Alors que Billie était sur le point de faire céder la porte, Dean et Castiel se retrouvaient acculés, pris au piège sans arme et sans issues. Dean s'en voulait, il se sentait coupable, car il savait que La Mort s'en prendrait aussi à l'ange et qu'ils allaient périrent ici tous les deux. Mais tandis que tout espoir semblait vint, Castiel fit une révélation à l'autre homme. Il semblait qu'il ait un plan, une solution pour vaincre Billie dont les coups résonnaient derrière lui. Dean sentit une bouffée de chaleur s'insinuer en lui et des gouttes de sueurs perler sur sa nuque en entendant son ami parler de pacte. Avait-il scellé son destin avec un démon ? Après tout ce qu'ils avaient vécu avait-il commis cette erreur ? Lui-même l'avait fait pour sauver Sam et il l'avait payé cher... Cass l'avait fait pour sauver Jack... Une vie pour une vie. Qui était-il pour juger au final ? La tentions du chasseur s'accentua, quand il fut question d'un pacte avec le Néant... et non un simple démon. Castiel ancra ses yeux azur dans ceux de Dean qui s'en troubla, la situation lui échappait complètement.

— Je me suis toujours demandé, depuis que j'ai pris ce fardeau, cette malédiction, je me suis toujours demandé ce que cela pouvait être, à quoi... à quoi pouvait ressembler mon bonheur véritable, je n'ai jamais trouvé de réponse. Parce que la seule chose que je veux... c'est quelque chose que je sais que je ne peux pas avoir. Mais je pense que je sais... Je pense que je sais maintenant. Le bonheur ce n'est pas « avoir ». C'est juste « être ». C'est juste le dire.

La bouche de Dean était sèche et les larmes qui emplissaient progressivement les yeux de l'ange ne faisaient que se nouer un peu plus ses entrailles, rendant sa respiration difficile. Alors que les coups de La Mort résonnaient inlassablement.

— De quoi tu parles, mec ? questionna Dean d'une voix mal assurée.

— Je sais. Je sais comment tu te vois, Dean. Tu te vois de la même façon dont nos ennemis te voient. Tu es destructeur et tu es en colère et tu es brisé. Tu es... tu es « l'instrument émoussé de papa. » Et tu penses que la haine et la colère, c'est... c'est ce qui t'anime. Que c'est ce que tu es. Mais c'est faux. Et tous ceux qui te connaissent le voient. Tout ce que tu as fait, le bien et le mal, tu l'as fait par amour. Tu as élevé ton petit frère par amour. Tu t'es battu pour ce monde par amour. C'est ce que tu es. Tu es l'homme le plus attentionné sur Terre. Tu es l'être humain le plus altruiste et le plus aimant que je connaisse. Tu sais, depuis que nous nous sommes rencontrés et depuis que je t'ai sorti de l'Enfer, te connaitre m'a changé. Parce que tu t'en souciais, je m'en souciais. Je me souciais de toi. Je me souciais de Sam. Je me souciais de Jack. Je me souciais du monde entier à cause de toi. Tu m'as changé, Dean.

Les larmes glissaient à présent sur les joues Castiel, mais un doux et franc sourire se peignait sur son visage. Il semblait en paix, en paix avec ce qu'il venait de comprendre, avec ce qu'il s'apprêtait a faire et les raisons pour lesquels il le faisait. La voix de Dean était étranglée, mais il ne pouvait pas rester silencieux.

— Pourquoi ça sonne comme un au revoir ?

— Parce que c'en est un. Dit Castiel tandis que son sourire s'accentuait et que ses yeux brillaient sans jamais rompre le contact avec le regard vert de Dean. Je t'aime.

L'organe dans la poitrine du chasseur se serra douloureusement. Après tout ce temps. Pourquoi fallait-il que cela soit maintenant ? Il ne pouvait pas laisser faire ça, il ne voulait pas le perdre, pas maintenant, pas comme ça.

— Ne fais pas ça Cass.

Mais déjà le néant se dessinait prêt d'eux alors que La Mort faisait son entrée.

— Cass.

Celui-ci continuait de sourire et sans que Dean ne puisse faire quoi que ce soit, l'autre homme le repoussa de toutes ses forces, l'éloignant le plus possible.

— Au revoir Dean.

— Quoi ?

