NOTE: Alors... ça fait longtemps... un peu plus de 6 mois...

Tout d'abord, bonne année avec plusieurs mois de retard ! J'espère que malgré tout ce qui se passe, vous allez bien et que vos proches aussi. Du moins aussi bien que vous le pouvez !

La raison de ma disparition une fois de plus ? Tout simplement la vie... les études... ma santé personnelle mentale et physique *rien à voir avec vous-savez-quoi* les allers-retours à l'hôpital etc...

Je me sens un peu mieux maintenant et je reçois de nouvelles notifications ici et là de personnes qui attendent le prochain chapitre, alors je me suis dit, allons-y.

Je ne vais pas faire l'erreur de vous dire que je vais revenir en force en ce qui concerne la publication mais vous pouvez être sûrs que je vais finir la traduction ! Pas d'inquiétude et bonne lecture !

#STOPASIANHATES #BLACKLIVESMATTER

•o.O•..•••..•• •..•••..••O.o•

Des rayons de soleil affluèrent sur les côtés des rideaux tirés, créant des traînées pâles sur le sol lorsqu'Harry se réveilla le lendemain matin. Il se retourna, vérifiant l'heure sur sa table de nuit - il était onze heures et demie. En sursaut, Harry se leva et jeta un coup d'œil dans la chambre, presque incapable de croire qu'il avait dormi jusqu'à cette heure. C'était sans aucun doute le réveil le plus tardif depuis son arrivée au manoir Prince, mais il ne devrait pas être surpris- il était épuisé après toutes ces nuits blanches et son père avait dû lui donner une dose plus importante de Sommeil sans rêve.

En tirant les couvertures vers l'arrière, Harry balança ses jambes par-dessus le bord du lit et se mit debout, étendant ses bras au-dessus de sa tête jusqu'à ce qu'il entende un pop satisfaisant. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où il s'était senti aussi bien reposé. C'était comme s'il pouvait faire des tours interminables autour du manoir ou faire une randonnée sur une haute montagne ou un autre exploit brillant.

Harry passa une main dans ses cheveux ébouriffés, se dirigeant vers la fenêtre. Il poussa les rideaux ouverts, louchant lorsque la lumière aveuglante du soleil l'aveugla alors qu'elle se répandait dans la pièce. Lorsque ses yeux s'adaptèrent, Harry s'installa dans l'alcôve de la fenêtre, levant les genoux et enroulant ses bras autour d'eux tout en regardant par la fenêtre. C'était une belle journée- le soleil brillait avec éclat dans un ciel bleu sans nuages et quelques oiseaux passaient de temps en temps, entonnant leurs chants les uns aux autres. Alors qu'il s'appuya contre la vitre fraîche, un sentiment de contentement plutôt étranger s'installa en lui, une différence bienvenue au vue de ces derniers jours.

Lorsque son estomac grogna assez fort, lui rappelant qu'il avait manqué le dîner d'hier et le petit déjeuner de ce matin, Harry se leva, prit quelques vêtements dans son placard et alla s'habiller.

Alors qu'il s'apprêtait à descendre, Harry jeta un coup d'œil par la fenêtre et remarqua que son père était dans le jardin botanique, semblant inspecter une plante à l'aspect plutôt vicieuse qui semblait pouvoir vous arracher le bras si vous vous approchiez trop près. Il trouvait que Rogue avait l'air un peu bizarre, vêtu de sa redingote noire habituelle avec ses boutons infinis et son pantalon noir, entouré par un jardin plein de plantes colorées. Harry se demandait comment son père ne souffrait pas de coup de chaleur en portant tout ce noir pendant l'été. Mais encore une fois, il n'avait, semble-t-il, jamais vu son père porter autre chose depuis qu'il était venu séjourner ici. Rogue avait-il même d'autres vêtements dans sa garde-robe ?

Alors que son père se dirigeait vers le manoir, il leva les yeux, aperçut Harry à la fenêtre et leva un sourcil vers lui. Harry lui fit un petit sourire et le regarda disparaître, ses paroles de la veille lui revenant

Tu n'es pas et tu ne seras jamais un fardeau pour moi... Tu es mon fils, Harry... Ta place est ici et absolument rien ne changera cela.

Ça lui insuffla une chaleur à la poitrine qui rivalisait avec celle du soleil.

Harry s'était même jeté sur Rogue et son père ne l'avait pas repoussé par dégoût. Il était choquant de constater que Rogue l'avait en fait tenu dans ses bras, alors qu'Harry avait failli le tuer quelques instants auparavant. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où quelqu'un l'avait serré dans ses bras comme ça. Bien sûr, Mme Weasley l'avait réconforté à l'infirmerie après la troisième tâche en quatrième année et ses amis se jetaient parfois sur lui mais c'était tout simplement différent.

Lorsqu'une autre protestation grondante vint de son estomac vide, Harry s'éloigna de la fenêtre et se regarda brièvement dans le miroir avant de sortir de sa chambre.

Son père était déjà assis à la table, un journal de potions dans une main et une tasse de café dans l'autre. Dès que Rogue remarqua la présence d'Harry, il posa le livre.

«Je me demandais si tu allais aussi dormir pendant le déjeuner,» dit-il, ses yeux noirs observant brièvement Harry une fois de plus. «Comment te sens-tu, Harry ?»

