-Tu as trouvé quoi ?

-Le juge, j'aurais dû le remarquer plus tôt, merde. C'est le même juge qui a institué les 3 affaires, ça doit être lui le commanditaire.

Enfin, une bonne nouvelle dans cette affaire, elle commençait sérieusement à douter.

-Ok, on rentre au poste pour trouver ce juge et préparer son arrestation sans faute. Je ne veux pas qu'il s'en sorte grâce à nous.

Mais dès qu'ils furent rentrés au poste, une surprise les attendait. Le juge Alexandre Lefevre se trouvait dans le bureau du Capitaine Bach.

-Il est arrivé, il y a 10 minutes. Il a demandé à vous parler. Dit un des hommes

-C'est louche. Cherche pourquoi il est venu, pile au moment où nous allions lancer un mandat d'arrêt contre lui ; je vais l'interroger.

-Bien. Répondit Delgado

Elle inspira profondément, tentant de comprendre les motivations de l'homme qui se trouvait à présent dans son bureau. Ce type avait commandité des meurtres de personnes qu'il pensait coupable et qui s'en étaient sorties pour X raison, mais pourquoi venir maintenant dans son bureau. Le manque de sommeil commençait sérieusement à peser sur sa conscience, même si elle en avait rattraper quelques heures dans le bureau de Balthazar, c'était quand même pas une réussite. Elle relâcha son souffle et rentra dans son bureau d'un air décidé.

-Monsieur Lefevre, j'ai appris que vous vouliez me parler. Dit elle de manière professionnelle

Même si c'était le suspect numéro 1 dans cette affaire, elle restait flic et lui un juge.

-Ne tournons pas autour du pot Capitaine Bach, vous savez très bien pourquoi je suis ici.

-Je veux en être sûre. Alors j'attends vos explications. Dit elle toujours calme

-Je suis ici pour avouer les meurtres sur lesquels vous êtes en train d'enquêter en ce moment.

-Ceux sont des aveux ?

-Oui.

Il avait déposé sur son bureau les affaires qui se trouvaient dans ses poches, après tout, il connaissait les procédures. Mais il ne connaissait pas vraiment le tempérament et le professionnalisme de ce Capitaine de police.

-Bien, je veux votre déposition complète, mais je veux surtout savoir qui vous avait engagé pour faire le sale boulot. Je ne suis pas idiote Monsieur Lefevre, je sais très bien que vous les avez commandités et non exécutés.

-A quoi cela peut vous servir ?! Je suis l'assassin de ces personnes !

Il commençait à perdre patience, il fallait qu'elle continue sur sa lancée. Elle envoya un rapide message à Raphael pour lui demander de venir, afin qu'il examine le juge.

-Bien sûr, mais je veux votre mobile. Vous ne vous êtes pas dit, un matin, tiens si je tuais ces personnes-là. Alors pourquoi ?

Elle devait rester calme, elle devait à tout prix lui faire dire le nom de son complice.

-Mais bordel, Capitaine Bach !! Vous avez lu leurs dossiers non, ces personnes étaient des voleurs, des criminels qui échappaient à la justice depuis des décennies. J'en avais marre d'accord, je ne supportais plus de les voir échapper à la justice.

-Vous vous êtes fait justice vous-même Monsieur Lefevre. Qui est celui qui exécute les victimes de votre liste ? vous êtes juge, vous connaissez les lois. Vous serez seulement inculpé de complicité de meurtre.

-Je ne dirai plus rien.

Elle savait qu'elle avait perdu, elle avait eu le mobile de ces meurtres. Au fond d'elle-même, elle comprenait pourquoi, c'est vrai que cette partie de son boulot n'était pas des plus plaisant. Elle se souvenait du nombre de fois, où au début de sa carrière, elle avait arrêté le même type et il s'en sortait toujours pour un vice de procédure ou simplement parce qu'il avait de la chance. Et ce type la narguait à chaque fois, jusqu'au jour, où elle avait retrouvé son cadavre dans une rue sordide. Elle demanda alors à un de ses hommes d'emmener le juge en cellule. Quand ils sortirent de son bureau, elle jeta un coup d'œil à son ami qui faisait encore des recherches sur le juge.

-Tu as quelque chose ?

-Je pense que oui. Sa fille, Mélisande, âgée de 8 ans, s'est fait renversée par une voiture, il y a 5 ans.

