Note de l'auteur: l'Univers ainsi que les personnages d' Harry Potter ne m'appartiennent pas.
Reviens une fois de plus
Le 6 aout 1998, Harry est anxieux.
Il arrive au Terrier après une longue marche, essoufflé et assoiffé.
Le tissu des ses habits le colle à la peau comme une tenue de plongée et, du front jusqu'à la nuque, il est rouge.
Le soleil la cuit comme un bout de viande sur une poêle.
Il s'arrête devant la porte, cette maison ne lui semble plus autant accueillante qu'avant. Il a l'impression que le Terrier est près à s'écrouler sur lui. A l'étouffer.
Il prend une grande inspiration alors qu'il entends les voix des différents sorciers l'occupant.
Il aurait espérer arriver là avant eux. Avoir encore un peu plus de temps pour se remettre de son discours qui a été un monumental désastre …. Et de sa fuite tout aussi embarrassante.
Sa main vient essuyer son front d'un geste presque rageur avant de s'abattre sur la clinche résolument.
Il tente de contrôler ses émotions. En vain.
Et ouvre enfin la porte.
Le sorcier entre en silence et sous les yeux de la famille Weasley et d'Hermione passe devant eux sans dire mot hormis un "bonjour" murmuré presque couiné et va se servir un verre d'eau dans la cuisine.
Il les a déjà vu ce matin, mais il ne sait pas trop quoi leur dire de plus, ne sait même pas les regarder en face.
Il se sent honteux, embarrassé. Et bien sur, en colère. Contre lui-même.
Il ne fait jamais silencieux au Terrier. Il y a toujours le tic-tac d'une horloge, le bruit des assiettes qui s'entrechoquent lors de la vaisselle et le brouhaha de tout ces habitants. Harry aime ces bruits, il les a associé aux mots famille, amour et vie. Sécurité.
Aujourd'hui personne ne semble vouloir distraire le calme surnaturel qui prend place dans la maison en respirant ne serai-ce que trop fort.
Les jointures du garçon blanchissent sur son verre alors qu'il remplit, à nouveau celui-ci d'eau.
Il voudrait retourner dans sa cachette au milieu des bois, pourquoi l'a-t'il quitté?
On ne cesse de répéter que le monde magique a toujours besoin de lui, de son support, mais tout ce qu'il sait faire apparemment c est tuer un homme!
Et puis, pourquoi ne peuvent ils se passer de lui? Pourquoi cela leur importe ils si il est la ou pas?
Il veut penser a autre chose, faire autre chose.
Un bruit le fait presque sursauter, l'eau dans son verre remuant comme une mini mer agitée.
Molly Weasley s'est déplacée à côté de lui assez discrètement pour qu'il ne le remarque qu'à l'instant. Ses yeux se sont posés sur lui avec tendresse et compréhension. Elle attends une brève seconde, son bras s'avançant d'un centimètre comme si elle voulait l'enlacer mais son geste s'arrête si vite que seul le garçon le remarque.
Encore une louche de culpabilité qui vient s'ajouter au chaudron déjà bouillant de tout les sentiments du Choisis.
le fait est qu'il a peine parlé a la famille Weasley hormis les salutations d'usage depuis son retour. Même Ron n'as pas eu plus de deux trois phrases de sa part par jour.
Une distance entre eux se creuse, grandis, crois.
Comme un plaie qu'on étire par les bouts de peau qui la borde.
Mais Harry ne fait aucun effort, ne veut pas tenter, ne sait pas comment faire. Ne sait même plus comment supporter leur présence, leur parler normalement, être plaisant avec eux pendant plus d'une heure alors que la colère qu'il ressent est toujours au tournant.
- Harry, ce n'est pas grave, tu sais? Ce n'était qu'un discours, le principal, c était que tu étais présent.
Elle pose finalement un main hésitante sur son avant-bras et quand il se tourne vers elle, elle esquisse un sourire tendre.
