-Vous avez eu des informations sur notre dernière victime ? demanda Fatim
Elle soupira.
-Votre thèse s'avère être juste, c'est ça ? demanda Balthazar
-Je pense oui, ce monsieur ici présent a été arrête pour de multiples accusations de viol sur mineur, mais grâce à l'influence de son père, il s'en est toujours sorti.
-C'est tellement facile quand papa a du fric. Dit Eddy énervé
Fatim le frappa à l'arrière du crâne.
-Je commence à comprendre pourquoi il me manque des parties de corps. Vous aviez raison Capitaine, ce sont des trophées pour montrer qu'on a rempli un contrat et en fonction du crime s'il vous plaît. Dit Balthazar.
-Oui, je le pense aussi.
Ils étaient fatigués, ce réveil nocturne commençait à peser sur leurs corps. Il pouvait voir qu'elle était presque à bout de force, les traits tirés et son aveu tout à l'heure à propos de ses cauchemars lui fit encore plus mal au coeur.
- Vous savez que vous pouvez rester ici, j'ai un canapé dans mon bureau.
- Je ne peux pas, Balthazar. Nous sommes en plein milieu d'une enquête là.
- Je sais Capitaine, mais vous ne nous servirez à rien si vous ne pouvez plus penser correctement. Allez dormir au moins une heure ou deux, promis je vous réveille si on trouve quelque chose de nouveau.
Elle voulait décliner bien sûr, mais cela commençait à peser sur sa conscience, si elle prenait encore plus de café, son coeur finirait un jour par lâcher. Elle se résigna donc à accepter la proposition de son ami.
- Bien, mais à la moindre nouvelle, vous me réveillez, sinon je vous colle tous les trois en garde à vue pour le reste du mois, c'est clair.
- Oui Capitaine. Dirent-ils à l'unisson.
Elle sourit. Balthazar lui ouvrit le chemin pour qu'elle le suive jusque dans son bureau. Il ferma les portes derrière eux pour avoir plus de tranquillité. Elle le regarda suspecte.
- Promis, je ne ferais rien. Je vais juste te donner une couverture pour que tu n'es pas froid et je reste à mon bureau, les jeunes ont encore des tests à faire. Je veille sur toi.
Elle rougit un peu et accepta la couverture avec gratitude. Elle se plaça sur le canapé pour trouver une position confortable dans laquelle se mettre, mais elle pouvait sentir sur elle le regard du médecin.
- Arrêtez. Dit elle
- Quoi, je suis en train de lire.
- Je peux sentir votre regard sur moi, ce n'est pas comme ça que je vais réussi à dormir.
- Pardon, c'est juste qu'après l'aveu que tu m'as fait tout à l'heure à propos de tes cauchemars, je suis légèrement inquiet pour toi. Ne te méprends pas, je sais que tu es forte mais tout le monde à une certaine limite, même toi. Tu es sûre de ne pas vouloir un somnifère, je peux te faire une prescription.
- Non. Je déteste les médicaments de ce genre, je sais que tu veux m'aider… Mais, les cauchemars sont faits pour nous torturer l'esprit non ? sinon, ça serait trop facile. Dit-elle doucement, ne le regardant pas
Il s'était levé de sa chaise pour s'approcher d'elle. Il posa une main sur son épaule.
-Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider. S'il te plaît, je veux être là pour toi.
C'est là qu'elle céda, elle appréciait vraiment qu'il fasse tous ces efforts pour l'aider. Elle souffla avant de dire.
-Bien, si tu veux m'aider, prends-moi dans tes bras.
Pendant quelques secondes, il fut surpris, mais il se reprit vite en main. Il se débarrassa de ses chaussures et s'allongea à coté d'elle sur le canapé. L'étroitesse de ce dernier, les força à ce que lui se mette sur le dos et elle s'allongeait presque sur lui. Il referma ses bras autour d'elle comme pour se dire qu'il la protégerait de tout ce qui pouvait lui arriver, il était aussi content de l'avoir contre lui comme ça, il était presque apaisé, peut être qu'il pourrait profiter lui aussi de quelques heures de sommeil. Elle était un peu gênée au départ d'avoir proposé cela, surtout quand elle vit qu'il avait gelé sur place pendant quelques secondes avant de bouger. Il était rapide, il s'était débarrassé de ses chaussures avant de s'allonger à côté d'elle. Quand il la prit dans ses bras, elle s'était sentie tout de suite en sécurité, presque rassuré. Elle s'était dit qu'en entendant son rythme cardiaque, peut être que son subconscient serait rassuré et qu'elle pourrait échapper à ses cauchemars. C'est quand il se mit à lui caresser le bras, qu'elle s'endormit.
Aucun des deux ne savaient combien de temps s'était écoulé depuis qu'ils s'étaient endormis. C'est malheureusement, l'arrivée tonitruante d'Eddy qui les réveilla.
-ON a du nouveau !
-Putain Eddy, je t'avais dit d'y aller en douceur. Dit Fatim arrivant derrière lui.
Le regard noir que lui lança le Capitaine, le fit reculer de quelques pas.
-Tu me refais un coup comme ça Eddy, je te vire. Dit Balthazar
-Pardon, j'avais oublié que vous dormiez. Nous avons fini, les analyses toxicos des deux victimes, elles ont été droguées. Une bonne dose de kétamine. Par contre, on a eu un message de Delgado, une nouvelle victime.