«Bien reposé pour une fois,» répondit Harry avec un petit sourire en se glissant sur son siège à la table.

Comme d'habitude, le déjeuner apparut dès qu'il s'assit et Harry eut un peu l'eau à la bouche lorsque les merveilleux parfums le frappèrent, se sentant tout à coup affamé.

Il régnait un calme paisible autour d'eux pendant qu'ils prenaient leur repas, et Harry trouvait cela plutôt agréable, même si c'était un peu étrange de ne pas entendre Kieran bavarder de l'autre côté de la table.

«Est-ce que Kieran et sa mère sont vraiment partis ?» demanda Harry, après avoir avalé une bouchée de pâtes.

«Hier,» confirma Rogue, sans lever les yeux du journal.

«Je suis désolé que vous n'ayez pas pu aller avec eux…» dit Harry, se souvenant de la conversation d'hier dans cette même pièce.

«Ne le sois pas,» dit son père avec fermeté, en fermant le livre d'un claquement sec. «Qu'elle le veuille ou non, j'ai deux fils, pas un seul. Elle n'a aucun droit de me dire ce que je dois faire à ton égard.»

Harry sourit faiblement, sentant cette chaleur s'épanouir à nouveau dans sa poitrine.

«Et je peux t'assurer que je n'avais guère envie de les rejoindre.» Rogue se rassit alors sur sa chaise et tourna la tête pour regarder vers les grandes fenêtres où s'infiltraient les rayons du soleil. «Étant donné que c'est une journée plutôt agréable, peut-être aimerais-tu aller voler ?»

«Je peux ?» demanda Harry, en essayant de ne pas paraître trop impatient mais il fut incapable de supprimer le sourire plein d'espoir qui se dessinait sur son visage. «Mais je croyais que je n'avais pas le droit ?»

«C'est ta dernière dose de potions nutritives,» dit Rogue, en faisant un geste vers le gobelet de jus de citrouille d'Harry. «Et après avoir passé tant de temps dans le laboratoire récemment, je crois qu'un peu d'air frais serait bénéfique.»

«Génial !» sourit Harry, un élan d'excitation le parcourant à l'idée de se remettre enfin sur son balai.

Les commissures des lèvres de son père se soulevèrent brièvement, avant qu'il ne redevienne sérieux, ses bras se repliant sur la table. «Il est cependant impératif que tu restes dans les limites de la propriété,» dit-il sévèrement. «Je ne veux pas risquer que le Seigneur des Ténèbres et ses partisans te trouvent.»

Harry fit un signe de tête, saisit son gobelet et avala le reste de son jus.

Il était impatient de reprendre son balai, n'ayant pas utilisé son Eclair de Feu depuis le dernier match de Quidditch, avant qu'il ne soit confisqué par Ombrage. Au cours des dernières semaines, Harry avait vu son père voler avec Kieran depuis sa fenêtre, les regardant faire la course ou se lancer un Souaffle. Il n'avait pas pu s'empêcher de sentir la jalousie monter en lui avant qu'il ne se force à regarder ailleurs. Mais malgré tout, Harry n'avait jamais cessé de se demander ce que c'était que de passer du temps avec un parent de cette manière là.

Rogue serait-il prêt à faire la même chose avec lui ? Devait-il simplement demander ?

Harry se mordit la lèvre, faisant de petits trous dans les pâtes qui lui restaient avec sa fourchette.

Son père avait probablement des choses plus importantes à faire... Harry savait que Rogue était plutôt occupé ces derniers temps, préparant des potions pour l'infirmerie et rédigeant ses plans de cours. Il n'aurait sûrement pas de temps à perdre-

«Quelque chose te préoccupe, Harry ?»

Harry sursauta, levant les yeux pour voir son père le regarder avec un sourcil légèrement levé. C'était l'occasion propice on dirait bien.

«Euh... Voulez-vous venir voler avec moi, monsieur ?» demanda Harry avec hésitation, et quand Rogue ne répondit pas immédiatement, il ajouta rapidement, «Mais je comprends parfaitement si vous êtes trop occupé…»

«Va chercher ton balai,» lui dit son père en lui faisant signe de partir, «Je te rejoins dehors.»

«Oui, monsieur,» dit Harry avec un sourire excité alors qu'il se levait de la table pour aller chercher son balai.

Une douce brise chaude ébouriffa les cheveux d'Harry alors qu'il se dirigeait vers le jardin arrière, son Eclair de Feu serré dans sa main. Le soleil tapait sur lui mais la chaleur n'était pas aussi forte que ce qu'il avait imaginé. Lorsqu'il s'éloigna suffisamment du manoir, Harry se positionna sur son balai, prenant une grande respiration avant de s'élancer du sol et de s'envoler. Cette sensation de liberté et de légèreté associée au vol lui avait manqué. Cela ne manquait jamais de lui remonter le moral, lui permettant d'oublier momentanément tous ses malheurs et ses soucis.

