[Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer]
Ravi de vous retrouver pour une nouvelle histoire, n'hésitez pas à fouiller dans mon profil pour lire d'autres en attendant le prochain chapitre de celle-ci.
Chapitre 1
J'étais essoufflée et mes joues devaient avoir rougies quand j'arrivai devant mon lieu de travail, je me permis une pause de quelques secondes afin de reprendre ma respiration, me maintenant contre la lourde porte en bois du Chaudron. Tandis que la plupart des bars de la ville arboraient une porte-vitrée accueillante, le propriétaire du Chaudron avait laissé la porte massive du lieu tel quel, ce qui, supposai-je, était la raison pour laquelle peu de nouveaux clients osaient la franchir. C'était un parti-pris, disait-il, Salem avait une histoire et il lui importait de la perpétuer, bien plus que de rendre son commerce plus rentable.
C'était peut-être pour ça que j'avais accepté le poste qu'il m'avait offert alors que je n'avais pas réellement besoin de travailler, Audric n'était pas un tyran soucieux de son chiffre d'affaire, ça où l'ambiance qui régnait dans ce lieu. Je m'y étais toujours plu, petite, j'avais voulu devenir barmaid justement pour rester ici et en plus, être payée pour ça. Avant d'être un bar, c'était une boutique d'apothicaire où, soit-disant, une sorcière vendait toutes sortes d'herbes médicinales et de breuvages. Je n'avais jamais cru à ces histoires de conte de fées mais la ville était connue pour avoir exécuté nombres de sorcières. Fallait dire qu'à l'époque, il suffisait de regarder quelqu'un de travers pour qu'on t'accuse de sorcellerie.
Mon souffle ayant repris un rythme normal, j'entrai dans le bar, la salle était vide à l'exception d'un unique client, comme toujours à cette heure-là. Charles était installé au fond de la salle, buvant sa bière blonde, comme tous les jours, c'était son rituel en sortant du bureau. Audric essuyait le bar avec le torchon qu'il ne quittait pour ainsi dire jamais, jouant parfaitement le cliché du vieux barman, il se dodelinait au rythme de la musique ambiante. Je jetai un œil à l'horloge murale dont la petite aiguille continuait sa course de manière régulière comme pour me narguer de mon retard. 17H31... 32 maintenant. Une demi-heure et deux minutes de retard, je n'avais jamais été aussi en retard depuis que j'avais commencé, il y a un mois. Audric remarqua ma présence et me sourit, guère ennuyé de mon arrivée tardive.
Je m'avançai vers le bar et utilisai le tuyau en métal qui servait de repose-pieds à une dizaine de centimètres du sol pour me soulever et m'appuyer contre le comptoir puis collai une bise sur la joue de mon patron avant de redescendre. Pas très professionnel, j'en convenais mais Audric m'avait vue grandir, on était voisin et sa fille était ma meilleure amie depuis toujours. Audric avait été brun avant d'obtenir ses cheveux gris qui n'enlevait rien à son charisme de barman bien que son abdomen mériterait peut-être quelques séances d'abdos, histoire de maximiser ses chances avec les gentes dames. Il avait donné ses yeux bleus à Emelyne, sa fille et ma meilleure amie, et arborait un bouc assez court qui lui donnait un petit air de motard, accentué par sa veste en cuir qu'il portait constamment quand il sortait dehors.
« Désolée pour le retard, le prof nous a retenu, m'excusai-je.
« Aucun problème, Tamsyn, les cours sont plus importants et comme tu vois, j'ai su gérer face aux nombreuses commandes, rit-il.
Je laissai échapper un rire en jetant un coup d'œil au seul client présent.
« Je pose mes affaires et je te remplace, le prévins-je.
Il hocha la tête simplement et je me dirigeai vers la porte de service. Je saluai Charles qui me sourit en retour, faisant apparaître plus de rides qu'il n'en possédait déjà. Je déposai mon sac de cours dans mon casier et jetai un œil dans le miroir pour vérifier que j'étais toujours présentable après ma course. Je recoiffai mes longs cheveux bruns et vérifiai que mes légers traits d'eye-liner, qui entouraient mes yeux noirs, avaient tenu le coup depuis ce matin. Satisfaite, je tapotai mes joues encore rougies pour effacer les traces de mon retard.
J'entrai de nouveau en salle et pris la place d'Audric qui me souhaita une bonne soirée avant de disparaître derrière la porte d'entrée. Laissant apparaître, le temps de son passage, un liserai de soleil sur le sol foncé. Les deux grandes fenêtres étaient feutrées par une fine couche de plastique sombre qui ne laissait entrer qu'une faible quantité de soleil. La principale source de luminosité était deux grands chandeliers électriques dont les ampoules ressemblaient à des bougies, d'une part et d'autre de la salle rectangulaire. Au mur étaient accrochées plusieurs tableaux qui encadraient quelques articles historiques parlant des sorcières supposées de Salem ainsi que quelques ardoises où se trouvaient des genres de recettes magiques.
