#BLACKLIVESMATTER

T/N: Vous pouvez lire le chapitre 6 pour plus d'informations. Ne soyons pas silencieux.

#PRAYFOROUIGOURS

RETROUVONS-NOUS à Paris le 2 octobre! La France pour les Ouïgours!

T/N: Hello! Bonne rentrée déjà! Je retourne à la face pour ma part mais heureusement que j'ai des chapitres traduits en avance :p Donc il faudra juste que je pense à les publier xD Et vous ? Comment s'est passé votre rentrée que ce soit en cours ou au travail?

Harry est enfin libérer de cet horrible maléfice! Maintenant on verra encore plus clairement l'évolution de sa relation avec son père. Et petit indice, pendant que je prenais de l'avance dans ma traduction je ne pouvais pas m'empêcher de laisser échapper des petits "aaanw" tellement c'était cute :)

Vos commentaires me font tellement plaisir! Vous êtes de plus en plus nombreux à lire cette traduction et je vous en remercie énormément!

Merci de prendre le temps de commenter s'il vous plaît...ça me donne encore plus de détermination et j'aimerais beaucoup savoir ce que vous pensez de ce chapitre!

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Harry reprit conscience la nuit suivante.

Les informations revinrent lentement dans son esprit alors qu'il clignait des yeux vers le plafond sombre et ombragé, traversé par de faibles traînées de lumière lunaire qui affluaient à travers les hautes fenêtres. Il pouvait sentir la chaleur des draps qui le recouvraient et il y avait une légère odeur aseptique qui ne lui était que trop familière.

Comment avait-t-il atterri ici ? Que s'était-il passé ?

Il essaya de chercher des indices dans ses souvenirs mais son esprit était étrangement confus et désordonné.

Quand Harry tenta de se redresser, il ne put empêcher un léger gémissement de s'échapper de ses lèvres alors que son corps protestait contre ce mouvement. Sa tête battait la chamade et ses membres lui semblaient beaucoup trop lourds, comme si ses os étaient désormais en plomb. Tout lui faisait mal ; son corps tout entier lui faisait mal comme s'il avait été piétiné par une ruée d'hippogriffes. Harry ne se rappelait pas avoir jamais ressenti un tel inconfort, il n'avait jamais eu aussi mal même après une des raclées de l'oncle Vernon.

Soudain, il y eut un mouvement quelque part à la droite d'Harry et il sursauta, incapable d'identifier immédiatement qui c'était.

«Harry,» dit doucement une voix de baryton familière, tandis qu'une main se posait doucement sur son épaule. Harry ne put réprimer un sursaut face à ce mouvement soudain et se recula, tombant presque de l'autre côté du lit. Il haleta face à la douleur que le mouvement provoqua.

«Tout va bien, tu es en sécurité.»

Harry ne pouvait pas vraiment voir la personne mais il connaissait certainement cette voix. C'était comme si elle avait débloqué quelque chose dans son esprit et les souvenirs commencèrent à rentrer progressivement.

La virée shopping au chemin de Traverse... L'attaque des Mangemorts... Voldemort torturant son père... Harry essayant de l'arrêter... Puis, en voyant un sort venir vers lui...

Tout à coup, les bougies de sa table de nuit s'allumèrent, illuminant la pièce d'une lueur chaude et tirant Harry de ces souvenirs. Le soulagement l'envahit lorsqu'il vit son père se tenir à côté de son lit, revêtu de sa robe noire habituelle, semblant complètement rétabli depuis la dernière fois qu'Harry l'avait vu.

«Monsieur,» essaya de dire Harry, mais il découvrit que sa voix ne fonctionnait pas. Tout ce qui sortait de sa bouche n'était que des grincements d'air. Il essaya de mouiller ses lèvres gercées mais sa bouche était trop sèche et sa gorge était rugueuse comme s'il avait constamment crié.

Il tenta de se relever mais fut arrêté lorsque Rogue posa une main chaude sur sa poitrine et stoppa ses efforts.

«Attention,» dit son père, «tu es encore en convalescence.»

