#BLACKLIVESMATTER
T/N: Vous pouvez lire le chapitre 6 pour plus d'informations. Ne soyons pas silencieux.
#PRAYFOROUIGOURSRETROUVONS-NOUS à Paris le 2 octobre! La France pour les Ouïgours!
T/N: Hello! Bonne rentrée déjà! Première semaine de bac finie...Et déjà fatiguée! Heureusement que j'ai de l'avance :p
Je sens que beaucoup de personnes seront frustrées par ce chapitre parce que...Clarice est de retour!!!
Merci de prendre le temps de commenter s'il vous plaît...ça me donne encore plus de détermination et j'aimerais beaucoup savoir ce que vous pensez de ce chapitre!
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Après avoir installé Harry dans sa nouvelle chambre, Severus retourna à son bureau, espérant terminer un peu de travail qui avait été oublié ces derniers jours. Normalement, à cette époque de l'été, il aurait déjà terminé ses plans de cours pour la prochaine année scolaire et serait maintenant en train de terminer les derniers stocks de potions pour l'infirmerie. Quoique concédé, cet été était très différent des nombreux précédents. Et avec toutes ces perturbations, Severus n'avait même pas encore commencé à brasser.
Dès que Severus s'installa à son bureau pour commencer à travailler, Kieran entra, demandant si Severus voudrait bien voler avec lui. Il déclina la demande de Kieran et répondit au garçon qu'il était libre de voler seul tant qu'il restait dans les limites de la propriété. Apparemment, ce ne fut pas la bonne réponse car Kieran se mit à geindre, à pratiquement le supplier, et rien ne contrariait plus Severus qu'un comportement aussi puéril et impudent. D'un regard perçant, Severus menaça de lui confisquer son balai et de l'envoyer dans sa chambre s'il ne cessait pas cette attitude insupportable. Cela sembla avoir calmé Kieran, bien que le garçon n'ait pas immédiatement quitté la chambre comme Severus l'avait prévu. Au lieu de cela, Kieran croisa les bras et resta enraciné sur place pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'il comprenne que Severus n'allait pas céder. Finalement, alors qu'il marmonnait indistinctement, Kieran sortit brutalement du bureau de Severus.
Et ce ne fut que peu de temps après le départ de Kieran que le travail de Severus fut perturbé pour la deuxième fois. Un coup de poing à la porte, et sans attendre de réponse, Clarice entra et prit place sur la chaise face à son bureau.
Severus se mit à gémir intérieurement. Quoi maintenant ?
Ce n'était certainement pas la façon dont il avait envisagé de passer sa matinée, de retour à la maison.
Severus ne leva pas les yeux de son travail jusqu'à ce que Clarice se déplace dans son siège et se racle la gorge.
«Je peux t'aider, Clarice ?» demanda Severus après avoir poussé un soupir exaspéré.
«Kieran semblait contrarié après t'avoir parlé,» déclara Clarice. «Il a dit qu'il voulait aller voler avec toi.»
«Il l'a dit,» répondit Severus en baissant sa plume, «mais je suis assez occupée en ce moment et Kieran doit réaliser que faire une insolente crise de colère ne lui permettra pas d'obtenir ce qu'il veut.»
Clarice fronça les sourcils. «Il veut juste passer du temps avec son père, Severus,» dit-elle, penchée en avant sur sa chaise. «Tu te rends compte que tu étais parti depuis plusieurs jours ?»
«Je suis au courant, oui, et je suis en retard sur mon travail, donc si ça ne te dérange pas…» dit Severus en retournant son attention sur le morceau de parchemin devant lui, en espérant qu'elle comprenne l'allusion.
Mais bien sûr, elle ne comprit pas.
D'une manière ou d'une autre, un moment plus tard, Clarice était sur ses pieds et avait fait le tour de son bureau pour venir se mettre derrière lui. Ses fines mains se posèrent sur ses épaules et Severus se raidit au contact soudain.
«Tu es si raide, Severus,» commenta Clarice, qui commença à faire des cercles sur ses épaules tendues. «Il faut croire que depuis que ce garçon est arrivé, tu es très tendu. Je ne peux pas croire que tu le laisses encore rester chez toi après tout ce qu'il t'a fait subir.»
