#BLACKLIVESMATTER
T/N: Vous pouvez lire le chapitre 6 pour plus d'informations. Ne soyons pas silencieux!
T/N: MERCI pour tous vos follows et j'aime! J'espère que vous prendrez le temps de m'écrire un commentaire et de me partager votre ressenti pour ce chapitre! Ça me donne de la force et j'aime beaucoup interagir avec vous :) J'avoue que quand je ne reçois pas de review je suis un peu déçue et découragée… :S
T/N: Harry en a pas fini de souffrir...
~Prenez soin de vous et ENJOY!~
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Tout se passa tellement vite.
Une minute Harry se faufilait à travers la foule, à quelques pas seulement derrière son père. L'instant d'après, il se tenait le front alors qu'une douleur aiguë et fulgurante jaillissait de sa cicatrice. Il haleta, fermant les yeux, ses doigts frottant l'endroit de son front où se trouverait la cicatrice s'il n'y avait pas eu le Polyjuice. La douleur commença alors à s'estomper; Harry pouvait sentir les bords irréguliers de la cicatrice se former lentement sous le bout de ses doigts.
Des bruits d'apparition distincts retentirent derrière lui, et Harry se retourna, apercevant instantanément un groupe de silhouettes en robe sombre qui apparaissaient dans la rue pavée.
Un frisson parcourut sa colonne vertébrale, tandis qu'une voix aiguë et sifflante résonnait au loin. Il pouvait reconnaître cette voix n'importe où...
Avait-t-il découvert que j'étais ici ?
Harry regarda frénétiquement dans la direction du Chaudron Baveur espérant apercevoir son père, ou Kieran, ou même Clarice his tout ce qu'il vit c'est une mer de gens qui se précipitaient devant de lui, se poussant et se bousculant dans leur hâte.
Les sorts se mirent à voler dans toutes les directions et Harry réussit à s'esquiver à temps, évitant de justesse un sort qui lui frôla la tête. Une rangée de magasins s'enflammèrent derrière lui, ce qui fit plonger Harry au sol en utilisant ses bras pour se protéger des débris qui pleuvaient autour de lui.
Après s'être relevé, Harry tenta de se diriger vers le Chaudron Baveur, mais finit par s'éloigner encore plus lorsqu'il fut soudainement pris dans une vague massive de sorciers et de sorcières affolés.
Comment allait-il retrouver son père maintenant ?
À ce même moment, Harry aperçut deux jumeaux roux qui se battaient en duel contre deux mangemorts dans la rue, devant une vitrine colorée. Ça devait être le nouveau magasin de farces et attrapes des Weasley, conclut Harry en se souvenant de leur avoir donné sa récompense du tournoi des Trois Sorciers…
Quelque chose attira son attention- un mangemort était accroupi derrière un pilier, sa baguette visait l'un des jumeaux, un sort mortel se formant sur ses lèvres…
Avant même qu'Harry ne soit conscient de ce qu'il faisait, il avait sorti sa baguette et s'élançait aussi vite que possible vers eux.
«Stupéfix!»cria Harry, frappant le mangemort surprit dans la poitrine.
Son apparition soudaine se révéla être une distraction alors que les deux jumeaux se tournaient pour voir ce qui venait de se passer. L'un des autres mangemorts en profita pour envoyer un sort au jumeau sur la gauche - Harry pensait que c'était George - et le frappa à la jambe. Avec un glapissement douloureux, George tomba au sol, sa jambe pliée à un angle bizarre.
«Incarcerous!» cria Harry, et des cordes jaillirent du bout de sa baguette, liant les bras du mangemort à ses flancs avant qu'il ne puisse lancer autre chose.
Une rapide série de sorts fut tirée d'avant en arrière tandis qu'Harry et Fred affrontaient les deux mangemorts restants. Harry réussit à en assommer un tandis que Fred désarma l'autre avant de le saisir également avec des cordes. Ils se dépêchèrent ensuite de rejoindre George, qui s'était mis à l'abri de la bataille derrière un chariot de rue abandonné.
«Est-ce que ça va ?» demanda Harry, agenouillé à côté de George. Sa jambe semblait être en mauvais état.
