Note de l'auteur: l'Univers ainsi que les personnages d' Harry Potter ne m'appartiennent pas. Oh, vous avez déjà écouter Rilès- EVIL ? c'est génial!
Alors voilà, après un long moment d'absence, je m'y remet! Si je continue à cette cadence cette fanfic ne sera pas terminée avant des années, en fait, je ne sais pas si quelqu'un va lire ce chapitre; vu que je n'ai rien n'écrit depuis deux mois, ou 3 ? Bref, le point positif est que ce chapitre est long, très long.
Sachez que même si je n'ai peut-être pas répondus à l'un de vos commentaires ça ne veut pas dire que je ne les lis pas. Je les adore! Une petite note sur l'un d'eux: j'adore expliquer les raisons qui poussent tel ou tel personnage à entreprendre une action ou une autre. S i je ne le fais pas ou ne donne pas assez de détails sur son caractère, passé, etc... j'ai l'impression que l'histoire devient illogique. Des fois cela me pousse à exagérer et à rallonger le texte pour rien.
Que l'on me dise que je traite bien mes personnages me fait donc extrêmement plaisir et me rassure.
J'ai aussi rajouter quelques personnages qui n'existaient pas dans la saga notamment quelques autres orphelins pour contribuer à cette fanfiction, cela dit je vous rassure l'idée d'en mettre plus que nécessaire me déplairait surement autant qu'à vous. Je n'ai pas non plus envie de dénaturer cet univers.
(au fait Reviens une fois de plus à maintenant 1 an !)
le chapitre suivant celui-ci sera sur Harry.
Reviens une fois de plus
8 janvier 1935, Tom les regarde l'encercler.
Lentement, des flocons commencent à dégringoler du ciel, un vient se lotir contre ses cils.
Il cligne des yeux, déloge son regard de celui d'Eric, en jette un bref en direction du petit groupe que forme les professeurs.
L'idée de se précipiter vers eux pour leur demander de l'aide lui traverse l'esprit.
Mais elle est tout de suite rejetée.
D'abord par sa fierté ( le temps où il demandait de l'aide pour ne recevoir que du silence et de l'espoir bafoué est révolu) et ensuite par sa logique froide et implacable.
Que va-t'il leur dire ? Ils ne lui ont encore rien fait. Et ensuite? je fais la même chose demain? Et le jour encore d'après? Même si ils me protègent cette fois-ci, ils ne seront pas tout le temps là, ou ils se lasseront de devoir à chaque fois s'interposer.
Je ne suis pas un lâche. Je n'ai pas besoin d'eux.
Dennis Bishop s'avance d'un pas, brise le cercle à peine formé. Sous ses souliers usés, la neige crisse.
- Jedusor, allons sous le préau. On doit te parler.
L'orphelin pense au contraire. A rester ici, bien en vue de tous pour empêcher les coups. Il se remémore encore le poing de Billy, le premier coup qu'il ai reçu de sa vie. Son nez qui craque, le sang qui dégouline sur ses lèvres, la douleur qui remonte jusqu'à ses yeux, avec des larmes qui ne coulent pas.
Des surveillantes qui voient tout mais qui ne disent rien. Ne font rien.
C'est mieux que cela se passe ici qu'à l'orphelinat.
Sans aucune expression sur son visage, le garçon hoche la tête. Si un adulte l'aurai regardé à ce moment, il aurait peut-être forcé un sourire poli, par fierté. Ils arrivent au préau dans un silence glacé. La neige tombée sur Tom fond déjà, coule le long de sa nuque, sous ses habits. Marceau le suit comme de coutume.
Tom les a compté, avec Eric et Dennis, il sont cinq. Il ne connait que de vue les trois autres, leurs noms lui échappent.
il sait juste qu'ils ont le même âge que Bishop et Whalley.
Qu'importe, leurs visages, jusqu'aux moindres détails, sont maintenant gravés dans sa mémoire.
Entourant le préau, la neige forme un fin rideau blanc où, entre les flocons, se glisse un vent froid. Dans l'ombre la chair de poule se propage.
Tom hausse un sourcil en direction de Bishop, directement jugé comme le leader de cet calme apparent de Jedusor rend mal à l'aise Whalley qui détourne les yeux, yeux qui tombent, éventuellement, sur la forme plus trapue de Mason.