Pas encore ça. Severus serra les dents et repoussa brutalement sa chaise qui grinça bruyamment, la surprenant par la même occasion.
«Bien sûr que je le laisses rester. Au cas où tu l'aurais oublié, c'est aussi mon fils,» déclara Severus, et d'un seul geste il se mit hors de sa portée et passa de l'autre côté de son bureau.
Clarice fronça les sourcils, les bras repliés sur sa poitrine. «Tu ne te soucies pas de notre sécurité ? De Kieran- notre fils- et de sa sécurité ?»
«Bien sûr que si,» dit Severus, «tout comme je me soucie de celle d'Harry.»
Et comme prévu, Clarice ouvrit la bouche pour répondre sans doute par quelque chose de désagréable mais Severus lui coupa la parole avant qu'elle ne le puisse.
«Ne commence pas, nous n'aurons pas cette conversation à nouveau.»
Les lèvres de Clarice s'amincirent en fentes. «Je n'avais pas fini de parler avec toi la dernière fois avant que tu ne partes brusquement.»
«Il y avait des sujets plus importants qui nécessitaient mon attention.»
«Oh, donc Kieran n'est pas aussi important que lui.»
«Je n'ai jamais dit ça - ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit,» grogna Severus, en serrant le dossier de la chaise.
«Mais tu l'as sous-entendu,» dit-elle en levant la main vers lui. «Tu agis comme tout le monde maintenant- »
«Kieran allait bien avant que je ne parte, je m'en étais assuré, et ce n'était pas lui qui souffrait d'une malédiction dans l'aile de l'hôpital,» interrompit Severus sur un ton dangereusement bas, sa tolérance avec la femme s'amenuisant.
Quelque chose changea dans les yeux de Clarice à ce moment-là, mais Severus ne pouvait rien discerner avant que cela ne disparaisse une seconde plus tard. Clarice fit alors un bruit désobligeant et roula les yeux. «Honnêtement Severus, ce garçon représente trop d'ennuis pour ce qu'il vaut. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde semble penser qu'il est capable de vaincre Tu-Sais-Qui.»
Severus pinça l'arête de son nez, sentant le début d'un mal de tête se former entre ses yeux. «Je me fiche du danger que tu penses que Harry représente, c'est toujours mon fils, et par conséquent, il aura toujours un foyer avec moi.»
Les yeux bleus de Clarice scintillèrent. «Ne penses-tu pas qu'il t'impose trop de contraintes dans ta vie ?» demanda-t-elle, la voix s'élevant tandis qu'elle continuait. «Tu m'as déjà raconté comment Dumbledore t'a forcé à le surveiller, malgré toutes les espiègleries qu'il a faites au fil des ans. Je pense que tu mérites une pause. Laisse Dumbledore s'occuper du garçon et de la guerre.»
«J'ai joué un rôle essentiel dans cette guerre et j'ai l'intention de la mener à bien jusqu'à la fin,» déclara Severus, en souhaitant qu'elle se retire déjà.
Ce n'était pas la faute d'Harry s'il avait été poussé dans cette guerre lorsqu'il était bébé et qu'on attendait maintenant de lui qu'il porte le poids du monde des sorciers sur ses épaules beaucoup trop maigres. Un fardeau bien trop lourd pour quiconque, et encore plus pour un enfant, surtout un enfant qui avait déjà tant enduré avant d'avoir mis le pied à Poudlard. Et après les événements de ces dernières années, Severus n'était pas prêt à laisser son fils affronter seul cette guerre.
Un bref moment de silence s'écoula avant que Clarice ne reprenne la parole, son ton étant plus calme cette fois-ci. «Lily est partie Severus, il est peut-être temps que tu passes à autre chose dans ta vie.»
Severus lui lança un regard furieux, les mains crispées en poings à ses côtés. «Pas avant que mon fils - le mien et celui de Lily - ne soit hors de danger.»
«Tu as une famille maintenant, Severus !» dit Clarice, en faisant quelques pas vers lui. «As-tu déjà pensé à ce que Kieran ressentirait si quelque chose t'arrivait ?»
