Que puis-je dire...la vie est imprévisible depuis quelques temps et ça pour tout le monde. Donc désolé pour la lenteur des publications...et merci pour votre patience!

Note: Pendant que je traduisais ce chapitre, j'écoutait dans mon speaker la douce voix magnifique d'Ailee, une chanteuse coréenne. Je me suis dis que c'était une bonne idée de vous partager ça, sachant que sa voix colle parfaitement à mon mood pendant cette traduction. :)

Prenez soin de vous et bonne lecture!

#STOPASIANHATES #BLACKLIVESMATTER

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Harry trouva plutôt étrange d'être accueilli par une pièce vide lorsqu'il arriva au petit déjeuner le lendemain matin. Il avait pris l'habitude de voir son père déjà assis à table, sirotant une tasse de café noir et feuilletant un journal de potions ou le Daily Prophet. Rogue n'avait jamais manqué un repas, et il n'avait pas non plus laissé Harry en manquer un, à part celui d'hier.

Peut-être était-il occupé à faire des potions ?

C'était une possibilité ; son père aurait pu perdre la notion du temps en se concentrant sur une potion importante.

Décidant de vérifier, Harry descendit au laboratoire, mais à son arrivée, il trouva la pièce sombre et inhabitée. Harry retourna à l'étage et décida d'aller voir dans le bureau de son père, ouvrant lentement la porte lorsqu'il ne reçut aucune réponse après avoir frappé quelques coups. Le bureau était vide également et les rideaux étaient toujours tirés. Alors que Harry se retournait pour partir, une tache de lumière tremblotante qui scintillait au-dessus du bureau de son père attira son attention.

Curieusement, il s'en approcha, reconnaissant la source de lumière comme étant une Pensine, plus petite et moins embellie que celle dans le bureau de Dumbledore, avec seulement quelques runes et symboles gravés sur les bords. Harry se demandait pourquoi son père semblait l'avoir laissée traîner, la situation lui rappelant fortement l'époque de sa cinquième année. Il y jeta un regard prudent, observant la substance blanche argentée qui tourbillonnait sans cesse dans le bassin. De très brèves bribes de souvenirs défilèrent, trop rapidement pour que Harry puisse les comprendre. La plupart d'entre eux semblaient contenir un homme, une femme et un bébé...

Puis le tourbillon s'arrêta soudainement, et une seule scène fut mise en valeur. Harry se retrouva face à ce qui semblait être un long couloir où la lumière du soleil pénétrait par les grandes fenêtres et où des colonnes imposantes se dressaient le long des murs de pierre.

Assis dans une alcôve isolée, presque caché par un pilier, se trouvait un garçon penché sur un livre, ses cheveux noirs cachant une partie de son visage. Une fille fit le tour du coin un instant plus tard, se dirigeant vers le garçon, la lumière du soleil brillant sur ses cheveux roux foncés.

Harry inclina la tête, se penchant plus près...

Est-ce que c'était...

Quelque chose se passa dans son esprit, et Harry se redressa rapidement, juste avant que le bout de son nez n'entre en contact avec la scène intrigante qui se déroulait sous ses yeux. Il fit quelques pas en arrière, prenant conscience des battements de son cœur qui tambourinaient dans ses oreilles. La dernière fois qu'il s'était trouvé dans la même situation, Harry avait découvert l'un des souvenirs privés de son père, ce qui avait provoqué la colère de Rogue et la projection d'un lourd bocal de cafards morts dans sa direction, manquant de peu sa tête. Même si Rogue était introuvable pour le moment, Harry n'avait aucune envie de reproduire l'incident de l'année dernière.

Sans un autre regard en arrière, Harry tourna les talons et quitta le bureau, essayant de chasser de son esprit la Pensine et sa curiosité croissante.

Après avoir vérifié la chambre de son père et apparemment tout le manoir (intérieur et extérieur), Harry se retrouva dans la cuisine, la confusion se mêlant à l'inquiétude maintenant qu'il était certain que Rogue était parti. La première pensée qui lui traversa l'esprit fut celle d'une convocation de Voldemort, mais Harry se rappela rapidement que son père n'était plus un espion, et fut immensément soulagé de ne pas avoir à envisager cette possibilité.