En aplatissant son corps contre son balai, Harry traversa le jardin à toute allure, plongeant, vrillant et tournant en spirale, tandis que le vent d'été lui fouettait les cheveux et lui piquait le visage. Il veilla à ne pas aller trop haut, ne sachant pas jusqu'à quelle hauteur les protections allaient mais il veillait aussi à avoir suffisamment de hauteur pour pouvoir exécuter tout ses tours sans craindre de s'écraser au sol. Il venait de se mettre en palier après un autre plongeon abrupt lorsqu'il remarqua Rogue qui se tenait près de l'entrée du jardin de potions et qui semblait l'observer. Harry fronça les sourcils lorsqu'il remarqua l'air renfrogné de son père et sa prise tendue sur son balai.

Il se demanda pourquoi et son estomac se noua soudainement.

Est-ce que j'ai des ennuis ? Ai-je fait quelque chose de mal sans le réaliser ?

Il pensait avoir fait attention à rester dans les limites...

Au moment où Harry allait faire sa descente, Rogue monta sur son balai et vola à côté de lui. Ses traits semblaient déjà s'être adoucis par rapport à la situation précédente et Harry était sur le point de poser des questions à ce sujet avant que son père intervienne en premier.

«Et si on faisait une petite course, toi et moi ?»

«Quoi ?» laissa échapper Harry, un peu pris au dépourvu. Il ne s'attendait pas à ce que son père dise ça.

Rogue souleva un sourcil, un soupçon de sourire sur son visage et dit, «Peur d'un petit défi ?»

Harry cligna des yeux, fixant son père pendant un court instant avant qu'il ne se secoue, la bouche s'étirant en un sourire. «Bien sûr que non, je me demandais juste si vous l'étiez.»

«Très bien alors,» dit Rogue, en tournant son balai en direction du manoir. «Le premier qui fait le tour du manoir et revient, gagne.»

«C'est parti,» dit Harry, en alignant son balai avec celui de son père.

«A trois,» annonça Rogue et Harry serra son balai plus fort, sentant une poussée d'adrénaline monter en lui.

«Un…» son père commença lentement et avant qu'Harry ne puisse réaliser ce qui se passait, Rogue se retourna pour lui faire un sourire malicieux, puis s'éloigna après un « trois» rapidement murmuré

«Hey !» Harry fut presque repoussé par le vent que le départ de son père provoqua avant de reprendre ses esprits et de s'envoler à sa poursuite.

C'était de la triche-


Harry rattrapa son retard assez facilement; le balai de son père n'étant pas à la hauteur de son Eclair de feu. Il lui sourit en retour avant de s'aplatir davantage sur son balai et de s'élancer en avant. En regardant par-dessus son épaule, Harry ne put s'empêcher de rire lorsqu'il vit son père se renfrogner et faire semblant de le fixer du regard, bien qu'il y ait de l'amusement dans ses yeux sombres.

Son fils avait un talent pour le vol, Severus pouvait l'admettre, alors qu'il planait sur son balai, regardant Harry continuer à s'envoler dans les airs.

Ils volaient autour du manoir depuis un certain temps déjà et Severus avait tenté de battre le garçon au moins une fois dans une course, tout en sachant que son balai n'avait pas la moindre chance face au balai de course de grande qualité d'Harry. Une fois, il était passé très près mais il se demandait si ce n'était pas juste Harry qui avait eu pitié de lui. Finalement, il admit à contrecœur sa défaite et observa maintenant son fils effectuer des manœuvres plus audacieuses. Même si Harry allait souvent beaucoup trop vite au goût de Severus, au moins son fils semblait contrôler le balai avec facilité.

Severus avait d'abord aperçu Harry depuis les grandes fenêtres de son bureau, alors que son fils se promenait à toute vitesse dans la propriété, effectuant des prouesses aériennes à une vitesse folle. Il ne pouvait pas comprendre ce qui lui était arrivé car il avait, soudainement, saisi immédiatement son balai et s'était précipité dehors, sur le point d'appeler son fils pour lui demander de ralentir par Merlin mais il avait décidé de ne pas le faire lorsqu'il avait aperçu sur le visage d'Harry une expression de pur contentement et de joie. C'était certainement la plus grande insouciance qu'il ait vue de lui depuis que le garçon était arrivé au manoir et Severus se rendit compte qu'il n'avait pas le coeur de le réprimander. Il aimerait maintenir cette expression sur les traits d'Harry aussi longtemps que possible après tout ce que son fils avait traversé récemment.

Bien que Severus ait perdu le compte des nombreuses fois où son coeur sauta dans sa poitrine en regardant Harry plonger vers le sol, à quelques centimètres de s'écraser sur la terre avant que son fils ne parvienne à tirer gracieusement son balai et à le mettre à niveau. Severus avait instinctivement gardé une main sur sa baguette, un charme amortissant sur le bout de sa langue au cas où. Il avait pensé à lancer le sort sur tout le jardin mais même ainsi, cela n'aiderait pas à réduire l'impact si Harry allait aussi vite.

Kieran n'était pas aussi audacieux qu'Harry sur un balai, et Severus lui en était immensément reconnaissant - il ne pensait pas que son cœur pourrait résister à tous les revers et renversements si ses deux fils possédaient ce côté téméraire. Il risquait d'être terrassé par une crise cardiaque avant même d'atteindre la quarantaine.