« Assez !» craqua Severus, frappant ses paumes sur son bureau. Il remarqua que Clarice tressaillit presque imperceptiblement et fit un petit pas en arrière. «Si tu te sens si peu en sécurité ici, comme tu le prétends, tu es plus que bienvenu pour partir. Harry reste, que cela te plaise ou non.»
Pendant un instant, Clarice sembla sous le choc. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais elle la referma une seconde plus tard, semblant se décider à ne pas le faire. Au lieu de cela, elle soupira et fit un signe de tête brusque aux mots de Severus.
Severus la regarda d'un air aiguisé. «C'est ma maison. Tu ferais bien de t'en souvenir.»
Avec un bref regard sur l'horloge de sa cheminée, Severus réalisa qu'il était temps de déjeuner. Et comme il avait complètement terminé cette conversation, Severus sortit de son bureau sans un regard en arrière et se dirigea vers la cuisine.
Le déjeuner fut une affaire plutôt tendue, même si Kieran ne semblait pas s'en soucier davantage. Apparemment, le garçon n'était pas conscient de la tension entre ses parents ou alors il l'ignorait tout simplement car il décida de raconter à Severus tout ce qu'il avait fait ces derniers jours. Severus finit par n'écouter que la moitié de tout cela, son principal centre d'intérêt étant Harry
Severus remarqua que le garçon recommençait à picorer sa nourriture avec un profond froncement de sourcils, prenant quelques bouchées ici et là mais sans vraiment sembler avoir d'appétit.
Peut-être était-il simplement fatigué ? Il était encore en convalescence après tout...
Puis Severus repensa à ce qui s'était passé plus tôt, à la joie qu'avait eue Harry lorsque Severus lui avait donné sa nouvelle chambre. Ce n'était pas l'intention de Severus de gâter le garçon mais encore une fois, peut-être qu'Harry méritait-il d'être gâté pour une fois. La façon dont les yeux de son fils s'illuminaient et son sourire qui pouvait illuminer toute une pièce en valait largement la peine. Severus espérait voir cette expression plus souvent à partir de maintenant.
Mais pour l'instant, elle contrastait tellement avec l'apparence actuelle du garçon. Harry était sûrement troublé par quelque chose. Mais qu'est-ce qui avait changé entre hier et aujourd'hui ? Comment le garçon était-il passé de content à déprimé en l'espace d'une heure ? Alors que Severus étudiait discrètement son fils, il se demanda pourquoi Harry faisait parfois des allers et retours entre lui et Clarice avant de ramener hâtivement son regard dans son assiette. Déterminé à comprendre ce brusque changement de comportement, Severus décida alors de parler au garçon plus tard, espérant que Harry lui révélerait ce qui le préoccupait.
«Puis-je être excusé, monsieur ?» demanda doucement Harry, en posant sa fourchette. «Je ne pense pas que je puisse encore manger…»
Severus supposa qu'il pouvait l'autoriser juste cette fois. Il devra s'assurer que le garçon mange plus pendant le dîner.
«Oui, tu peux, après avoir bu le reste de ton jus de citrouille,» dit Severus. Une potion nutritive y avait été mélangée par les elfes de la maison ce matin, selon les instructions de Severus. Le garçon était beaucoup trop maigre et avait certainement besoin de tous les nutriments nécessaires.
Harry obéit sans mot, vidant le reste de son gobelet avant de quitter silencieusement la pièce.
Quelques heures plus tard, Harry se reposait sur son lit, regardant fixement le haut de son lit à baldaquin. La conversation entre son père et la mère de Kieran se jouait encore dans son esprit. Son cœur s'était réchauffé en entendant son père le défendre mais il ne pouvait pas non plus s'empêcher de voir la vérité dans les déclarations de cette dernière. Au moins, il pouvait maintenant comprendre pourquoi la femme semblait le détester autant. On savait à quel point il était dangereux pour tous ceux qui l'entouraient, il suffisait de regarder toutes les personnes qui avaient été blessées à cause de lui. Harry était un aimant à problèmes et il ne pouvait pas leur reprocher de ne pas vouloir de lui dans leur entourage.