«Oui, je pense que ça va aller,» dit George d'une voix serrée.
«Aide-moi à le faire entrer dans le magasin,» dit Fred, en faisant passer le bras de George par-dessus son épaule et en le soutenant lorsqu'il se lève. Harry fit de même de l'autre côté de George, et ils entrèrent dans le magasin de farces et attrapes. Alors qu'ils entraient, Harry jeta un bref coup d'oeil à toutes les marchandises qui se trouvaient sur les nombreuses étagères, repérant quelques Skiving Snackbox qui étaient empilés au plafond.
«Merci pour l'aide, mon pote,» dit George en se laissant descendre lentement sur une chaise.
«Oui, on est passé tout près de se faire tuer par ces mangemorts,» dit Fred, en jetant un coup d'oeil par la fenêtre avant de faire un petit sourire à Harry.
«Pas de problème,» dit Harry, en balayant les remerciements d'un geste de sa main.
Fred fronça les sourcils, le fixant un instant.
«Tu me sembles vraiment familier…» dit-il en jetant un rapide coup d'oeil à George, qui acquiesça de la tête. «Est-ce que nous nous sommes déjà rencontrés ?»
Avant qu'Harry ne puisse répondre, une légère brise venant de la porte lui souffla sa frange sur le front, et une lumière de reconnaissance brilla dans leurs yeux.
«Harry ?» demanda Fred, incrédule, les sourcils levés.
Harry fit un signe de tête. «Oui, c'est moi,» confirma-t-il, en passant brièvement la main sur sa cicatrice et en lissant sa frange pour la dissimuler à nouveau. Le Polyjuice devait avoir complètement disparu depuis.
«Tu as l'air un peu différent, Harry,» dit Fred, semblant absorber la nouvelle apparence de Harry. «Tu veux bien nous dire pourquoi ?»
«Tu ressembles un peu à quelqu'un que je ne peux pas vraiment mettre le doigt dessus en ce moment,» ajouta George, un petit sourire en coin sur son visage pâle, même s'il semblait souffrir énormément.
«Et que fais-tu ici ? On pensait que tu étais censé être avec ta famille…»
Harry soupira, jetant un coup d'oeil par la fenêtre vers la foule qui diminuait rapidement. Ce n'était pas le moment de tout expliquer et il ne savait pas exactement par où commencer. Il avait juste besoin de trouver son père et de se tirer d'ici.
«Euh, c'est un peu une longue histoire... Il vaut mieux la garder pour une autre fois. J'ai besoin de trouver…»
Harry s'interrompit entendant à nouveau cette même voix froide et sifflante. Mais cette fois, elle semblait beaucoup plus proche qu'auparavant.
«Pensais-tu vraiment t'en sortir impunément, Severus ?»
Le coeur d'Harry bondit dans sa poitrine lorsqu'il entendit à qui il s'adressait.
«Qu'est-ce que ça fait de gâcher sa vie pour un faible garçon ?» Voldemort continua alors qu'il ne recevait aucune réponse venant de Rogue. «Me trahir depuis tant d'années... je devrais prolonger cela aussi longtemps que possible, n'est-ce pas ?»
Il y eut une courte pause, puis Harry entendit, «Endoloris!»
Prenant une respiration ferme dans une tentative infructueuse de se calmer, Harry serra sa baguette fermement et sortit du magasin. Il entendit les jumeaux l'appeler avec insistance derrière lui, mais Harry ne fit pas attention alors qu'il continuait à avancer.
Personne d'autre ne va mourir à cause de moi, pas si je peux l'aider.
Quelques mètres plus loin, Harry les a aperçus.
Ses battements de cœur semblaient trop forts à ses oreilles alors qu'il s'approchait de la scène. Voldemort tournait le dos à Harry, sa baguette magique levée, et regardait fixement une silhouette en robe sombre sur le sol devant ses pieds. Pas un son ne sortait des lèvres de Rogue alors que ses membres se tortillaient et tremblaient de façon incontrôlable sous l'effet de l'Impardonnable.
«Laissez-le tranquille !» cria Harry, attirant immédiatement l'attention de Voldemort et de Rogue. Il tenta de faire front, dissimulant la terreur croissante qui régnait juste sous la surface.