Après quelques instants d'observation, Severus s'envola vers son jardin de potions et atterrit. Il avait prévu de vérifier son jardin botanique et recueillir quelques ingrédients. Il ne restait plus qu'à brasser quelques lots supplémentaires et Severus en aurait enfin fini avec le réapprovisionnement de l'infirmerie pour le prochain trimestre.

Il était en train d'inspecter une plante lorsqu'il entendit le bruit de chaussures crissant doucement sur l'herbe derrière lui.

«Ce sont des plantes d'ellébore, monsieur ?»

Severus se retourna au son de la voix d'Harry. Son fils semblait un peu essoufflé, les yeux brillants et les cheveux balayés par le vent, son balai serré dans ses mains.

«C'est le cas,» répondit Severus, impressionné qu'Harry l'ait reconnue. Habituellement, ses étudiants ne pouvaient identifier les ingrédients qu'après les avoir préparés en vue de leurs utilisations. Severus s'agenouilla à côté de la plante et fit un geste pour qu'Harry fasse de même. «Ces feuilles sont prêtes à être récoltées et un sirop peut être extrait des fleurs.»

Harry posa son balai puis s'agenouilla à côté de lui. «C'est pour le philtre de Paix, n'est-ce pas ?»

«Oui.» hocha Severus.

«Comment allez-vous extraire le sirop ?» demanda son fils, en regardant avec curiosité la fleur fermée.

«Comme ça.» Severus caressa doucement le dessous d'une pétale avec un doigt ganté pendant quelques instants jusqu'à ce que la fleur s'ouvre lentement, révélant une goutte de sirop d'un bleu chatoyant qui reposait sur le bout de la pétale. Il sortit ensuite une fiole d'une des nombreuses poches de sa robe et y recueillit la goutte.

«Puis-je essayer ?» demanda Harry au bout d'un moment.

«Bien sûr.» Severus envoya d'un geste leurs deux balais à leur place et invoqua une autre paire de gants. Il remit les gants à Harry et lui expliqua la bonne façon d'ouvrir la fleur et de ramasser les feuilles.

«Est-ce que je le fais bien ? Elle ne s'ouvre pas…» dit Harry, en fronçant les sourcils à la fleur qu'il essayait de convaincre de s'ouvrir depuis cinq minutes

«Continue d'essayer, elle finira par s'ouvrir. Certaines sont plus têtues que d'autres,» dit Severus.

Harry hocha la tête, un regard déterminé traversant ses traits. Et c'était des moments comme celui-ci qui rappelaient à Severus à quel point Lily vivait toujours à travers leur fils. En y repensant, c'étaient toujours ses expressions qui apparaissaient sur le visage d'Harry. La façon dont ses sourcils se fronçaient en pleine concentration ou l'habitude de se mordre la lèvre lorsqu'il était nerveux- c'était tout Lily. Severus l'avait également vue au laboratoire dans ces brefs moments où les lèvres de son fils se recourbaient dans ce même doux sourire, ses yeux d'émeraude rayonnaient après avoir réussi à préparer une potion parfaite.

«Enfin ! Il en a fallu du temps,» murmura Harry alors que les pétales commençaient à s'ouvrir lentement. Il se retourna pour regarder Severus avec un sourire satisfait et Severus approuva de la tête, lui remettant le flacon pour recueillir le sirop.

Au moins, Harry n'était pas devenu frustré ou découragé comme Kieran l'avait été lorsqu'il avait demandé à aider dans le jardin auparavant. Kieran s'ennuyait et se désintéressait assez vite et c'est là que ses deux fils étaient différents, selon Severus. Il avait l'impression que Kieran essayait simplement de lui faire plaisir, plutôt que de s'intéresser réellement au sujet. Cependant, lorsque Kieran se mettait au travail, le garçon produisait généralement des potions plutôt décentes. Il était au-dessus de la moyenne par rapport aux étudiants à la tête épaisse à qui il enseignait chaque année.

Severus demanda à Harry de collecter les autres plantes d'ellébore pendant qu'il se concentrait sur la neutralisation des choux Chinois qui croquaient encore cruellement des carottes qu'il avait laissées pour eux.

Une fois qu'ils eurent recueilli tout ce dont Severus avait besoin, ils se rendirent au laboratoire de potions avec des paniers remplis d'ingrédients. Une fois que tous les ingrédients fraîchement cueillis furent mis dans des bocaux, Severus donna un coup de baguette magique et tous les bocaux s'organisèrent sur les étagères.

«Va prendre une douche puis tu pourras faire une pause avant le dîner,» dit Severus à Harry alors qu'il commençait à aménager son espace de travail, avec l'intention de préparer une petite quantité de philtre de Paix avant le dîner.

Harry fit un signe de tête et se mit en route mais il s'arrêta juste avant la porte. Il se retourna, les yeux verts brillants et un petit sourire sur son visage.

«Merci d'avoir volé avec moi aujourd'hui, monsieur.»


Cette nuit-là Harry était recroquevillé sur le canapé, se détendant avec un livre de charmes ouvert sur ses genoux même s'il ne le lisait pas. Ses pensées étaient ailleurs alors qu'il regardait par la fenêtre observant, à la place, les minuscules étoiles brillantes.