Mason trépigne à sa gauche. Toutes les trois secondes, il vérifie que les professeurs restent à leur place. Paranoïaque, nerveux, soumis, il n'a pas osé dire non quand on lui a proposé de les rejoindre pour tabasser un gosse.
-Jedusor, à ta place je baisserai les yeux. Non, mais tu te crois où pour nous fixer comme ça?!
Peter est agressif, dans ses mots et dans ses gestes la plupart du temps. Sa mère, une religieuse dans l'âme, lui racontait une histoire horrible chaque nuit à propos de démons, du Diable et du Mal pour courber ses tendances violentes.
Tom Elvis Jedusor ne baisse pas les yeux, ne daigne même pas donner un coup d'œil à son interlocuteur. Il continue de fixer Dennis. Celui-ci finit par parler à son tour.
-Bon, Franchement je n'ai pas grand chose contre toi.( Bishop soutient le regard de Tom tout en parlant et sort lentement ses mains de ses poches)mais tu commences à taper sur les nerfs de pas mal de monde avec ton attitude.
Il avance un peu plus vers l'enfant de 8 ans suivit par Eric et William. William qui ajoute avec un ton mordant:
-Et beaucoup aussi ne veule pas subir les conséquences de tes actes! (ses lèvres mauves forment une grimace féroce qui dévoile sa dentition) tu vas rendre ces foutues chemises aux deux autres gamins pour qu'on n'ait pas à subir ses fouilles et ce nouveau couvre-feu (il marque une pause, esquisse un sourire) ou tu peux oublier tes dents!
Tom ne répond rien. Il réfléchit. Que peut-il répondre à ça? Que peut-il faire pour qu'ils ne reviennent pas à la charge une autre fois?
Que peut-il faire pour les calmer? Éviter les coups? Pour se défendre si rien d'autre ne marche?
Des solutions sont imaginées, testées, rejetées. Comme de multiples châteaux de cartes fabriqués avec empressement pour s'effondrer par la suite. Ou balayé d'un revers de la main. Plus que de la douleur, il craint l'humiliation. Que quelqu'un puisse le frapper est humiliant. Qu'il puisse être mis à terre est humiliant. Que l'on voit que personne ne le trouve assez important pour empêcher tout ceci est humiliant.
Il pense à Marceau. a Lui donner l'ordre de se battre avec lui contre les 5 autres. Mais perdre est le seul résultat qui les attends tout deux contre 5 enfants plus âgés. Surtout que, est-ce que Marceau a les capacités mentales pour se battre? Il pense à nier les accusations, à prendre la voix douce d'Amy pour les amadouer. Mais jamais personne ne le croit.
Peter rage. Sa colère nourrit par le malaise, la peur.
Pourquoi Jedusor reste si immobile, pourquoi il ne dit rien?!
Il hausse le ton, approche son visage de son interlocuteur.
-Quand on te parle tu réponds!
Tom redirige son regard vers les yeux verts brunâtres de Peter. L'intensité qu'il voit dans ses pupilles fige le plus âgé des deux, pour quelque secondes.
Tom pense à sa magie mais il ne peut pas faire grand chose. Soulevé quelque cailloux en l'air, peut-être faire trébuché un de ses agresseurs. Puis, il se souvient de Billy, la peur e-
Le garçon réagit rapidement quand il voit les mains de Peter se tendre vers lui dans une action violente. Il évite d'être attraper par le col en reculant d'un est rouge de rage, les dents serrées. La tension bouillonne dans l'air froid. William bouge aussi. Il attrape un coin du manteau de Tom, le tire vers lui brusquement. La grâce naturelle de Jedusor part avec ce mouvement,ses jambes s'entre-choquent, manquant de le faire tomber. William le retient, ses doigts gelés enserrant vicieusement sa mâchoire . Il lui relève le menton pour planter ses yeux dans les siens. comme un humain observerai un chien.
-Il a pas tord. La moindre des choses, c'est la politesse, non?
Tom hisse. Essaye au hasard de le frapper avec ses jambes pour se déloger. Après un cris surpris de son opposant, il réussit à échapper à son emprise. Il essaye de prendre du recul mais Dennis est déjà à ses côtés. La baffe qu'il reçoit est cinglante. Le bruit sec résonne sous le préau et dans ses oreilles. Tout le corps de Tom est glacé mis à part sa joue qui brule.