Peut-être que Dumbledore l'avait convoqué et qu'il était à Poudlard ?

Mais alors pourquoi son père ne lui avait rien dit ? Harry n'avait vu aucune note ou autre chose lui indiquant où Rogue était allé... et ce n'était pas le genre de son père de partir sans prévenir. A moins qu'il ne soit parti précipitamment...

"Mimkey ?" appela Harry.

Un instant plus tard, l'elfe de maison apparut à côté de lui. "Est-ce que le jeune maître a besoin de quelque chose de la part de Mimkey ?"

"Sais-tu où se trouve mon père ?"

"Oh, oui", grinça l'elfe. "Maître Rogue a été appelé ailleurs par Madame Pomfresh."

"Il a été appelé ailleurs ?" répéta Harry en fronçant les sourcils. "Tu sais pourquoi ?"

Mimkey secoua la tête, ses oreilles se balançant d'un côté à l'autre. "Mimkey est seulement chargé par Maître Rogue de surveiller le jeune maître pendant son absence."

"Depuis combien de temps est-il parti ?"

"Depuis hier soir, monsieur."

Son père était parti toute la nuit et il n'était toujours pas rentré. Il s'est passé quelque chose ? Pourquoi Mme Pomfresh aurait-elle eu besoin de son père... à moins que quelqu'un soit blessé ? Elle avait peut-être besoin de lui pour préparer des potions ? Mais cette tâche ne prendrait pas toute la nuit, n'est-ce pas ?

Ses pensées furent interrompues lorsque Mimkey le poussa vers sa place à table. "Le jeune maître a encore besoin de prendre son petit-déjeuner."

"Sais-tu quand il sera de retour ?" demanda Harry après avoir obtempéré.

"Maître Rogue ne l'a pas dit, mais le jeune maître ne doit pas s'inquiéter, Maître Rogue sera bientôt de retour," dit Mimkey en lui tapotant le bras de façon réconfortante. "Le jeune maître a-t-il besoin d'autre chose de la part de Mimkey ?"

"Non, c'est tout. Merci, Mimkey", dit Harry en lui adressant un petit sourire.

Elle fit une courte révérence, puis disparut avec un léger bruit sec.

Harry soupira, regardant l'étalage de nourriture pour le petit déjeuner qui apparaissait sur la table devant lui. Alors qu'il essayait de remplir son assiette, Harry se dit qu'il était étrange de manger seul à une si grande table.

Après avoir réussi à finir un peu de porridge et quelques morceaux de bacon, Harry retourna dans sa chambre. Il fut accueilli par un harfang des neiges perché sur son bureau avec deux enveloppes brunes attachées à sa patte. Hedwige hulula et lui tendit la patte. Il aperçut l'écriture de Ron et Hermione et se demanda comment ses amis avaient pris la nouvelle. C'étaient les réponses qu'il attendait, mais pour l'instant, Harry ne serait pas mécontent de devoir attendre encore un peu.

"Merci, Hedwige" dit Harry en lui donnant une friandise pour chouette. Il passa une main sur ses plumes avant qu'elle ne s'envole pour se poser sur son perchoir dans le coin de sa chambre.

Harry reporta ensuite son attention sur les lettres brunes sur son bureau qui attendaient d'être lues. Prenant une profonde inspiration, et ne voulant pas prolonger le processus plus que nécessaire, Harry décida d'ouvrir la lettre d'Hermione en premier.

Cher Harry,

Oh mon Dieu, ça a dû être un sacré choc de découvrir que Rogue était ton père. Est-ce que tu vas vraiment bien ? Je dois avouer que j'ai été plutôt surprise en lisant comment Rogue te traitait. Difficile à imaginer venant de lui, mais je suis ravie que tu sois heureux dans cette nouvelle vie. C'est merveilleux que tu n'aies plus à vivre avec les Dursley.

Ron est devenu fou quand il a lu ta lettre. Il a même fait des plans ridicules pour essayer de te sauver, mais ne t'inquiète pas, Ginny et moi avons réussi à lui faire entendre raison.

