Disclaimer: Rien ne m'appartient.
Couples : 1859. Pas que ce soit vital ici. (Mais le 1859 illumine encore et toujours mon imagination. Certaines choses ne changent pas)
Avertissement : Il y a une cuillère à café (rase) de gore. Donc si regarder les experts ou Bones est horrifiant, mieux vaut passer son chemin.
(Par contre il y aussi trois cuillères à soupe de logique, et environ neuf doigts d'irréalisme.)
LES DENTS
(De la classe, pas de la mer)
(Ya pas la mer à Namimori)
Cet instant, quand on se réveille avec des courbatures partout -tiens, j'ai des muscles et des nerfs sur les hanches aussi, fascinant, où est l'ibuprofène déjà ..
Cet instant, quand on se réveille à cause de hurlements stridents - qui a annoncé les soldes avec une semaine d'avance.
Cet instant, quand on réalise que l'on n'est ni chez soi, ni en terrain ami, et qu'il ne fait même jour.
Puis quelque chose grogne de façon absolument bestiale. Et pas sexy bestial.
Plutôt monstrueusement bestial.
"Réveille toi ! GOKUDERA ! AU SECOURS !"
Et aïe. Sa tête.
Ses oreilles saignent.
Sa tête vise l'implosion nucléaire.
Hayato a le vague sentiment qu'on lui a fracassé une chaise sur l'arrière du crâne.
(Pourvu que ce ne soit pas celle de Tsuna.)
Un rugissement plus tard, il cligne des yeux désespérément.
La pièce est plongée dans la pénombre, quelques bougies sur des bureaux amène une lumière plus que chiche, mais suffisante pour attirer immédiatement son attention sur le centre de la pièce.
De bureaux, il n'y a plus. (Le sien et celui de Yamamoto y sont passés entre autre. Au moins, les notes de cours de Yamamoto ne manqueront à personne.)
Il y a quelque chose de grand, de sombre, de large, de dégoulinant, et très dentu.
Une scie circulaire serait jalouse, avec ses 96 dents.
Donc, pas de soldes avec une semaine d'avance.
Si on repart dans le temps d'une bonne heure environ, on arrive à un début de soirée maussade. Une promesse fait à Lambo avait arraché Tsuna à ses devoirs de futur boss. Aucun problème, sauf que la saleté en pyjama imitation pelage bovin avait exigé que Stupidera s'en aille. Tsuna avait promis que ce serait la soirée de Lambo, et aucune négociation n'avait pu le faire céder.
Yamamoto avait eu le droit de rester lui.
Ce qui était parfaitement injuste.
Mais au moins le Dixième du Nom n'était pas seul en cas de danger.
Hayato était rentré chez lui, préparé à travailler ses cours, sa stratégie, et la mise au point d'un nouvel explosif.
Sauf que.
Les fins du mois sont ce qu'elles sont, et pas de paquet de cigarettes d'avance.
Hors, avec les orages qui ont ponctué la journée, Hayato avait laissé son paquet dans son pupitre, en classe. Il avait résisté à l'appel de la nicotine jusqu'à ce que l'heure du dîner soit atteinte et dépassée. Puis son niveau de frustration avait atteint sa limite.
Son portefeuille avait exprimé un point de vue on ne peut plus clair sur la situation : Quand on a pas de tête, on a des jambes. Et ne pense même pas à acheter un paquet d'avance sur la semaine prochaine.
Les nuages gris furieux masquaient le bleu sombre du crépuscule.
Pas de soleil, pas de lune, pas d'étoiles pour guider son chemin. Rien que les lampadaires et un coup de phare occasionnel, éblouissant et avait presque réussi à échapper à l'ensemble des gerbes d'eau liées à l'approche d'une voiture.
Presque.
Le portail non verrouillé ne lui avait pas mis la puce à l'oreille.
Il avait stupidement pensé qu'un club avait fait duré l'entrainement un peu trop longtemps.
Il n'avait pas complètement tort.
Parce contre, il avait absolument tort de ne pas rester sur ses gardes, de se croire en terrain conquis.
Il n'y avait pas de lumière à l'étage des bureaux du comité de discipline, bien sûr qu'il se croyait tranquille.
La réunion du club d'occultisme venait de commencer.
Donc quand Gokudera entra dans la salle de classe, il y avait une douzaine de bougies éparpillées sur des bureaux, seulement la moitié d'allumée. Leurs flammes vacillèrent quand il ouvrit la porte.
Des chaises étaient disposées en cercle autour de trois pupitres rassemblés les uns contre les autre.
Dont celui d'Hayato. Il y avait un plateau de jeu de société, avec des lettres rouges.
"C'est quoi ce bordel ?"
Bien qu'en fait, entre les bougies, le crépuscule, et l'air de biche prise dans les phares d'un trente huit tonnes exhibé par la fille allumant les bougies, Hayato a une assez bonne idée de ce qui se passe. Mais il n'a pas le temps d'en apprendre plus, ou de tenter d'expliquer tout le bien qu'il pense des gens qui veulent parler aux personnes décédées.
Quelque chose s'abat sur sa tête, sa nuque, et le haut de son dos.
Il tombe comme une masse.
Et est réveillé approximativement une heure plus tard par des hurlements.
Faut il vraiment préciser que personne ne lui tend la moitié d'une bouteille d'aspirine ?
