toque à sa fenêtre.

Il sursaute, cligne des yeux puis se fige.

Le tout en berçant toujours contre son torse les quatres bouteilles.

Une myriade d'émotions traverse son corps, mais Harry a l'esprit trop ralentit, engourdit pour en comprendre le sens.

Toc,Toc.

Il se retourne lentement pour ne pas aggraver ni sa migraine ni ses nausées et trouve deux chouettes à sa fenê du courrier pour lui acroché à leurs pattes.

Un bref moment, il se rappelle Hedwige et sa mort avant de trembler d'irritation. Le monde sorcier ne peut-il pas le laisser tranquille ? Ne serai-ce que pour une journée?

Le 31 décembre 1934, 20h30, Marceau Ire est toujours acculé contre la porte.

Tom le maintient en place, une main sur son épaule et une autre sur sa bouche alors même que le silence s'est installé durablement.

il a encore les yeux sur le lit de Billy Stubbs. Cette horrible petite peste avec qui il a dut partagé sa chambre depuis qu'il avait quitté la crèche.

Lui et son lapin dégoutant.

Son lapin qui était toujours dans ses crottes, dans sa paille, dans sa cage, dans la chambre de Tom.

Le garçon sent la colère nager dans ses veines. il a envie de déchiqueter, de tordre et de briser.

La puanteur de l'animal flotte encore dans la pièce mal-éclairée. Cette odeur est imprégnée dans ses habits, ses couvertures...

Dans sa tête!

Ses yeux s'assombrissent sous la rage,la flamme de la bougie vacillante se reflète sur ses pupilles dilatées à l'extrême.
Se sont deux miroirs d'un noir d'obsidienne qui absorbent toute lumière.

Billy Stubbs a toujours laissé son lapin dans sa crasse , il l'adorait mais il n'a jamais compris le principe de propreté.

C'est Billy qui laisse trainner ses chaussettes puantes dans la chambre, mais c'est Tom, qui les met aux linges sales.

C'est Billy qui mange les biscuits salés, mais c'est Tom, qui balaye les miettes tombées par terre.

C'est à Billy le lapin, mais c'est Tom, qui change l'eau de la bestiole et qui nettoie sa foutue cage!

Sa main exerce plus de force sur l'épaule de Marceau qui ne semble même pas le sentir.

L'orphelin s'accapare aussi la chambre la plupart du temps, Lui et ses "amis".

Alors une fois l'école finie , Tom doit attendre le couvre feu pour, enfin, rentrer dans la pièce.

Et en plus, ses amis et Stubbs fouillent dans ses affaires et prennent ce qui leurs plaisent.

Jedusor n'a plus qu'une seule chemise grise pour tout l'hiver. Il n'ira pas demander à Mademoiselle Cole une nouvelle écharpe et un autre pull.
Il sait d'avance que ça ne lui rapportera rien si ce n'est des problèmes pour les avoir "perdu"...

Non, Tom n'aime pas Billy. En fait, il le hait. Toujours sale, toujours méprisant. Le roux le surnomme le : "Taré".

Et l'enfant ne peut repenser qu'à toutes les fois où il s'est laissé insulté... et Hier...

Seul la sensation d'une respiration humide contre sa paume l'arrache de ses pensées.

Il reporte son regard et toute son attention sur Marceau Ire.

Du premier coup d'oeil, Jedusor constate que celui-ci est plus maigre que mince. Il flotte littéralement dans sa chemise déjà usée par un autre mais le garçon aux cheveux noirs n'y prête pas vraiment d'importance. Après tout, il est aussi maigre que lui.

Marceau a l'air frêle, pense Tom en laissant son regard tomber sur les yeux émeraudes dépouillés de tout éclats éveillés, frêle, vide, et,... faible.

Ils ont sans doute le même age.

Il lâche l'épaule du garçon et enlève son autre main de sa bouche pour la frotter contre son pantalon large. Le fait d'avoir toucher ses lèvres
roses avec sa main le dégoute. Surtout que sa peau est mainteant moite.

Tom grimace, ce qui pour lui revient à surélever sa lèvre supérieure sur une de ses canines et à un léger froncement des sourcils.
Mais ses iris récupérent une couleur brune plus naturelle que le noir de tantôt.

Il ne lâche toujours pas du regard l'orphelin, à l'affût. De la même manière qu'un serpent se tiendrait immobil, en attendant que sa proie bouge pour frapper.

Mais sa proie ne bouge pas, ne crie pas, ne parle pas. Fixe seulement le vide.

Jedusor doit en être sur, sur que celui-ci est bien incapable de former une pensée cohérente.

Il guide sa "puissance" vers l'orphelin. Depuis tout petit, il a toujours eu une vague idée de ce que les autres ressentaient. Ce n'est que récemment qu'il a réalisé qu'il n'est pas censé pouvoir faire ça non plus.