Une fois que Rogue fut certain qu'Harry ne tenterait pas de se relever, il retira sa main et sortit sa baguette de sa manche. Il fit un léger mouvement de la main et conjura quelques oreillers. Avec l'aide de son père, Harry se mit lentement en position assise et s'installa confortablement contre les oreillers. Alors que Rogue ajustait les draps, Harry jeta un coup d'œil autour de lui et remarqua un fauteuil sombre et rembourré à côté de son lit, sur lequel reposait un livre ouvert, face contre terre.

Son père était-il vraiment resté à son chevet ? Cela lui rappela le réveil qu'il avait eu il y a quelques jours après s'être évanoui dans le bureau de son père. Or, pendant toutes les fois où Harry avait été obligé de rester à l'infirmerie, personne n'était jamais resté à son chevet jusqu'à son réveil. Depuis combien de temps Rogue était-il là ?

Juste au moment où Harry allait demander à son père ce qui s'était passé, Madame Pomfresh sortit de son bureau, la baguette à la main.

«Ah, content de voir que tu es réveillé Harry,» dit-elle, l'air soulagé en arrivant à son chevet. Puis elle se mit à agiter sa baguette au-dessus de lui, en murmurant des sorts sous son souffle. Dès qu'elle eut fini, elle demanda, «Comment te sens-tu ? Des courbatures ou des douleurs ?»

«Douleur,» Harry croassa, sa voix à peine au-dessus d'un murmure.

Rogue fit apparaître un verre d'eau et le porta aux lèvres d'Harry. Harry sirota le liquide frais avec gratitude, le laissant étancher sa bouche et sa gorge desséchées. Une fois qu'il eut bu à satiété, son père posa le verre sur la table de nuit, puis lui dit, «Comment te sens-tu vraiment ?»

«Ma tête bat la chamade et j'ai mal partout,» chuchota Harry, en faisant des grimaces alors qu'il plaçait une main sur ses yeux. Son mal de tête s'aggravait.

«C'est normal, compte tenu de tous les événements qui se sont produits il y a quelques jours,» commenta son père en baissant les lumières à un niveau plus tolérable, sentant avec justesse l'inconfort d'Harry.

Harry fronça les sourcils, tout en retirant sa main pour fixer son père.

Il y a quelques jours ? Combien de temps s'était-il endormi ?

Juste au moment où Harry allait demander, Madame Pomfresh reprit la parole.

«Je peux te donner une potion pour soulager les maux de tête et un analgésique pour les douleurs,» dit-elle, en convoquant deux petites fioles de potions qui flottaient de son bureau jusqu'à sa main tendue.

Harry essaya de la saisir, mais il constata que ses bras étaient trop douloureux et tremblants pour être d'une quelconque utilité en ce moment. Son père dut tenir les flacons sur ses lèvres pendant qu'Harry avalait les potions un peu désagréables les unes après les autres, en grimaçant un peu à cause de l'arrière-goût. Le bien-être dans sa tête fut instantané, le martèlement semblait diminuer pour ne plus être qu'une pulsation gênante, mais les potions semblaient n'avoir aucun effet sur les courbatures de tout son corps.

«Ça ne marche pas vraiment, j'ai encore très mal,» dit Harry, en jetant un coup d'œil entre son père et Madame Pomfresh.

Rogue fronça les sourcils, se tournant vers Madame Pomfresh avec un sourcil levé. «Poppy ?»

Pomfrey secoua la tête et agita de nouveau sa baguette au-dessus de Harry. «C'est peut-être l'un des effets secondaires du maléfice,» dit-elle en soupirant. «Ton corps a subi un grave traumatisme, mais je crois que la douleur disparaîtra dans quelques jours.»

Oh, c'est vrai. La dernière chose dont il se souvenait était un étrange sort violet qui volait vers lui... Avec quoi Voldemort l'avait-il frappé ?

Après quelques instants supplémentaires à s'inquiéter pour lui et à lui dire de se reposer, l'infirmière se retira dans son bureau, laissant Harry seul avec son père une fois de plus.

Harry s'éclaircit la gorge un peu avant de demander, «Que s'est-il passé, monsieur ?»