Tu as fini tes devoirs d'été ? Eh bien, je suppose que l'un des avantages d'avoir un professeur comme père est qu'il peut les regarder pour toi. Tu as beaucoup de chance ! Tu dois avoir une quantité énorme de ressources à ta disposition ! Souviens-toi, il ne reste plus que deux semaines avant la reprise des cours.

J'espère que nous pourrons nous voir bientôt. On a tellement de choses à se dire.

Je t'aime,

Hermione

Harry gloussa et secoua la tête en finissant de lire la lettre. Bien sûr, Hermione serait obsédée par les devoirs d'été. Il se dit qu'elle semblait plutôt bien prendre la nouvelle. Après l'avoir relue une fois de plus, Harry posa la lettre et passa à celle de Ron. Il s'attendait déjà à ce que la réaction de Ron soit différente de celle d'Hermione.

Harry,

Si je comprends bien, ta mère t'a envoyé une lettre le jour de ton anniversaire pour te dire que Rogue était ton père ? Bon sang ! Elle était sérieuse ? C'est une sorte de blague ? Tu sais à quel point ça a l'air dingue ? Je veux dire, comment ça pourrait être possible ? Rogue te déteste et a toujours été un vrai connard avec toi ! Est-ce qu'il a séduit ta mère ou lui a fait boire un philtre d'amour ou autre chose ? Si ce n'est pas le cas, je me demande ce que ta mère lui trouvait. Est-ce que tu lui ressembles maintenant, nez crochu, cheveux gras, et tout ça ? Merlin, tu dois avoir la pire des chances.

Tu es sûr que tu vas bien ? Je sais que tu as dit dans ta lettre que tu allais bien, mais honnêtement, c'est de Rogue que tu parles. Est-ce qu'il te traite vraiment mieux ? Il ne te force pas à éviscérer des grenouilles ou à récurer des chaudrons toute la journée, si ? J'ai du mal à imaginer Rogue comme un père. Je suppose que je dois le voir pour le croire...

Il faut que tu viennes me voir bientôt. Tu peux peut-être demander à Rogue si tu peux venir ?

Bonne chance, mon pote.

Ron

Quand Harry termina sa lecture, il dut la relire à nouveau, juste pour être sûr de n'avoir rien manqué.

Eh bien... c'était certainement mieux que ce à quoi il s'attendait. Au moins, Ron n'avait pas renoncé immédiatement à leur amitié ou à quoi que ce soit de ce genre, même s'il aurait pu se passer des injures contre son père. Il n'y avait pas si longtemps, Harry aurait probablement été d'accord avec Ron, mais maintenant tout était juste...différent.

Harry poussa un soupir de soulagement, sachant que ses amis ne l'avaient pas complètement évincé après avoir appris la nouvelle.

Devait-il demander à Rogue s'il pouvait aller au Terrier ? Le laisserait-il y aller ?

S'il s'agissait des Dursley, il n'y aurait aucune raison de demander, mais c'était son père. Ce serait la première fois qu'Harry demanderait à ses parents s'il pouvait aller chez un ami, une chose si ordinaire qu'il n'aurait jamais pensé avoir l'occasion de la faire un jour.

Il n'avait pas vu ses amis depuis la fin du trimestre, et après tout ce qui s'était passé cet été, il avait encore beaucoup à leur dire. Harry savait que son apparence avait suffisamment changé pour qu'ils ne le reconnaissent pas, et il se demandait comment ils allaient réagir à cela. Fred et George ne l'avaient pas immédiatement reconnu jusqu'à ce qu'ils aient remarqué sa cicatrice.

Harry se rendit à sa malle et en sortit une plume et deux feuilles de parchemin vierges, puis il s'assit à son bureau. Il mâchonna distraitement la pointe de sa plume en essayant de formuler les réponses appropriées aux lettres de ses amis. Le temps qu'il termine, Mimkey le convia à déjeuner, et Harry réalisa que son père n'était toujours pas rentré. Les lettres avaient été une bonne distraction, mais il sentait revenir une partie de son inquiétude.

Après un déjeuner rapide, Harry choisit un livre dans la bibliothèque, puis se rendit dans le bureau de son père. Il se pelotonna sur le canapé, prévoyant d'y attendre le retour de son père. Il se plaça délibérément de manière à ne pas voir la Pensine sur le bureau de Rogue. Chaque fois que son esprit s'égarait vers ces souvenirs tournoyants derrière lui, Harry secouait la tête et repoussait résolument sa curiosité, recentrant son attention sur son livre.