Et avant que Dean ne comprenne ce qu'il était en train de se passer, cette forme noire et organique aspira Billie et Castiel en une fraction de seconde. Le laissant seul dans le silence du bunker, sur le sol froid. Tandis qu'il réalisait ce qu'il venait de se passer, Dean sentit la douleur s'insinuer en lui. Comme si l'on venait de lui arracher le cœur à main nue, il ne comprenait pas, il souffrait. Il aurait dû se lever et retrouver Sam, mais il n'en avait pas la force. Il avait un combat à mener, sans doute le plus grand de toute sa vie, mais à cet instant il avait besoin d'être seul. Laissant couler les larmes de rage et de tristesse sur ses joues râpeuses. Dans ce chao, il décida de s'accorder quelques minutes, il en avait besoin.

Après leur combat, et surtout leur victoire contre Chuck, les deux frères avaient mis du temps pour accepter la réalité, la nouvelle réalité. Celle où leur libre arbitre n'était pas qu'une vaste fumisterie, un jeu auquel s'adonnait un enfant gâté et cruel. Ils avaient trouvé de nouvelles marques, un nouveau souffle. Comme si un poids énorme c'était envolé de leurs épaules. Ils voyaient les choses sous un nouveau jour, la vie prenait de nouvelles couleurs et ils avaient bien l'intention d'en profiter.

Sam n'avait pas vu son frère si heureux depuis bien des années. Et malgré les pertes, la peine et la douleur, maintenant ils avançaient plus sereinement. Ils profitaient de chaque seconde d'insouciance et accueillaient l'avenir avec plus de confiance. Ils savaient le monde entre de bonnes mains, les deux frères savaient que Jack était à sa juste place à présent. Et qu'il œuvrait pour un monde meilleur, sans interférence bien sûr. Il ne reproduirait pas les erreurs de Chuck, il était un homme bon.

Finalement, la chasse les rattrapa, les habitudes étaient tenaces, en particulier quand il s'agissait de quelque chose qui avait rythmé leur vie pendant plus de quinze années. Des gorges arrachées et des enlèvements d'enfants. Un simple nid de vampire sur lequel leur père avait enquêté bien avant eux. C'était une façon douce de se remettre en selle, boucler la boucle. Il ne leur avait pas fallu très longtemps pour trouver le nid et les enfants, au moins ils étaient sein et sauf. Mais leurs adversaires ne semblaient pas enclins à un combat rapide.

La lutte était acharnée et Dean et Sam avaient du fil à retordre. Mais leurs assaillants en eurent pour leur compte. Dean resta figé là où le vampire l'avait projeté, contre ce pilier de bois. Et même s'il avait voulu bouger, s'approcher de son frère, il en aurait été incapable. Il savait. Il avait compris. Il avait compris bien plus vite que ce qu'il aurait imaginé. Et il l'acceptait.

Dean savait depuis bien longtemps qu'il ne verrait jamais blanchir ses cheveux châtains. Il savait que l'espérance de vie d'un chasseur ne dépassait que rarement les quarante ans. Et il les avait dépassés, il pouvait s'en estimer heureux après tout ce qu'ils avaient vécu, après tout ce qu'il avait vécu. Il aurait aimé profiter encore un peu de cette nouvelle vie, de Sam et de tout le reste. Mais c'était son heure et il devait le faire comprendre à son frère, il était temps qu'il le laisse partir. Pour de bon cette fois.

Dean sentait ses forces l'abandonner progressivement, il sentait que déjà, son corps ne lui appartenait plus. Mais Sam n'était pas encore prêt, son visage baigné de larmes et déchiré par la douleur faisait se tordre le cœur de Dean.

— Ne me laisse pas... Je ne peux pas faire ça tout seul.

Dean ne put s'empêcher de sourire tristement.

— Si, tu peux.

— D'accord, mais je ne veux pas.

— Hey, je ne te laisse pas. Je veux être avec toi. Juste là. Déclara Dean d'une voix de moins en moins forte, agrippant le t-shirt de son frère au niveau de son cœur. Chaque jour. Chaque jour je serais là et tu vivras et tu te battras. Par ce que tu... tu continueras toujours à te battre. Tu m'entends. Je serais là, à chaque étape.

Sam avait du mal à respirer, voir son frère comme ça, sa seule famille, la personne qu'il aimait le plus au monde lui dire au revoir était insoutenable.

— Je t'aime tellement. Mon petit frère.