Rogue s'assit à nouveau dans le fauteuil et sembla l'étudier avant de demander, «De quoi te souviens-tu ?»

«Je me souviens de notre virée shopping au chemin de Traverse, puis de l'attaque des Mangemorts et Voldemort était là,» se remémorait Harry. «Je pense qu'un sort m'a frappé... et je ne me souviens plus vraiment de rien après ça.»

Son père fit un signe de tête. «Le Seigneur des Ténèbres t'a jeté une malédiction mémorielle plutôt dévastatrice.»

«Oh,» murmura Harry, en remuant un fil lâche sur la couverture.

«Cela t'a forcé à revivre tes pires souvenirs.»

Et peu à peu, cela lui revenait. Harry se rappelait s'être senti piégé, désespéré d'échapper au torrent des terribles souvenirs qui se jouaient dans son esprit. Il ne pouvait pas le comprendre ; c'était comme s'il était là-bas, capable de sentir tout ce qui se passait.

«C'était comme si j'étais coincé dans mes souvenirs…» dit doucement Harry. «Comme si j'étais vraiment là-bas…»

«C'était l'un des effets de la malédiction,» dit Rogue, en faisant courir une main sur son visage. Il y avait du soulagement dans sa voix quand il murmura, «Merci Merlin, tu l'as brisée.»

Harry fit un signe de tête et se mit à chasser ces souvenirs de son esprit. Il ne voulait plus jamais y penser ; les avoir vécus étaient déjà suffisants. À un moment donné, il avait voulu abandonner mais il se souvenait d'avoir entendu la voix de son père l'encourager à briser le maléfice. Harry n'était pas sûr si c'était juste son imagination ou si Rogue avait vraiment été là.

Mais avant qu'Harry ne puisse y réfléchir davantage, la scène de son père se faisant torturer lui revint.

«Vous allez bien, monsieur ?» demanda Harry alors qu'il étudiait son père. L'homme semblait aller bien mais Harry voulait quand même s'en assurer. Il se souvint que son père s'était effondré sur le sol avec une énorme entaille à la jambe. «Avez-vous été gravement blessé ?»

Rogue semblait un peu surpris par la question d'Harry avant d'écarter ses inquiétudes d'un geste de la main. «Je vais bien. Madame Pomfresh a fait un travail convenable pour me guérir.»

Harry fut heureux que son père ne soit pas trop gravement blessé. Mais à ce moment là, cela ne semblait pas être le cas et Harry frissonna légèrement en se souvenant de la scène.

Rogue soupira, l'air fatigué, puis il se releva.

«Harry, permet-moi d'être aussi clair que possible,» commença son père, ses traits devenant sévères alors qu'il se tenait à côté du lit d'Harry. «Ne tente plus jamais, en aucun cas, quelque chose d'aussi imprudent et insensé. À quoi pensais-tu en défiant le Seigneur des Ténèbres comme ça ?»

Harry fit une grimace intérieure à la réprimande de son père et détourna son regard vers ses mains sur ses genoux. Je suppose que je ne pensais pas. La seule chose à laquelle il pensait à ce moment-là était qu'il devait empêcher son père d'être torturé. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit blessé à cause de lui. Sa propre sécurité ne lui avait même pas traversé l'esprit.

«Vous étiez torturé,» dit Harry doucement, «et Voldemort était après moi de toute façon…»

«Je suis bien conscient,» dit Rogue. «Cependant, je gérais la situation.»

«Mais…» Harry commença mais fut immédiatement coupé.

«As-tu la moindre idée du danger que cela représentait ? Le Seigneur des Ténèbres aurait pu facilement t'achever, sans parler de cette malédiction…» dit Rogue, d'un ton dur. Il expira un instant, en croisant les bras sur sa poitrine, avant de poursuivre, «N'as-tu pas la moindre idée de ce qu'est la préservation de soi ? Toujours à foncer tête baissée dans le danger sans réfléchir ; tu dois apprendre à contrôler ces tendances impulsives typiques des Gryffondor.»

Rien que des ennuis... Danger pour tout le monde...