Rien dans son ton chaleureusement maternel ne le réconforte.
Il garde ses sentiments réprimés et lentement ceux-ci se font digérer par la colère. Pourquoi devait-il même être là?
Il lui sourit a son tour, un sourire si forcé qu'il lui fait mal aux joues.
-Je sais, madame, merci.
Il détourne le regard, ne remarque pas l'expression peinée qui glisse sur le visage de la femme.
Molly a vu ce garçon grandir, passer de l'enfant qui ne cherche qu'à être aimé a un adolescent épanoui, elle a considéré celui-ci comme son fils. Et maintenant elle le voit s'éloigner d'elle. Ses mots ne le touche pas , pareil a une goutte de pluie qui coule le long de la courbe d'un parapluie.
Elle retire sa main presque embarrassée, la sorcière a l'impression de ne plus avoir le droit de le toucher ainsi.
Le jeune homme, lui, fixe maintenant son eau qui ondule encore quelque peu, attendant que la situation passe. Comme si tout problème serait balayé par le vent si on attend assez longtemps.
sa peau dégoulinante de sueur est harponné par les multiples regards des autres membres de la famille.
Et cette 'envie de boire, de boire de l'alcool, le prend fortement.
- Harry, je t'assure ce n' est rien. Demain, plus personne n'en pensera quelque chose.
Potter se retient de lui répondre car si il le fait son ton sera sans aucun doute mordant, acéré, acide. Il lui dirai que demain, un nouveau journal sera livré, avec son nom en gras, en lettre capital comme une sorte de marque vulgaire, et en dessous paragraphes sur paragraphes on détaillera son minable discours, on critiquera sa conduite, sa fuite, et on prétendra mieux le connaître que lui même le peut.
Il se retient car il sait qu'aujourd'hui',hui personne ne devrait essayer de le réconforter. Car c est un jour en mémoire des morts et qu'entre eux deux c est elle qui a perdu un fils.
Il y a un craquement qui résonne dans la pièce, puis un deuxième et ensuite un troisième en une succession rapide qui ne laisse pas a Potter le temps de réagir assez vite.
Entre ses doigts son verre explose en une poussière qui brille sous les rayons de soleil transperçant la fenêtre.
L'eau gicle sur le menton d'Harry, sur son t-shirt et par terre.
Horrifié par son manque de contrôle envers sa propre magie, il efface tout preuve évidente de l'accident. Par panique il s'acharne bien plus qu'il ne faut sur le sol avec une serviette trouver au hasard.
Un sort et le problème aurait été réglé.
Hermione s'avance vers lui, un bras tendu a dans sa direction comme pour le retenir alors que le garçon se relève brusquement.
-Harry…
Potter dépose aussi calmement qu'il le peut le bout de tissus qu'il tord entre ses doigts et prends une grande inspiration.
Son corps tremble d'un sentiment mal réprimé.
Il ne se retourne pas vers son amie.
- Je suis fatigué. Je vais monter me coucher.
La voix de Ginny s'élève dans la pièce alors qu' Harry est déjà au pied de l'escalier.
-Quoi? Mais ce n'est encore que l'après-midi!?
il sait que se réfugier dans la chambre ne suffira pas pour être seul. Dans quelques instants, quelques minutes, peut-être dans une demi-heure un de ces deux amis ou autre viendra le rejoindre. Essayeront de lui parler, de savoir ce qui cloche dans sa tête.Parler, parler, parler. Ils ne veulent faire que ça. Ne peuvent-ils pas se consacrer a leur propres malheurs?
Harry ne veut pas être le gars en dépression, ne veut pas paraitre aussi, aussi faible…
Faible. Ce mot, ce dédain pour une apparente faiblesse, ah …
On dirait Voldemort.
Sauf que Voldemort ne se retrouverai jamais dans un tel état mental, pense-t'il, non il … était… instable mais lui, il ne se serai jamais morfondus sur lui-même.
