T/N: Je suis de retour!
La première fois que j'ai lu ce chapitre j'ai ressenti tellement d'émotions. Donc je vous avoue que j'étais un peu stressée à l'idée de traduire ce chapitre. Serais-je capable de vous transmettre ces émotions?
J'espère avoir un peu réussi...
Passez une bonne lecture et prenez soin de vous!
•o.O•..•••..•• •..•••..••O.o
Il faisait sombre.
Seuls de faibles éclats de la lune éclairaient son chemin, pénétrant à travers les feuilles denses des imposants arbres autour de lui, alors qu'il courait. Cependant, il n'avait aucune idée d'où il allait ni même de pourquoi il courait. Ses pieds semblaient se mouvoir d'eux-mêmes, les feuilles sèches et l'herbe craquaient sous ses pieds à chaque pas.
La forêt semblait infinie, les ombres autour de lui se refermant.
Puis finalement au loin, une unique pierre tombale en marbre apparut soudainement au milieu de son chemin. Il s'arrêta quand il l'atteignit, constatant à quel point elle lui semblait familière. Juste au moment où il remarqua le nom gravé, sur le devant, une silhouette apparut à côté de lui.
Cédric.
Vêtu de son uniforme du Tournois, sa baguette tenu fermement devant lui.
Et autour d'eux, les arbres disparurent et furent remplacés par un cimetière étrangement familier.
Il savait ce qui allait se passer ensuite.
Quand il voulut attraper sa propre baguette, il constata qu'elle n'était pas là.
Il avait besoin de courir.
Il devait partir.
Mais ses pieds étaient enracinés sur place.
Cédric se tourna vers lui, lui disant quelque chose qu'il ne pouvait pas discerner à cause du battement de son pouls dans ses oreilles. Son coeur battait contre sa cage thoracique comme s'il voulait sortir de sa prison.
Il devait attraper Cédric et revenir au portoloin avant…
«Tue l'autre !»
«Non, Cédric!» il voulait crier mais les mots étaient coincés au fond de sa gorge.
«Avada Kedavra !»
Comme au ralenti, il regarda l'horrible lumière verte éclater du bout de la baguette de Voldemort et se précipiter vers Cédric, en le frappant directement dans sa poitrine.
On entendit le bruit sourd d'un corps tombant au sol.
«Pourquoi m'as-tu fait tuer Harry?» dit une voix froide, le faisant sursauter. Cedric était, de nouveau, à côté de lui mais cette fois-ci son apparence était fantomatique, scintillante et translucide. Il ressemblait exactement à ce qu'il était quand il était sorti de la baguette de Voldemort pendant le Priori Incantatum.
«C'est de ta faute.». Le visage de Cédric se contorsionna d'un air presque inhumain.
«Je-je suis désolé.» fit Harry d'une voix rauque. Mais il savait que cela ne suffirait pas. Ça ne l'avait jamais été.
Soudain, son environnement changea et il se retrouva au Département des Mystères. Les mangemorts et les membres de l'Ordre se battaient en duel autour de lui, leurs sorts multicolores volant dans toute la pièce. Mais Harry n'était pas conscient de tout ça car son objectif principal était la personne qui se battait en duel devant le voile.
Au moment où Bellatrix lança l'incantation qui envoya Sirius trébucher dans le voile, tout dans la pièce sembla avoir ralenti comme si un sort temporel avait été lancé. Sirius le regarda soudainement droit dans les yeux, l'expression sur son visage brisa le coeur d'Harry.
«Tu vois ce que tu as fait, Harry?Je suis mort à cause de toi! »lui cria Sirius, son visage se tordant de dégout. «Tu n'es pas digne d'être mon filleul.»
«Non! S-s'il te plaît Sirius, je suis désolé,» dit Harry en essayant d'aller vers Sirius avec l'espoir d'attraper son parrain avant qu'il ne tombe dans le voile. Mais à chaque pas qu'il faisait, il semblait s'éloigner de plus en plus.
Sirius se détourna brusquement de lui et tomba dans le voile, disparaissant pour toujours sans même un regard en arrière à son filleul affligé par le chagrin.