Harry baissa la tête et n'osa pas lever les yeux. Il fit un léger signe de tête avant de chuchoter, «Je suis désolé de vous avoir causé tant de soucis, monsieur.»

Au début, il n'y eut que du silence, mais quelques instants plus tard, Harry entendit son père pousser un autre soupir et sentit un léger creux sur le côté de son lit. Des doigts fins touchèrent doucement le menton d'Harry et une légère pression de ces doigts guida son visage vers le haut de sorte que ses yeux verts rencontrèrent les yeux sombres de son père. Harry rencontra son regard avec hésitation, anticipant la colère mais au lieu de cela, il y vit un soupçon de tristesse et d'inquiétude.

«Harry, tu ne causes pas d'ennuis,» dit fermement Rogue, puis continua sur un ton plus doux, «J'étais juste... effrayé. Aussi nobles que soient tes intentions, ce n'est pas quelque chose que je souhaite revivre.»

L'image des yeux sombres de son père habituellement insondables, contenant une quantité inhabituelle de peur, apparut dans l'esprit d'Harry.

Son père avait eu peur - pour lui ?

C'était semblable à l'inquiétude et à la peur que les parents manifestaient lorsqu'un de leurs enfants était en danger. Harry l'avait vu à maintes reprises mais il n'avait jamais pensé qu'il aurait quelqu'un qui en fasse autant pour lui. Il n'avait jamais eu quelqu'un qui se souciait qu'il soit blessé ou non. Un bref moment de chaleur lui remplit la poitrine. Cela faisait du bien de savoir que quelqu'un s'inquiétait pour lui mais Harry ne pouvait pas s'empêcher de se sentir coupable de lui avoir causé autant de soucis.

«J'aurais pu te perdre,» chuchota son père, presque à lui-même, en retirant sa main du menton d'Harry.

Harry avala, sentant une grosseur assez importante se former dans sa gorge.

Même s'il venait de se réveiller il n'y a pas longtemps, Harry se sentait encore épuisé. Il laissa échapper une respiration tremblante, ses paupières devenant soudain beaucoup trop lourdes.

«Repose-toi maintenant, Harry,» dit Rogue en tapotant légèrement sa jambe. Puis il se leva rapidement et commença à retirer les oreillers de derrière Harry.

Harry permit à son père de le rabaisser lentement.

«Merci d'être resté,» marmonna-t-il doucement. Le mot "Papa" était sur le bout de sa langue mais il ne pouvait pas se résoudre à le dire, n'ayant jamais utilisé ce mot auparavant et ne sachant pas comment il serait reçu.

Son père tira les draps chauds jusqu'à son menton et le mit autour de lui. Alors qu'Harry laissa ses yeux se fermer, il sentit une main fine lui traverser les cheveux, le mouvement apaisant l'aidant à dériver plus loin dans un sommeil sans rêve.


Le lendemain, quand Harry se réveilla, la première chose qu'il remarqua fut que son père n'était plus assis à côté de son lit. Au lieu de cela, assis dans un fauteuil moelleux coloré, le professeur Dumbledore portait des robes tout aussi colorées avec des étoiles filantes qui s'étalaient sur le tissu.

«Bonjour, Harry. Je suis si heureux de te voir réveillé,» dit Dumbledore avec son sourire de grand-père.

«Bonjour, professeur,» répondit Harry, la voix encore un peu rauque. Il jeta un coup d'œil dans la pièce et demanda, «Où est mon p- où est le professeur Rogue ?»

Les yeux bleus de Dumbledore scintillèrent alors qu'il regardait Harry à travers ses lunettes de demi-lune. «Ton père a indiqué qu'il devait s'occuper de quelque chose. Il reviendra bientôt,» répondit-il.

Harry fit un signe de tête alors qu'il testait ses membres. Heureusement, ils ne semblaient pas faire aussi mal qu'hier mais il était encore légèrement douloureux de bouger. Il réussit à se redresser lentement avec ses coudes et à s'installer contre la tête de lit.