Il ne pouvait pas s'empêcher de rejouer les activités de la journée. Aujourd'hui était probablement l'un des meilleurs jours qu'il avait eut depuis longtemps. C'était incroyable d'avoir pu voler avec son père et de l'avoir aider à collecter des ingrédients de potions. Harry n'avait jamais réalisé la diversité des potions et c'était intéressant d'apprendre les différentes manières de récolter certains ingrédients.

C'était peut-être ça de passer du temps avec un parent…

Un coup à sa porte tira Harry de ses pensées et il se tourna pour voir Rogue entrer.

«C'est un essai bien écrit, Harry,» dit son père en posant le parchemin enroulé sur le bureau d'Harry.

«Vraiment ?» dit Harry avec un doux sourire, toujours peu habitué aux éloges. «Merci, monsieur.»

Cet essai était le dernier qu'Harry avait besoin de terminer avant le début de l'année et il l'avait reporté parce que son père se trouvait être le professeur qui enseignait la matière et qu'il voulait donc bien le faire.

«Que lis-tu ?» demanda Rogue, jetant un oeil au livre sur les genoux d'Harry.

«Oh, c'est juste un livre sur les charmes que j'ai trouvé dans la bibliothèque,» répondit Harry en fermant le livre et en le mettant de côté. «C'est plutôt intéressant- je ne savais pas qu'il y avait autant de charmes qui nous permettait de nous cacher…»

Il s'interrompit quand il leva les yeux et vit son père lui lancer un regard singulier, une lueur dans les yeux qu'Harry ne pouvait pas déchiffrer, avant de fixer le livre.

«Ta mère m'a donné ce livre. Cette matière l'avait toujours fascinée,» dit son père d'un ton doux, s'arrêtant un bref instant avant de continuer. «En fait, la première fois qu'elle a essayé de jeter un glamour en troisième année, elle s'est retrouvée sans sourcils pendant une semaine.»

«Vraiment?» Harry fixa le livre comme s'il le voyait pour la première fois. Sa poitrine palpita en entendant cette petite information sur sa mère et un désir soudain d'en savoir plus l'emplit. Il ne savait vraiment pas grand-chose sur sa mère, à part qu'elle était une sorcière exceptionnellement aimable et douée et qu'il avait hérité de ses yeux. Tout le monde semblait toujours parler de James…

«Pouvez-vous m'en dire plus sur elle ?» demanda-t-il, en jetant un regard en arrière sur son père. «Je ne sais pas grand-chose sur elle…»

Rogue ne répondit pas pendant plusieurs minutes et alors qu'Harry était sur le point de se rétracter, son père se retourna et sortit brusquement de la pièce. Harry le regarda fixement, confus, mais au bout de quelques minutes, son père revint avec une vieille boîte rectangulaire noire, à peine plus grande que la longueur de sa main. Rogue fit le tour du canapé et s'assit à côté d'Harry, installant la boîte sur ses genoux. Une épaisse couche de poussière recouvrait le dessus, comme si elle avait été oubliée sur une étagère pendant une longue période. Harry put à peine distinguer quelque chose de gravé sur le coin du couvercle- Lily.

Harry se rapprocha de son père, le coeur lui sautant à la gorge alors qu'il regardait curieusement dans la boîte. A l'intérieur se trouvaient quelques photos et une petite collection de choses aléatoires qui n'auraient peut-être pas eu beaucoup de sens s'il ne savait pas qu'elles étaient d'une manière ou d'une autre associées à sa mère.

«Je ne les ai pas regardées depuis des années,» murmura son père, en sortant une photo avec deux personnages qui bougeaient dessus.

Il remit la photo à Harry qui la prit lentement, les yeux s'élargissant alors qu'il regardait une jeune fille et un jeune garçon, assis les jambes croisées sous un grand chêne dans ce qui semblait être un jardin moldu. Les lèvres de la jeune fille se plissèrent en un petit sourire lorsqu'elle regarda le garçon à côté d'elle, qui avait la tête penchée sur un livre ouvert sur ses genoux, un rideau de cheveux noirs dissimulant partiellement son visage. La poitrine d'Harry se resserra et il avala fortement lorsque la fille se tourna vers la caméra et lui fit un signe joyeux, une main essayant de glisser quelques mèches de cheveux roux éclatants derrière ses oreilles alors qu'une douce brise les lui taquinait dans les yeux.

«Cette photo a été prise avant notre première année à Poudlard,» dit son père à voix basse.

«Quand vous êtes-vous rencontrés ?» demanda Harry, ses yeux continuant à s'abreuver de l'image pendant qu'elle se rejouait.

«Nous étions voisins depuis notre enfance,» lui dit Rogue. «C'est moi qui lui ai dit qu'elle était une sorcière, ce qu'elle prit d'abord comme une insulte.» Harry fit un petit sourire et le regarda. Il y avait un regard distant dans les yeux sombres de son père, qui poursuivait, «Elle était capable de planer sur des balançoires après avoir sauté de très haut et d'animer des fleurs dans la paume de sa main.»

Puis Rogue secoua la tête et son expression s'assombrit légèrement. «Bien sûr, Pétunia était très contrariée de ne pas pouvoir faire de même et elle commença à envier les capacités de Lily. Elle avait même écrit une lettre à Dumbledore une fois, lui demandant si elle pouvait aller à Poudlard avec sa soeur.»