Severus donna un vif coup de baguette, faisant léviter l'objet maudit hors de sa boîte. La lumière du soleil de l'après-midi se reflétait sur les surfaces de la bague en or qui tournait lentement dans l'air. Les yeux plissés, Severus étudia le petit symbole inconnu gravé sur la pierre. Il ne ressemblait à aucune rune que Severus avait déjà vu. Mais il savait que cette chose était maudite, c'était certain, par les ondes de magie noire qu'il pouvait sentir s'en dégager, et Severus se demandait à nouveau comment Dumbledore avait pu agir aussi bêtement. Un sorcier du calibre de Dumbledore aurait sûrement pu détecter la nature sinistre de l'anneau, et aurait pris soin de ne pas le toucher, sans parler de le mettre.

Il jeta un bref regard à l'homme en question, qui reposait dans l'un des lits de l'infirmerie, sa main bandée étant la seule trace de sa longue épreuve.

Il avait fallu beaucoup d'efforts à Severus et Poppy pour retirer l'objet du doigt de Dumbledore. L'anneau semblait avoir son propre esprit, mais ils avaient réussi à bloquer temporairement la magie noire et à le retirer. Les doigts et la main de Dumbledore avaient commencé à noircir rapidement et Severus s'était mis à marmonner toutes sortes d'incantations issues de sa connaissance des arts sombres pour tenter d'inverser le maléfice ou de ralentir sa progression. Heureusement, Severus avait réussi à contenir le maléfice juste en dessous des articulations de Dumbledore. Il s'était ensuite précipité vers son laboratoire dans les cachots pour préparer une potion complexe qui, il le savait, aiderait à purger complètement la magie noire de l'organisme de Dumbledore. Cette potion était l'une des plus sophistiquées et sa préparation et son administration se faisaient en plusieurs étapes. Dumbledore avait eu besoin de plusieurs doses de la potion, et lorsque Severus avait terminé d'administrer la dernière dose, il était déjà tard dans l'après-midi le jour suivant.

Du coin de l'œil, Severus vit Dumbledore s'agiter, les yeux s'ouvrir.

"Severus ? Dumbledore chuchota, le regarda avant de se fixer sur la bague, la mémoire vacillant dans ses yeux bleus.

"A quoi pensiez-vous, bon sang ?" exigea Severus, se retournant pour faire face au directeur. " Vous vous êtes sûrement rendu compte que l'anneau portait une malédiction, qu'est-ce qui vous a pris de le mettre ? "

Dumbledore grimaça et se redressa lentement. "J'ai... été un imbécile... vaincu par la tentation."

"La tentation ?" Severus répondit en fronçant les sourcils. "Pour quoi faire ?"

Il ne reçut pas de réponse de Dumbledore, et Poppy choisit ce moment pour sortir de son bureau. " J'apprécierais que vous ne harceliez pas mon patient, Severus ".

Severus se renfrogna, lui lançant un regard irrité qu'elle choisit d'ignorer pour se rendre au chevet de Dumbledore.

"Comment te sens-tu, Albus ? " demanda-t-elle en lui faisant un signe de sa baguette.

"Beaucoup mieux que dans mes derniers souvenirs. Merci Poppy", répond-il, le sourire habituel apparaissant sur ses vieux traits.

"Tu devrais vraiment remercier Severus", dit Poppy en lui tendant ses lunettes à monture en demi-lune. "J'étais perdue, je n'avais jamais rencontré une malédiction aussi sombre et dévastatrice. Severus a réussi à la contenir et à préparer les potions appropriées pour aider à la dissiper entièrement."

"Il semble que je vous doive à tous les deux une énorme gratitude", déclara Dumbledore en ajustant ses lunettes et en se tournant vers eux.

"Vous avez eu de la chance qu'Hagrid vous croise sur le chemin du retour au château, quelques minutes de plus et la malédiction aurait été irréversible". "L'anneau porte une malédiction d'une puissance extraordinaire, c'est un miracle que Poppy et moi ayons pu la contenir, sans parler de l'éliminer entièrement."