«Pourquoi Voldemort était-il au chemin de Traverse, monsieur ?» demanda Harry, une fois qu'il fut à l'aise. Maintenant que Dumbledore était là, Harry espérait obtenir des réponses.

«Ah, je ne suis pas sûr de ses motivations, cependant, il y avait d'autres endroits importants où Voldemort avait envoyé ses Mangemorts. Il y a eu des attaques simultanées dans toute l'Angleterre,» expliqua Dumbledore, ne semblant pas se soucier du changement de sujet.

«Il voulait connaître la Prophétie,» dit Harry. «J'ai essayé de le provoquer en duel pour le faire patienter jusqu'à votre arrivée.»

«Oui, un travail admirable si je le dis moi-même,» dit Dumbledore, en souriant. «Cependant, ce ne fut pas le choix le plus sage.»

«Quelqu'un a-t-il été blessé ?» demanda Harry avec circonspection, se rappelant lorsqu'il avait aidé Fred et George pendant l'attaque. George avait été touché à la jambe et Harry se demandait si quelqu'un d'autre avait été blessé aussi.

«Quelques-uns ont dû se rendre à Ste. Mangouste, mais rien de trop grave. Les Aurors ont réussi à capturer quelques-uns des Mangemorts.»

«Tant mieux,» répondit Harry, heureux qu'au moins certains d'entre eux aient été capturés.

Dumbledore fit un signe de tête, en posant une main sur sa barbe.

«J'ai déjà parlé à Severus pour te donner des leçons de défense supplémentaires,» dit Dumbledore, après un bref moment de silence. «Il serait sage de te préparer. Maintenant, je suis conscient que les leçons d'Occlumencie de l'année dernière n'étaient pas les plus efficaces…»

C'était un euphémisme, pensa Harry, en se rappelant ces terribles leçons dans les cachots. Il était toujours sorti de ces leçons avec un mal de tête intense car il avait constamment l'esprit percé.

«Cependant, je suis sûr que Severus est prêt à être plus... ah, patient cette fois,» conclut Dumbledore avec un sourire sur son visage vieillissant, le scintillement présent dans ses yeux.

La Cheminette s'alluma et son père en sortit, brossant brièvement la suie avant qu'il ne se dirige vers eux, ses robes noires flottant derrière lui.

«Directeur,» Rogue le salua sèchement avant de tourner son regard vers Harry.

«Bonjour, Severus,» répondit Dumbledore, se levant gracieusement. «Je pense que je vais vous laisser.»

Sur ce, ils regardèrent le directeur partir jusqu'à ce que les grandes portes en bois se refermèrent derrière lui.

«Comment te sens-tu ?» demanda son père.

«Bien, monsieur,» répondit Harry.

Rogue leva un sourcil. «D'autres douleurs ?»

«Euh, pas autant qu'hier.»

Son père acquiesça, semblant satisfait de cette réponse. Il jeta un regard désagréable sur le fauteuil coloré que Dumbledore avait laissé et fit un geste brusque de la main, le ramenant à un fauteuil noir ordinaire, avant de s'asseoir.

«As-tu faim ?» demanda Rogue. «As-tu déjà pris ton petit-déjeuner ?»

«Pas encore.»

Son père commanda le petit-déjeuner aux elfes de la maison et, une fois arrivé, ils mangèrent ensemble dans un silence relativement confortable.

«Savez-vous quand je peux partir, monsieur ?» Harry demanda quand ils terminèrent.

«Je crois que Poppy a dit que tu pourrais sortir demain matin,» répondit Rogue, «quand les effets secondaires de la malédiction se seront presque tous dissipés.»

Ainsi, pour le reste de la journée, Harry se résigna à rester au lit. Il n'avait jamais aimé rester trop longtemps dans l'aile de l'hôpital. Entre l'ennui et l'agitation constante de Madame Pomfresh, Harry avait toujours été plus que prêt à partir à la première occasion. Mais cette fois, il découvrit que ce n'était pas aussi misérable ni aussi ennuyeux. Son père restait avec lui tout le temps et avait même apporté à Harry quelques livres pour l'aider à occuper le temps.

Pourtant, lorsque Madame Pomfresh le déchargea le lendemain matin, Harry était plus que prêt à partir.