Point positif.
Hayato est à soixante pourcent certain que la chose pleine de dents devant lui n'est pas un fantôme.
Point négatif.
Hayato est à quatre vingt dix pourcent certain que même si une chose avec des dents pareilles était pacifique et végétarienne, les cris stridents de nature féminine l'ont fortement agacé.
Hayato aimerait sauter sur ses pieds et sortir un bâton de dynamite, mais il va commencer par s'asseoir sans tomber.
La chose rugit.
Ces deuxième et troisième rangées de dents sont absolument adorables.
Okay.
"Est ce que quelqu'un a appelé Hibari ?" demande Hayato, en réprimant son estomac qui crampe dangereusement. Il aimerait dire que c'est uniquement à cause de l'haleine de viande nécrosée qu'il vient de se prendre en plein visage, mais peut être que le coup à la tête joue aussi son rôle.
Hayato a sa fierté.
Mais si être le bras droit de Tsuna lui a appris une chose, c'est que la fierté ne bat pas l'instinct de survie.
Et l'instinct de survie dit que si tu es face à une chose pleine de dents probablement carnivore et anthropophage, que la chose est furax et toi en proie aux suites d'un splendide traumatisme crânien, alors tous les coups sont permis.
(Surtout que oui, il y a un cadavre.
Enfin. Un demi cadavre.
Sans les jambes, sans les bras, et sans la tête, alouette. Les côtes devaient être trop désagréables à mâchouiller).
L'hystérie nichée dans sa gorge donne envie à Hayato d'imiter les filles et d'hurler.
Il résiste à l'envie en se levant.
Une main se cramponne à sa chemise.
Bien sûr. Agrippez vous au type qui tient pas debout, et planquez vous derrière.
La chose balance un ... membre ... dans leur direction.
Hayato se jette sur le côté en courbant son bras gauche vers l'arrière pour entrainer la personne accrochée à ses vêtements.
Bonus, cela le rapproche des fenêtres.
Le membre est bien trop court pour les atteindre, mais dans le mouvement un liquide transparent et gélatineux a été projeté sur le tableau. Le support en ardoise se fend dans un grand craquement, alors que la pierre est rongée.
Hayato recule, et recule, et recule.
De l'autre côté de la salle, les autres filles continuent de crier en essayant d'ouvrir la porte.
Quand il est arrivé à la fenêtre, il attrape une chaise et la balance dans la vitre, protégeant son visage avec ses bras. Des ongles lui labourent le dos.
"HIBARI. YA UN INTRUS DANS TON ÉCOLE. RAMÈNE TES FESSES ET TES TONFAS."
Et du popcorn, parce que damn, le côté pile d'Hibari en vaut la peine. Surtout en pleine action.
Parce que oui, quand on est face à un truc carnivore, la meilleure solution reste encore d'avoir un autre carnivore sous la main pour défendre le territoire.
Hayato se jette à terre à temps pour esquiver un jet d'acide satanique.
Mais qu'est ce que ces andouilles ont invoqués, franchement ?
Et qui va nettoyer la salle de classe ?
Si Kyoya le déclare responsable, Hayato l'explose.
Quand Kyoya arrive, tonfas aux poings, complètement furieux, Hayato a réussi à ne pas se faire décapiter, et à personne n'est mort. Il a même réussi à évacuer les trois élèves encore en vie.
Il n'a pas réussi à sauver la salle de classe. Ni celle d'à côté.
Ni le couloir.
Et les toilettes ne seront plus jamais les mêmes.
De toute façon, le bâtiment avait besoin de rénovations.
"Pas trop tôt, Kyouya." dit il en levant une main, appuyé sur un mur à demi écroulé alors que le préfet semble voler devant lui dans un mouvement presque flou.
La chose démoniaque rugit.
Kyoya montre les dents.
Hayato tâche de ne pas perdre conscience.
... Il a toujours envie d'une cigarette, mais quelque chose lui dit qu'il n'est pas près d'en voir une.
Quelque temps plus tard, il y a une odeur de putréfaction partout, et la moitié du bâtiment n'est qu'un champ de ruines.
Il pleut.
"Je sais bien que j'avais dit que la soirée promettait d'être ennuyeuse, mais il ne fallait pas te sentir obligé, Hayato."
Il n'y a qu'une réponse à cela.
Deux doigts d'honneur plus tard, et Kyoya mord son cou, comme un vampire en moins dramatique.
Puis Kyoya l'embrasse, et Hayato trouve la force de s'accrocher à sa nuque.
Il perd conscience avant d'avoir le temps de réclamer paiement pour l'amusement procuré.
Dans mes documents, ce truc porte le titre de 'If you're a game, I wanna be a player' qui signifie 'Si tu es un jeu, je veux être un joueur'.
Ce sont les paroles de Break my heart, de la comédie musicale Spectacular.
J'ai écrit ça avec cette musique en arrière plan. J'ai eu l'idée de ça avec cette musique.
Et j'ai ricané pendant environ tout le processus.
J'espère que pour vous aussi, aurez eu envie de sourire en pensant à Hayato se réveillant face à un machin avec trois rangées de dents et de la bave acide.
(Et à Tsu, qui a toujours, depuis toutes ces années, la patience de me supporter et de me relire, grand merci)
Tyanilisha