Harry cligna des yeux, sa mâchoire faillit s'effondrer sur le sol. « Elle voulait aller à Poudlard ?» demanda-t-il, pas tout à fait convaincu d'une telle chose... Pétunia haïssait complètement la magie et tout ce qui s'y rapportait. Elle et Vernon avaient piqué une crise chaque fois qu'Harry faisait un peu de magie accidentelle quand il était petit. Il était inconcevable de penser qu'il y ait jamais eu un moment où Pétunia voulait réellement être magique.

«Elle a cependant changé d'avis le jour où Lily devait partir, affirmant que Lily était anormale et la traitant à plusieurs reprises de monstre

Harry fronça les sourcils, sachant ce que sa mère avait dû ressentir. «Elle l'a vraiment appelée comme ça ?»

Son père acquiesça, un regard sombre et méprisant croisa ses traits en marmonnant, «Certaines choses ne changent jamais, semble-t-il.»

Harry ne pouvait pas être plus d'accord avec cela. Il regarda à nouveau la photo et demanda, «Où était-ce ?»

«Dans le jardin de ses parents,» dit doucement Rogue, un regard affectueux apparaissant brièvement sur ses traits. «C'étaient les plus gentils Moldus que j'ai jamais rencontrés ; j'étais toujours le bienvenu dans leur maison.»

«Que leur est-il arrivé ?» demanda Harry doucement. «Tante Pétunia n'a jamais parlé d'eux auparavant.»

En fait, il ne se souvenait même pas qu'elle en ait parlé, pas même à Dudley. Il se demanda brièvement ce que cela aurait été si ses grands-parents l'avaient élevé à la place des Dudley. Ils semblaient avoir accepté le fait qu'il y avait une sorcière dans la famille.

«Je ne suis pas certain, cependant, je crois qu'ils sont décédés avant ta naissance,» répondit solennellement Rogue.

«Oh,» chuchota Harry, puis il leva les yeux vers son père. «Et tes parents ?»

Les traits de Rogue s'assombrirent. « Ils n'auraient jamais pu arriver à leurs niveaux.»

Harry aurait pu jurer avoir entendu une amertume sous-jacente dans le ton de son père et se posa des questions à ce sujet, mais il ne demanda pas alors que l'homme sortit deux autres photos de la boîte.

L'une était un polaroid représentant des versions adolescentes de ses parents. Ils étaient installés sous un grand arbre avec le lac noir et Poudlard en arrière-plan. C'était le même endroit sous lequel Harry s'était souvent assis pour faire ses devoirs ou étudier avec Ron et Hermione. Sur la photo, Lily poussait le bras de Rogue de temps en temps, essayant d'attirer son attention pendant qu'elle souriait à la caméra. Rogue la regardait brièvement d'un air renfrogné avant de se détourner, le nez encore une fois enfoui dans un livre.

«Je n'ai jamais aimé me faire prendre en photo,» dit son père. «Lily avait charmé ce satané appareil photo pour nous suivre ce jour-là, en essayant de prendre une bonne photo.»

Il remit l'autre photo à Harry. «C'était la seule fois où je lui avais permis de prendre une photo correcte.»

Harry regarda les deux adolescents qui se tenaient maintenant l'un à côté de l'autre. Rogue se tenait un peu mal à l'aise, les lèvres s'agitant en un sourire légèrement inconfortable. Tandis que Lily souriait avec éclat et ses yeux verts brillaient d'une joie évidente, son bras bougeant pour s'enrouler autour de Rogue alors qu'elle se penchait confortablement sur son côté.

En bas de la photo, il y avait des mots écrits d'une écriture soignée et bouclée, presque comme celle d'Hermione.

J'adore cette photo de nous, Sev !

Harry sourit doucement, traçant les mots encrés avec son doigt, pensant que seule sa mère aurait pu s'en sortir en appelant Rogue, Sev.

Après avoir replacé les photos dans la boîte, Harry remarqua un petit morceau de parchemin enroulé. Il le sortit de la boîte et le déroula avec précaution. Il semblait s'agir d'un dessin de quelqu'un en train de brasser sur une table de travail. Des lignes ondulantes qui, selon Harry représentaient les vapeurs de la potion, étaient tracées s'élevant lentement des chaudrons bouillonnants. En y regardant de plus près, Harry reconnut Rogue comme étant le modèle du dessin, bien qu'il s'agisse d'un dessin assez grossier de la réalité.

«Elle avait fait ce dessin de moi en quatrième année,» dit son père, les lèvres légèrement retroussées. «Je crois qu'elle a peut-être involontairement exagéré un de mes traits défavorables.»

Harry fit un doux gloussement, réalisant que sa mère avait en effet dessiné le nez de Rogue plus grand que la normale.

Son père souleva alors doucement ce qui ressemblait à une boule à neige moldue du coin de la boîte et le remit à Harry, qui le tint avec précaution. Il avait vu tante Pétunia exhiber plusieurs de ces bibelots sur le manteau au-dessus de la cheminée pendant les vacances mais contrairement à son homologue moldu, cette boule de neige ne semblait pas avoir besoin d'être secouée pour que la neige continue à tomber. Il y avait deux enfants à l'intérieur, qui tiraient continuellement un traîneau jusqu'au sommet d'une colline assez raide et qui glissaient ensuite ensemble.