Potter ricane seul, d'un rire qui lui rappe la trachée,l'envie de briser, n'importe quoi peu importe quoi, le prenant a la gorge.
Tout revient toujours a lui.
Non, toute sa vie à lui tourne autour de cet homme.
Le rire s'éteint, le jeune homme aux yeux d'émeraude vient tirer sa tignasse déjà bien assez ébouriffée.Il se met en recherche. Toujours à vouloir faire quelque chose. Toujours a vouloir être en mouvement pour ne pas voir oû le temps l'emmène.La fouille ne lui prend que quelques minutes, c est peut être la première fois qu'il réalise réellement qu il n'a que très peu de possessions. Entre ses habits entassés dans un coin et d'autres petits trucs il retrouve la lettre d'Hermione, et celle non-ouverte qu'il a reçu dans sa maison en plein milieu de la forêt.
Il prend l'enveloppe fermée entre ses mains; la tourne dans tout les sens et ne trouve aucun nom.
Il s'assit par terre, le papier est imprégné par un parfum sorcier qui imite l'odeur de la pluie à peine tombée et de la mousse verte qui rogne les écorces.
Une fois l'enveloppe ouverte et la lettre dépliée, l'écriture peu familière lui dévoile un nom qu'il connait bien.
Luna Lovegood.
Les o étant étiré vers le le haut, plus haut que les autres lettres, comme pour atteindre le ciel.
" Salut Harry! Tu reçois cette lettre car je t'invite, mon père, après être sortis d'Azkaban ce mai-ci, à décider de partir d'Angleterre. On est en Autriche à la rechercher de toute ces créatures dont le monde magique ne veut pas admettre l'existence, et on sortira un livre qui les reprendra tous, en plus d'un article sur Le Chicaneur. Trois têtes en vaut mieux que deux! Tu peux venir nous rejoindre quand tu veux si tu le désires. L'Angleterre n'est un bon endroit pour personne en ce moment les nargoles y prolifèrent, si tu y restes trop longtemps ils te mangeront la cervelle!"
Plus bas encore une adresse a côté d'une lune animée magiquement pour faire un clin d'œil.
Le texte est court, soudain, un peu fou. Luna. Une des seules qui a cru en lui pour le retour de Voldemort.
Il y a un toc toc timide qui le tire de ses pensées.
Le garçon soupire, se retient de chiffonner la lettre, car l'envie de détruire quelque chose ne l'a pas encore quitté et laisse un "oui" fatigué s'échapper de ses lèvres.
La tête d'Hermione apparait dans l'ouverture puis le reste de son corps. Elle a un sourire crispé, le sourire qu'elle montrait aux professeurs à Poudlard quand elle brisait une des règles établies. Un sourire mal a l'aise, coupable. Une expression qu'Harry a rarement vue tourner vers lui.
Elle s'approche doucement, ses yeux fuyant ceux émeraudes d'Harry.
Ses pupilles se concentrent finalement sur la lettre qu'il tient dans les mains.
-Tu as reçu une lettre?
Le garçon retient une réponse sarcastique, de plus en plus lasse de se battre avec lui-même.
-Oui.
Bref silence. Tendus et gênant.
-De qui?
Harry inspire profondément.
-De Luna. ( nouveau silence. Les yeux d'Hermione croise enfin les siens. Potter expire longuement et finalement essaye de l'aider dans cette conversation a sens unique. Car après tout il devrait être reconnaissant quelqu'un se soucie de lui. Se sente coupable pour lui,non?) Elle m'invite a la rejoindre en Autriche à la recherche de créatures fantastiques.
Hermione n'a jamais vraiment aimé Luna. Celle-ci a toujours été un peu trop tête en l'air, un peu folle, qui débite sottises après sottises sans aucunes preuves. Elle hésite à dire quelque chose, une remarque surement déplaisante sans doute, une remarque spontanée qui n'aura rien de réfléchis. Elle avale cette remarque avant même qu'elle ne se forme sur sa langue comme elle avalerai son propre chat. Difficilement.