Voldemort relâcha le sortilège sur Rogue et se retourna, semblant surpris pendant une fraction de seconde de l'interruption, avant de poser ses yeux sur Harry.
«Ah, comme c'est gentil de te joindre à nous, Harry.» Les yeux rouges de Voldemort brillaient, sa bouche sans lèvres se recroquevillait en un sourire désagréable alors qu'il refermait la distance qui les séparait. «Ça m'évite d'avoir à te trouver moi-même.»
La douleur de la cicatrice d'Harry revenait maintenant avec force, et il faisait de son mieux pour l'ignorer, ne voulant pas montrer l'inconfort qu'elle lui causait.
«Eh bien, je suis là maintenant. Alors, laissez-le partir,» dit Harry, en se tenant fermement sur ses positions et en résistant à l'envie d'aller voir son père.
Rogue semblait être dans un état grave ; ses robes étaient déchirées, du sang coulait de son flanc et une assez grande entaille sur sa jambe saignait abondamment. L'homme était plus pâle que d'habitude, ses cheveux noirs étaient collés à son visage par la sueur. Et quand Harry rencontra les yeux de son père, ce qu'il y vit faillit briser sa détermination. Il y avait un peu de colère dans ces yeux noirs, mais ce qui accompagnait la colère était quelque chose qui ressemblait à... de la peur ?
Non, Harry se trompait sûrement ; depuis quand Rogue avait-il peur de quoi que ce soit ? Il ne se souvenait pas d'une époque où il avait vu le professeur, habituellement stoïque, être effrayé.
«Comme c'est noble de ta part, Harry,» ricana Voldemort, attirant à nouveau l'attention d'Harry sur lui. «Venir au secours d'un homme qui t'a toujours méprisé.»
«Laissez-le en dehors de ça. Ce n'est pas lui que vous voulez,» dit Harry, forçant sa voix à faire preuve d'un faux calme. Il repoussa la panique qui menaçait de le submerger mais il ne voyait aucun moyen de se sortir de cette situation. Espérons que quelqu'un avait alerté Dumbledore et l'Ordre, et qu'ils étaient en route. Peut-être pouvait-il gagner du temps jusqu'à ce qu'ils arrivent...
«Au contraire, Severus ici présent,» Voldemort donna un coup de pied rapide à la jambe blessée de Rogue, ce qui entraîna l'homme à réprimer de justesse un gémissement douloureux, «a commis le crime ultime de trahison.»
Voldemort a sourit à la douleur évidente de Rogue.
«Et il paiera lourdement sa trahison mais je suppose que je devrais attendre de l'achever maintenant que tu es là,» poursuivit doucement Voldemort. «Je veux extraire la moindre parcelle d'agonie avant de me débarrasser de lui.»
La prise d'Harry se resserra sur sa baguette, son cœur battant fort contre sa cage thoracique. Nous verrons bien...
«Expelliarmus!» hurla Harry, espérant prendre Voldemort au dépourvu.
Mais le sort fut bloqué par un coup de baguette magique de Voldemort et à la vitesse de l'éclair un sort silencieux fut lancé en retour sur Harry. Avec un charme du Bouclier érigé à la hâte, Harry tenta de le bloquer mais après une forte détonation son bouclier se brisa. Il siffla, serrant son bras alors qu'une large coupure apparaissait sur celui-ci, du coude au poignet.
Ignorant les pulsations de son bras et le sang qui imprégnait la manche de sa robe, Harry renvoya plusieurs sorts en succession rapide, espérant qu'au moins l'un d'entre eux atteindrait sa cible. Mais Voldemort se contentait d'agiter sa baguette comme s'il ne faisait qu'écraser quelques mouches gênantes, et tous les sorts de Harry se désintégrèrent.
«Endoloris!»