La porte s'ouvrit sur deux clients qui venaient de temps en temps boire un verre ensemble pour se raconter leur semaine mais leur jour n'était pas défini, cela variait chaque semaine.
« Tamsyn, c'est une joie de te trouver derrière ce bar chaque fois que nous venons, fit Kyle, enjôleur.
Je lui souris. Kyle jouait beaucoup avec son côté dragueur, je le laissais faire parce que je savais qu'il n'était pas sérieux.
« Kyle, Michael, les saluai-je. Deux cafés allongés, comme d'habitude ?
« Ah, tu as retenu, c'est le signe que nous te sommes pas indifférents, s'amusa-t-il en me faisant un clin d'œil. Je connais un lit qui pourra nous contenir tous les trois.
Je ris à sa fausse tentative tandis que Michael piquait un far, voulant sans doute disparaître sous le plancher. Kyle était aussi ouvert et chaleureux que Michael était réservé, à se demander comment ils en étaient venus à devenir amis, ces deux-là. Ils s'installèrent sur deux tabourets devant le bar tandis que je me tournai pour préparer leur café. Une fois les boissons chaudes prêtes, je les leur servais. Les deux avaient les cheveux bruns, d'une teinte différente cependant, les yeux verts pour Kyle, marrons chez Michael, ils avaient à peu près la trentaine.
« Je mets le tout sur laquelle de vos notes ? M'enquis-je.
« La mienne, répondit Michael, c'est mon tour.
Je souris et notai la date et la somme sur le cahier. L'avantage de n'avoir quasiment que des habitués étaient qu'on pouvait se permettre de leur faire confiance.
« Tu es au courant pour les nouveaux arrivants ? S'enquit Kyle après que j'eus terminé.
« Tu veux parler de la famille italienne ? Difficile de passer à côté, c'est la seule chose qui se soit produite ici depuis l'exécution des sorcières... et ça date.
« La famille italienne et de leur cour, corrigea-t-il. Une famille royale apparemment.
« D'où le fait qu'ils investissent le château abandonné, supposai-je.
« Ouep, fit Kyle. Ils ont déjà refait les jardins qui entourent le château, on ne sait pas vraiment quand, personne n'a vu de jardiniers.
« Peut-être l'ont-ils fait de nuit ?
« Avec le peu de lumières qu'offrent les lanternes extérieures ?
Je haussai les épaules.
« Ils ont peut-être travaillé l'avant du jardin pendant qu'il pleuvait, personne n'irait se promener là-bas par un temps pareil, avança Michael. Et la plus grande partie du jardin se trouvant derrière, personne n'a pu les voir.
« Possible, en convint Kyle.
« En tout cas, ils ont fait refaire toute l'électricité, un pote électricien a fait partie du groupe qui s'en occupait.
Le temps fut long après le départ de Kyle et Michael, les clients ne se bousculaient pas, comme tous les soirs et ce fut avec bonheur que je vis 20h arriver, la fin de mon service. J'entrepris de nettoyer chaque table, ayant déjà nettoyé le bar. Audric s'occuperait de nettoyer le sol avant le début de son service demain matin. J'installai tout de même chaque chaise à l'envers sur les tables, ainsi, il n'aura qu'à les remettre une fois le sol aspiré et nettoyé. J'allai récupérer mon sac de cours dans les vestiaires, éteignis la radio en passant et sortis du bar, verrouillant la porte une fois dehors.
L'air était assez frais pour un mois de mai alors je me dépêchai de rentrer chez moi, à quelques rues d'ici. Salem était une ville suffisamment petite pour pouvoir tout faire à pied, ce qui était pratique, le château récemment occupé par les italiens était le seul lieu se trouvant à une bonne grosse marche de la ville, deux vastes champs l'en séparaient. C'était d'ailleurs dans l'un de ces champs que j'avais prévu de passer la soirée avec Tyler, une fête foraine s'y était installée pour tout le mois de mai. La fin du mois arrivant et n'ayant toujours pas été y faire un tour, ce soir était l'occasion idéale puisque Tyler devait rentrer chez ses parents ce week-end pour une durée indéterminée, ce qui m'attristait, surtout que j'allais bientôt fêter mes 19 ans et je voulais qu'on le fête ensemble.
J'arrivai presque devant le jardin de ma maison quand je vis la porte de la maison voisine s'ouvrir et ma mère en sortir. Elle me vit elle aussi et sembla comme être prise en faute. Je fronçai les sourcils en me demandant pourquoi cet air coupable s'affichait sur son visage. Je souris en imaginant ma mère et le père de ma meilleure amie ayant une liaison secrète. S'ils étaient effectivement en relation, alors je m'en réjouissais. Tous deux avaient perdu l'être aimé, ils méritaient tous les deux d'être heureux ensemble, ma mère plus que n'importe qui.
