Disclaimer : Toujours pas à moi. (8)
Rating : Teen pour l'instant, ça risque d'évoluer.
Note Inutile de l'Auteur : Bon, j'ai fini par trouver ce magasin qu'on me conseillait et j'y ai craqué pour un petit pot de basilic trop mimi, et qui a pris le métro avec moi pour rentrer. Alors forcément, j'ai pensé à cette fic, et de fil en aiguille... Me revoilà !
Mais ne vous habituez pas ! Dès lundi, je m'attaque de front à ma paperasse (jor la fac où chuis passée en comparée God knows why), aux cours que je dois donner, et... tiens, on est encore dans les cartons, et on n'a toujours pas le net ! (Mais vive les smartphones qui servent de modem en bluetooth et avec lesquels on peut même tenter de regarder le nouvel épisode de DW ! (Une geek ?! Mais où ça ?))
Et comme je suis gentille et formidable et toussa (oui, mes chevilles vont bien xD), j'ai jeté pas mal de réponses dans ce chapitre ! J'attends vos hypothèses, les n'enfants ! :p
Merci encore à DramionePower04 - j'vais finir par te dédicacer la fic ! xD - et à Pooh, le seul et l'unique. ;) Et à ma belle L., qui après sa nuit-marathon de samedi, a fini par s'endormir cette aprem' sur le canap' pendant que je lui racontais cette histoire en entier. ^-^
Et pour finir, joyeuse rentrée (si ce n'est déjà fait !) et bonne lecture ! ^_-
La faiseuse de Potions
Chapitre III
L'herbe royale [Ocimum basilicium]
Ajoutant la poudre de Jalap, elle eut un sourire.
Récupérant soigneusement le reste du jus des racines dans un pot, elle fit venir d'un geste du doigt une petite fiole vide, qui plongea dans le chaudron et se remplit d'elle-même.
Elle en inspecta la couleur indigo, puis humecta une dernière fois l'air emplit des senteurs acidulées.
Cette fois, c'était bon.
Hermione chantonnait doucement en préparant les pancakes.
Le soleil levant se déversait par la fenêtre de la cuisine, la baignant d'une agréable chaleur malgré ses longues manches et son col haut.
Elle tournoya sur elle même en déposant la théière sifflante sur le plateau, et allait claquer des doigts pour faire venir le sucrier avant de se raviser et d'aller le chercher elle-même : elle n'était pas en retard, ce matin.
Son sommeil, profond et réparateur, avait été plus que reposant.
Il était rare qu'elle dorme aussi bien, mais il fallait avouer que la pleine lune étant passée, ses cauchemars diminuaient aussi. Et puis, c'était tout simplement une belle journée.
Elle sifflota en attrapant le sirop d'érable, avant de se diriger vers l'escalier, chargée des victuailles.
Ensuite, pour ne rien gâcher, Ginny ne l'avait toujours pas appelée, elle se ferait donc une joie de réveiller la rouquine une fois arrivée à destination.
Secouant la tête, elle eut un petit rire en l'imaginant, grogner dans son lit sous ses invectives, avant de toquer à la porte, tournant la poignée d'un coup bref.
Et enfin, elle avait lu sa lettre : Harry allait revenir.
« Bonjour ! »
Car ça l'était.
C'était une belle journée.
Draco passa une main dans ses cheveux, l'air excédé.
« Et quand pourrais-je parler à cette enfant ?
- La famille refuse de... »
Il l'interrompit d'un geste de la main :
« Ou à sa mère, ou sa sœur ! Par Morgane, peu m'importe ! Je ne veux qu'une entrevue rapide ! »
Le vieillard le scruta du regard, se frottant la barbe naissante sur son menton.
« Eh bien, Monsieur Malefoy, vous devez comprendre qu'ici...
- Souhaitez-vous vraiment vous mettre à dos ma personne, Monsieur Peu-M'importe-Votre-Nom ?! »
L'homme resta figé, les yeux apeurés face à la menace sous-jacente.
« Doux Merlin, non ! Je vais... Je vais parler avec Fleur au plus tôt ! »
Draco arqua un sourcil, faisant bafouiller le vieil homme :
« Demain ! Non, ce soir ! Non, tout de suite ! Enfin, non, mais je vais, je vais... »
Le carillon de la porte retentit, le sauvant d'une explication impossible.
Le jeune homme lança un vague regard vers le nouvel arrivé avant de déclarer d'une voix doucereuse :
« Bien, je vois que nous nous sommes compris... »
L'interpellé passa une main sur son front humide :
« Oui, oui, bien sûr, Monsieur Malef.. »
Mais déjà ce dernier se dirigeait vers le nouveau venu, rictus aux lèvres :
« Tu es en retard, Zabini. »
Flegmatique, l'autre jeune homme haussa les épaules en se tournant vers la sortie :
« Ah, tu sais, le succès.. »
Il se tourna vers Draco une fois dehors, moue amusée au visage :
« Puis je vois que tu n'as nul besoin de moi pour terroriser les habitants du village et obtenir ce que tu désires. »
Cette fois, ce fut le blond qui haussa les épaules, l'air ennuyé.
