#BLACKLIVESMATTER
T/N: Vous pouvez lire le chapitre 6 pour plus d'informations. Ne soyons pas silencieux!
T/N: Tous ces FOLLOWS et FAVORITES OMG! Merci milles fois pour votre soutien!
J'ai pris plus de temps à traduire et poster parce que...ma santé mentale :p Je viens de commencer un traitement et disons que je somnole toute la journée. Cet effet passera bientôt. Mais pour l'instant j'ai dû mal à rester concentrer donc ce chapitre a prit plus de temps à être traduit...Je n'ai plus de chapitre en avance sooooo.
T/N: Encore un chapitre où ce sera dur pour notre petit Harry mais ne vous inquiétez pas, tout ira mieux après!
Merci de prendre le temps de commenter s'il vous plaît...ça me donne encore plus de détermination et j'aimerais beaucoup savoir ce que vous pensez de ce chapitre!
~Prenez soin de vous et ENJOY!~
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Severus s'appuya à contrecoeur contre la tête de lit, ses bras croisés et sa jambe blessés relevée alors qu'il regardait Poppy et Dumbledore s'occuper d'Harry dans le lit d'à côté. Il aurait préféré aider Poppy à s'occuper de son fils, mais Severus était temporairement invalide pour le moment.
Poppy avait donné à Severus une portion Anti-Doloris pour calmer ses tremblements incontrôlables et lui avait dit de rester sur le lit pour ne pas aggraver davantage l'état de sa jambe. Elle lui avait même menacé de le pétrifier s'il tentait de se lever. Pendant une seconde Severus avait été très tenté de voir si elle tiendrait cette menace mais changea rapidement d'avis.
Ce n'était pas le moment. Ils devaient se concentrer sur Harry.
Le garçon apparaissait mortellement pâle, étendu dans le lit d'hôpital, sa peau ressemblant presque aux draps blancs qui se trouvaient en dessous de lui. La cicatrice rouge en forme d'éclair se détachait nettement sur son front et Severus dut réprimer un frisson, en se remémorant tout ce que Harry avait enduré aujourd'hui aux mains du Seigneur des Ténèbres. Son fils avait bravé la torture avec une bravoure que Severus ignorait qu'il possédait. Harry avait également une tolérance très élevée à la douleur, bien que maintenant que Severus y pensait, il soupçonnait que ces maudits moldus avaient contribué à ça.
Toutefois, tout cela ne serait pas arrivé si le garçon n'avait pas décidé de venir à l'improviste pour tenter de le sauver. Mais là encore, Severus ne devrait pas être surpris, il aurait dû s'y attendre en réalité. Au cours de ces dernières années, Harry avait saisi toutes les occasions pour se précipiter tête baissée dans des situations dangereuses, visiblement sans se soucier de sa propre sécurité. Severus devait en parler avec le garçon puisqu'il ne tolérerait certainement pas un tel comportement imprudent, surtout en ce qui concerne la sûreté de son fils.
Un bref soupir de Poppy attira alors l'attention de Severus, qui se pencha en avant pour voir ce qui se passait.
Harry avait été retourné sur le ventre, son dos étant maintenant exposé. Des restes du maléfice du Seigneur des Ténèbres étaient éparpillés sur sa peau, des entailles rouges alignées le long du dos du garçon. Severus grimaça à cette vue, se rappelant instantanément qu'il avait découvert le dos du garçon dans un état similaire il y a quelques jours. Au moins, il n'y avait pas de contusions supplémentaires sur le corps d'Harry cette fois, mais étant donné que ces blessures étaient causées par la magie, elles mettraient plus de temps à guérir complètement.
Poppy fit un mouvement circulaire avec sa baguette et un instant plus tard, plusieurs pots de pommade et de potion sortirent de son bureau.
Après que le dos d'Harry ait été complètement enduit de ces pommades et que toutes les autres blessures physiques aient été soignées, Poppy reporta son attention sur Severus et commença à soigner sa jambe cassée. Il observa, attendant avec un peu d'impatience, ça le démanger de sortir de ce lit.
«Tu devrais vraiment te reposer, Severus,» dit Poppy alors qu'elle terminait de soigner sa jambe. «Harry va bien maintenant.»
Mais avant que Severus ne puisse répondre, son attention fut attirée par un faible gémissement.
Severus tourna la tête vers Harry et le vit se débattre faiblement sur le lit, dans les prémices de ce qui semblait être un autre cauchemar. Ignorant les protestations de Poppy, Severus se tint sur sa jambe fraîchement guérie et se dirigea rapidement vers le chevet de son fils.