Une intense douleur remplit chaque partie de son corps, brouillant ses sens alors que le sentiment d'avoir des couteaux chauffés à blancs lui perçait la peau. Ses membres tremblaient de façon incontrôlable tandis qu'il se mordait la lèvre pour empêcher les cris de s'échapper. Il n'y avait aucune chance qu'il puisse donner cette satisfaction à Voldemort. Il ne fallait pas s'étonner que les gens soient devenus fous à cause de ça. La douleur était si intense qu'elle consumait tout son être, tous ses sens brûlant d'agonie. Harry ne savait pas combien de temps il fut tenu sous ce sortilège mais il semblait qu'une éternité s'était écoulée avant que Voldemort ne le lève enfin.
«As-tu aimé ça, Harry ?»
Quand Harry ne répondit pas et se contenta de le regarder fixement, Voldemort poursuivit, «Maintenant que je crois avoir attiré ton attention, voici l'importante question qui se pose.» Voldemort le fixa du regard avec des yeux rouges brillants et lui demanda, «Dis-moi ce que tu sais de la prophétie.»
«Pourquoi pensez-vous que je vous le dirais ? Je ne vous dirai jamais rien !» cria Harry, essayant de calmer ses tremblements alors qu'il se relevait. Son corps tout entier lui faisait mal et il chancela un peu, ayant du mal à garder son équilibre.
Voldemort ne semblait pas furieux du refus d'Harry, il semblait seulement légèrement amusé. «Eh bien, peut-être qu'une plus grande dose de douleur te fera délier la langue,» dit-il en levant à nouveau sa baguette sur Harry.
Harry se prépara à ce que des vagues de douleur déferlent sur son corps, s'attendant à ce que l'Impardonnable se déchaîne à nouveau mais au lieu de cela, c'était comme si un fouet lui entaillait le dos, déchirant sans relâche sa chair. C'était comme si quelqu'un le fouettait, encore et encore. Harry tomba sur le sol, à quatre pattes, les dents serrées pour s'efforcer de ne pas faire de bruit.
Ce n'était pas comme si c'était nouveau pour lui.
La douleur arrivait par vagues, devenant de plus en plus intense à chaque seconde qui passait, jusqu'à ce que Harry redoute de perdre conscience à tout moment.
Puis le sortilège se dissipa soudainement.
«En as-tu assez, Harry ?» demanda Voldemort d'un ton soyeux.
Une fois de plus, Harry ne répondit pas, continuant à regarder fixement cette affreuse tête de serpent. Il était toujours à quatre pattes, clairement vulnérable contre toute nouvelle attaque, mais il n'avait pas la force de se remettre sur pied pour le moment.
Un autre mouvement de la baguette de Voldemort et le sort reprit. Cette fois, Harry ne put retenir ses cris d'agonie, l'Impardonnable semblait infiniment plus intense que la précédente. Il détestait entendre le rire satisfait de Voldemort.
Le sort se maintint plus longtemps et Harry commençait à perdre conscience. Alors qu'il était sur le point de céder à l'obscurité béate, Voldemort finit par la lever.
«Je dois te féliciter pour ta résilience Harry. Cependant, j'ai d'autres moyens pour obtenir ce que je désire.»
Avant que Harry ne soit conscient de ce qui se passait, Voldemort plongea directement devant lui, les yeux écarlates menaçants se verrouillant sur les verts. Il ressentit instantanément un violent choc dans son esprit, déchirant ses boucliers inexistants et s'emparant de ses souvenirs. La sensation était atroce, comme si on lui enfonçait des aiguilles brûlantes dans le crâne. Harry entendit un cri lointain, mais ne savait pas si ce cri sortait réellement de sa bouche ou s'il se produisait dans son esprit. Rogue n'exagérait pas l'année dernière quand il lui avait informé des compétences de Voldemort dans la Legilimancie pendant ces terribles leçons d'Occlumencie. Aujourd'hui, plus que jamais, Harry souhaitait avoir maîtriser l'Occlumencie quand il en avait l'occasion.
Les rues pavées du Chemin de Traverse dérivaient au loin. Des souvenirs commencèrent à défiler, des souvenirs que Harry ne voulait pas que quelqu'un voie, et encore moins Voldemort.