«C'est ta mère qui a fait ça,» lui dit son père avec révérence. «Elle me l'a offert pour Noël en troisième année.»

«Wow,» souffla Harry, émerveillé par cette magie. «C'est toi et maman là-dedans ?»

«C'est ça,» dit Rogue en hochant la tête. «Elle était très douée pour les charmes.»

«C'est brillant,» chuchota Harry en regardant ses parents descendre la colline en luge. Il pouvait voir des sourires sur leurs visages alors qu'ils glissaient rapidement sur la pente. Il avait l'impression qu'il aurait pu les regarder pendant des heures mais après quelques minutes à regarder la boule à neige, Harry la replaça doucement dans la boîte.

Le dernier objet était un ruban turquoise qui avait été caché dans le coin par la boule à neige.

«Elle avait toujours les cheveux attachés avec un ruban pendant les cours de potion. Ça la rendait folle chaque fois que les vapeurs les frisaient» dit son père.

Harry frotta le tissu lisse entre son index et son pouce, en essayant d'imaginer sa mère en train d'attacher ses cheveux avec ce ruban.

«Lily avait un talent naturel pour les potions,» poursuivit Rogue. «Elle était toujours la meilleure de la classe.»

«Vraiment ?» Harry fut un peu surpris et également heureux d'apprendre cette nouvelle information. Il sourit de travers à son père. «Elle faisait mieux que vous ?»

Il y avait un petit sourire sur les traits habituellement stoïques de Rogue. «C'était toujours entre nous deux que la lutte pour la première place se déroulait.»

«Je suppose que je n'ai pas vraiment hérité de ce talent,» dit doucement Harry, en baissant les yeux vers le ruban dans sa main.

«Tu as fait des progrès considérables dans nos leçons de potion récemment,» dit son père, une faible note de fierté dans sa voix.

Harry fit un petit sourire. «Je trouve ça plus intéressant ces derniers temps. C'est un peu comme la cuisine je suppose mais en plus précis et dangereux.»

«En effet,» dit Rogue.

Ils restèrent silencieux pendant un moment, tandis qu'Harry remettait le ruban dans la boîte et retournait son regard vers les photos de sa mère qui lui souriait à nouveau.

Depuis qu'il avait reçu cette lettre de sa mère, Harry se demandait comment sa mère et Rogue s'étaient mis ensemble mais maintenant ça semblait plutôt évident. Ils se connaissaient depuis qu'ils étaient jeunes et la façon dont son père parlait d'elle... et la façon dont elle avait écrit à son sujet dans la lettre... Harry imagina brièvement ce que cela aurait été s'il avait grandi avec elle et Rogue, et une vague soudaine de chagrin s'empara de lui.

«J'aurais voulu la connaître,» chuchota Harry, la poitrine incroyablement serrée. «Le seul souvenir que j'ai d'elle, c'est quand elle a été assassinée…»

Si seulement Trelawney n'avait pas fait cette stupide prophétie... Il haïssait Voldemort encore plus maintenant - non pas pour l'avoir marqué mais pour avoir enlevé sa mère avant même qu'il ait eu la chance de la connaître. Harry donnerait n'importe quoi pour avoir un seul souvenir heureux de sa mère. Tout ce dont il se souvenait, c'était de ses cris et de ses supplications pour épargner sa vie.

Rogue sembla se raidir et ne répondit pas pendant un moment jusqu'à ce qu'Harry sente une main chaude sur son genou.

«J'aimerais bien aussi,» murmura son père, ses yeux sombres plus brillants que d'habitude. «Tu aurais connu son tempérament de feu et son instinct surprotecteur face à toutes ces situations dangereuses que tu as vécus au fils des ans.» Les commissures de ses lèvres frémirent un peu, avant qu'il ne pousse un triste soupir. «Elle ne t'aurais jamais quitté des yeux.»

Harry ne put s'empêcher de sourire.

«Tu me fais tellement penser à elle,» dit Rogue doucement, après une longue pause. «Tu lui ressembles plus que tu ne le crois, Harry.»

D'une certaine manière, la poitrine d'Harry sembla se resserrer encore plus face à ces mots.

«Aimez-vous encore…» commença Harry mais il s'arrêta, baissant les yeux et se mordant l'intérieur de la joue. Il ne savait pas ce qui l'obligeait à demander mais le souvenir de son père, Clarice, et de Kieran au chemin de Traverse lui traversa alors l'esprit. Il ressentait juste le besoin de savoir... Ils avaient l'air de se plaire... Et Harry ne savait pas depuis combien de temps son père connaissait Clarice mais il supposait qu'ils se connaissaient depuis longtemps aussi, vu qu'ils avaient eu Kieran ensemble...

«Expecto Patronum.»

Harry releva la tête quand une lumière argentée jaillit du bout de la baguette de son père, illuminant toute la pièce au point de la rendre presque aveuglante. Il plissa les yeux vers elle jusqu'à ce qu'elle prenne une forme, se transformant en une biche argentée et brillante qui galopait gracieusement autour de la pièce avant de s'arrêter juste devant lui. Il regarda dans ces yeux translucides, éprouvant un étrange sentiment familier envers la créature argentée qui la fixait en retour.

«Elle est magnifique,» murmura Harry, s'avançant tandis que la biche baissait la tête et se blottissait contre sa main.