Les yeux de Dean c'étaient eux aussi remplit de larme, mais même s'il s'inquiétait pour Sam, il semblait en paix malgré la douleur qui déchirait son corps et son cœur.

— Je ne pensais pas que ça serait Le jour. Mais ça l'est. Ça l'est et ça va aller.

Sam sembla surpris. Car il comprit que Dean avait accepté sa mort et qu'il devait en faire autant, même si cela lui semblait insurmontable pour le moment. Dean avait de plus en plus de mal a s'exprimer, les larmes de Sam redoublant.

— J'ai besoin que tu me promettes... J'ai besoin que tu me dises que ça va aller.

Sam détournait le regard, c'était insupportable pour lui. Voir son frère comme ça, lui faire une telle promesse. Comment cela pourrait-il aller s'il mourait ?

—J'ai besoin que tu me dises que ça va aller. Pense à moi, regarde-moi. J'ai be... j'ai besoin... j'ai besoin que... que tu me dises que ça va aller. Dit le moi... dit moi... dit moi que ça va aller.

Les mots avaient du mal à sortir, le souffle commençait à lui manquer et son esprit était peu à peu absorbé dans un épais brouillard.

— Dean... ça va aller... Tu peux y aller maintenant...

— Aurevoir Sam.

Entendre ces mots sortir de sa propre bouche déchirait le cœur de Sam. Entendre son frère adoré lui dire au revoir était encore pire. Les deux frères joignirent leur front et leur main, tandis que Dean accueillait la mort comme une vieille amie.

Il lui sembla s'éveiller d'un long sommeil. Dean garda les yeux fermés encore quelque seconde, accueillant l'air frais dans ses poumons, savourant la douce caresse du soleil sur son visage. Il était mort, il le savait. Mais il se sentait en paix. Avec douceur il ouvrit les paupières et découvrit un paysage magnifique, lui arrachant un fin sourire. Des montagnes, des forêts et la route à perte de vue.

— Au moins, je suis au paradis.

— Yep.

Dean sursauta et fut surpris de trouver Bobby assis à côté de lui sous le porche de repaire de Helen et Jo. Il connaissait Bobby, il connaissait cette bâtisse pour s'y être rendue plus d'une fois, mais il ne parvenait pas à se remémorer le moment où il s'y été rendu avec Bobby.

— De quel souvenir s'agit-il ?

— Ça n'en est pas un, idiot.

— Si c'en est un. Par ce que la dernière fois que je t'ai vue, tu étais dans la prison du paradis.

— Étais, et maintenant je n'y suis plus. Le gamin m'a déposé ici avant d'aller... quelque part. Il a fait quelques changements ici. Après avoir sorti mon cul de là-bas. Et il a, nous avons réglé certaines choses.

Dean n'en croyait pas ses oreilles. Il vint s'assoir prêt de Bobby l'écoutant attentivement.

—Il a fait tomber les murs ici. Le paradis ne se contente plus de nous faire revivre nos meilleurs souvenirs. Il est comme il aurait toujours dû être. Tout le monde est heureux, tout le monde est ensemble. Rufus vit à environ huit kilomètres, par là. Ajouta Bobby en pointant un pan de montagne. Avec Aretha. Je pensais qu'elle aurait meilleur goût.

Dean ne dit rien, mais il était assez d'accord avec cette réflexion.

— Et ta mère et ton père, ils ont une place là-bas. Dit Bobby en indiquant un point du bout du doigt sur sa gauche. Ce n'est pas seulement le paradis Dean. C'est le paradis que tu mérites. Et nous t'attendions.

Tout ceci était incroyable. Même mort, il parvenait encore à être surpris. Il allait revoir sa mère et son père, passer du temps avec Bobby, mais aussi Jo, sa mère et tous les autres qui avaient rendu les armes avant lui. Dean attrapa une des bières dans la glacière qui se trouvait entre Boby et lui.

— Alors, Jack a fait tout ça.

— Eh bien, Cass l'a aidé.

Le cœur de Dean rata un battement. Cass. Cass était vivant, il allait le revoir, il devait le revoir. Le regard de Bobby était sans équivoque, il semblait comprendre. Était-il au courant de quelque chose ? L'avait-il vu ? Compris ? Castiel lui avait-il dit quelque chose ? Dean n'avait pas envie de poser la question. Ça lui était égal et il ne voulait rien laisser paraitre pour le moment.

— C'est un vaste nouveau monde. Tu verras.