« Tammy chérie, me salua-t-elle en me prenant dans ses bras. Ta journée s'est bien passée ?
« Les cours étaient intéressants, comme toujours, souris-je, et la soirée était calme au Chaudron... comme toujours aussi. Et toi, ta soirée ?
Je lui souris en jouant avec mes sourcils.
« Voyons, que vas-tu t'imaginer ? Éluda-t-elle.
Je ris.
« Une liaison secrète et dangereuse avec le voisin, conspirai-je.
Je vis ses joues rougir et je sus que j'avais touché la vérité.
« C'est génial, maman, fis-je enthousiaste. Je suis contente pour vous et en plus, quand vous vous marierez, Emelyne deviendra ma sœur !
« Allons, doucement, Tamsyn, rit-elle face à mon engouement. Je ne vais pas brûler les étapes. Tyler t'attend à la maison, au fait.
Je me précipitai alors à l'intérieur, lâchai mon sac à dos en cours de route et sautai sur les genoux de mon petit-ami. Surpris, il me maintint les hanches pour éviter une collision et une fois que je fus stable, il m'embrassa. Je souris contre ses lèvres à la fin du baiser puis me reculai. Tyler avait la peau métissée, ses cheveux noirs étaient rasés de près et ses yeux bruns me fixaient.
« Prêt pour les sensations ? M'amusai-je.
« Toujours, sourit-il. Tu auras le droit de te cramponner à mon bras.
« C'est toi qui aura le droit de te cramponner à mon bras, contrai-je.
Il rit.
« C'est toi, la trouillarde, ici.
« Même pas vrai, boudai-je.
Si, ça l'était. Les manèges à sensations me foutait une peur bleue mais je ne l'admettrai jamais.
« Tu n'es pas trop fatiguée ?
« je suis en pleine forme, répondis-je.
Je plissai les yeux à son intention pour ne pas qu'il continue sur sa lancée, il s'inquiétait toujours trop.
« Allons-y, alors.
Je me levai et il fit de même une fois que j'ai disparu de ses genoux. Je remarquai alors que ma mère nous regardait avec tendresse et une pointe d'amusement. Ma mère aimait beaucoup Tyler et elle était d'accord avec moi, il était l'amour de ma vie.
« Ne me la ramène pas trop tard, lui ordonna-t-elle, vous avez cours demain.
Il acquiesça, j'enfilai une veste en jean et nous sortîmes en direction de la fête foraine. Sur place, nous fîmes d'abord le tour de la fête pour voir quels manèges s'y trouvaient et pour repérer les stands de nourriture, puisque nous n'avions pas encore mangé. Nous allions cependant faire les manèges qui bougeraient le plus avant, afin de ne pas tout vomir pendant ou après.
« Tu es sûre que tu peux faire ce genre de manège ? Me demanda Tyler devant la tour infernale.
Une sensation étrange me parvint sans vraiment réussir à en définir la provenance. Peut-être une réaction à la surprotection de mon petit-ami.
« Je vais bien, Tyler, soupirai-je, mais si tu as trop peur, on peut se contenter des autos tamponneuses.
« Alors là, si tu crois que tu vas y échapper comme ça, ricana-t-il en me chatouillant.
J'explosai de rire et, une fois calmée, nous nous insérâmes dans la file d'attente. J'avais l'impression d'être épiée, comme l'impression que vous aviez quand vous tournez la tête dans une direction sans raison et que vous tombiez sur quelqu'un qui vous regardait depuis un moment. Je regardai autour de moi mais personne ne me prêtait la moindre attention.
La tour infernale et la balançoire meurtrière m'avait fait hurler de peur et je n'avais pas résisté longtemps avant de prendre la main de Tyler dans la mienne. J'avais tellement serré que je soupçonnai lui avoir laissé une ou deux marques. Nous décidâmes de manger de façon sainement en ingérant des chichis en guise de dîner puis une barbe à papa comme dessert. J'avais l'impression de manquer quelque-chose d'important mais ne réussis pas à mettre le doigt dessus.
« Je pars samedi matin, au final.
Je me tournai vers Tyler en insérant un morceau de barbe à papa dans la bouche et tentai de décoller le sucre resté collé sur mes doigts entre mes dents.
« On pourra passer la soirée ensemble, alors ?
« c'est pour ça que j'ai décalé, acquiesça-t-il. Je viens te chercher au Chaudron, à la fermeture ?
« Attends-moi chez moi, plutôt, proposai-je.
N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir et ça prend un peu moins de temps que l'écriture d'un chapitre ^-^