«Ceci est pour les cicatrices restantes, il faut l'appliquer chaque nuit jusqu'à ce qu'elles disparaissent,» dit Madame Pomfrey en remettant à Rogue un bocal rempli de baume bleu.

«Je sais Poppy» répondit son père en glissant le bocal dans la poche de sa robe.

Après avoir reçu des instructions strictes pour se reposer et s'abstenir de tout exercice rigoureux, Madame Pomfrey permit finalement à Harry de partir.

«Retournons-nous à la maison ?» demanda Rogue, en posant légèrement une main sur l'épaule d'Harry.

A la maison.

Harry ne considérait pas encore qu'il était chez lui, mais peut-être qu'un jour il le considérerait comme tel. C'était encore déroutant de penser qu'il avait vraiment un endroit où il pouvait se sentir chez lui, à part Poudlard.

«Oui, monsieur,» répondit Harry d'un signe de tête.

Rogue le guida vers la Cheminette et fit reposer sa main sur l'épaule d'Harry alors qu'ils s'avançaient dans les flammes vertes.

Il semblait que Kieran et sa mère les attendaient de l'autre côté. Dès leur arrivée dans le bureau de son père au manoir Prince, Harry sursauta lorsque Kieran se lança soudainement vers Rogue, l'entourant de ses bras. L'étreinte semblait également prendre son père par surprise car Rogue se raidit et tapote maladroitement le dos de Kieran au lieu de lui rendre le geste. Harry se détourna lorsque Kieran lui sourit.

«Pourquoi êtes-vous ici tous les deux ?» demanda Rogue, en éloignant Kieran et en regardant Clarice. «Je pensais qu'il restait avec toi pour le week-end.»

Clarice s'avança et sourit. «Eh bien, Kieran voulait rester avec toi, maintenant que tu es revenu.»

Kieran sourit. «Je suis si content que tu sois revenu papa.»

Rogue fit un signe de tête brusque puis reposa sa main sur l'épaule d'Harry. «Très bien, si vous voulez bien nous excuser, je vais escorter Harry jusqu'à sa chambre,» dit-il en commençant à le faire sortir du bureau.

Pourquoi me conduisait-il à ma chambre ? se demandait Harry. Ce n'était pas comme s'il avait oublié comment y aller...

Harry lança un regard confus à Rogue, mais son père l'ignora et continua. Décidant de ne pas se poser de questions pour l'instant, Harry haussa les épaules et permit à Rogue de le guider dans les couloirs. C'était un changement agréable de pouvoir marcher aux côtés de son père plutôt que de devoir pratiquement courir pour suivre les foulées de l'homme. Mais peut-être était-ce aussi parce que Madame Pomfresh avait souligné qu'Harry ne devait pas se surmener jusqu'à ce qu'il soit complètement remis...

Harry s'arrêta brusquement lorsque Rogue s'arrêta soudainement puis le conduisit dans une pièce. C'était l'une des quelques chambres spacieuses et joliment décorées du manoir.

«Monsieur ?» Harry jeta un regard interrogateur sur Rogue.

Pourquoi son père l'avait-t-il emmené ici ? Ils n'avaient pas encore atteint sa chambre...

«C'est ta nouvelle chambre, Harry,» annonça Rogue.

Pendant un instant, Harry regarda son père.

Quoi ? C'était sa nouvelle-

Harry jeta un coup d'œil dans la pièce, se demandant s'il avait bien entendu.

Son père lui donnait cette chambre ?

«Vraiment ?» Harry respirait, à peine capable de la comprendre. «Vous me donnez- C'est vraiment ma chambre maintenant ?»

Rogue inclina la tête. «J'ai déjà pris la liberté de demander aux elfes de la maison de déplacer tes biens,» dit-il, en indiquant la malle d'Harry qui était déjà au pied du lit à baldaquin.

«Vous n'étiez pas obligé de le faire, monsieur,» dit Harry, se sentant un peu dépassé. «L'autre chambre était très bien.»

Son père lui fit un petit signe de la tête. «Je ne veux pas que tu restes à l'autre bout du manoir pendant ta convalescence.»