«Harry,» appela Severus, saisissant doucement les épaules du garçon et le secouant légèrement «Réveille-toi. Ce n'est qu'un cauchemar…»
«Non, s'il te plaît... ne t'en va pas…,» marmonna Harry, la sueur se formant sur son front, ne réagissant pas du tout aux tentatives de Severus pour le réveiller.
«Harry-»
«Non, maman !» Harry se débattait plus fort, son agitation augmentant. «Il va te tuer !»
Severus se figea, son souffle se bloquant dans sa gorge.
Est-ce qu'Harry avait en quelque sorte- Non, il ne pouvait pas…
Le garçon n'avait qu'un an à l'époque, comment pouvait-il se souvenir...
«Non... prenez-moi à la place... s'il vous plaît…» continua à marmonner Harry, le visage plissé, des larmes s'échappant du coin de ses yeux fermés.
Sortant de ses pensées agitées, Severus redoubla d'efforts, la nécessité de réveiller son fils augmentant à chaque seconde. Pendant un bref instant, un sentiment de panique totale le gagna, l'accablant presque avant qu'il ne le balaye sommairement.
«Harry!» appela à nouveau Severus, mais ses tentatives furent vaines.
Il ne sortait pas de son foutu sommeil. Pourquoi ne se réveillait-il pas ?
Plusieurs pensées traversèrent l'esprit de Severus, alors qu'il essayait de donner un sens à tout cela...
Puis il se souvint.
«Ce sort…» murmura Severus, le souvenir d'Harry frappé par l'un des sorts du Seigneur des Ténèbres lui revenait soudain à l'esprit. Il jeta un coup d'oeil à Dumbledore et Poppy, qui regardaient tous deux Harry avec la même inquiétude que Severus ressentait intérieurement. «Quel était ce sort ?»
Poppy agita de nouveau sa baguette au-dessus d'Harry et secoua la tête. « Les sorts de diagnostic ne le détectent pas.»
Severus se tourna vers Dumbledore, s'attendant à moitié à ce que le directeur ait déjà connaissance du sort et de son contre-sort. «C'était quelque chose en latin. Le Seigneur des Ténèbres l'avait murmuré, juste avant qu'il ne disparaisse,» dit-il.
«Ce doit être un sort assez compliqué si les charmes de Poppy ne peuvent pas le détecter,» dit Dumbledore en caressant sa barbe pensivement, l'inquiétude dans ses yeux bleus alors qu'il fixait Harry. «J'aurai besoin de voir le souvenir de Voldemort en train de le lancer, Severus.»
Puis, sans prévenir, un bruyant cri glacial sortit d'Harry.
Severus sursauta un peu et regarda avec horreur la cicatrice de son fils qui semblait s'être réouverte, le sang commençant à couler de la blessure. La rougeur autour de la cicatrice donnait l'impression qu'elle venait de s'être fraîchement formée sur son front.
Que se passait-il ?
Tout ce que Severus pouvait faire était de regarder Poppy commencer à nettoyer le sang du front d'Harry et à soigner la blessure. Il haïssait ne pas savoir quoi faire, et de se sentir aussi impuissant.
Finalement, après quelques instants, ce fut terminé.
Harry semblait s'être calmé pour l'instant, continuant toujours à marmonner, mais trop silencieusement pour comprendre ce qu'il disait.
«Severus, accompagne-moi à mon bureau. Je souhaite voir ce souvenir.»
Puis Dumbledore se tourna alors vers Poppy et lui demanda, «Pouvons-nous utiliser ta Cheminette, Poppy ?»
Après avoir reçu un signe de tête rapide, Dumbledore se dirigea vers le bureau de Poppy. «Et gardez un oeil sur Harry. Si cela se reproduit, veuillez nous en informer,» dit-il par-dessus son épaule.
«Bien sûr, M. le directeur.»
Severus hésita une fraction de seconde, jetant un dernier regard sur Harry avant de suivre Dumbledore. Il ne voulait pas quitter le chevet de son fils, mais il savait que donner le souvenir à Dumbledore serait une première étape cruciale pour comprendre le maléfice du Seigneur des Ténèbres.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le bureau du directeur à travers les flammes vertes, Dumbledore se rendit immédiatement dans un cabinet à côté de la porte et en sortit la Pensive qu'il installa sur son bureau. Severus leva sa baguette vers sa tempe et se concentra sur le souvenir souhaité, le mettant au premier plan dans son esprit. Dès que le fil argenté quitta le bout de la baguette de Severus et tomba dans le bassin, Dumbledore entra, suivi de près par Severus.