«C'était celle de ta mère,» dit doucement son père, les yeux noirs brillants. C'était comme regarder un ciel nocturne plein d'étoiles.

Harry sentit une bosse se former dans sa gorge, sa poitrine lui faisait mal alors qu'il s'appuyait légèrement contre son père.

Voilà pourquoi il avait l'impression que le Patronus lui était familier. C'était comme si elle était toujours là, à veiller sur eux. N'avait-t-il pas lu quelque part qu'il était rare que deux personnes aient le même Patronus... Elle devait être son plus beau souvenir...

Harry sentit un bras fort s'enrouler autour de son épaule, le rapprochant doucement de son côté.

Ils observèrent en silence la biche qui parut approuver de la tête puis elle se retourna et partit au galop par la fenêtre, s'évanouissant dans l'obscurité étoilée.

«Vous deviez vraiment l'aimer…» chuchota Harry. C'était à peine audible et pourtant Rogue semblait l'avoir entendu.

«A jamais,» dit son père, son emprise se resserrant autour d'Harry. Et après un moment de pause, il murmura, «Encore plus, sachant qu'elle m'a donné toi.»

Harry fit un sourire larmoyant et se pencha plus profondément dans l'étreinte, la poitrine serrée mais son coeur parut planer à l'intérieur.


Severus était installé dans une chaise à côté du lit d'Harry, écoutant la respiration régulière de son fils après l'avoir brièvement aidé à s'organiser et à se vider l'esprit. Il avait initialement prévu de commencer les leçons d'Occlumencie d'Harry ce soir mais après la dernière heure, ses propres émotions étaient dans un état désordonné.

Il soupira fortement en se penchant en avant, posant ses coudes sur ses genoux et enfouissant son visage dans ses mains - il n'avait pas prévu de se remémorer ce soir, ayant enfermé ces souvenirs il y a si longtemps.

J'aurais voulu la connaître, avait dit Harry.

Le cœur de Severus se serra inconfortablement - leur fils ne saura jamais à quel point Lily était pleine de vie, ni la joie qu'elle pouvait répandre autour d'elle. Harry ne pourra jamais entendre le doux rire de Lily ou voir son sourire éclatant qui pouvait éclairer une pièce pleine de ténèbres. Et après tout ce qu'Harry avait traversé au fil des ans, de ces maudits Moldus et du Seigneur des Ténèbres, Severus savait que Lily se serait battue bec et ongles pour protéger leur fils si elle avait été là. Elle aurait maudit Pétunia et son ignoble baleine de mari pour la façon dont ils avaient traité Harry. Et Lily n'aurait pas hésité à maudire également Severus pour avoir été si cruel envers leur fils ces dernières années.

Après s'être frotté les yeux, Severus se pencha en arrière sur sa chaise, jetant un coup d'oeil à la boîte contenant les biens de Lily qu'il avait placée sur la table de nuit d'Harry à côté d'un livre à la couverture rouge foncé. Il y avait quelque chose qui en ressortait et qui attira l'attention de Severus. Lorsqu'il ouvrit le livre, ce qu'il vit à l'intérieur lui fit perdre son souffle.

C'était un album de photos mais les images affichées sur la première page étaient des photos de Lily et de bébé Harry ainsi que de lui-même.

Severus regarda les photos, prenant une respiration légèrement tremblante tout en observant les interactions des personnes qui y figuraient.

Toutes les personnes présentes sur ces photos semblaient si... heureuses.

Il tenait Harry dans un rocking chair alors qu'ils dormaient tous les deux profondément... Il faisait rebondir Harry sur ses genoux tandis que le bébé gloussait joyeusement... Dans une autre, il faisait des mouvements ridicules avec la cuillère alors qu'il essayait de nourrir Harry assis sur une chaise haute.

C'était comme s'il regardait une autre version de lui-même...

Puis ça le frappa- la lettre de Lily... et la fiole de...

Il ne les avait pas encore regardés - il était temps qu'il le fasse.

Remettant l'album sur la table de nuit et jetant un dernier regard à Harry pour s'assurer que son fils dormait paisiblement, Severus partit et se rendit rapidement dans son bureau. D'un coup de baguette magique, il ouvrit les tiroirs et retira soigneusement la fiole de souvenirs tourbillonnants et blancs qu'il avait laissée là.

Après avoir récupéré sa Pensine dans l'armoire près de son bureau, Severus déboucha la fiole et y déposa lentement le contenu argenté, qui tourbillonnait et brillait.

Il fixa le bassin pendant un moment, ressentant une certaine appréhension face à ce dont il allait être témoin.

Prenant une profonde inspiration et ne voulant pas prolonger davantage cette expérience, Severus se pencha en avant mais avant qu'il ne puisse entrer en contact avec la substance argentée, une alarme signalant un appel de Cheminette retentit.

«Severus ?» C'était la voix de Poppy, qui semblait un peu essoufflée et affolée. «Severus, es-tu là ?»

Severus se redressa et fit quelques pas vers la cheminée. «Qu'y a-t-il, Poppy ?»

«Oh, Severus !» s'exclama-t-elle en le voyant. «Quelque chose est arrivé à Albus, j'ai besoin de ton aide. S'il te plaît, viens vite.»