Harry supposa que c'était une raison valable pour qu'il emménage dans cette chambre. C'était pour que Rogue puisse garder un oeil sur Harry pendant sa convalescence.

«C'est une belle chambre, monsieur,» dit Harry en regardant la chambre.

La lumière chaude du soleil entrait par la large fenêtre donnant sur le vaste jardin arrière, encadré par de longs rideaux beiges. Des oreillers et des coussins vert clair et beige bordaient l'alcôve de la fenêtre où Harry pouvait s'asseoir et regarder dehors. Le grand lit à baldaquin avait un couvre-lit beige chaud avec des rideaux vert clair drapés sur les côtés. À l'autre extrémité de la pièce, un canapé faisait face à une cheminée non allumée, accompagné de deux fauteuils de chaque côté, offrant un coin salon confortable.

Il s'agissait certainement d'une amélioration considérable par rapport à la chambre qu'il avait auparavant. Définitivement plus grande que toutes les autres pièces qu'il avait eues. Ou qu'il n'avait jamais rêvé d'avoir.

«Les objets que j'ai confisqués il y a quelques jours ont été remis dans ton coffre,» lui dit son père, adossé au bureau. Puis il lança à Harry un regard sévère. «Cependant, il vaut mieux que je ne te surprenne pas à te balader en cachette au milieu de la nuit avec cette cape.»

Harry fit un signe de tête, puis s'agenouilla devant son coffre et ne put s'empêcher de faire un petit sourire lorsqu'il l'ouvrit, retrouvant la cape d'invisibilité et son Eclair de feu. Au bout d'un moment, il ferma son coffre et se releva, faisant face à son père. Rogue n'avait pas eu besoin de lui donner une nouvelle chambre, surtout que son père avait déjà acheté à Harry de nouvelles fournitures scolaires et une toute nouvelle garde-robe qui lui avait coûté presque une petite fortune. Harry avait une envie inexplicable de serrer l'homme dans ses bras mais il s'abstint de le faire, sachant que Rogue n'aimerait sûrement pas cela.

Au lieu de cela, Harry sourit et dit sincèrement, «Merci, monsieur. C'est formidable.»

Il y eut un bref soulèvement des lèvres de son père et Harry supposa que c'était ce qui se rapprochait le plus d'un sourire. Il l'aurait manqué s'il n'avait pas regardé attentivement.

«Pas besoin de me remercier,» répondit son père, en agitant une main dédaigneuse. «La chambre aurait dû être à toi quand tu es arrivé.»

Puis Rogue se redressa et commença à sortir.

«Tu devrais te reposer avant le déjeuner» lui dit son père avant de disparaître par la porte.

Une demi-heure plus tard, Harry était assis sur l'alcôve de la fenêtre, se prélassant dans la chaleur des rayons du soleil qui affluaient doucement par les larges fenêtres. Il avait encore exploré la pièce avant de s'installer. C'était beaucoup à encaisser et il avait du mal à se concentrer sur tout ce qui s'était passé récemment. Depuis le moment où il avait reçu la lettre de sa mère et découvert la vérité jusqu'au moment où il se trouvait chez son père... Peut-être que ce n'était qu'un rêve tordu que son esprit avait imaginé et qu'il se réveillerait d'un jour à l'autre, de retour chez les Dursley... Quoi qu'il en soit, Harry allait en tirer le meilleur parti. Rien ne durait éternellement et cela semblait particulièrement vrai pour Harry.

Un léger tapotement arracha Harry à ses pensées et il leva les yeux pour voir son harfang des neiges picorer le verre au-dessus de lui.

«Hedwige !» Harry poussa la fenêtre pour laisser entrer Hedwige. Une fois à l'intérieur, Hedwige se dirigea vers son bureau et atterrit en tendant sa jambe pour qu'Harry puisse détacher deux lettres et un petit paquet marron. Harry le fit, puis se rendit à sa malle pour y pêcher une friandise de chouette et la lui donna en cadeau. Elle le remercia en huant et lui mordit joyeusement les doigts par la suite.

