Note de l'auteur: Ni l'Univers ni les personnages de la saga Harry Potter ne m'appartiennent mais je les emprunte pour cettehistoire ( d'ailleurs la musique de NEFFEX: Cold ne m'appartient pas non plus, et pourtant, je vous la conseille).

Reviens une fois de plus

Le 7 janvier 1935, le ton stricte de l'instituteur emplis la pièce.

30 élèves l'écoutent, serrés dans une pièce étriquée, silencieux et sérieux comme des pierres tombales.

Cette école réunie tout les enfants du quartier, mais cette classe a regroupé tout les orphelins de Wool de huit à neuf ans. Les bancs sont alignés en deux rangées pour laisser une allée plus ou moins dégagée entre le pupitre du professeur et la sortie.
Derrière l'instituteur, le tableau noir de la classe prend l'entièreté du mur.

Tom, lui, est assis à sa place coutumière, au fin fond, dans le coin gauche. Il plonge la pointe de sa plume dans l'encrier avant de s'appliquer à re-copier ce qui est inscrit au tableau mais son attention est sur Marceau. Il a fait s'asseoir celui-ci à sa droite et, depuis, Ire ne fait que ça: s'asseoir.
Il n'écrit rien, ne calcule rien et n'a pas sorti ses affaires.

Il n'est même pas assis convenablement!

Ses épaules sont basses, son dos n'est pas droit, ses bras ne sont pas posés sur le banc mais pendent plutôt dans le vide. Il est tellement flasque qu'on dirait une méduse déposée sur une chaise.

De 9 heure du matin jusqu'à cet après-midi, il n'a rien fait.

Jedusor aurait du s'en douter.

Ses yeux sombres s'attardent quelque peu sur le corps rigide de son professeur. Ce qui est le plus étrange c'est l'attitude de Monsieur Stew à propos du manque de conduite de Marceau.

Monsieur Stew est un de ses vétérans endurcis de la Grande Guerre. Les mères, qui viennent rechercher leurs enfants dans cette école, parlent souvent de lui. Des murmures animés qui n'échappent jamais totalement aux oreilles de l'orphelin, comme tout ce qu'elles disent d'ailleurs. Il se serait porter volontaire car il est patriote jusqu'aux bouts des ongles.

L'enfant n'a jamais trop bien compris pourquoi quelqu'un irait risquer sa vie pour l'Angleterre, ou, pour n'importe quels autres pays.

Il est célibataire aussi, les femmes disent qu'il est un bon est grand, porte une moustache blonde qui roussie aux contours de ses lèvres pincées et, possède deux yeux mornes, d'un gris qui rappelle à Tom l'orphelinat Wool. Ses vestes sont toujours à cinq boutons, ses blaser sont toujours d'un noir unis, le reste de son costume est toujours doté d' un motif rayé. Depuis que Jedusor est entré à l'école, il ne l'a encore jamais vu lâcher son bâton, qu'il utilise soit pour discipliner des élèves, soit pour pointer diverses choses sur le tableau.

Globalement, c'est un homme d'habitudes, sévère, patriotique et qui hait toute forme de désobéissances.

Un chuchotement échangé entre voisins de table est égale à cinq coups de bâton, répondre au professeur: dix coups de bâton, lui désobéir équivaut à vingt coups de bâton et à une visite au bureau du directeur.

Se tenir correctement à son banc, tout comme suivre les cours, est une évidence.

Malgré tout, l'instituteur ne punis pas Ire.

En fait, Il ne daigne même pas jeter un seul coup d'oeil dans sa direction
L'enfant hume pensivement alors que sa main ne s'arrête pas d'écrire.

Est-ce que l'attitude de professeur à l'égard de Marceau a toujours été ainsi? Apparemment oui...

Finissant d'écrire la dernière phrase du tableau, Tom sourit légérement. Il a passé des journées entières à améliorer son écriture, pour qu'elle surpasse celles de tout les autres enfants qu'il connait. Il en est fière.

Après avoir inspecter sa feuille avec attention, Jedusor dépose en silence sa plume. Il est toujours entrain de réfléchir.

L'instituteur lui donnne l'impression que, pour lui, Marceau Ire n'existe pas.
Pourquoi l'adulte agit ainsi?

Cette question tourne dans la tête de l'orphelin aux cheveux bruns.
Stew aurait déjà du battre comme fer son voisin de table mais il ne le fait pas. pourquoi?