Et Harry ne voulait certainement pas causer plus de problèmes à son père qu'il n'en avait déjà car cet homme avait fait plus pour lui que quiconque auparavant. Son père lui avait acheté de nouveaux vêtements et des fournitures scolaires et lui avait même donné une nouvelle chambre en plus de cela. Tout ça, Rogue n'avait pas eu à le faire mais il l'avait quand même fait.
Je ne le mérite pas...
Tout ce qu'Harry avait fait, c'était lui causer plus de difficultés.
Et peut-être que Rogue voulait fonder une famille avec la mère de Kieran- Harry était-il dans ses pattes ? On aurait dit qu'ils s'aimaient bien pendant le périple au chemin de Traverse. Il se rappelait à quel point les trois avaient l'air d'une vraie famille.
Et je ne suis que le fardeau encore une fois...
Harry soupira, secouant la tête, essayant de détourner son train de pensées de la voie déprimante sur laquelle il se dirigeait.
En regardant vers son bureau le courrier de ses amis, Harry se souvint qu'il devait encore y répondre. Il se glissa de son lit et s'assit à son bureau, ramassant sa plume d'oie et cherchant une feuille de parchemin vierge. Pendant un long moment, il la fixa simplement, se demandant comment il devait commencer. Il n'était pas sûr de savoir comment leur dire mais surtout il redoutait leurs réactions. Pour Hermione, Harry pouvait percevoir une certaine compréhension, mais Ron pouvait être assez têtu par moments. Harry se souvenait de la dispute qu'ils avaient eue en quatrième année et du temps que celle-ci avait duré. Ron voudra-t-il toujours être son ami après avoir appris la vérité sur le fait qu'Harry était le fils de Rogue ?
«Hey Potter- »
Harry se retourna dans sa chaise, juste à temps pour voir Kieran tomber en arrière et atterrir sans cérémonie sur son dos avec un oof surpris.
Il se demanda ce qui venait de se passer. Il n'y avait rien dans l'embrasure de la porte qu'Harry pouvait voir ; c'était comme si Kieran avait foncé dans les airs.
Kieran se leva et tendit une main, comme s'il cherchait à sentir une entrée secrète dans la pièce.
C'était comme si un mur invisible avait été placé sur le seuil de sa porte et en regardant de près, Harry pouvait maintenant distinguer ce qui semblait être une sorte de rideau chatoyant et translucide. C'était presque imperceptible s'il ne regardait pas assez attentivement. Kieran ne tarda pas à poser les deux mains sur la barrière et à claquer ses paumes contre elle, comme s'il pensait que le rideau allait se briser s'il frappait assez fort.
«Mais qu'est-ce que- »
«Kieran, qu'est-ce que tu fais ?»
Kieran s'arrêta immédiatement se tournant vers le son de la voix distincte de leur père qui traversait le couloir.
«Je me demandais juste pourquoi je ne pouvais pas entrer dans la chambre de Potter,» dit Kieran alors que Rogue s'approchait.
Son père leva un sourcil et, sans un mot, entra directement dans la chambre d'Harry, sans être gêné par la barrière qui empêchait Kieran de faire de même. Kieran en fut surpris et essaya de le suivre, mais ne put entrer.
«C'est protégé,» dit simplement Rogue, en souriant à l'expression confuse de Kieran.
«Pourquoi ?»
«Je crois que c'est assez évident,» dit son père. «Maintenant que vos chambres sont assez proches les unes des autres, je ne veux pas que tu déranges Harry pendant qu'il se rétablit.»
Harry était heureux que son père ait mis en place des protections pour empêcher Kieran d'entrer, sachant que Kieran lui rendait souvent visite juste pour l'ennuyer chaque fois qu'il le pouvait. Il ne voulait certainement pas avoir à faire face à ça tous les jours.
Kieran apparut offensé. «Je ne le dérange pas,» dit-il avec indignation, en croisant les bras.
«Vraiment ?» Rogue continua. «Alors pourquoi veux-tu entrer dans la chambre d'Harry ?»
«Je voulais juste voir sa nouvelle chambre,» dit innocemment Kieran en haussant les épaules.
«Tu as une vue tout à fait adéquate depuis le couloir,» dit son père d'un ton sec.