Le plus jeune sourit et porta la bouteille en verre à ses lèvres, avalant à grande gorgée le liquide doré.

— Oh wow, ça a le goût du premier verre que j'ai partagé avec mon père.

— Quelque chose de bon ?

— Non, c'est dégueulasse. Dit-il en riant. Mais c'était génial. Juste comme ça. C'est...presque parfait.

— Il sera bientôt là.

Oui, Dean le savait, il savait à présent qu'il reverrait bientôt Sam. Et même s'il lui manquait, il voulait que son frère vive sa vie et meurt le plus tard possible alors, il attendrait le temps qu'il faudrait. La chose que Dean désirait le plus était que Sam ai la vie la plus longue et la plus heureuse possible. Ils auraient l'éternité pour se retrouver. Mais à cet instant, il n'était pas le seul qu'il désirait ardemment revoir.

— Le temps ici, c'est... c'est différent. Tu peux avoir tout ce dont tu as envie, besoin ou rêves. Donc je suppose que la question est : qu'est-ce que tu vas faire maintenant Dean ?

Le jeune homme scruta le paysage et un large sourire étira ses lèvres pleines en découvrant sa voiture qui l'attendait, comme si elle avait toujours été là.

— Je pense que je vais aller faire un tour.

— Amuse-toi bien.

Dean reposa sa bière et se diriger vers la Chevrolet dont la carrosserie luisant au soleil. Il passa une main presque amoureuse sur le toit avant d'en ouvrir la portière et de s'installer derrière le volant.

— Hey bébé.

Il tourna le bouton de l'autoradio et Carry on my wayward son raisonna dans l'habitacle faisant s'agrandir encore son sourire.

— J'ai toujours adoré cette chanson.

Il fit ronronner le moteur avant d'actionner la commande à la droite du volant et de s'engager sur la route en face lui. L'asphalte s'étendait à perte de vue entourait d'arbre gigantesque. Le paysage était magnifique, reposant. Il n'y avait ni panneau ni indication, mais il savait où il souhaitait se rendre alors il savait qu'il faisait bonne route.

Il ne savait pas depuis combien de temps il roulait, il se sentait bien, heureux. Au volant de l'impala dans un décor paisible avec du rock des années 80. Cet instant aurait pu durer pour l'éternité.

Sans que Dean ne s'en rende vraiment compte, le décor avait changé. Il se trouvait à présent sur une route de campagne et les bois c'était fait plus épars autour de lui. Et c'est là qu'il le vit. Au milieu d'une clairière près d'une cabane qui ressemblait à s'y méprendre à celle de Bobby.

Dean se gara non loin et sortit de la voiture. Son coeur frappait vite et fort contre sa poitrine. Alors on pouvait être nerveux même une fois mort ? Castiel le regardait s'approcher sans bouger, était-il nerveux lui aussi ? Il n'en avait pas l'air en tout cas. Le voir toujours porter son éternel trench-coat beige fit sourire Dean. Peut-être s'attendait-il à le voir dans une toge immaculée et auréolé. Il ne put retenir un son amusé au ridicule de cette image. Non, Cass était fidèle à lui-même. Il était Cass, tout simplement, et c'était bien suffisant pour Dean.

Après le sacrifice de l'ange, Dean avait eu du mal à accepter son absence. Mais Sam était à ses côtés et il ne voulait pas laisser paraitre sa peine. Elle était pourtant bien là, une plaie ouverte et constante qui se rappelait à lui en permanence. Il avait beaucoup pensé aux derniers mots que Castiel avait eus à son égard et aux sens qu'ils devaient leur donner. Il avait mis du temps à comprend ou plutôt à en accepter leur sens. Sans doute car cela rendait sa disparition encore plus douloureuse, car cela lui faisait aussi accepter beaucoup de choses le concernant.

Dean s'arrêta face à Castiel qui continuait de l'observer. Le silence était doux. Le jeune homme avait la gorge sèche. Il avait de nombreuses fois imaginé et même rêvé de ce qu'il aurait aimé dire à Castiel s'il avait eut le temps. Et maintenant qu'il disposait de tous le temps dont il désirait, les mots ne semblaient plus vouloir franchir ses lèvres. D'un geste nerveux, il les humecta de sa langue et finalement, ce fut l'ange qui brisa le silence.

— Salut Dean.

— Cass.

Sa voix était rauque, comme s'il n'avait plus parlé depuis plusieurs jours et cela le surprit lui-même.