Au moment où il atterrit, Severus entendit le Seigneur des Ténèbres dire, «Dis-moi Severus, as-tu développé des sentiments pour le garçon ?»
Dumbledore se retourna pour regarder attentivement le Severus du souvenir qui était au sol, attendant d'entendre la réponse de Severus à cette question mais elle n'arriva jamais car les sons de Transplanage résonnèrent au loin et le Dumbledore du souvenir pouvait être vu s'avançant vers eux.
Cette fois, Severus prêta une attention particulière au Seigneur des Ténèbres alors qu'il levait sa baguette mais alors que le sort quittait la bouche sans lèvres de son ancien Maître, le latin lui échappa car Severus regarda une fois de plus le maléfice se précipiter vers Harry, le frappant à la poitrine. C'était une scène dont Severus espérait ne plus jamais être témoin.
Le souvenir s'arrêta là et ils se retrouvèrent soudain de nouveau dans le bureau de Dumbledore.
«Avez-vous entendu l'incantation ?» demanda Severus, fixant Dumbledore, en remarquant le regard contemplatif du directeur.
Dumbledore fronça les sourcils, secouant légèrement la tête, et dit, «C'est un sort que je ne connais pas.»
«Une idée de ce que ça pourrait être, alors ?»
«J'ai mes suppositions, mais je devrai l'examiner plus avant pour en être certain.»
D'un coup de baguette magique, Dumbledore convoqua plusieurs livres de ses nombreuses étagères pour qu'ils s'envolent vers son bureau, où ils s'empilèrent en une pile bien ordonnée. Puis Dumbledore prit place, rapprocha de lui le livre du haut et commença à feuilleter les pages jusqu'à ce qu'il semble avoir trouvé la page qu'il cherchait. Severus se tenait à côté de lui, inclinant la tête pour lire le texte.
Mais la Cheminette s'anima et son attention fut attirée par la tête de Poppy dans la cheminée.
«Venez vite, ça recommence,» déclara Poppy de toute urgence avant de disparaître des flammes.
Severus n'hésita pas une seconde; il s'avança, prit une pincée de poudre de cheminette et s'avança dans le foyer.
Lorsque Severus arriva, il se trouva face à une scène familière. Harry semblait être en proie à un autre cauchemar, comme auparavant au manoir Prince, les membres se débattant comme s'ils essayaient de repousser un agresseur invisible.
«J'ai charmé le lit pour empêcher Harry de tomber,» lui dit Poppy, visiblement désemparée. «J'ai essayé de le réveiller, mais comme avant, il ne peut pas se réveiller.»
Severus se précipita au chevet d'Harry et tenta de saisir les épaules du garçon pour le secouer un peu mais il se rétracta aussitôt lorsqu'Harry se déroba violemment à son toucher.
«Harry !» cria Severus, espérant que son fils puisse l'entendre à travers le cauchemar auquel il était confronté.
«Je suis désolé, oncle Vernon…» marmonna Harry, en balançant sa tête d'un côté à l'autre.
Severus se raidit, sentant une rage indicible s'enflammer en lui en entendant le nom de cet ignoble moldu.
«Utilise la Legilimencie sur lui, Severus.» La voix de Dumbledore à côté de lui faillit effrayer Severus par son apparition soudaine. «Regarde ce qui se passe dans sa tête.»
«Pourquoi ?» interrogea Severus, ne quittant pas son fils des yeux.
«Je soupçonne que ce ne sont pas que des cauchemars,» dit Dumbledore.
Severus le fixa simplement pendant un moment, avant de hocher la tête et plaça les deux mains de chaque côté de la tête de Harry pour le maintenir immobile. C'était assez difficile avec les membres du garçon qui battaient de tous côtés, luttant contre l'emprise de Severus.
«Dois-je le retenir ?» demanda Poppy, et après avoir reçu un léger signe de tête de la part de Severus elle agita sa baguette en faisant apparaître des rubans qui s'enroulèrent autour des poignets d'Harry et fixèrent ses bras au lit.
Severus posa ses doigts sur les tempes de son fils, son pouce ouvrant doucement les yeux d'Harry, qui ne voyait rien. Puis il regarda profondément dans ces yeux verts et murmura, «Legilimens.»