« Que veux-tu, rien que ma voix les fait trembler... »
Blaise le coupa d'un ton cassant :
« Oh, je t'en prie, Malefoy. »
Draco le regarda, sourcil haussé, tandis qu'ils se dirigeaient vers l'auberge du village.
« Ne sois pas si modeste : rien que ton nom les fait frémir. »
Ils échangèrent un regard avant de partager un sourire de connivence, seule preuve de leur amitié.
« On peut savoir pourquoi tu souris comme ça ?
- Pardon ? »
Hermione releva les yeux du linge qu'elle étendait dans le jardin, croisant celui inquisiteur de la jeune Weasley.
Ginny, allongée dans sa chaise longue, son chapeau sur le visage, l'observa de haut en bas, une moue contrariée sur le visage.
« Je souris comment ? »
Sa mine se renfrognant, la jeune rousse se décida à répondre :
« Bah, comme une jeune ingén...
- Mais pas du tout ! »
L'éclat lui avait échappé, avait jailli, malgré elle.
Les joues rouges, elle vit la rousse la toiser d'un regard étonné, elle qui ne s'emportait jamais. Et Dieu savait que c'était chose ardue, avec la jeune femme agaçante et compliquée qu'était la benjamine. Hermione baissa les yeux.
« Hm, pardon. »
Elle se tordit les mains, fut sur le point de donner une explication qui n'aurait fait que creuser sa tombe, avant de prendre les derniers draps du panier.
Rougissante, elle passa de l'autre côté du linge, se dépêchant de terminer sa tâche.
Elle pouvait sentir sur elle le regard peu convaincu de Ginny qui l'observait s'éloigner le plus vite possible.
Hermione ramena le panier vide à la buanderie, sachant pertinemment ce que pensait la rousse. Ce que pensait tout le village.
Elle se laissa glisser au sol, contre la porte, ramenant ses genoux à elle.
Et elle se doutait parfaitement que Ginny devait encore se demander pourquoi - pourquoi son frère avait accepté qu'ils la recueillent, elle, la née-moldue, la bonne à rien, un peu trop fière et un peu trop étrange pour passer inaperçue ?
Elle soupira tristement, tirant sur ses manches. Dépêche-toi, Harry. Reviens vite.
« Okay, je reprends. Tu crois, et arrête-moi si je me trompe, tu crois que le miracle de la petite Delacour n'est pas le fruit du hasard ?
- Je ne crois rien, Zabini, répondit-il d'une voix fatiguée. Je teste des pistes. »
Zabini, le nez dans son whisky, eut un sourire fatigué.
« Tu es désespéré à ce point ? »
La gorge nouée, Draco se força à lever les yeux au ciel, impassible.
« Qui a parlé de désespoir, Zabini ? »
L'interpellé rit doucement.
« Bon, je te concède ce point. Mais, Draco, tu ne pourras pas me mentir indéfiniment. Si tu veux mon aide, demande-la moi clairement. »
Le blond eut un rictus, pressant ses lèvres l'une contre l'autre.
« Parce que j'ai l'air d'être venu pour lancer des wingardium, peut-être ? » [1]
Cette fois, le brun rit de bon cœur.
« Autant pour moi. »
Et cette fois, Draco n'eut pas besoin de le regarder pour savoir que sous son air jovial, Blaise avait compris.
Il était désespéré à ce point.
Cette nuit-là, elle n'irait nulle part. Elle le savait. Elle avait fini la dernière potion, et le petit Creevey la trouverait sur le pas de sa porte à la première heure.
Elle venait de l'envoyer d'un geste de la main. D'un geste dérisoire, comme si elle n'avait pas passé des semaines à trouver et ramasser chaque ingrédient avec soin et délicatesse pour créer le breuvage qui sauverait la vie du jeune garçon.
Elle s'adossa à son chaudron, et frotta ses poignets. La peau dure, et veinée, craquante et parsemée de striures. Ses doigts touchèrent son visage, où sous le masque quotidien, elle pouvait sentir la nature reprendre ses droits.
Refoulant un sanglot, elle détourna les yeux de ce corps dont elle ne savait que faire, comment le réparer, ni même si elle le voulait vraiment, et chercha la noix dans sa poche. L'une des noix.
Elle en caressa la surface, la coquille si lisse et si parfaite. Seul vestige d'un temps qui n'était plus. Son regard tomba sur sa cape, ce manteau de peau, et elle sut que le moment n'était pas encore arrivé. Pas encore.
D'un claquement de doigt, le feu sous le chaudron se remit à crépiter, et les gouttes restantes s'envolèrent.
Elle se leva, divers bocaux venant à elle, lui laissant l'embarras du choix. Car même si son reflet la répugnait, elle avait encore beaucoup à faire, et se lamenter sur son sort ne l'avancerait pas.
Elle ferait ce qu'elle faisait de mieux. Elle ferait des potions.
[1] : Bon, sérieusement, il n'y a aucune désinence en -ium à "arduus". J'ai bien hésité entre wingardia (si neutre) ou, si masculin, wingardui (en nominatif) ou wingardios (si accusatif), mais ça rend pas génial je trouve, alors j'ai laissé tel quel. Mais si quelqu'un a une meilleure idée de pluriel (et sans doute un meilleur niveau en latin), n'hésitez surtout pas ! ;)