— Je suis... profondément désolé Dean...

Celui-ci se contenta de hausser les épaules. Il ne voulait pas avoir de regret, il n'en avait pas vraiment. Et le seul qu'il avait encore de son vivant, la mort semblait lui donner l'occasion d'y remédier. Il devait simplement trouver le courage.

— Dean...

— Cass...

Les deux hommes laissèrent échapper un petit rire, ils avaient parlé en même temps. Et ce simple petit son sembla apaiser les choses instantanément. Castiel souriait et avait ancré ses iris bleus dans ceux de Dean qui souriait également. Comment diable avait-il pu douter jusqu'à lors...

— Dean, ce n'est peut-être pas... ce que tu voudrais entendre, mais... Je pensais chacun des mots que je t'ai dit ce jour-là. Mais je ne veux pas... Je ne veux pas que ça change les choses entre nous. Je voudrais... Je voudrais venir te rendre visite de temps en temps. Si tu veux bien... Mais si tu ne veux pas, si ça te gêne. Alors je ne viendrais pas, je te le promets.

— Cass...

Dean ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Castiel était sincère, il l'avait toujours été et Dean se devait de l'être en retour. Il devait être sincère avec l'ange, mais aussi avec lui-même.

— Tu m'as dit que je t'avais changé, que grâce à moi tu te souciais du monde, de Jack, de Sam... Je t'ai peut-être aidé à être toi-même. Mais Cass, ce dont tu n'as pas idée, c'est d'à quel point toi tu m'as changé. Tu m'as sauvé la vie Cass. Plus d'une fois et plus d'une façon... Tu as fait de moi un autre homme. Et même si on a traversé des choses difficiles toi et moi, même si on a pas toujours été d'accord. Tu as toujours été là pour moi. Et si... et si tu m'en avais laissé le temps ce jour-là je... ce que j'aurais voulu te dire c'est que...

Le plus jeune s'approcha un peu plus de l'autre homme, ne se détournant pas un seul instant de son regard.

— Je t'aime Cass. Même si j'ai mis du temps à le comprendre, je crois que je t'aime depuis longtemps. Mais que je pouvais pas le voir, ou peut-être que je ne voulais pas à ce moment-là. Et j'en suis désolé. Je suis désolé d'avoir dû te perdre pour le comprendre. Et je sais combien je suis chanceux de pouvoir te le dire aujourd'hui.

Castiel resta interdit, la bouche légèrement entre ouverte, il entendait les mots de Dean, mais n'était pas sûr de comment les interpréter. Il ne savait pas comment réagir, sans doute ne c'était-il pas attendu à une telle réponse de la part de l'autre homme. Dean sourit avec douceur s'amusant tendrement de la réaction de l'ange. Il passa une nouvelle fois sa langue sur ses lèvres avant de poser une main sur la nuque de Castiel et de l'attirer un peu plus contre lui. Son regard vert s'attarda sur la bouche de l'ange, il déglutit et franchit les quelques centimètres qui séparaient encore leurs lèvres.

Le contact de la bouche de Castiel contre la sienne était d'une extrême douceur. Il embrassa ses lèvres avec tendresse, laissant le temps à l'autre homme de comprendre ce qu'il se passait. Puis doucement, sans précipitation, Castiel vint poser ses mains sur les hanches de Dean et entre ouvrit doucement les lèvres pour en laisser le passage à la langue de Dean. Ce dernier ne se fit pas prier pour approfondir le baiser, posant son autre main sur la joue de son compagnon. Dean avait la sensation que l'autre homme avait attisé un feu dans sa poitrine qu'il croyait pourtant éteint depuis longtemps.

Ils finirent par rompre leur baiser, sans pour autant s'éloigner, reposant front contre front, se souriant. Ils n'avaient pas besoin de mots. Dean savait que Castiel ne resterait pas indéfiniment avec lui ici et cela lui convenait très bien. Car il savait que Cass ne serait jamais très loin et qu'ils se verraient aussi souvent qu'ils le voudraient. Pour partager des moments comme celui-ci et bien d'autres encore.

Sam lui manquait, mais il avait d'autres personnes à aimer ici. Personne ne viendrait prendre sa place, jamais, mais il avait ouvert son cœur d'une nouvelle façon et il se sentait comblé. Et quand son petit frère le rejoindrait, il pourrait se sentir à nouveau entier, entourait des gens qu'il aimait et qui l'aimaient en retour.