Kieran se mit à souffler, pressant à nouveau une main contre les protections. «Papa - » il commença à protester, mais Rogue lui coupa rapidement la parole.
«Il se fait tard, je te suggère de retourner dans ta propre chambre, Kieran.»
«Mais- »
«Vas-y,» lui dit son père avec sévérité.
Pendant un moment, Kieran resta, fixant Rogue avec défi jusqu'à ce qu'il ne puisse plus retenir le regard intense de son père
«Bien,» murmura-t-il, en se retournant et en se précipitant dans le couloir.
Une fois qu'ils ne parvinrent plus à entendre Kieran, Rogue tourna son attention vers Harry.
«Est-ce que ça va ?» lui demanda son père, se dirigeant vers lui, ses yeux noirs l'étudiant.
Harry fit un signe de tête, un peu mal à l'aise sous l'examen.
«Tu n'as pas beaucoup mangé,» dit Rogue, appuyé contre le cadre du lit d'Harry.
Harry haussa les épaules. «Je n'avais pas vraiment faim.»
«Tu te sens mal ?» demanda son père, en plaçant doucement une main chaude sur le front d'Harry, un soupçon d'inquiétude se dessinant sur ses traits.
«Je vais bien,» répondit Harry, surpris par ce geste.
Son père acquiesça, puis il sortit un pot de pommade pourpre d'une des poches de sa robe, que Madame Pomfrey lui avait donné ce matin.
«Enlève ta chemise et allonge-toi sur le ventre,» dit Rogue. «Je dois appliquer ce baume sur les cicatrices de ton dos.»
Harry fit ce qu'on lui avait dit, frissonnant légèrement en remontant sa chemise sur sa tête. Puis il s'allongea sur son lit et posa sa tête sur ses bras pliés, en se tournant pour pouvoir encore voir son père pendant l'application du baume.
«Les cicatrices guérissent bien,» murmura Rogue au-dessus de lui, ses doigts frottant doucement la pommade sur son dos. Harry pouvait sentir un picotement froid à l'endroit où la pommade faisait sa magie.
Une fois que son père eut fini d'appliquer la pommade, Harry remit sa chemise et s'assit en s'appuyant sur la tête de lit.
Rogue s'assit sur la chaise de bureau d'Harry. «Maintenant, je suis sûr que le professeur Dumbledore t'a informé des leçons de défense supplémentaires que tu auras avec moi, cependant, étant donné que tu dois encore récupérer et reprendre des forces avant de pouvoir commencer à utiliser la magie, je suggère que nous commencions tes leçons de potions en attendant.»
Harry avait presque oublié ces leçons et ne put s'empêcher de se sentir un peu anxieux à leur sujet. La dernière fois qu'il avait eu une leçon avec Rogue, l'homme l'avait haï. Harry n'était pas encore sûr de son aptitude à préparer des potions mais après avoir étudié et approfondi le sujet cet été, il s'était rendu compte que son enthousiasme pour le sujet avait définitivement augmenté par rapport à avant. Au moins ici, Harry n'aurait pas à s'inquiéter que quelqu'un jette des choses dans son chaudron quand il aura le dos tourné.
«Quelque chose te tracasse,» dit soudain son père, ce qui fit sortir Harry de ses pensées et le prit au dépourvu. «Qu'est-ce qui se passe, Harry ?»
«Euh... rien, je vais bien,» dit Harry, se déplaçant un peu inconfortablement, sentant les yeux sombres de son père le regarder. Ce n'était pas une bonne idée de dire à Rogue qu'il avait écouté sa conversation privée avec Clarice. Et ses autres craintes n'étaient rien qu'il ne puisse gérer lui-même.
Rogue fronça les sourcils, semblant peu convaincu. «Tu es sûr ?»
«Oui,» répondit Harry.
Son père poussa un léger soupir avant de dire, «Très bien. As-tu besoin d'une potion de sommeil sans rêve pour cette nuit ?»
«Je pense que je peux m'en passer,» dit Harry, plus sûr de lui qu'il ne l'était.
Rogue le regarda longuement avant de hocher la tête. «N'hésite pas à venir me voir si tu as besoin de quelque chose, Harry,» lui dit son père en se levant et en remettant la chaise de bureau en place.