La haine aussi profonde qu'un abysse océanique, engloutis tout autres sentiments. Sa tête reste basculée sur le côté où il a été giflé, la joue rouge, comme figé, cristallisé.
Les mots de Dennis sont articulés avec soin et lacé avec autorité, et pourtant sa voix garde encore une intonation enfantine.
-Tu te calmes. Tout de suite.
Mais Tom est calme.
le garçon bouge lentement. Il passe d'abord une main sur ses cheveux pour les remettre en place, se redresse ensuite, et ses yeux noires retrouvent ceux de Bishop.
Sa rage est douce. Sa haine est placide.
-Je n'ai rien fait.
Son ton est plat et pourtant ponctué par des notes aiguës, plaintives, innocentes. Dennis se tait, fouille dans son regard. Il pense à s'arrêter là, mais décide que non, il a promis à Amy, que le gamin recevra quelques coups. Que les marques se verront sur son visage.
Coupable ou non que lui importe, ce n'est qu'une excuse pour le frapper.
Eric recule d'un pas, sent que la situation va bientôt déraper.
La tension fait oublier le froid.
Ce n'est qu'un mauvais moment à passer.
Mason regarde une nouvelle fois les adultes dans la cours, se tord les mains avant d'intervenir.
-Les-les gars on devrait..., si on s'arrêter là? Si quelqu'un venait à prévenir les profess-
La voix de Peter noie celle de Mason. Comme le couinement d'une souris serait caché par les sifflements d'un chat.
- Qui irait aider ce gosse? personne ne l'aime.( Il continue, le volume de sa voix allant crescendos, il a besoin de faire réagir Jedusor, de le voir souffrir comme le commun des mortels) Hein? Qui va t'aider?
Ses mains sont cette fois-ci trop rapides pour que Tom l'évite, elles s'écrasent avec force sur ses épaules, le maintenant immobile. Peter se penche pour mettre son visage à la même hauteur que Tom. L'enfant de 8 ans se retient de cracher sur son visage, de se défendre en une frénésie animale, de déchirer la jugulaire de l'autre avec ses dents.
Il ne répond pas.
Peter en rage devant son silence le secoue dans tout les sens, sa bouche à lui s'ouvre en grand, il hurle presque.
- Putain! Ne m'ignore pas!
Le coup part tout seul, aussi naturellement que l'on respire. Une deuxième gifle sur la même joue déjà rougie. Celle-ci teinte sa lèvre inférieur d'un rouge sang, enflée et douloureuse, et Tom émet ce drôle de son entre un grondement et un sifflement.
jedusor se jette sur Peter, qui recule, effrayé par sa violente réaction. Ses ongles se plantent près de ses yeux et tracent trois lignes de sang sur sa peau.
Bishop décroche l'orphelin de son ami, le balance par terre. l'enfant n'a pas le temps de se relever qu'il reçoit déjà des coups de pied de William rejoint bien vite par Peter. Tom a le souffle coupé sous les impacts, il a mal. Il se met en boule, ses bras autour de sa tête, entre ses doigts il arrive à voir Dennis qui s'approche de Mason.
-Surveille bien les adultes, si ils s'approchent tu préviens.
Eric détourne le regard, reste un participant passif de toute cette situation, tant que son meilleur ami ne le force pas au contraire.
Une douleur aigüe pousse un gémissement à franchir la barrière des lèvres de Jedusor. Honteux de lui même, en colère, Tom bouge à nouveau. Sa main attrape la cheville de celui qui lui a infligé cette souffrance.
Le laissant sans défenses face à des nouveaux coups. On le frappe en plein visage, il sent le gout du sang qui glisse sur ses dents. Il se débat, on le tire par les cheveux pour l'aplatir face contre sol. Il résiste, Bishop arrive.
Le leader du groupe aide les deux autres, le crane de Jedusor se cogne contre le sol en pierre de la cours. Sonné, il a l'impression que son cœur est monté dans sa tête, pour à chaque battement, faire trembler ses tympans.
Whalley se racle la gorge .