Harry se concentra alors sur les deux lettres. L'une d'entre elles était écrite avec les gribouillis désordonnés de Ron, tandis que l'autre était écrite avec l'écriture soignée et bouclée d'Hermione.

Que penseraient-ils de lui étant le fils de Rogue ? Le savaient-ils déjà ?

Après un moment d'hésitation, Harry décida d'ouvrir la lettre de Ron en premier.

Cher Harry,

Bon sang, Dumbledore est passé nous raconter l'attaque au chemin de Traverse. Fred et George ont dit qu'ils t'avaient vu et que tu les avais aidés contre quatre Mangemorts aussi. Pourquoi tu te trouvais au chemin de Traverse quand il a attaqué ? Tu crois qu'il savait que tu étais là ? Fred et George ont également dit que tu ne semblais pas être toi-même. Ils ont dit que tu leur rappelais quelqu'un, mais ils ne savaient pas qui. En tout cas, Dumbledore a dit que tu allais bien mais qu'il ne voulait pas nous dire où tu étais. Il a dit que ce n'était pas à lui de le dire et que c'était à toi de nous le dire. Qu'est-ce qui se passe mon pote ? Est-ce que ça a un rapport avec la raison pour laquelle tu sembles soudainement différent ?

Hermione est restée avec nous et elle est devenue folle au sujet des résultats de nos BUSE. Elle était très nerveuse à l'idée de les voir arriver. As-tu déjà reçu les tiens ? Pas besoin de te dire ce qu'Hermione a reçu, bien sûr. C'est assez évident. J'ai seulement échoué en Divination et en Histoire de la Magie, mais qui se soucie vraiment de ces sujets, pas vrai ?

Alors, où es-tu Harry ? J'espère que, où que ce soit, c'est mieux que chez les Dursley.

J'espère que tu pourras nous rendre visite bientôt.

Ron

Harry relit la lettre avant de la poser sur son bureau.

Ses amis ne le savaient donc pas encore. Dumbledore ne leur avait pas dit. Harry pensa que c'était une bonne chose car il devait leur dire lui-même, bien qu'il n'ait pas particulièrement hâte de voir leurs réactions.

Harry ouvrit ensuite la lettre d'Hermione.

Cher Harry,

J'ai entendu parler de l'attaque et je suis très heureux que tu ailles bien. Ron spéculait sur ta situation après la visite de Dumbledore pour nous informer de ce qui s'était passé dans l'allée du chemin de Traverse. Très franchement, j'espère juste que, où que tu sois en ce moment, tu es en sécurité.

Après tout ce qui s'est passé à la fin de l'année dernière, j'espère que tu vas bien. Je sais que Sirius comptait beaucoup pour toi et je me suis inquiété de la façon dont tu faisais face à la situation. Je t'ai donc envoyé un journal dans lequel tu peux écrire tes pensées, si quelque chose te dérange et que tu n'as personne à qui parler. Ce n'est pas sain de tout garder pour soi, Harry. Je l'ai aussi charmé pour qu'il ne puisse être lu par personne d'autre, sauf si tu le souhaites. Il apparaîtra sous forme de notes d'école pour tous ceux qui essaieront de le lire.

J'espère te voir bientôt,

Hermione

Harry prit le petit paquet et le déballa, révélant un journal en cuir rouge avec ses initiales gravées dans le coin inférieur droit. Il le feuilleta et le posa sur son bureau. Il ne savait pas s'il l'utiliserait un jour mais il en remercierait Hermione plus tard.

En jetant un coup d'œil à l'horloge, Harry décida qu'il devait commencer à descendre pour le déjeuner. Il prévoyait d'écrire à ses amis par la suite.

Alors qu'il s'approchait du bureau de son père, Harry entendit des bribes de deux voix qui se disputaient à travers la porte légèrement entrouverte. Il s'agissait de son père et de la mère de Kieran, et son père avait l'air très en colère. Harry se demandait sur quoi ils pouvaient bien se disputer.

La curiosité prenant le dessus, Harry s'appuya tranquillement contre le mur à côté de la porte et écouta.