"Oui, très chanceux en effet", acquiesça Dumbledore en étudiant négligemment sa main bandée. "J'ai dû perdre connaissance à la fin de mon Apparition. C'est Hagrid qui m'a trouvé, vous dites ?"

"Oui, et grâce à Merlin, il revenait de Pré-au-Lard. Tu serais resté là pendant des heures avant que quelqu'un ne s'en rende compte", dit Poppy en invoquant un pot de pommade bleue. "Tu sembles bien te remettre. Cela aidera à soulager toute douleur résiduelle due à la malédiction. A part ça, ta main devrait être comme neuve d'ici quelques semaines."

Dumbledore accepta le bocal et le glissa dans une poche de robe colorée. "Je te remercie encore pour tes services, Poppy." Il se leva du lit, se tournant vers Severus, un sourire serein sur le visage tandis qu'il plaçait la boîte avec la bague dans son autre poche. "Si cela ne te dérange pas, Severus, j'aimerais avoir de la compagnie sur le chemin du retour à mon bureau."

Severus hocha la tête et suivit Dumbledore hors de l'infirmerie. Il se demandait si, pour une fois, il allait obtenir des réponses franches de la part du directeur. Mais il ne devait pas trop y compter, Dumbledore avait la fâcheuse habitude de rester vague. Ils marchèrent en silence dans les couloirs calmes jusqu'à ce qu'ils atteignent la gargouille de pierre. Dumbledore prononça une phrase moldue absurde pour entrer.

Fumseck les accueillit lorsqu'ils entrèrent dans le bureau du Directeur en faisant battre ses ailes vibrantes et en poussant des cris de joie.

Severus le regarda de travers et s'enfonça dans le fauteuil en face du bureau de Dumbledore, sentant son énergie s'épuiser et la fatigue s'installer au plus profond de ses os.

Il regarda Dumbledore prendre son temps pour ranger les parchemins et les livres éparpillés sur son bureau avant que le directeur ne prenne place et ne sorte la boîte contenant l'anneau maudit, la posant à côté de son bol de bonbons multicolores. Un regard étrange passa brièvement sur les vieux traits de Dumbledore tandis qu'il contemplait la bague, mais il disparut avant que Severus ait pu l'identifier. Il se demandait pourquoi cette bague maudite semblait si importante pour lui.

" Vous comptez l'exposer avec vos autres babioles ridicules ? ". Severus ricana, regardant avec dégoût les différentes pièces exposées dans le bureau.

Dumbledore leva les yeux et gloussa. "Non, il est bien plus important que les autres."

Severus haussa un sourcil pour demander à Dumbledore de développer, mais il poussa un soupir d'exaspération devant le silence du directeur. Il jeta un coup d'œil à la bague et demanda : "Quel est ce symbole gravé sur la pierre ?"

Dumbledore ne répondit pas tout de suite, il prit un moment pour choisir deux pastilles de citron et en fit tomber une dans sa bouche avant de répondre distraitement : "Une ancienne rune, peut-être."

Severus arqua un sourcil sceptique devant lui, peu convaincu. De toute évidence, le vieux schnock en savait plus qu'il ne le laissait entendre. "Comment avez-vous fait pour tomber sur cette chose ?"

"Beaucoup de recherches", dit simplement Dumbledore en joignant les mains. "Les pièces du puzzle s'assemblent très bien."

Severus retint son souffle. Pourquoi fallait-il s'arracher les dents pour obtenir des réponses claires de la part du vieil homme ?

Il s'apprêtait à poser d'autres questions sur le sujet, mais il fut interrompu lorsque Dumbledore leva sa main bandée. "Tout sera révélé en temps voulu, Severus."

Severus soupira, se pinçant l'arête du nez. "Pourquoi ne suis-je pas surpris ?", grommela-t-il. Bien sûr, Dumbledore était toujours aussi secret de nature. En temps normal, Severus aurait tenté d'insister davantage sur le sujet, mais en ce moment, il semblait manquer d'énergie pour le faire.