-C'est bon les gars, je crois qu'il a compris sa leçon. ( entre ses trois compagnons, Tom relève brusquement son visage du sol pour lui jeter un regard noir. le blond, mal à l'aise, poursuit) la cloche va bientôt sonner.
Son meilleur ami le regarde un instant, hausse les épaules, lâche les cheveux sombre de Jedusor.
- Allons-y.
Quatre partent, William reste une seconde.
- Écoute, moi je veux juste qu'on me foute la paix avec ces fouilles et ce nouveau couvre-feu. ( il se penche vers lui en lui décochant un nouveau sourire, inexpressif,Tom regarde ses lèvres s'étirer sous ses yeux, parcouru par la brusque pulsion de les lui arracher) Tant que TES problèmes ne deviennent pas les miens, je te laisserai tranquille le mioche, ok? (Il tapote la tête de Jedusor là où il y a quelque seconde encore il l'empoignait pour l'écraser à terre et l'enfant hait ce simple contact.) Par contre, je ne peux rien te promette pour les quatre autres.
Le plus âgé termine sa phrase sur une note enjouée, à la limite de lui faire un clin d'œil et part sans un autre regard pour l'enfant couvert de bleus.
Tom attends qu'ils ne soient plus que des silhouettes noires perdues entre les flocons qui tombent pour se relever.
Ses mains se frottent contre le tissus rugueux de son pantalon jusqu'à ce qu'elles deviennent rouges. Sa langue nettoyant le sang qui peint de rouge ses dents . Puis , il remet une nouvelle fois en place ses cheveux et se tourne vers Marceau.
Une de ses mêmes mains rougies par trop de friction, vient se faufiler dans celle glacée de son compagnon aux yeux émeraudes.
jedusor ouvre la bouche pour aspirer un goulée d'air si froide, qu'elle lui donne l'impression qu'elle se convertit en mini-lames de glace qui lui transpercent la gorge.
Quand les cours reprennent, Monsieur Stew remarque bien la lèvre ouverte et les hématomes sur le visage de son élève mais il se garde de tout commentaires. Il ne fait part de ses observations qu'à Martha quand celle-ci vient les rechercher. Un autre de ses collègues rapportent également à la femme les trois longues griffures qu'il a vu sur la joue de Peter.
Martha ne dit également rien, ne pose aucune questions aux enfants, les disputes et les bagarres sont fréquentes à l'orphelinat malgré la violence qui y est prohibée et punie. A peine sont-ils rentrer à Wool que tout est dit à la directrice de l'orphelinat. Tom et Peter n'ont pas le temps de rentrer dans leur chambre qu'ils sont déjà appelés au bureau.
N'ayant pas eu l'autorisation de s'asseoir, ils se tiennent debout face au regard critique de Mademoiselle Cole.
Elle tourne autour d'eux comme un rapace autour d'une carcasse. Le son de ses pas qui frappe le sol gris, résonne dans la pièce.
Tom tente de se concentrer sur la chaleur qui flotte encore dans la bâtisse. A Wool quand c'est l'hiver, les poêles sont allumées de midi à 14 heures.
Pour économiser le charbon et pour qu'il fasse une température à peu près descente toute la journée. La nuit importe peu, puisque tout le monde dort.
- As-tu quelque chose à dire pour ta défense, Whatson ?
Le dos droit, Le garçon lorgne discrètement Peter. il articule le nom de celui-ci dans tête encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit sur de le retenir.
Interpellé, Peter sursaute quelque peu, comme tout les orphelins, il craint Cole.
il pense, il regrette. J'aurai dû faire attention aux marques que m'a fait le taré! J'aurai dû les dissimuler!
Il baisse la tête pour voir les chaussures de la femme se rapprocher.
-Non, Madame.
-Non?
Le ton est interrogateur, presque moqueur, mais surtout réprobateur. Comme une exhalation sec.
-On s'est juste un peu disputé.
Cole a les lèvres qui se plissent en une expression plus sévère encore. Tom la voit tourner sa tête vers lui. Ses yeux grisâtres perçant les siens.
-Et toi qu'as-tu à dire?
Jedusor ne voit pas quoi d'autre rajouter. Dénoncer les autres ? Avouer ce qui c'est vraiment passer ? Non seulement se serait écraser sa dignité mais il n'en tirerait aucun bénéfice. La punition qu'elle pourrait leur infliger ne sera jamais suffisante pour lui et ça, c'est si elle le croit. De plus, si il les dénonce, ils se retourneront une fois encore contre lui.