Harry a toujours été très protecteur envers les êtres qu'il aime et vu l'humeur qu'il entretient ces jours-ci elle ne veut pas tenter le diable.
A la place, elle met sa culpabilité de côté un instant pour poser la question qui est vraiment importante.
-Et, (elle respire profondément, ses yeux purement concentrés sur le visage d'Harry)tu vas y aller?
Potter ne réponds pas tout de suite. Il range la lettre dans sa poche. Il a envie d'y aller. Luna est une personne douce qui se soucie de peu chose. Une présence pas totalement silencieuse mais pas intrusive ce qui n'est malheureusement pas l'une des qualités premières de ses deux meilleurs amis Ron et Hermione. En plus, il est sur qu'il peut lui dire beaucoup de choses sans risquer qu'elle ne se choque.
Et en Autriche, la plupart de la population magique ne seront pas qui il est au premier coup d'oeil.
-Je ne sais pas. ( il la regarde avec un faible sourire, les commissures de ses lèvres ayant de la peine a se relever)
Peut-être.
Son amie ne lui pose, pour une fois, pas plus de questions, n'y même d'y mêler son opinion dans sa décision.
Elle est debout, devant lui, la tête basse, embarrassée, sans sembler trop savoir quoi faire avec son corps.
Finalement elle s'avance et s'assoit lentement a côté de lui; par terre elle aussi. Sa voix résonne timidement dans la pièce mais garde son ton sérieux.
-Pardon.( Harry est mal a l'aise, il se déplace quelque peu, ses habits produisent un froissement qu'il entends particulièrement bien. Il n'est pas habitué à ce que l'on lui demande pardon) je suis désolée de t avoir… quelque peu poussé pour faire ce fichu discours. ( ses yeux plongent dans ceux d'harry. Je suis vraiment désolée. Je pensais.. je ne sais pas… je voulais tu te sentes mieux, que tu réalises que tu es important pour beaucoup de monde, que l'on cesse toutes ces rumeurs qui sont écrites dans ces satanés journaux, je voulais...( elle cherche ses mots les sourcils froncées, ne sachant pas exprimer à ce moment toutes les raisons qui l'on poussé à persuader son ami à faire ce discours) je voulais bien faire.
Potter tente un nouveau sourire, la lumière éclairant la pièce se réfléchissant sur les verres fêlés de ses lunettes dissimulant l'expression que contient son regard.
-Ce n'est rien, Hermione.
La fille lui sourie elle aussi, ses dents blanches se dévoilant clairement entre ses lèvres, elle s'approche encore un peu plus de lui et change de sujet.
-Tes lunettes sont encore cassées, Harry (elle se saisit lentement de sa baguette) tu veux que je te les répare?
Il hoche la tête, et alors qu'elle lance son sort Ron apparait.
-Vous avez finis de discuter? je peux rentrer?
les trois se réunissent, donnant l'impression que tout est redevenus normal.
l'image joyeuse d'une discussion animée entre eux trois passé au coin du feu à Poudlard qui lui vient en tête fait reculer tout sentiment négatif que ressent Harry.
Pour un temps, seulement.
Ron s'installe entre eux deux avec son air peu dégourdis coutumier.
-Demain, on va tous aller au ministère pour la RCO, tu viens?
Harry ne comprends, cela se lit sans doute dans son regard, alors le roux poursuit de sa voix devenue maintenant plus grave, plus adulte.
-Tu sais, pour que nos baguettes ne puissent plus lancer de sorts noires et autre...
Il fait un vague mouvement de la main, comme pour désigner un tas de choses dans un coin de la pièce.
L'Élu sachant qu'il ne supportera pas plus d'une heure la présence de toute la famille Weasley, et cette réalisation lui apporte une nouvelle vague de culpabilité, refuse.
- Non, je le ferai un autre jour... Merci.