Oncle Vernon lui criait dessus pour avoir gâché son petit-déjeuner ; tante Pétunia le frappait avec sa poêle à frire, manquant de peu sa tête ; Dudley et sa bande lui couraient après une version plus jeune de lui-même ; ses proches se moquaient de lui alors que Molaire le poursuivait en haut d'un arbre ; un oncle Vernon au visage rouge le jetait dans son placard ; Harry sur le sol de sa chambre avec l'oncle Vernon qui se tenait au-dessus de lui, sa ceinture pleuvant sur lui alors qu'il se plaignait de son inutilité...
«Ah, tes parents moldus ne t'aiment pas beaucoup, n'est-ce pas Harry ?» La voix de Voldemort se moquait dans sa tête.
«Sortez !» cria Harry, essayant désespérément de débarrasser son esprit de la présence indésirable de Voldemort.
Repensant à l'époque où il avait été possédé par Voldemort au ministère de la Magie, Harry se concentra sur ses souvenirs les plus chers concernant ses amis et Sirius. Son épuisement s'installait, ses dernières réserves d'énergie s'épuisaient lentement mais néanmoins, il se concentra et réussit à faire émerger ces souvenirs précieux que Voldemort ne pourrait jamais comprendre.
Il y avait des bribes de ses souvenirs des années passées à Poudlard avec Ron et Hermione... le Noël de l'an dernier passé avec Sirius... les moments agréables passés avec la famille Weasley...
Il laissa ces petits sentiments de chaleur et de bonheur l'envelopper complètement, repoussant l'obscurité avec laquelle Voldemort essayait de l'étouffer.
Même quelques souvenirs de Rogue s'étaient glissés dans le mélange. La voix de son père résonnait dans son esprit tandis que les souvenirs refluaient...
Tu ne méritais pas cela... Ce n'est pas une façon de traiter un enfant... Parce que, tu es mon fils...
Voldemort se retira brusquement de son esprit, provoquant un grand halètement chez Harry. De l'endroit où Harry était étendu sur le sol, haletant, il regarda Voldemort se diriger vers Rogue, le fixant intensément avant de se retourner vers Harry.
S'il vous plaît... s'il vous plaît, faites que l'Ordre arrive maintenant...
Harry ne pensait pas pouvoir en supporter davantage.
«Je comprends maintenant de qui tu tiens ton apparence,» dit doucement Voldemort. «Je dois admettre que je pensais que tu valais mieux que ça, Severus.» Ses traits portaient un regard dégoûté alors qu'il perçait à nouveau Rogue de son regard rouge. «Quand as-tu eu des relations avec cette Sang-de-Bourbe ?»
Rogue ne répondit pas, mais il lança un regard furieux sur Voldemort, un regard si puissant qu'il aurait pu faire un trou à travers lui.
«Dis-moi, Severus, as-tu développé des sentiments pour ce garçon ?» demanda Voldemort.
Son père ouvrit la bouche pour répondre, par quoi, Harry ne le saurait probablement jamais, car les sons abrupts d'Apparition empêchèrent Harry d'entendre la réponse de Rogue. Il pria pour que ce soit Dumbledore et que l'Ordre apparaisse enfin, espérant au-delà de tout que ce ne soit pas des mangemorts qui venaient regarder le spectacle.
Voldemort leva à nouveau sa baguette et avant même que Harry ne puisse tenter de se défendre, un sort violet jaillit de celle-ci et s'élança rapidement vers lui.
Il atteignit sa cible, et les alentours autour d'Harry disparurent instantanément.
Severus ne savait pas comment il se retrouvait toujours pris dans ce genre de situation mais il avait cherché Harry avec frénésie au milieu du chaos lorsqu'il fut vu par la toute dernière personne par laquelle il voulait être vu. Après s'être battu en duel avec des Mangemorts amateurs, qu'il abattit facilement, Severus fut confronté à son ancien maître. Le Seigneur des Ténèbres n'était certainement pas très satisfait de lui, et Severus avait contré toutes les malédictions qui lui avaient été lancées jusqu'à ce que l'une d'elles échappe à son charme du Bouclier. Il fut désarmé, sa baguette roula hors de portée et Severus souffrit d'un sort de coupure sur le flanc et d'un sortilège briseur d'os sur sa jambe. Puis le sortilège Doloris, que Severus ne connaissait que trop bien après avoir été dans les rangs du Seigneur des Ténèbres pendant toutes ces années.