Severus se retrouva ensuite dans la cuisine de ce qui semblait être un domicile de Moldus. Il jeta un coup d'œil autour de lui et aperçut la forme mince et osseuse de Pétunia assis à la table avec un enfant plutôt grassouillet à ses côtés. Le garçon se lamentait et Severus se demanda brièvement de quoi se plaignait l'enfant obèse en regardant Pétunia lui taper dans le dos, tentant de le calmer en lui promettant plus de sucreries et de friandises.
Puis, dans un coin de la cuisine, Severus remarqua un grand homme en surpoids qui semblait regarder fixement quelque chose sur le sol. Ce devait être Dursley, l'oncle d'Harry, Vernon, pensa Severus avec un air grimaçant alors qu'il s'approchait. Là, recroquevillé aux pieds de Dursley, se trouvait un petit garçon à lunettes qui ne semblait pas avoir plus de quatre ou cinq ans. Severus regardait Harry qui essayait de s'enfoncer dans le coin, sa petite silhouette tremblant visiblement alors qu'il essayait de s'éloigner le plus possible de Dursley.
Et soudainement, Dursley saisit Harry par le devant de sa chemise trop grande, en tirant brutalement le garçon sur ses pieds, et cria, "Rien d'autre qu'un monstre sans valeur ! Il ne peut même pas préparer le petit déjeuner sans le brûler !"
Derrière Severus, le grand enfant à la table avec Pétunia gémissait encore plus fort et Dursley pointait vers lui.
«Maintenant tu as bouleversé Dudley parce qu'il n'a pas eu son petit-déjeuner !»
«Je suis d-désolé, on-oncle Vernon !» bégaya Harry, les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'il se débattait contre la prise de force. «Je ne voulais pas !»
«Ça devrait te servir de leçon bien méritée,» dit Dursley et il traîna Harry vers le fourneau, où les restes du petit-déjeuner brûlés étaient encore éparpillés sur le sol.
Puis, à l'horreur de Severus, Dursley saisit les poignets de Harry et força les petites mains du garçon contre la plaque chauffante du fourneau.
Les cris qui suivirent furent insupportables.
S'oubliant momentanément, Severus tenta de repousser Dursley loin de son fils, une multitude de sortilèges Interdits lui venant à l'esprit, avant que Severus ne réalise qu'il ne pouvait pas, sa main ne rencontrant que du vide. Severus serra ses mains dans ses poings, les laissant tomber inutilement sur ses côtés alors qu'il regardait, incapable de faire quoi que ce soit. Les cris déchirants continuèrent pendant ce qui semblait être une éternité et Severus dut se rappeler que ce n'était qu'un cauchemar...
Dumbledore n'avait-il pas dit qu'il se pensait que ce n'était pas un cauchemar ?
Severus regarda à nouveau autour de lui ; la scène semblait trop nette pour en être un, tous les détails trop précis... Un souvenir, alors ?
La malédiction forçait-elle Harry à revivre ses pires souvenirs ?
«Vernon !» Pétunia siffla par-dessus les cris, ses yeux regardant froidement la scène. «Le garçon devient trop bruyant, je ne veux pas que les voisins entendent !»
Severus la regarda fixement, presque incapable de croire à quel point Pétunia était devenu insensible. Comment pouvait-elle rester assise là et laisser cela arriver à son propre neveu ?
Finalement, Dursley relâcha son emprise sur Harry mais seulement pour frapper le garçon au visage, l'envoyant au sol, le choc calmant momentanément Harry.
«Arrête de pleurnicher, garçon !»
Harry redressa ses lunettes en tremblant et le regarda avec de grands yeux verts remplis de larmes, alors qu'il se mordait la lèvre pour tenter de calmer ses pleurs. Le cœur de Severus se serra inconfortablement dans sa poitrine alors qu'il regardait son fils fixer ses mains, qui étaient rouges et gonflées par des ampoules douloureuses, et luttait pour se taire alors que les larmes coulaient sur son visage pâle.
Oh, comme Severus souhaitait recueillir son fils dans ses bras et maudire ce Moldus fourbe pour qu'il tombe dans le néant...
Le temps viendra pour ça, se dit Severus, il s'en assurerait et il ne restera rien une fois que Severus en aura fini avec lui.
C'était une chose d'entendre parler de ce qui s'était passé dans cette maison mais c'en était une autre d'en être lui-même témoin.
Quel genre de personne tordue punirait aussi sévèrement un jeune enfant pour quelque chose d'aussi insignifiant que de brûler le petit déjeuner ? Même le père abusif de Severus n'avait pas été aussi cruel, certes il avait été ivre et violent par moments mais son père n'était jamais allé aussi loin, pas même de près. Severus avait eu la chance d'avoir sa mère pour s'occuper de son père ivre mais ici, il semblait qu'Harry n'avait personne vers qui se tourner.