Depuis, il a un peu expérimenté et il peut avec beaucoup de concentration et de pouvoir, attraper quelques vagues pensées et images dans la tête des autres.

Mais dans la tête de Marceau, il n'attrape rien, il a l'impression de froler un voile .Léger, inexistant.
Le garçon aux yeux verts ne pense pas. pourtant,Tom réussit à percevoir quelques sentiments de sa part. Il se sent rassuré...

Pourquoi? Jedusor cherche encore et ne trouve que pour seule réponse une émotion diluée, comme de la peinture dans une eau troublée, ,une image...un souvenir oublié. L'orphelin s'y accroche avant qu'il ne se dissipe. Mais tout est troublé, flouté car Marceau lui-même n'arrive pas à le récupérer. Il perçoit Juste l'impression d'avoir trouvé quelque chose, de reconnaitre quelque chose...

Tom reprend pied sur la réalité, se dresse de toute sa taille. Un mouvement qui pourrait être perçu comme mignon, vu son age, si on ne sait pas qu'il y a peine une heure, il est allé égorgé un lapin.

-Marceau?

L'autre ne réagit pas face à son prénom ( où en tout cas le prénom que les gendarmes lui ont donné) mais le plus grand insiste.

-Marceau?

Tom ferme les yeux une seconde.Parler avec un mur serait plus intéressant.

- Je ne sais pas si tu m'entends (Il ouvre de nouveau les yeux, la lumière de la bougie créé des ombres sur son visage) mais je vais te prévenir malgré tout ( il se stoppe un instant, pour reprendre un octave plus bas)si tu révèles à qui que se soit, ce que j'ai fait aujourd'hui( les yeux verts sont vides et Tom se sent ridicule de le menacer ainsi)je le saurai et un jour ou l'autre, se sera toi, qui sera pendu à la poutre.

Bien sur, il n'a aucune réponse de la part de l'orphelin, même pas le moindre signe que celui-ci ai pu comprendre ce qui vient d'être dit.

Tant mieux dans un sens.

Tom hausse les épaules, plus détendu qu'il ne l'a jamais été avec une personne dotée de toutes ses capacités mentales.

Il laisse le simplet pour se retourner vers l'unique armoire de la chambre. Ses petits pieds ne font pratiquement aucun bruit sur le parquet.

La flamme de la bougie se contracte, comme si on lui avait porté un coup, lorsqu'il ouvre le meuble, avant de se stabiliser.

La lumière orange apporte une note chaleureuse à la pièce. Elle glisse sur le visage de Marceau, illumine la table de chevet sur laquelle elle repose et caresse la nuque de Tom. Un calme tranquil s'installe. L'enfant de huit ans trouve enfin son pyjama, sorte de chemise longue qui s'arrête aux dessus de ses genoux.

Un bruit de froissement plus tard, son pantalon et sa chemise grise sont enlevés et déjà pliés sur son lit.

Maintenant en caleçon au milieu de la pièce, Jedusor jette un coup d'oeil à l'autre garçon. Un de ses sourcils s'arque.

Lorsqu'il parle de nouveau, il a une façon de manier les mots qui fait penser à une flèche qu'on encoche et à une corde qu'on étire. Un ton posé qui hisse des commandes. Un ton qu'un garçon de son âge ne devrait pas posséder.

-Qu'est-ce que tu attends?(il sait qu'il n'aura pas de réponses, se trouve idiot de même poser la question, il poursuit)Va te coucher.

Marceau semble enfin réagir et s'avance à la place de sortir. Tom le regarde faire, ses traits plongés dans l'ombre, un sourcil toujours arqué.

Le brun possède une démarche traînante et maladroite, bien moins silencieuse que celle jedusor. Il ouvre à son tour l'armoire et prends, presque mécaniquement, la chemise de Billy Stubbs. Tom grimace une nouvelle fois. L'habit n'a pas été lavé depuis des mois,ça pue la sueur.
Mais Billy s'en contrefiche comme l'enfant aux yeux verts, apparemment, puisqu'il se déshabille à son tour, pour ensuite, l'enfiler.

Le visage de Tom n'est plus qu'une contorsion de tics, complètement dégouté.

Il ouvre la bouche pour dire à Marceau d'aller se coucher dans sa chambre quand il voit celui-ci s'asseoir sur le lit de Billy. Mais il la referme bien vite.

Et Pourqoi ne pas le laisser faire? Rien de mieux que de voir la tête de Billy une fois qu'il aura finis de pleurnicher en bas, et qu'il découvrira qu'on lui a piqué son lit pour cloturer la journée.

Un paresseux sourire s'étends sur les lèvres de Tom lorsqu'il s'allonge dans son lit.

Il souffle sur la flamme.Celle-ci se contorsionne une dernière fois comme un serpent avant de s'éteindre.