"Maintenant, à propos de la mission spéciale que Voldemort a confiée au jeune Malefoy ", commença Dumbledore après une courte pause, ce qui fit lever la tête de Severus au changement brusque de sujet.

Severus fit glisser une main sur son visage. "Une condamnation à mort, plutôt ", dit-il doucement, se souvenant de la conversation qu'il avait entendue. "Le Seigneur des Ténèbres punit Draco pour les échecs de Lucius."

Ce fut la dernière fois que Severus parla à Draco avant que sa couverture ne soit compromise, et le Seigneur des Ténèbres n'était pas content. Il aurait aimé pouvoir faire plus pour empêcher Draco de suivre les traces de Lucius. Même si Severus avait été nommé parrain par Lucius et Narcissa, il n'avait pu qu'observer de loin, gardant soigneusement sa couverture et se montrant indulgent envers le garçon comme le ferait un semblant de parrain. Il avait vu Draco passer d'un enfant innocent et brillant à un adolescent qui répétait sans réfléchir la propagande des Mangemorts.

Dumbledore inclina la tête et passa ses longs doigts sous son menton. "Oui, et un enfant effrayé est plus enclin à s'emporter en désespoir de cause."

"Draco essaie simplement de faire plaisir à son père en suivant ses traces." Severus se reposa sur sa chaise et soupira. "Je regrette de ne pas avoir pu faire plus pour empêcher cela."

"Peut-être que cette année, tu le pourras. Tu es son parrain-"

"-oui, mais maintenant que mes allégeances sont claires, il a probablement perdu toute confiance en moi."

" Tant pis, fais ce que tu peux et surveille-le de près " dit Dumbledore. "Pour son bien, ainsi que pour celui des autres élèves."

Severus acquiesça, même s'il ne croyait pas Draco capable de meurtre. Il savait que le garçon imitait son père presque jusqu'au point de non-retour, mais il savait aussi que Draco avait hérité de Narcissa, même si c'était enfoui profondément pour le moment. Severus espérait juste qu'il n'était pas trop inaccessible.

"Je ne doute pas que certains élèves seront mécontents de votre supposée trahison", commenta Dumbledore.

"C'est pourquoi je dois être prudent", répondit Severus, connaissant les élèves dont les parents sont des Mangemorts. "Surtout quand la véritable filiation d'Harry sera connue du public."

Cette année pourrait être la plus intéressante jusqu'à présent. Non pas que les dernières années ne l'aient pas été. Mais cette année,toutallait être différent. Ses véritables allégeances étaient révélées et il n'avait plus à travailler sous le déguisement d'un loyal Mangemort. Severus n'aurait pas un, mais deux fils sous sa responsabilité, qui entreraient à Poudlard le trimestre suivant. Il ne pouvait qu'imaginer les réactions du corps étudiant lorsqu'il serait publiquement connu qu'Harry Potterétait en fait son fils.

"Comment va-t-il, ces derniers temps ?" demanda Dumbledore après une brève pause.

Severus fixa le sol, son esprit passant d'une vision d'Harry confortablement installé à ses côtés à celle du garçon planant dans les airs sur son balai, une expression d'insouciance sur le visage. Puis ce fut le tour d'Harry sur le sol, se débattant contre des démons invisibles, ses yeux verts habituels s'illuminant d'un rouge sinistre, avant que Severus ne reçoive une décharge-

"Harry va... bien", commença doucement Severus en se massant le front. "Il se remet progressivement..." Il hésita un instant avant de poursuivre : "Cependant, il souffre de cauchemars assez violents... dont un récemment provoqué par le Seigneur des Ténèbres."

"Je vois", dit doucement Dumbledore, et quelque chose vacilla derrière ses yeux bleus, comme des nuages passant au-dessus du soleil. Il se pencha en avant sur sa chaise. "Cela se produit-il souvent ?"

Severus secoua la tête et dit : "Non, je n'ai été émoin que d'un seul incident de ce genre".

"Et en quoi consistait ce rêve, si je puis me permettre ?"

"Des visions de ses amis morts et... de moi-même, mourant" lui répondit Severus.

Dumbledore hocha la tête, l'air pensif pendant un moment.

"Il utilise les peurs d'Harry contre lui", dit-il doucement. "Il est d'autant plus nécessaire que Harry maîtrise l'Occlumencie."

