Note de l'auteur: L'Univers ainsi que les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas mais je les emprunte quand même pour cette histoire. La musique de Score: Stay non plus et pourtant je la vous conseille.

Bon juste pour prévenir le prochain chapitre sera aussi du temps "Jedusor".

Reviens une fois de plus

8 janvier 1935, 6 heure du matin, le jour croit mais le froid ne recule.

Tom se réveille avec des frissons qui lui parcourent le corps. Comme chaque jour d'hiver, il essaye d'enfouir tout son être sous sa maigre couverture tout autant glacée que lui. Ensuite, Il se lève, ses pieds touchant le sol froid et ses yeux se focalisant sur Marceau.

Les joues rougies, la bouche ouverte, illuminé par les premiers rayons du soleil, l'enfant aux iris vertes dort encore.
Le bras blanc de Jedusor se tends et ses doigts élégants viennent caresser la joue de son compagnon de chambre. Le contact est léger. Une faible brise contre la peau.

Par delà l'unique fenêtre de la pièce, Londres voit le soleil levant faire fondre la neige tombée pendant la nuit. L'eau se transforme en flaque boueuse ou au contraire, en de plaque cristallines, transparentes et lisses, reflétant la couleur bleu nuit que retient encore le ciel. Tel des miroirs argentés laissés à terre pour faire tomber le premier badaud passant sur eux.

Jedusor se lève, son ombre se projetant sur l'autre garçon.

-Marceau, Réveille-toi.

Les yeux d'émeraudes qui s'ouvrent lentement, plongent immédiatement dans les abysses sombres de Tom, et clignent. Il n'y toujours aucun éclat de conscience à l'intérieur de ses pupilles.

-Va t'habiller.

Les ressorts du vieux matelas grincent et l'enfant se lève avec beaucoup moins de grâce que son compère. Ils s'habillent et sous les instructions de Tom prépare ensemble leurs affaires.
A 6h30, une surveillante toque à leur porte. Tom ne la reconnait pas, une nouvelle se dit-il, mais elle semble le reconnaitre.
Puisqu'une fois avoir constatée qu'ils sont déjà réveillés, elle lui glisse un regard suspicieux avant de lancer un autre circulaire à la pièce.

On l'a déjà prévenu de qui est le mouton noir de l'orphelinat Wool. Tom lis dans ses yeux une vague rumeur de phrases accusatrices:
" Fais attention à la chambre 27, Jedusor est un enfant étrange, un menteur, méfie-toi.", "Il fait peur aux autres enfants, il faut le surveiller" et puis la voix de Cole " Quand tu passes dans sa chambre regarde si tu ne trouves pas les chemises, c'est un voleur"

Hier soir, après que Bob Scheppers et Billy Stubbs ont constatés le vol de leurs chemises il y a bien eu une fouille conduite par les adultes. Ce que quand on vole Tom qu'on n'en fait pas. Bien sur, ils sont revenus les mains vides mais Cole n'a pas voulu en démordre. Furieuse, elle a punis tout les enfants. Sa voix tranchante résonne encore dans son crâne " Tant qu'on n'aura pas retrouver le coupable, il y aura chaque soir une nouvelle fouille et le couvre-feu ne sera plus à 22h00 mais à 20h30. Pour tout le monde. " Elle ne s'est pas non plus cachée pour fixer Tom tout du long de sa tirade, devant tout les autres orphelins.

Ce n'est pas juste. Elle a bien vue que j'étais là, que ça ne peut pas être moi! Le garçon rage.

-Descendez déjeuner, dans 1h30 vous devez être prêt dans le hall d'entrée.

Tom lui adresse un sourire poli.

-Oui, Mademoiselle.

elle leur jette un dernière coup d'œil avant de refermer la porte. Une seconde plus tard, on peut l'entendre toquer à une autre pour réveiller les prochains orphelins.

Tom a largement le temps. à 8h20, il est dans le hall avec Marceau. Tout deux rassasiés et propres . Il a même eu le temps de relire le poème assigné pour aujourd'hui.

Petit à petit les autres les rejoignent, Amy Benson étant une des dernière. La fillette arrive avec son groupe d'amies et Jedusor ne manque pas de remarquer leurs hostilités accrues envers lui quand elles passent. Ses amies le lorgnent du coin des yeux alors que Benson le fusille clairement du regard. Une fois qu'elle a rejoint les rangs, elle entame une discussion à voix basse avec Dennis Bishop et Eric Whalley.

Dennis du haut de ses 11 ans considère Amy comme sa petite sœur et son meilleur ami du même age, Eric l'a connait donc bien par association.
Actuellement, la fillette n'est pas bien aimée que par eux, il serait plus juste de dire, que pratiquement tout le monde ici, l'apprécie. Elle, la petite poupée blonde à la voix douce.
Avec Billy Stubbs, c'est l'une des favorites du staff de l'orphelinat.