Hélène se leva, elle ne regarda pas les autres, prit son téléphone et passa un coup de fil à son ami pour avoir les détails. Quand, elle vit l'heure, elle se rendit compte qu'ils avaient à peine dormi deux heures. Raphael se leva à son tour, détendu malgré le coup de stress au réveil. Il n'avait pas eu d'insomnie, il se rappela qu'elle n'avait pas bougé, donc il savait qu'elle n'avait pas eu de cauchemars. Il était content de voir qu'il avait la possibilité de l'aider dans son sommeil même pour des petites heures.
-La cadence des meurtres est trop proche, il doit y avoir une liste prédéfinie dans les mains de notre tueur. Dit Balthazar.
-Il doit connaître les cibles, il y a forcément un lien qui les relie. Mais on a fouillé dans chaque vie des victimes, on n'a rien trouvé.
-On va peut-être trouver le lien avec la dernière en date.
Il prit ses affaires, donna ses directives à ses deux assistants pour que la table soit prête à l'arrivée du nouveau cadavre. Il guida le Capitaine jusqu'à sa voiture pour la conduire sur la scène de crime. Le trajet allé duré une dizaine de minutes, il voulait en profiter pour parler avec elle.
-Tout va bien ? demanda-t-il
Elle le regarda avant de tourner une nouvelle fois la tête vers la fenêtre, voulant arriver sur la scène de crime le plus vite possible.
-Ça va. Répondit-elle
-Je sais que nous n'avons pas vraiment parlé de ce qui s'est passé plutôt dans la cour de l'IML, mais si tu veux on peut prendre le temps, une fois que cette affaire sera terminée. J'aimerais vraiment qu'on parle de nous.
-Je sais, moi aussi. C'est juste que je suis fatiguée, malgré le fait que cette sieste m'a évité les cauchemars comme tu le sais. Moi aussi, je veux qu'on prenne le temps de discuter, de mettre les choses au clair entre nous, comme je te l'ai dit plus tôt, une étape à la fois.
-Oui.
Il posa sa main sur sa cuisse, voulant appuyer par les gestes les paroles qu'il avait prononcé. Ils arrivèrent sur la scène de crime, alors à contre cœur, il cessa de la toucher alors que son cœur en avait envie plus que tout, mais pour elle, il ferait tous les efforts du monde. Elle avait aimé la sensation de sa main sur sa cuisse, comme la sensation de son corps contre le sien sur ce canapé. Elle ne l'avouerait jamais, mais elle s'était sentie plus apaisée, rassurée de l'avoir contre elle, de sentir son souffle de vie. Ce qui sans l'avouer encore une fois, avait donné lieu à des fantasmes qu'elle avait souvent joué dans son esprit. Cette histoire d'étape à la fois, c'était surtout pour voir s'il tenait ses promesses, car si elle s'écoutait, elle lui aurait sauté dessus dans son bureau et elle se foutait bien de savoir que TIC et TAC étaient dans la même pièce. Même si sa raison n'était pas forcément d'accord.
Enfin, elle se concentra sur ce qui se passait en face d'elle.
-Ah vous voila, je sais pas pour vous, mais ça commence sérieusement à faire beaucoup de victime en peu de temps. Dit Delgado
-Oui, bon j'enfile ma combi et je suis à vous.
Elle partit avec son ami recueillir les témoignages et autres preuves en dehors du cadavre. Elle attendit avec impatience de savoir ce qui avait mis cette victime dans cet état.
-Hélène, j'ai fait une recherche à partir des empreintes. On a une correspondance.
-Je t'écoute.
-Lila Mercier 33 ans, elle était inscrite dans le fichier comme famille d'accueil.
-Je veux bien, mais ça n'explique pas l'état dans lequel nous l'avons retrouvé.
-Figure toi, qu'elle avait été accusé de maltraitance sur enfant, elle ne les nourrissait que très rarement.
-Dis moi qu'elle a fait de la taule. Dit Hélène en se frottant le visage.
-Juste retiré du fichier avec une amende de 5000 euros.
-Putain…
Balthazar avait plongé dans la benne à ordure, vêtue de sa combinaison et d'un masque pour filtrer les odeurs. Il souleva un des bras de la victime, ce qui confirma sa théorie, morte de faim et peut être même de soif avant. Il vit des marques de ligatures sur les poignets et les chevilles, enfin plutôt sur la peau qui lui restait, car on ne voyait plus que ses os. Il ne savait pas combien de temps elle était dans cet état mais pour arriver à ce niveau de dissolution des masses graisseuses, il a fallu au moins 2 semaines sans nourriture, ni eau.
-Capitaine, j'ai la cause de la mort !
-Laissez-moi deviner, morte de faim
Il fut surpris pendant quelques secondes.
-Encore, une victime de notre affaire.
-Oui, accusé de maltraitance sur enfant. Mais depuis combien de temps, elle est là ?
-Bien avant nos victimes précédentes, je peux vous l'assurer, pour en arriver à ce stade, il faut au moins 2 semaines.
-Elle a disparu depuis 3 semaines selon le rapport.
-Hélène, j'ai une piste.
-Bon, emmenez le cadavre dans votre labo, je veux le rapport le plus rapidement possible.
Elle lui fit un sourire rapide avant de partir pour rejoindre Delgado.
merci d'avoir lu ce chapitre et pour vos commentaires super gentil.