"Je suis au courant", dit Severus en croisant les bras sur sa poitrine. Il s'éclaircit la gorge. "Mais concernant ce lien entre Harry et le Seigneur des Ténèbres... à quel point sont-ils liés ?"

"J'ai des soupçons" dit Dumbledore. "Cependant, rien n'est gravé dans la pierre, pour l'instant."

Severus lança un regard furieux au vieil homme, mais Dumbledore ne sembla pas le remarquer alors qu'il étudiait un fil défait sur la manche de sa robe. Une fois de plus, Severus avait l'impression que Dumbledore en savait plus qu'il ne le laissait croire. Et pour une raison ou une autre, le directeur avait décidé de ne pas divulguer d'informations importantes à Severus, même si elles concernaientson fils. Il aurait aimé avoir l'énergie nécessaire pour approfondir le sujet, mais pour l'instant, il devait laisser tomber.Pour l'instant.

Un long silence s'ensuivit, rompu seulement par le trille de Fumseck, qui battit ses puissantes ailes et décolla de son perchoir dans un tourbillon d'orange et de rouge. Severus suivit le vol du phénix par la fenêtre ouverte jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une tache rouge dans un ciel bleu nuageux.

"Je devrais également prendre congé" dit Severus en se levant et en se dirigeant vers la Cheminette. Il devrait vraiment rentrer chez lui, prendre des nouvelles d'Harry, puis se reposer. Il était pratiquement mort sur pied.

"Bien sûr, profite du reste de ton été, Severus" dit Dumbledore avec un sourire, se levant également, "et passe le bonjour à Harry".

Severus acquiesça sèchement, prit une pincée de poudre Cheminette et la jeta dans la grille. Au moment où il entrait dans les flammes vertes, Severus remarqua que Dumbledore sortait l'épée de Gryffondor de son étui en verre...

Mais qu'est-ce qu'il faisait encore ?

Severus secoua la tête, n'ayant plus l'énergie de penser à autre chose alors qu'il était englouti par les flammes.

Il sortit de la cheminée avec un peu moins de grâce qu'il ne l'aurait fait normalement. Ses jambes se dérobèrent légèrement sous lui, mais il se remit assez vite.

Il y avait une lueur au-dessus de son bureau qui rappelait à Severus les souvenirs qu'il n'avait pas encore vus. Il les remit dans la fiole et les rangea dans son tiroir, avec l'intention de les regarder à la première heure demain matin.

Un léger ronflement attira alors son attention sur un garçon assoupi sur son canapé, un livre ouvert posé sur sa poitrine. Severus était heureux que son fils semblait dormir paisiblement, aucun signe de cauchemar sur ses traits. Cela le faisait paraître plus jeune qu'il ne l'était en réalité.

"Harry" dit Severus en secouant doucement l'épaule de son fils.

Harry se déplaça, les yeux s'ouvrirent en battant des ailes et regardèrent autour de lui jusqu'à ce qu'ils se posent sur Severus.

"Tu es de retour", murmura-t-il, l'air soulagé. Harry se redressa rapidement et se frotta le visage avec une main, comme s'il essayait de chasser les derniers restes de sommeil. Il regarda Severus avec des yeux verts inquiets et dit : " Que s'est-il passé ? Mimkey a dit que tu avais été appelé par Madame Pomfresh la nuit dernière."

Severus se baissa sur le canapé à côté de lui. "Le professeur Dumbledore a eu une sorted'accident."

Harry fronça les sourcils, les sourcils froncés. "Ça a dû être grave. Tu es parti longtemps."

Severus se cala contre le bras du canapé, luttant contre la lourdeur de son regard. "Il a cru bon de mettre un anneau contenant une malédiction noire".

"Quoi?" Les yeux de Harry s'agrandirent. "Pourquoi aurait-il fait ça ?"

"Qui sait ce que pense le directeur de nos jours", dit sèchement Severus.

"Il va bien ?"

"Heureusement, Madame Pomfresh et moi avons réussi à empêcher la malédiction de se propager mortellement."

"Oh," Harry lâcha un souffle, l'air soulagé, "c'est bien. Je suis content qu'il aille bien."