«Oui, monsieur,» dit Harry en lui adressant un petit sourire. Il ne pouvait pas vraiment décrire les sentiments qui le traversaient en ce moment. Il n'avait jamais eu personne qui puisse détecter si quelque chose le préoccupait et qui se souciait assez de lui pour le demander, à part Ron et Hermione.
Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, Kieran le fixait du regard, comme d'habitude.
«Ce n'est pas juste !» se plaint Kieran à Rogue. «Pourquoi je ne peux pas participer à la leçon de potions aussi ?»
«Je te l'ai déjà dit,» dit son père avec impatience. «La potion que nous préparons aujourd'hui est trop avancée pour ton niveau de compétence.»
«Mais tu sais que je suis doué pour les potions !»
«C'est une potion que je t'apprendrai quand tu seras en cinquième année.»
«Tu peux m'apprendre maintenant !» dit Kieran. «Je peux le faire !»
«Ça suffit, Kieran,» dit fermement Rogue. «Nous avons fini de discuter de ça. Je te suggère de commencer tes devoirs d'été, et j'espère que tu ne vas pas paresser.»
Son père se tourna alors vers Harry. «Viens, Harry,» dit-il avant de quitter la pièce.
Kieran n'en dit pas plus, adressant à Harry une expression hargneuse très semblable à celle de Rogue, tandis qu'Harry s'apprêtait à suivre son père.
Une fois arrivés au laboratoire de potions de Rogue, Harry prit une profonde respiration, espérant calmer ses nerfs. Il voulait bien faire et montrer à son père qu'il était capable de préparer une potion avec succès, ce qu'il n'avait jamais eu l'occasion de faire dans les cours de potion.
En regardant tous les outils et ingrédients disposés sur la table, Harry réalisa qu'ils allaient préparer le philtre Calmant.
«Cette leçon sera centrée sur la potion Calmante,» déclara son père, en se glissant facilement derrière sa voix de professeur. «Je crois que tu connais déjà ce breuvage puisqu'il a déjà été traité en cinquième année ?»
Après le hochement de tête d'Harry, Rogue poursuivit, «Peux-tu me dire quels sont les trois principaux ingrédients de cette potion ?»
«Euh... de la menthe poivrée, des brins de lavande et... un coeur de crocodile,» répondit Harry. *merci à harrypotterfandom ;p*
Son père fit un signe de tête. «C'est exact.»
Après quelques séries de questions sur les propriétés des ingrédients, son père le laissa commencer la potion. Alors qu'Harry broyait les brins de lavande, il remarqua que Rogue semblait préparer la même potion à côté de lui, avec trois chaudrons qui bouillonnaient simultanément. Son père travaillait sur les trois, passant d'un chaudron à l'autre en remuant, en ajoutant des ingrédients et en récitant des sorts avec une vitesse, une précision et une concentration si parfaites qu'Harry en fut impressionné. Il ne pensait pas être capable de faire ça avec des potions, même s'il y travaillait pendant un millier d'années. Harry pouvait à peine gérer un chaudron à la fois alors encore moins trois à la fois.
«Harry.»
Harry se figea, son couteau planant de la menthe poivrée qu'il découpait, s'attendant à ce que l'homme commence à le critiquer comme il le faisait si souvent en classe. À sa grande surprise, son père commença à le corriger patiemment à la place.
«Pour que la potion conserve sa puissance maximale, les ingrédients doivent être préparés correctement. Coupe les racines en dés de taille égale,» dit Rogue, montrant la bonne technique, avec des mouvements doux et précis.
«Comme ça ?» demanda Harry, faisant de son mieux pour imiter la technique de son père. Il constata que cette méthode permettait de couper les feuilles plus facilement et de façon uniforme.
«Précisément,» dit Rogue, les coins de sa bouche se soulevant légèrement, avant qu'il ne retourne à ses chaudrons bouillonnants.