Ce petit garçon n'avait aucune personne qui se souciait de venir à son aide.
Son fils avait dû grandir comme ça.
Si seulement j'avais su plus tôt...
Ayant vu plus qu'assez, Severus se retira de l'esprit de Harry.
Avec une secousse, Severus trébucha en reculant, tombant presque à terre si Dumbledore ne l'avait pas stabilisé avec une main sur son coude. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre en main.
«C'est un souvenir,» dit doucement Severus, en fermant les yeux un instant alors qu'il tentait d'organiser le torrent d'émotions qui tourbillonnait en lui.
Ces pensées ressassaient ce qui s'étaient passées plus tôt.
Si le sort faisait resurgir les pires souvenirs d'Harry, cela devait signifier que ce qui s'était passé plus tôt avec sa cicatrice, c'était la nuit-
Il va te tuer !
Severus secoua la tête, poussant ces émotions écrasantes derrière ses boucliers.
«Qu'as-tu vu, Severus ?» demanda Dumbledore alors que Severus ouvrait les yeux pour le regarder.
Avant que Severus ne puisse répondre, Poppy s'interposa et dit, «Vous ne sauriez pas pourquoi ces brûlures très sérieuses apparaissent subitement sur les mains d'Harry, n'est-ce pas ?»
Alarmé, Severus bannit les entraves et prit doucement les mains d'Harry dans les siennes, les examinant. C'était exactement les mêmes brûlures que celles qu'il venait de voir sur les mains de son fils et il y avait aussi des bleus sur les poignets d'Harry, sans doute dus à la prise brutale de Dursley.
Ces souvenirs l'affectaient également dans le présent…
«C'était le souvenir de la fois où cet abominable moldu avait brûlé les mains d'Harry sur la cuisinière en punition d'avoir brûlé le petit déjeuner,» déclara Severus en ne prenant pas la peine de cacher sa colère. «Je crois que ce maléfice oblige Harry à revivre ses pires souvenirs et toute blessure subie dans son passé l'affecte également dans le présent.»
Poppy mit sa main devant sa bouche pendant un moment, horrifiée. «Alors le premier souvenir devait être la nuit où il a reçu sa cicatrice ?»
Dumbledore acquiesça d'un signe de tête sinistre et dit, «Oui, cela semble être une malédiction mémorielle cependant, je n'en ai jamais rencontré une où les souvenirs pouvaient également affecter physiquement la victime dans le présent.»
Severus non plus, mais il savait que le Seigneur des Ténèbres pouvait créer une telle calamité. Il savait à quel point le Seigneur des Ténèbres aimait utiliser des sortilèges conçus pour torturer physiquement et mentalement ses victimes.
«Oh, qu'allons-nous faire, Albus ?» demanda Poppy en appelant de la pommade pour brûlure et en l'appliquant sur les mains d'Harry. «Ça ne fera qu'empirer à partir d'ici, connaissant ces Moldus.»
Severus acquiesça en silence, se rappelant les blessures qu'il avait découvertes sur Harry il y a quelques jours au manoir Prince et il devait y avoir beaucoup d'autres incidents dans l'enfance d'Harry dont Severus n'était pas encore conscient.
«Le mieux que nous puissions faire à ce stade est de continuer à soigner ses blessures telles qu'elles apparaissent jusqu'à ce que nous ayons une contre-sort,» déclara Dumbledore, en regardant tristement Harry. Puis il se retourna et se dirigea vers le bureau de Poppy. «Je serai dans mon bureau à parcourir ma collection d'anciens livres de sortilèges.»
Severus le suivit. «Je vais vous aider,» dit-il.
Dumbledore s'arrêta, arrêtant Severus d'une main. «Ne t'inquiète pas, Severus, je vais chercher le contre-sort,» dit-il. «Tu devrais rentrer chez toi et te reposer. Ce fut une journée éprouvante pour toi.»
Severus était sur le point de dire qu'il allait bien, qu'il était plus que capable d'aider avec le contre-sort mais il réalisa ensuite qu'il était toujours dans sa robe en ruine et tachée de sang. Et maintenant que Severus y pensa, il devrait probablement retourner au manoir Prince pour se rafraîchir et aussi pour prendre des nouvelles de Kieran et Clarice pendant qu'il y était. Ensuite, il retournerait immédiatement à Poudlard.
«Très bien,» concéda Severus, «mais je reviendrai bientôt.»