Parce qu'il ne s'attend à rien d'autre de lui.
Non. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas qu'il ne s'attend à rien d'autre de lui, mais qu'il s'attend à ce qu'Ire ne puisse rien faire.

Après tout, c'est un attardé aux yeux de tous...
Après tout, n'a t-on pas toujours besoin de lui dire quoi faire?

Le regard de Tom sur l'enfant aux yeux verts devient plus appuyé.

Maintenant qu'il y pense, les adultes de l'orphelinat se comportent de la même manière que Stew autour de Marceau, si on enlève Martha de l'équation. Pour eux, tant qu'il vit et qu'ils ne le perdent pas, peu importe ce qu'il fait ou ne fait pas, et, peu importe ce qui lui arrive...N'est-ce pas à cause de ce point de vue que Cole a décidé de changer de chambre entre Billy et Marceau? Elle a peur que le "méchant garçon" fasse du mal à Stubbs alors elle sacrifie l'idiot...

Il y a comme un tic qui apparait sur le visage de Tom, un froncement de sourcils, brusque et bref, qui plisse pendant une seconde sa peau.
Et puis, son expression redevient normale, la couleur de ses yeux juste une touche plus sombre.

Cette femme...n'est pas bonne, il le sait. Mais qui l'est?

Il se rappelle de la virulence avec laquelle Mrs Cole l'a accusé d'avoir pendu le lapin. Il se rappelle de ses cris.

" Tu n'es qu'un vil petit menteur! Tu sais bien qu'avant de rentrer dans le hall je vérifie que personne ne reste dehors. J'ai compté et il ne manquait que toi et Marceau Ire!" Si Marceau est toujours ignoré, lui, il est toujours suspecté du moindre vice.

Pourquoi la directrice n'a pas suspecté Marceau aussi? Il n'était pas là non plus!

Les dents de Tom grincent alors que son visage reste impassible. Et puis, ses pensées convergent sur autre choses.
Comme des aimants qui s'attirents, elles s'assemblent pour former une idée qui l'électrise d'anticipation. Marceau Ire ne peut rien faire tout seul. Ne peut même pas s'occuper de lui-même, alors comment pourrait-il avoir les capacités de faire mal aux autres? Il est en dehors de toute suspicion...

Mais Marceau Ire, n'est-il pas son monstre de Frankenstein personnel?

Le professeur passe tout près de Jédusor, ses pas résonnent dans la pièce tout comme sa voix qui s'élève à nouveau.

-Maintenant que vous avez tous recopiez ce texte, lisez-le avec attention. Demain, vous devez tous le savoir par cœur.(Il fait demi-tour se pour se remettre derrière son pupitre et ajoute) Ce type de texte est-ce qu'on appelle un poème.

Jedusor baisse les yeux, docil, pour lire le fameux texte.

" Invictus,

Out of the night that covers me,

Black as the Pit from pole to pole,

I thank whatever gods may be

For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance

I have not winced nor cried aloud.

Under the bludgeonings of chance

My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears

Looms but the Horror of the shade,

And yet the menace of the years

Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,

How charged with punishments the scroll.

I am the master of my fate:

I am the captain of my soul.

By William Ernest Henley"

Tom a le temps de lire trois fois le poème avant que la cloche ne sonne.

-N'oubliez pas d'étudier ce texte aujourd'hui. (les enfants lui répondent en choeur: "Oui, Monsieur Stew" il hoche la tête satisfait, et place ses mains derrière son dos) Vous pouvez ranger.

Les orphelins se précipitent. Comme un sort brisé, le silence craque.

Les cahiers sont fourrés dans les cartables, les pieds des chaises raclent le sol, les manteaux sont enfilés.

Tom prends son temps, range soigneusement ses affaires. Et ce n'est qu'ensuite qu'il se tourne vers son voisin de table.

-Suit-moi.

Lui et Marceau sortent en rang avec tout les autres, guidés par le professeur, jusqu'à la cours. Là-bas les attends une surveillante de l'orphelinat sous la neige qui tombe. Elle tient un parapluie noir pour se protéger de celle-ci et,couplé avec les tenues ternes des orphelins ils forment ensemble un cortège noire qui trace lentement son chemin dans les rues.

Le garçon lève la tête, observe la buée s'échapper des ses lèvres froides pour tenter d'atteindre le ciel gris et, à la recherche d'un peu de chaleur, il rentre ses mains plus profondément dans ses poches. Presque par réflexe, son regard revient sur son compagnon.