Le garçon immobile se contente de confirmer ce qu'atteste l'autre.
-On s'est disputé. C'est tout.
Cole les observe une minute. Perspicace comme elle est, elle sait qu'une fois de plus on lui ment. Ses jambes la mènent vers son bureau et sa main oscille entre la cane déposée contre le bois de celui-ci et la latte en fer à côté d'un paquet de papier et de son encrier.
En la regardant faire le visage de Peter se crispe, ayant participer à de nombreuses bagarres, il a aussi dû participer à de nombreuses séances punitives. Il a déjà eu le dos en sang par trop de coups canes. Une larme lui monte à l'œil.
Tom, lui, reste impassible, aujourd'hui sera le premier jour où il recevra une punition. il serre les dents.
Cole choisit finalement la latte en fer, décidant que puisque l'un des deux n'a seulement que 8 ans elle se doit d'être plus clémente.
-Les règles sont les règles. Pas de violence dans et hors de cet établissement. Tendez les bras.
Les deux garçons obéissent en silence.
Tom s'attend en voyant la latte à ce qu'elle agisse comme les professeurs à l'école, qu'elle leur tape sur les doigts. Mais elle leur ordonne de relever leur manche jusqu'aux coudes. Exposant ainsi leur peau pale à ses yeux. Ensuite, elle élève haut la latte, comme une arme qu'elle brandirait d'une seule main, et frappe.
Le bruit émit par la chair qui rencontre le métal en pleine vitesse est un étrange et perturbant son qui se répète dans la pièce jusqu'à 16 fois.
8 coups pour Peter, 8 coups pour Tom.
à chaque impact, la douleur que ressent Tom lui fait crisper ses muscles. Lui donne envie d' hurler. Et Fait trembler son bras.
Cole ne les frappe pas assez fort pour qu'ils saignent.
Quand elle a finit, elle va s'asseoir calmement derrière son bureau. Sa voix est stricte, froide et calme, habituelle.
-Whatson, si j'entends encore, une seule fois, que tu as participé à une bagarre ou tout autre acte violent, j'emploierai des méthodes beaucoup plus sévères. Est-ce compris ?
Peter la tête basse, se tenant les avant-bras comme pour retenir la douleur de s'échapper lui répond.
-Oui, Mrs Cole.
-Bien, tu peux partir.
Son regard se tourne vers Tom quand la porte du bureau se ferme. Le regard sombre du garçon ne cille pas quand il croise, une nouvelle fois, celui autoritaire de la femme. Il se retient d'imiter le comportement de l'autre orphelin en gardant ses bras le long de son corps.
-Jedusor, tu n'as toujours rien à me dire ?
La réponse ne prend même pas une seconde pour venir.
-Non, Mrs Cole.
Un moment de silence tendus s'installe. L'adulte dépose la latte en fer à sa place avant de croiser les mains sur son bureau.
- Jedusor, ma patience à ses limites. ( Elle s'arrête, le regarde ne pas réagir face à ce qu'elle lui raconte, ce gamin la rend folle)Et ces temps-ci, tes actes ont tendances à dépasser sérieusement ses limites.
-je n'ai rien fait, Mademoiselle.
Cole s'énerve, sent ses nerfs s'échauffer. Elle élève la voix, sa main se rapprochant encore une fois de la latte. Il ose lui mentir! Encore! Elle sait qu'il est la cause de cette "dispute" avec Whatson.
-Ecoute-moi bien! Ces jours-ci, tu es déchainé; l'histoire avec le lapin de Stubbs, les chemises, et maintenant cette "dispute" avec Whatson, ça suffit!(elle laisse à l'enfant le temps de saisir l'ampleur de sa colère en prenant une grande inspiration, ses trait anguleux de plus en plus assombris par la luminosité décroissante, donnant à,la femme un air de sorcière) Je te laisse une dernière chance, Jedusor. Tu avoues avoir volé les chemises, tu les rends et tu t'excuses auprès de leurs propriétaires, et tu ne seras pas gravement punis!