La seule pensée un peu réconfortante qui traversait l'esprit de Severus était qu'il espérait gagner du temps pour Harry afin qu'il puisse partir. Il savait qu'Harry n'avait aucune chance contre le Seigneur des Ténèbres. Le garçon n'était pas prêt, il n'avait que seize ans après tout, et si le Seigneur des Ténèbres était préoccupé par Severus, il avait moins de chances de trouver Harry avant l'arrivée des secours...
Mais bien sûr, le garçon s'était précipité à l'aide de Severus.
Stupide enfant!
Severus voulait lui crier de partir, de courir aussi loin que possible...
Pourquoi le garçon était-il venu le sauver ? Pourquoi le garçon devait-il posséder cet exaspérant complexe du héros ?
S'il n'avait eu qu'une once d'instinct de conservation plutôt que de toujours se précipiter tête première dans des situations dangereuses sans penser à sa propre sécurité...
Alors la torture commença.
Une rage telle que Severus n'en avait jamais ressentie auparavant s'empara de lui alors qu'il luttait pour s'asseoir, essayant d'ignorer l'agonie de ses os, et rejoindre Harry. Mais le Seigneur des Ténèbres lui barrait la route, et Severus ne pouvait rien faire de plus que de regarder tout cela se produire, aussi insoutenable que cela puisse être.
Une petite dose de fierté s'était glissée dans la poitrine de Severus lorsqu'il vit comment Harry supportait ces douloureux sortilèges. Le garçon ne laissait pas un son lui échapper, mais Severus savait qu'il était au bout du gouffre. Lorsque les cris déchirants d'Harry remplirent l'air, Severus aurait donné n'importe quoi pour apaiser sa douleur, son coeur se serrant douloureusement pendant qu'ils continuaient. Il se sentait complètement inutile. Il n'y avait sûrement rien de pire que de devoir entendre son fils se faire torturer alors qu'il était assis à quelques mètres de là, totalement impuissant pour l'arrêter. Severus savait que ces cris d'agonis se reproduiraient dans ses cauchemars à présent, et il priait désespérément toute divinité qui l'écouterait pour que de l'aide leur parvienne bientôt.
Quelques instants plus tard, ses prières semblèrent avoir été exaucées lorsque Severus entendit des sons d'Apparitions à proximité. Le soulagement le parcourut quand il vit enfin Dumbledore, une silhouette grande et imposante dans sa robe violette scintillante, se précipiter vers eux.
Mais le soulagement fut de courte durée; le sang de Severus se figea quand il vit le Seigneur des Ténèbres lever sa baguette chuchota quelque chose en latin et un sort inconnu se dirigea vers Harry, le frappant directement dans la poitrine. Les yeux du garçon s'écarquillèrent de surprise avant de se fermer et son corps de devenir mou.
Dans la seconde qui suivit, le Seigneur des Ténèbres disparut avant que Dumbledore ne puisse s'approcher de trop près, échappant à nouveau à la capture. Mais Severus s'en fichait pour le moment. Il était entièrement concentré sur son fils.
«Harry,» murmura Severus, son coeur battant dans sa poitrine alors qu'il se trainait lentement vers son fils tout en ignorant les protestations de douleurs de son corps et la douleur irradiant de sa jambe.
Outre les involontaires spasmes musculaires qui traversait son corps occasionnellement, Harry était très immobile - beaucoup trop immobile - et Severus commençait à craindre le pire. C'était une terreur comme il n'en avait jamais ressentie auparavant.
Était-il vivant ?
«Severus, tu ne devrais pas empirer ton état,» dit Dumbledore en s'agenouillant à côté d'Harry, une expression sombre sur son visage. «Poppy est en route.»
«J'ai besoin d'être près de mon fils,» dit fermement Severus, avec un léger tremblement dans sa voix.
Il était déterminé à vérifier l'état d'Harry par lui-même et manqua le regard surprit sur le visage de Dumbledore à ses mots. Une fois que Severus eut finalement atteint Harry, il caressa doucement la tête du garçon, ses doigts cherchant désespérément un pouls. Il le trouva quelques secondes plus tard, léger et faible mais au moins présent.