Harry poussa un halètement étranglé alors qu'il se réveillait en sursaut, regrettant immédiatement le mouvement brusque car cela provoqua une explosion de douleur qui se répandit dans tous son corps blessé. Il grimaça et se recroquevilla sur le coté alors qu'il frissonnait violemment dans son t-shirt, trempé de sueur, et qu'il haletait comme s'il venait de terminer un marathon. Ce cauchemar n'était pas rare; Harry les avait fait assez souvent depuis l'incident durant sa quatrième année. Mais récemment, Sirius avait également commencé à en faire partie.
Après plusieurs minutes à essayer de ralentir sa respiration effrénée, Harry réussit à se mettre prudemment sur son lit usé, que les Dursley lui avaient fourni. Il tira les draps nus sur lui, posa ses lunettes sur la petite table de chevet et se coucha, là, fixant le mur flou en face de lui. Il se sentait épuisé mais il lui fallait généralement un certain temps pour se rendormir après l'un de ses cauchemars. Mais au moment où il était sur le point de se diriger vers l'inconscience, il entendit un discret swoosh qui, une fois de plus, le réveilla. Harry releva sa tête, le mouvement secouant son cou déjà douloureux et il poussa un léger gémissement en le massant délicatement.
Il attrapa ses lunettes et les replaça sur son nez avant de regarder autour de lui pour voir ce qui s'était passé. Grâce aux lueurs du clair de lune qui brillaient de sa fenêtre, Harry repéra une lettre sur le sol à côté de son lit.
Se levant prudemment, Harry se demanda d'où venait la lettre car elle n'était surement pas là il y a quelques instants. Et elle n'était certainement pas venue d'un hibou- sa fenêtre était fermée et son oncle avait réinstallé les barreaux à l'extérieur.
Il se glissa lentement vers elle, tendant une main avant de la retirer rapidement.
Ça pouvait être un piège… Ou peut-être un Portoloin…
Puis un parfum floral, qui lui semblait en quelque sorte familier, l'entoura subitement et Harry put distinguer son nom écrit, sur le devant, d'une écriture élégante qu'il ne reconnaissait pas. Il ramassa avec précaution l'enveloppe, son coeur bondissant dans sa gorge alors qu'il réalisait de qui cela pouvait être.
Mais ça ne pouvait pas venir d'elle…
Harry brisa lentement le sceau et ouvrit la lettre, dépliant le parchemin avec des mains légèrement tremblantes puis commença à lire.
Mon cher fils,
J'ai le grand espoir que tu ne recevras jamais cette lettre et que je serais là pour te le dire en personne. Cependant, si tu lis ceci maintenant cela signifie que James et moi sommes décédés. Les protections mises en place pour nous protéger ont failli mais au moins tu finiras pas connaître la vérité.
James n'est pas ton père. J'ai appliqué un charme qui te fais ressembler à un mélange entre James et moi. Il devrait se dissiper lentement après ton seizième anniversaire, révélant enfin ta véritable apparence. Avec un peu de chance, la guerre sera terminée et ton vrai père sera toujours envie.
Tu dois savoir que sa position dans cette guerre était devenue trop dangereuse pour que nous restions une famille. Dumbledore avait suggéré que toi et moi serions plus en sécurité avec James pour le moment en raison de la gravité de la guerre. C'était une décision extrêmement difficile à prendre pour ton père et moi. Lui et James n'ont jamais été en très bons termes, mais j'aimerais croire qu'il y avait une sorte de trêve entre eux grâce à cet arrangement.
Ton père est un espion pour la lumière, il est extrêmement brave et continue de se mettre en danger pour le monde sorcier. Devoir toujours cacher ses vrais sentiments envers Voldemort n'est jamais une tâche facile. S'il venait à découvrir que ton père était un espion, il serait tué immédiatement.
Ton père biologique est Severus Rogue. Tu sais, même s'il semble avoir une apparence froide, il a un coeur que seuls quelques-uns ont la chance de voir.
Ton premier mot était «dada» et à chaque fois qu'il rentrait à la maison, après une longue journée, tu trottinais vers lui et grimpais sur ses genoux pour lui remonter le moral. Et de son côté, Severus possédait le rare talent de pouvoir te calmer juste avec quelques mots doux à tes oreilles lorsque tu étais contrariés.Tu étais tout son monde Harry, et ça, depuis le jour de ta naissance.