Le silence flotte entre l'adulte et l'enfant. Ils se tiennent tout deux immobiles, se regardant en chien de faïence. Et puis, le garçon ouvre la bouche et répète calmement.
Chaque mot si bien articulé, que si un autre personne l'entendrai par inadvertance, elle pourrait penser qu'il parle à un mal-entendant.
-Je n'ai rien fait, Mademoiselle.
Le visage de l'adulte se crispe, elle veut qu'il disparaisse de sa vue. Une fois encore.
- Très bien Jedusor, tu sais quoi? Je vais demander aux surveillantes de vraiment tout fouiller ce soir. Avec soin. Si elles retrouvent les chemises dans ta chambre, ne t'attend pas à ce que les coups de latte s'arrêtent après seulement 8 fois. Maintenant, sors d'ici.
-Oui, Mrs Cole
Jedusor ferme la porte avec délicatesse, monte les escaliers et ne s'arrête qu'une seule fois devant la fenêtre qui illumine ceux-ci. Il suit des yeux la fumée grise que laisse échapper les chemineaux des usines noires aux lointains.
La fumée monte, monte, jusqu'à se confondre avec la voute céleste qui s'assombrit de minutes en minutes. La fine neige qui parasite encore la vue, parait n'être que de la cendre. Tom les entends descendre, il se crispe bien avant qu'ils ne l'atteignent.
-Hé! Jedusor, t as reçus une sacré raclée il parait?
Deux orphelines l'accostent, elles gloussent alors qu'il se tourne vers elles. Quelques marches plus haut, Amy les suit avec un sourire. Comme un ange blond qui jubile.
-T'as pleuré Jedusor?
Sa voix douce flotte jusqu'à lui, et il lui réponds par un simple rictus. Ses yeux totalement noire et secs ne la lâchent pas du regard.
Non, Tom Elvis Jedusor n'a pas versé une larme.
Il garde le silence alors qu'il la frôle pour monter a l'étage. Il les entends ricaner jusqu'à sa chambre.
Marceau l'y attends comme il lui avait demandé. Il est debout au milieu de la pièce sans bouger, sans rien dire. Comme une poupée de cire à taille réelle.
Tom s'assoit sur son propre lit. Le seul bruit émit dans la pièce étant le grincement du matelas à ressort. Il reste là, à observer pensivement Marceau de la même manière qu'il a regardé le paysage à travers la fenêtre de l'escalier.
La douleur au niveau de son bras pulse en même temps que son cœur. En même temps que les marques de coups sur son corps.
En dehors de leur chambre, l'on peut entendre quelques voix, des bruits de pas qui vont et qui viennent, les grattements d'une plume contre le papier.
Des rires éclatent de temps en temps, un groupe d'orphelins demande à une fille de l'aide pour un devoir de math, et puis, si on se concentre,on peut aussi percevoir vaguement la voix de Peter qui raconte ce qui s'est passé dans le bureau de Mademoiselle Cole.
L'heure du dîner approche et le bruit se dilue dans l'air de plus en plus froid.
Quand tout le monde est déjà descendu pour se mettre à table l'enfant aux yeux noires se redresse enfin.
Il le fait comme toujours avec lenteur et grâce, le dos droit ses pieds l'emmènent en face de la seule armoire qu'ils ont.
-Marceau, regarde moi.
Marceau lui obéit, comme toujours , ses yeux verts si vides qu'ils en paraissent brumeux se focalisent sur lui.
Tom pointe du doigt le petit espace entre l'armoire et le sol, la où il cachait ses affaires d'école pour que Billy ne les lui pique pas.
- Ça, c'est en dessous de l'armoire, compris?
Son compagnon ne réponds pas, ne réagit pas. La façade d'indifférence que maintient depuis tout a l'heure Tom se brise quelque peu, il ne peut retenir un tic d'énervement.
Sa voix se fait aussi plus dur.
-Est- ce que tu as compris?
Pas de réponses. Tom s'approche, aussi menaçant qu'il peut l' être avec ses huit ans d'existence.
-Marceau.
Sa voix se fait aigüe; autoritaire. Comme un flèche qui fait siffler le vent une fois lâchée.
Et puis, le garçon se sent idiot. Comment peut-il oublier que Ire ne parle pas?
-Prends une de tes chemises en main
Le garçon aux cheveux ébouriffés s'exécute.
