Note de l'auteur: L'Univers ainsi que les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas mais je les emprunte quand même pour cette histoire.

Reviens une fois de plus

Le 31 juillet 1998, 11h30, une vague de chaleur s'infiltre dans la maison par les fenêtre explosées et par la porte ouverte.

Harry est assis sur le seuil de celle-ci, les jambes étendues à l'extérieur et l'épaule droite appuyée contre l'encadrement en bois de la porte ouverte.

Derrière lui Hermione ramasse les bouteilles en miettes avec des soupires de plus en plus audibles."-Alors? Tu vas participer à la Cérémonie?"
lui-avait'elle demandé. Il ne lui avait pas dit non, il lui avait juste dit:"-Je n'en ai pas envie".

Elle s'est emballée, bien sur qu'elle s'est emballée, pense Harry. Elle a essayé de le convaincre avec tout un tas de raisons d'y aller.
"-Ca te fera du bien de voir du monde."
"-Beaucoup de gens ont besoin de toi Harry."
"-Les rumeurs sur toi s'arrêteront"
...

Le jeune sorcier lui avait répondut de la même manière;"-Je n'en ai pas envie".

Hermoine s'est ensuite mise en colère et l'a réprimandé avec une voix bien sèche alors qu'il l'a fixé avec des yeux de poissons morts. Puis son amie s'est calmée. Maintenant elle range la bâtisse sans plus rien dire. Harry Potter suppose que c'est sa manière à elle de bouder.
D'habitude elle s'isole des autres quand elle râle mais, non, elle va pas lui donner cette satisfaction là aujourd'hui.

La lumière éclabousse les morceaux de verre qui scintillent sur le sol sale. les chaussures de Ron viennent en écraser quelques uns alors qu'il se décide à agir. Il se penche contre sa petite-amie pour lui murmurer quelques mots apaisants avant de se diriger vers son ami.

Ses longues jambes enjambent celle de Potter et il vient s'accroupir à ses côtés.

Il y a un silence tendus où les deux garçons regardent la fôrét .Puis, Ron renifle un instant et avec l'impulsivité qu'il lui est propre, il s'écrie sans aucune retenue.

-Mec, par la barbe de Merlin, tu pues plus qu'un troll!

Embarrassé, le brun sent ses joues chauffer et espère que sa peau est assez bronzée pour dissimuler sa rougeur.
Les deux amis se jettent un coup d'oeil avant d'éxploser de rire.

La tension entre eux se brise et Harry continue de rire sans trop savoir pourquoi. Après tout, il n'y a rien de marrant à savoir qu'on pue après ne pas s'être lavé depuis des jours. Mais ça lui fait du bien.

-Alors, c'est à toi la maison?

Harry se calme un peu et jette un regard circulaire sur le batiment.

-Oui, je l'ai acheté avec l'héritage de mes parents.

Ron s'écrie une nouvelle fois:

-La chance!(le roux s'arrête en comprenant, trop tard, sa maladresse) Merde! Je voulais pas dire ça comme ça. Bien sur, ça ne remplacera pas tes parents...(Ron sait bien qu'il risque de s'enfoncer si il en dit plus, alors il change d'approche et Harry le laisse faire)Je veux dire, regarde
moi! Je parie que je vivrai encore chez ma mère dans cinq ans et toi, tu as déjà ta propre maison!

Le Sauveur du monde magique lui accorde un sourire. Depuis la fin de la guerre, la mort de ses parents lui semble de moins en moins importante.
Il réalise seulement maintenant que quand il pensait à eux, c'était plutôt à un rêve qu'il pensait. Pas aux personnes elles-mêmes.
Même si ils se sont sacrifiés pour lui, il ne les a jamais connus et il n'a donc pour eux que de la reconnaissance et pas d'affection.
Mais il aurait voulu...

Quant il était enfant, ils symbolisaient pour lui l'amour et la sécurité et ce qu'il reprochait à Voldemort c'était de lui avoir enlevé ce rêve.C'est seulement après avoir perdu tant de gens qu'il aimait comme Sirius, Remus, Fred,Dumbledore, et même Rogue, qu'il le réalise. La douleur n'est pas la même.

Weasley ne se décourage pas devant le nouveau silence.

-En parlant de ta maison, désolé pour tes fenêtres quelques Réparo devrai arranger ça.

Le brun glousse de nouveau et il enlève avec le dos de sa main les gouttes de sueurs qui s'aggluttinent sur son front à cause de la température estivale.
Le roux le regarde sans comprendre. Dans ses yeux bleus, bleu comme la mer qui lèche les plages du Caraîbes, se reflète un Harry qui rit avec la tête renversée.

Le sorcier se retient tant bien que mal de rire plus fort encore. Car cela sonnerai plus hystérique que joyeux, il le sait.

Les fenêtres! Les fenêtres!? La dernière de ses préoccupations, vraiment! C'est tellement grotesque que c'est hilarant.

il se calme rapidement. Trop rapidement. C'est comme si on avait tourné un interrupteur pour caler son rire dans sa gorge.