Dumbledore le regarda à travers ses lunettes en demi-lune, lui fit un petit sourire mais ne dit rien de plus avant qu'il n'acquiesce et retourne à son bureau.
«Je suis d'accord avec Albus. Tu devrais vraiment te reposer, Severus,» dit Poppy, alors qu'elle finissait de soigner les poignets d'Harry. «Je te préviendrai s'il arrive quelque chose à Harry.»
Severus fit un signe de tête raide et écarta légèrement une mèche de cheveux du front d'Harry. Au moins, son fils semblait dormir paisiblement pour l'instant.
Après avoir jeté un dernier regard à Harry, Severus se dirigea vers la Cheminée.
Lorsqu'il sortit du feu au manoir Prince, il retrouva Kieran et Clarice qui semblaient l'attendre dans son bureau.
«Où étais-tu, Severus ?» demanda Clarice, qui lui donna un coup de main. «Tu as une mine affreuse.»
Kieran était venu se mettre à côté de sa mère, regardant Severus avec de grands yeux. «Que t'est-il arrivé, papa ?» demanda-t-il, l'inquiétude se reflétant dans sa voix.
Severus poussa un long soupir ; il n'était vraiment pas d'humeur à s'occuper de ça maintenant.
«Je t'expliquerai plus tard, après m'être rafraîchi et changé,» dit-il sèchement, en passant devant eux.
Après avoir pris une douche bien nécessaire pour enlever la couche de saleté et de sueur sur sa personne, Severus se vêtit de ses habituelles robes noires. La fatigue de cette longue journée commençait à s'installer mais il la repoussa. Il ne se reposera pas avant d'avoir trouvé un contre-sort pour Harry et aussi une fois que Severus sera certain que son fils ne souffrira plus de ses souvenirs.
Sur le chemin du retour à son bureau, Severus passa devant la chambre de Kieran et décida de prendre rapidement des nouvelles du garçon. La porte était entrouverte de quelques centimètres et d'après ce que Severus pouvait voir, Kieran était allongé sur le ventre sur son lit, face à la porte.
Severus frappa à la porte deux fois puis entra dans la chambre.
«Papa,» dit Kieran, l'air soulagé quand il vit Severus. Il se leva à la hâte et vint se placer devant lui. Severus prit le temps de regarder Kieran.
Le garçon semblait aller bien.
«Est-ce que ça va ?» demanda Severus.
Kieran fit un signe de tête. «Ouais, heureusement que maman et moi sommes sortis de là très vite,» dit-il, et Severus remarqua un léger tremblement dans sa voix.
« Je suis heureux que tu t'en sois sorti indemne.»
«Est-ce que toi ça va, papa ?» demanda Kieran alors que ses yeux noirs balayaient Severus. «Tu as été blessé, n'est-ce pas ?»
«Je vais bien maintenant, tu n'as pas à t'inquiéter,» dit Severus doucement, espérant qu'il avait l'air rassurant.
Kieran fronça les sourcils, l'air peu convaincu. «Tu n'allais pas bien ! Tu es revenu avec du sang sur tes vêtements !»
«Oui c'est vrai mais Madame Pomfresh m'a déjà soigné, il n'y a pas lieu de s'inquiéter davantage,» dit Severus, appuyé contre le bureau de Kieran.
Kieran le fixa un instant, ses yeux sombres un peu plus brillants que d'habitude, avant qu'il ne soupire en détournant le regard.
«Tu as trouvé Potter ?» lui demanda-t-il, en agitant une de ses figurines de dragon sur son bureau. «Parce qu'il n'est pas revenu avec toi.»
«Il est dans une aile de l'infirmerie en ce moment,» dit Severus. «Je dois y retourner bientôt.»
«Mais tu viens juste de rentrer à la maison !» dit Kieran en le fixant avec indignation.
«Je reviendrai dès que possible,» lui répondit Severus.
Kieran se tut pendant quelques instants. Severus l'étudia, notant que quelque chose semblait déranger le garçon et il attendit, espérant que Kieran avouera simplement et lui dira ce qu'il avait en tête. Heureusement, il ne fut pas trop long à attendre.
«Je pensais que tu n'allais plus être un espion,» dit doucement Kieran au bout d'un moment. «Je pensais que tu ne participerais plus à la guerre…»
Severus aurait dû s'attendre à cela, se souvenant que c'était un problème qu'ils avaient dû régler lorsque Severus avait découvert Kieran et avant que le garçon ne vienne vivre avec lui. Il n'y avait pas beaucoup pensé depuis, sachant que sa couverture avait été compromise et que ses jours d'espionnage n'étaient plus qu'un souvenir lointain lorsque Kieran était venu vivre avec lui.