-Bien maintenant cache la sous l'armoire.
Ire la place à l'endroit que l'autre orphelin lui a indiqué, bien cachée sous le meuble. Tom sourit, un sourire fin et bref avant de se retourner vers la sortie.
-Suit-moi ( une pause, jedusor sent qu'il désire quelque chose de la part de son compagnon, quelque chose qu'il ne sait pas nommer ou qu'il nie connaitre tout simplement. Mais c'est un désir, un besoin qu'il ne veut pas se dénier aujourd'hui. Surtout qu'il sait que Ire ne peut pas lui refuser, alors il rajoute d'un ton plus ferme encore) Tiens-moi la main.
Bien sur, il obéit.
Tout deux se dirigent un peu plus loin dans le couloir et Jedusor pointe du doigt l'une des autres chambres, la porte entre-ouverte sur deux lits similaires aux leurs. Sur l'un d'eux une poupée rousse les regarde avec deux billes bleus en guise de globes oculaires.
-Marceau, ici c'est la chambre d'Emy et d'Amy Benson. Retient bien l'endroit.
Il n'attend que quelques secondes avant d'entrainer, à nouveau, son compagnon vers les escaliers.
Ils mangent seuls, comme tout les jours, entourés d'enfants qui les scrutent du regard. Le rire d'Amy résonne désagréablement à leur droite, les garçons parlent de foot a leur gauche, et partout on entends des discussions sur la "bagarre" entre Tom et les garçons plus agés. A quel point il s'est pris une raclée. Certains murmurent comme quoi il a pleuré comme une fillette.
Tom les veut tous mort.
Il n'a pas pleuré.
Il les veut pendus à une poutre
Une fois qu'ils ont tous mangé, Tom et Marceau suivent les autres dans la cours.
Le plus grand des deux déterrent en discrétion les chemises volées à Billy et à Schepper et lorsque Mademoiselle Cole ne fait plus attention, ordonne:
-Marceau, va caché ses chemises sous l'armoire de la chambre d'Amy Benson.( il ajoute, peu sur que le garçon comprenne) fais-le sans te faire remarquer.
Les chemises sont cachées sous le manteau de Ire en vitesse et l'enfant passe derrière le dos de Cole sans se faire voir avant d'entrer dans la bâtisse.
Tom attends, anxieux jusqu'à ce qu'il voit revenir l'enfant aux yeux verts,passant une fois de plus inaperçu.
Plus tard, lorsque la surveillante entre dans leurs quartiers Tom constate que Cole a bien tenue sa promesse.
La fouille se fait beaucoup plus sérieusement et ne s'arrête que quand une adulte au même étage s'écrie:
-J'ai trouvé les chemises!
Amy Benson crie a son tour, sa voix douce transformée en quelque chose d'incroyablement aigu et plaintif.
-C'est pas nous qui les avons volé! On a rien fait!
Et puis, Cole qui à peine arrivée sur le palier ordonne d'une voix sèche:
-Silence!
Quelque chose monte dans sa gorge. Le gout amer de la déception, l'acidité de la honte. I peine quelques heures elle accusait Jedusor du vol et maintenant, la vérité la gifle sévèrement. L'une de ses favorites, celle qui lui semblait être la plus gentille des petits! Le tout ne fait qu'attiser un peu plus la colère qui durcit ses traits.
Elle se rappelle maintenant qu'Emi et Amy ont pu rentrer plutôt au dortoir en lui prétextant que l'une d'elle était malade.
-Dans mon bureau immédiatement!
Aucune des deux ne bougent, elles tressaillent oui, mais ensuite elles se pétrifient. La directrice n'est pas une femme tendre, elle agrippe les deux maigres bras des fillettes et les tire fermement vers les escaliers. Amy tente de s'expliquer de plus belle: "On a rien fait! On le jure! Pourquoi on aurait fait ça!?". Cole ne lui accorde qu'un :"silence!" un peu plus sec.
Tout le monde sait qu'elles seront punies.
Les surveillantes demandent, par la suite, aux autres orphelins de rentrer dans leurs chambres.
Et Tom s'assoit à nouveau sur son matelas et réfléchis encore. Car bien sur, ce n'est pas suffisant .
C'est très loin d'être suffisant.