A chaque minute qui passe, il ne peut s'empêcher de vérifier que l'autre le suit bien. c'est viscéral.

Tom est inattentif, il ne remarque pas Bob Scheppers arriver à sa hauteur et il ne s'attend pas non plus à ce que celui-ci lui donne un violent coup d'épaule.

Bob Scheppers le dépasse en évitant de le regarder droit dans les yeux et sa voix aigue ne lui offre qu'une maigre explication.

-T'étais dans le chemin.

Bob s'empresse par après de rejoindre Billy et lance à celui-ci un regard fière.

Tom pense qu'il ressemble à un chien, qui demande à son maître d'être félicité pour une pirouette bien exécutée.

Mais Billy ne réagit pas, il a toujours cette expression peureuse et triste qu'il porte depuis la mort de son lapin.
Jedusor se sent heureux à ce constat et décide, par la même occasion, qu'il est temps de récupérer les chemises que lui a volé Scheppers.

Qui sait, il pourrait même lui prendre les siennes?

Les enfants arrivent bientôt devant les grilles de l'orphelinat Wool.

Ils entrent, enlèvent leurs manteaux et sont acceuillis par Cole.

-Il est 16 heures vous avez champs libres jusqu'à 18 heures comme d'habitude. Pas de retardataires pour le diner et n'oubliez pas que vous ne pouvez sortir dans la cours qu'après 18h40.

Libre de faire ce qui lui plait, Tom entrainne Ire dans leur chambre et le fait s'asseoir sur un des lits. Il tourne en rond dans la petite pièce sous le regard vide de Marceau. Après quelques secondes, il s'arrête devant celui-ci, se penche assez près de son visage pour prendre tout son champs de vision. Pendant plus de cinq minutes, il reste ainsi à le fixer.

Puis ses doigts viennent toucher la joue de Ire, une action brève, Tom rétracte ses doigts assez vite.

Toucher quelqu'un volontairement est quelque chose d'étrange...

L'enfant se redresse comme pour paraitre plus mature, plus adulte. La chaleur étrangère fourmille encore aux bouts de ses doigts.

Il va récupérer ce qui est sien aujourd'hui. Et il va utiliser Marceau Ire pour le faire.
Il faut qu'il fasse ça bien.
Après le diner...

Ce soir, Tom sortira dehors avec tout le monde.

Qu'ils puissent tous voir qu'il est là et non pas à l'intérieur.
Qu'on ne puisse pas l'accuser.

Mais est-ce que Marceau sera capable de le faire?

Jedusort plisse les avec une attention accrue l'autre orphelin.

Il aura besoin de lui donner deux ordres au minimun. Pourra-t'il les exécuter?

La réponse lui vient tout seul: oui.

Quand ils ont dû changer de chambre, il a demandé à Marceau d'aller chercher ses affaires ET de les ramener.

Il sait aussi où est la chambre de Scheppers. Deux ordres. Tom ne veut pas risquer dans donner trois.
Il faut faire un test avant d'essayer véritablement.

-Marceau, vas me chercher tes chemises et donne-les moi.

Le garçon se lève, s'avance vers le placard.

-Attends!

Ca ne va pas, il faut qu'il le formule différement. Parce que Marceau ne devra pas que les ramener, il faudra qu'il les dissimule sur lui .ça fait trois ordres pas deux.

Marceau ne doit pas les mettre dans la chambre non plus. Dés que Scheppers déclarera qu'on lui a volé des chemises, les adultes conduiront une fouille. Ce n'est que quand Tom se fait voler qu'on le traite de menteur sans vérifier.

Après 20h20, le batiment est fermé, personne ne peut sortir. A ce moment là, il sera trop tard pour les cacher dehors. Non, il faut que Marceau vienne dans la cours les lui donner, pour qu'il puisse les dissimuler...

-Marceau, cache tes chemises sous tes vêtements et amène-les moi.

Ire semble un peu perdu au milieu de la pièce, après un instant, il se remet en mouvement sous le regard intense de ouvre la porte, se saisit des chemises, se débat une seconde avec elles ,avant de toutes les caler en utilisant la ceinture de son pantalon, et de les recouvrir sous la chemise qu'il porte . Bien sagement, il revient vers lui et lui tends la boule d'habits

Quand il est 18h40 passé et que Billy et Bob sont descendus ainsi que tout les autres pensionnaires de l'orphelinat, Tom se retourne à nouveau vers Ire. Ils sont dans un coin assez isolé de la cours mais il prends quand même la peine de murmurer ses instructions.