Il a donc fallu que Severus efface ses souvenirs pour s'assurer qu'il ne se fairait pas prendre à cause d'eux, lors d'une rencontre rapprochée avec Voldemort. Une lettre sera envoyée à Severus en même temps que la tienne. J'ai inclus une fiole des souvenirs de Severus dans sa lettre afin qu'il se souvienne de tous les bons moments que nous avions passés en famille. S'il te plaît trouve Severus et aide-le à se souvenir. Il aura autant besoin de toi que toi, de ton père.
N'oublie jamais Harry, tu es tellement aimé.
Ta mère,
Lily Rogue
Pendant un long moment, Harry fixa simplement la lettre avec incrédulité, ses doigts devenant engourdis. Une vague d'émotion contradictoire l'envahit alors qu'il la relisait encore et encore…
Était-ce vrai? Rogue était-il vraiment son père?
Sa mère… et Rogue?
Des scènes du souvenir dont il avait été témoins dans le bureau de Rogue lui traversèrent l'esprit.
Elle l'avait défendu…mais il l'avait traitée de…
Non, ça ne se pouvait pas…
Comment était-ce arrivé?
Le strict professeur qui l'avait tourmenté et rabaissé au cours des cinq dernières années à Poudlard était son père?
Une vague de colère et d'amertume le submergea face à toute cette injustice.
Pourquoi l'homme qui le haïssait depuis qu'il avait posé les yeux sur lui devait-il être son père?
Ce n'était pas juste.
À ce moment-là, Harry aperçut l'horloge, sur son bureau, du coin de l'oeil et réalisa qu'il était cinq minutes après minuit.
Il avait officiellement seize ans maintenant.
«Joyeux anniversaire» chuchota Harry avec un soupir, en baissant les yeux sur la lettre.
Il savait qu'il ne recevra aucuns cadeaux cette fois-ci parce qu'il avait dit à ses amis de les garder jusqu'à son retour à Poudlard. Et habituellement, il avait Hedwige avec qui fêter son anniversaire mais cette année ce n'était que lui.
Les Dursley ne s'étaient certainement jamais souciés de son anniversaire. Quand il était plus jeune, ils se mettaient plutôt, en quatre pour le rendre encore plus misérable. Il se souvenait d'une année où tante Pétunia avait organisé une fête le jour de son anniversaire mais avait interdit à Harry d'y assister. Ce fut un jour où Dudley invita ses amis tandis qu'Harry était forcé à les écouter à travers les fentes de son placard. Il se souvenait avoir demandé à tante Pétunia pourquoi il n'avait pas le droit de les rejoindre, et reçut une réponse simple: «Parce que les monstres ne le méritent pas.»
Depuis lors, Harry voulait lui prouver le contraire et avait fait de son mieux pour ne pas être aussi monstrueux mais malgré tous ses efforts, ses proches le traitaient toujours de la même manière. Ils le regardaient toujours comme s'il était un morceau de chewing-gum agaçant collé au bas de leurs chaussures. Il s'était résigné au fait irréfutable que quoi qu'il fasse, il ne pouvait pas changer la façon dont les Dursley le voyaient.
Après un long moment à se perdre dans ses pensées, il remarqua qu'il y avait plus que la lettre de sa mère dans l'enveloppe. Quatre photos se glissèrent au sol quand Harry mit l'enveloppe à l'envers. Tous semblaient être des photos de sorciers vues que les personnes se déplaçaient dans une boucle temporelle.
La première avait, apparemment, été prise le jour de sa naissance. Sa mère pouvait être aperçue sur un lit d'hôpital. Elle avait l'air fatiguée mais la joie était apparente sur son visage alors qu'elle regardait, à la surprise d'Harry, Rogue tenir bébé Harry dans ses bras. Il y avait de la fierté et de l'émerveillement perceptibles dans les habituels yeux froids de Rogue alors qu'il baissait les yeux sur le minuscule bébé dans ses bras. Puis un petit sourire apparut sur le visage d'ordinaire stoïque de l'homme alors que son pouce caressait tendrement la joue douce du bébé.
Harry ne pouvait pas croire ce qu'il voyait.
Il n'aurait jamais pensé que Rogue puisse être aussi…doux, étant donné que l'homme dans la photo était le même homme qui avait toujours fait tout son possible pour le rendre misérable à l'école.