-Laisse les fenêtres là où elles sont, Ron...

-Harry?

Le ton de Ron est plus sérieux et plus fragil aussi. C'est ce ton qui amène Potter à le regarder avec attention.
Ce n'est que maintenant qu'il réalise que son ami a les traits tout aussi tirés que lui. Ce n'est plus un enfant, ce n'est plus un adolescent et c'est même plus qu'un adulte. C'est quelqu'un qui en a trop vu et qui en a trop fait. Tout aussi lasse du monde que l'est Harry.

-Retourne au Terrier avec nous.

Sans trop y avoir réfléchis, le sorcier se trouve entrain d'acquièscer.
Il y a vingt minutes à la même demande il aurait dit non. Mais le temps avance, change, et comment Harry peut-il rester un point fixe dans ce courant en perpétuel mouvement?

Ses amis avaient besoin de lui, tout autant qu'il avait surement besoin d'eux.

Il y a vingt minutes, il avait l'esprit moins lucide qu'à présent, et il sait bien qu'il ne doit pas s'embourber dans ses émotions négatives trop longtemps. De la même manière qu'on ne barbote pas dans des sables mouvants.

Une heure plus tard, après une bonne douche, Harry a saisit ses maigres affaires en plus de la lettre d'Hermione, de la Gazette des Sorciers et de la lettre qu'il n'a pas encore ouverte et qu'il a reçu avec celle d'Hermione. Tout les trois, ils partent sans regarder en arrière.

Dans un autre monde, il aurait peut-être aussi saisit la lettre qui lui offre un poste d'Auror ainsi que son "diplôme" de Poudlard envoyé par la poste.

Dans un autre monde seulement.

Ici, il s'est résolu à vivre son présent mais pas encore son future.

Le 6 janvier 1935, 18h00, Jedusor s'est installé à sa table habituelle.

La chaise en bois sur laquelle il s'asseoit est toujours aussi dure, vieille et branlante.

La salle où tout les orphelins mangent est toujours aussi propre, grise et glauque.

Le garçon regarde son plateau un instant.

Son diner est toujours le même que celui que l'on sert tout les dimanches: des haricots blancs à la tomate.

Tom lève les yeux pour fixer l'enfant assis juste en face de lui. Marceau Ire est le seul changement notable dans ses habitudes.
Le plus petit des deux est assis d'une façon étrange. Là où Tom a le dos droit,les mains bien sagement posées sur la table devant lui, Marceau est ramassé sur lui-même et ne semble pas savoir quoi faire de ses deux mains. Ou même de ses deux bras, à la réfléxion.

Cela fait maintenant six jours qu'il mange avec lui, six jours où il a l'impression de manger avec son monstre de Frankenstein personnel.

Si il ne lui dis rien, Ire ne fait rien. Il reste immobil comme une statue. Dans un sens, le garçon aux yeux verts le fascine parce que c'est un être humain qui ne le crains pas. Qui ne l'écarte pas. Qui ne le trouve pas étrange.C'est un être humain qui est depuis six jours à ses côtés. Il est juste si proche.

Plus atteignable pour lui que personne d'autre ne l'a jamais été.

D'un autre côté, Tom veut plus qu'une simple carcasse qui lui obéit. Il voudrait discuter, et, même si il trouve ça vraiment gamin, il voudrait rouler dans la neige, faire des batailles de boule de neige et jouer avec un autre.

Mais Marceau Ire est vivant sans vraiment l'être. Il est quelqu'un mais n'est personne.

Son existence est pour Tom, ce qu'est une croûte pour une plaie.

Dans un sens, il le soulage un peu de sa solitude. Les coups d'oeils appuyés des autres orphelins le dérangent moins. Il prête aussi moins attention à ce qu'ils disent sur lui, aux rumeurs malicieuses qui se propagent de table en table.
Sa table à lui n'est plus totalement vide. Il n'a plus à s'asseoir seul face à des enfants qui prennent leur place par groupes de dix.
Toutefois, Marceau irrite, gratte ses nerfs.

Il n'y aucun sentiments de fierté à s'asseoir à côté d'un imbécil. Sa compagnie silencieuse est vide de sens. Il n'est là que parce que il lui a dit de descendre pour diner. Il n'est là que parce qu'il répète les mouvements de Tom comme un nouveau-né. Il ne peut pas discuter avec lui, il ne peut pas jouer avec lui.

D'un autre point de vue, ce garçon frêle ne fait qu'approfondir son sentiment de solitude.

Agacé, Jedusor dépose brutalement sa cuillière contre la table en bois. Marceau ne réagit pas, ses bras pendent inutilement dans le vide.
Alors, le plus grand des deux fait ce bruit qu'il émet quant il est irrité. Entre un sifflement et un claquement de langue avant d'ouvrir la bouche et de lui cracher un seul mot avec hostilité.

-Mange.

Et Marceau se met à manger.