Severus hocha la tête, regardant par la fenêtre et notant que le soleil commençait tout juste à descendre vers l'horizon. Il jeta un coup d'œil à l'horloge ; l'heure habituelle du dîner était déjà passée.

"Tu as déjà dîné ? " demanda Severus en se tournant vers son fils.

"Euh, non, pas encore", dit Harry en se grattant la nuque.

" Pourquoi pas ? "

Harry haussa les épaules. "Je voulais attendre que tu sois rentré."

" Je vois ", dit Severus. " Bien, alors, on va dîner ? "

Harry acquiesça et Severus ouvrit la voie vers la salle à manger, réalisant qu'il était affamé, n'ayant pas mangé depuis le dîner d'hier soir.

"Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ?" demanda Severus une fois qu'ils se furent installés à table.

" Pas grand-chose ", répondit Harry. "J'ai juste fait un peu de lecture, et j'ai répondu à mes amis. " Il se mordilla la lèvre inférieure, semblant hésiter une seconde avant de dire : " J'ai parlé de nous à Ron et Hermione ".

"Vraiment ?" dit Severus, en prenant une gorgée de son thé. "Je suis sûr que ça a été un choc."

Il n'avait pas vraiment réfléchi à la façon dont les amis d'Harry allaient réagir à leur relation. Bien que Severus supposait qu'il pourrait supporter la couvée Weasley et Granger s'ils restaient fidèles à son fils.

"Oui..." Harry commença à faire des tourbillons dans ses pommes de terre. "Hermione l'a mieux pris que Ron, je crois." Il fit une courte pause avant de demander avec hésitation :" Je peux aller au Terrier ? Je voudrais les voir avant la reprise des cours."

"Je suis sûr que cela peut être arrangé" dit Severus après un moment. "Je vais en parler aux Weasley."

"Vraiment ?" Harry eut l'air un peu surpris au début. Puis la commissure de ses lèvres se releva. "Merci, monsieur."

Le reste du dîner se déroula dans un silence confortable, et après, Severus eut l'impression qu'il pouvait s'endormir n'importe où, même debout. Il monta dans sa chambre et ne prit pas la peine de se changer avant de s'écrouler sur son lit, s'endormant instantanément dès que sa tête toucha l'oreiller.


Le lendemain matin, Harry se rendit au petit-déjeuner quand quelque chose le fit s'arrêter devant le bureau de son père. Il s'attarda sur le seuil de la porte, réalisant au bout de quelques secondes que c'était Rogue qui était assis sur le canapé, immobile comme une statue, le visage enfoui dans ses mains. Son père se fondait si bien dans l'ombre qu'Harry a failli ne pas le voir.

Il s'était passé quelque chose ?

Il n'avait jamais vu son père dans cet état.

"Monsieur ?" Harry frappa à la porte ouverte. "Vous allez bien ?" demanda-t-il prudemment.

Il n'y eut aucune réponse.

Harry fit quelques pas dans la pièce, jetant un regard prudent autour de lui jusqu'à ce que ses yeux se posèrent sur la Pensine de la veille, toujours à côté du bureau de son père. Ses yeux passèrent de la bassine de pierre à son père affalé sur le canapé, et soudain tout devint clair.

Sa mère n'avait-elle pas dit dans la lettre qu'elle avait laissé des souvenirs à son père ?

Harry fixa le fond de la substance blanche argentée tourbillonnante, regardant les scènes défiler avec nostalgie. Il ne pensait pas que son père s'opposerait à ce qu'il les voie, vu qu'une version bébé de lui-même se trouvait aussi dans les souvenirs...

Mais Harry se dit qu'il devrait d'abord demander la permission... au cas où.

Harry se tourna vers Rogue, qui n'avait toujours pas bougé. "Hum... Monsieur, puis-je... Cela vous dérange si..."

Son père fit un minuscule signe de tête, et Harry le prit comme une permission d'entrer. Il s'agrippa au bord de la cuvette, frissonnant légèrement d'impatience. Après avoir jeté un dernier coup d'œil à son père, Harry prit une profonde inspiration et se pencha sur la substance miroitante, plongeant la tête la première dans les profondeurs tourbillonnantes.