Severus ferma alors les yeux pendant un moment, poussant son coeur à calmer ses battements erratiques.
Harry était vivant. Son imprudent mais courageux enfant était vivant…
Le soulagement qui le traversa ne ressemblait en rien à ce qu'il avait ressenti auparavant. Severus relâcha un souffle chevrotant et passa légèrement une main tremblante dans les cheveux noirs d'Harry.
Quelques instants plus tard, son soulagement se transforma en colère qui se formait au creux de son estomac alors qu'il se tournait vers Dumbledore.
«Qu'est-ce qui vous a pris autant de temps ?» demanda sévèrement Severus, sa voix toujours un peu tendue.
« Voldemort avait ordonné à ses mangemorts d'entourer les environs et de mettre en place des barrières autour du Chemin de Traverse ce qui nous empêchaient de transplaner. J'avais besoin de les retirer une par une pour laisser entrer l'Ordre et moi-même,» expliqua calmement Dumbledore, «J'ai été informé qu'il y avait aussi d'autres attaques qui se produisaient simultanément ailleurs, en plus de celle-ci.»
Les yeux de Dumbledore étaient flamboyants, une expression dure sur ses traits habituellement aimables alors qu'il se levait et observait les destructions autour d'eux.
Severus regarda également autour de lui et, pour la première fois, réalisa l'ampleur des dégâts causés. De nombreuses devantures de magasins avaient été réduites en pièces et des débris jonchaient la rue pavée. Il y avait une tranquillité inhabituelle maintenant, le contraire de l'ambiance qu'il y avait quand ils étaient arrivés il y a quelques heures à peine. Étant une chaude journée d'été, le Chemin de traverse avait été animé et bondé d'acheteurs. Mais la rue était maintenant presque déserte, à l'exception des quelques membres de l'Ordre et des Aurors qui patrouillaient.
Quelques instant plus tard, Poppy arriva enfin.
«Oh, Merlin. Il ne peut tout simplement pas être tranquille, n'est-ce pas ?» marmonna-t-elle doucement, tout en posant son sac et agitant sa baguette sur Harry. «Son corps souffre des séquelles de l'Endoloris et son dos est en mauvais état.»
Poppy dirigea rapidement sa baguette le long de la coupure sur le bras d'Harry et la peau se reconstitua instantanément, laissant qu'une cicatrice blanche presque imperceptible.
«Le Seigneur des Ténèbres a également jeté un sort inconnu à Harry avant de disparaître,» dit Severus, regardant le visage pâle de son fils. «Je ne suis pas sûr de quel genre de sortilège il s'agissait.»
«Quelque soit le sort, mes sorts de diagnostic ne peuvent pas le détecter,» dit Poppy en fronçant les sourcils pendant qu'elle lançait quelques sorts différents. «Je pense qu'il vaut mieux que nous l'emmenions à l'infirmerie.» Elle finit alors par jeter un coup d'oeil à Severus. «Toi aussi, Severus,»
«Je suggère d'utiliser la Cheminette c'est moins stressant pour le corps qu'un Portoloin,» dit Dumbledore en lançant un Charme Plume sur Harry et en le prenant doucement dans ses bras. Severus avait une étrange envie d'arracher Harry des bras de Dumbledore et de porter son fils lui-même mais il résista, sachant qu'il n'avait pas la force pour le moment.
«Severus, tu ne devrais pas essayer de mettre du poids sur cette jambe,» dit Poppy en conjurant une civière.
«Je vais bien. Je peux marcher,» coupa Severus en se redressant pour se lever. Immédiatement, ses jambes se dérobèrent sous lui et il tituba sur le côté près de Poppy qui le stabilisa rapidement en posant une main sur son bras. Il s'appuya de tout son poids contre elle, réprimant un gémissement face à la vive douleur qui montait sur sa jambe blessée.
Poppy secoua la tête de désapprobation et dit, «Severus, arrête d'être aussi têtu.»
Et d'un mouvement de baguette, Poppy lévita un Severus renfrogné sur la civière qui flottait.