«Mes années en tant que Mangemort sont peut-être terminées mais cela ne veut pas dire que je ne fais plus partie de cette guerre,» déclara Severus.
«Mais pourquoi papa ? C'est si dangereux !» La voix de Kieran devint plus forte, un peu hystérique, ses yeux d'obsidienne qu'il avait hérités de Severus brillaient. «Tu-tu aurais pu être tué aujourd'hui !»
Troublé par l'explosion de Kieran, Severus mit une main sur l'épaule de son fils. «Calme-toi, Kieran.»
Puis, contre toute attente, Kieran se jeta en avant et enveloppa ses bras autour de Severus, la tête du garçon venant s'appuyer contre son sternum. Totalement pris par surprise, Severus se figea, ne sachant pas trop quoi faire. Il était un peu choqué de voir cette démonstration de la part de Kieran, n'ayant jamais vu ce côté du garçon auparavant.
«Je ne veux pas te perdre aussi, papa,» murmura Kieran contre la poitrine de Severus. «Je viens de te trouver il n'y a pas si longtemps.»
Severus fronça les sourcils, se contentant de tapoter maladroitement le dos de son fils. «Tu ne me perdras pas, Kieran,» dit-il doucement.
«Tu as mis du temps à revenir... et j'ai juste pensé…» Kieran s'arrêta, enterrant son visage dans les robes de Severus.
Severus crut entendre un petit reniflement et son coeur se mit à se tordre. Peut-être que l'incident du chemin de Traverse avait plus affecté Kieran qu'il ne le pensait. Severus a dégluti puis il entoura lentement Kieran de ses bras et lui toucha légèrement la tête, ne sachant pas vraiment quoi dire. Il n'avait jamais été une personne douée pour fournir des mots de réconfort.
«Tu as été blessé en cherchant Potter aujourd'hui,» murmura amèrement Kieran, toujours accroché à lui.
Maintenant ça, c'était quelque chose dont ils devaient encore discuter. Il ne pouvait pas laisser continuer cette haine que Kieran éprouvait contre Harry. Kieran devait comprendre que Harry était aussi le fils de Severus, qu'il le veuille ou non.
Severus fit reculer Kieran mais garda les deux mains sur les épaules du garçon.
«Ce n'était pas sa faute,» déclara Severus d'un ton ferme, en regardant Kieran directement dans les yeux. «Tu vas devoir accepter le fait que Harry est aussi mon fils tout autant que toi.»
Kieran détourna le regard et murmura sous son souffle, «C'est foutrement peu probable.»
Cela avait été dit presque trop discrètement pour être entendu mais Severus avait quand même compris.
«À moins que tu ne veuilles frotter d'autres chaudrons demain, je te suggère de t'abstenir d'utiliser ce genre de langage,» avertit Severus, en braquant sur le garçon un regard qui n'était pas aussi puissant que d'habitude.
Kieran soupira, avant de hocher la tête, semblant trop fatigué pour discuter cette fois-ci.
Severus jeta un coup d'oeil à l'horloge et réalisa qu'il se faisait tard.
«Tu devrais te reposer, la journée a été longue.»
Kieran ne protesta pas lorsque Severus le dirigea vers son lit et regarda son fils s'installer. Alors que Severus se retournait pour partir, Kieran se saisit faiblement de son bras et lui demanda d'une voix douce et fatiguée, «Peux-tu rester un peu plus longtemps, papa ? S'il te plaît ?»
Severus poussa un soupir intérieur mais après avoir vu à quel point Kieran était affecté par les événements de la journée, il décida de céder à la demande de son fils.
«Très bien. Va te coucher, Kieran,» dit Severus en tirant les draps jusqu'au menton de Kieran, puis il se posa sur le bord du lit du garçon.
Après quelques instants et une fois qu'il fut certain que Kieran dormait profondément, Severus retourna à son bureau, bien décidé à retourner à Poudlard pour voir comment allait Harry et aider Dumbledore à lutter contre le maléfice.
Lorsque Severus arriva à son bureau, il fut un peu surpris de voir que Clarice était toujours là, regardant maintenant par la fenêtre.
Severus s'éclaircit la gorge pour faire connaître sa présence, puis lui dit, «Tu devrais te reposer, Clarice.»
Clarice se retourna, les bras repliés contre sa poitrine.