Jedusor, lui ne l'aime pas. Il la déteste. Il la hait. Depuis, si, si longtemps...

C'est Martha qui les conduit aujourd'hui à l'école. Ils arrivent dans la cours de celle-ci un peu avant que ne la cloche sonne. Entre-temps, Dennis semble avoir accepter de faire quelque chose pour sa "petite sœur". Tom n'a pas besoin de regarder dans quelle direction elle lance son sourire mesquin, victorieux pour se douter que ça le concerne.

La tension noie ses veines.

En cours, Tom récite à la perfection son poème lorsqu'il est appelé au tableau. Monsieur Stew lui adresse un sourire réservé, ses lèvres pincées presque aussi blanches que la neige sous sa moustache blonde.

-Bien Jedusor. Parfait même, je te donne 10/10. Au suivant!

Tous les élèves sont appelés à présenter avant la fin de la matinée. Sauf Marceau, note sans surprise le brun. Leur professeur leur explique ensuite la signification de certains mots du poème. Les enfants de huit ans ne connaissant pas la plupart d'entre eux.

Tom l'écoute d'une oreille, tandis qu'il tente d'attraper le regard de Benson à l'autre bout de la pièce. Il voudrait lire dans ses pensée pour savoir ce qu'elle trame, mais elle est trop occupée à inscrire tout ce que dit Stew dans son cahier pour qu'il succède.

Peu importe, il s'imagine très bien ce qu'elle a pu demander à Bishop. C'est une fille maligne, assez pour manipuler son monde mais elle n'a que huit ans, et elle n'est pas aussi intelligente que Tom. Elle ne peut donc pas encore élaborer de plans complexes. Et elle est impatiente.

Elle lui a demandé de de me frapper, de me donner une leçon avec ses amis. Surement pour cette récréation qui vient.

Toutefois, rien n'est certains. Il voudrait lire dans sa tête quelque chose qu'il lui prouve que ce n'est pas ça . Il voudrait se rassurer. Mais il ne peut pas.

Entrainé par le temps, le monde continue inlassablement de tourner. Alors, il reste immobile sur son siège à se sentir impuissant, acculé, seul. Rien que pour ça, je veux déjà la faire payer.

Rien ne lui vient à l'idée pour s'en sortir. Peut être que les professeurs de l'école auront plus de scrupules que les employés de l'orphelinat. Ou peut-être pas.
Tom Elvis Jedusor n'a plus confiance en ces adultes, en ce monde, en une justice quelconque.

Quand la cloche sonne, elle résonne dans le crane de l'enfant aux yeux assombris, par crainte et rage, comme le glas qui annonce le début d'un combat.

Tom chipote un peu dans ses affaires pour gagner du temps dans la classe, fouille dans son cartable à la recherche de rien, hormis de son courage.
Et puis il se redresse vivement, en colère contre lui-même, contre sa peur, honteux.
Par habitude, il tourne la tête vers Marceau pour lui ordonner de suivre, le visage toujours impassible malgré les émotions qui bouillent à l'intérieur de lui.

Et non, il se corrige, se rappelle, non, je ne suis pas seul. Il se raccroche à cette pensée, tel un rapace qui agrippe sa proie entre ses serres.
Et pourtant, cela ne change rien car Marceau ne lui est d'aucune utilité dans cette situation.

Mais Marceau sera avec moi. Est avec moi.

Ils sortent, tout deux, en dernier dans la cours. Le soleil reste froid contre leurs peaux mais illumine maintenant un ciel plus blanc que gris.

La cours est nue pareille à celle de l'orphelinat Wool.
Elle est dotée d'un préau qui cache les enfants et leurs actions dans l'ombre et d'une grille noires en fer qui garde ces mêmes enfants des rues londoniennes.

Les élèves discutent. Ils courent, ils jouent. Les groupes d'amis sont soit tous orphelins soit tous avec parents, il n'y a pas de mélange.

Vu de haut on ne voit que des petites bouilles blanches habillées jusqu'au cou,écharpes épaisses brunâtre, manteau gris ou noirs, innocents dans leurs rires et dans leurs actes.

Eric Whalley rentre ses mains rougies par le froid dans ses poches, il a une boule dans le ventre qui se solidifie à chaque seconde qui s'envole. Ses lèvres grelottantes s'irritent contre le tissu râpeux du col de son manteau et expirent des nuages blancs qui obstruent son champs de vision. Ses yeux, eux, ne cessent de s'égarer sur le visage de son meilleur ami. Dennis, lui, avance sans sembler avoir le même état d'esprit. Pas de malaise, pas d'appréhension, pas de culpabilité pour ce qu'ils s'apprêtent à faire.

Ils sont arrivés, sans peine, à convaincre quelques amis de leurs classes à participer. Tom Elvis Jedusor n'a jamais été aimé par les autres orphelins.