Harry sourit en terminant avec les racines. Au fil de la leçon, la tension qu'il avait ressentie auparavant, ainsi que son anxiété, semblaient s'être considérablement atténuées maintenant qu'il savait que Rogue n'était pas sur le point de le dénigrer brusquement. Il ne faisait aucun doute que son père était très compétent et passionné par ce sujet et Harry se rendit compte que l'homme pouvait faire un bon professeur s'il ne crachait pas tout le temps sur les élèves en classe. Bien qu'Harry puisse comprendre la rigueur avec laquelle Rogue supervisait ses cours, une petite erreur commise par un élève négligent pouvait provoquer une explosion, pouvant conduire à des conséquences mortelles.
Il s'était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'avait pas remarqué qu'il était sur le point de sauter une étape importante. Alors qu'Harry s'apprêtait à déposer la lavande dans son chaudron, une voix acérée l'effraya et il recula violemment lorsqu'il vit une main levée à sa périphérie.
Et tout à coup, le laboratoire de potions disparut, remplacé par la cuisine moldue et immaculée des Dursley et par les bruyantes insultes de l'oncle Vernon qui résonnaient à ses oreilles. L'homme planait au-dessus de lui de manière menaçante, serrant une ceinture de cuir dans sa main charnue prête à frapper sa cible. Harry ferma les yeux et recula, levant les bras pour tenter de se protéger, attendant le coup inévitable... mais il ne vint jamais.
Harry cligna des yeux, baissant lentement les bras. La pièce était redevenue le laboratoire de Rogue et Harry réalisa qu'il était tombé par terre. Il leva les yeux et vit son père, la main toujours levée, qui regardait Harry d'un air choqué.
«Je ne te frapperais jamais,» lui dit doucement son père, en baissant lentement la main. Il y avait un soupçon de tristesse dans ses yeux sombres.
«Désolé, c'était juste un réflexe,» dit Harry d'un ton lamentable, rougissant un peu alors qu'il se relevait rapidement et redressait son tabouret tombé. «Je sais que vous ne me feriez jamais de mal.»
Il se réprimanda d'avoir réagi de façon excessive. Bien sûr qu'il savait que son père ne lui ferait jamais de mal.
Son père soupira et murmura sous son souffle quelque chose qui ressemblait à méprisables moldus, avant que l'homme ne se calme et ne fasse un geste vers le chaudron d'Harry.
«Te rends-tu compte que si tu avais ajouté la lavande avant la menthe poivrée, la lavande aurait provoquée une réaction chimique assez puissante sans la menthe poivrée pour la neutraliser ?» demanda Rogue avec fermeté.
Le cœur d'Harry sombra. « Désolé monsieur, j'ai été distrait,» dit-il doucement, sans regarder son père. Il n'y avait sûrement aucune chance que Rogue le laisse entrer dans sa classe de A.S.P.I.C. maintenant.
Un moment plus tard, une main atterrit légèrement sur son épaule et Harry, hésitant, leva les yeux pour rencontrer ceux de son père.
«Eh bien, il n'y a pas de mal cette fois-ci,» dit Rogue calmement, surprenant Harry. «Peut-être devrais-tu faire plus attention à ce que tu fais.»
Harry s'arrêta de justesse de le dévisager. Pourquoi Rogue ne le réprimandait-il pas pour son imprudence ? Pourquoi l'homme était-il si calme alors qu'Harry avait presque fait sauter son chaudron ?
«Continue ta potion,» lui dit son père, en retournant à son poste.
Harry fit un signe de tête et se tourna vers son chaudron. Il essaya de chasser cette mésaventure de son esprit et s'assura de ne pas laisser ses pensées vagabonder cette fois-ci.
Le reste de la leçon se termina en douceur et une fois qu'Harry eut terminé sa potion, il regarda nerveusement, se mordant la lèvre et remuant distraitement un fil de son pantalon pendant que son père prenait un remueur et examinait attentivement le mélange. Il se sentait un peu plus confiant dans sa création qu'il ne l'était habituellement en cours de potion, mais il savait que Rogue était très difficile à satisfaire. Harry trouvait que sa potion avait l'air d'être de la bonne couleur... mais avait-elle la bonne consistance... ou qu'en était-il de la-
Rogue déposa le mélangeur et Harry retint son souffle, en attendant le verdict.
«Bravo, Harry,» dit Rogue, un rare regard satisfait traversant les traits de son père. «Ta potion est d'une qualité presque parfaite.»