«Je ne pouvais pas sans t'avoir parler d'abord,» lui répondit-elle, les yeux rivés sur les siens. «J'étais inquiète, Severus. Tu as mis longtemps à revenir.» Elle se rapprocha, posant une main sur son bras. «Tu es sûre que tu vas bien ?»
«Oui,» dit simplement Severus et se sentant un peu mal à l'aise avec cette proximité, il s'éloigna hors de sa portée.
Clarice examina ses traits pendant un moment, puis soupira en passant une main sur son front. «J'ai dû donner à Kieran une potion calmante. Tu aurais dû voir l'état dans lequel il était quand nous sommes revenus.»
Severus fit un signe de tête et dit,«Je suis conscient. Il est au lit maintenant.»
Clarice secoua la tête, en appuyant une hanche contre le bureau de Severus.
«Cette guerre est trop dangereuse, Severus. Je ne veux pas que Kieran soit impliqué,» dit-elle, un reflet vif dans les yeux. «Ma première priorité est sa sécurité et la tienne devrait l'être aussi.»
«Elle l'est,» convient Severus de manière égale. «Celle d'Harry aussi.»
Les yeux bleus de Clarice brillèrent.
«Depuis quand t'inquiètes-tu autant pour ce garçon ?» demanda-t-elle, les bras croisés sur sa poitrine. «Si je me souviens bien, tu étais opposée à ce qu'il vienne chez toi. Qu'est-ce qui a changé ?»
«Ce garçon est mon fils!» grogna Severus. «Autant que Kieran l'est.»
«Tu te rends compte du danger qu'il fait courir à tout le monde ? On ne peut même pas aller au chemin de Traverse sans se faire presque tuer!» s'exclama Clarice, faisant des gestes brusques comme si elle essayait de faire voir à Severus ce qui était évident. «C'est incroyable comme tout le monde s'entiche de lui, avec tous les problèmes qu'il cause!»
«Rien de tout cela n'est la faute de Harry!» claqua Severus. «Il n'y peut rien si un mage noir le prend constamment pour cible!»
«Nous aurions pu mourir aujourd'hui, Severus ! Tout ça à cause de ce garçon !»
«Ce n'est pas le cas. Ce. N'est. Pas. La. Faute. de. Harry.» dit lentement Severus, en énonçant chaque mot.
Clarice semblait vouloir continuer sa tirade mais elle s'arrêta, pinçant les lèvres et se détournant de lui. Il y eut un moment de silence tendu avant qu'elle ne reprenne la parole, doucement cette fois.
«Kieran mérite d'avoir un père dans sa vie. Il a vécu sans un père pendant trop longtemps.»
Severus fronça les sourcils, croisant les bras. «Et pas Harry ?»
Pour être honnête, Harry méritait plus que ce que Severus pouvait lui fournir. L'enfance de Kieran fut certainement plus agréable que celle d'Harry, ayant une mère aimante ce qui était plus que ce qu'Harry avait connu en grandissant. Kieran avait également l'avantage de ne pas avoir à faire face à un diabolique mage noir qui le traquait constamment, de ne pas être considéré comme le sauveur du monde sorcier et de ne pas vivre avec des proches qui méprisaient son existence. Tout ce que Kieran voulait était fourni par sa mère et la seule chose que Severus pensait qui manquait à la vie de Kieran était une figure paternelle, mais il l'avait désormais.
Clarice ne semblait pas du tout l'avoir entendu, paraissant perdue dans ses propres pensées. Sa colère passée semblait s'être quelque peu dissipée lorsqu'elle soupira et prit place sur le canapé. Elle plaça un cheveu perdu derrière son oreille et dit doucement, «Nous aurions pu te perdre aujourd'hui. Je ne veux pas que Kieran ait à revivre une telle chose, surtout après-»
Elle se coupa brusquement et secoua la tête.
Severus rétrécit les yeux sur elle, se demandant ce qu'elle était sur le point de dire mais il n'eut pas eu le temps de la question puisque la cheminée s'anima soudainement.
«Severus, ça s'aggrave,» dit rapidement Poppy, sa voix pressante. «J'ai besoin de ton aide cette fois-ci.»
Severus se dirigea vers la cheminée et prit une pincée de poudre de Cheminette.
«Pousse-toi, Poppy,» dit-il d'un geste de la main. «J'arrive.»
Severus n'attendit seulement que quelques secondes avant d'entrer dans le feu, ne se retournant pas quand il entendit Clarice l'appeler par son nom alors qu'il disparaissait dans les flammes vertes.