-C'est un peu tard pour une vengeance vous ne trouvez pas ? demanda Balthazar qui venait d'apparaître dans leurs dos

-Une vengeance ?

-Bah oui, réfléchissez, si c'est lui qui a commandité tous les meurtres pourquoi il n'a pas mis le nom de la personne qui a renversé sa fille dans cette liste. Je veux dire, c'est ce que je ferais, enfin non, enfin en théorie.

Elle réfléchit deux secondes, elle comprit alors pourquoi il s'était montré dans son bureau sans qu'ils aient besoin de lancer un mandat contre lui. Il faisait office de diversion.

-Trouve le dossier, c'est lui la dernière victime. Mais Balthazar, je veux que vous alliez examiner le juge dans la cellule, je pense qu'il cache encore quelque chose.

-J'y vais de ce pas.

Il partit sans argumenter, il savait qu'ils étaient dans un tournant crucial de l'enquête. Quand il arriva devant la cellule, son sens de l'observation ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi, cette « vengeance » ne se faisait que maintenant, mais il devait en avoir le cœur net, afin de donner plus de preuve au Capitaine. Il entra alors dans la cellule.

-Bonjour Monsieur Lefèvre.

-Ah, le célèbre Docteur Balthazar, je n'ai pas besoin qu'on m'examine.

-Je suis désolé, mais c'est une obligation. Je dois juger, si vous êtes en bonne santé pour faire une garde à vue complète.

Le juge se tut pendant quelques secondes, Raphaël en profita pour l'observer un peu plus, tout en sortant ses outils médicaux.

-Je vois que vous avez compris. Dit le juge d'un ton sarcastique

-Vous ne faîte que confirmer mes observations, à quel stade ?

-Stade 3 sur le tronc cérébral, si vous voulez tout savoir.

Il confirma juste les symptômes qu'il avait observé. Enfin, Raphaël se concentra sur l'examen, mais aussi sur toute chose qui pouvait permettre d'identifier le deuxième homme. 10 minutes plus tard, il retourna auprès de sa collègue.

-Alors ? demanda-t-elle

-Il est atteint par un cancer, il va y laisser sa peau. Je suis désolé, mais je n'ai rien trouvé sur lui qui permettrait de trouver le deuxième homme.

-Merci quand même. Jérôme, tu as le dossier ?

-Oui, Charles Meunier, multi récidiviste en ce qui concerne l'alcool. Conduite dangereuse, voie de fait et j'en passe, un gentil monsieur.

-Et bien, nous l'avons notre dernière victime. Dit Balthazar d'un ton un peu trop sarcastique

elle ne prit même pas la peine de lui accorder la moindre attention avec son dernier commentaire, elle se tourna alors vers ses hommes.

-Je veux une équipe prête dans moins de 5 minutes, vous allez me chercher cet homme, il est peut-être en danger, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre la trace de ce tueur à gage, suis je clair.

-Oui Capitaine. Répondirent une dizaine d'homme

Ils se préparèrent pour intervenir, tous savaient quoi faire. Raphael, lui resta auprès de sa blonde pour voir ce qui allait se passer, il n'avait pas envie de la quitter. Pour une fois dans sa vie et dans son partenariat avec Hélène Bach, il suivit les ordres sans broncher, ni répliquer, ce qui étonna sa partenaire, mais elle en profita avec plaisir. Ils arrivèrent tous à la résidence de Charles Meunier, à temps pour voir la porte défoncé et entendre du vacarme dû à une bagarre. Elle fit signe rapidement à ses hommes de faire le tour de la maison pour éviter qu'il ne s'échappe. Elle sortit son arme et souffla un bon coup avant de rentrer dans la maison, le médecin légiste la suivit sans entendre les protestions qu'elle faisait pour tenter de le dissuader, mais comme elle le savait, c'était en vain.

La scène qui se déroulait sous leurs yeux était comme dirait irréaliste, toute la maison état retourné, on aurait dit qu'une tornade était passé. Ils trouvèrent Charles Meunier dans sa cuisine, avec une lame dans la cuisse, à la limite de l'inconscience à cause de la drogue dans son organisme, mais aucune trace de l'homme qui avait fait tout ça.

- Merde !! Au rapport !!

tous les hommes cherchèrent autour et dans la maison pour trouver des traces, ce n'était pas possible, comment avait il fait pour sortir d'une maison entourée de flic.