Il fallut un certain temps pour que les mots de son père s'inscrivent pleinement dans son esprit, et quand ils le firent enfin, Harry sentit cette chaleur inhabituelle dans sa poitrine.
Il ne put s'empêcher de sourire en disant, «Merci, monsieur.»
Au cours des jours suivants, Harry s'installa vite dans une routine. Chaque jour, après le petit déjeuner, il suivait une leçon de potions avec son père jusqu'au déjeuner. Rogue couvrait désormais la préparation de potions plus élaborées auxquelles Harry allait se consacrer au cours de sa sixième année, et son père l'autorisait même à l'aider à préparer des potions pour l'infirmerie. Harry attendait maintenant avec impatience ces leçons tous les matins. Il découvrit que c'était une activité plutôt relaxante et c'était aussi agréable de passer du temps avec son père, même s'ils ne faisaient que brasser ensemble en silence.
Le reste de la journée, Harry passait le temps dans sa chambre, loin de Kieran et de sa mère. Heureusement, Kieran l'ignorait la plupart du temps, ce dont Harry était reconnaissant, en raison des protections que son père avait installées sur sa porte. À certains moments, Kieran essayait de le provoquer mais Harry détournait le regard, ne répondant pas à son appât. Parfois, de sa fenêtre, Harry voyait Rogue et Kieran voler ensemble à l'extérieur tandis que Clarice observait du sol. Harry n'était pas autorisé à voler avant d'avoir suffisamment récupéré et d'avoir pris un peu de poids mais il ne pouvait s'empêcher d'éprouver un sentiment de nostalgie chaque fois qu'il les voyait. Il se forçait à détourner le regard et à se recentrer sur le livre qu'il avait devant lui.
Son père lui avait donné quelques livres intéressants de la bibliothèque et Harry ne pouvait pas s'empêcher de veiller tard et de les lire. Si Hermione était là, elle serait très impressionnée de voir tout ce qu'Harry avait étudié cet été et tout ce qu'il avait appris. Et après de nombreuses heures passées à réfléchir à la manière de répondre aux lettres de ses amis, Harry avait enfin répondu. Il s'était assuré de leur faire savoir qu'il allait bien après avoir révélé la nouvelle. Maintenant, il attendait juste leurs réponses, légèrement anxieux.
Ses cauchemars étaient également revenus, mais il trouvait qu'ils n'étaient pas si terribles. Il pouvait généralement se réveiller avant qu'il ne commence à crier et à réveiller tout le manoir. En journée il se trouvait épuisé mais son esprit ne lui accordait pas le repos dont son corps avait besoin. Harry ne voulait pas demander à son père une potion de sommeil sans rêve car il savait qu'il ne pouvait pas compter sur la potion toutes les nuits. C'était juste quelque chose qu'il devait gérer lui-même, comme il l'avait toujours fait. Il n'y avait pas de quoi inquiéter son père.
Une nuit, cependant, Harry se réveilla en sursaut, le souffle coupé. Le cauchemar était encore vif dans son esprit alors qu'il inspirait profondément, essayant d'empêcher son coeur qui battait rapidement de sortir de sa poitrine. Il repoussa les draps et se glissa lentement hors du lit, réalisant qu'il était couvert de sueurs froides et qu'il devait aller se changer.
Il n'avait absolument pas l'intention de se rendormir de sitôt, même s'il n'était que deux heures du matin.
Voulant prendre quelques livres supplémentaires à la bibliothèque pour se changer les idées, Harry se dirigeait lentement sur la pointe des pieds à travers le manoir. En passant devant la chambre de son père, Harry ressentit un besoin inexplicable de réveiller l'homme et de lui raconter son cauchemar. Il ne comprenait pas d'où ça venait et avant qu'il ne le sache, sa main était déjà en poing, à un pouce de la porte de son père...
Alors qu'il s'apprêtait à frapper, Harry se figea.
Que faisait-il ?
C'était juste un autre cauchemar idiot...
Rogue n'apprécierait sûrement pas d'être réveillé au milieu de la nuit parce qu'Harry avait fait un cauchemar stupide.
En secouant la tête, Harry s'empressa de s'éloigner de la porte et continua en silence son chemin vers la bibliothèque.