-Vas cacher toutes les chemises de la chambre de Scheppers sous tes vêtements et amène-les moi.

L'enfant aux yeux verts obéit. Jedusor le suit des yeux.

Il traverse lentement la cours. Les autres enfants ne lui accorde même pas un regard. Des boules de neiges volent en tout sens dans la cours suivit de près par des gloussements enfantins. Il atteint enfin la porte d'entrée, Mrs Cole positionnée juste à côté ne bouge pas d'un cil. Elle ne lui pose aucune question. A quoi cela servirai? Le garçon ne répond jamais.
Marceau Ire rentre.

Tom attends encore deux minutes puis sort de son coin et se dirige à son tour vers Cole. Elle le repère presque immédiatement.
L'orphelin prends de grandes enjambées vers elle, avec une attitude déterminée et naturelle, il passe à son tour à côté d'elle. Elle pivote pour le garder sous ses yeux, vigilante, droite comme un i.
Il enlève la neige sur l'une des marches qui mène à la porte, s'asseoit sur celle-ci et lève la tête pour scruter le ciel.

Les yeux de la directrice brille dans la pénombre. Elle est suspicieuse, bien sur qu'elle l'est.

Regarde, regarde-moi, tu vois, je ne fais rien...

Le froid mordille la peau de Jedusor mais il n'y prête pas attention.

Non, quelque chose ne va pas, du coin de l'oeil il voit Amy Benson et une de ses amies venir vers la femme.

-Mademoiselle Cole, Emy a trop froid ( Amy lance un coup d'oeil rapide à Tom avant de reprendre, sa voix douce flottant jusqu'aux tympans du garçon) je crois qu'elle est malade.

Cole tourne son attention sur la fillette aux côtés de Benson, sa main vient gentiment courvir le front de celle-ci.

Un instant de silence, la directrice rétracte sa main. Ses lèvres forment une ligne plus fine qu'habituel.
Quand elle ouvre la bouche ce qu'elle leur dit prend la forme d'une réprimande assez sèche.

-Qu'attendez-vous?Rentrer!(elle élève la voix, fronce les sourcils. Ses lèvres sont à présent retroussées )Nous n'avons rien pour vous soignez si vous tombez réellement malade!

Tom panique, un frisson monte son échine lui donnant l'impression qu'un mille-pattes grimpe sur sa colonne vertébrale.

Et si en montant dans les chambres elles croisaient Marceau sortant tout juste de la chambre de Scheppers?!

Impuissant il garde un visage impassif alors que les deux filles lui répondent par un simple "Oui, mademoiselle Cole" avant d'entrer dans le bâtiment. Cependant, il s'inquiète pour rien. Vingt secondes plus tard, Marceau Ire sort de l'orphelinat sans aucun problème apparent. Avant qu'il ne puisse lui donner les chemises Tom l'entrainne dans le coin de la cours où ils se trouvaient auparavant.

En dehors de la vue de tous, Jédusor arrache presque des mains de l'autre orphelin les fameuses chemises. Certainnes possédent son nom écrit à l'intérieur, d'autre celui de Bob Scheppers et même celui de Billy Stubbs. Il lui avait dit de prendre toutes les chemises de la chambre, après tout.

Les habits qu'ils ne sont pas les siens, il les enterre. La cours est nue et dallée mais sous la grille de fer rouillée, il n'y a aucune dalle, que de la terre. Le tout est fait avec rapidité et discrétion. Tom se redresse et lance aux yeux émeraudes un sourire éclatant. Le vide qui réside en permanence dans les pupilles de Ire est remplis par la réflexion de Jedusor.

Et Tom, peut-être trop pris par la joie d'avoir réussis, est pris d'une impuslion pour se réchauffer.

Ses deux mains engourdies par le froid et pleines de terre viennent se poser les joues du brun.
La chaleur qui lui est transmise est douce, mais ce qui est le plus doux pour lui c'est de savoir qu'il peut toucher l'autre.

Ses doigts viennent gentiment caresser le front du garçon sous ses cheveux en pagaille. Il y a un moment où Jedusor juste sait que cet instant sera gravé à tout jamais dans son esprit. La chaleur qui parcoure sa peau, les yeux verts qui ne voient que lui, le ciel d'un soir d'hiver, le bruit des enfants qui jouent les entourant tout les deux, comme une bulle protectrice.

Le simple sentiment d'avoir été aidé, de partager quelque chose avec quelqu'un, d'être accompagné...

Tom n'est plus seul.