Passant à la deuxième photo, Harry eut presque le souffle coupé lorsqu'il vit sa version plus jeune sur les genoux de Rogue, l'homme faisant doucement rebondir le petit bambin. Petit Harry souriait et riait comme un fou pendant toute la photo. Puis Rogue fit quelque chose qui choqua complètement Harry. Il enroula ses bras autour du joyeux bambin, l'attira contre lui pour qu'il s'appuie sur sa poitrine et embrassa délicatement l'enfant sur la tempe. Un regard de fierté et d'affection était clairement visible sur ses traits.
Y avait-il vraiment un moment où Rogue était…
Harry secoua la tête et soupira.
De toute évidence, quelque soit les sentiments d'affections que Rogue pouvait avoir pour lui, tout avaient disparu depuis bien longtemps.
La photo suivante était également une de lui-même et de Rogue. Il cligna des yeux, la fixant longuement, à peine capable de croire ce qu'il voyait. Rogue somnolait dans une chaise berçante, ses bras enroulés étroitement autour du bambin qui dormait avec contentement contre la poitrine de l'homme. Harry ne put empêcher le petit sourire qui se glissa, involontairement, sur son visage alors qu'il était assis à regarder la photo. Il n'aurait jamais imaginé que Rogue - le bâtard graisseux des cachots - l'avait une fois bercé pour dormir, mais en voici la preuve.
La dernière photo les représentait tous les trois assis à une table de cuisine. Rogue essayait de nourrir Harry, sur sa chaise haute, les mouvements de la cuillère imitant un train qui se dirigeait vers la bouche du petit garçon. Lily était assise de l'autre côté d'Harry, ses yeux verts brillants d'amusements alors qu'elle riait de la scène. Un froncement de sourcils apparut sur le visage de Rogue, bien qu'il n'atteignit pas ses yeux, alors que le petit Harry se tortillait juste au moment où la cuillère était sur le point d'atteindre sa petite bouche. Il pouvait voir l'amusement à peine dissimulé dans ces yeux noirs généralement froids.
Harry regarda la photo le plus longtemps possible, essayant de se souvenir de chaque petit détails du moment parfaitement capturé. La manière dont le visage de sa mère s'éclairait pendant qu'elle riait, la réaction de Rogue aux comportements du petit bambin et la version plus jeune et rieuse de lui-même…
Tout le monde avait l'air si heureux.
C'était ainsi qu'une famille devait être, comment ça aurait été de grandir avec des parents aimants. Ces moments passés en famille qui étaient à jamais précieux car ils n'avaient pas de prix. Harry aurait donné n'importe quoi pour se souvenir de ses moments, pour se souvenir de ce que ça faisait d'être tenu et aimé par des gens qui le voulaient et…le chérissaient.
Puis une question spontanée lui vint à l'esprit: Y avait-il une part de Rogue qui pouvait toujours l'aimer comme à l'époque?
Peut-être qu'il pouvait enfin avoir quelqu'un dans sa vie qui prendrait soin de lui et qui voudrait de lui.
Alors il ne se sentirait plus aussi seul.
Mais une fois de plus, le voulait-il de Rogue ? Le froid et dur professeur était loin du père chaleureux et affectueux qu'il venait de voir sur les photos. Il semblait très improbable qu'ils soient une seule et même personne.
Rogue me détestait, pensa amèrement Harry, qu'est-ce qui me faisait croire qu'il voudrait être mon père?
Mais il est ton père, lui rappela une petite voix dans sa tête. Et il avait l'heureux dans ces photos.
Peut-être que lorsqu'il retrouva sa mémoire…
No- Harry arrêta cette pensée avant qu'elle ne puisse finir de se former. Il ne voulait pas avoir trop d'espoir que Rogue voudrait être son père.
S'il était rejeté, la douleur serait encore pire que de ne jamais rien espérer. Le fait de savoir que même son propre père ne voudrait pas de lui, renforcerait ce que les Dursley lui disaient toujours. Il était un monstre non désiré et indigne d'être aimé.
De toute façon, il devrait y être habitué maintenant…
Malgré tout, une partie de lui refusait obstinément de lâcher prise, s'accrochant fermement à ce maigre éclat d'espoir.