De plus, presque tout le monde à Wool parait étrangement convaincu qu'il est la cause des événements récents.

Eric ne sait que penser. Comme tout les autres, il n'aime pas ce mioche. Il y a quelques mois encore, il était toujours collé dans les basques d'une surveillante à l'autre, et Eric n'as pas manqué de le catégoriser dans les case : "Lèche-cul", "D'hypocrite" car trop poli, et "D'arrogant" parce qu'il ne s'est jamais comporté comme un mioche.
Il est plus composé, plus mature que tout les autre orphelins, et n'acceptent aucune aide des adultes pour le peigner, l'habiller ou autre. Il parle tel un grand avec un vocabulaire de grand. Lui donne l'impression que lui est plus stupide que ce gosse de 3 ans son cadet. Il le jalouse quelque peu.

De temps en temps, quand Whalley croise le regard acéré et intense de Jedusor, il a aussi des frissons. De peur. Il est différent et des choses étranges se passent autour de lui.

Mais en toute logique, il ne voit pas comment Jedusor aurait pu pendre le lapin à une poutre, même un adulte sur une chaise n'y parviendrai pas, et pour les chemises, Whalley l' a vu rester dehors dans la cours hier soir jusqu'à ce que Mademoiselle Cole les rappelle.

Et puis, cela lui parait mal de blesser un gosse de cet âge. Un acte qui ne s'accorde pas avec sa conscience.

Mais il sait qu'il va faire ce qu'on demande de lui alors il regarde le groupe qu'il forme avec son meilleur ami et d'autres enfants et se tait.

Plus loin comme un piquet sombre au milieu de la cours, il voit grossir de plus en plus la silhouette de Jedusor et de l'handicapé mental.

Reprenons, Whalley n'est pas mauvais. Non, et il n'est pas lâche non plus. Cela veut pas pour autant dire qu'il ne fera pas ce qu'il faut pour survivre à l'orphelinat. Et pour survivre il ne faut pas se retrouver seul. Parce que je n'aurai pas de maison où me réfugier si je ne m'entends pas avec les autres orphelins.

Il se souvient de quand sa mère l'a abandonné à Wool. Un souvenir flou, peu précis et bref. Il avait 7 ans, il avait peur et sa mère été divorcée et sans le sou.
Une femme divorcée est déjà assez mal-vue, mais une femme qui a, en plus, eu un enfant de ce mariage a encore plus de difficultés à se trouver un homme qui paierai les factures pour elle.
Elle a donc dû travailler, mais là encore son sexe l'a mis en difficulté. Qui rémunérai une femme avec le salaire d'un homme? Avec ce salaire, il était déjà dur de s'offrir la nourriture ne parlons pas du loyer pour son appartement minable. Elle travaillait 11 heures tout les jours, sauf les dimanches, la faim au ventre. Elle a tenue 6 mois avant de se faire mettre à la rue et puis, elle a amené Eric à Wool.

Voilà, il ne l'a plus revue par après. Le garçon aux cheveux blonds comme la paille, s'est retrouvé seul au milieu d'une centaine d'autre enfants.
Et par chance, il s'est directement lié d'amitié avec Bishop.

Bishop n'est pas comme lui , son meilleur ami a presque toujours connu Wool. Il y a été laissé quand il avait un an. Pourquoi? Celui-ci ne s'en soucie guère et n'a jamais demandé à Mademoiselle Cole qui était ses parents. Pour lui, ils ne sont rien.

Un jour, Dennis, lui a dit "Ma famille, la famille, c'est celle que l'on a avec nos amis, c'est la seule que l'on a, c'est la seule qui m'importe. Je ferai tout pour mes amis et les autres ne sont rien. Eric, tu es un frère pour moi. Tu peux tout me demander, tu peux tout me dire."

Et c'est vrai, que ceux qu'il ne connait pas, ou qu'il n'aime pas, équivaut pour lui à des insectes. Mais pour ceux qu'il aime, il les élève au rang de sacré.
Bishop n'est pas non plus mauvais, il a juste ses principes et ses priorités.

Malgré tout, malgré ses bonnes paroles, Whalley ne considère rien comme acquis. Peut-être est-ce à cause de son passé, quand il pensait que c'était obligatoire que son père, sa mère et lui reste ensemble. Comme si c'était marqué dans la pierre.
Il ne considère pas son amitié avec Bishop, aussi profonde soit-elle, comme acquise. Non, il sait que l'amitié est comme tout , qu'elle peut se briser.
Il n'oublie pas. Par conséquent, Il prends soin de ne jamais se disputer avec lui ou de le contredire.

L'enfant blond serre les poings, baisse le regard pour regarder droit dans les yeux Jedusor maintenant en face de lui.

Qui agit sans aucunes raisons?